Le Cœur en Braille
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Le Cœur en Braille
mercredi 21 octobre
"HEROS"

{ cimetière ; Godric's Hollow }
tw : fausse couche
J'aurais voulu être son héroïne. J'aurais voulu être sa maman chérie, sa joie, sa lumière, son héroïne comme elle l'était déjà un peu pour moi. Je pince les lèvres sur ma cigarette, retenant tant bien que mal les larmes qui s'accumulent dans mon regard sombre. Je suis désolée ma princesse. Je suis vraiment désolée, je te promets que j'aurais aimé faire mieux pour toi.
J'aurais aimé venir te réveiller avec un bisou sur le front le matin, te prendre entre mes bras et te serrer fort contre mon coeur pour que tu sentes tous les jours à quel point tu es aimée. Et j'aurais aimé t'emmener à l'école tous les jours, t'y déposer avec un sourire et venir te chercher à la fin de la journée pour te montrer que maman revient toujours, maman ne s'en va jamais pour longtemps, maman ne t'abandonne pas. J'aurais aimé dormir avec toi les nuits d'orage pour te rassurer et te raconter des histoires, pour te faire rire encore et encore, jusqu'à ce que tu oublies tes cauchemars. J'aurais aimé cuisiner avec toi, et même si je n'aurais pas été très bonne je suis sûre qu'on aurait fait une super équipe toi et moi, ma petite et maman. J'aurais aimé te chérir et te fêter à ton anniversaire et à Noël mon petit ange, ma petite fée d'hiver, ma colombe, mon trésor. Et j'aurais aimé jouer à des jeux de société avec toi et rire, encore et encore, rire et manger des sucreries à en avoir mal au ventre. J'aurais aimé que ça soit vers moi que tu cours en arrivant à la maison, m'appelant d'un "maman" retentissant et chaleureux, plein d'amour et de tendresse, d'impatience et d'excitation, tandis que tu courrais dans ma direction afin de me montrer une trouvaille, une découverte, une création. J'aurais aimé t'offrir la lune mon bébé, j'aurais aimé te décrocher les étoiles une par une pour les accrocher à ton plafond et te faire sourire.
Je craque.
Une larme roule sur ma joue droite, presque immédiatement suivie d'une deuxième, puis d'une troisième, et soudain c'est impossible de les arrêter. Elles coulent, elles coulent ces perles et je ne suis pas en mesure de stopper leur flux. Elles coulent sur mes deux joues, elles inondent mon visage et elles me transforment en décor raté, en peinture brouillon, en créature informe. Elles me transforment en monstre. Un horrible monstre débraillé, avec les cheveux en bataille, le corps désordonné, les vêtements froissés, le coeur chiffonné et l'âme froissée. Un monstre hideux avec un regard vide et hagard, avec des traits fatigués et émaciés, avec une peau claire et fine, avec des formes presque absentes. Un monstre abominable, qui ne mérite pas ce qu'il possède.
Mais je n'ai pas toujours été un monstre, je n'ai pas toujours été destinée à crever seule.
Fut un temps, j'étais maman.
Fut un temps, j'étais sa maman.
A mon petit ange aux cheveux noirs et aux yeux noisette, à ma princesse effrontée et audacieuse à mon petit coeur doux et bruyant. Au parfait mélange du meilleur en moi et de celui que j'aime plus que tout au monde. A toi dont j'aurais été l'héroïne, à toi dont Lloyd aurait été le héros.
Mon regard va et vient, fait des allers et retours entre les stèles pâles et immobiles en ce début de soirée. Je contemple silencieusement les noms et je me demande qui est enterré là. Je me dis qu'il y a beaucoup d'ancêtre à moi dont je ne sais rien, je me dis que beaucoup de personnes dont je me moque éperdument sont enterrées là, et peut-être que mes sanglots silencieux dérangent les morts, peut-être que mes lamentations discrètes dérangent les défunts, peut-être que mon chagrin prend trop de place, peut-être que je n'ai rien à faire ici et que je devrais partir.
