Quelle coïncidence... privé

@Améline Pearce
Novembre 44

Cet emploi du temps n’était vraiment pas mal, on était mercredi et Xénos avait pu se reposer ce matin puisqu’il n’y avait pas cours de la journée. En sortant de la Grande Salle après le déjeuner, le Serpentard se demanda un instant ce qu’il allait bien pouvoir faire de son après-midi, il n’avait plus de devoirs et il préférait réviser les veilles de contrôle c’était plus efficace. Il décida d’aller se promener et monta dans les étages.

De toutes façons depuis quelques jours il était très déconcentré et ses devoirs le frustraient plus qu’autre chose. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait mais ses pensées ne cessaient de vagabonder sans arrêt vers des idioties. C’était très frustrant et un peu inquiétant: il était trop jeune pour devenir stupide. La veille il était resté une demi-heure devant son devoir de Métamorphose sans parvenir à ajouter une seule ligne au parchemin, il avait fini par ranger ses affaires en soupirant et en se demandant si sa mère serait d’accord pour lui envoyer de l’aiguise-méninges… Mais non. Elle ne le serait sûrement pas… Par contre elle risquait de reprendre son harcèlement s’il se risquait à faire ce genre de demande...

Il s’arrêta dans le couloir pour regarder la vue qui s’offrait à lui. C’était vraiment beau, le lac qui s’étendait là-bas jusqu’à l’horizon et les grands arbres du parc qui ployaient sous le vent rude de Novembre. Les bourrasques soulevaient des tornades de feuilles brunes qui planaient doucement et s’envolaient dans tous les sens, l’herbe était redevenu verte et contrastait sombrement avec la pâleur grise du ciel automnal. Le Serpentard rêvassa un moment devant le paysage tempétueux puis il se retourna vers le couloir dans lequel quelques élèves passaient au compte goutte. Xénos se dit qu’il n’avait qu’à retourner à la salle commune pour lire un des livres qu’il avait emprunté ou peut-être qu’il pourrait discuter avec des Serpentards dans la salle commune. Il leva les yeux des dalles grises sous ses pieds et aperçut une jeune fille qui arrivait vers lui. Il croisa le regard vert absent et le reconnut aussitôt.

Xénos ressentit comme une décharge et son cœur sursauta dans sa poitrine. C’était Améline qui avançait vers lui avec deux gros livres dans les bras. La Serdaigle avait l’air distrait elle aussi. Elle ne semblait pas l’avoir remarqué comme si elle était trop prise dans ses propres pensées. Un sourire amusé glissa sur les lèvres du Serpentard en la voyant dans la lune. Elle était à quelques pas seulement quand les yeux verts s’arrêtèrent sur lui et elle leva brièvement les sourcils de surprise en semblant le reconnaître. Elle se figea sur place en le dévisageant.

Xénos sourit plus franchement.
- Salut Améline dit-il en essayant de moduler la joyeuse appréhension qu’il ressentait. Il désigna les livres. Tu viens de la Bibliothèque ?

Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es.

Quelle coïncidence... privé
@Xénos Sperande

Améline essayait de se changer les pensées. Trop de pression en ce moment, trop d'évaluations. Elle décida de mettre à profit cette journée de repos pour prendre une pause. Elle s'était dit que, pour débuter l'après-midi, elle pourrait se rendre à la bibliothèque où elle espérait trouver deux ouvrages que lui avaient conseillé son frère. Elle fut donc heureuse de trouver les livres qu'elle cherchait et redescendait maintenant à la salle commune, avec pour principal objectif: une soirée au coin du feu, peut-être en compagnie de Lou et Emi. Cette perspective avait achevé de la mettre en joie. Elle pensa soudain aux fêtes qui s’annonçaient. Elle avait fait le choix de ne pas rentrer chez elle pour les passer, à cause de sa tante. Elles pensaient toutes les deux que c'était mieux ainsi. Améline était perdue dans ses pensées négatives à propos de sa tante et elle se sentait horriblement seule. Elle serra un peu plus ses livres contre elle, seul s échappatoires qu'elle possédait. Ses grands yeux d'ordinaire emplis de malice étaient maintenant éteints. Elle avait besoin de réconfort. Occupée à ressasser des souvenirs peu joyeux, elle ne remarqua pas tout de suite le garçon qui s'était arrêté devant elle. Puis ses yeux se plongèrent dans les siens et son cœur sursauta violemment. Xénos! Il était là, devant elle et...et il souriait. Améline se sentit fondre intérieurement. Elle n'en laissa rien paraître et lui rendit son sourire. Il lui demanda si elle revenait de la bibliothèque.

