RPG+ PV Aspirine O.S W.McM

Poudlard
Troisième étage, devant la salle de Sortilège
21 mars 2045 , dans l'après midi

RPG Privé avec @Welmina MacMaulan et @Octavia Still

L’attente, c’est quelque chose d’étrange l’attente non ? Il faut souvent attendre. Attendre d’être grand pour faire ceci, attendre la 3e année pour aller à Pré-Au-Lard, ou suivre des cours optionnels. Attendre pour avoir un animal… La vie se résumait à l’attente. Attendre et encore attendre. C’était ce à quoi Henry passait la plupart de ses journées. Attendre un cours, attendre qu’il fasse beau, que la place près du feu dans sa salle commune se libère. Et attendre la salle de sortilège s’ouvre. Il avait pris grand soin de bien rédiger le parchemin qui leur avait été demandé au dernier cours, ayant passé un petit moment à la bibliothèque. Il avait trouvé un peu compliqué le devoir qu’il devait faire pour aujourd’hui. Mais après quelques recherches dans d’ennuyeux ouvrages il avait fini par trouver les informations qu’ils cherchaient. Alors voilà, il attendait.

Il attendait et pour passer le temps que les minutes deviennent des secondes, il se relisait, retirant la dernière faute d’écriture qu’il avait remarquée dans son devoir. Il se relisait, car il n’avait rien de mieux à faire. Assis contre le mur, il se relisait, à défaut d’une activité plus intéressante. Il se réjouissait intérieurement, il se repérait enfin à peu près convenablement dans le dédale que représentait le château. Il ne finissait plus aux toilettes des files en voulant aller en Potions. Ce qui était déjà en soit une grande avancée. Il commençait à sympathiser avec divers élèves, sans posséder encore de réels amis. Lui qui auparavant n’éprouvait aucune difficulté à se trouver des amis. Là, il butait, surement parce qu’il avait passé le plus clair de son temps à découvrir, ou le nez dans les devoirs. Il sourit, maintenant cette période était terminée, et il allait de nouveau s’amuser raisonnablement. Il était Serdaigle, certes, mais avant tout quelqu’un qui aime s’amuser. La vie est plus marrante quand on s’amuse. Sinon elle est morne et fade et l’on devient quelqu’un d’aigri, de rabougri, comme sa mère. Elle ne riait plus, visiblement leur abandon de Noël n’avait pas aidé à grand-chose. Il faisait désormais chambre à part, et d’après Oncle Julian qui avait passé quelques jours à la maison cela ne s’arrangeait absolument pas. Son père était toujours aussi colérique, et sa mère toujours autant… Elle. Il n’avait plus d’adjectifs pour décrire l’être étrange qu’elle était. Mi-armoire à glace, mi-inconnu, cela devait être une caractéristique des Moldus. Peut-être qu’elle avait subi un maléfice. Après tout, on peut faire tellement de choses qu’Henry n’en serait même pas le moins du monde étonné. Un maléfice de Manque d’Amour, est-ce que ça existe au moins ? Surement. Il nota cela dans un coin de son esprit, il chercherait à la bibliothèque dès qu’il aurait un peu de temps.

Le temps, quelque chose qui passe si vite, Henry avait toujours l’impression de courir après. Le temps semblait le fuir au galop à mesure qu’il pensait s’approcher de sa somptueuse crinière. Il lui dérobait des mains, impalpable. Il en manquait pour tous, lire, faire les devoirs, réfléchir. On était déjà en mars, cela faisait déjà une demi-année qu’il arpentait les couloirs de Poudlard. Il avait l’impression que cela ne faisait que quelques semaines tout au plus. Il était déjà passé par de nombreux états, l’appréhension des débuts, la compassion envers quelques camarades, la rage contre ses parents… Tout ça pour ça ne cessait-il de répéter. Ils ont simplement jeté de l’argent par les fenêtres. Il se sentait seul… Affreusement seul…

6 mois qu’il ne faisait qu’échanger par lettre avec sa famille. Il avait fini par répondre à la lettre de son père et avait attendu la mi-janvier. Il ne regrettait cependant pas d’avoir cassé la plume offerte par ses parents, il avait jeté les morceaux au feu et avait ruminé sa rage une bonne partie de la journée. Jusqu’à ce qu’il reçoive, un peu en retard, c’était tout à fait le genre de Julian après tout, le cadeau de son oncle. Ce fameux ballon dédicacé qui trônait sur sa table de chevet à côté de son lit et qu’il avait hâte de rapporter chez lui durant les vacances de printemps pour l’exposer sur son étagère.

Une douleur sourde l’arracha à ses pensées. Un murmure un frémissement, un chuchotement lointain de son esprit. Une petite douleur qui couvait dans le coin de son cerveau. Elle rampait sous ses neurones, infatigable serpent qui le tourmentait. Il connaissait cette douleur, cette sensation qui rongeait peu à peu son esprit. Elles étaient de retour, après deux mois sans qu’aucune nouvelle migraine se déclare. Voilà que son ennemie refaisait surface. Il ne comprenait pas, il avait essayé de chercher l’origine du mal qui le rongeait. Mais il n’avait jamais su. Il n’avait jamais su pourquoi sa tête, son cerveau semblait par moment se morceler en tout petit fragment tranchant comme des rasoirs et qui lui tailladait de leurs lames effilées son frêle esprit. Le tambour était là aussi, battant la mesure, résonnant dans chaque parcelle, si infime soit-elle de son esprit. Infatigable, il donnait le tempo, faisant résonner son âme. Il essaya de se lever. Au diable le cours de Sortilèges ! Il serait bien incapable de lancer le moindre sort avec la migraine qu’il avait. Voilà son plus grand ennemi… Lui-même. Et il n’avait aucune idée de la stratégie à adopter. Il réussit à se lever, à grande peine, et s’appuyait sur le mur d’une main, son autre main était posée sur sa tête, dans un geste désespéré pour exhumer le mal qui lui rongeait le cerveau.

Il chancelait et avançait à grande difficulté à travers le couloir, on aurait dit un estropié tentant de marcher sans aide. Sa vision se troublait. Son esprit s’embrumait, il ne comprenait plus ce qui l’entourait. Juste comptait la douleur qui lui lacérait le cerveau, lui arrachait des cris silencieux. Des larmes sèches. Il sentait la longue procession des tambours dans son esprit, il les entendaient. Il aurait pu s’il le souhaitait décrire chacun de ses sons avec une infinie précision tant ils lui martelaient l’esprit. Il n’avait jamais, au grand jamais compris l’origine de ses migraines. Il avait des pistes, mais rien d’affirmé. Elle apparaissait, tels des serpents rampant et disparaissait aussi vite. Il avançait à tâtons, sa vision brouillée par la douleur, se tenant encore et toujours au mur. Il n’avait que faire du regard intrigué des quelques élèves qui devait apercevoir ce jeune bambin se tenir la tête en marchant comme un estropié. * Allez voir ailleurs si j’y suis *. Aucune pensée cohérente n’était capable de se former dans cet amas douloureux, exsangue. Il avait mal, affreusement mal. Chaque parcelle de son cerveau semblait prête d’un instant à l’autre à imploser tapissant son organisme de bouts de cervelle microscopique. Sa marche devenait de plus en plus difficile, sa vision était totalement floue, ce n’était qu’une question de seconde, avant qu’il ne trébuche. Sa tête, sa tête n’était que douleur, il n’avait qu’une envie, s’ouvrir le crâne pour s’extraire le cerveau et arrêtez de souffrir. La douleur était forte, intense, lui qui était si habituée à ses fameuses migraines, celle-ci l’avait surprise. À cause de sa soudaineté, son intensité et du fait qu’il ne s’y attendait pas. Il pensait à tort en avoir été débarrassé. Mais non, cet infâme serpent était resté tapi dans l’ombre pendant deux mois et venait tout juste de planter ses crocs venimeux dans son esprit.