Je ne voulais pas tout ça ma luciole, je n'ai jamais voulu tout ça. J'aime ton père plus que tout et ça me fend le coeur qu'il s'éloigne comme ça. Mais ce qui me fait encore plus mal, c'est la façon dont je t'ai laissée derrière moi. Comme si, en revenant ici je t'abandonnais pour toujours, comme si, en décidant de vivre là où tu aurais dû grandir, je te trahissais un peu plus. Mais jamais je n'ai voulu que de telles choses arrivent, jamais. Je te promets mon ange, je voulais seulement que tu m'aimes, je voulais juste que tu sois heureuse, je voulais que tu sois la plus heureuse de tous. Et pour ça j'étais prête à n'importe quoi, j'étais prête à faire tout ce qu'il fallait. Et jamais, je dis bien jamais, jamais je n'ai voulu blesser les autres comme ça, je ne fais pas exprès, je gâche tout sans faire attention, je gâche tout sans faire exprès, je suis désolée mon ange.
Si je le pouvais, je changerais tout.
Je sacrifierais des années de ma vie, des années d'existence pour te sauver, des années passées à souffrir s'il le fallait. Je traverserais les déserts les plus secs, je franchirais les océans les plus profonds, je gravirais les montagnes les plus hautes. N'importe quoi pour pouvoir revenir en arrière et te sauver, n'importe quoi pour devenir ton héroïne, ta maman dont tu serais fière.
Voilà, c'est ça. Je voudrais que tu sois fière de moi au moins une fois, juste une seule fois.
Je renifle. Entre les larmes et ma crève, je suis pas prête de retrouver une respiration nasale correcte. Mais c'est pas grave, c'est pas le plus important. Voilà ce que je me dis quand je me lève, mon regard parcourant l'étendue de tombes qui s'étire à l'horizon, et mon coeur se pince quand je m'arrête sur la tombe juste devant moi, la plus petite, la plus chétive, la plus discrète. Un sanglot m'échappe alors que je tombe à genoux devant, défaite, le visage inondé de larmes, jamais je ne me suis sentie aussi pathétique, aussi vulnérable. Je t'aime mon petit coeur. Pour toujours.
Maman t'aime.
Papa t'aime.
Tu es aimée, tellement aimée.
Un jour je serais l'héroïne de quelqu'un, et il ne faudra pas que tu m'en veuilles mon petit coeur. Un jour je serais l'héroïne d'un autre enfant, ton petit frère ou ta petite soeur, et je leur parlerais de toi, je te promets mon petit coeur. Et papa aussi te promet. Il te promet que tu seras pas oubliée, pas tant que nous serons là, pas tant que nous existerons. Tes parents sont tes héros mon ange, et nous prenons ce rôle à coeur. Je te promets de faire de mon mieux, d'être à ta hauteur. Il faut que tu me croies mon bébé, il faut que tu me fasses confiance. Parce que je suis ton héroïne, tu te rappelles ? Tu te rappelles mon petit coeur ? Oh s'il te plait, réponds moi, juste une fois, je ne veux pas me sentir seule, je ne veux pas me sentir folle, je ne veux pas me sentir abandonnée.
Maman t'aime mon ange.
Maman t'aime pour toujours.
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1172 mots
@Lloyd River
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
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Le Cœur en Braille
jeudi 22 octobre
"BALISE"
Lumi me fixe de son joli regard bleu pur, ses longs cheveux blancs détachés dans son dos. Elle n'a pas besoin de me répéter plusieurs fois la consigne, j'obtempère, je ferme les yeux. Tout devient noir derrière mes paupières, et je me force à me détendre, exactement comme elle m'a demandé. J'inspire puis j'expire bien, exactement comme elle m'a enseigné à le faire, et je me concentre sur le souffle chaud qui s'échappe de ma bouche en un filet d'air. Une fois. Deux fois. Trois fois. J'ai le coeur qui se calme, les muscles qui se relâchent, tout mon corps qui se détend.
« Dites moi quand vous vous sentez pleinement relâchée, n'hésitez pas à prendre du temps, c'est pour ça qu'on est là, dit la finlandaise de sa voix chantante. N'oubliez pas Miya, on inspire, on bloque, on expire tout doucement. Voilà, c'est ça. Bravo, vous vous en sortez très bien », fait-elle.
