Une glace sous la pluie

Les regards des deux enfants naviguaient entre les passants affairés malgré la pluie tourbillonnante, qui dansait et dansait, et l'autre. Audric était un garçon avec qui la conversation devenait presque facile, agréable. La timidité de Solenn s'envolait, et elle arrivait à parler presque librement. Le garçon sembla soudain s'intéresser aux parents de la française. Alors qu'elle s'apprêtait à répondre à la phrase que le garçon avait lâché d'un ton presque déçu, il enchaîna avec une question. Tout en répondant, celle-ci croisa discrètement les doigts de sa main droite, ne souhaitant pas que celui-ci lui pose d'autres questions de son défunt père.

-Oh, tu sais, j'ai vécu comme une Moldue jusqu'à recevoir ma lettre. Ma mère ne voulait visiblement pas avouer qu'elle était une sorcière. Elle est professeur, et mon père chef d'entreprise. Et toi, ils font quoi tes parents ?

Sans s'en rendre compte, elle faisait encore vivre son père. *Il est mort.* Mais elle ne voulait pas mettre les verbes au passé, car les questions n'allaient pas tarder à arriver du côté du brun. Donc il valait mieux mentir, c'était la meilleure solution. Son sourire ayant disparu, elle répondit en le remettant sur son visage :

-Serpentard, et toi ?

Que pensait-il de cette maison ? Beaucoup ne l'aimaient pas, comme Solenn avant d'entrer à Poudlard. C'était sûrement le blason qui offrait une mauvaise vision de l'animal. Tout le monde pensait au serpent qui n'hésitait pas à attaquer les humains.
Audric semblait confiant, et cela fit sourire Solenn. Elle avait déjà essayé, et son cerveau rejetait toute sorte d'accent anglais ou américain. La fille ne répondit rien, mais haussa les épaules. Peut-être qu'un jour elle y arriverait. Peut-être.

Isaac, parcourant les montagnes, avec un pagne dans son sac
septième année rp • filière tronc commun • #9A4002

Une glace sous la pluie
 Audric avait un don particulier, ignoré de tous jusqu'à ce qu'il l'active devant eux : il mettait toujours les pieds dans le plat. Souvent prit dans le fil de la conversation, et si son interlocuteur (ou interlocutrice en l’occurrence) se montrait réceptif et commençait à répondre plus sûrement à ses questions, sa curiosité s'emballait et c'était souvent dans ces moments-là qu'il parlait sans réfléchir. S'il avait été attentif (et moins curieux, avouons-le), il aurait certainement perçu le changement de comportement de la rousse lorsqu'elle avait parlé de ses parents. Alors il aurait peut-être changé de conversations afin de ne pas l'importuner d'avantage. 

 Mais Audric était ce qu'il était : un petit garçon atrocement curieux qui activa donc son pouvoir particulier sans s'en rendre compte. « Oh je vois. Et alors ça ne t'as pas trop surprise toute cette histoire? » Lui l'avait particulièrement été, autant que ses parents qui ne comprenait pas cette lettre tombée du ciel -enfin elle était arrivée par la poste mais vous comprenez.
« Et ton papa il était au courant? Elle est professeur de magie? » Il avait encore une bonne dizaine de questions dans le genre à poser à la rousse, mais il se retint néanmoins afin de ne pas la submerger trop d'un coup. Pour la laisser respirer, et répondre tranquillement à ses questions, il se plongea dans la contemplation d'un enfant qui n'avait pas moins de cinq boules dans son cornet. Il devait-être âgé de quatre ou cinq ans et portait fièrement son trophée ayant l'étrange apparence d'une tour de Pise glacée que sa mère tentait désespérément de rattraper au vol. 

