Trois Sommets : un Delta ?
Fin août 2043
Un homme de taille moyenne à la chevelure auburn dont le regard ambré toisait de façon circulaire son environnement tenait par la main une jeune adolescente tout en avançant d’un pas vif, cherchant une boutique dans cette Allée qu’on appelait le Chemin de Traverse. Étant d’origine française cet endroit lui était peu familier, il y était déjà allé pour les fournitures de sa fille, mais contrairement à son épouse, Ulysse n’avait jamais côtoyé ces devantures lors de son enfance. Passionné de potions et par la vie magique, il traquait l’établissement où il trouverait son bonheur. Il avait emmené Phœbe, sa fille unique, non seulement pour qu’elle puisse faire des derniers achats, mais surtout pour tenter de passer un moment avec elle, sentant bien que leur relation était très oscillante. Depuis le retour de la petite Swan auprès de ses parents, elle avait enfin appris toute la vérité, mais leur enfant était toujours hésitante sur sa position à adopter vis-à-vis du couple Swan. Leur action était devenue plus compréhensible et excusable, mais ils avaient toujours fait une erreur à son sens.
« Nous y sommes : Apotic’herbes. »
Phœbe ne répondit pas, occupée qu’elle était à détacher sa main de la prise de son père. Lorsqu’elle fut enfin libérée, elle marmonna entre ses dents.
« Chuis plus une gamine, je peux avoir mon air. »
Sa bulle privée, son espace protecteur, l’adolescente y tenait et elle comprenait bien que l’adulte tentait de recréer un lien mais il s’y prenait mal. Sans regarder son aîné, l’étudiante poussa la porte et pénétra au sein de la boutique, de nombreux étals présentaient des produits de toutes sortes, ils faisaient briller les yeux gris de la sorcière en herbe. Certains étaient identifiables, elle les avait manipulés lors de ses années à Poudlard, d’autre présentaient un mystère envoûtant, la jeune fille souhaitait percer leur insondable Surface pour en comprendre la Profondeur. Elle avait envie de toucher ces fioles, sentir leur aura, mais par respect pour la personne qui les avait récoltés, il valait mieux ne pas déranger. L’adolescente nourrissait son regard, marchant en serpentin dans son exploration. Ce genre d’endroit avait l’esprit d’une bibliothèque, comme lorsque l’on regarde les côtes pour trouver un titre attrayant au lieu d’aller chercher directement un ouvrage en occultant les autres. Les étiquettes, les couleurs, les aspects, chaque élément présentait son attrait propre.
L’élève avait presque oublié la présence de son père jusqu’à ce que sa voix se fit entendre de façon sonore, ce qui la poussa à lever les yeux. À cette heure ils étaient les seuls à occuper l’espace, au moins il n’y avait pas de témoin, car la petite Swan sentit le moment gênant arriver.
« La grande Maîtresse des Potions Grayce ? Diable, vous ici ! Phœbe, vient donc, Erin Grayce, une sorcière d’élite dans le domaine des Potions, en chair et en os ! »
Avec une grimace contrite, l’adolescente se détacha du rayon où elle tentait de comparer l’éclat de plusieurs yeux, et rejoignit le regard baissé Ulysse qui était excité comme un enfant rencontrant son idole. Le nom de Grayce lui disait quelque chose. Elle était peut-être aussi connue que l’avançait son père s’il était murmuré dans Poudlard par les plus anciens. Pourtant Phœbe n’attachait rien de précis à ce nom. La sorcière verte et argent arriva au niveau de cette sorcière qui était cachée par un comptoir et qu’elle put enfin distinguer. Cette magicienne avait un charme que l’argentée n’avait vu chez nul autre. Elle serait presque prête à donner crédit aux exclamations de son aîné, on aurait dit qu’une potion unique coulait dans ses veines, une diffuse manifestation émanait de cette femme sans âge. Elle n’en était pas moins une inconnue pour la Serpentard.
« Vous vous connaissez ? Vous êtes ? »
La première interrogation était destinée à son père, elle tenait à ce qu’il explique son intervention étonnante qui mettait la petite Swan dans l’embarras, devant affronter cette puissante aura étrangère et envoûtante juste après qu’Ulysse l’ait salué de façon… étrange. Elle souhaitait entendre la voix de l’adulte, apprendre d’elle qui elle était, comment elle se définissait. La petite Swan ne voyait alors qu’une brume colorée, mais elle avait une envie de la chasser pour que s’éclaire sa Vision et que l’être lui apparaisse.
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel
Trois Sommets : un Delta ?
Un mois déjà qu'Erin avait repris la boutique et elle se surprenait à y trouver une sorte de routine. En si peu de temps, c'était étrange mais relaxant. Elle ne pensait pas qu'elle tiendrait une boutique jusqu'à la fin de sa vie mais elle y trouvait pour le moment une grande satisfaction. Différente de celle d'être professeur, bien sûr, mais à sa façon, elle avait l'impression d'aider les gens avec ses conseils. Une étape qui lui était indispensable pour mettre son passé derrière elle, définitivement. Même si cette pensée la terrifiait. Totalement. Non que l'avenir l'effrayait mais elle n'était pas encore tout à fait prête à laisser Noah derrière elle, malgré les années. A la différence qu'elle sentait qu'un jour, elle serait prête, ce qui était déjà un pas immense.
En attendant, elle avait transformé sa réserve en vrai laboratoire de recherche. Les potions la fascinaient toujours autant et il était hors de question qu'elle abandonne cet aspect-là de sa vie d'avant. Elle travaillait d'ailleurs sur une mixture un peu particulière qu'elle espérait pouvoir offrir à son frère pour Noël. Lui qui était si handicapé par ses fréquentes migraines, si jamais elle y arrivait, ce ne serait plus qu'un lointain et désagréable souvenir pour lui. Enfin, elle avait encore beaucoup de travail sur le sujet. Son dernier essai s'était juste terminé par une sensation de flotter et ça n'avait rien fait contre son léger mal de tête. Alors un peu fort...
La clochette qu'elle avait mise en place tinta, signe qu'un client venait d'entrer et la jeune femme laissa donc ses notes pour plus tard pour se rendre dans sa boutique. Un homme qui devait avoir à peu près la même taille qu'elle et une adolescente. Certainement sa fille même s'il était difficile d'en juger puisqu'elle était de dos, absorbée par le contenu d'une des étagères. Surtout, Erin n'eut pas vraiment le temps d'analyser plus avant la situation. Elle allait dire bonjour quand elle fit pris de court par l'homme qui prenait la parole. Si ses paroles eurent l'effet de la gêner, elle n'en montra rien. Au contraire, elle esquissa même un sourire. Certes, dans l'art des potions, elle s'était fait un petit nom mais ça resta étrange d'être reconnue ainsi. Ou alors, s'étaient-ils déjà rencontrés ? Zut, elle n'en avait pas le souvenir, voilà qui pouvait s'avérer extrêmement gênant. Bien plus que cette entrée en matière.
"En personne." répondit-elle, tout simplement, le sourire toujours aux lèvres.
L'adolescente ayant posé la question qu'elle avait sur les lèvres, Erin n'avait pas besoin de montrer son ignorance sur le sujet. Ça l'arrangeait, cela va sans dire. Elle pouvait donc se contenter de répondre à la deuxième question. Du moins essayer parce qu'elle ne savait plus trop comment se définir pour l'heure. Ancienne Auror, ancienne professeur de potions, ancienne directrice des Gryffondor, ancienne sous-directrice de Poudlard, ça faisait beaucoup d'ancienne tout ça. Elle se tourna donc vers la jeune fille qui semblait nager dans le flou le plus complet, preuve en était donc que son père - si c'était bien ce qu'il était - n'avait pas pour habitude ce genre d'entrée en matière.
"Je suis bien Erin Grayce, propriétaire de l'Apothic'herbes. Et potionniste à mes heures perdues."
