26 déc. 2018, 18:00
Florence La Squadra Fiorentina Solo
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Florence
Juillet 2043


Le jour se levait lentement sur les toits de tuiles écarlates des maisons de la cité florentine. Un parfum de laurier, de pêches et de lys frais flottait dans l’air, déjà réchauffé par les premiers rayons du soleil méditerranéen. Les cigales avaient entonné leur chorale de grésillements mélodieux, accompagnées par le son clair et puissant des cloches de la sublime Santa Maria Del Fiore. Florence se réveillait peu à peu. Les rues s’animaient et commençaient à grouiller de vie un peu partout dans la ville des Médicis. Les marchands sortaient leur cageots gorgés de fruits et légumes appétissants et juteux, les peintres avaient placé leurs chevalets devant le Palazzo Vecchio et les touristes levés aux aurores se pressaient déjà devant les portes du Paradis du baptistère San Giovani. Cette agitation grandissante ne troublait pourtant pas le sommeil de la charmante demeure dans laquelle je dormais paisiblement. Dans une chambre élégamment décorée, dont la fenêtre aux volets clos donnait sur le Giardino delle Rose, deux jeunes garçons profitaient encore pleinement de leur nuit de sommeil.

Les rayons du soleil perçaient l’entrebâillement des persiennes et caressaient délicatement ma joue ronde. Un léger ronflement s’échappait de ma bouche entrouverte, signe que mon sommeil était paisible et sans rêve. Dans le lit à côté du mien, mon cousin, Elio, était lui aussi dans les bras protecteurs de Morphée. Ses boucles dorées et emmêlées cachaient ses paupières closes de l’impact éblouissant de l’astre du jour. Ce moment de calme et de sérénité aurait certainement duré plus longtemps si une tornade de cheveux blonds n’était pas entrée en trombe dans notre chambre, ouvrant largement les volets qui ne retinrent plus les rayons agressifs du soleil contre nos visages... Je me réveille donc en sursaut, rapidement imité par Elio qui se redressa subitement dans son lit, ses yeux bleus encore à demi-clos et bouche bée par ce réveil militaire.

« Ciao ragazzi ! » (1) dit ma cousine Bianca d’une voix claire et sonore.
Encore à moitié endormi, je me contentai d’un grognement mécontent pour lui montrer que je l’avais entendue avant de replier la couette sur mon visage, mais la demoiselle ne faiblit pas.

« Oh no no no no no, Celo mío ! Alzati ! » (2)
D’un geste habile, elle tira la couverture qui me servait de cachette tout en riant de plus belle. Caspita ! Elle se dirigea ensuite vers son petit frère, toujours dans les vapes bien que redressé sur les couvertures blanches de son lit, et secoua vigoureusement ses cheveux blonds, déjà ébouriffés par sa nuit contre l’oreiller.
« Vai ragazzi ! Vestitevi voi stesso ! La colazione è pronta. Dopo, vi porterò a fare una passeggiata ! (3)
Ma dove ?, (4) répondit Elio qui ne semblait pas plus motivé que moi à l’idée de sortir de son lit à une heure si matinale.
- Questa è una sorpresa… » (5)

Elle n'en dit pas plus. Bianca sortit de la chambre, nous laissant Elio et moi sur ces mots mystérieux qui venaient de piquer notre curiosité. Nous nous empressâmes donc de nous lever et enfilâmes nos vêtements d'été les plus légers afin de supporter au mieux la chaleur qui s'abattrait sur la ville dans la journée.
- « Sai che cosa sta combinando ?, (6) me demanda Elio. »
Pour le coup, je n'en avais pas la moindre idée, mais je savais que si la demoiselle avait prévu quelque chose, elle ferait tout pour mettre son plan à exécution. Bianca Cagliari, de cinq ans notre aînée à Elio et moi. Que pouvait-elle bien avoir en tête pour nous réveiller à 7h du matin en plein mois de juillet ? Descendant le grand escalier de la maison Cagliari, nous nous apprêtions à le découvrir...
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(1) Salut les garçons !
(2) Oh non non non non non, mon Celo ! Debout !
(3) Allez les garçons ! Habillez-vous vite ! Le petit-déjeuner est prêt ! Après je vous emmènerai faire un tour !
(4) Mais où ?
(5) Ça c'est une surprise...
(6) Tu sais ce qu'elle manigance ?