 La fillette avait presque aussitôt enchaîné sur sa maison à Poudlard, arrachant un sourire au brun. « Oh cool! Il parait que vous avez une belle vue de l'intérieur du lac, c'est vrai? » C'est du moins ce que l'un des amis d'Adrian qui était dans cette maison lui avait fait miroiter un jour. Mais il n'était pas sûr de pouvoir lui faire confiance, car il était le meilleur ami d'un Serdaigle qui détestait le brun. L'inverse était réciproque d'ailleurs.
 « Moi je suis à Gryffondor. »

 Il n'avait aucun soucis avec les autres maisons de Poudlard. Après tout il appréciait et dépréciait certaines personnes dans toutes les maisons confondues. A ses yeux, et même s'il ne pouvait pas donner de mots précis pour exprimer cette pensée, l'image que reflétait une maison ne déteignait pas sur les personnes qui étaient dedans. En revanche, l'image des personnes pouvaient ternir ou redorer celle de la maison. Du moins c'est ainsi qu'il voyait les choses.

 Au haussement d'épaule de la fillette, le garçon répondit par un sourire confiant. Si elle le voulait vraiment elle y parviendrait il en était certain. Mais personnellement il aimait bien l'accent qu'elle avait. Lui-même commençait à perdre le sien, du moins d'après son père, et il le regrettait un peu. 

Je suis d'accord avec la signature d'Amaryllis.
Là où les Ninker passent, la défaite trépasse. Audsée un jour, Audsée toujours! Un jour Jonois resplendira."

Une glace sous la pluie
Solenn aurait bien aimé que la conversation tourne autour de l'école, ou alors des hobbys... Mais tout sauf autour des parents. Pitié... La rousse sentit son coeur se durcir. Il ne fallait pas qu'elle pleure. Elle détestait pleurer devant des gens qu'elle ne connaissait pas assez. Alors, sa voix changea légèrement, et elle répondit, essayant de persuader le brun de ne plus en parler :

-Non, elle est professeur dans une école moldue, et non, il n'était pas au courant. 

L'humeur de la jeune Serpentard était descendue, loin, très loin dans le sol, mais elle continuait de répondre aux questions fusantes du jeune homme, qui ne semblait pas être assouvi. Même si l’intérêt portait autant sur la salle commune des serpents que sur les parents de Solenn, cette dernière ne parvenait pas à passer aussi facilement de l'un à l'autre. Son regard disparut plus loin vers les passants, et sa voix paraissait presque absente.

-Oui, j'ai déjà vu quelques créatures...

Vite. Il fallait garder la conversation sur ça. De toute façon, tout semblait l’intéresser. Alors, revenant à la réalité, elle planta son regard dans le seul oeil visible du Gryffondor et demanda :

-Elle est comment la salle de Gryffondor ?

Peut-être qu'il allait oublier ce qui s'était dit avant ? Hein ? Solenn n'avait vraiment pas envie de devoir annoncer que son père n'était plus là. Ce serait la première fois que la rousse prononcerait ces mots à quelqu'un de presque inconnu et pas de sa famille. Et elle n'était pas sûre de tenir longtemps après cette révélation.

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 Audric hocha simplement la tête lorsque sa camarade répondit à ses questions sur ses parents. Aucune autre question ne lui venait à l'esprit, aussi il abandonna le sujet. En parlant de parents il songea à son propre père. Si cela se trouvait, Jeanne était rentrée chez eux sans lui, et Andrew serait plutôt surprit de la voir rentrer sans leurs fils. Peut-être qu'elle penserait qu'il serait à la maison, ayant oublié le lieu de retrouvailles sur le chemin de traverse...

 Son regard s'illumina lorsque la rousse avoua qu'elle avait vu quelques créatures depuis sa salle commune. Le brun s'emballa aussitôt et posa plusieurs questions à la suite, un grand sourire lui barrant le visage. « Ah oui? La chance! Et qu'est-ce que tu as vu alors? » Parmi tous les livres qu'il avait lu sur Poudlard, il avait pu voir dans quelques uns d'entre eux qu'il était fait mention d'une créature géante qui vivrait là. Il n'arrivait jamais à savoir si c'était un calmar ou un calamar, ne saisissant pas encore la différence entre les deux à part la façon de les nommer. « Est-ce que c'est le cal... quelque chose que tu as vu? La créature géante... »

 Ne sachant pas comment la décrire autrement, il écarta les bras et se fit le plus imposant possible, gonflant les joues pour se donner un air plus grand... ou gras. 
« Hum... Notre salle commune est euh rouge! Mais on peut voir une partie du parc depuis les fenêtres, les gens en bas ressemblent à des miettes. »
 Oui, encore plus petits que des fourmis. Il lui était impossible de reconnaître qui faisait quoi lorsqu'il se penchait légèrement pour observer. Il sembla enfin comprendre que la fillette semblait mal à l'aise sans comprendre pourquoi. Aussi il choisit de lui poser une question plutôt banal, afin d'en apprendre un peu plus sur elle tout en essayant de changer de sujet. 