Je la sens qui se lève, son parfum léger de lavande se répand tout autour de moi, j'ai l'impression d'être dans un champ de fleurs sauvages. Elle ferme le rideau, la lumière que je perçois avec difficulté se tamise encore plus, ne devenant plus qu'un fin rayon clair. Dans un clic sonore, je l'entends qui lance son disque auquel je me suis habituée. Elle me plonge dans son ambiance féérique avec des sons d'eau, de la forêt et de la nature. Presque malgré moi, un sourire doux s'étire sur mes lèvres. Voilà pourquoi j'aime mes séances avec Lumi, elles me permettent de sortir de moi-même, de m'éloigner de toutes mes pensées sombres et négatives. Ici, dans son cabinet, installée dans un pouf aux motifs que Cat trouverait sublimes, avec une tasse de café fumante entre les mains, une part de tarte aux pommes à la cannelle posée devant moi et bercée par le son de grelot d'eau que la finlandaise met dans son tourne-disque, je me sens vraiment bien. Protégée.
« Miya ? demande-t-elle. J'aimerais que vous vous imaginiez un endroit où vous êtes bien. »
Un bref silence suit sa consigne. Je plisse les sourcils, incertaine.
« Est-ce que...ça peut être une personne ? » je m'enquiers, hésitante.
« Non, refuse-t-elle doucement. Il est très important que cela soit un endroit, qu'il soit imaginaire ou réel, que vous y soyez déjà allée ou non, qu'il soit associé à un souvenir ou un rêve... Tout cela importe peu tant que vous le visualisez bien, m'explique-t-elle en revenant s'assoir. Compris ? »
Je hoche de la tête.
« Une fois que vous y serez, j'aimerais que vous utilisiez tous vos sens pour parler de l'endroit. »
Les yeux bien clos, j'essaye de penser à un endroit.
Mon appartement ? Je repense à la puanteur des derniers jours, je repense à mon état apathique et à mon état la dernière fois que j'y étais, et je grimace. Non. Pas ça. Chez Kieran ? Pourquoi pas après tout. Mais ce n'est pas encore assez bien, pas encore assez chaud, pas encore assez parfait. Concentre toi, je m'exhorte. Alors je continue de me creuser l'esprit. La ferme des Wells ? Mon coeur se réchauffe quand j'y pense. Mais ce n'est pas non plus ce que je cherche, ce n'est pas ce qu'il me faut. Chez Mel ? Aussitôt, mon esprit s'évade à la nuit dernière, à son bras délicatement posé sur moi comme pour me protéger de mes cauchemars. Et je suis incapable de ne pas sourire. Je repense au ragoût aux champignons qu'il a cuisiné hier soir, je repense aux saveurs d'automne du plat, je repense à son air fier quand il a apporté le plat. Mais je réalise que, ce qui rend son appartement si spécial, c'est lui. C'est sa présence. Alors je dois trouver autre chose. Et soudain je me redresse un peu, frappée par une idée. Une idée si parfaite qu'elle rend cela évident.
Pourquoi n'y ai-je pas pensé ?
« J'ai trouvé, je déclare, un sourire doux sur les lèvres. Je suis prête... »
Lumi ne dit rien mais je sais qu'elle a entendu et qu'elle l'a pris en considération, je sais qu'elle a envie qu'on se lance, que je me mette à parler, mais elle ne dit rien. Elle me laisse le temps.
« Je suis...sur un toit, je commence, le coeur soudain petit. Le toit de mon ancien appartement de Londres. Il fait doux, il fait bon. C'est une nuit d'été. Il y a de l'agitation dans les rues, ça chante dans les bars, ça danse dans les allées. Je suis allongée sur le dos, j'arrive à voir les étoiles entre la fumée de cigarette... Le ciel est beau, on voit très bien les astres qui brillent fort, qui scintillent tout là-haut.. Et il y a même des étoiles filantes. J'ai un peu bu, j'ai la tête qui tourne mais je suis encore assez sobre pour savoir que je dois m'arrêter. Je suis allongée contre quelqu'un. On se partage une cigarette. Son rire résonne dans mon oreille et c'est la plus jolie mélodie du monde. Ma guitare est posée pas très loin, je sens sur mes doigts que j'y ai joué un petit moment. Le monde.. Le monde est calme, je voudrais pouvoir figer le temps. Je voudrais rester là pour l'éternité, Lumi, je voudrais rester sur ce toit, entre les vapeurs de cigarette, les baisers, les étoiles et la musique... C'est ça mon endroit, oui, je me sens vraiment bien ici... C'est comme une cachette hors du temps, c'est comme un refuge, c'est comme une place sûre. Je voudrais.... y rester. »
Sur ces mots, je laisse le silence me remplacer. J'ai dit tout ce que j'avais à dire.