Gloria è felicità

27 déc. 2018, 20:02
Florence La Squadra Fiorentina Solo
Elio et moi descendîmes les marches du grand escalier de la maison Cagliari. Le petit déjeuner était servi dans la cuisine et n’attendait plus que nous nous jetions sur lui avec avidité. Ma cousine était déjà à table et nous sourit lorsqu’elle vit nos mines endormies pointer le bout de leur nez dans l’encablure de la porte. Bianca attacha ses longs cheveux d'or en une haute queue de cheval, dégageant ainsi son visage fin et bronzé des désagréments que pouvaient engendrer le port d'une chevelure aussi longue et volatile. Passant une main habile sur une mèche rebelle qui filait autour de son oreille gauche, la jeune fille la replaça délicatement avant de se retourner vers ses comparses qui la regardaient avec attention. Du haut de ses 17 ans, elle était d'une beauté... renversante. Elle prit ensuite une pêche dans le saladier qui trônait au centre de la table de la cuisine, en croqua une bouchée et nous invita à en faire de même.
« Mangiate, ragazzi ! Celo, prendi una pesca ! Sono buonissime ! (1)
- Sì Bianca. Grazie.» (2)
J’écoute ma cousine et pioche un fruit mûr. La nourriture était si bonne à Florence que même les choses les plus simples suffisaient à ravir les papilles les plus difficiles de ce monde. La chaire sucrée du fruit emplissait mon corps de vitamines et de sucre revigorant et je sentais que j’émergeais peu à peu du sommeil. Cependant, je ne pouvais pas en dire autant de mon cousin Elio qui baillait encore comme un lion après le repas.
« Elio non vuole mangiare, sorella. Vuole tornare a letto… Guarda ! Dorme dritto… » (3)
Celui qui venait de parler avec tant de clairvoyance n’était autre que mon deuxième cousin masculin. Mario Cagliari, 15 ans, cheveux tout aussi blonds que ceux de ses frères et soeurs et carrure imposante malgré sa taille réduite. Il avait le franc parlé qui caractérisait les pays méditerranéens allié à son côté très protecteur envers sa famille. Assis à la table, il tira une chaise afin que nous puissions nous assoir également. Elio s’effondra à côté de son frère qui claqua trois fois des doigts pour le réveiller. Ça n'eut pas vraiment l'effet escompté car le jeune homme ressemblait de plus en plus à un zombi tentant de manger une pêche...
« Elio ? Elio ! Alzati, piccolino ! » (4)
Mais Elio ne semblait pas complètement opérationnel… Mario leva les yeux au ciel et poussa un soupir blasé.
« Poverino… Bianca ! Vuoi veramente portarli allo stadio in questo stato ? (5)
- Mah ! Se non vogliono andare lì… (6)
- Lo stadio ?,(7) dis-je tout d’un coup intrigué par la conversation. »
Elio se réveilla d’un coup. La simple mention du stade florentin provoqua une décharge d’adrénaline dans l’ensemble de son petit corps. Cet édifice, depuis son inauguration en 2022, avait suscité une vague de folie chez les supporters de la Fiorentina ; surpassant largement son prédécesseur, le stade Artemio-Franchi, qui commençait vraiment à… tomber en ruine… Le visage du petit blond brillait d’une lueur de joie incroyable, tandis que celui de Bianca arborait un sourire mystérieux, ravie d’avoir capté l’attention de son plus jeune frère.
« Andiamo a vedere una partita ? (8) demandai-je, surpris.
- Ah ! No Celo mìo…, reprit Mario tout aussi mystérieux que sa soeur. Non guardare. Andiamo a giocare ! » (9)
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(1) Mangez, les garçons ! Celo, prends une pêche ! Elles sont délicieuses !
(2) Oui Bianca. Merci.
(3) Elio ne veut pas manger, soeurette ! Il veut retourner au lit... Regarde ! Il dort debout !
(4) Elio ? Elio ! Debout, petit !
(5) Le pauvre... Bianca ! Tu veux vraiment les emmener au stade dans cet état ?
(6) Mah ! S'ils ne veulent pas y aller...
(7) Le stade ?
(8) Nous allons voir un match ?
(9) Ah ! Non mon Celo... Pas voir. Nous allons jouer !

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