« Et, à part ta salle commune, quel est ton lieu préféré dans toute l'école? »
En espérant que ce qui l'embêtait n'était pas de parler de Poudlard... Le regard perdu dans le vague, il reporta son attention vers la fillette en lui souriant. « Est-ce que tu veux une autre glace? » Il se tâtait à en reprendre une, mais ne voulait pas passer pour un goinfre et se retiendrait si la rousse choisissait de s'abstenir.

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Gagné. L'attention d'Audric était revenue sur Poudlard. Soufflant longuement alors qu'il parlait, elle refoula les larmes qui avaient presque franchi la barrière, et se força à sourire. Porter un masque n'était pas sa spécialité, elle le faisait même très mal. Mais elle ne voulait surtout pas se mettre à pleurer, Audric semblait si heureux de parler de Poudlard. Celui-ci s'était lancé dans une parfaite imitation du calmar qui dormait dans l'étendue d'eau. Solenn aurait sûrement éclaté de rire si elle n'avait pas l'image de son père mort dans la tête. Alors, elle esquissa seulement un sourire en répondant :

-Oui, c'est le calmar. Tu l'imites très bien.

Le brun continuait de parler. Maintenant, c'était sur sa salle commune. *Sans blague*. Si la salle de Gryffondor n'avait pas été rouge, Solenn se serait coupé la main droite ! Sans donner plus de détails que la couleur, ce qui était bien maigre comme description, Audric se retourna vers elle. Alors, Solenn aperçut quelque chose. Ses yeux. Ils n'étaient pas de la même couleur. La rousse trouva cela très joli. Cela produisait un effet asymétrique qu'elle appréciait énormément. Elle ne s'attarda trop longtemps pas sur ce détail, ne souhaitant pas gêner le Gryffondor. Solenn n'avait aucune idée de comment il prenait les remarques sur la couleur de ses yeux, et la deuxième année n'était pas du genre à insister. Elle répondit alors à sa question :

-Je pense que c'est la bibliothèque... Ou alors mon dortoir, lâcha-t-elle avec un petit rire presque inaudible, Et toi ?

En fin de compte, parler d'autre chose que ses parents étaient bénéfiques. Elle n'avait pas encore perdu ce poids sur sa poitrine, mais l'envie de pleurer était presque passée. Audric devait réellement la prendre pour une folle, à changer d'humeur du jour au lendemain.
Une autre question fusa, mais celle-ci était plus timide, comme s'il n'osait pas vraiment la poser. Solenn réfléchit quelques instants, puis lui répondit :

-Mmh... Il me reste un peu d'argent, je vais m'en prendre une.

Elle se retourna alors complètement, pour se retrouver face au comptoir. Mais la question du goût la dissuada de continuer. Que pouvait-elle bien prendre ? Elle avait envie d'une boule chocolat. Regardant les yeux différents d'Audric, elle lui demanda :

-Tu vas prendre quel goût, toi ?

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Une glace sous la pluie
 La rousse en face de lui faisait de drôles de mimiques, le brun n'arrivait pas à déterminer si elle se retenait de rire, si elle essayait de ne pas pleurer ou bien si c'était juste sa façon d'être... Un petit sourire se dessina sur ses lèvres après l'imitation d'Audric, dont elle dit qu'elle était plutôt réussie. Le garçon aux yeux vairons la regarda un instant, cherchant à savoir si elle se moquait de lui gentiment ou pas. Finalement il choisit la première solution et éclata de rire après avoir haussé les épaules.