Pour le reste, elle ne s'était jamais vu comme ça. Certes, ce serait mentir que de dire qu'elle n'avait pas consciente de ses facilités en potions mais ça ne faisait pas d'elle une sorcière d'élite. En tout cas, pas selon elle. Et ce n'était pas seulement à ses heures perdues non plus vu qu'il s'agissait d'une vraie passion mais c'est ce qui lui avait semblé le plus juste à dire. Après tout, son travail maintenant, c'était la boutique. Et en attendant de savoir ce qui les avait amené ici, il fallait d'abord qu'elle en apprenne plus sur cet homme qui l'avait reconnue.
En attendant, elle avait transformé sa réserve en vrai laboratoire de recherche. Les potions la fascinaient toujours autant et il était hors de question qu'elle abandonne cet aspect-là de sa vie d'avant. Elle travaillait d'ailleurs sur une mixture un peu particulière qu'elle espérait pouvoir offrir à son frère pour Noël. Lui qui était si handicapé par ses fréquentes migraines, si jamais elle y arrivait, ce ne serait plus qu'un lointain et désagréable souvenir pour lui. Enfin, elle avait encore beaucoup de travail sur le sujet. Son dernier essai s'était juste terminé par une sensation de flotter et ça n'avait rien fait contre son léger mal de tête. Alors un peu fort...
La clochette qu'elle avait mise en place tinta, signe qu'un client venait d'entrer et la jeune femme laissa donc ses notes pour plus tard pour se rendre dans sa boutique. Un homme qui devait avoir à peu près la même taille qu'elle et une adolescente. Certainement sa fille même s'il était difficile d'en juger puisqu'elle était de dos, absorbée par le contenu d'une des étagères. Surtout, Erin n'eut pas vraiment le temps d'analyser plus avant la situation. Elle allait dire bonjour quand elle fit pris de court par l'homme qui prenait la parole. Si ses paroles eurent l'effet de la gêner, elle n'en montra rien. Au contraire, elle esquissa même un sourire. Certes, dans l'art des potions, elle s'était fait un petit nom mais ça resta étrange d'être reconnue ainsi. Ou alors, s'étaient-ils déjà rencontrés ? Zut, elle n'en avait pas le souvenir, voilà qui pouvait s'avérer extrêmement gênant. Bien plus que cette entrée en matière.
"En personne." répondit-elle, tout simplement, le sourire toujours aux lèvres.
L'adolescente ayant posé la question qu'elle avait sur les lèvres, Erin n'avait pas besoin de montrer son ignorance sur le sujet. Ça l'arrangeait, cela va sans dire. Elle pouvait donc se contenter de répondre à la deuxième question. Du moins essayer parce qu'elle ne savait plus trop comment se définir pour l'heure. Ancienne Auror, ancienne professeur de potions, ancienne directrice des Gryffondor, ancienne sous-directrice de Poudlard, ça faisait beaucoup d'ancienne tout ça. Elle se tourna donc vers la jeune fille qui semblait nager dans le flou le plus complet, preuve en était donc que son père - si c'était bien ce qu'il était - n'avait pas pour habitude ce genre d'entrée en matière.
"Je suis bien Erin Grayce, propriétaire de l'Apothic'herbes. Et potionniste à mes heures perdues."
Pour le reste, elle ne s'était jamais vu comme ça. Certes, ce serait mentir que de dire qu'elle n'avait pas consciente de ses facilités en potions mais ça ne faisait pas d'elle une sorcière d'élite. En tout cas, pas selon elle. Et ce n'était pas seulement à ses heures perdues non plus vu qu'il s'agissait d'une vraie passion mais c'est ce qui lui avait semblé le plus juste à dire. Après tout, son travail maintenant, c'était la boutique. Et en attendant de savoir ce qui les avait amené ici, il fallait d'abord qu'elle en apprenne plus sur cet homme qui l'avait reconnue.
Décédée
Trois Sommets : un Delta ?
Aux mots de la confirmation, l’adulte esquissa un sourire discret, reflet de celui que la femme derrière le comptoir présentait. Il rencontrait une collègue, une autre passionnée, ce jour était à marquer d’une pierre blanche. Sentant qu’il venait de s’imposer de façon peu conventionnelle voire gênante, le magicien se reprit.
« Je me suis emballé j’espère ne pas vous avoir trop effrayée ou choquée. Ulysse Swan, chercheur en Potions notamment. Votre nom n’est pas inconnu dans le milieu vous ne pouvez le nier. Sans compter votre période à Poudlard qui vous a offert une certaine visibilité. »
Le français frotta ses mains les unes contre les autres pour les désengourdir. Il s’apprêtait à ajouter quelque chose sur sa fille, mais était si hésitant que cela donnait des inspirations avortées de prise de parole. Et il se souvenait de la demande de son enfant avant de pénétrer dans la boutique, le sorcier ne souhaitait pas heurter Phœbe en lui imposant un contexte la mettant mal à l’aise. Quand bien même tout parent brûle de parler de son enfant pour en dire tout ce qu’il en pense. Le potionniste pinça les lèvres pour se retenir et se contenta de jeter des regards en aller retour entre les entités en Présence.
Le regard presque impérieux de la petite Swan englobait les deux adultes en attendant leur éclaircissement. L’adolescente se laissa voguer sur la réponse de cette Erin. C’était un joli chant. Elle en occulta complètement ce que Ulysse déclara, focalisée sur un détail concernant la dame. La fin, ce détail rajouté, posé délicatement comme un élément subsidiaire, que l’on ne met pas en valeur mais auquel on accorde suffisamment d’importance pourtant pour le glisser et le dire pour dévoiler une minuscule parcelle de soi, personnelle.
La Serpentard toisait avec une attention démultipliée la magicienne Grayce. Le regard vrillé sur celui de la gérante des lieux, la jeune fille avança de quelques pas hésitants, avec une démarche de funambule qui tanguait sur son instable trajet.
Potionniste se définissait de nombreuses façons mais comprenait un Aspect qui hypnotisait Phœbe. Rares étaient les potionnistes, la petite Swan n’était pas certaine que ces Murs où elle était piegée une grande partie de l’an en abritent vraiment. Mais cette sorcière, elle se revendiquait de la sorte sans pour autant saturer sa personne de ce terme. L’argentée devait explorer plus avant, saisir ce que l’adulte conférait à cette activité.
Ses bras et mains s’élevèrent dans un geste d’Appréhension de la personne. Elle les posa à hauteur du comptoir, continuant d’exprimer un petit tangage, comme si ses membres étaient non dans l’air mais dans l’eau et ses doux courants. Elle plongea ses yeux argentés dans ceux de l’Autre anglaise et lança ces mots, presque soufflés dans une intimité, dans ces quelques centimètres qui avait séparé leurs visages.
« Vous Créez ? »
Très grande considération. Si c’était le cas cela entrerait en résonance avec ses aspirations et la petite Swan serait prête à accaparer le temps de cette femme qui paraissait assignée à ce lieu. Diable elle émanait déjà une autre lueur, cette silhouette étrangère revêtait d’étonnants apparats auxquels l’argentée se sentait sensible car éveillaient sa fascination.
« Je me suis emballé j’espère ne pas vous avoir trop effrayée ou choquée. Ulysse Swan, chercheur en Potions notamment. Votre nom n’est pas inconnu dans le milieu vous ne pouvez le nier. Sans compter votre période à Poudlard qui vous a offert une certaine visibilité. »
Le français frotta ses mains les unes contre les autres pour les désengourdir. Il s’apprêtait à ajouter quelque chose sur sa fille, mais était si hésitant que cela donnait des inspirations avortées de prise de parole. Et il se souvenait de la demande de son enfant avant de pénétrer dans la boutique, le sorcier ne souhaitait pas heurter Phœbe en lui imposant un contexte la mettant mal à l’aise. Quand bien même tout parent brûle de parler de son enfant pour en dire tout ce qu’il en pense. Le potionniste pinça les lèvres pour se retenir et se contenta de jeter des regards en aller retour entre les entités en Présence.
