C'est pour un ami. Enfin, presque.
✎ ─── NOTES ÉCRITES DANS LA MARGE ───
« Je ne sais pas encore ce qu'il essaie de construire, mais pour l'instant, j'ai l'impression que la corde est en train de gagner. »
Automne 2051 · Salle de Cours de EdM
Deuxième année · avec @Aaron Bagans
Matthew avait découvert quelque chose de formidable.
Enfin, formidable, c'était son avis. Il avait appris qu'il existait un métier qui consistait à inventer des excuses pour expliquer aux Moldus des choses qu'ils n'étaient pas censés voir. Et surtout, il avait appris que Monsieur Bagans avait exercé ce métier avant de devenir professeur.
Depuis, une question le travaillait.
Est-ce qu'on pouvait vraiment être payé pour raconter des mensonges ?
Pas que Matthew ait l'intention d'en faire son métier. Il était plutôt bon pour trouver des excuses tout seul, même si sa mère avait tendance à ne pas les croire. Mais justement, il trouvait ça injuste. Peut-être qu'avec une formation professionnelle, ses excuses auraient davantage de succès.
Il avait donc décidé de mener sa petite enquête.
Ce jour-là, il s'était rendu jusqu'à la salle d'Étude des Moldus avec une feuille pliée dans sa poche. Il avait pris soin d'y noter deux ou trois questions, histoire de ne rien oublier. La première concernait les dragons. La deuxième aussi, mais dans des circonstances différentes. Quant à la troisième, il n'était plus certain qu'elle ait un rapport avec le sujet.
Arrivé devant la porte, il frappa quelques coups avant de passer la tête dans l'entrebâillement.
— Bonjour, Monsieur Bagans ! Vous avez une minute ? Promis, c'est pas pour un devoir.
Il marqua une petite pause, puis ajouta, comme si cette précision pouvait rendre sa visite plus rassurante :
— Et j'ai rien fait de mal non plus.
C'était important de le préciser. À force de poser des questions aux adultes, Matthew avait remarqué qu'ils s'attendaient parfois au pire avant même qu'il ait ouvert la bouche.
Il sortit sa feuille de sa poche et la déplia avec application.
— En fait, j'ai entendu dire qu'avant, vous inventiez des excuses pour les Moldus. Enfin, pas pour eux directement. Pour leur faire croire que la magie, c'était autre chose. C'est vrai ?
Il releva les yeux, visiblement fasciné par cette possibilité.
— Parce que mon père est né-Moldu, alors je connais quand même pas mal de trucs de leur monde. Et franchement, je pense que j'aurais été assez bon à ce métier.
Un silence.
Matthew réfléchit à ce qu'il venait de dire. Il se rappela notamment la fois où il avait essayé de convaincre sa mère qu'un courant d'air avait renversé un pot de confiture dans une pièce dont toutes les fenêtres étaient fermées.
Bon. Peut-être pas si bon que ça.
— Enfin, avec un peu d'entraînement.
Il jeta un regard au tableau de la salle. Voilà qui pourrait être pratique.
Puis il reporta son attention sur le professeur, avec un sourire plein d'espoir.
— Est-ce que je peux vous poser une question ? C'est quoi le plus gros mensonge que vous ayez dû inventer pour que des Moldus ne découvrent pas la magie ?
Il hésita, avant de se corriger :
— Enfin, le plus gros mensonge professionnel. Je veux pas vous attirer des ennuis.
✎ ── 489 mots
Dernière modification par Matthew Stevens le 13 oct. 2026, 02:59, modifié 1 fois.
Deuxième Année RP
Couleur de dialogue : #7A4338
C'est pour un ami. Enfin, presque.
Les copies des derniers devoirs étendues face à lui, Aaron désespérait devant tant d'erreurs — souvent d'inattention ou par manque de recherche — pour des cours où il mettait son cœur ; il avait cette impression de couler dans un océan de doute. Était-il bon dans ses enseignements ? Avait-il compliqué — à tort — ses théories ? Ou était-ce ce manque de pratique qu'avait déjà exprimé Cináed qui montrait enfin les limites de l'apprentissage des Moldus ? Aaron n'en savait rien... et cela le mettait à mal, si bien qu'il en vint à regretter la chaleur des bureaux du département des inventions des excuses aux Moldus. Il avait aimé ce travail ; imaginer des histoires, des mensonges afin d'offrir une échappatoire aux sorciers — parfois trop sûrs d'eux — malchanceux dans leurs actions dans le monde non-magique ; tout cela lui manquait furieusement.
Un sursaut le prit. Quittant enfin ses copies, ses yeux découvrirent la présence d'un jeune élève de son ancienne maison. Et telle une véritable bouée de sauvetage, les mots qu'il posa furent le retour à ce souvenir qu'il chérissait ; sa plus grande fierté.