« Je sais, je sais. Des heures d'entraînements tu sais... » ajouta-t-il en faisant semblant de se la raconter. Il aurait tout de même donné cher pour pouvoir admirer la créature en question juste quelques minutes. Si Audric ne regrettait pas d'avoir été répartit à Gryffondor, c'est dans ces moments-là qu'il regrettait de ne jamais pouvoir visiter mes autres salles communes même juste cinq minutes. 
 Comment savoir quels autres secrets il pourrait découvrir, combien étaient encore cachés et inaccessibles juste parce qu'il n'était pas dans la maison qui les dissimulait? 

« La tour d'astronomie. » répondit-il à la question de la rousse. Il aimait cet endroit de jour comme de nuit, pour la vue et le fait que c'était un coin relativement tranquille en général. « Mais j'adore aussi la bibliothèque. Je crois que même en y passant tout notre temps libre on aura jamais le temps de tout lire. »

L'humeur de Solenn semblait s'améliorer, du moins la discussion allait bon train sur les choses plus ou moins banales. Elle accepta même de reprendre une glace en sa compagnie, comprenant peut-être l'invitation informulée du garçon. Ce dernier suivit la rousse jusqu'au comptoir et observa les parfums disponibles. Il fouilla sa poche à la recherche d'argent et se souvint qu'il avait juste assez pour la première glace. Mais aussi qu'il devait avoir mit un gallion en prévision dans la poche de sa veste, car il savait que Jeanne dépensait toujours tout ce qu'il y avait dans la petite bourse avant d'arriver au moment de faire les achats importants. Il pensa que sa mère n'aurait surement pas besoin de cette pièce et décida de payer avec.

 « Oh, je vais prendre une boule au goût bulle baveuse. » souffla le garçon autant pour répondre à la rouquine que pour passer sa commande. Puis se tournant vers sa camarade : « Et toi? »
 En attendant d'avoir une réponse, ainsi que sa glace, le garçon aux yeux vairons se tourna vers l'extérieur. dans la rue la pluie tombait toujours, mais moins fortement qu'au début. 

« On dirait que ça se calme un peu... » Il remercia et paya lorsqu'il reçut sa commande, et attendit que Solenn obtienne la sienne avant de croquer dedans. 

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Audric répondit d'un ton qui irait très bien avec une paire de lunettes noires. Avec le ton qu'il utilisait, il ressemblait beaucoup à sa cousine Ciera, lorsqu'elle était de bonne humeur et pas bloquée sur son téléphone. Solenn, dans son âme d'enfant, ne comprenait pas encore pourquoi la jeune fille s'enfermait dans son monde et répondait quelque fois aussi mal à sa mère. Cela ne lui donnait pas envie de grandir, il valait mieux rester enfant et rester heureux.
Le brun sortit alors son endroit préféré. La tour d'astronomie. La jeune Solenn n'y était jamais allée en dehors des cours, ce que sous-entendait sûrement Audric, car il avait l'air d'un parfait Gryffondor, et ne le souhaitait pas. Elle avait bien trop peur de se prendre une retenue. Elle n'avait enfreint le règlement qu'une seule fois, et ce n'était même pas sa faute. Le Gryffondor rajouta autre chose, auquel la rousse répondit d'un hochement de tête rêveur. La bibliothèque était définitivement son endroit préféré... Même quelqu'un qui n'aimait pas spécialement lire ne pouvait rester de glace devant tous ces fabuleux livres les uns au-dessus des autres, n'attendant qu'une chose : qu'une main les prennent pour les ouvrir et les lire. Sortant de ses pensées enivrantes, la Serpentard se dirigea avec le lion vers le comptoir. Celui-ci commanda en premier, tandis que Solenn réfléchissait toujours. La gourmandise n'était pas toujours quelque chose de simple. L'enfant avait peur de prendre un goût qu'elle regretterait. Dur dur... Avec un long temps d'hésitation, sa bouche ouverte, attendant que son cerveau lui donne les mots à dire, elle demanda au marchand d'une petite voix timide, ses malheureuses joues redevenues rouges :

-Je vais prendre... Crapaud à la menthe s'il vous plaît...