- Salut Xénos! Oui, comme d'habitude, en fait!

*Nulla dies sine linea*
Pas un jour sans une ligne ¤ Devise des Pearce

Quelle coïncidence... privé
@Améline Pearce

Améline lui sourit à son tour et ses yeux pétillèrent brièvement.

- Salut Xénos! Oui, comme d'habitude, en fait! Répondit-elle vivement en calant une mèche derrière son oreille.

Il avança jusqu’à elle et jeta un coup d’œil aux énormes livres. Elle était encore plus studieuse qu’il avait pensé si elle passait tout son temps libre à lire. Surtout si c’était ça qu’elle lisait pensa t-il en détaillant les deux pavés dont les pages jaunies et abîmés étaient serrées dans d’épaisses couvertures de cuir, aucune chance que ce soit quelques choses de divertissant... Aujourd’hui il n’avait rien fait de sa journée lui, et il n’était pas du tout d’humeur à étudier. Ça durait depuis quelques jours d’ailleurs. Il était atrocement distrait ces derniers temps. Mais qu’importe… La sensation qu’il avait ressenti dès sa première rencontre avec Améline revint lui mordre le cœur : il ne voulait pas la laisser partir, et il se sentait étrangement joyeux comme si les nuages qui obscurcissaient ses pensées venaient soudainement de disparaître. Il fallait qu’il trouve un moyen pour prolonger leur échange.

Le Serpentard chercha mentalement quelque chose à proposer à Améline pour passer un peu de temps avec elle. Il avait bien aimé leur première conversation et leur séance de recherche à la Bibliothèque mais il n’avait pas eu l’occasion de parler à la Serdaigle depuis cette fois-là. Ça faisait presque une semaine maintenant, alors il n’allait pas laisser cette heureuse coïncidence filer. Ils n’avaient échangé que de bref salut et quelques sourires depuis ce jour-là mais il ne pouvait pas aller la voir aussi… Elle traînait toujours avec ses copines. Il avait de la chance aujourd’hui, elle était seule. Et puisqu’il était tombé sur la Serdaigle autant ne pas la laisser s’enfuir...

- Comme d’habitude ? Répéta t-il en haussant un sourcil, un petit sourire malicieux aux lèvres. Je me demandais aussi pourquoi je ne t’avais pas vu depuis quelques jours… Vu l’air déprimé que t’avais y a quelques secondes je crois que t’as besoin d’une pause...

Il lui prit gentiment mais fermement les livres des mains.

- Il faut pas abuser des bonnes choses annonça sérieusement le Serpentard en commençant à s’éloigner à reculons avec ses livres pour guetter sa réaction.

C'était puéril et il s'en rendit compte presque aussitôt, une partie de lui ronchonna contre cette attitude idiote mais ce n'était pas celle qui était au contrôle en ce moment. Il ne savait pas bien ce qui lui prenait de faire l’idiot et de taquiner la Serdaigle comme un gamin de cinq ans, mais il avait hâte de voir la réaction qu’elle aurait quand elle cesserait de le dévisager avec cette expression confuse qui lui donnait l’air encore plus adorable que d’habitude. Et plus important il voulait la voir rire.

Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es.

