Isolement personnel PV Tyr

Dylan ne passait pas une bonne journée. Ni une bonne année d'ailleurs. Ses parents étaient quelque peu en froid et faisait apparemment une pause, chose qui ne plaisait pas au jeune homme. Son frère était revenu d'entre les morts (façon de parler) et comme un cheveu sur la soupe. Rajoutons à cela que Dylan avait de gros examens qui arrivaient et qui clôtureraient sa cinquième année d'études et vous obtenez un combo parfait. Non vraiment, aujourd'hui Dylan n'était pas d'humeur. Après un rapide petit déjeuner solitaire avalé à la six, quatre, deux, le jeune Gryffon était parti suivre ses cours habituels, mais sans grande attention. Se contentant simplement d'écrire le titre du cours du jours et d'écouter d'une oreille distraite, Dylan n'était pas à ce qu’il faisait. * Je rattraperai en lisant les chapitre * pensa-t-il alors même que le professeur annonça la fin du cours, délivrance du dernier cours de la matinée.

S'en suivit un rapide déjeuner auquel Dylan n'assista presque pas. Il passa par la grande salle en coup de vent, histoire de manger une pomme et d'en prendre une autre pour la route. Son humeur n'était pas particulièrement agressive, mais il n'avait pas spécialement envie de s'intéresser aux conversations futiles des plus jeunes années. Être un des garçons les plus vieux de sa maison n'arrangeait pas non plus les choses. Alors que tout le monde commençait à se lever pour retourner en cours, Dylan soupira et traîna la patte pour aller au cours suivant. Tant sa motivation était partie vers des contrées lointaines, le Gryffon, d'habitude studieux et sérieux, choisit de tourner à gauche au lieu de suivre le flot d'élèves qui se dirigeait vers le cours de cet après-midi. Lassé de s'asseoir, écouter, se relever, retourner en cours et recommencer, Dylan s'isola un petit moment pour être seul. Éventuellement, après plusieurs minutes d'errance dans les couloirs du château, le jeune garçon décida de trouver un endroit calme ou personne n'irait le chercher, pour ruminer un peu seul dans son coin. Le lieu était tout trouvé : les toilettes des garçons. Personne n'y allait, de toute façon.

Quelques minutes plus tard, Dylan entra dans les toilettes des garçons. Personne, comme espéré. Poussant un soupir de soulagement, puisqu'il risquait quand même gros pour faire l'école buissonnière, Dylan allait s'asseoir contre le lavabo non loin. Le Gryffondor laissa tomber son sac à côté de lui, et tira son collier de sa poche. Cadeau de son frère, que Dylan appréciait beaucoup étant plus jeune, des larmes coulèrent de ses joues sans même qu'il ne les contrôle. Serrant le poing, Dylan maudissait à voix haute son frère pour être parti si longtemps, et ses parents pour ne penser qu'à leur petit bonheur personnel, sans se soucier de leur fils. Dans un excès de rage qui devait bien sortir à un moment où un autre, Dylan se retourna et lança le collier contre le mur, qui ne résista pas à l'impact.


« Tu peux te les garder tes stupides cadeaux débiles ! », cria-t-il, provoquant un écho peu discret.

Relevant la tête en essuyant ses larmes, Dylan se rendit rapidement compte que quelqu'un approchait. * Peu m'importe * pensa-t-il alors qu'il restait debout, tête haute, en attendant l'inconnu qui se rapprochait à grand pas. Difficile pour lui de se cacher de toute façon, et s'il s'agissait d'un professeur, inutile de dire qu'il n'y échapperait pas, quoiqu'il fasse. De toute façon, Dylan avait sa petite fierté. Ainsi, il attendit donc, en se rasseyant, d'un air nonchalant.