Après avoir payé, la petite langue rose de Solenn prit une grande part de sa glace, appréciant silencieusement le froid lui glacer les dents. Elle se tourna vers le dehors, et remarqua à son tour les gouttes moins nombreuses qu'au début de leur conversation, sonnant aussi la fin. Solenn devait aller retrouver sa mère qui l'attendait sûrement là où elle l'avait laissé, c'est à dire au magasin de chaudron. Peut-être qu'Abigail avait enfin trouvé le chaudron parfait pour sa fille. Solenn se tourna vers Audric, son regard bleu foncé sondant la future réaction du garçon. Avec son plus beau sourire possible, elle s'adressa en français :

-C'était super de parler avec toi... Mais je dois y aller. J'en garde un peu pour ma maman, dit-elle tout en désignant sa glace.

Si elle le connaissait mieux, elle se serait avancé pour lui faire un bisou sur la joue, mais les deux enfants n'avaient pas parlé assez longtemps pour se permettre ce geste d'amitié. Alors, elle fit un signe de la main, et s'avança vers la porte, qu'elle ouvrit. L'air frais l'envahit, et les quelques rares gouttes qui tombaient ne la gênaient pas. Ses pas claquaient presque trop forts sur la pavé, la rue presque déserte à cause de l'attaque de la pluie.

Reducio
Merci infiniment pour ce rp ! C'était génial de vivre ce doux moment avec Audric ^^^

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Une glace sous la pluie
 Silencieusement, Audric observait sa camarade pendant qu'elle commandait sa glace. Il en était venu à se demander si sa couleur naturelle de peau n'était pas le rouge cramoisi, tant cette couleur ne semblait jamais quitter son visage. Il ne se questionnait jamais sur la beauté des gens, chose pour laquelle il ne s'intéressait pas du tout et n'était pas encore assez critique pour émettre le moindre avis sur le sujet, même s'il était tout à fait capable de nommer certaines choses ou personnes comme étant "jolies". Et à cet instant, Solenn entrait parfaitement dans cette catégorie, surement à cause de cette harmonie entre le rouge de ses joues et le orange de ses cheveux. Sans s'attarder plus sur le sujet, le brun mordit à pleines dents dans sa glace.
 Le froid le ramena immédiatement à la réalité, emplissant d'abord sa bouche puis toute sa tête. Il ferma les yeux un instant en grimaçant avant de s'ébrouer. 

 Lorsqu'il rouvrit les yeux, le regard bleuté de la fillette en face de lui l'observait avant qu'elle ne prenne la parole. « A bientôt! » lui répondit-il doucement dans sa langue maternelle en répondant à son geste de la même manière. En parlant de maman... 
*Je me demandes bien où est la mienne...* songea le garçon qui hésitais entre l'inquiétude ou l’insouciance qu'il devait justement avoir hérité de Jeanne. Il attendit que sa camarade s'éloigne de la boutique avant de sortir à sa suite, regardant à droite puis à gauche. Les mots de son père ne cessaient de tourner dans sa tête quand à ce lieu de rassemblement, mais en même temps une partie de lui ne cessait de lui souffler depuis peu qu'il ne pouvait pas rester éternellement à cet endroit. Peut-être que le mieux à faire était de rentrer à la maison... Déjà détrempé par la pluie, il ne remit pas sa capuche et s'avança dans la ruelle sans chercher à s'abriter des dernières gouttes qui tombaient doucement.

 Il n'avait pas fait trois pas qu'une voix familière le héla à l'autre bout du chemin. Sa mère franchit à petites foulées la distance qui les séparaient et se planta devant lui. Elle était trempée comme une soupe, ses cheveux courts étaient comme ceux de son fils plaqués contre ses tempes. « Bah t'étais où? Je t'ai cherché partout! » Il y avait de l'inquiétude dans sa voix, et le brun faillit lui renvoyer sa question. Il ouvrit la bouche pour lui répondre, mais Jeanne leva les yeux sur le magasin juste derrière lui et son visage se radoucit. « Mais oui bien sûr... le glacier! Aller viens, on rentre. »
 Et sans autre forme de procès elle glissa sa main dans celle de son fils et s'éloigna doucement. Audric rougit, se sentant trop vieux pour tenir encore la main de sa mère mais ne dit rien. Au moins elle ne lui échapperait plus cette fois.

Reducio
Merci pour ce Rp! Au plaisir de recroiser Solenn. :) 

Je suis d'accord avec la signature d'Amaryllis.
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