Quelle coïncidence... privé
@Xénos Sperande

Améline observait Xénos, qui, lui-même, observait ses livres. Il était... Comment dire... Améline avait du mal à se l'avouer, elle qui avait toujours été étude, étude ou étude, et rien d'autre. Il était... Le mot refusait de se faire une place dans la partie de son cerveau appelée "raison". Il était... Beau. Oui, oui, beau, c'était le seul mot. Elle ressentait une espèce d'attirance indéfinissable. Enfin si. Un peu définissable. Mais ce mot-là, cette définition-là, était bien plus difficile encore à se l'avouer que le fait qu'elle trouve le garçon beau. Le mot, la définition, était "amour". Mais non. Améline n'avait jamais ressenti cela pour qui que ce soit, ça n'allait donc pas changer maintenant... si?

Le Serpentard saisit doucement les livres qu'elles serrait encore à s'en faire blanchir les phalanges dans les mains. Elle l'observa avec une expression de réelle béatitude. Mais que... Pourquoi? C'étaient les seuls mots qui lui vinrent à l'esprit, et probablement ceux qui traduisaient le mieux sa pensée. C'est alors qu'elle remarqua ce sourire taquin qui glissait sur ses lèvres. Se moquait-il d'elle? Non, il n'en avait pas l'air. Il cherchait juste à lui rendre le sourire, pensa-elle. Non, ridicule, il faisait juste l'idiot. Mais ce sourire... Un nouveau mot vint s'ajouter à la liste de ceux à bannir qu'avait établie Améline dans sa tête: drague. Elle rougit soudainement mais heureusement, le garçon ne parut pas s'en apercevoir. Il s'éloignait! Améline se retourna plusieurs fois, pour vérifier qu'il n'y avait bien personne (car ce qu'elle s'apprêtait à faire allait justement réduire à néant le peu de réputation qu'elle possédait encore), et bondit en avant. Elle atterrit à un millimètre du jeune homme et lui arracha avec une douceur incroyable les livres. Elle roula ensuite par terre pour éviter la prochaine attaque de Xénos, puis elle se laissa aller en un immense éclat de rire bienfaiteur, toujours allongée dans le couloir désert.

*Nulla dies sine linea*
Pas un jour sans une ligne ¤ Devise des Pearce

Quelle coïncidence... privé
@Améline Pearce

La Serdaigle vérifia le couloir derrière elle comme si elle avait peur qu’on la voit et lui lança un regard déterminé et amusé avant de bondir rapidement vers lui. Alors qu’il la dévisageait, surpris par sa réaction, Améline profita de son trouble et lui arracha les livres des mains avec un sourire victorieux. Il fronça les sourcils d’un air faussement vexé et tendit prestement les bras vers elle pour récupérer les livres… Oh non, il ne la laisserait pas s’enfuir bouquiner plus loin. Maintenant qu’il avait réussi à tomber sur elle sans qu’elle soit accompagné de ses amies, il comptait bien passer un peu de temps seul avec la Serdaigle. Améline se pencha et roula à terre pour éviter ses bras, les pauvres ouvrages fermement serrés contre elle.

Puis elle resta étalé par terre, sur les dalles grises du couloir, ses yeux verts étincelant d’amusement fixés sur lui et un grand sourire éblouissant aux lèvres. Xénos s’approcha d'elle, l'air fâché et la Serdaigle éclata d’un rire cristallin et enfantin. Il la toisa de toute sa hauteur en tentant de dissimuler l’amusement et l’attendrissement qu’elle venait de provoquer en lui. Le Serpentard pencha la tête sur le côté, et croisa les bras.

- Tricheuse bougonna t-il puérilement en affichant une moue boudeuse. La Serdaigle le regardait d’un air un peu plus sérieux et profond maintenant, toujours étalé par terre les bras autours de ses si précieux livres.

