Une autre... Personne
[Ce rp sera certainement modifié par endroits lorsque j'aurais plus d'informations pour respecter au mieux les lois magiques.]
Été 2042
C'est une remarque lui étant adressée qui lui avait fait opter de se rendre dans cette boutique en dernier.
Regardant sa longue liste de fournitures barrée, Daisy ne put s'empêcher de s'impatienter en voyant sa grande sœur traîner à manger des bonbons. La jeune sorcière s'était mise à marcher plus vite que le reste de sa famille s'en même s'en rendre compte et s'était attiré un regard sévère de sa mère pour l'empêcher de dire quoi que ce soit à son aînée. Elle soupira lourdement. Avant même de se savoir dotée de pouvoirs magiques, s'il y avait une chose que l'on associait aux sorciers, c'était la baguette. Simplement représentée dans un bout de bois dans ses livres d'enfance, la fillette n'avait pas compris l'intégralité de ce qu'avaient raconter les adultes des boutiques à ses parents. Ils avaient évoqué "Ollivander" et tous assuraient que c'était là le meilleur des fabricants de baguettes, sans oublier de préciser à la jeune fille qu'il lui faudra être soigneuse avec la sienne.
C'est cette dernière remarque précisément qui était venue chambouler l'ordre des choses. Il fallait éviter que le poids de tous les manuels scolaires ou du chaudron ne vienne briser sa baguette en deux. Étant déjà ignorante sur ce monde, Daisy voulait s'appliquer. Elle voulait pouvoir se fondre dans la masse, sans qu'on puisse venir flairer une née-moldue. La boutique avait été remplie toute la journée et les Oddley avaient profité d'un léger répit en raison du soleil qui se faisait tapant dans la longue rue pour s'y rendre. En soit lorsqu'il y aurait le moins de monde possible.
Les reflets du soleil éclatant sur les deux tours vitrées où était indiqué en lettrines dorées " Ollivander, fabricant de baguettes magiques depuis 382 avant J.-C. " ne laissaient entrevoir à l'intérieur et la porte refermée entre elles donnait l'impression à la novice d'être infiniment petite. Elle n'avait qu'à y entrer et à acheter son morceau de bois, chose pourtant simple. Simple oui, mais chargée d'une lourde signification. C'est à ce moment-là qu'elle se sentirait vraiment comme une sorcière. Et cette pensée lui fit peur. Non pas qu'elle craignait l'inconnu, mais la jeune enfant a toujours eu du mal à se trouver, à se comprendre. Elle avait grandi en étant la-petite-soeur-de, ou bien la-tête-en-l'air-là-bas mais jamais en étant Daisy Oddley. Et pourtant ce soir lorsqu'elle se couchera, elle sera un peu plus Daisy la jeune sorcière, un nouveau soi auquel elle devra s'habituer et s'épanouir. La lourde main de son père sur son épaule la fit sursauter. Il l'interrogea du regard et enfin, elle acquiesça silencieusement. Les mots n'étaient pas nécessaires entre les deux, seul un regard pouvait suffire au père pour comprendre son enfant.
L'intérieur ne laissait guère de place aux familles nombreuses et l'odeur pas très agréable ne donnait pas très envie de s'y éterniser. En tout cas pour sa mère et sa sœur debout silencieusement et en retrait à observer tous les recoins de la pièce. Les murs étaient entièrement cachés par des étagères de bois à l'aspect ancien, toutes chargées de centaines de petites boîtes empilées les unes sur les autres jusqu'à ne plus en finir. Les boîtes n'avaient pas toutes la même couleur, ni les mêmes étiquettes illisibles collées dessus. On ne pouvait lire les inscriptions depuis son positionnement et la première question qui lui vint à l'esprit fut de savoir comment est-ce qu'il était possible de s'y retrouver là-dedans. Continuant son observation la bouche entrouverte, elle vit une échelle près du comptoir qui donnait accès aux boîtes les plus élevées. Tout semblait si ancien et authentique ici, Daisy se demandait bien si elle pourrait choisir elle-même la boîte selon son apparence. Mais son interrogation ne fut pas se longue durée ; alerté par la petite cloche située au dessus de la porte, des pas martelèrent le plancher depuis l'arrière boutique. Un homme se présenta à eux avec un sourire malicieux aux lèvres.