Gryffondor du mois d'octobre 2015

Isolement personnel PV Tyr
Il y a des choses dont vous n'avez en général pas envie de parler. Des choses que vous préférez garder sous silence, que vous ne souhaitez pas mettre par écrit. Les problèmes gastriques de Tyr en faisaient partie, par exemple. Je ne vous décrirai pas l'état de son estomac mais je rajouterai quand même que l'estomac du Gryffon était si ravagé que deux passages à l'infirmerie, deux bonnes nuits de sommeil et un sévère régime à base de riz et de pâtes n'avaient pas suffi à effacer les bactéries les plus résistantes, qui continuaient leur basse besogne dans le corps humain.Et cela se traduisait par une omniprésence de Tyr dans ce sanctuaire si sacré qu'étaient les toilettes réservées aux garçons.

Un endroit jamais très fréquenté par les habitants masculins du château car situées dans un des étages supérieurs de Poudlard, forçant ses supposés utilisateurs à monter des dizaines, voir des centaines de marches pour rester assis à peine plus de quelques minutes sur un trône gelé dont le contact était tout sauf agréable. Froid, dur, et dans un environnement pour le moins commun avec de mauvais souvenirs, il n'était pas étonnant de voir que la plupart des garçons n'entraient pour ainsi dire jamais dans les toilettes communes à toutes les maisons. Les Gryffondor avaient des cuvettes chauffées – car leurs toilettes se situaient à proximité du conduit de cheminée – et si Tyr n'avait pas eu cette envie pressante dûe à son mal de ventre, nul doute qu'il serait à présent en train de réchauffer son royal postérieur sur les trônes sanitaires de qualité des dortoirs masculins.

Il était à présent adossé au mur de l'une des cabines. A réfléchir sur le sens de la vie et à se demander quel cours il était actuellement en train de sécher inconsciemment. On ne devait pas être très loin de l'heure du repas, les cours reprendraient peut-être lorsqu'il aurait fini. Le garçon se sentait d'humeur à aller faire un petit tour à l'infirmerie. Humeur qui changea brusquement lorsqu'il entendit le bruit d'ouverture de la porte. C'était intriguant : personne, réellement, personne, ne venait ici d'habitude. Tyr voulut lancer une petite pique d'humour, mais au bruit d'affaissement et au soupir désespéré, il se retint. Ce n'était peut-être pas le moment. Il attendit un instant.

Juste le temps d'entendre le bruit d'un objet léger s'éclater contre un mur. Suivi d'une voix grave que le Gryffon ne connaissait que trop bien. Un vieil ami. Un certain Dylan Swanson. Qui n'e semblait pas être en possession de tous ses moyens. Le garçon resta terré dans sa cachette, attendant de voir comment les choses évolueraient. Et en l'écoutant parler, il prit la décision de sortir.


«Bonjour Dylan. Ca faisait longtemps. Ca n'a pas l'air d'aller. Tu voudrais bien me raconter ce qu'il se passe ?»

Direct, simple, avec une demande à la clé. Super-Tyr à la rescousse.

Reducio
Pardon mon petit Dydy pour ce retard.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

Isolement personnel PV Tyr
Alors même que Dylan s'attendait à voir un professeur, le concierge ou quelques autres sommités de l'école pour le punir et lui demander ce que diable il faisait ici alors même qu'il était censé être en cours, il n'en était rien. Dylan vit plutôt une tête bien familière s'approcher de lui, sourire aux lèvres. Quoique ce sourire avait l'air d'être un peu forcé, n'allait-il donc pas bien ? Tyr, un bon vieux copain de Dylan se tenait maintenant devant lui. Les souvenirs de son initiation au Quidditch, de folles soirées de nuits blanches dans les dortoirs et de son chat qui mange son hibou revinrent en la mémoire de Dylan. Quand bien même celui-ci n'était pas dans des conditions des plus amicales, il se radoucit tout de même en comprenant qu'il ne risquait pas grand-chose avec Tyr : pas de punitions, pas de toilettes à récurer, pas de couloirs à balayer bref, pas grand-chose quoi. Néanmoins, le mystère restait entier, que faisait Tyr en un pareil endroit, lui aussi ? * Vaut mieux pas savoir * pensa Dylan, alors même qu'il se perdait à nouveau dans ses pensées. Mais son jeune et bon ami le tira de sa rêverie.