Leur regard resta accroché durant un temps anormalement long et Xénos secoua la tête pour chasser l’étrange sensation qui revenait chaque fois qu’il était en présence d’Améline. Pourquoi se sentait t-il à la fois si nerveux et si joyeux ? Et pourquoi le fait de se comporter comme un gamin ne le gênait t-il pas davantage ? D’habitude il était plutôt attaché aux apparences et à l’image qu’il renvoyait, mais quand il se retrouvait face à la Serdaigle… Il perdait la boussole.

Les yeux verts étaient toujours fixés sur lui, il tendit une main à Améline pour l’aider à se relever.

- Sérieusement... Tu veux pas qu'on se balade ensemble dans le château au lieu de retourner lire ? demanda t-il d'un ton incertain.
Dernière modification par Xénos Sperande le 8 janv. 2020, 11:26, modifié 1 fois.

Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es.

Quelle coïncidence... privé
@Xénos Sperande

Rire de bon cœur fit un bien fou à Améline. Xénos lui tendit la main, sûrement pour l'aider à se relever. Il était vrai que le sol en pierre était assez inconfortable et très froid. Elle hésita néanmoins. C'était sans doute le fait de devoir saisir sa main qui lui inspirait ce petit manque de confiance en elle. Elle tendit cependant sa main et attrapa celle du Serpentard. Leurs peaux entrèrent en contact et Améline ressentit un peu comme un immense frisson qui lui parcourut tout le corps. Elle sourit au garçon. Elle pensa qu'elle aimait tenir la main réconfortante de Xénos. Une pensée d'ailleurs bien niaise, aussi s' efforça t-elle à reprendre le contrôle de son cerveau. Il lui posa en même temps une question qui coupa le souffle de la jeune fille. Elle avait été posée d'un ton désinvolte mais Améline avait clairement sentit cette pointe d'appréhension dans la voix du jeune homme. Ou alors elle l'avait imaginée, pas impossible vu ce qu'il se passait dans sa tête en ce moment. Dans tous les cas, et cela elle était sûre que ce n'était pas le fruit de son imagination qui en faisait des siennes, il lui avait demandé de rester avec elle. Et c'était précisément ce qu'elle désirait le plus à ce moment là.

- C'est... C'est d'accord, répondit-elle dans un souffle, car elle venait de réaliser qu'il était peut-être possible que Xénos ressente la même chose qu'elle à son égard...

*Nulla dies sine linea*
Pas un jour sans une ligne ¤ Devise des Pearce

Quelle coïncidence... privé
@Améline Pearce

Xénos eut un petit moment de solitude durant les quelques secondes où Améline regarda sa main bizarrement sans la saisir. Il se vexa légèrement mais la Serdaigle interrompit ses lamentations mentales…

- C’est… C’est d’accord accepta t-elle.

Un pic de joie lui pinça le cœur puis il nota l’incertitude de la jeune fille et se demanda si elle était timide. Mais jusque là elle n’avait jamais semblé timide… Il renonça à comprendre, pourquoi se focalisait il sur ce genre de détail stupide après tout ?

Améline agrippa sa main à cet instant et le laissa la hisser sur ses pieds, il fût un peu déstabilisé par leur proximité et le regard vert vrillé sur lui et oublia de respirer. Il se racla la gorge. Puis se recentrant sur son problème, le Serpentard prit une nouvelle fois les livres des bras d’Améline et il regarda autours de lui pour trouver un endroit où s’en débarrasser. Il était tellement agacé par ses livres auxquels elle s’accrochait qu’il les aurait jeté par la fenêtre pour s’en débarrassé plus vite, mais ça risquait de ne pas plaire à la Serdaigle… Les yeux du Serpentard agrippèrent un renfoncement sombre, un peu plus loin dans le couloir et il avança jusque là, c’était une alcôve avec un banc en pierre. Xénos abandonna les livres sur le banc et retourna prestement vers Améline qui fronçait les sourcils en le fixant d’un air indescriptible.