- Aaah, vous voilà enfin ! Miss... ?
Daisy regarda derrière elle comme pour fuir la conversation, mais non, c'était bien à elle qu'il s'adressait. Alors elle reprit d'une voix peu rassurée.
- Oddley, monsieur. Je hum, je viens pour acheter ma baguette.
Elle s'était avancée un peu plus près du comptoir avec son père derrière elle comme une ombre rassurante. L'homme avait souri de plus bel avant de longer les étagères poussiéreuses. Il avait laissé traîner sa main sur plusieurs boîtes en murmurant des choses incompréhensibles pour la jeune fille. Ne pouvait-elle donc pas choisir sa baguette ? Elle fronça des sourcils et jeta un regard perdu à son père qui lui répondit d'un simple haussement d'épaule avec une moue qui avait toujours su faire rire sa fille lorsqu'elle était plus jeune. Cette fois-ci, Daisy ne rit pas. Elle porta à nouveau son attention sur le sorcier qui était revenu au comptoir avec une boîte brune qu'il dépoussiérait.
- Voyons voir, bois de saule et plume de phénix. 30 cm et plutôt élastique. Tenez, agitez là.
Perplexe, elle ne comprenait pas grand chose à ce qu'il avait raconté en citant les composants de la baguette. Les phénix existaient-donc ? Et on leur arrachait des plumes ? Mais elle suivit les instructions et fit danser son poignet dans les airs maladroitement. Instantanément, plusieurs boîtes posées à sa gauche sautèrent hors des étagères violemment ce qui la fit sursauter sur place.
- Non, non, non, dit-il en reprenant la baguette. Ne vous inquiétez pas Miss Oddley, ce genre de.. chose est tout à fait normal.
- Aah oui ?
- Vous devez savoir que la baguette choisit son sorcier. Une seule baguette ici viendra vous compléter.
La baguette choisit. Étrangement, cette révélation ne la choqua pas. Plus elle se répétait cette phrase, plus cela lui semblait normal. Mais à cela, les réflexions fusèrent. Si une baguette pouvait choisir, pouvait-elle ressentir ? Vivre ? Daisy avait toujours vu les baguettes comme de simples bouts de bois mais ce détail quant à leur personnalité lui fit réaliser à quel point la magie pouvait être complexe mais beau. La jeune sorcière se sentit bizarre mais soulagée. La baguette qui l'avait choisi ... existait par elle-même. Aussi loin que pouvait être cette école, elle ne serait donc jamais réellement seule. Elle ne pouvait en revanche comprendre comment est-ce qu'on pouvait la choisir à elle, grande ignorante de tout, à côté de sorciers plus confirmés. Quand bien même si une baguette osait la choisir. Le doute fit sa place dans son esprit. Elle n'osait pas révéler au sorcier ses origines même si cela devait pouvoir se lire sur son front tant elle paraissait nerveuse et perdue.
- Essayons celle-ci, dit-il avec une boîte rougeâtre. 23 centimètres, rigide. Faite de frêne avec un cœur en crin de licorne.
La baguette était très belle et Daisy se mit à espérer très fort que ce fut la bonne. Le bois était clair, très fin et lustré, le manche était taillé d'une façon a rappeler plusieurs grosses perles mises les unes derrière les autres. Elle la prit en main et donna un petit coup de poignet.
Mais là, rien. Rien du tout. Aucun effet, aucune sensation.