- Ma tête… J’ai mal.

Ce furent les seules paroles qu’il fut capable d’articuler, d’une voix relativement faible et méconnaissable. Le coin de sa bouche semblait s’être figé, paralysé à cause de la douleur. Qu’on arrête ce tambour, qu’on arrête ces milliers de couteaux dans son esprit. Il était à bout, et tomba contre le mur, s’appuyant toujours dessus d’une main. Il avait manqué de peu de se cogner la tête contre le sol. Il restait là, son cerveau n’étant plus que douleur, il se noyait dedans, incapable d'articulier la moindre pensée. Il devait faire peine à voir.
Dernière modification par Henry Shoftshire le 20 avr. 2020, 22:14, modifié 2 fois.

2e année RP/ Code coleur : #3d85c6

RPG+ PV Aspirine O.S W.McM
Le deuxième trimestre allait bientôt se terminer. J'espérais que le troisième allait être plus simple que les deux premier. Les examen de fin d'année approchaient à grand pas et j'avais cette nette impression de ne pas être prête. J'avais peur de me louper, peur de décevoir ma famille, peur de me ridiculiser face aux professeurs. Certains de mes amis se moquaient de moi. Comment je pouvais avoir peur alors que j'enchaînais les optimal et les effort exceptionnel? Bon j'avais eu le droit à un Acceptable en étude des moldu mais c'était une option que j'avais pris comme ça pour m'occuper. J'avais tout de même piquait une crise pour cette note inacceptable d'après moi.

Bref, aujourd'hui je bloquais sur un devoir de sortilège et j'avais réussi à m'entretenir avec Miss Perkins entre deux cours. En sortant, je refermai la porte derrière moi comme elle me l'avait demandé. Je jetai un regard sur les élèves de première année. Le souvenir des premiers cours me revint en mémoire. Le sortilège d'allumage de baguette était de loin le plus utile que j'avais appris cette année là. Quoique le sortilège de lévitation était pas mal dans son genre.

En troisième année nous étions en train de voir les sortilèges en rapport avec les éléments. J'avais plutôt bien assimilé "pluvius" et "nivicare", j'avais eu un peu plus de mal sur le feu mais le sortilège de la marque de feu "Flambios" me posait réellement problème. Je ne comprenais pas comment faire apparaître cette marque, je ne voyais pas qu'elle sensation pouvait me permettre de déclancher cette magie. Heureusement, Miss Perkins avait réussit à m'aiguiller sur la méthode pour obtenir cette fameuse marque.

A peine avais je fermé la porte que je me retrouva devant un spectacle des plus troublant. Un des jeunes de première année marchait comme un zombie. Ses yeux semblaient ne plus rien voir. Celui ci n'avait pas l'air en très grande forme. Certains de ses camarades tentèrent de l'aider mais il semblait ne vouloir aucune aide. Cependant je sentais que quelque chose n'allait pas. Il se tenait la tête avec une main cherchant son chemin de l'autre. Ses pas se faisaient de plus en plus incertains comme si il allait tomber, il fallait intervenir.


"Impedimenta"

Je venais de pointer ma baguette vers le jeune garcon, je n'avais pas trouvé mieux comme sortilège. En même temps c'était sûrement le seul qui pouvait être utile et que je connaissais. Au moins j'avais réussi à ralentir sa chute et il avait pu utiliser sa mains libre pour se tenir au mur. Je m'approchai doucement du jeune blondinet. Je l'entendi murmurer quelque chose mais je ne compris rien d'autre que le mot mal. Enfin je n'avais pas besoin d'avoir le don de double vu pour savoir qu'il devait avoir mal à la tête.

"Tu devrais t'asseoir blondinet. "

J'avais toujours cette habitude de trouver des surnoms en fonction du physique des personnes que je croisais, surtout pour les plus jeune que moi. En effet, il y en avait certains que je ne voyais qu'une fois où deux tout au long de l'année alors pourquoi s'embêter à retenir les prénoms? J'avais déjà bien d'autre chose à faire. Je le regardai avec un petit sourire de compassion.

Ok je suis loin des 1300 mots mais je tiens à dire que j'adore ta plume :love2:

#a64d79
4 ème année RP
Mr Briggs doit survivre à cette aventure.

RPG+ PV Aspirine O.S W.McM
Intriguée. Perturbée. Observatrice.


Ma vie est un fil. Fil qui s’étend. Qui s’effiloche en ce moment. Qui se détruit peu à peu. Un fil blanc qui se salit. Ma vie est une fleur. Qui rayonne un jour. Et se fane du jour au lendemain. Et ce pour toujours. Ma vie est un cours d’eau. Qui s’écoule lentement. Puis rencontre un courant. Pour se jeter dedans. Ma vie n’est plus rien. Elle est monotone. Triste.
Est-ce mieux de souffrir ou de ne rien ressentir ? Mes quelques sourires sont hypocrites, désormais. Les larmes ne me viennent plus. Je n’ai plus froid, ni chaud. Plus aucun plaisir à vivre comme avant. Avant, j’en avais pas mais j’avais au moins l’espoir que ça irait mieux. Aujourd’hui, ça ne va pas mieux. Mais ça ne s’est pas non empiré. C’est plat.
Ici, à Poudlard, loin de ma famille, je suis inutile. Ils me rendaient heureuses. Ils me détruisaient. Et je faisais de mon mieux pour leur rendre. Mais maintenant, je n’ai plus d’objectif. Plus envie de m’en fixer. D’habitude, à Poudlard, ma famille me manque. Maintenant, c’est les sentiments qu’il m’apportent qui me manquent.
Il ne me reste que la Magie. Son apprentissage. Tout ce qu’elles m’a apporté. Les cours me passionnent et je dois m’accrocher à ça pour aller mieux. Mais finalement à quoi ça sert ? Si je ne vais jamais bien, à quoi bon continuer ? De sourire. D’aller en cours. De vivre normalement. A quoi ça sert ?
Inutile. Invisible. Je le suis désormais. Peut-être que si je pouvais être là pour quelqu’un, ma vie trouverait un sens. Mais personne n’a besoin de moi. Les gens gardent leurs douleurs renfermés dans leur cœur. Ils créent une bulle autour d’eux, que personne ne peut briser. Sûrement parce qu’ils se sont déjà fait briser.
Cette bulle ne s’ouvre pour personne, elle protège son propriétaire. Mais au fond, tout ce que fait cette bulle c’est de détruire son propriétaire. En le séparant des autres. Je le sais, la mienne déteste tout particulièrement être en contact avec les autres, en ce moment.
Peut-être qu’un jour quelqu’un viendra à mes côtés. Et fera le travail de ma bulle. Il me protégera des autres. Alors nos bulles s’envoleront ensemble et j’aurais enfin trouver ma raison de vivre. Mais ce jour n’arrivera peut-être jamais. Alors peut-être que finalement je vis pour savoir quand il viendra.