- On reviendra les chercher après la rassura t-il, tu vas pas te promener avec ça tout l’après-midi quand même…

Il lui sourit et ils commencèrent à marcher côte à côte dans le couloir. Le silence qui s’installa entre eux était un peu gênant mais le Serpentard ne savait pas si ce n’était pas sa propre nervosité qui lui donnait cette impression. Il lança un regard en biais à Améline.

- … Pourquoi t’avais l’air triste tout à l’heure ? Demanda t-il avant d’avoir réfléchi. Puis il se sentit rougir.

- Non laisse tomber… T’es pas obligé de me le dire...

Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es.

Quelle coïncidence... privé
@Xénos Sperande

Le jeune Serpentard sembla troublé lorsqu'Améline saisit sa main. Ressentait-il, lui aussi, cette
proximité qui la rendait heureuse? Car oui, Améline se sentait heureuse. Enfin au moins contente; elle était contente ou heureuse, peu importe, de sentir Xénos à ses cotés. Elle était heureuse d'être avec Xénos, tout simplement. Le garçon lui prit encore une fois les livres des bras, mais cette fois Améline le laissa faire. Elle fronça très légèrement les sourcils lorsqu'elle le vit glisser les ouvrages conseillés par son frère dans un renfoncement de pierre dans le mur, mais ne broncha pas. Ce qu'il dit après sonnait comme une justification, et cela convenait parfaitement à la jeune Serdaigle qui lui sourit gentiment. Elle se laissa ensuite entraîner dans le couloir vide. Elle cala son pas à celui du garçon.

- … Pourquoi t’avais l’air triste tout à l’heure ?

Ah. Cela se voyait donc tant que cela? La phrase qui suivit fit sourire à nouveau Améline. Décidément, elle souriait beaucoup trop à Xénos. Son sourire s'effaça lorsqu'elle songea à ses sombres pensées.

- Oh, non, ne t’inquiète pas... C'est... Pas grave. Je pensais juste aux fêtes. Je vais les passer ici. Mon frère jumeau rentre chez moi, mais j'ai décidé de rester. A cause de ma tante.

Un trémolo troubla la voix de la jeune fille. Ne. Pas. Pleurer. Pas. Maintenant. Elle regarda obstinément le mur, pour que le garçon ne remarque pas ses larmes.

- Ma tante paternelle me déteste. A ma naissance, elle ne voulait que de Hugo, elle disait que j'étais une erreur, que mon frère aurait du être le seul à naître...

Sa voix se brisa soudainement et elle ne fut plus capable de prononcer un seul mot. Elle s'arrêta au milieu du couloir toujours désert et se tourna vers Xénos en essuyant une larme.

- Désolée. Je suis trop sensible.

*Nulla dies sine linea*
Pas un jour sans une ligne ¤ Devise des Pearce

Quelle coïncidence... privé
@Améline Pearce

Oh elle avait un jumeau ? Intéressant. Ça devait être bien d’avoir des frères et sœurs avec qui jouer, d’autant plus un frère jumeau… Un frère du même âge qu’elle. Était elle triste de ne pas rentrer le voir pour les fêtes ? La Serdaigle lui parla de sa tante et Xénos sentit son ventre se tordre en entendant la voix d’Améline s’emplir progressivement de chagrin et de tristesse.

Quel idiot il n’aurait jamais du lui demander ça ! C’était évident que ça la rendrait triste de penser à ça ! Il dévisagea Améline soucieusement mais la jeune fille ne le regardait pas, elle avait les yeux braqués sur le mur alors qu’elle lui apprenait que sa tante la considérait comme une erreur. Xénos sentit un nœud se former dans sa gorge. Il n’avait jamais rencontré sa famille maternelle lui, mais ses parents et sa famille paternelle… Ils étaient tous vraiment généreux et aimant avec lui. Peut-être était-ce du au fait qu’il soit fils unique ? Le seul enfant de la famille ?