Le regard presque impérieux de la petite Swan englobait les deux adultes en attendant leur éclaircissement. L’adolescente se laissa voguer sur la réponse de cette Erin. C’était un joli chant. Elle en occulta complètement ce que Ulysse déclara, focalisée sur un détail concernant la dame. La fin, ce détail rajouté, posé délicatement comme un élément subsidiaire, que l’on ne met pas en valeur mais auquel on accorde suffisamment d’importance pourtant pour le glisser et le dire pour dévoiler une minuscule parcelle de soi, personnelle.
La Serpentard toisait avec une attention démultipliée la magicienne Grayce. Le regard vrillé sur celui de la gérante des lieux, la jeune fille avança de quelques pas hésitants, avec une démarche de funambule qui tanguait sur son instable trajet.
Potionniste se définissait de nombreuses façons mais comprenait un Aspect qui hypnotisait Phœbe. Rares étaient les potionnistes, la petite Swan n’était pas certaine que ces Murs où elle était piegée une grande partie de l’an en abritent vraiment. Mais cette sorcière, elle se revendiquait de la sorte sans pour autant saturer sa personne de ce terme. L’argentée devait explorer plus avant, saisir ce que l’adulte conférait à cette activité.
Ses bras et mains s’élevèrent dans un geste d’Appréhension de la personne. Elle les posa à hauteur du comptoir, continuant d’exprimer un petit tangage, comme si ses membres étaient non dans l’air mais dans l’eau et ses doux courants. Elle plongea ses yeux argentés dans ceux de l’Autre anglaise et lança ces mots, presque soufflés dans une intimité, dans ces quelques centimètres qui avait séparé leurs visages.
« Vous Créez ? »
Très grande considération. Si c’était le cas cela entrerait en résonance avec ses aspirations et la petite Swan serait prête à accaparer le temps de cette femme qui paraissait assignée à ce lieu. Diable elle émanait déjà une autre lueur, cette silhouette étrangère revêtait d’étonnants apparats auxquels l’argentée se sentait sensible car éveillaient sa fascination.
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel
Trois Sommets : un Delta ?
Evidemment. Erin aurait dû se douter que son client était lui-même potionniste. Déjà parce que ce n'était pas une denrée rare vu la boutique qu'elle tenait mais surtout, pour qu'il connaisse son nom, il ne pouvait pas en être autrement. Enfin si, il aurait pu être un parent d'élève à l'époque où elle était enseignante mais, dans ce cas, il n'aurait pas forcément connu son visage et elle n'avait écrit nulle part son nom dans la boutique. Ça n'avait aucun intérêt. En tout cas, son voyage l'avait clairement déconnectée de la réalité sinon, elle aurait de suite fait le rapprochement. Elle reporta donc son attention sur son client et lui sourit plus franchement cette fois-ci.
"Ne vous inquiétez pas, il en faut plus pour m'effrayer. J'ai simplement été absente un moment d'Angleterre, j'en ai perdu l'habitude de croiser des collègues."
Enfin, c'est surtout qu'elle avait été discrète pendant son voyage, reprenant les stratagèmes qu'elle avait appris quand elle était Auror pour mener à bien ce qui lui tenait à cœur. Alors forcément, elle n'avait guère fait de rencontres, les avait évitées même. Elle avait aussi mis les potions de côté, pendant un temps et c'était aussi un des aspects qui lui plaisait bien dans le fait de reprendre la boutique. Si elle pouvait, en plus, rencontrer des gens avec qui parler de cette facette de sa vie, c'était la cerise sur le gâteau.
En attendant, ce petit échange de civilité avait apparemment attiré l'attention de l'adolescente qui semblait intriguée, avide de poser des questions. Erin la regarda un moment, ne cherchant pas à la brusquer. Il y avait bien longtemps qu'elle avait compris que cela ne servait à rien avec les jeunes de son âge. D'ailleurs, la question ne tarda pas à arriver et la jeune femme esquissa un nouveau sourire. Deux petits mots qui dénotaient de beaucoup. C'était à la fois pudique et chargé de curiosité et la jeune femme trouvait ça touchant par le respect qu'elle sentait de l'adolescente envers l'art des potions.
"Eh bien, si le programme des potions n'a pas trop changé à Poudlard, on vous y enseigne une de mes créations." se contenta-t-elle de répondre pour satisfaire la curiosité de l'enfant.
Rares étaient les jeunes de son âge qui s'intéressaient vraiment à créer des potions et Erin était finalement autant intrigué par l'enfant qu'elle ne semblait l'être par elle-même. D'autant qu'elle devait être à bonne école avec son père vu son tirade de présentation. Elle resta donc un moment en silence à la jauger, se rappelant ses propres débuts qui s'étaient fait un peu plus jeune. D'abord pour épater Noah, il fallait bien le reconnaître mais très vite parce qu'elle s'y était découvert une passion. A son époque, elle était sûrement l'élève, hors Serpentard, qui avait passé le plus de temps dans les cachots. Elle avait d'ailleurs un moment gardé contact avec son professeur de potions de l'époque, le professeur Delapanard, bourru certes mais qui lui avait donné le goût de la création. Enfin, avant "l'accident", bien sûr.
Ceci étant, elle en oubliait les usages et son devoir de commerçante.
"Excusez-moi, je m'égare dans mes souvenirs et j'en oublie que vous n'êtes pas là sans raison. Que puis-je pour vous ?"
"Ne vous inquiétez pas, il en faut plus pour m'effrayer. J'ai simplement été absente un moment d'Angleterre, j'en ai perdu l'habitude de croiser des collègues."
Enfin, c'est surtout qu'elle avait été discrète pendant son voyage, reprenant les stratagèmes qu'elle avait appris quand elle était Auror pour mener à bien ce qui lui tenait à cœur. Alors forcément, elle n'avait guère fait de rencontres, les avait évitées même. Elle avait aussi mis les potions de côté, pendant un temps et c'était aussi un des aspects qui lui plaisait bien dans le fait de reprendre la boutique. Si elle pouvait, en plus, rencontrer des gens avec qui parler de cette facette de sa vie, c'était la cerise sur le gâteau.
En attendant, ce petit échange de civilité avait apparemment attiré l'attention de l'adolescente qui semblait intriguée, avide de poser des questions. Erin la regarda un moment, ne cherchant pas à la brusquer. Il y avait bien longtemps qu'elle avait compris que cela ne servait à rien avec les jeunes de son âge. D'ailleurs, la question ne tarda pas à arriver et la jeune femme esquissa un nouveau sourire. Deux petits mots qui dénotaient de beaucoup. C'était à la fois pudique et chargé de curiosité et la jeune femme trouvait ça touchant par le respect qu'elle sentait de l'adolescente envers l'art des potions.
"Eh bien, si le programme des potions n'a pas trop changé à Poudlard, on vous y enseigne une de mes créations." se contenta-t-elle de répondre pour satisfaire la curiosité de l'enfant.
Rares étaient les jeunes de son âge qui s'intéressaient vraiment à créer des potions et Erin était finalement autant intrigué par l'enfant qu'elle ne semblait l'être par elle-même. D'autant qu'elle devait être à bonne école avec son père vu son tirade de présentation. Elle resta donc un moment en silence à la jauger, se rappelant ses propres débuts qui s'étaient fait un peu plus jeune. D'abord pour épater Noah, il fallait bien le reconnaître mais très vite parce qu'elle s'y était découvert une passion. A son époque, elle était sûrement l'élève, hors Serpentard, qui avait passé le plus de temps dans les cachots. Elle avait d'ailleurs un moment gardé contact avec son professeur de potions de l'époque, le professeur Delapanard, bourru certes mais qui lui avait donné le goût de la création. Enfin, avant "l'accident", bien sûr.
Ceci étant, elle en oubliait les usages et son devoir de commerçante.
"Excusez-moi, je m'égare dans mes souvenirs et j'en oublie que vous n'êtes pas là sans raison. Que puis-je pour vous ?"
Décédée
Trois Sommets : un Delta ?
