Patatra !
Ambre avait attendu ce jour depuis des chandeliers !
Ce jour où elle aurait enfin SA propre baguette dans les mains. Bien sûr, venant d’une famille de sorciers, elle avait pu à loisir se servir en douce des baguettes de ses frères Walter et Louis mais elle avait hâte de ne plus avoir à se cacher pour chuchoter des incantations dans sa chambre fermée à clé, ou pour essayer un sort sur sa petite soeur Anabelle. Ses parents, Alice et Henry, l’attendaient au Chaudron Baveur devant une bière au beurre. Ils avaient estimé que le passage chez Mr Ollivander était une épreuve mythique dans la vie d’un sorcier et qu’il fallait l’affronter seul. C’est ainsi que quelques gallions en poche, Ambre se fondit dans la foule du chemin de traverse d’un pas pressé. Elle soupçonnait cependant ses parents d’avoir seulement envie de quelques minutes de répit, elle avait dû les énerver et ils détestaient la foule de Londres, préférant le calme de leur forêt de Booqsy près d’Oxford.
Elle ignora subtilement la boutique de balais. Elle ne voulait pas voir tous ces crétins s'extasier devant un bout de bois à 500 Gallions de trop, fait à la chaine façon moldus. Bien qu'elle n'ai rien contre les moldus. C'était simplement stupide ... Son père en créait de bien plus jolis dans sa boutique à Pellemail (son village) et ils étaient tous uniques. Oui, Ambre avait un trait de caractère extrêmement chauvin. Elle se plaisait à raconter qu'elle vivait au paradis et que la vie des autres semblait "chiante et morne comme une cuvette de toilettes" - pour la citer. Elle se montrait assez souvent insupportable tout compte fait. La changer était peine perdue.
Tout le reste de l'allée était absolument incroyable ! Ambre était ébahie par la quantité de "petites choses mignonnes" à acheter, elle ouvrait ses yeux en grand, tel un Fol'Oeil effarouché. Les échoppes étaient remplies d’objets divers, du bonbon hilarant aux bricoles de farces et attrape, en passant par de "La'trappe Limace". Mais la boutique qu’elle affectionnait le plus était sans aucun doute la ménagerie magique. En effet, Ambre était passionnée d’animaux fantastiques depuis qu’un gnome lui avait retrouvé sa dent de lait dans un buisson d’orties. Dès lors, elle avait collectionné les insectes et asticots en tous genres, attrapé des oiseaux à vol de balais et insistait une fois par an pour que ses parents lui achètent un nouvel animal « trop trognon » pour son anniversaire. Au grand Damn de Walter et Louis. Sa chambre ressemblait déjà à une ménagerie. Elle « sentait la fiante de chouettes » comme ses frères s’amusaient à lui faire remarquer, mais Ambre n’en avait que faire ! Elle aimait toutes ces petites bêtes, sans distinction.
Alors n’y tenant plus, elle couru les dix derniers mètres qui la séparait de chez Ollivander et fit tinter la clochette avec un peu trop d’entrain, après avoir « un peu » brutalisé la porte capricieuse. Elle leva les yeux au ciel devant sa maladresse puis redressa les épaules et fit comme si de rien était. Le lieu semblait avoir été déserté à la hâte. L’ambiance tamisée et désorganisée du magasin donnait à la pièce une atmosphère chaleureuse, trouvait-elle. Après un rapide coup d’oeil à 360°C, elle se dit qu’un jour sa maison ressemblerait probablement au même bazar que cette boutique haute en plafond.
- Ah !
Ambre poussa un cri et sursauta.
- Je vous attendais Mademoiselle Ellesmera. La dernière fois que j’ai vu votre frère Louis, il m’a souhaité - si je me rappelle bien - « Bonne chance avec ma soeur ! C'est la pire des chieus*** ! ». J’espère qu’il disait vrai. J’adore les esprits compliqués. Allons ! Assez bavardé, mettons-nous au travail.
En effet, Ambre n’avait pipé mot pendant toute sa tirade. D’habitude c’était plutôt l’inverse. De nature bavarde, elle monopolisait les conversations, racontant tout et n’importe quelle broutille qui lui passait par la tête. Mentalement, elle se clouta très fort un mémo au cerveau pour se rappeler d'engueuler très fort Louis devant toute la grande salle pour ses propos de "grand frère con et jaloux".