En tournant à droite, dans un couloir, je vois que quelque chose ne va pas. Tout d’abord quelques élèves qui chuchotent en regardant le mur en face d’eux. En suivant leurs regards, mes yeux rencontrent un garçon. Une main sur la tête. L’autre se tenant au mur. Marchant lentement, visiblement avec beaucoup de difficultés. Tout d’abord je m’imagina qu’il vivait une épreuve sentimentale douloureuse. Mais en regardant plus longuement, je comprends que ce jeune garçon souffre de maux de tête, vu la façon dont il se la tient.
Je devrais m’approcher. Demander comment il se sent. L’aider. Comme une personne responsable. Comme les quelques personnes autour de lui dont il refuse l’aide. Il marche avec de plus en plus difficultés, souffre encore plus à chaque instant. Va t’il faire un malaise ? Une crisse d’angoisse ? Sa souffrance me fait de la peine et me culpabilise. J’devrais aller le voir. Mais j’reste là, à observer. Inutile.
Finalement, ce n’est pas le monde qui me rend inutile. C’est moi-même. Mais après tout, il ne semble pas vouloir d’aide. C’est son choix. Peut-être devrais partir, je suppose qu’il ne souhaite pas non plus être observer. Mais mes jambes refusent de bouger comme si elle voulait absolument voir ce qui allait se passer.
Sa bouche murmure une phrase. Je suis trop loin pour entendre. Et il tombe.
Un mot se fait entendre derrière moi mais peut-être est-ce juste le bruit de ma conscience qui me demande d’aller l’aider. Le garçon se retient au mur mais semble inconscient, sa chute semble plus douce qu’elle aurait put l’être.
En sentant du mouvement non loin de moi, je comprends pourquoi il n'est pas tombé violemment en voyant une fille armée de sa baguette débarquait aux côtés du première année. Une Gryffondor de troisième année, croisés quelques fois dans la Salle Commune me semble t’il. Mais son nom m’échappe. Elle lui conseille de s’asseoir et lui sourit. Le nommant « blondinet », je m’ef­force de trouver ça chaleureux et non condescendant. De toute façon, je serais bien mal vue de juger puisqu’elle l’aide. Contrairement à moi.
Même si ce garçon semblait vouloir gérer ça tout seul, j’aurais put l’aider, d’ailleurs je peux toujours le faire. Peut-être ne serions nous pas trop de deux pour lui apporter un peu de compagnie et d’appuis.
Mais peut-être aussi que ce jeune blond est en train de se détruire mentalement. Peut-être que sa bulle se brise, à défaut d’avoir trouver quelqu’un pour la faire disparaître. Les douleurs physiques sont souvent liés aux douleurs mentales. Cette migraine en est un exemple, je pense.
Hein, qu’t’as mal et pas qu'physiquement, « blondinet » ?
L’évocation de ce surnom m’amuse même si la situation n’a rien de drôle. Si mes hypothèses sont bonnes, nous ne serions en effet pas trop de deux pour l’aider. Et je devrais le faire ou partir. Je sais que je ne devrais pas rester, là. Mais en même temps rien ne pourrait l’aider. Ni médicament, ni soutien physique comme moral.
C’est un combat entre lui-même qui s’impose. Entre lui et toute sa détresse. Et j’en suis la spectatrice, visiblement.

Troisième année RP.
happy to be a l i v e

RPG+ PV Aspirine O.S W.McM
Le décor valsait, une valse lente, un pas à droite, un pas à gauche. Mais cette valse des yeux n’avait rien de joyeux. Elle était l’antithèse même de la joie. Sa tête, son cerveau semblait se déconnecter, partir au loin, dans de rapides torrents. Son esprit fuyait, il fuyait à toute allure. Oui, mais il fuyait quoi ? Il ne ressentait rien, il ne ressentait plus rien, le froid, le vide, et cette douleur. Cette douleur qui lui lacérait de ses griffes aiguisées son cerveau, creusant de profond saillis à vif. Les griffes étaient aiguisées comme des lames de rasoir. Chaque coupure lui provoquait un gémissement de douleur sourde incapable de franchir la barrière de ses lèves déformée en un rictus insolite à cause de la paralysie due à la douleur. Il avait mal, son corps de ces orteils jusqu’à la point de ses cheveux n’était que douleur, mais ce n’était rien comparé à ce qu’il ressentait dans sa tête. La douleur était vive… Qu’on lui arrache la tête, qu’on lui retire le cerveau… Il n’aurait plus mal… Il ne souffrirait plus. Pourquoi était-elle si violente ? Pourquoi avait-il si mal ? Pourquoi ? C’est un bien drôle de mot ça pourquoi, comme si tous pouvaient s’expliquer, tout avait une raison, tout était logique et découlait d’une suite prédéfinie d’événements. Il était de ces choses qu’on ne comprenait pas, qui défiaient la logique, lui faisant un bras d’honneur. Et il semblerait que ce soit le cas de sa migraine. L’incompréhension, il avait l’habitude que les choses lui échappent avec les autres, mais pas avec lui-même. Il n’aimait pas cette sensation que quelque chose lui était inexpliquée. Il voulait comprendre, comprendre. Était-ce si dur à comprendre qu’il voulait comprendre le mal qui lui rongeait, lui dévorait l’esprit au moment présent. Pourquoi ?

Il chancelait, ses jambes semblaient mut de leur propre volonté, une voulait partir à droite, l’autre à gauche. Il perdit l’équilibre, une chute, voilà ce qu’il vivait au sens figuré, et désormais au sens propre. Il chutait, vers quoi ? Il ne le savait pas, sa vision était floue, comme si on lui avait posé un masque sur les yeux. Il le saurait tôt ou tard. Il ferait sûrement la rencontre du sol. Est-ce que c’est moelleux le sol ? Peut-être. Est-ce que ça fait mal le sol ? Sûrement, mais moins que le tambour battant, l’orchestre qui battait la mesure dans sa tête. Les cymbales qui résonnaient, le tambour qui donnait le rythme, les violons qui jouaient une musique stridente. Assourdissante. Qui était le chef d’orchestre de cette foutue cacophonie !

Sa chute se poursuivait, il ferait sûrement bientôt la rencontre du sol, ce n’était qu’une question de seconde. Mais sa chute ralentit, il ne comprenait pas pourquoi, il avait senti un léger fourmillement dans son dos et s’était écrouler contre le mur, ses jambes ne supportant plus son poids. Instinctivement, il les avait ramenés contre lui et posant sa tête contre ses genoux, il oscillait d’avant en arrière, le crâne déchiré. On aurait dit un gamin qui pleurait quelqu’un. Mais ce n’était pas le cas, il avait mal, il avait besoin de déconnecter son esprit et de fuir. Fuir cette enveloppe charnelle qui à l’heure actuelle n’était plus que douleur. Observer, réfléchir avant de revenir. Il devait partir, quitter cette enveloppe de chair, s’en aller, la douleur lui vrillait le cerveau. Il ne voulait plus entendre, ressentir ce maudit tambour, qui lui déchirait les tympans autant qu’il avait envie de lui déchirer la membrane pour qu’il arrête de battre la mesure.