Alors le sorcier partit en quête d'une nouvelle boîte ponctuant sa recherche par quelques explications sur le bois. Le frêne par exemple, est toujours un petit peu particulier d'après ses dires. Avec lui, c'est tout ou rien.S'en suivirent deux autres baguettes qui n'eurent pas d'effet concluant. Daisy se mit quelque peu à désespérer et la venue de nouveaux clients dans la boutique accentuait son agacement. Une autre lui fut proposée. Elle n'était pas très visuellement plaisante. Le manche était un peu grossier et lui rappelait une branche d'arbre - il était fait comme s'il restait un peu d'écorce dessus avec quelques petites bosses. Le bout était plus large que le reste, comme s'il y avait en dessous un nœud de racines. La longueur ne suivait pas une ligne parfaitement droite. Il y avait quelques ondulations dans le bois qui ne viendrait certainement pas satisfaire des personnes trop structurées. Selon les dires du marchand, elle était en châtaignier avec un cœur en ventricule de dragon. Elle était souple et mesurait 24,6 centimètres précisément.
- Très puissante mais difficile à utiliser, très sélective du sorcier qu'elle choisit.
La petite Oddley l'a pris alors en main sous le regard de ses proches et effectua un geste du poignet. Elle ne saurait dire si cela avait pu se lire sur son visage ou non, mais il venait de se passer quelque chose. Une chaleur lui avait parcouru la main pour aller se répandre dans le reste de son corps. Une chaleur semblable à aucune autre. Incrédule, elle leva les yeux vers le marchand en l'interrogeant du regard. Le père Oddley s'autorisa à s'appuyer contre le comptoir avec un bras et demanda s'il devait y avoir une réaction en particulier, mais un simple claquement de main venant du fabricant de baguette lui fut donné en réponse.
- C'est très bizarre monsieur Ollivander, il y a eu un courant chaud et puis ..
- Elle est vôtre, Miss Oddley. Vous tenez votre baguette, lui avait-il répondu avec un air bienveillant.
C'était donc elle. La sorcière regardait sa baguette, incrédule, n'osant réaliser que ce bout de bois serait sa camarade de vie. Les baguettes semblaient avoir leur propre personnalité, leurs propres sentiments. Pour une raison inconnue de la fillette, cette baguette l'avait choisi elle. Cela devait-il signifier quelque chose en particulier ? Chaque jour depuis la réception de sa lettre cachetée, la vie de la jeune fille s'éloignait un peu plus des rivages qui lui étaient apparus comme ennuyeux et énervants. Sa baguette allait participer à son changement de vie, mais jusqu'à quel point ? Elle remit délicatement sa nouvelle amie dans sa boîte mais n'osa plus rien dire. La description fournie par le vendeur n'était pas très rassurante. Daisy aura tant à apprendre avant de pouvoir prétendre à un contact fluide et compréhensif avec Elle. L'ignorante qu'elle était se demandait bien quel lien pouvait unir un sorcier à sa baguette. Et puis de quelle façon ce lien pouvait être entretenu.
Son père paya enfin avec les pièces magiques qui lui restait. Là encore, s'ils avaient une idée approximative du prix en monnaie moldue, les chiffres annoncés sous le change magique ne leur procurait pas de réaction. Ils n'étaient pas encore assez habitués pour évaluer si une chose ou une autre était chère ou non. Remerciant une dernière fois Mr. Ollivander, la petite famille sortit pour laisser de la place aux nouveaux clients. L'ensemble des affaires achetées, Daisy sentit une pointe de déception. La journée était passée si vite. Mais la jeune novice s'était rapprochée d'avantage de la personne qu'elle allait devenir. Ce soir, elle se laisserait glisser dans les bras de Morphée pour aller s'aventurer dans son école lointaine et mystérieuse avec Elle posée sur sa table de nuit à ses côtés.
#6a1e2A
So we sailed up to the sun, 'til we found a sea of green and we lived beneath the waves in our yellow submarine
3ème année RP
3ème année RP