Il ne fallut pas beaucoup de temps pour que l’anglaise semble quitter doucement son état provoqué par la mise en contact trop rapide engagée par Ulysse, encore un peu penaud d’être entré dans sa zone de confort, se laissant aveugler par son enthousiasme et sa surprise. Il se promit de tenter de faire preuve de plus délicatesse au cours de ses prochains rapports avec la potionniste. L’adulte montra par l’écartement de la commissure de ses lèvres sur son visage un petit sourire d’approbation ou compréhension, accompagné d’un léger hochement de tête quand son interlocutrice évoqua son absence pour expliquer sa réaction, que le français avait trouvée distante, il en saisissait maintenant bien mieux les raisons.
L’argentée était dans l’attente d’un dévoilement, elle savait que sa demande lui offrirait de découvrir une facette très importante de l’adulte. Lorsque sa parole atteignit Phœbe, et surtout ses ultimes mots, l’adolescente écarquilla les yeux avant de jeter un regard différent sur miss Grayce. Un extrait de son essence, de son univers, dont la petite Swan souhaitait à présent obtenir la clef pour y pénétrer et se laisser émerveiller par ce monde personnel de création si propre à l’ancienne enseignante. Elle connaissait peu, si peu. Des souvenirs affleurèrent à la surface de se mémoire, elle revit l’image du professeur Primard, et la présentation de sa potion enfermant dans un flacon une chute de neige. La magicienne verte et argent l’avait nommée le Souffle de Chioné cette préparation, et elle avait perçu en elle la beauté, la magie qui faisait surgir des flocons de la sorte était belle.
La sorcière était persuadée que c’était l’unique invention rencontrée, celle de son aînée devant elle devait certainement être enseignée plus tardivement. Plus complexe, plus délicate, plus subtile ? Elle avait besoin d’en savoir plus, d’extraire plus d’information de la propriétaire de la boutique, de définir l’émanation de cette facette démiurge.
« Une… de vos potions ? Elles sont multiples alors… Que crée-t-elle, cette potion ? »
De cette simple donnée, Phœbe, elle en était certaine, pourrait obtenir un savoir sur son aînée, dans son œuvre se perçoit souvent une personnalité, et la petite Swan avait une hâte non dissimulée d’approcher cette personnalité. Fourmillait en elle curiosité, incertitude, Fascination. Elle n’eut pas la possibilité de se retrouver dans son bouillonnant esprit car déjà la potionniste retrouva son professionnalisme et demanda ce qu’elle pouvait, sous-entendu dans le cadre de cette boutique.
Le français réagit assez rapidement, ayant observé sans en rater une miette les derniers instants. Il sortit d’une poche interne une liste d’ingrédients et éléments divisée en deux sections, ce dont il avait besoin à titre personnel, et les réapprovisionnements absolument nécessaires pour la scolarité de sa fille, qui s’il avait bien compris était dans un cursus à forte dominance concernant les potions. Il avait vu traîner des papiers sur ces choix de matières, et avait été fier de Phœbe mais n’avait pas tenu à être trop intrusif à ce propos, Ulysse avait conscience qu’elle traçait sa propre route, et qu’aucunement elle n’était en imitation de son parcours, il n’arrivait pas à cerner ses aspirations, mais il la savait très différente de lui à la même période. Sa Perception de cet art avait quelque chose d’indescriptible que l’adulte ne savait que scruter et contempler, sans jamais pouvoir la comprendre.
« Nous sommes venus faire quelques achats essentiels effectivement, voici ce qu’il nous faudrait. »
Songeuse, la petite Swan tentait de percer l’aura de l’ancienne enseignante, sa magie, elle voulait la voir en action, la voir gagner en tangibilité et densité.
« Comment empreignez-vous vos Créations de votre signature magique ? »
Une révélation que l’étudiante attendait, c’était le dévoilement de l’empreinte sorcière qui lui était propre. Elle était persuadée que sans cette empreinte, l’exploration magique ne contenait pas toute la personnalité qui lui offrait une intensité et un mystère. Un mystère, à n’en pas douter, il s’en trouvait un en toute découverte, et bien que sa vocation soit de demeurer hermétique et protégé, Phœbe souhaitait ardemment gratter une partie de sa couche protectrice.
L’argentée était dans l’attente d’un dévoilement, elle savait que sa demande lui offrirait de découvrir une facette très importante de l’adulte. Lorsque sa parole atteignit Phœbe, et surtout ses ultimes mots, l’adolescente écarquilla les yeux avant de jeter un regard différent sur miss Grayce. Un extrait de son essence, de son univers, dont la petite Swan souhaitait à présent obtenir la clef pour y pénétrer et se laisser émerveiller par ce monde personnel de création si propre à l’ancienne enseignante. Elle connaissait peu, si peu. Des souvenirs affleurèrent à la surface de se mémoire, elle revit l’image du professeur Primard, et la présentation de sa potion enfermant dans un flacon une chute de neige. La magicienne verte et argent l’avait nommée le Souffle de Chioné cette préparation, et elle avait perçu en elle la beauté, la magie qui faisait surgir des flocons de la sorte était belle.
La sorcière était persuadée que c’était l’unique invention rencontrée, celle de son aînée devant elle devait certainement être enseignée plus tardivement. Plus complexe, plus délicate, plus subtile ? Elle avait besoin d’en savoir plus, d’extraire plus d’information de la propriétaire de la boutique, de définir l’émanation de cette facette démiurge.
« Une… de vos potions ? Elles sont multiples alors… Que crée-t-elle, cette potion ? »
De cette simple donnée, Phœbe, elle en était certaine, pourrait obtenir un savoir sur son aînée, dans son œuvre se perçoit souvent une personnalité, et la petite Swan avait une hâte non dissimulée d’approcher cette personnalité. Fourmillait en elle curiosité, incertitude, Fascination. Elle n’eut pas la possibilité de se retrouver dans son bouillonnant esprit car déjà la potionniste retrouva son professionnalisme et demanda ce qu’elle pouvait, sous-entendu dans le cadre de cette boutique.
Le français réagit assez rapidement, ayant observé sans en rater une miette les derniers instants. Il sortit d’une poche interne une liste d’ingrédients et éléments divisée en deux sections, ce dont il avait besoin à titre personnel, et les réapprovisionnements absolument nécessaires pour la scolarité de sa fille, qui s’il avait bien compris était dans un cursus à forte dominance concernant les potions. Il avait vu traîner des papiers sur ces choix de matières, et avait été fier de Phœbe mais n’avait pas tenu à être trop intrusif à ce propos, Ulysse avait conscience qu’elle traçait sa propre route, et qu’aucunement elle n’était en imitation de son parcours, il n’arrivait pas à cerner ses aspirations, mais il la savait très différente de lui à la même période. Sa Perception de cet art avait quelque chose d’indescriptible que l’adulte ne savait que scruter et contempler, sans jamais pouvoir la comprendre.
« Nous sommes venus faire quelques achats essentiels effectivement, voici ce qu’il nous faudrait. »
Songeuse, la petite Swan tentait de percer l’aura de l’ancienne enseignante, sa magie, elle voulait la voir en action, la voir gagner en tangibilité et densité.
« Comment empreignez-vous vos Créations de votre signature magique ? »
Une révélation que l’étudiante attendait, c’était le dévoilement de l’empreinte sorcière qui lui était propre. Elle était persuadée que sans cette empreinte, l’exploration magique ne contenait pas toute la personnalité qui lui offrait une intensité et un mystère. Un mystère, à n’en pas douter, il s’en trouvait un en toute découverte, et bien que sa vocation soit de demeurer hermétique et protégé, Phœbe souhaitait ardemment gratter une partie de sa couche protectrice.
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel
Trois Sommets : un Delta ?
Erin avait beau attendre de connaître la raison de la venue de ses clients dans sa boutique, elle n'en ressentait pas moins le regard inquisiteur de l'adolescente posé sur elle. Elle avait passé suffisamment de temps à enseigner à des jeunes de son âge pour ne pas se laisser surprendre par un tel comportement et elle attendait donc, comme si de rien n'était, la suite des événements car elle était bien certaine que la jeune brune ne tarderait pas à poser une nouvelle question. Elle avait d'ailleurs répondu de sorte à attiser sa curiosité, ce n'était donc pas étonnant qu'elle ait fait mouche. En attendant, elle se prenait à tenter de faire la lumière sur cet étonnant duo. Lui n'était pas britannique au vu de son accent mais sa fille, elle, n'avait pas cette particularité. Elle n'avait pas réagi à l'assertion sur le fait qu'elle avait été enseignante, avait même fouillé dans sa mémoire pour voir si l'indice était suffisant. Elle étudiait donc à Poudlard et n'avait pas encore atteint la cinquième année. Dans quelle maison pouvait-elle bien être ? Un peu trop tôt pour le deviner.