« Bien, très bien, reprend la psychomage. Maintenant que vous y êtes, je voudrais que vous laissiez une balise ici, je voudrais que vous gardiez de quoi vous souvenir du chemin jusque cet endroit, votre endroit. Il faut que vous vous y réfugiez en cas de crise d'angoisse, compris ? »
De nouveau, je hoche de la tête en silence.
Inspirant profondément, je respire son parfum floral, bercée par le son des gouttes d'eau s'écoulant tranquillement, le gazouillement des oiseaux, la mélodie des vents.
« Une balise... Compris, réponds, apaisée. Je me crée une balise, un point d'ancrage.. »
Et je passe le reste de la séance à penser à ce point d'ancrage, à cette balise comme dit Lumi.
J'y pense, je me concentre uniquement sur ça. Sur les odeurs, sur les sons, sur les saveurs, sur les textures, sur tout. Je m'ancre le plus possible dans cette réalité et je ne peux pas retenir mes sourires, ravie, quand je me rends compte qu'au fil des essais, j'arrive de mieux en mieux à me rendre dans ce lieu secret, dans cet endroit qui n'est plus qu'un souvenir, écho d'une jolie époque, celle où tout allait bien. Et si mon coeur se tord de douleur, mes pensées, elles, restent calmes. Il n'y a plus de monstre qui hurle, plus de pensées atroce, plus de douleur. Rien du tout.
Juste moi.
Moi, cachée dans mon endroit secret.
Moi, allongée sur ce toit de Londres.
Moi, observant les étoiles filantes.
Moi, juste moi.
Et le souvenir d'un bonheur intense.
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1203 mots
défi EEC : forêt, café, pomme, cannelle, champignon, automne
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
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Le Cœur en Braille
lundi 23 octobre
"CHIC"

{ appart de Mel ; Godric's Hollow }
Le lundi soir, je dine avec Mel. C'est le seul jour de la semaine où je suis pas au travail le soir et il prend le temps de cuisiner pour nous. Alors c'est le soir de la semaine où je me fais la plus jolie, c'est le soir de la semaine où je prends le temps d'être la plus belle. En général on mange vers vingt-trois heures, puis ensuite je sors me promener. Que ce soit dans les rues de Godric's Hollow ou dans l'Allée pour passer au Sisyphe, je fais l'effort de me sortir. Sinon je passe la journée enfermée chez Mel et parait que c'est pas bon pour ma santé. Alors je sors marcher. De toute façon j'ai un rythme décalé avec mon taf qui finit le matin très tôt alors je me couche plutôt vers une heure du matin, quand je rentre de ma promenade. Mel dort déjà, et j'ai désormais pris l'habitude d'aller directement me coucher dans son lit. Juste pour fuir les cauchemars, évidemment.
Mais pour le moment, l'heure n'est pas de penser à ma sortie dans l'Allée. L'heure est à la préparation, à la douche et au maquillage. Pour le moment, je veux me faire jolie pour Mel, je veux qu'il sourit en me voyant, je veux qu'il soit fier de moi, je veux qu'il me trouve belle, chic.
Je commence par prendre une douche, une longue douche.
Nue, frissonnante, je laisse l'eau chaude couler sur moi, démêler les nœuds dans mes cheveux et emporter toute la crasse sur mon corps, toutes mes pensées noires et toutes mes idées sombres. Je profite de la sensation chaude qui court sur tout mon corps, qui me réchauffe, qui me redonne confiance en moi. L'eau coule sur moi, détend mes muscles et s'infiltre entre mes cheveux. Puis je me nettoie au savon à la cerise que j'ai ramené de mon placard de chez moi. Le corps, les cheveux, le visage. Tout y passe. Je veux être propre pour Mel, je veux être jolie pour Mel, je veux.. Je veux avoir l'apparence de la Miya qu'il mérite, de la Miya que je devrais être pour lui.
Quand je sors de la douche, je sens bon.
Quand je sors, je sens la vanille et la cerise.
