Égarement ♝
Dédié à se perdre. Trouver. Et à …
Un Écho est une malédiction.
Les dieux sont cruels, pourquoi attendons-nous leur clémence ?
Un Écho est une malédiction.
Les dieux sont cruels, pourquoi attendons-nous leur clémence ?
Les lignes sont bien droites
Des Vagues les transpercent
Des Vagues les transpercent
Écume s’accumule. Mousse claire ronge la surface et s’avance. L’émulsion marine approche et étend son territoire, progresse de ses remous. La blancheur des bords s’estompe quand le regard se perd à l’horizon, l’immense mare sombre luit d’Onyx et reflète un ciel silencieux. L’imposante masse avale tout de sa présence et absorbe ce qui tente de voler à son approche. Rien n’éclaire ce microcosme de l’obscurité où ne peut se réfugier qu’un enfant. L’eau incontrôlable est souveraine, son pouvoir mystérieux est inconnu. Elle a le droit d’accaparer tout l’espace car toute présence lui étrangère et ne peut s’y insérer que si elle le mérite. Si la gamine fait un pas en avant, elle laisse la mer commencer à l’entourer. Finira certainement engloutie, à moins qu’elle ne sache lutter. Cette force n’était-elle amie autrefois ? Trop longuement elle a rejeté son lien, ce n’est plus son berceau flottant. S’abandonner serait la meilleure relation pour reconstruire ce qu’elle a perdu. Ses guides ont disparu, momentanément. Elle les a rejetés. Pourtant elle ignore si elle oserait faire le premier pas. Une réconciliation ? Elle n’est pas encore certaine de ce qu’elle est, n’a pas compris qui ils étaient. En dépit de la douleur de l’acte lui manque l’intention, celle qui clarifie toute prise de position. La fillette erre encore dans des nimbes d’indécision. Accepter que l’Écume la touche, la brûle serait une première redécouverte. Ses jambes l’avancent et la piègent dans un contact frissonnant, mélange de consentement et de réticence à affronter des liens dissimulés.
Entre ses mains pâles une petite bouteille de verre. Une représentation de sa maladresse. Elle n’a pas conscience que c’en est. Jamais ne lui fut appris nettement ce qui était permissible en ce monde étrange. Où les gens s’entremêlent dans un naturel qu’elle n’avait su reproduire. Chacun de ses pas est celui d’un funambule. Avancée ou Chute. Ignorante de cela l’enfant observe simplement cette surface translucide brisée d’un trait opaque. Un objet. Rien de plus. Il sera balloté par les vents. Qu’y a-t-il à l’extrémité de cette étendue mangeant l’infini, aux contours invisibles ? Incernable et sans formes, ce colosse d’eau la place en position d’insécurité. Ce pourrait être une ellipse. Avec une foultitude de petits enfants partout autour. Scrutant un horizon vide et jetant une fraction de leur être dans une vortex central prêt à les avaler. Les Essences s’y mêlent et se rencontrent dans des fusions inattendues. Ponctuellement quelques fragments sont rejetés aux courants. Lesquels, pourquoi ? Il a ses propres lois, elles sont impénétrables pour la fillette. Faire confiance à l’instable serait une erreur. Elle semble cependant l’oublier quand ses doigts engourdis se tendent et roule sur les phalanges ce cylindre lisse. À ce moment, comme si elle avait compris le message, une vague vient engloutir le fragile contenant enchanté. Il sera transporté en des profondeurs inexplorées.
S’écoule le fluide quand l’enfant recule. S’allonge sur le sable mouillé. La pulpe de ses doigts rencontre un fin flacon qu’elle extirpe des plis de son vêtement. L’encre. L’encre est un Venin, un liquide dangereux dans lequel trempe la Plume. Pour le purifier ce sont les mots qui doivent contrecarrer son pouvoir insidieux. Serpentard l’a choisie. Elle devrait savoir le manipuler. Combien d’années pour accéder à la dextérité souhaitée ? Trop pour atteindre la perfection en ce jour. Le sel écaillera le verre, mais il ne devrait pas se craqueler d’ici le terme de son périple. Des pérégrinations l’attendent. Immobile, elle sent l’eau tenter de l’avaler en léchant sa peau de façon de plus en plus entreprenante. L’enfant ne partira pas, demeurera sur ce précipice de la terre tandis que seront brassés et broyés une myriade de pans dans ce gouffre liquide. Un jour il déversera ce qu’il n’accepte plus de recueillir. Alors elle se retrouvera après une longue période confrontée à ce qu’elle rejeta et ce qui lui fut jeté. Elle réintégrera ce qui fut éparpillé, parfois fruit de fatales erreurs. Tout arrive à terme. Chronos y veille.
Éternelle nouvelle Lune
Sombre Ciel