« Bonjour Dylan. Ça faisait longtemps. Ça n'a pas l'air d'aller. Tu voudrais bien me raconter ce qu'il se passe ?»

Oh bon sang. La carte du bon ami qui veut aider. Grand dieu que Dylan n'aimait pas cela. Et puis de toute façon, que comptait-il faire ? Appeler ses parents pour leur dire de se remettre ensemble ? Cogner son frangin pour être parti si longtemps ? Et comment diable savait-il que cela n'allait pas, ce n'était pas non plus inscrit sur son front. Bien que Dylan dégageait tout de même quelque chose de mauvais, il est vrai. Mais il était venu, de base, dans les toilettes pour être seul, et le voilà qui se retrouvait assis en compagnie de son ami Tyr. * C'est gagné * grommela-t-il à voix basse. Mais bon, Dylan aimait bien Tyr, il l'aimait beaucoup même, c'était presque le seul ami qu'il avait à Poudlard. Et puis il était gentil le petit Tyr, à toujours avoir une pensée gentille, une idée brillante pour cause un accident pendant un entraînement de balais ou que sais-je. Oui, Tyr semblait être la personne toute trouvée pour se confier, chose que Dylan n'avait encore jamais fait (sauf à son professeur d'histoire de la magie, qui avait vu les prémices du divorce de ses parents). Ainsi, le Gryffondor se résigna. Poussant un soupir, il se releva et alla saluer son ami.

« Pas trop non, c'est pas la joie chez moi, si on peut dire ça comme ça ... »

Il se tourna alors vers le mur ou il avait lancé le collier de son frère. Il se baissa pour en ramasser les morceaux, dans un espoir vain de recoller symboliquement les morceaux de sa famille qui elle aussi, partait en éclat. Il conta tout à Tyr, enfin tout, non, il omit les détails les plus importants. Il ne raconta que le futur divorce de ses parents, la position qu'il entretenait vis-à-vis de son frère et le reste. Il ne souhaitait pas non plus s'étendre sur la question, ce n'était d'une part ni le lieu, ni le moment. Et il ne voulait pas non plus entendre Tyr essayer de lui remonter le moral en lui disant que tout irait bien alors que non, on sait pertinemment que tout n'ira pas bien. Oui, Dylan se montrait juste gentil et courtois envers son bon ami, afin de ne pas le vexer d'une quelque façon que ce soit, mais s'il avait pu, Dylan serait parti à la minute où il aurait vu son ami. * Mais bon * soupira-t-il intérieurement. Cela lui avait fait un peu de bien d'en parler, de toute façon. Il rangea les morceaux de son collier dans sa poche sans même se soucier de perdre des morceaux. Il n'en voulait plus. Retournant à son point de départ, Dylan se rassit et toisa son ami. Sa présence ici lui semblait étrange, et il voulait être seul. S.E.U.L. Solitaire Éploré Universel de Lassitude. (bien trouvé celui-là !). Il essaya donc de faire court, gentiment :

« Tu sais tout maintenant. Mais t'as pas des cours toi au fait ? Qu'est-ce-que tu fais là finalement ? »

Un peu cinglant et pas très diplomatique. Tant pis pour le côté gentil on dira. Il ne voulait pas vraiment savoir ce que Tyr faisait là, mais bon. Dylan n'attendit pas vraiment de réponse et se replongea dans sa tristesse de pauvre enfant torturé.