Pourquoi, pourquoi avait-il mal, qu’avait-il fait ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ? Pourquoi ? Une suite de pourquoi qui demeurait encore sans réponse. Ses migraines étaient toujours déclenchées lors de moment intense. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi ? Existait-il une raison, si infime soit-elle qu’il se retrouve là, vielle loque contre un mur. Il ne comprenait pas. Pourquoi maintenant, et aussi fort

Sa tête n’était plus que douleur, une douleur à s’en déchirer les entrailles, à s’en broyer les tympans. Mais il restait parfaitement silencieux, c’était une douleur avant tout dans sa tête, et elle devait le rester. Il n’émettait que de petit grognement rendu incompréhensible par sa bouche déformée. Il lui semblait que quelqu’un avait arrêté sa chute et s’était approché de luit. Elle l’avait appelé blondinet, blondinet… C’était toujours comme ça qu’on l’appelait… Blondinet, il détestait être réduit à une simple caractéristique physique. Il était bien plus que cela, bien plus qu’un blond. Il était l’assemblage de diverses briques n’en formant qu’une seule, Henry. Il détestait ce surnom, mais il ne fit rien, incapable d’articuler, ce n’était tout de façon pas le moment. Elle semblait vouloir l’aider, tant mieux, mais à moins qu’elle ne soit un remède miracle et immédiat contre les migraines carabinées, elle ne serait pas d’une grande aide. Il voulait répliquer, il avait les mots pour, mais dès qu’il s’agissait de passer la barrière de ses lèvres cet assemblage de mot, ne devenait qu’une suite de grognement incompréhensible, presque ceux d’une bête.

Il était certain d’avoir attiré l’attention sur lui, mais il n’en avait que faire, ce n’était pas le souci. Il n’en avait rien à faire d’être connue comme M. Migraine, cela lui importait peu en l’état actuel. Il cherchait juste de quoi soulager sa douleur. Elle devenait de plus en plus forte, oppressante, omniprésente. Il la ressentait, dans chaque centimètre, chaque millimètre, chaque infime cellule de sa tête. Elle lui lacérait, lui déchiquetait la tête et se repaissait de ces petits lambeaux arrachés. Mal, M, A, L c’était tout ce à quoi il était capable de penser. L’orchestre s’était mué en un rouleau compresseur, qui roulait à pleine allure sur son esprit, et au fond, toujours ce tambour. Inlassable, il battait le rythme, un, deux trois, un, deux, trois. Merlin qu’il avait envie d’y mettre un bon coup pour le faire cesser.

Il était sujet à de violentes migraines depuis sa tendre enfance, lors de moment intense et émotif, parfois bénigne, elle passait en une dizaine de minutes, une heure tout au plus. Pour les plus intenses il suffisait d’un comprimé et de quelques heures, mais jamais ô grand jamais il n’avait eu de migraine si intense. Et si inexpliqué, pourquoi maintenant ? Pourquoi l’avait-elle assailli comme cela ? Pourquoi ? Encore et toujours pourquoi, il ne semblait plus connaître que ce mot.. Pourquoi j’ai mal ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi je n’arrive à dire que pourquoi ? Est-ce que quelqu’un possède la réponse à ses questions ? Sûrement lui, la douleur finirait bien par passer. Elle partait toujours et revenait, il se refusait d’aller à l’infirmerie. Ça finissait toujours par passer, après tout. Il n’allait pas occuper un lit pour si peut.

Il se tenait la tête, la vue brouillée regardant le plafond, une main posée de chaque côté de sa tête sur ses cheveux. Il tirait dessus tellement il avait mal, il devait bien en arracher quelques-uns, mais il ne le sentait pas. La seule chose qu’il sentait c’était ce mal, ce mal qui lui rongeait l’esprit, sans qu’il en connaisse l’origine. Son visage, toujours déformé par la douleur n’exprimait aucune autre émotion. Il ne pleurait pas, il pleurait rarement, il trouvait cela inutile. Mais là, ses barrières avaient cédé et une larme, petite perle salée dans un océan de douleur, s’était formée au coin de son œil droit. Elle grossissait, lentement, et lorsqu’elle eut une taille raisonnable se décrocha de son œil et entama une lente descente, glissant doucement sur son visage crispé. La première depuis longtemps, il n’en avait cependant pas conscience, mais elle continuait de dévaler son visage. Lentement, lentement, et lui il sombrait, lentement, lentement, dans un état de semi-conscience. Il nageait à grande peine dans cet océan de douleur, il coulait, telle une ancre au fond de l’eau, il étouffait, il se noyait dans cet océan calme. Ses yeux étaient embrumés, son regard perdu, il fixait le plafond, les grognements s’estompèrent. Il n’avait plus conscience de grande choses, hormis qu’une personne, une fille au vu de sa voix était à côté de lui. Il dut s’y reprendre à plusieurs fois avant de pouvoir produire une suite de grognement qui ressemblait plus ou moins à ce qu’il voulait dire :

- Ma tête, j’ai mal… J’ai mal…

Il ne dit plus rien, il ne ressentait rien, son corps n’était plus que douleur, elle coulait dans ses veines, emplissait son âme, s’imposait. Elle était là, sa présence indésirable lui emplissait l’esprit, son venin se répandait depuis une morsure invisible et inconnue. Véritable serpent, elle enserrait son corps autour de son cou, l’étouffant… Cette douleur était inédite. Il voulait s’arracher le cerveau, il n’aurait plus mal ainsi. Car c’était la seule pensée cohérente qu’il arrivait à maintenir… Il avait mal, trois lettres, deux consonnes, une voyelle et une infinité de souffrances.

Il sombrait, il se noyait, il suffoquait intérieurement. Que quelqu’un lui tende une boué, c’était la seule chose qu’il espérait, qu’une main tendue le guide vers un rivage de sable blanc où il ne souffrirait plus. Un remède miracle pour guérir du mal qui lui rongeait l’âme. La grignotait progressivement, elle devait se faire un festin. Un macabre festin. Il était rongé, il avait mal, que quelqu’un l’aide ! Il lançait un appel à l’aide silencieux sous forme de grognement. Voilà à quoi il était réduit désormais… Une bête qui grognait. Des grognements de douleur, d’une âme à l’agonie.

Pourquoi maintenant ? Qu’avait-il fait pour mériter pareil souffrance ? Pareil mal qui lui rongeait l’esprit ? Est-ce que quelqu’un pouvait lui répondre, il en doutait ? Il avait vécu toute son enfance avec ce mal et maintenant qu’il goûtait à un semblant de liberté, il était revenu, revenu lui rappeler qu’il n’avait jamais eu d’enfance. Jamais, elle lui avait été volée. Dérobé. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi son âme se déchirait-elle ? La tour d’ivoire s’était-elle ébréchée déversant un flot intarissable de souvenirs ? Des bribes, un coup, du sang, une chute, et la Douleur… Henry tentait de fermer son esprit à ses souvenirs. Il avait réussi à les oublier, les effacer, cela lui avait pris du temps. Il ne pourrait pas le refaire une seconde fois… Il n’en avait plus la force, alors le barrage céda. Et le torrent se déversa, les flots rugissants emplir son esprit de pensées si longtemps refoulées. Il avait perdu cette bataille. Ce combat déséquilibré, étant grandement affaibli par cette migraine. Il avait déposé les armes, il avait cessé de lutter, se laissant happer, aspirer, emporter par les souvenirs de la passée. Ces souvenirs contre lesquels il avait lutté. Lutté pour oublier, il les avait refoulés, cadenassés, enchainés au plus profond de son esprit. Mais ils avait resurgis, libérés, délivrés du poids de leurs chaines. Il avait mal, à la tête, mais à son âme aussi. Lentement, elle se déchirait… Morceau par morceau, petit bout par petit bout, fragment par fragment. Pourrait-il seulement les recoller ?

Et pour la première fois depuis longtemps, il pleurait. Oui, il pleurait.