Une serviette molletonnée enroulée autour de la poitrine, je sifflote un air de musique en choisissant avec attention ma tenue pour le soir. J'hésite. J'hésite entre une robe noire, longue, classique et sobre, ou un ensemble un peu plus osé. Un débardeur noir en dentelle, surmonté d'un joli chemisier de soie rouge prune, ouvert dans mon décolleté afin que le débardeur soit mis en valeur. Je porterais avec ça un pantalon taille basse en tissus marron, épais mais pas lourd qui serait resserré à la taille avec une belle ceinture ancienne à la boucle métallique. Je pourrais mettre mes talons moldus, ceux avec la semelle rouge. Parait qu'ils valent une blinde, c'est Kal qui me les a offerts quand j'allais mal, pour me faire rire et m'amuser. Force a été de constater que ça m'a pas fait rire. Mais aujourd'hui, je remercie en silence mon ami de m'avoir offert cette paire de chaussures. Ils vont parfaitement bien avec la tenue que j'ai en tête, et j'imagine le regard émerveillé que Mel posera sur moi quand je descendrais, vêtue de mon débardeur et hissée sur les talons.
Dans ma chambre, je regarde les vêtements que j'ai sélectionnés et, pour une fois, pour la première fois depuis plusieurs mois, je ne pense pas à Lloyd. Je pense à Mel, uniquement et seulement à Mel. J'ai envie de lui faire plaisir, j'ai envie d'être belle pour lui, j'ai envie d'être chic.
Je pense à la façon dont il me serre fort entre ses bras quand j'éclate en sanglots la nuit, je pense aux sourires tendres qu'il m'adresse quand on arrive à se croiser la journée, je pense à la douceur de ses gestes quand il me borde dans le lit tout contre lui, je pense à ses longs cheveux qu'il aime relever en chignon, je pense à sa peau bronzée, je pense à son sourire, je pense à... à lui.
A Mel, mon Mel.
Et, tandis que je pense à lui, je fais sécher mes cheveux en souriant face au miroir. Puis je m'installe à ma coiffeuse, je sors mes maigres affaires de maquillage et je m'attelle à appliquer une couche de mascara noir sur mes cils déjà long. L'effort est difficile, je manque de me perforer les yeux une bonne dizaine de fois et je crains un moment de m'y être mal prise, mais je réussis tout de même à obtenir un résultat plus que satisfaisant. Mon regard est accentué par le noir, j'aime le petit trait de liner que j'ai réussi à faire après plusieurs essais ratés et l'effet fermé de mes yeux grâce à l'ensemble mascara et liner me plait plus que tout. Jamais je n'aurais pensé que me préparer pour un dîner pouvait être si amusant, si agréable, mais je me dois de reconnaitre que, si ce n'était pas pour Mel, je n'aurais pas le réflexe de faire tout ça.
A mon maquillage des yeux, j'ajoute une couche de rouge à lèvre sur ma bouche.
Quand je suis maquillée et que mes cheveux sont secs, légèrement ondulés, je prends le temps d'enfiler précautionneusement chaque vêtement que j'ai sélectionné avec attention, commençant par le débardeur et terminant par le chemisier, en passant par le pantalon et la ceinture.
Une fois prête, je m'observe dans la glace.
Et là, seulement là, je me reconnais.
Je reconnais la Miya classe que j'ai un jour été, je reconnais la Miya forte, la Miya confiante, la Miya inarrêtable et puissante que je voulais devenir, que j'ai été, que j'ai fini par perdre. Je veux être belle. Je veux être forte. Je veux être inarrêtable. Je veux redevenir celle que j'étais, celle qui a disparu. Et je veux la faire renaitre, je veux qu'elle foule de nouveau cette terre.
Pour toi, Mel, pour toi seulement, je t'offre un morceau de cette Miya. Je t'offre la Miya que tu mérites d'avoir, la Miya que tu devrais côtoyer tous les jours, la Miya que tu devrais aimer.
Je te l'offre, Mel. Pour un dîner.

outfit inspo
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1044 mots
défi EEC : travail
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Le Cœur en Braille
mardi 24 octobre
"CUIRE"

{ appart de Vlad ; Londres }

{ appart de Vlad ; Londres }
J'aime bien passer du temps avec Vlad. Même s'il est flippant à donner des surnoms bizarres à tout le monde, même s'il boit de la vodka pour le petit déjeuner, même s'il pourrait adopter un rat trouvé dans la rue, je l'aime bien. Je l'aime bien parce qu'il est la dose d'imprévu dont j'ai besoin, il est toute l'énergie et le soleil qui manque à ma vie. Je sais honnêtement pas comment ça a pu marcher entre nous, je me pose la question quasiment tous les jours, mais le principal c'est que ça a pu marcher, pas vrai ? Même si on est foncièrement différents, même s'il a beaucoup de défauts qui pourraient me rebuter, même si parfois je me demande comment ça se fait qu'il soit toujours pas en taule. J'ai ma liste de défauts aussi, je le sais. Je suis impulsive, arrogante et trop confiante, mais c'est ce qui fait que je suis moi. Et il m'en a jamais voulu, alors c'est pas moi qui vais lui venir après pour lui reprocher d'être....ben..Vlad. Y'a pas de mots pour le décrire.