Gryffondor du mois d'octobre 2015

Isolement personnel PV Tyr
*Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne va pas fort. Pas fort du tout.*

Tyr se gratta la tête. Comment, avec tous les problèmes qu'avait Dylan, allait-il pouvoir lui redonner le sourire en si peu de temps ? Il allait réussir, cela, il n'avait pas de doutes ; mais il allait avoir besoin de temps. Les problèmes familiaux, Tyr les connaissait bien, ou tout du moins, il croyait bien les connaître : comme il les fuyait depuis longtemps, le meilleur conseil qu'il pourrait donner à son meilleur ami serait de se mettre de côté, de tout laisser passer en ayant une opinion neutre. Mais ce serait un conseil qu'il lui donnerait en tout dernier recours : il sentait très bien que Dylan n'était pas, pas du tout près à remettre ce combat à plus tard.

Mais quel combat était-ce, celui que Dylan souhaitait mener ? Tyr lui voulait se battre pour protéger les gens qu'il aimait. C'était terriblement pompeux énoncé comme cela, mais sa famille, c'est à dire le seul environnement social qu'il avait connu avant Poudlard, était composée d'un père à peu près normal, d'une mère complètement instable, d'un oncle créateur de mode et vicieux (comme quoi on pouvait avoir tous les défauts) et d'un grand-père à peu près aussi gentil qu'un hippopotame n'ayant pas mangé depuis plusieurs siècles. Sans s'en rendre compte, ils lui avaient fait mal : et ce mal, Tyr ne souhaitait le reproduire à aucun prix.

Comment donner des conseils à quelqu'un alors que vous ne savez pas comment il peut y réagir ? Un peu de tact ou un peu de subtilité et tout allait comme sur des roulettes, mais à vrai dire, ce n'était pas le point fort de Tyr. Sa franchise, il la mettait au service de ses convictions. Et ses convictions lui intimaient d'y aller franco avec Dylan Swanson.

« Tu sais tout maintenant. Mais t'as pas des cours toi au fait ? Qu'est-ce-que tu fais là finalement ? » 

Et il allait avoir l"occasion de montrer à Dylan quel genre de franchise il réservait aux gens en colère. Le ton que son ami avait employé le mettait en rogne, lui aussi. Cumulé à son ventre qui le faisait souffrir, cela le faisait bouillir. Et quand deux Gryffons bouillonnaient, le résultat était explosif.

« Pas de cours, non. Si tu veux que je partes, dis-le moi directement, que je puisse répondre non et t'expliquer comment t'en sortir. Moi non plus, je n'ai pas de temps à perdre. » 

En fait, si Tyr n'avait pas de temps à perdre, c'était parce qu'il avait l'horrible sensation qu'à chaque seconde qui passait, la situation s'aggravait un peu plus. Que Dylan finisse lui aussi dans une situation familiale compliquée était impensable. Après tout, si l'aîné comptait comme un grand frère pour le plus jeune, ce n'était pas pour que cette relation s'envenime. Et que Tyr perde le seul grand frère qu'il n'ait jamais eu.

Depuis quelques temps, Tyr et Dylan avaient progressivement perdu le contact. Le premier s'était forcé à aller rencontrer plus de gens à Poudlard sur les conseils de son père, tactique qui s'était révélée payante, et le second était concentré sur ses examens. Maintenant que Tyr y repensait, l'attrait soudain de Dylan pour les travaux intellectuels prenait tout son sens : il devait sûrement avoir besoin de passer à autre chose. Compréhensif. Tyr s'était lui-même réfugié avec ses animaux pour fuir sa mère : une réaction normale chez un enfant.


« Pleurer dans ces toilettes n'est clairement pas la solution. Te lamenter alors que ton frère est toujours derrière toi, je trouve ça dommage. Casser son cadeau, c'est encore plus dommage.»

Il aurait volontiers rajouté que lui, on ne lui faisait pas de cadeau. Que son cadeau à lui, c'était de pouvoir dire bonjour à sa mère sans craindre qu'elle ne se mettre subitement à trembler et à crier.