Désolé pour ce très très long post, j'ai pas su m'arrêter :whistling:
Dernière modification par Henry Shoftshire le 21 avr. 2020, 17:41, modifié 1 fois.

2e année RP/ Code coleur : #3d85c6

RPG+ PV Aspirine O.S W.McM
" Ma tête, j’ai mal… J’ai mal…
- T'as l'air d'avoir une sacrée migraine mon grand. Attend j'ai peut être une solution."


J'ouvri mon sac pour rechercher une fiole que j'avais souvent sur moi. Malheureusement c'était un bordel pas possible, entre mes bouquins mes parchemins mes plumes et mes chocogrenouilles je ne trouvais pas ma fiole d'huile essentielle de menthe poivrée. Je regardai dans les poches de ma sacoche et mit enfin la mains sur ma fiole.

" Par Merlin, elle est vide"

J'avais totalémet oublié que j'avais utilisé le peu d'huile qui me restait pour le dernier cours de potion. Quelle idée d'avoir appris la potion d'euphorie à cette époque de l'année. Les sorties à pré au lard étant annulée je n'avais pas pu en racheter. Je me trouvais maintenant démuni devant ce jeune garçon qui semblait allait de plus en plus mal.

Je m'accroupi en face de lui en laissant une certaine distance pour le laisser respirer. Ça ne servait a rien de le coller au contraire, il avait besoin de calme. Je le regardai, il avait vraiment l'air d'avoir mal, la douleur se voyait sur son visage enfin c'était plutôt les larmes qui coulaient le long de ses petites joues qui me faisaient penser cela. Je le plaignais réellement.

Bon Octavia réfléchi un peu, que ferai ma mère? Elle aussi avait une tendance au ma migraine, quand ça lui arrivait elle s'allongeait dans le noir totale et si elle ne pouvait pas elle se massait les tempes avec de l'huile essentielle. La première option semblait compliqué et la deuxième aussi. Par contre il y avait quelque chose qui pouvait aider.

Une fois, alors que je jouais avec Benjamin ma mère avait été prise d'une violente migraine. Il n'y avait que grand Ma avec nous. Elle avait utilisé du froid pour l'appliquer sur son front et cela l'avait légèrement soulagé. J'avais donc peut être une solution pour soulager un minimum le jeune garçon en attendant de trouver de l'huile essentielle ou bien que la migraine passe.


" Je vais faire tomber un peu de neige sur ta tête se sera toujours ça de gagné. "

Maintenant que j'y pensais je ne savais même pas si il m'entendait ou si il me comprenait. Enfin de toute façon si il n'avait pas comprit il allait vite être au jus. D'un coup de baguette je fis tomber un peu de neige, j'avais gérer mes sentiments au minimum pour ne pas faire une tomber empêtré mais juste un petit nuage au dessus de sa tête.

Je lachai du regard le blondinet pour regarder autour de moi. Bien évidemment les premières années étaient en train de créer un groupe pour voir ce qui se passait. Je ne pu m'empêcher de grogner contre eux. Ce qui était étonnant venant de moi.


" Vous avez pas un truc à réviser au lieu de faire les commères? Genre réussir à allumer votre baguette correctement? Retournez attendre plus loin à moins que vous ayez un flacon d'huile essentielle de menthe poivrée. "

#a64d79
4 ème année RP
Mr Briggs doit survivre à cette aventure.

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Embarras. Culpabilité. Observation.


La douleur du garçon semble grandir de plus en plus. Il se tient toujours la tête et bredouille des plaintes. Plaintes, que je ne peut entendre étant donné que je suis adossée sur le mur en face et donc pas assez proche. Je ne suis pas en experte en médecine et pas non plus en psychologie, mais ce garçon souffre intérieurement. Et je suppose que c’est ce qui provoque cette migraine. Il réussira à guérir uniquement s'il combat ses démons. Ses mauvaises pensées. Son passé peut-être aussi. Je ne suis pas à sa place et je ne sais pas ce qu'il ressent mais je suis prête à parier que la Gryffondor de troisième année ne pourra rien pour lui. Personne ne pourra rien faire. A part lui-même, j'en suis convaincue.
Un petit groupe de personne essentiellement constitué de première année se regroupent autour du garçon pour voir ce qu'il se passe, me bouchant ainsi la vue. J'aimerai les trouver curieux et dérangeants mais après tout mes propres actions ne sont pas plus honorables. Non, finalement leur présence ne m'embête pas mis à part le fait que je ne voie pas comment s'en sortent le pauvre garçon et la fille qui tente piteusement de l'aider.
Alors que je me décide enfin à partir, me rendant bien compte que tout ça ne sont pas mes affaires. Je sais que j'aurai put aller aider mais je sais aussi que je ne peux rien faire. Ma présence, près de lui, ne serait que dérangeante pour lui. La compagnie ne l'aidera pas à se battre contre lui-même. Au moins, adossée sur mon mur, je ne lui pose pas de problème.
Du petit groupe entassé sur le mur d'en face, une voix sort. Visiblement, celle de la fille qui tente d'aider, peut-être sans savoir ce qu'elle fait vraiment. Elle semble être dérangée, par les "commères" réunies autour du jeune garçon souffrant. Et leur demande de partir. Au passage, en leur parlant avec condescendance et en insinuant qu'ils ne sont pas capables d'utiliser la Magie. Quelle arrogance, franchement ! A vrai dire, je ne pense pas qu'elle soit non plus d'une grande aide pour le garçon.
Le petit groupe s'en va et je distingue de nouveau la Gryffondor et le première année. Celui-ci a de la neige sur la tête, la baguette de la fille indique que celle-ci l'a fait apparaître. Pas sûre que ce soit une bonne idée mais bon. Je suppose qu'elle pense pouvoir guérir les maux du garçon. Mais il est le seul à pouvoir le faire, puisque c'est lui qui les a provoqué. Et dans le pire des cas, l'emmener à l'Infirmerie serait beaucoup plus serein.
Enfin bref, je ne devrai pas juger étant donné que je reste là à rien faire... En continuant à regarder la scène, je me souviens que la fille cherchait de l'huile essentielle de menthe poivrée. Rapidement, je me mets à fouiller dans mon sac si je n'en ai pas une qui traîne. Je n'ai pas une âme de sauveuse mais si je peux faire quelque chose pour aider le jeune homme autant tenter.
En plongeant la main dans mon sac, je distingue la forme d'une petite bouteille en verre. La sortant, je prie pour que ce soit ce que je cherche. L'étiquette collée dessus indique "Huile de Menthe Poivrée". Il en reste un fond, mais c'est déjà ça.
Refusant de m'approcher, je fais rouler le flacon jusqu'à eux. Il arrive pile entre les deux. Je décide enfin de me manifester et pas la même occasion d'expliquer le fond de ma pensée. Je toussote afin de peut-être attirer l'attention.

« Hum... Voilà mon flacon d'huile essentielle de menthe poivrée. Mais si j'peux me permettre, je ne pense pas que tu l'aide beaucoup en tentant de le soigner par toi-même. «

Je ne cherche pas à être agressive ni rien, et je n'aide pas non plus en donnant mon avis sur les méthodes de la fille mais le ton qu'elle a employé pour parler aux premières années, même si dans le fond elle n'avait pas tort, m'a parut un peu prétentieux. Peut-être que le coup de la pression l'a perturbée, passons, ce n'est pas vraiment le problème principal.
Enfin, je décide de m'approcher, tout en gardant mes distances avec le garçon. Non, pas que son mal me fasse peur mais j'ai peur que ce soit lui qui est encore plus mal d'une présence supplémentaire. Je le fixe un instant puis continue de parler à la fille.