Franchement, je sais pas trop ce que je fais ici.
Debout dans son appart, dans la cuisine, je suis de surveillance des lasagnes entrain de cuire et il est...quelque part dans l'appartement, bien que je ne sache pas exactement où. J'imagine qu'il fait son petit bazar, qu'il est partit chercher une babiole ou bien qu'il va me proposer de me refaire un tatouage. J'en ai aucune idée. Avec lui, c'est toujours difficile de savoir, de deviner.
Fatiguée de rester debout, je m'assois sur le sol frais de sa cuisine. Une brève seconde, je m'intéresse au matériau, me demandant s'il s'agit de carrelage ou d'autre chose. Mais après une petite réflexion, je finis par comprendre que c'est en fait du marbre. Vlad a du foutu marbre comme sol de cuisine. Je lève les yeux au ciel en effleurant le sol de ma main, ébahie. Nan mais sérieux, quel gosse de riche celui-ci. C'est pas parce que t'as la thune de faire un truc que t'es obligé de le faire mon grand. Mais je lui pardonne. Pourquoi ? Parce qu'on est....amis, bien que je sache pas comment c'est arrivé. Et parce que vous aussi vous seriez incapable de résister à son dos.
Ouais, son dos.
Je cligne des paupières rapidement, successivement, soudain déconcertée par la vision du dos du russo-écossais. Wooo, on se calme Miya. C'est dans le passé tout ça. On est amis maintenant, et ça me va très bien comme ça. Sortir avec lui c'était...quelque chose de... disons sportif.
Ma tête dodelinant, j'essaye de rester éveillée, mon regard plaqué sur le four dans lequel est entrain de cuire le délicieux plat de lasagne préparé par Vlad, je remonte mes genoux vers ma poitrine et les entoures de mes bras. Je repense à la soirée que j'ai vécue hier, je repense à Mel, je repense à son regard quand je suis descendue... Je repense à tout, même au moins beau. Je repense à mon arrêt dans l'Allée devant la Fausse Danse, à toutes les questions qui m'ont traversées la tête. Puis j'essaye de chasser ces pensées, sourcils froncés, je me concentre sur le positif.
Je me concentre sur la douce odeur de viande, de tomate et de champignon qui se répand dans la pièce, qui, étonnamment, me donne faim, me donne envie de manger. Alors que je n'ai pas beaucoup d'appétit les derniers temps. Je n'ai pas faim, je suis trop fatiguée pour me faire à manger quand je rentre du travail et de toute façon je n'ai plus goût à rien. Pourtant, sans que je me l'explique, savoir que les lasagnes sont entrain de cuire me fait envie. Elles me semblent onctueuses à souhait, avec le dessus, la croûte de fromage, juste croustillante comme il le faut, et l'intérieur jute assez cuit pour être délicieux et en même temps pas assez pour que la viande et les légumes ne se soient asséchés. La sauce était délicieuse, je sais, j'ai eu le droit de la goûter. Je dis pas que c'est les lasagnes de Lloyd, elles elles auront toujours une saveur spéciale pour moi, mais elles sont quand même super bonnes. Je souris. Très bonnes d'ailleurs, j'aurais pas pensé.
Mes pensées divaguent alors vers la cuisine.
Je pense à celle de Kieran, à celle d'Alden, à celle de Mel, à celle de Kenji. Tous les hommes de ma vie qui savent cuisiner tandis que je suis incapable de faire des crêpes sans gaffer. Le souvenir de cette séance de cuisine avec Paige me réchauffe le coeur, et je me laisse aller penser à elle. Je me demande ce qu'elle fait aujourd'hui, si elle est bientôt en vacances, comment elle s'en sort avec sa nouvelle guitare, est-ce qu'elle a réussi à faire des progrès en cours de Défense. Parfois il suffit d'une seule réussite pour donner envie à l'enfant de se motiver à faire quelque chose de bien, et je pense que c'est pareil pour Paige. Elle est brillante, bien plus intelligente que la majorité des enfants de son âge. Elle est plus douée que moi en cuisine. Bon, c'est pas bien compliqué.