Aaron reprit ainsi contenance, se redressant dans une posture plus humble avant de lever la main et de lui faire signe de s'approcher plus près et de s'asseoir.
— Bonjour Matthew, il n'y a aucun souci ; vous ne me dérangez pas... au contraire. C'est en effet le cas ; je travaillais pour le département des excuses magiques il y a quelques années... et je dois vous avouer qu'il est vrai que ceux ayant une ascendance dans le monde Moldu ou une passion pour ce dernier ont des facilités dans la pratique du métier. Et pour répondre à votre question : j'ai fait partie de l'équipe qui a fabriqué l'excuse d'un spectacle à effets spéciaux lors des incidents de 2044 et 2045. C'est celle dont beaucoup des gens du métier sont fiers, mais aussi celle qui a provoqué pas mal de démissions après sa publication tant elle a puisé notre énergie et notre réflexion. Mais hors de celle-ci, le pire mensonge que j'ai dû fournir était pour expliquer la destruction d'une devanture de magasin pour deux enfants qui avaient découvert leur pouvoir magique en même temps. J'ai sorti l'excuse d'un pavé. Ça tombait bien, la rue était justement dégradée à ce niveau pour que cela fût crédible. Ainsi les jeunes sorciers n'avaient aucun préjudice et le propriétaire pouvait avoir son assurance qui jouait son rôle. Parfois, le meilleur mensonge pouvait être le plus simple ou le plus benêt. Pourquoi ? Vous voulez vous y essayer ?
Un sursaut le prit. Quittant enfin ses copies, ses yeux découvrirent la présence d'un jeune élève de son ancienne maison. Et telle une véritable bouée de sauvetage, les mots qu'il posa furent le retour à ce souvenir qu'il chérissait ; sa plus grande fierté.
Aaron reprit ainsi contenance, se redressant dans une posture plus humble avant de lever la main et de lui faire signe de s'approcher plus près et de s'asseoir.
— Bonjour Matthew, il n'y a aucun souci ; vous ne me dérangez pas... au contraire. C'est en effet le cas ; je travaillais pour le département des excuses magiques il y a quelques années... et je dois vous avouer qu'il est vrai que ceux ayant une ascendance dans le monde Moldu ou une passion pour ce dernier ont des facilités dans la pratique du métier. Et pour répondre à votre question : j'ai fait partie de l'équipe qui a fabriqué l'excuse d'un spectacle à effets spéciaux lors des incidents de 2044 et 2045. C'est celle dont beaucoup des gens du métier sont fiers, mais aussi celle qui a provoqué pas mal de démissions après sa publication tant elle a puisé notre énergie et notre réflexion. Mais hors de celle-ci, le pire mensonge que j'ai dû fournir était pour expliquer la destruction d'une devanture de magasin pour deux enfants qui avaient découvert leur pouvoir magique en même temps. J'ai sorti l'excuse d'un pavé. Ça tombait bien, la rue était justement dégradée à ce niveau pour que cela fût crédible. Ainsi les jeunes sorciers n'avaient aucun préjudice et le propriétaire pouvait avoir son assurance qui jouait son rôle. Parfois, le meilleur mensonge pouvait être le plus simple ou le plus benêt. Pourquoi ? Vous voulez vous y essayer ?
Mot et dessin pour l'Inktober prof
Ma princesse c'est Lila Rose
Vav-mi-ia.
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
C'est pour un ami. Enfin, presque.
Matthew ne se fit pas prier pour approcher. Il tira une chaise, s'assit en face du professeur et posa sa feuille sur ses genoux, prêt à retenir les informations importantes. Il avait espéré une histoire extraordinaire. Avec des dragons, peut-être. Ou une explosion si impressionnante qu'il aurait fallu inventer trois mensonges différents pour l'expliquer.
En entendant parler des incidents de 2044 et 2045, il ouvrit de grands yeux. Un spectacle à effets spéciaux ! Ça, c'était malin. Les Moldus savaient déjà faire apparaître des choses impossibles dans leurs films, alors pourquoi ne pas leur laisser croire qu'ils en avaient simplement vu une pour de vrai ? Il se demanda tout de même combien de personnes avaient dû travailler sur une excuse pareille. Visiblement, assez pour que certaines ne veuillent plus jamais recommencer.
Mais c'est la deuxième anecdote qui le fit réagir.
— Un pavé ?
Il regarda Monsieur Bagans, incrédule.
— Juste un pavé ? Moi, j'aurais sûrement raconté qu'un dragon avait foncé dans la vitrine.
Il s'interrompit une seconde.
— Ah. Non. Ça aurait été une très mauvaise excuse, en fait.