« Dans l'état où il est, il vaut mieux qu'il fasse un petit séjour à l'Infirmerie. Pas sûre que la douleur soit uniquement physique, mais là-bas au moins ils pourront l'aider au mieux. »

Ma voix est neutre, limite blasé, posée de façon à ne pas déranger le garçon. Mais en réalité, j'avoue avoir un peu peur, il va s'en sortir bien sûr. Les migraines, ça vient, ça passe. Mais on ne sait jamais, personne ne peut prévoir sa vie.
L'infirmerie est forcément le meilleur endroit pour qu'il aille mieux, même si personne ne peut rien faire. Assis, au beau milieu d'un couloir n'est pas un bon endroit, quoi qu'il en soit.

Mes yeux regardent le malheureux garçon.
Il souffre.
Ça fait du mal de souffrir.
Alors il souffre encore plus.

Troisième année RP.
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Larme, Douleur. Douleur, larme… Henry pleurait, des petites perles salées s’écoulait, glissait, s’écoulait le long des ses joues. Il n’avait pas pleuré depuis des années, il n’avait jamais pu, il n’avait jamais pu. Mais la douleur était trop intense, elle lui vrillait la tête, lui arrachait des grognements gutturaux. Il n’était pas capable de formuler une pensée cohérente. Il en était bien incapable de toute façon. Il voulait que tout s’arrête, pourquoi maintenant ?

Ses migraines avaient fait partie de sa vie depuis, depuis il ne savait pas quand. Mais elles avaient toujours été là, présentes dans l’ombre, lui rappelant qu’il était faible. Faible face à un mal qu’il ne comprenait pas. Il avait une idée, mais il ne pouvait s’y résoudre à y penser, il en avait tout oublié de cette période, l’ayant entièrement effacé de son esprit, bien qu’elle soit restée sans doute dans son subconscient. Ce n’était pas cela, il en était à peu près certain. Enfin, pas tellement. Une poussée de douleur assaillit son esprit, coupant court à toute pensée cohérente. Ses mains se posèrent de nouveau sur sa tête, dans ses cheveux, il avait mal, il devait s’arracher quelques cheveux au passage, mais peu importe. Son esprit s’embrumait de nouveau, il ne ressentait plus que la douleur. Ce poison qui lentement glissait sous sa peau, passait dans son sang et arrivait à son cerveau, qui devait être semblable à une masse informe et déformé par les lacérations.

Le tambour se remit à battre la mesure, plus fort que d’ordinaire, toujours plus. Il ne semblait pas vouloir s’apaiser et continuer de marteler le rythme. Un rythme effréné, disgracieux, toute mélodie était absente de cet instrument. Aucun son, fusse-il des plus basiques ne lui semblait mélodieux. Henry aimait la musique, il aimait en écouter, écouter le savant arrangement des notes, leurs liens, le do qui se liait à un fa, un sol à un ré. Mais là, aucun son, aucune musique ne lui semblait gracieux, fluet. Elle était rauque, forte, déchirante, une complainte assourdissante et déchirante. Cette musique dans sa tête n’était pas belle. Elle n’en avait rien de tel.

Le tambour se calma, le rythme était plus lent, l’orchestre qui jouait dans sa tête semblait s’être apaisé, toujours incapable d’émettre un son, Henry, recouvrit quelque peu la vue, arrivant à ouvrir ses yeux. La douleur était toujours présente, mais avait faibli quelque peu, il n’était absolument pas à l’abri d’une nouvelle poussée de migraine, mais il profitait de cette accalmie. Ses yeux mirent quelques secondes à s’habituer, il avait perdu la notion du temps, les secondes, les minutes s’étaient enfuies de son esprit. Depuis combien de temps se tordait-il de douleur assaillie par un mal qu’il ne comprenait pas ? Il ne savait pas, quelques minutes, une dizaine peut-être. Ses yeux s’habituaient à la lumière ambiante, il voyait au loin quelques élèves le regardé, comme une bête de foire. Dégagez ! Allez voir ailleurs ! ne cessait-il de se répéter intérieurement. Henry grogna un peu, essayant d’exprimer ses pensées à haute voix. Il détourna le regard et tomba sur une fille proche de lui, une Gryffondor visiblement, elle est plus âgée que lui, une crinière châtain clair noué dans une sorte de queue de cheval d’après ce qu’il voyait. Il ne l’avait jamais vue avant, elle était bien plus âgée que lui après tout, c’était à cause de ça, c’était évident. Elle semblait mesurer à vue d’œil une petite tête de plus que lui, ses yeux bleus semblaient le fixer ou plutôt fixer le sommet de sa tête.

Il n’avait pas encore conscience, mais une sensation de fraîcheur lui provenait du haut de son crâne, comme si quelqu’un avait posé de la glace dessus. Non, la sensation était différente de la glace, on aurait dit de la neige, c’était surement de la neige. La jeune fille se détourna d’Henry et se mit à envoyer bouler le petit troupeau qui le regardait comme une bête de foire. Tant mieux ! Il revint sur cette sensation de fraîcheur, elle faisait du bien. Est-ce que c’était ça qui avait semblé-il calmer l’orchestre dans sa tête. Il l’entendait toujours, mais moins fort, comme mis en sourdine, il pulsait toujours dans sa tête, la douleur était toujours plus que dérangeante c’est certain, mais elle était infime comparé à celle qu’il éprouvait. Il sentait les dernières larmes qui dévalait lentement, inlassablement la pente de ses joues.

Il entendit quelque chose rouler vers eux, un flacon d’une substance inconnue ? Un somnifère solide, peut-être ? Il releva le regard vers une deuxième fille, toujours plus vieille que lui, mais un peu plus jeune que la précédente, une année à vue de nez. Elle aussi était châtain, des cheveux lâchent et une frange qui cachait son visage, seule certitude, c’était lui qu’elle fixait. Il ne voyait pas ses yeux de là où il était, mais il sentait son regard sur lui. Elle devait avoir pitié, il devait faire peine à voir, son front trempé de sueur, sa tête couverte de neige pour calmer son mal, et sa bouche si fine déformée en un rictus sinistre et involontaire.

Elle s’était rapprochée de lui et de l’autre Gryffondor, elle le fixait toujours. Pourquoi ? Par pitié ? Par compassion ? Il n’en savait rien. Il n’aimait pas quand les gens le fixaient. Cela le rendait mal à l’aise, mais sa bouche était incapable de l'exprimer. Elle était déformée par la douleur qui restait présente dans un coin, tapis dans l’ombre prêt à resurgir à tout moment et replanter ses crocs dans son esprit, son crâne déchiré. Il avait échappé de peu à une catastrophe intérieure. Il était passé à un cheveu de briser les chaines qu’il avait constituées dans son esprit. Mais le pire semblait passer, et même si la douleur restait vive, elle était bien plus supportable. La jeune fille le fixait toujours et s’était approchée d’eux. Elle ajouta :

« Dans l’état où il est, il vaut mieux qu’il fasse un petit séjour à l’Infirmerie. Pas sûrs que la douleur soit uniquement physique, mais là-bas au moins ils pourront l’aider au mieux. »