Et, pendant que je me noie dans mes pensées, les lasagnes continuent de cuire.
Je ferme les yeux, essaye de me réveiller mais c'est peine perdue quand la douce chaleur cocooning de l'appartement se mêle à l'odeur alléchante du plat entrain de cuire.
Je sombre dans un état de somnolence agréable, bercée par les bruits que fait Vlad dans son coin et par les senteurs délicieuses qui commencent à se répandre dans toute la cuisine. Je m'imagine mordre avec entrain dans ma part de lasagne, et cette pensée me réchauffe tout le corps. Je m'imagine Vlad qui pourrait débarquer à n'importe quel moment avec sa bouteille de vodka sous le bras et un rire étouffé m'échappe. C'qu'il est bête, je songe, amusée et attendrie. Je me dis que c'est un idiot fini, et je me dis aussi que décidément je suis faite pour m'entendre avec les idiots.
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1010 mots
@Lila Rose et @Paige Barrow pour la mention
défi EEC : champignon, travail, réussite, cocooning
#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
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Le Cœur en Braille
mercredi 25 octobre
"FRACTURE"

{ combats clandestins ; Londres }
tw : violence physique, coups
Le poing de mon adversaire s'écrase dans mes côtes. Pliée en deux, j'essaye de résister mais la douleur explose dans tout mon corps, me faisant cracher un peu de bile. Rhhaaa c'est quoi mon problème ! je pense, essoufflée, en reculant de plusieurs pas, cherchant maladroitement à monter ma garde devant mon visage. Comment est-ce que j'ai pu me prendre une attaque aussi facile à éviter ? Comment c'est possible ? J'en sais rien. J'en sais rien, mais je douille fort sa mère. Crachant mes poumons et tout ce qui va avec par terre, je crois bien qu'un peu de sang coule depuis mes babines de chien en rage. Et pour cause, j'ai la rage au ventre, la colère au bide.
Les sourcils froncés, le visage plissé, j'essaye de ne rien laisser paraitre de la douleur qui me prend au corps mais c'est dur, j'ai du mal à conserver une expression neutre. Surtout que l'autre en face est sûrement au courant que je douille. Du moins si elle a un minimum d'expérience en combat, ce dont je suis quasiment certaine. Ses coups sont trop précis, bien construits et ordonnés pour qu'elle soit une simple amatrice de ce genre de combats. Cette meuf sait ce qu'elle fait.
Appuyée sur les corde du ring, j'essaye de pas me laisser déconcentrer.
Elle est grande, elle est forte, elle est musclée. Mais moi aussi je suis forte, moi aussi je suis musclée, et surtout j'ai bien plus d'années d'expérience qu'elle. La gamine doit avoir la vingtaine, je mise sur un vingt-deux solide, mais elle a pas mon passif ici. Elle a dû rire en voyant une vieille comme moi monter sur le ring. Pourtant je suis là, mes bandes enroulées autour des poings et les genoux fléchis, prête à réagir si elle décide de tenter quoi que ce soit. Et moi, je suis rapide, bien plus rapide que les trois quarts des adversaires qu'elle a dû avoir jusqu'ici. J'ai pas la science infuse, je suis entêtée, je tape sans réfléchir et je me lance parfois dans des combats que je commence avec le désavantage de ma petite taille et de mon poids plume, mais je suis aussi vive et rapide qu'un serpent. Sur ce ring, je me transforme en vipère et j'ai pas peur de mordre. Pas que je te déconseille de m'attaquer, je suis faillible comme tout le monde, mais je me défends bien.
Et la voilà qui revient à la charge.
Elle fonce, dérape dans le sang mais garde son cap, je vois qu'elle vise ma taille pour un plaquage en bonne et due forme, sauf qu'il est hors de question que je la laisse faire. Alors je plonge aussi.
Une roulade sur l'épaule plus tard, je me redresse vite — trop vite, le ring tourne un moment — et la fixe. Tel que je l'avais imaginé, elle me frôle, se prend les délimitations de notre cercle de violence en pleine poire mais elle bronche à peine, elle se remet direct et virevolte vers moi.
Silencieuse, je la fixe d'un air provocant, l'invitant à effectuer de nouveau la même manœuvre.