Mais là, on parlait de Dylan. Pas de Tyr.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

Isolement personnel PV Tyr
« Pas de cours, non. Si tu veux que je partes, dis-le moi directement, que je puisse répondre non et t'expliquer comment t'en sortir. Moi non plus, je n'ai pas de temps à perdre. »

C'était méchant, purement et simplement méchant, et Dylan l'avait relativement bien compris. Il fronça les sourcils en entendant sa réponse et serra le poing, mais ne rétorqua pas. En fait, il ne savait pas quoi répondre, et il avait besoin de temps pour faire mijoter une réponse comme il se doit, une réponse avec du mordant, une réponse qui mettrait Tyr K.O. Dylan ne comprenait pas vraiment la réaction de son ami, bien que lui-même ne soit pas très amical aujourd'hui, ce n'était pas une raison pour qu'en plus son ami vienne le flageller avec des mots cinglants. Non, vraiment, Dylan n'avait pas du tout apprécié la réponse de son jeune ami, qui se tenait là, nonchalamment devant lui, comme si Môsieur avait tout compris à ses problèmes et que Môsieur valait mieux que lui. Les toilettes n'étaient décemment pas un endroit propice aux discussions, ni aux disputes, ni à quoi que ce soit d'ailleurs, mais Dylan aurait tout fait pour se retrouver seul, loin de tous, et ce, à cet instant précis. Jamais il ne réussirait à obtenir la paix avec la bonté maladive de son ami qui voulait toujours se soucier des autres et qui voulait toujours essayer de remonter le moral. D'ailleurs, ce bon vieux Tyr en rajouta une couche :

« Pleurer dans ces toilettes n'est clairement pas la solution. Te lamenter alors que ton frère est toujours derrière toi, je trouve ça dommage. Casser son cadeau, c'est encore plus dommage.»

*Dommage ?!* pensa Dylan, furibond ? Qu'est-ce-qu'il en savait et qui était-il pour juger ainsi la situation familiale de Dylan, qui était-il pour oser ainsi poser des mots sur ce qui ne le regardait pas ? Et qui était-il pour oser porter un jugement sur les actes de Dylan, il faisait bien ce qu'il voulait après tout. C'en était trop, et le Gryffondor commençait sérieusement à voir rouge, sans mauvais jeu de mots. Dylan n'était pas quelqu'un d'impulsif et pourtant, à certains moments, cela lui était arrivé de perdre son calme et d'agir un peu sous le coup des émotions. Or, dans notre cas, des émotions, Dylan en ressentait une ribambelle en lui, et Tyr venait tout juste d'attiser la flamme de la colère que le jeune homme gardait en lui depuis maintenant bien longtemps. Non, Dylan n'était pas un violent personnage. Mais était-il capable d'agir inconsciemment lorsque ses émotions prenaient le dessus, oui, comme toutes personne sur cette planète. Les paroles se son ami l'avait profondément énervée, profondément touchée, et sans même se demander si oui ou non Tyr avait raison, Dylan lâcha de nouveau une larme, et dans un élan de colère, lui répondit sur un ton qui révélait son profond agacement :

« Mais qu'est-ce-que tu en sais toi, hein, tu peux me le dire ? RIEN, tu n'en sais RIEN alors ferme-là un peu ! »

Et l'instant qui suivit, le mal était fait. Dylan n'était pas violent. Pas toujours. Mais ce jour-ci, à cette heure précise, dans les toilettes des garçons de Poudlard, le drame se produisit, et personne ne pouvait s'attendre aux conséquences de l'acte de Dylan, pas même lui. Dans une once de furie, le Gryffondor s'était rapproché de son ami - sans doute pour un effet plus dramatique lors de ses paroles - avait levé son poing, dans lequel il tenait encore le collier cassé de son frère, et avait frappé de toutes ses forces son ami. Fou de rage, Dylan ne se rendit même plus compte que son collier était dans sa main, et quel dommage ! Un collier dans un oeil, cela ne pardonne pas, vraiment pas, d'autant plus que le collier de Dylan disposait d'un réceptacle un peu plus solide qui ne manquerait pas de laisser des traces. Alors qu'il essuyait les larmes qui coulaient à flot sur son visage, signe désespéré des émotions qui prennent le dessus chez le jeune homme, et qu'il s'apprêtait à partir, Dylan vit son ami tomber, d'un coup sec, non loin d'un robinet.