"Il s'agit d'un remède. En quelque sorte."
Voilà qui pouvait sonner mystérieux mais n'était-ce pas justement le nom de sa potion ? Elle ne voyait, de toute façon, pas comment la décrire d'une autre façon. Après tout, elle était là pour effacer les excès de sa propre gourmandise, lui permettre de s'adonner à son pécher mignon sans aucun état d'âme et donc, sa création permettait d'éviter les crises de foie ou autre désagrément causé par l'abus de sucrerie. En ça, c'était bien un remède. Quant à l'histoire de son invention, c'était bien trop personnel pour qu'elle ne veuille un jour le raconter. Un défi que lui avait donné Noah en se moquant d'elle, arguant qu'elle finirait par en avoir besoin avec tout le chocolat qu'elle ingurgitait. Et ça l'avait bien fait rire de le prendre au mot. De lui prouver qu'elle pouvait tout faire avec les potions.
Avec un sourire, elle prit la feuille tendue par l'homme et y jeta un rapide coup d’œil. Une partie qui ressemblait à des fournitures scolaires, une autre bien plus intéressante. Tout se trouvait assez facilement. Hum, peut-être pas en fait à voir la dernière ligne. Elle devrait faire un tour dans la réserve, en n'en point douter. Elle s'empara de sa baguette et, sans un mot, fit venir à elle les ingrédients pour les rassembler sur le comptoir. C'est à ce moment-là que l'adolescente reprit la parole avec une question fort surprenante. Sa signature magique... voilà qui était très personnel et, à vrai dire, faire des potions était devenu tellement naturel pour elle qu'elle n'y prêtait presque plus attention. Une sorte de routine, en somme, et c'était rafraîchissant de devoir se poser des questions ainsi. A nouveau.
"J'y mets toute mon âme." fût la réponse la plus sensée qu'elle trouva.
Quand elle inventait une potion, elle y passait des jours et des jours, ne pensait plus qu'à ça, ne vivait plus que pour ça. Ça virait souvent à l'obsession d'ailleurs et c'était aussi le seul moyen qu'elle avait depuis que sa vie avait pris un tournant imprévu pour s'évader et oublier.
"Pour les yeux de coléoptères noirs, je ne suis pas certaine qu'il m'en reste. Mais, je peux les commander et vous les faire livrer. Ça ne devrait prendre qu'un jour ou deux."
Si ça l'embêtait de ne pouvoir satisfaire la commande de son client de suite, Erin ne laissait rien paraître, gardant un sourire avenant sur son visage.
"Il s'agit d'un remède. En quelque sorte."
Voilà qui pouvait sonner mystérieux mais n'était-ce pas justement le nom de sa potion ? Elle ne voyait, de toute façon, pas comment la décrire d'une autre façon. Après tout, elle était là pour effacer les excès de sa propre gourmandise, lui permettre de s'adonner à son pécher mignon sans aucun état d'âme et donc, sa création permettait d'éviter les crises de foie ou autre désagrément causé par l'abus de sucrerie. En ça, c'était bien un remède. Quant à l'histoire de son invention, c'était bien trop personnel pour qu'elle ne veuille un jour le raconter. Un défi que lui avait donné Noah en se moquant d'elle, arguant qu'elle finirait par en avoir besoin avec tout le chocolat qu'elle ingurgitait. Et ça l'avait bien fait rire de le prendre au mot. De lui prouver qu'elle pouvait tout faire avec les potions.
Avec un sourire, elle prit la feuille tendue par l'homme et y jeta un rapide coup d’œil. Une partie qui ressemblait à des fournitures scolaires, une autre bien plus intéressante. Tout se trouvait assez facilement. Hum, peut-être pas en fait à voir la dernière ligne. Elle devrait faire un tour dans la réserve, en n'en point douter. Elle s'empara de sa baguette et, sans un mot, fit venir à elle les ingrédients pour les rassembler sur le comptoir. C'est à ce moment-là que l'adolescente reprit la parole avec une question fort surprenante. Sa signature magique... voilà qui était très personnel et, à vrai dire, faire des potions était devenu tellement naturel pour elle qu'elle n'y prêtait presque plus attention. Une sorte de routine, en somme, et c'était rafraîchissant de devoir se poser des questions ainsi. A nouveau.
"J'y mets toute mon âme." fût la réponse la plus sensée qu'elle trouva.
Quand elle inventait une potion, elle y passait des jours et des jours, ne pensait plus qu'à ça, ne vivait plus que pour ça. Ça virait souvent à l'obsession d'ailleurs et c'était aussi le seul moyen qu'elle avait depuis que sa vie avait pris un tournant imprévu pour s'évader et oublier.
"Pour les yeux de coléoptères noirs, je ne suis pas certaine qu'il m'en reste. Mais, je peux les commander et vous les faire livrer. Ça ne devrait prendre qu'un jour ou deux."
Si ça l'embêtait de ne pouvoir satisfaire la commande de son client de suite, Erin ne laissait rien paraître, gardant un sourire avenant sur son visage.
Décédée
Trois Sommets : un Delta ?
Elle représentait et incarnait en ses gestes et ses mots une énigme étrange sur laquelle une envie de souffler s’imposait. Pour ôter la fine pellicule la rendant encore hermétique. Pour la découvrir, les sens de Phœbe étaient en éveil, sondaient et attendaient. Le processus de découverte familier à la potionniste, la jeune fille voulait en dévoiler quelques parcelles, en avoir une vision, comprendre comment elle pourrait, un jour espéré, construire le sien. Le retour si bref, si succinct, comme expédié d’un unique mouvement et sans se retourner était l’ouverture à plus de curiosité, plus de questionnements. Chaque pas de recul appelle de la personne en face une grande enjambée en avant pour réduire la distance. *Quel remède ?* Une interrogation fusa en adéquation à sa pensée, demandant plus.
« Quel genre de maux soigne-t-il ? »
Un mal personnel ? Si c’était le cas, elle sonnerait certainement comme très intrusive dans son propos. Il existait déjà quelques potions pour soigner quelques maladies hivernales, résorber des blessures. Pour quel genre de fléau avait-elle bien pu avoir à cœur de mettre au point un baume ? À l’analyse de la stature de miss Grayce bien peu d’indices. Pour ne pas dire qu’elle ne montrait rien de très explicite. Son regard plongé dans un autre temps, autre espace, semblait être revenu à un moment en lien avec la Genèse de la potion, elle en avait bien l’impression. La petite Swan ne comptait pas en rester là.
« Par quel ingrédient la Magie opère-t-elle ? »
Ingrédient actif, Ingrédient de couleur, Ingrédient de texture. Il lui semblait que c’était ce qui était enseigné aux enfants. Elle sentait que les vraies alliances, les plus subtiles, étaient régies par des lois non définies, dépassant ce cadre, où la distinction serait floue, tout se mêlerait dans un entier indissociable. Doucement, tel un Serpent digne représentant de sa maison, elle avançait, sinuait plus exactement pour s’abreuver de ce que l’adulte pourrait livrer. Assimiler, et poursuivre pour aller plus loin. L’adolescente hocha la tête verticalement, une très fine ligne courbée s’était dessinée entre ses lèvres quand son aînée lui annonça sa façon d’introduire le personnel en ses compositions qui mêlaient des éléments de tout horizon et avaient besoin de l’Intelligence d’un mage pour les faire se rencontrer dans une fusion qui s’imposait, ne saurait être réfutée. Son Âme. Ψσυχη. Les pensées de Phœbe se dirigèrent vers sa mère, qui n’étaient pas présente. Psyché, son nom signifiait alors ce qu’elle donnait en ce qu’elle concevait… La jeune sorcière ne s’imaginait pas lui demander cela tout en gardant la distance et froideur dont elle avait encore besoin pour reconstruire une opinion cohérente concernant ses parents. Tout demeurait encore confus, alors que mensonge, illusion, réalité s’entremêlaient sans que ne se manifestent les marques aidant à dénouer ce sac de nœuds. L’une de ces figures responsables de la position vacillante de l’enfant fit justement entendre sa voix.