Mais elle ne fait rien. Tu veux pas bouger ? Alors j'arrive, je pense avec détermination. Et je me précipite vers elle, évitant soigneusement de glisser dans le sang et la sueur, et elle m'attend de pied ferme. Bien. J'entre violemment en contact avec elle au niveau du bas de son ventre, partant pour le même plaquage qu'elle avait l'intention de m'infliger. On bascule vers l'arrière, même si je sens qu'elle résiste. Je pousse, pousse, et j'enfonce mon épaule dans la zone sensible vers son bas ventre et je l'entends qui geins un peu. Allez ma belle, tombe. Mais elle se débat bien.
Elle se débat d'ailleurs si bien que je vois pas son coude venir dans ma direction.
CRAC.
Il s'acharne sur mon visage avec une violence inouïe.
Et je peux distinctement entendre les os se fracturer.
Rha la p- ! Les larmes me montent rapidement aux yeux tandis que la douleur se propage dans tout mon visage, se répandant dans mes pommettes et mes lèvres, pénétrant jusqu'à l'intérieur de mes os. Je serre fort les dents. Erreur, ce geste provoque une douleur encore plus intense. Je jure fort, aveuglée par la douleur, et je donne un coup de genou à mon attaquante, plus agressive.
Elle pousse un petit cri de douleur qui m'arrache un grognement de satisfaction. Pas le visage on a dit ! je râle en silence en essayant de me dégager d'elle. Un liquide qui ressemble à du sang se met à s'écouler de mon nez cassé. Je le pince en grimaçant, la douleur irradiant.
Ce combat doit s'arrêter. Je crois bien qu'elle m'a fêlé une côte et en plus elle m'a pété le nez. Je veux pas y croire, me faire avoir aussi facilement et aussi vite par une débutante. C'est le comble du ridicule, Miya. Alors, sans attendre qu'elle se relève, je me précipite vers elle avec la ferme intension d'en finir aussi vite que possible. Sérieux qu'est-ce qui m'a pris ? Je pensais quoi en revenant ici ? Que j'allais m'en sortir comme une reine ? Que tout allait bien se passer ? Je suis débile ou quoi ? VLAN. Mon genou dans son estomac. Elle se débat, me flanque un coup dans le bide qui me fait pousser un juron qui me vaudrait une réprimande de Kieran. M'en fou. Je frappe et je frappe bien, je frappe correctement, juste au bon endroit pour que sa prise sur moi se relâche, juste assez fort pour qu'elle recule en gémissant. Je suis en colère. Elle m'a frappé le visage alors que j'aurais pas le temps de me soigner avant d'aller me coucher, et si Mel se réveille il verra ma blessure et il s'inquiétera. Spèce de- J'ai pas les mots tellement la rage me ronge de l'intérieur.
Un dernier coup qui lui disloque l'épaule dans un craquement net mais pas moins répugnant et la voilà qui s'effondre par terre, essoufflée, vaincue. Je m'écarte et m'effondre à ses côtés.
Rhaa la vache, elle m'a éclaté le nez cette folle.
Ahanant, j'entends l'or tinter autour de moi, j'entends les mises passer, j'entends les commentaires des gens. Je sais que la plupart ont misé sur la gamine, seuls quelques types intelligents se sont dits qu'il valait mieux la jouer sécurité et miser sur moi. Pfeuh. Je les envoie chier.
Pour l'heure, tout ce qui compte, c'est mon satané nez cassé.
Je me redresse, descends du ring et retourne à mes affaires, ignorant royalement les claques de félicitation qu'on me lance. Je grommelle quelques remerciements, ricane avec un abruti puis je me dépêche de m'éloigner d'eux, marmonnant quelque chose à propos de l'espace privé. Et enfin quand j'arrive à mon sac, je chope une serviette propre pour essuyer à la fois le sang et la sueur qui me dégouline dessus. Je pue. Je transpire fort et mon nez pisse le sang, mais jamais je me suis sentie aussi vivante depuis un sacré bail. Et ça fait du bien, je le reconnais.
Même si cette tchoin m'a pété le nez. Sérieux. Une fracture du pif, manquait plus que ça. Pff.
D'un Episkey maitrisé ça sera finit, mais la douleur va rester pour encore quelques jours. Génial, c'est pas comme si j'avais besoin de ça pour passer de mauvaises journée. Nico va râler.
C'est de sale humeur que je quitte l'endroit.
Parce que j'ai le nez fracturé.
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#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