Feignant dans un premier temps l'indifférence et se préparant à quitter les lieux sans dire mots, Dylan n'entendit plus de mots justement, ni de lui, ni de Tyr. Pas de « Non mais ça va pas ? », pas de « Aïe », juste un silence de plomb, et le bruit d'une goutte d'eau qui tombe dans un évier. Se retournant, Dylan posa alors les yeux sur le corps inerte de Tyr qui ne bougeait plus, qui ne disait rien, qui gisait simplement la, par terre. Pétrifié, Dylan pensa d'abord que son ami lui faisait une blague, mais en s'approchant, il constata avec effroi que ce n'était pas le cas. Il tenta de secouer le corps de son ami, sans réponse.


« Tyr ? TYR ! TYR REPONDS MOI ! »

Aucune réponse. Dylan ne savait pas quoi faire, lui qui subissait une cascade d'émotion depuis le début de la journée, cette cascade venait d'atteindre son apogée, et les larmes coulaient sur les joues de Dylan, alors que Tyr était toujours inconscient. Il ne savait vraiment plus quoi faire, mais des bruits de pas se firent alors entendre depuis le couloirs, des bruits que même Dylan n'entendait pas, tant il était inquiété par la situation dans laquelle il se trouvait.

Gryffondor du mois d'octobre 2015

Isolement personnel PV Tyr
Reducio
Désolé pour la longueur de cette réponse.


Les examens approchaient à grand pas et le professeur Heltowni allaient voir, pour la deuxième fois de sa vie, une nouvelle volée d'étudiants quitter l'école pour aller poursuivre leurs études dans le supérieur ou travailler directement au Ministère, voire voler de leurs propres ailes pour certains d'entre eux. Ce jour-ci, il finissait plutôt que les autres jours et avait décidé de sortir un peu pour profiter du beau temps avant de se replonger dans ses copies et la préparation des examens.

Le cours de quinze heures venait de s'achever. Les élèves venaient de sortir et le professeur Heltowni rangea sa plume, son livre et ses parchemins dans un tiroir de son bureau avant de les suivre. Il ferma la porte derrière lui et emprunta le couloir qui menait aux escaliers les plus proches, en face des toilettes des garçons. Soudain, il entendit un cri provenant de ces mêmes toilettes et un bruit sourd, comme des livres qu'on laisse tomber. Il se dit qu'un élève avait dû avoir peur parce qu'un autre lui avait fait une farce et poursuivit sa route avant d'entendre distinctement la voix de Dylan Swanson appelant quelqu'un. Des sanglots se firent entendre au même moment.

Ni une, ni deux, Wilhelm s'avança d'une démarche pressée vers les toilettes, ouvrant la porte et se retrouvant face à une scène absolument étrange, à savoir Dylan Swanson penché au-dessus d'un autre élève, apparemment Tyr Uynauge de ce qu'avait crié le cinquième année. Il cligna des yeux et se rendit compte de la situation, en voyant des tâches rougeâtres goutter au sol.

Bon sang ! Le professeur Heltowni sortit sa baguette et s'approcha de Tyr, dont l’œil était dans un sale état. Swanson, écartez-vous.

Il s'accroupit au-dessus du garçon et l'agita délicatement près de l’œil blessé. S'il ne fut pas soigné, l’œil s'arrêta au moins de saigner. Bonne nouvelle, cependant, il respirait toujours, car il émit un gémissement. Il enroula Tyr Uynauge dans des bandelettes d'un coup de baguette magique et le fit léviter. La porte s'ouvrit d'elle-même et il lança un regard rempli d'éclairs qui aurait même pu le dissuader de faire un pas de plus.

J'emmène votre camarade à l'infirmerie. Suivez-moi ou je m'assurerai personnellement que vous soyez en punition chaque semaine jusqu'à vos ASPIC.

Ami des Centaures de la Vieille Forêt
Zarbi de l'année (Magic'Awards III)

Isolement personnel PV Tyr
Lorsqu'il avait terminé sa phrase, Tyr avait eu la désagréable sensation d'être allé trop loin. Et bien, son instinct ne s'était pas trompé. La phrase de Dylan l'avait glacé. L'avait figé. Et l'avait condamné. Au premier pas qu'avait fait Dylan, il avait été horrifié. Non, il ne peut pas faire cela, s'était-il dit. Il fait cela sous le coup de l'impulsion, il va s'arrêter et se retenir. Mais son meilleur ami de cinquième année ne s'était pas arrêté. Et lui avait planté le collier dans l'oeil. Tyr, cet idiot, n'avait pas fermé la paupière tant il était tétanisé. Et cela lui avait coûté très cher.

La première seconde, il n'avait rien ressenti. Puis la douleur avait frappé d'un coup. Lente, forte, sinistre, une plaie s'était créée. C'était comme si l'air s'était engouffré subitement à l'intérieur de son crâne. Lorsque le collier quitta le blanc de l'oeil de Tyr, une partie de la vision de ce dernier devint tout d'abord extrêmement rouge, avant de devenir noire comme la nuit. La partie droite, précisément. La douleur avait frappé à nouveau, tel une seconde aiguille qui serait venue se loger dans son oeil. Le garçon ne fit pas un bruit, n'esquissa pas un mouvement. Troisième aiguille, quatrième aiguille. Il ne prit conscience de la situation que lorsque la cinquième aiguille, la plus pernicieuse de toutes, le toucha. Dylan venait de l'attaquer.

Tout se passait très vite, mais pourtant, dans l'esprit de Tyr, tout était ralenti. Il était assez bizarre de voir comment ce qu'il ressentait était précis. Etait enregistré dans chaque recoin de sa tête, de sa mémoire. Lorsque le sixième pic de douleur se produisit, Tyr perdit l'équilibre et glissa. Trop, c'était trop à supporter pour le petit Gryffon. Il porta la main à son oeil blessé et sentit, lorsqu'il posa la main sur sa tête, un liquide chaud et poisseux. Du sang, sûrement, mais il y avait autre chose. Des...des larmes, peut-être ? Il n'eut pas le temps d'aller au bout de sa pensée : un choc brutal sur la tempe accompagné d'un bruit lourd le plongea dans le noir total. Sa conscience s'évapora. Et il ne sentit plus rien.

Désagréable expérience que le coma. Pas une once de lumière. Un monde noir et douloureux dans lequel vous n'êtes même pas sujets au rêve, qui pourrait pourtant être une porte de sortie. Le plus apeurant pour Tyr dans tout cela était le silence. Rien. Ni le doux son de son violon qui résonnait parfois dans sa chambre, ni le bruit de sa chute, pas même un souffle de vent. Et ce silence lui faisait penser à la mort. Etait-il mort ? Il ne connaissait pas la réponse ; il ne pouvait même pas se poser la question.

Son réveil fut des plus étranges. Il voyait très mal : il distinguait brièvement des choses au-dessus de lui. Un fond blanc. Le plafond de l'infirmerie. Des... des gens ? Il voyait de grosses formes rondes. Des visages peut-être. Ses yeux lui faisant défaut, il allait devoir se repérer au son. Mais là encore, difficile de comprendre ce qu'il était dit au-dessus de sa tête. Une voix de femme retentissait en écho dans sa tête. L'infirmière ?


« ...oeil en très...vais état... commo... brale.... Mangouste, rapi....» 

Il tenta de décrypter le message, mais l'exercice était extrêmement douloureux. Il retomba bien vite dans l'inconscience. Pour se réveiller à nouveau dans un autre endroit.

Reducio
Fin du RP de mon côté. Merci beaucoup à vous deux de m'avoir aidé pour cet important moment :cute:

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

Isolement personnel PV Tyr
Les minutes qui suivirent l'incident passèrent très vite, du moins pour Dylan. Alors qu'il contemplait toujours le corps sans vie de son ami, le Gryffondor commençait à paniquer de plus en plus, hurlant toujours plus fort pour que Tyr se réveille et que tout s'arrête. Malheureusement, il n'en fût rien. Quelques minutes passèrent alors que Dylan était incapable d'aider son ami ou de faire quoi que ce soit, ses pensées étaient complètement brouillées et tout se brouillait dans sa tête, justement. Dylan ne comprit la gravité de la situation que lorsqu'il aperçut un liquide rougeâtre qui ne fit qu'amplifier ses inquiétudes. Du sang. Et là, il comprit tout l'enjeu de son acte, toute les conséquences qu'il pouvait y avoir, qu'il y aurait sûrement, Dylan comprit tout cela en un instant et cela le frappa de plein fouet. Des larmes coulèrent sur son visage alors qu'il répétait le nom de son ami en le sommant de se réveiller, alors même qu'il savait que cela était bien inutile. Tyr ne voulait qu'aider son ami et voilà comment Dylan l'avait remercié. Horrifié qu'il puisse être capable d'un tel acte, Dylan commença à reculer, sans s'apercevoir que son professeur d'Histoire de la Magie était entré en trombe dans les toilettes, comprenant la gravité de la situation sur le champ.

« Ce n'est pas ... Enfin il ... Je ... », balbutia Dylan alors que son professeur lui lança un regard noir.

Dylan resta donc en retrait, observant la scène sans pouvoir faire grand-chose. Tout se passa très vite, à nouveau, et son professeur prit les choses en main, ce que Dylan avait été incapable de faire. Tyr fût soigné très partiellement de manière à pouvoir être transporté magiquement. Les instructions de son professeur étaient claires et Dylan ne broncha pas, il se contentait de sangloter et de demander si Tyr allait s'en sortir, ce à quoi son professeur ne pouvait répondre. L'heure n'était malheureusement pas aux beaux discours de regrets et d'altruisme, il fallait conduire Tyr à l’infirmerie, au plus vite. Ainsi, le petit groupe de trois quitta les toilettes sans tarder. Dylan suivit son professeur, ne broncha pas et baissa la tête tout le long du trajet. Il se rendit compte qu'il avait encore en main le collier qui avait causé tant de dégâts. Cet objet, pourtant empli de souvenirs et originellement destiné à être un objet de bonheur n'était plus qu'un objet de souffrance. En l'observant de plus près, Dylan vit qu'il était immaculé de sang, lui aussi. Ecœuré, il mit le collier dans sa poche et promit de s'en débarrasser plus tard. Pour l'heure, tout trois étaient arrivés à l'infirmerie ou Dylan ne fut pas accepté. Il devait attendre, devant ce lieu qui accueillait son ami. En ne pensant plus à rien si ce n'est au mal qu'il venait de faire, le Gryffondor se laissa tomber sur le sol, engouffra son visage dans ses mains, et se remit à pleurer. Beaucoup de choses étaient arrivées, mais celle-ci était la pire d'entre toute.

De longues minutes plus tard, Dylan apprit par son professeur que Tyr allait être transporté à Sainte Mangouste où l'on lui prodiguerait les soins nécessaires. Sur ces mots, Dylan comprit toute la gravité de l'état de Tyr, et les remords le rongèrent encore plus. Il suivit son professeur la tête baissée, n'attendant plus rien si ce n'était la fin de la journée, et d'entendre des nouvelles de son ami. Ce dernier voudrait-il seulement lui en donner ? Rien n'était moins sûr que cette pensée qui accabla Dylan les jours qui suivirent, qui sans surprise, furent sans nouvelles aucunes.




FIN DU RPG

Gryffondor du mois d'octobre 2015