Améline renifla légèrement à côté de lui et les yeux du Serpentard s’arrêtèrent sur la larme qui coulait sur sa joue. Crétin ! Se morigéna t-il. T’as vu ce que t’as fais ? Il avait réussi à la faire rire et lui faire oublier sa tristesse en faisant l’idiot et voilà qu’il gâchait tout et la faisait pleurer maintenant !

Il ne savait pas trop quoi faire pour la consoler cela dit. Il ne pouvait pas lui raconter ses propres malheurs, à part le fait qu’il n’avait jamais eu d’amis de son âge tout allait bien pour lui. Euh… Trouve quelque chose… Il mourrait d’envie de la serrer dans ses bras, mais ils ne se connaissaient pas si bien que ça, elle risquait de ne pas apprécier cette familiarité… La Serdaigle s’arrêta à côté de lui et il l’imita.

- Désolée. Je suis trop sensible dit-elle en baissant les yeux honteusement.

Non. Il pivota vers elle raidement et planta ses yeux dans le regard vert brillant de larmes.

- Ta tante est une idiote lâcha t-il brutalement, ne fais pas attention à elle, tu vas devenir une grande sorcière et elle verra qu’elle s’était trompé, elle regrettera d’avoir été aussi c…

Il retint l’insulte juste avant qu’elle ne passe ses lèvres et se figea, surpris par sa propre véhémence. L’idée qu’on soit cruel avec Améline ne lui plaisait pas du tout, bizarrement. Il fronça les sourcils. Pourquoi son histoire le touchait-elle autant ? Il n’avait jamais prêté la moindre attention aux sentiments et aux histoires ennuyeuses des autres jusque là. Même quand sa mère lui racontait ses histoires, il n’était pas très attentif. Trop ennuyeux.

Il pinça les lèvres et fixa le visage triste d’Améline. Un changement de sujet s’imposait.

- Il est à Poudlard ton jumeau ? Demanda t-il d’un ton plus léger pour la ramener vers quelque chose de plus joyeux.

Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es.

Quelle coïncidence... privé
@Xénos Sperande

Le ton agressif de Xénos surpris d'abord beaucoup Améline. Puis elle se rendit compte qu'il signifiait quelque chose. Quelque chose qui lui paraissait maintenant extrêmement important. Il se souciait d'elle. Il pensait à elle. Il se souciait de son sort, qui, pourtant, n'était pas si horrible que cela. Cette nouvelle eu pour effet d'arrêter les larmes, ce qui était déjà ça. Améline ressentit une puissante envie de se blottir dans les bras du garçon mais suspendit son geste au dernier moment, de peur de lui faire peur et qu'il prenne la fuite. Or, Améline avait besoin de Xénos, elle le sentait. Elle avait besoin d'être avec lui, de rire avec lui, de lui parler ou de garder le silence à ses cotés. La tentative de changement de sujet lui tira un petit sourire.

- Merci Xénos, fit-elle d'une petite voix.

Elle se remit en marche.

- Mon frère jumeau s'appelle Hugo Pearce, il est en première année à Gryffondor. Comment le définir... Il est parfait. Oui, parfait.

Améline sourit à nouveau. Il fallait impérativement qu'elle arrête de passer du rire aux larmes, le Serpentard allait vraiment la prendre pour une folle... si ce n'était pas déjà le cas. Soudain, elle ne sut pas dire pourquoi maintenant en particulier, elle ressentit un irrépressible besoin de saisir la main de Xénos. Elle se tourna vers le garçon, et, l'air de rien, tout en continuant de marcher, elle glissa doucement sa main dans celle du jeune homme. Elle ne le regarda pas, parce qu'elle savait ce qu'elle lirait sur son visage (de la surprise), mais les commissures de ses lèvres s’étirèrent en un fin sourire. Malicieux.

*Nulla dies sine linea*
Pas un jour sans une ligne ¤ Devise des Pearce