« Je comprends que vous ne puissiez tout avoir dans vos stocks. À vrai dire il était prévu de faire seulement escale à Londres, mais s’il le faut je referais le déplacement pour chercher ces yeux de coléoptères. Le court délai permettrait au moins de ne pas trop voyager en un court intervalle. »
La réponse affable du client calme et compréhensible. La Verte et Argent avait suivi l’échange, les yeux plissés dans une observation et une analyse fine. Elle avait saisi le propos, parcellairement. Pourtant des considérations semblaient lui échapper. Qui étaient-ils ? Des Créateurs croyait-elle. Ils devaient par ces paroles dissimuler une intuition, des ressentis, des fourmillements d’idées tues, ou bien ils trahissaient ce qu’ils étaient. Du moins aux yeux de l’étudiante à la conception bien particulière du statut de ces adultes, dont elle attendait de les trouver à la hauteur des Sommets où elle les situait. Ses yeux de Lune perdus dans des manifestations présentes uniquement au sein de son esprit, si bien qu’il parut impossible de déterminer où était dirigée l’adresse, plutôt vers l’un ou l’autre des adultes, voire les deux, elle les interrogea.
« Vous êtes Potionniste. Si vous n’aviez pas cet ingrédient à portée, comment le substitueriez-vous avec d’autres moyens pour obtenir ce que vous recherchez ? »
Un vrai spécialiste, qui a la maîtrise de l’Art, conserve-t-il une indépendance, des chaînes incarnées justement par ce manque, où est-il capable de faire éclore la Magie qu’il invoque de diverses manières en manipulant des mélanges protéiformes, qui ne sont pas figées par un protocole, mais aussi souple que peut l’être la pensée, la Vision personnelle d’une forme de magie ? Phœbe mettait à l’épreuve qui était spécialiste, pour tenter de comprendre ce que cela impliquait, si réellement une ouverture des possibles infinis se présentait. Elle ne voulait pas de crochets, elle attendait qu’il lui soit prouvé qu’il était possible de voler sans artifices et sans attaches. Planer sans cordes qui rattachent.
« Quel genre de maux soigne-t-il ? »
Un mal personnel ? Si c’était le cas, elle sonnerait certainement comme très intrusive dans son propos. Il existait déjà quelques potions pour soigner quelques maladies hivernales, résorber des blessures. Pour quel genre de fléau avait-elle bien pu avoir à cœur de mettre au point un baume ? À l’analyse de la stature de miss Grayce bien peu d’indices. Pour ne pas dire qu’elle ne montrait rien de très explicite. Son regard plongé dans un autre temps, autre espace, semblait être revenu à un moment en lien avec la Genèse de la potion, elle en avait bien l’impression. La petite Swan ne comptait pas en rester là.
« Par quel ingrédient la Magie opère-t-elle ? »
Ingrédient actif, Ingrédient de couleur, Ingrédient de texture. Il lui semblait que c’était ce qui était enseigné aux enfants. Elle sentait que les vraies alliances, les plus subtiles, étaient régies par des lois non définies, dépassant ce cadre, où la distinction serait floue, tout se mêlerait dans un entier indissociable. Doucement, tel un Serpent digne représentant de sa maison, elle avançait, sinuait plus exactement pour s’abreuver de ce que l’adulte pourrait livrer. Assimiler, et poursuivre pour aller plus loin. L’adolescente hocha la tête verticalement, une très fine ligne courbée s’était dessinée entre ses lèvres quand son aînée lui annonça sa façon d’introduire le personnel en ses compositions qui mêlaient des éléments de tout horizon et avaient besoin de l’Intelligence d’un mage pour les faire se rencontrer dans une fusion qui s’imposait, ne saurait être réfutée. Son Âme. Ψσυχη. Les pensées de Phœbe se dirigèrent vers sa mère, qui n’étaient pas présente. Psyché, son nom signifiait alors ce qu’elle donnait en ce qu’elle concevait… La jeune sorcière ne s’imaginait pas lui demander cela tout en gardant la distance et froideur dont elle avait encore besoin pour reconstruire une opinion cohérente concernant ses parents. Tout demeurait encore confus, alors que mensonge, illusion, réalité s’entremêlaient sans que ne se manifestent les marques aidant à dénouer ce sac de nœuds. L’une de ces figures responsables de la position vacillante de l’enfant fit justement entendre sa voix.
« Je comprends que vous ne puissiez tout avoir dans vos stocks. À vrai dire il était prévu de faire seulement escale à Londres, mais s’il le faut je referais le déplacement pour chercher ces yeux de coléoptères. Le court délai permettrait au moins de ne pas trop voyager en un court intervalle. »
La réponse affable du client calme et compréhensible. La Verte et Argent avait suivi l’échange, les yeux plissés dans une observation et une analyse fine. Elle avait saisi le propos, parcellairement. Pourtant des considérations semblaient lui échapper. Qui étaient-ils ? Des Créateurs croyait-elle. Ils devaient par ces paroles dissimuler une intuition, des ressentis, des fourmillements d’idées tues, ou bien ils trahissaient ce qu’ils étaient. Du moins aux yeux de l’étudiante à la conception bien particulière du statut de ces adultes, dont elle attendait de les trouver à la hauteur des Sommets où elle les situait. Ses yeux de Lune perdus dans des manifestations présentes uniquement au sein de son esprit, si bien qu’il parut impossible de déterminer où était dirigée l’adresse, plutôt vers l’un ou l’autre des adultes, voire les deux, elle les interrogea.
« Vous êtes Potionniste. Si vous n’aviez pas cet ingrédient à portée, comment le substitueriez-vous avec d’autres moyens pour obtenir ce que vous recherchez ? »
Un vrai spécialiste, qui a la maîtrise de l’Art, conserve-t-il une indépendance, des chaînes incarnées justement par ce manque, où est-il capable de faire éclore la Magie qu’il invoque de diverses manières en manipulant des mélanges protéiformes, qui ne sont pas figées par un protocole, mais aussi souple que peut l’être la pensée, la Vision personnelle d’une forme de magie ? Phœbe mettait à l’épreuve qui était spécialiste, pour tenter de comprendre ce que cela impliquait, si réellement une ouverture des possibles infinis se présentait. Elle ne voulait pas de crochets, elle attendait qu’il lui soit prouvé qu’il était possible de voler sans artifices et sans attaches. Planer sans cordes qui rattachent.
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel
Trois Sommets : un Delta ?
"Ce serait limiter son action que de dire qu'il soigne les maux de ventre mais c'est la meilleure explication que je peux fournir en si peu de temps." répondit aussitôt Erin, le sourire aux lèvres.
Elle n'était pas déçue, l'adolescente avait de suite mordu à l'hameçon pour en savoir plus, ce qui prouvait son intérêt réel pour les potions. Sur une enfant plus jeune, cela aurait pu être simplement de la curiosité ou encore pour faire plaisir aux adultes mais, au moment où le corps était chahuté par les hormones, les jeunes ne cherchaient que très rarement à montrer un quelconque intérêt quand ils n'en avaient pas. Bien au contraire même. Sur cet aspect-là, ils étaient un livre ouvert, bien souvent à leur esprit défendant. Quant aux ingrédients qui composaient sa potion... la jeune femme ne put s'empêcher de sourire à nouveau en pensant que bon nombre étaient les élèves qui avaient tenté de percer à jour son secret, sans réussite. Certainement que la question se posait encore, si son élixir était toujours étudié en cours. Jusque là, personne n'avait trouvé l'ingrédient essentiel qui donnait toute sa substance à sa potion mystère et quelque part, elle était contente de pouvoir garder jalousement son secret. Même à Noah, elle n'avait jamais rien dit et pourtant, il lui avait posé maintes fois la question.