Il préférait quant elle était silencieuse. C’était la vérité, mais il ne l’admettrait jamais, sa douleur était bien plus que physique, elle était avant tout mentale. Mais ce n’était qu’une coïncidence après tout. Si la douleur physique s’était adjoint la douleur mentale, comme s’il n’en avait pas suffisamment avec une seule. La neige fondait un peu, mouillant ses cheveux blonds qui pâlirent un peu à cause de l’eau. Son rictus de paralysie disparaissait peu à peu ses grognements devenant plus compréhensible. Que devait-il faire ? Comme si tout allait mieux ? Les remercier ? Surement. Il respira un bon coup et murmure d’une faible voix, le seul mot qu’il était capable d’articuler :
  • Merci
Il tenta alors de se lever, en s’appuyant sur le mur, mais une pointe de douleur dans la boîte crânienne le fit se rasseoir aussitôt, le rythme du tambour était reparti crescendo, la douleur revenait. Elle l’avait de nouveau mordu, certes moins fort, mais elle l’avait mordu. Son venin coulait à nouveau dans son sang, se frayant un chemin jusque dans son cerveau. La douleur était moindre comparé à celle qui l’avait assailli auparavant. Mais elle était suffisante pour mettre un terme à toute tentative de se lever. Il était retombé lourdement sur le sol, tenant sa tête d’une main, les yeux toujours ouverts, la bouche encore un peu déformée. La douleur reprenait sa place, elle était de retour. Un nouveau combat commençait.

2e année RP/ Code coleur : #3d85c6

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De loin je devais paraître ridicule. Une jeune fille faisant tomber de la neige sur la tête d'un garçon. C'est vrai que le monde magique pouvait vraiment être... Caucasse. En tout cas je savais ce que je faisais et je ne cherchais pas à le soigner mais juste le soulager.

La première phrase de la jeune fille me fit tiquer mais je décidai de ne pas relever. Ça n'aurait servi à rien surtout qu'elle venait d'envoyer son flacon d'huile. Elle au moins n'avait pas juste un flacon vide et puis c'était gentil de sa part.

Le blondinet venait d'ouvrir les yeux, la neige fondu avait l'air de remplacer ses larmes sur son visage mais on voyait bien qu'il avait pleuré. Ses yeux étaient rougis par le mal. Cela me faisait de la peine. Je n'aimais pas voir quelqu'un avoir mal.

J'entendis la jeune fille s'approcher de nous. Celle si s'arrêta à quelque mètre. Voulait elle aider? Voulait elle observer? Je ne savais pas comment réagir à son comportement, elle avait l'air elle même perdu, désorienté.

De nouveau elle me fit la remarque qu'il fallait l'amener à l'infirmerie. J'avais l'air si ridicule que ça? Je savais bien que je ne pouvais pas faire disparaître cette douleur d'un coup de baguette. Je ne savais même pas si c'était possible.

Bien sûr qu'il fallait l'amener à l'infirmerie. C'était une évidence. N'empêche que c'était plus facile d'amener quelqu'un a l'infirmerie si il pouvait tenir sur ses jambes. Or la douleur d'une migraine pouvait surpasser les forces d'une personne.

Je me levai et regardai la jeune Gryffone. J'essayai de trouver les mots juste. Je ne voulais pas être méchante mais je voulais qu'elle comprenne.


"Je le soigne pas. J'essaye de soulager sa douleur pour qu'il puisse tenir sur ses jambes. Après on pourra l'amener à l'infirmerie, enfin si tu veux aider. "

J'avais utilisé un ton courtois tout en murmurant pour faire le moins de bruit possible. Je retournai mon attention sur le jeune Serdaigle. Celui venait d'ouvrir la bouche. J'entendis un merci. Je lui répondis avec un sourire espérant qu'il comprenne que ça ne servait à rien de me remercier que c'était normal.

Il avait l'air de reprendre un peu de couleur. Tel un aiglons quittant son nid pour la première, il se leva en s'appuyant sur le mur. Je voulais le laisser faire, c'était à lui de trouver le bon moment. Apparemment ce n'était pas encore bon puisqu'il s'écroula de nouveau.

Bon il restait la menthe poivré. Mais c'était à lui de le faire, à lui de masser la ou il avait mal. Ça je ne pouvais le faire à sa place.


" Tu peux essayer de te masser avec cette huile? L'odeur devrait t'aider. Des que tu te sens mieux on ira à l'infirmerie. "

J'avais parlé avec la voix la plus douce que je pouvais, c'était à la limite du chuchotement. J'hésitai quelques seconde avant de continuer.

"Sauf si tu as une autre idée..."
Dernière modification par Octavia Still le 27 avr. 2020, 14:36, modifié 1 fois.

#a64d79
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Aide. Interrogation. Hypothèses.

Je m'en veut déjà d'être venue, non pas par rapport aux garçon mal en point, ni à la fille qui l'aide. Mais par rapport à moi-même. Est-ce qu'il avait vraiment besoin que je me déplace ? Sûrement pas. Est-ce que la fille s'en serait sortit sans moi ? Oui, certainement. Alors qu'est ce que j'fais là ?
Peut-être pour nourrir mon ego. Pour me dire que j'ai aidé quelqu'un, que je suis une bonne personne. Pour être fière de moi. Je ne veux pas que ce soit le cas, je veux l'avoir fait. Sans avoir de comptes à rendre. Sans qu'on me remercie. Je veux aider puis oublier. Que je l'ai fait. Pas pour faire une bonne action. Juste pour le faire.
La douleur du jeune blond semble toujours aussi forte mais il reprend peu à peu le contrôle de lui-même. Ils nous remercie alors qu'il n'a pas l'air d'avoir la force pour. Et pourtant la remarque me touche. Tout ce que je voulais éviter... J'aimerai lui dire de se taire, de garder des forces mais je me tais. Comme si c'était moi qui devais garder des forces. Je n'ose même pas hocher la tête, contrairement à l'autre Gryffondor qui lui sourit gentiment, elle est beaucoup plus héroïque que moi, je ne mérite pas ce remerciement, moi. Je le regarde, simplement, sans rien dire, même si je pense que mon regard l'embête mais mes yeux ne veulent pas se poser autre part. Comme si... comme si la souffrance les attirait.
Lorsque la troisième année parle, ils changent de direction, vers elle. Je l'écoute, me rendant compte que je n'ai peut-être pas étais très sympathique avec elle. Elle me dit qu'elle n'essaie pas de le soigner, qu'elle comptait l'emmener à l'infirmerie. Encore une fois, je sais que je n'aurais pas dû m'interposer. Ma présence les a mis mal à l'aise et n'a fait que retarder les soins du garçon. Elle me propose d'aider. Sûrement par politesse, pour ne pas rejeter quelqu'un qui a tenté d'aider aussi. Mais est-ce que je ne devrais pas plutôt partir sans demander mon reste ?
Qu'est-c'qui est le meilleur pour toi, Garçon ? Est-c'que t'as besoin d'être seconder, Fille ?
Peut-être pas. Mais tant pis. Si je ne le fais pas pour eux. Je le fais pour moi. Pas pour avoir une estime de moi quelconque mais juste pour aider.

« Oui, je vous accompagne. Enfin, c'est toi qui décide, je ne veux pas décider pour toi. »

La première phrase est pour la fille, quant à la deuxième je la prononce en regardant le garçon, comme pour suggérer une réponse.
Il, commence à se lever, ayant visiblement repris un peu de force, j'hésite à le soutenir avec mon bras mais je suppose qu'il sait ce qui est bon pour lui. Physiquement, en tout cas. Mais je ne veux pas m'avancer sur ses douleurs, j'le connais même pas.
La fille lui donne l'huile, cette fois-ci je me tait. Ce n'est plus mon rôle de parler. Moi, j'attends. J'observe.