Elle regarda Mr Ollivander filer entre les rayons. Il marchait sur des boites fraichement tombées par terre, sautillait ci et là et se cognait à toutes ses échelles. C'était risible.
Quelqu’un entra alors dans la boutique, faisant le même brouhaha qu’Ambre avec la porte et la cloche. Heureuse de ne plus être la seule impertinente ici, Ambre lui offrit son sourire ultra-bright accompagné d'un clin d'oeil dont elle avait le secret puis revint vite à ses moutons. Le vendeur de baguettes revenait déjà, 5 longues boites noires entre ses bras.
- Ah ! Mademoiselle Méréga, vous revoilà. Je m’occupe de Miss Ellesmera et je suis à vous.
Dans son élan, il se pencha brusquement vers Ambre et la fixa de son regard gris et perçant. Elle avait déjà entendu parler d’Occlumancie mais personne n’osait vraiment exposer son opinion sur le sujet. Les gens avaient peur de ce talent imperceptible qui ne s’affiche pas sur la tête du premier venu. Rares étaient ceux qui savaient lire à travers l’esprit de leurs semblables. Mais c’était une certitude pour Ambre, Mr Ollivander la passait au scanner.
- Mmm.. je vois en vous une espièglerie et une créativité infinie. Au contraire, votre extrême maladresse et votre obstination maladive me posent problème. Je ne saurais dire si la baguette qui vous conviendra sera rigide ou souple.
Comment diable arrivait-il à percer sa personnalité capricieuse en 5 secondes à peine ? Elle se sentie percée à jour mais quand bien même, intriguée. Cet homme était décidément plein de surprises !
Il baissa alors les yeux sur tous ses paquets et s’exclama :
- Laissons-les donc en décider ! La baguette choisit son sorcier. Tenez, prenez celle-ci. Souple, 28,50 cm en bois de houx et ventricule de dragon, elle saura satisfaire un esprit libre et imperturbable.
Ambre saisit la baguette, l'agita et prononça clairement un sort qu’elle connaissait bien en visant une cheminée à l’abandon.
- Récurvite !
C’est alors que l’impensable se produisit. Le sortilège de nettoyage agit alors à l’envers et toute la boutique, y compris Mr Ollivander et la jeune fille fraichement arrivée, se retrouvèrent couverts de gravats et de suie de cheminée.
Toussotant et battant de ses mains l’air encombré de poussière, Ambre jura :
- Par Dumbledore ! Zut !
Elle pivota et contempla l’étendu des dégâts. Monsieur Ollivander se tenait accroupi derrière son comptoir, les deux mains sur la tête en guise de bouclier.
- Oh la la, je suis vraiment vraiment vraiment vraiment désolée.
Elle ne l’était pas vraiment. En réalité, cette expérience chez Ollivander lui ferait une nouvelle histoire hilarante à raconter à qui voudrait bien encore l’écouter. A cette pensée, elle ricana pour elle même.
Miss Héréga s’était réfugiée derrière un rideau et se retrouvait bloquée par une pile de baguettes qui s’était écroulée dans la panique de l’instant. Ambre s’activa.
- Attends je vais te sortir de là. Surtout, ne fais pas un geste. Toutes les étagères menacent de nous tomber sur la tête. Fichue baguette en houx !
La baguette, insultée, se couvra alors d’épines. Ambre jura et la lâcha d’un seul geste, l’envoyant valdinguer au visage du patron de la boutique.
- Ouille ! Immobilis ! Bon on se calme, pas la peine d’en faire une salade de radis, ça m’arrive tous les jours des petites broutilles comme ça. Sortez de là toutes les deux. On reprend.
Sous le ton autoritaire du vendeur, Ambre s'empressa de tendre la main à la jeune fille et la tira de derrière son rideau.
- Au fait, moi c’est Ambre ! Ne t’inquiète pas, on ira au Chaudron Baveur retrouver mes parents. Il vont t’arranger ça, dit-elle en lui désignant d’un geste magistral ses vêtements souillés. Tu t’appelles … ?
Un oiseau ça vole. C'est tout.
Il faut parfois être impertinent pour être écouté.
Ambre Ellesmera - espiègle à plein temps
Ce jour où elle aurait enfin SA propre baguette dans les mains. Bien sûr, venant d’une famille de sorciers, elle avait pu à loisir se servir en douce des baguettes de ses frères Walter et Louis mais elle avait hâte de ne plus avoir à se cacher pour chuchoter des incantations dans sa chambre fermée à clé, ou pour essayer un sort sur sa petite soeur Anabelle. Ses parents, Alice et Henry, l’attendaient au Chaudron Baveur devant une bière au beurre. Ils avaient estimé que le passage chez Mr Ollivander était une épreuve mythique dans la vie d’un sorcier et qu’il fallait l’affronter seul. C’est ainsi que quelques gallions en poche, Ambre se fondit dans la foule du chemin de traverse d’un pas pressé. Elle soupçonnait cependant ses parents d’avoir seulement envie de quelques minutes de répit, elle avait dû les énerver et ils détestaient la foule de Londres, préférant le calme de leur forêt de Booqsy près d’Oxford.
Elle ignora subtilement la boutique de balais. Elle ne voulait pas voir tous ces crétins s'extasier devant un bout de bois à 500 Gallions de trop, fait à la chaine façon moldus. Bien qu'elle n'ai rien contre les moldus. C'était simplement stupide ... Son père en créait de bien plus jolis dans sa boutique à Pellemail (son village) et ils étaient tous uniques. Oui, Ambre avait un trait de caractère extrêmement chauvin. Elle se plaisait à raconter qu'elle vivait au paradis et que la vie des autres semblait "chiante et morne comme une cuvette de toilettes" - pour la citer. Elle se montrait assez souvent insupportable tout compte fait. La changer était peine perdue.
Tout le reste de l'allée était absolument incroyable ! Ambre était ébahie par la quantité de "petites choses mignonnes" à acheter, elle ouvrait ses yeux en grand, tel un Fol'Oeil effarouché. Les échoppes étaient remplies d’objets divers, du bonbon hilarant aux bricoles de farces et attrape, en passant par de "La'trappe Limace". Mais la boutique qu’elle affectionnait le plus était sans aucun doute la ménagerie magique. En effet, Ambre était passionnée d’animaux fantastiques depuis qu’un gnome lui avait retrouvé sa dent de lait dans un buisson d’orties. Dès lors, elle avait collectionné les insectes et asticots en tous genres, attrapé des oiseaux à vol de balais et insistait une fois par an pour que ses parents lui achètent un nouvel animal « trop trognon » pour son anniversaire. Au grand Damn de Walter et Louis. Sa chambre ressemblait déjà à une ménagerie. Elle « sentait la fiante de chouettes » comme ses frères s’amusaient à lui faire remarquer, mais Ambre n’en avait que faire ! Elle aimait toutes ces petites bêtes, sans distinction.
Alors n’y tenant plus, elle couru les dix derniers mètres qui la séparait de chez Ollivander et fit tinter la clochette avec un peu trop d’entrain, après avoir « un peu » brutalisé la porte capricieuse. Elle leva les yeux au ciel devant sa maladresse puis redressa les épaules et fit comme si de rien était. Le lieu semblait avoir été déserté à la hâte. L’ambiance tamisée et désorganisée du magasin donnait à la pièce une atmosphère chaleureuse, trouvait-elle. Après un rapide coup d’oeil à 360°C, elle se dit qu’un jour sa maison ressemblerait probablement au même bazar que cette boutique haute en plafond.
- Ah !
Ambre poussa un cri et sursauta.
- Je vous attendais Mademoiselle Ellesmera. La dernière fois que j’ai vu votre frère Louis, il m’a souhaité - si je me rappelle bien - « Bonne chance avec ma soeur ! C'est la pire des chieus*** ! ». J’espère qu’il disait vrai. J’adore les esprits compliqués. Allons ! Assez bavardé, mettons-nous au travail.
En effet, Ambre n’avait pipé mot pendant toute sa tirade. D’habitude c’était plutôt l’inverse. De nature bavarde, elle monopolisait les conversations, racontant tout et n’importe quelle broutille qui lui passait par la tête. Mentalement, elle se clouta très fort un mémo au cerveau pour se rappeler d'engueuler très fort Louis devant toute la grande salle pour ses propos de "grand frère con et jaloux".
Elle regarda Mr Ollivander filer entre les rayons. Il marchait sur des boites fraichement tombées par terre, sautillait ci et là et se cognait à toutes ses échelles. C'était risible.
Quelqu’un entra alors dans la boutique, faisant le même brouhaha qu’Ambre avec la porte et la cloche. Heureuse de ne plus être la seule impertinente ici, Ambre lui offrit son sourire ultra-bright accompagné d'un clin d'oeil dont elle avait le secret puis revint vite à ses moutons. Le vendeur de baguettes revenait déjà, 5 longues boites noires entre ses bras.
- Ah ! Mademoiselle Méréga, vous revoilà. Je m’occupe de Miss Ellesmera et je suis à vous.
Dans son élan, il se pencha brusquement vers Ambre et la fixa de son regard gris et perçant. Elle avait déjà entendu parler d’Occlumancie mais personne n’osait vraiment exposer son opinion sur le sujet. Les gens avaient peur de ce talent imperceptible qui ne s’affiche pas sur la tête du premier venu. Rares étaient ceux qui savaient lire à travers l’esprit de leurs semblables. Mais c’était une certitude pour Ambre, Mr Ollivander la passait au scanner.
- Mmm.. je vois en vous une espièglerie et une créativité infinie. Au contraire, votre extrême maladresse et votre obstination maladive me posent problème. Je ne saurais dire si la baguette qui vous conviendra sera rigide ou souple.
Comment diable arrivait-il à percer sa personnalité capricieuse en 5 secondes à peine ? Elle se sentie percée à jour mais quand bien même, intriguée. Cet homme était décidément plein de surprises !
Il baissa alors les yeux sur tous ses paquets et s’exclama :
- Laissons-les donc en décider ! La baguette choisit son sorcier. Tenez, prenez celle-ci. Souple, 28,50 cm en bois de houx et ventricule de dragon, elle saura satisfaire un esprit libre et imperturbable.
Ambre saisit la baguette, l'agita et prononça clairement un sort qu’elle connaissait bien en visant une cheminée à l’abandon.
- Récurvite !
C’est alors que l’impensable se produisit. Le sortilège de nettoyage agit alors à l’envers et toute la boutique, y compris Mr Ollivander et la jeune fille fraichement arrivée, se retrouvèrent couverts de gravats et de suie de cheminée.
Toussotant et battant de ses mains l’air encombré de poussière, Ambre jura :
- Par Dumbledore ! Zut !
Elle pivota et contempla l’étendu des dégâts. Monsieur Ollivander se tenait accroupi derrière son comptoir, les deux mains sur la tête en guise de bouclier.
- Oh la la, je suis vraiment vraiment vraiment vraiment désolée.
Elle ne l’était pas vraiment. En réalité, cette expérience chez Ollivander lui ferait une nouvelle histoire hilarante à raconter à qui voudrait bien encore l’écouter. A cette pensée, elle ricana pour elle même.
Miss Héréga s’était réfugiée derrière un rideau et se retrouvait bloquée par une pile de baguettes qui s’était écroulée dans la panique de l’instant. Ambre s’activa.
- Attends je vais te sortir de là. Surtout, ne fais pas un geste. Toutes les étagères menacent de nous tomber sur la tête. Fichue baguette en houx !
La baguette, insultée, se couvra alors d’épines. Ambre jura et la lâcha d’un seul geste, l’envoyant valdinguer au visage du patron de la boutique.
- Ouille ! Immobilis ! Bon on se calme, pas la peine d’en faire une salade de radis, ça m’arrive tous les jours des petites broutilles comme ça. Sortez de là toutes les deux. On reprend.
Sous le ton autoritaire du vendeur, Ambre s'empressa de tendre la main à la jeune fille et la tira de derrière son rideau.
- Au fait, moi c’est Ambre ! Ne t’inquiète pas, on ira au Chaudron Baveur retrouver mes parents. Il vont t’arranger ça, dit-elle en lui désignant d’un geste magistral ses vêtements souillés. Tu t’appelles … ?
Un oiseau ça vole. C'est tout.
Il faut parfois être impertinent pour être écouté.
Ambre Ellesmera - espiègle à plein temps