"Si, comme je le pense, ma potion est toujours au programme de votre enseignement, il vous faudra trouver par vous-même quel en est son ingrédient actif. Vous comprendrez donc que, d'ici là, je ne puis satisfaire votre curiosité."
En attendant, elle était ennuyée de ne pas pouvoir pleinement satisfaire son client. Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait, évidemment mais ce n'était pas agréable pour autant. Surtout si ça sous-entendait de contrarier les plans de l'homme puisqu'il ne comptait pas rester à Londres bien longtemps. Hum, ce n'était pas ainsi qu'elle fonctionnait habituellement mais les yeux de coléoptères n'étaient ni fragiles, ni bien lourds. Biélaïa pourrait donc facilement s'en charger. Ça ne lui ferait pas de mal, d'ailleurs. Elle avait tendance à s'empâter ces derniers temps, boulottant un peu trop de miamhibou.
"Si vous me donnez une adresse, ma chouette se chargera de vous livrer. Ça vous évitera ainsi de revenir et ça lui fera un voyage pour se dégourdir les ailes."
Sans même attendre la réponse de son client, Erin s'empara de sa baguette et lui imprima le geste nécessaire à envoyer son messager... sans parchemin, sans hibou. Pour cette affaire, son patronus serait plus efficace et rapide. D'autant que le destinataire était quelqu'un qui la connaissait très bien et avait donc l'habitude. Il ne serait pas surpris par cette apparition fantomatique. La jeune femme tendit la main vers sa panthère, une courte seconde comme si elle lui soufflait sa pensée, la demande qu'elle devait transmettre, puis termina le geste de sa baguette et l'apparition s'envola dans une volute de fumée blanche.
Elle reporta ensuite son attention sur l'adolescente et sa question.
"Tout dépend justement de ce qui est recherché. Un seul ingrédient ne suffira pas à remplacer les yeux de coléoptères puisque tout autre chose entraînera des effets secondaires qu'il faudra contrecarrer. Et dans certains cas, le remplacement n'en vaut pas la chandelle. Mais pour répondre plus précisément à votre question, si votre père compte utiliser les yeux comme la plupart le font, il lui faudrait les remplacer par des œufs de Doxys auquel il faudrait ajouter de l'armoise pour les stabiliser ainsi que des baies de gui pour en diminuer l'amertume. J'ajouterais qu'en plus d'augmenter le prix de la confection, les effets de la potion serait malheureusement atténués."
Un choix que ne ferait jamais Erin mais ça ne lui appartenait pas de décider. Elle était sûrement trop perfectionniste pour envisager les choses ainsi et préférait attendre que de bâcler son travail. Maintenant, dans le cas d'une situation urgente, peut-être reverrait-elle son point de vue, bien sûr.
Elle n'était pas déçue, l'adolescente avait de suite mordu à l'hameçon pour en savoir plus, ce qui prouvait son intérêt réel pour les potions. Sur une enfant plus jeune, cela aurait pu être simplement de la curiosité ou encore pour faire plaisir aux adultes mais, au moment où le corps était chahuté par les hormones, les jeunes ne cherchaient que très rarement à montrer un quelconque intérêt quand ils n'en avaient pas. Bien au contraire même. Sur cet aspect-là, ils étaient un livre ouvert, bien souvent à leur esprit défendant. Quant aux ingrédients qui composaient sa potion... la jeune femme ne put s'empêcher de sourire à nouveau en pensant que bon nombre étaient les élèves qui avaient tenté de percer à jour son secret, sans réussite. Certainement que la question se posait encore, si son élixir était toujours étudié en cours. Jusque là, personne n'avait trouvé l'ingrédient essentiel qui donnait toute sa substance à sa potion mystère et quelque part, elle était contente de pouvoir garder jalousement son secret. Même à Noah, elle n'avait jamais rien dit et pourtant, il lui avait posé maintes fois la question.
"Si, comme je le pense, ma potion est toujours au programme de votre enseignement, il vous faudra trouver par vous-même quel en est son ingrédient actif. Vous comprendrez donc que, d'ici là, je ne puis satisfaire votre curiosité."
En attendant, elle était ennuyée de ne pas pouvoir pleinement satisfaire son client. Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait, évidemment mais ce n'était pas agréable pour autant. Surtout si ça sous-entendait de contrarier les plans de l'homme puisqu'il ne comptait pas rester à Londres bien longtemps. Hum, ce n'était pas ainsi qu'elle fonctionnait habituellement mais les yeux de coléoptères n'étaient ni fragiles, ni bien lourds. Biélaïa pourrait donc facilement s'en charger. Ça ne lui ferait pas de mal, d'ailleurs. Elle avait tendance à s'empâter ces derniers temps, boulottant un peu trop de miamhibou.
"Si vous me donnez une adresse, ma chouette se chargera de vous livrer. Ça vous évitera ainsi de revenir et ça lui fera un voyage pour se dégourdir les ailes."
Sans même attendre la réponse de son client, Erin s'empara de sa baguette et lui imprima le geste nécessaire à envoyer son messager... sans parchemin, sans hibou. Pour cette affaire, son patronus serait plus efficace et rapide. D'autant que le destinataire était quelqu'un qui la connaissait très bien et avait donc l'habitude. Il ne serait pas surpris par cette apparition fantomatique. La jeune femme tendit la main vers sa panthère, une courte seconde comme si elle lui soufflait sa pensée, la demande qu'elle devait transmettre, puis termina le geste de sa baguette et l'apparition s'envola dans une volute de fumée blanche.
Elle reporta ensuite son attention sur l'adolescente et sa question.
"Tout dépend justement de ce qui est recherché. Un seul ingrédient ne suffira pas à remplacer les yeux de coléoptères puisque tout autre chose entraînera des effets secondaires qu'il faudra contrecarrer. Et dans certains cas, le remplacement n'en vaut pas la chandelle. Mais pour répondre plus précisément à votre question, si votre père compte utiliser les yeux comme la plupart le font, il lui faudrait les remplacer par des œufs de Doxys auquel il faudrait ajouter de l'armoise pour les stabiliser ainsi que des baies de gui pour en diminuer l'amertume. J'ajouterais qu'en plus d'augmenter le prix de la confection, les effets de la potion serait malheureusement atténués."
Un choix que ne ferait jamais Erin mais ça ne lui appartenait pas de décider. Elle était sûrement trop perfectionniste pour envisager les choses ainsi et préférait attendre que de bâcler son travail. Maintenant, dans le cas d'une situation urgente, peut-être reverrait-elle son point de vue, bien sûr.
Décédée
Trois Sommets : un Delta ?
Curiosité. Excessive Curiosité ? Chaque question de Phœbe était une incursion supplémentaire, allant toujours plus loin dans la tentative de découverte d’un savoir dont Erin Grayce semblait être seule détentrice. Certes ses parents aussi s’y connaissaient un peu en la matière mais ce n’était pas comparable. Elle les avait plus qu’assez côtoyés et la potionniste devant elle apportait une nouveauté, un Inédit attractif que l’argentée souhaitait exploiter autant que possible. L’adulte semblait encline à répondre aux multiples interrogations de l’adolescente qu’il était difficile d’arrêter quand elle se jetait en une voie d’exploration. La jeune étudiante accueilli la réponse avec un hochement distrait, déjà son esprit se mettait en ébullition pour trouver des implications plus éloignées. Tandis que l’enseignante semblait enrober d’un voile la connaissance qu’elle n’était pas prête à lâcher, la petite Swan sollicitait ses souvenirs ainsi que quelques réminiscences utiles pour tenter de briser le mystère qui se construisait doucement par la dissimulation mise en place par l’adulte. Elle semblait y trouver un certain amusement, qui ne provoquait que frustration et besoin de savoir chez la jeune sorcière. La Serpentard avait cru deviner par l’ingrédient central l’effet du breuvage, mais de ce dernier l’élément Clef pouvait aussi être suggéré.