Il est retombé, finalement.
Ça fait mal de retomber alors qu'on pense aller mieux.
Peut-être plus que d'aller mal.
Ça fait mal de perdre ses espoirs quand ils sont juste devant nous.
Ça fait mal de retomber.

Troisième année RP.
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La chute. La chute est toujours plus douloureuse que l’envol. C’est un fait, un oiseau qui s’envole du nid, c’est beau. Un oiseau qui chute du nid c’est moche. Henry était de ces petits oiseaux, ceux qui chutent, mais se relève et rechute jusqu’à battre des ailes. Il ne se laissait pas abattre. Il a mal, à son égo, et à la tête. Il ne saurait dire lequel le fait plus souffrir que l’autre. Voilà une question à laquelle aucune réponse ne peut être apportée au moment présent. Il avait chuté, alors qu’il pensait voler, un impitoyable chasseur lui avait tiré du plomb dans l’aile, et la chute. La chute fut brève. Douloureuse. Moindre face à la précédente migraine, mais toujours intense. Il avait essayé de se raccrocher au mur. Dans un mince espoir de ne pas chuter. Mais il avait chu, le voilà revenu à son point de départ. Une douleur recommença à l’assaillir. Elle menait un impitoyable siège devant les forteresses de son esprit, et il ne pouvait rien y faire, spectateur involontaire de cette bataille. Il tentait d’empêcher les murailles de céder. Mais sa lutte semblait veine, quelques larmes coulaient encore vestiges d’une douleur plus profonde. Mais ses petites perles salées n’étaient plus. Elle s’était asséchée sur l’océan aride de ses joues.

Il sentait encore la neige sur le haut de son crâne, il ne pouvait nier que cela lui procurait un léger soulagement. Cette neige qui peu à peu avait fondu sur son crâne humidifiant sa chevelure blonde de façon éparse. Quelques gouttes d’eau fraîche se répandaient également sur son front, se mêlant à sa sueur. Sa chevelure blonde était à l’heure actuelle toujours parsemée de quelques taches blanches, des poches de neiges plus récalcitrantes, se refusant à fondre, apportant un infime soulagement à Henry. Mais elle n’avait pas suffi pour permettre à l’aiglon de quitter le nid, de prendre son envol. Il était retombé, le bec en avant. Ses yeux perçants demeuraient cependant ouverts, il avait repris des couleurs et bien qu’il luttait contre cet infâme serpent au venin si puissant qui inlassablement ne cessait de lui ronger l’esprit.

Il voyait toujours très distinctement cette jeune fille, un peu plus âgée que lui, une griffonne qui l’aidait, l’autre fille semblait se tenir en rentrait, mais fit rouler un flacon jusqu’à eux. Il était incapable de dire le contenu du flacon, il n’était pas plein, il en restait un fond et de ce qu’il pouvait observer le liquide à l’intérieur avait la texture d’une huile. Ces suppositions furent confirmées lorsqu’elle avait précisé qu’il s’agissait d’huile essentielle de menthe poivrée. La jeune fille à côté de lui le récupéra tout en se relevant, elle fit remarquer à l’autre qu’elle comptait l’emmener à l’infirmerie. Peut-être que cela serait passé le temps du trajet, elle avait parlé à voix basse et il lui en était reconnaissant.

Après sa chute, alors que la douleur se faisait de nouveau plus intense elle lui tendit le flacon. Lui expliquant qu’il devait se masser la tempe avec. C’était sans doute le mieux à faire. Il avait lu au détour d’un livre les nombreuses propriétés de la menthe poivrée, à vrai dire ses effets sur les migraines ne l’étonnaient que très peu. Il prit alors le flacon. Il en restait bel et bien très peu. Sa tête lui faisait mal, il souffrait, mais il restait lucide. Ses gestes étaient lents, mesurés, il essayait de ne pas se focaliser sur la douleur. Il devait penser à autre chose. Il devait chasser ce serpent de son esprit. Il chercha un souvenir, un souvenir heureux. Il ne put s’empêcher de repenser à cette sortie sur les lacs de Glendalough l’année dernière. Ils étaient partis tous les trois sur un petit bateau, et avaient pu admirer à loisir les paysages des Deux Lacs, très connus en Irlande. Ils avaient même essayé de pêcher… Grave erreur, Henry ayant attrapé un gros poisson ou alors son hameçon avait accroché une grosse pierre. Il était encore incapable de le dire à ce jour ce qu’il en était. Mais dans tous les cas, la finalité fut identique, puisqu’il passa par-dessus bord et termina dans l’eau froide du lac. À la fois hilare et trempé, au grand dam de sa mère qui l’avait encore une fois sermonnée. Pourquoi donc ? Il n’en savait rien, il ne préférait pas y penser. Cela ne ferait qu’accentuer sa migraine.

Il tenait toujours le flacon dans ses mains, avoir occupé son esprit avait ainsi permis à Henry de rendre la douleur légèrement plus faible, plus supportable, plus acceptable. Il dévissa le bouchon et enduit d’un peu d’huile ses mains, posant le flacon à sa droite à même le sol, le bouchon posé dessus. Il n’aimait pas paraître faible devant les autres, mais il n’avait pas le choix après tout. Il approcha alors ses deux mains légèrement huileuses et commença un lent massage circulaire de sa tempe, ses mouvements étaient lents, il s’assurait de bien enduire la peau à cet endroit d’huile. Il sentait un léger sentiment de fraicheur sur son front et continua d’étaler l’huile essentielle pendant quelques minutes, enduisant parfois ses doigts à nouveau de menthe poivrée. Il avait repris des couleurs, ses tremblements avaient cessé, tout comme ses larmes et le venin peu à peu se dissolvaient et lui rendaient son corps. La migraine demeurait, mais faiblissait, sa ville assiégée commençait à repousser les assaillants après avoir pendant longtemps colmaté les brèches dans les murailles.

Il ferma les yeux un instant, profitant de la sensation que procuraient ses mains massant lentement ses tempes. C’était légèrement agréable, il était bien incapable de le nier. Une fois qu’il estima avoir suffisamment enduit son front, il essuya ses mains sur le sol pour retirer l’huile qui restait dessus. Il adressa un nouveau sourire à la fois à la jeune fille à ses côtés, mais également à celle qui se tenait un peu en retrait. Il n’avait pas prononcé un mot, un son, un murmure, c’était bien inutile, ses forces devaient être concentrées à contenir le mal loin de sa tour d’ivoire. Elle ne devait plus être assiégée de la sorte. Il n’avait pas prêté attention si les deux filles lui avaient parlé il entendit seulement la fin de la phrase de la dernière :
  • … accompagne. Enfin, c’est toi qui décides, je ne veux pas décider pour toi.
Henry en signe d’accord acquiesça de la tête et referma le flacon qu’il tendit en direction de la jeune fille la plus proche pour qu’elle le rende à son propriétaire. Il tenta alors de se relever, récupérant son sac, le cours avait commencé. De toute façon, il était bien incapable dans son état de se concentrer pour lancer le moindre sortilège, fusse-t-il élémentaire.

Il prit appui sur le mur s’agrippant à la pierre ancestrale des murs de ce château pour se relever. Il se tenait au mur, encore chancelant, mais ça y’est l’aigle avait pris son envol.

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