Matthew baissa les yeux vers sa feuille, un peu vexé de s'être fait battre par un morceau de trottoir avant même d'avoir commencé. Pourtant, il y avait autre chose dans cette histoire qui le surprenait.
— Et vous avez pensé à l'assurance du monsieur aussi ? Je croyais que votre travail, c'était seulement d'empêcher les Moldus de découvrir la magie. J'avais pas pensé qu'il fallait aussi que les gens puissent réparer les dégâts après.
Il releva la tête lorsque le professeur lui proposa d'essayer. Son sourire revint immédiatement.
— Oh oui ! Je veux bien ! Mais attendez, laissez-moi essayer avec votre devanture, pour voir.
Il posa sa plume sur le parchemin, réfléchit intensément et annonça :
— Un camion de livraison a reculé et cassé la vitrine. Voilà !
Un instant, il fut assez satisfait de lui. Puis ses sourcils se rapprochèrent.
— Sauf que... s'il n'y a pas de camion, les gens vont demander où il est passé. Et peut-être qu'il y avait des témoins. Et le chauffeur imaginaire va avoir des ennuis alors qu'il existe même pas.
Il raya son idée d'un trait résigné, puis nota à côté : « Ne pas inventer de camion. » En dessous, il ajouta : « Les pavés, c'est mieux. »
— Bon. Je crois que je comprends pourquoi c'était un vrai métier.
Il leva les yeux vers Aaron, plus enthousiaste que découragé.
— Vous pouvez me donner une situation ? Une vraie situation compliquée, avec des témoins et tout ! Enfin, pas la pire de votre carrière non plus, hein. Je suis débutant.
Il hésita, puis ajouta avec un sérieux qui ne dura pas tout à fait jusqu'au bout :
— Et si je trouve une bonne excuse, est-ce que j'ai le droit de me dire apprenti inventeur d'excuses ? Même juste pour aujourd'hui ?
En entendant parler des incidents de 2044 et 2045, il ouvrit de grands yeux. Un spectacle à effets spéciaux ! Ça, c'était malin. Les Moldus savaient déjà faire apparaître des choses impossibles dans leurs films, alors pourquoi ne pas leur laisser croire qu'ils en avaient simplement vu une pour de vrai ? Il se demanda tout de même combien de personnes avaient dû travailler sur une excuse pareille. Visiblement, assez pour que certaines ne veuillent plus jamais recommencer.
Mais c'est la deuxième anecdote qui le fit réagir.
— Un pavé ?
Il regarda Monsieur Bagans, incrédule.
— Juste un pavé ? Moi, j'aurais sûrement raconté qu'un dragon avait foncé dans la vitrine.
Il s'interrompit une seconde.
— Ah. Non. Ça aurait été une très mauvaise excuse, en fait.
Matthew baissa les yeux vers sa feuille, un peu vexé de s'être fait battre par un morceau de trottoir avant même d'avoir commencé. Pourtant, il y avait autre chose dans cette histoire qui le surprenait.
— Et vous avez pensé à l'assurance du monsieur aussi ? Je croyais que votre travail, c'était seulement d'empêcher les Moldus de découvrir la magie. J'avais pas pensé qu'il fallait aussi que les gens puissent réparer les dégâts après.
Il releva la tête lorsque le professeur lui proposa d'essayer. Son sourire revint immédiatement.
— Oh oui ! Je veux bien ! Mais attendez, laissez-moi essayer avec votre devanture, pour voir.
Il posa sa plume sur le parchemin, réfléchit intensément et annonça :
— Un camion de livraison a reculé et cassé la vitrine. Voilà !
Un instant, il fut assez satisfait de lui. Puis ses sourcils se rapprochèrent.
— Sauf que... s'il n'y a pas de camion, les gens vont demander où il est passé. Et peut-être qu'il y avait des témoins. Et le chauffeur imaginaire va avoir des ennuis alors qu'il existe même pas.
Il raya son idée d'un trait résigné, puis nota à côté : « Ne pas inventer de camion. » En dessous, il ajouta : « Les pavés, c'est mieux. »
— Bon. Je crois que je comprends pourquoi c'était un vrai métier.
Il leva les yeux vers Aaron, plus enthousiaste que découragé.
— Vous pouvez me donner une situation ? Une vraie situation compliquée, avec des témoins et tout ! Enfin, pas la pire de votre carrière non plus, hein. Je suis débutant.
Il hésita, puis ajouta avec un sérieux qui ne dura pas tout à fait jusqu'au bout :
— Et si je trouve une bonne excuse, est-ce que j'ai le droit de me dire apprenti inventeur d'excuses ? Même juste pour aujourd'hui ?
✎ ── 490 mots, @Aaron Bagans
Deuxième Année RP
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