Un regard étrange fut échangé avec Ulysse. Plusieurs années auparavant, la soirée de Noël avait été excessivement festive. La tante de Phœbe avait insisté pour qu’elle goûte à ses magnifiques plats de fête, qui étaient de toute évidence de trop pour l’estomac d’un tout petit enfant à l’appétit bien plus raisonnable. Le mal de ventre en ayant découlé avait été douloureux et pour la soigner elle avait bu un breuvage particulier pour activer sa rémission. Qu’est-ce qui y avait été mis ? Dans un état trop pâteux et peu lucide probablement la fillette avait dû demander si bien qu’il paraissait impossible de traverser en sens inverse cette ouate étouffante pour retrouver l’information perdue. Partout les adultes laissaient traîner des ingrédients chez les Swan, impossible de tous se les remémorer pour trouver ce qu’elle cherchait. Une mini fiole, un flacon. Cette image accompagnée de son éclat traversa très fugitivement ses pensées. Une inclusion ? Il s’agirait d’une Potion dans une Potion… ou non. Un liquide actif qui se conserve dans un contenant de petite taille, en verre. La boutique devait en avoir, autrement où se fournir pour concocter ce liquide magique…
L’oubli est la pire torture de la Mémoire, acquis c’est l’omission nous voulue, ardemment souhaité c’est l’omission refusée et interdite. Alors qu’elle se demandait quel mal elle tirerait d’un déshonneur de l’abandon, lui revint comme un éclair l’expression recherchée. Une huile essentielle, elle avait quasi-certitude que c’était cela. De plus il était plus que probable que lui subsistent encore quelques relents au sujet de ce type de gouttes d’une puissance phénoménale, un fascicule ou document approchant avait été consulté dans le cadre de recherches. Se tournant successivement vers son père et l’ancienne enseignante, elle prononça avec une irrégularité témoignant de la nature hypothétique de sa suggestion quelques mots, comptant sur l’un ou l’autre pour confirmation. Surtout sur la Créatrice même de la Potion en question.
« La Coriandre. L’huile essentielle de Coriandre. Ses propriétés en la matière sont avérées… »
Graduellement elle s’en persuadait en repassant en revue les quelques considérations qu’elle avait lues à ce propos. À problème sorcier solution sorcière. Il fallait toucher à un excès pour avoir un mal tel que la liaison d’éléments fondamentaux par la Magie devenait nécessaire à la guérison et à la rémission. Si elle n’avait pas eu sa contenance travaillée, si elle avait eu quelques années de moins, Phœbe n’aurait pas hésité à demander sans détours quels pouvaient être les excès de miss Grayce pour avoir besoin de tel remède. Au lieu de cela elle employa un chemin détourné pour évoquer une idée proche.
« Le breuvage obtenu serait particulièrement… fort et puissant. »
À côté son père était sur deux plans, car bien que sa fille ne semble guère se soucier de la raison pratique de leur venue – faire des achats plutôt qu’improviser un interrogatoire passionné – il suivait ses cheminements tout en gardant le souci des acquisitions faites. Il griffonna l’adresse de résidence des Swan la plus commode pour réceptionner la commande en écoutant ce qui était échangé sur les potions. Il avait souri en coin à la proposition de Phœbe, certainement n’avait-elle pas oublié la fameuse soirée. Il ne se permit cependant pas de répondre, offrant à l’experte d’éclairer l’adolescente.
Il s’intéressait presque plus à l’alternative que sa collègue déployait pour répondre à l’interrogation de la petite Swan que cette dernière, se pensant plus en mesure de comprendre ce langage et cette sensibilité. Il acquiesçait doucement en visualisant le processus exposé, tentant de voir s’il aurait emprunté tel chemin ou toute autre chose. Il n’eut même pas à ouvrir la bouche, déjà l’argentée avait réagi.
« Ne trouvez-vous pas qu’il est permissible de changer des protocoles, qu’en certains cas ce soit préférable ? La version originale menant à un effet déterminé n’est pas toujours la meilleure. Ce serait simplement la première à avoir fonctionné, juste ? »
Un regard étrange fut échangé avec Ulysse. Plusieurs années auparavant, la soirée de Noël avait été excessivement festive. La tante de Phœbe avait insisté pour qu’elle goûte à ses magnifiques plats de fête, qui étaient de toute évidence de trop pour l’estomac d’un tout petit enfant à l’appétit bien plus raisonnable. Le mal de ventre en ayant découlé avait été douloureux et pour la soigner elle avait bu un breuvage particulier pour activer sa rémission. Qu’est-ce qui y avait été mis ? Dans un état trop pâteux et peu lucide probablement la fillette avait dû demander si bien qu’il paraissait impossible de traverser en sens inverse cette ouate étouffante pour retrouver l’information perdue. Partout les adultes laissaient traîner des ingrédients chez les Swan, impossible de tous se les remémorer pour trouver ce qu’elle cherchait. Une mini fiole, un flacon. Cette image accompagnée de son éclat traversa très fugitivement ses pensées. Une inclusion ? Il s’agirait d’une Potion dans une Potion… ou non. Un liquide actif qui se conserve dans un contenant de petite taille, en verre. La boutique devait en avoir, autrement où se fournir pour concocter ce liquide magique…
L’oubli est la pire torture de la Mémoire, acquis c’est l’omission nous voulue, ardemment souhaité c’est l’omission refusée et interdite. Alors qu’elle se demandait quel mal elle tirerait d’un déshonneur de l’abandon, lui revint comme un éclair l’expression recherchée. Une huile essentielle, elle avait quasi-certitude que c’était cela. De plus il était plus que probable que lui subsistent encore quelques relents au sujet de ce type de gouttes d’une puissance phénoménale, un fascicule ou document approchant avait été consulté dans le cadre de recherches. Se tournant successivement vers son père et l’ancienne enseignante, elle prononça avec une irrégularité témoignant de la nature hypothétique de sa suggestion quelques mots, comptant sur l’un ou l’autre pour confirmation. Surtout sur la Créatrice même de la Potion en question.
« La Coriandre. L’huile essentielle de Coriandre. Ses propriétés en la matière sont avérées… »
Graduellement elle s’en persuadait en repassant en revue les quelques considérations qu’elle avait lues à ce propos. À problème sorcier solution sorcière. Il fallait toucher à un excès pour avoir un mal tel que la liaison d’éléments fondamentaux par la Magie devenait nécessaire à la guérison et à la rémission. Si elle n’avait pas eu sa contenance travaillée, si elle avait eu quelques années de moins, Phœbe n’aurait pas hésité à demander sans détours quels pouvaient être les excès de miss Grayce pour avoir besoin de tel remède. Au lieu de cela elle employa un chemin détourné pour évoquer une idée proche.
« Le breuvage obtenu serait particulièrement… fort et puissant. »
À côté son père était sur deux plans, car bien que sa fille ne semble guère se soucier de la raison pratique de leur venue – faire des achats plutôt qu’improviser un interrogatoire passionné – il suivait ses cheminements tout en gardant le souci des acquisitions faites. Il griffonna l’adresse de résidence des Swan la plus commode pour réceptionner la commande en écoutant ce qui était échangé sur les potions. Il avait souri en coin à la proposition de Phœbe, certainement n’avait-elle pas oublié la fameuse soirée. Il ne se permit cependant pas de répondre, offrant à l’experte d’éclairer l’adolescente.
Il s’intéressait presque plus à l’alternative que sa collègue déployait pour répondre à l’interrogation de la petite Swan que cette dernière, se pensant plus en mesure de comprendre ce langage et cette sensibilité. Il acquiesçait doucement en visualisant le processus exposé, tentant de voir s’il aurait emprunté tel chemin ou toute autre chose. Il n’eut même pas à ouvrir la bouche, déjà l’argentée avait réagi.
« Ne trouvez-vous pas qu’il est permissible de changer des protocoles, qu’en certains cas ce soit préférable ? La version originale menant à un effet déterminé n’est pas toujours la meilleure. Ce serait simplement la première à avoir fonctionné, juste ? »
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel