Besoin de s'aérer la tête ? privé

@Malya Crown
/!\ Attention pente glissante ! Evocations de suicide, âme sensible s'abstenir.
11 Février 2045


Xénos traîna les pieds en sortant de cours, il avait l’après-midi de libre… Normalement il serait sans doute aller lire dans le parc ou juste y rêvasser mais il y avait trois tonnes de neige dehors et il n’avait pas envie d’être couvert de poudreuse. En plus il ne pourrait pas s’asseoir du coup… Il traîna un peu dans les couloirs repensant à la lettre de son oncle… Tu es la destruction incarnée de ma lignée… Cette phrase plus que n’importe quelle autre tournait dans sa tête. Il se sentait minable mais c’était vrai il n’était qu’un demi-Sperande, une tâche sur l’arbre généalogique parfait de la famille… Le cœur lourd, Xénos décida de monter dans les étages, il n’avait pas le cœur à descendre dans les cachots, en ce moment la salle commune qu’il avait trouvé si plaisante au début, redoublait son malaise. Il avait suffisamment l’impression de se noyer dans les problèmes pour apprécier en plus d’être entouré d’eau. Et la réponse qu’il avait envoyé à son oncle le stressait plus que tout… Il avait peut-être était trop impulsif…

Il monta des marches encore et encore sans faire attention d’où le menait ses pas, il était trop profondément plongé dans ses pensées. Puis d’un seul coup il regarda autours de lui et s’aperçut qu’il n’était pas loin de la tour d’Astronomie. Super. Il pourrait respirer un peu d’air frais sans aller se couvrir de neige. Le Serpentard se redressa légèrement et accéléra le pas, il n’avait pas envie de risquer de croiser une connaissance… Il poussa la porte avec hésitation avant de se rappeler que les cours d’Astronomie étaient plus tard, pas en plein après-midi… Il ronchonna contre lui-même, agacé par le ramollissement temporaire de ses neurones. Trop de stress en ce moment.

Il haussa un sourcil en apercevant une jeune fille penchée au dessus du mur elle semblait absorbé par sa contemplation, Xénos regarda l’horizon pâle au loin, hésita à faire demi-tour puis haussa les épaules et avança.

- Tu as fait tomber quelque chose peut-être ? Demanda t-il d’un ton ironique en posant une main sur le mur gris.

Oh moins ça le distrairai de parler pensa t-il en observant la jeune fille, il aperçu le badge de Serpentard sur sa cape alors qu’elle se tournait vers lui.
Dernière modification par Xénos Sperande le 21 mai 2020, 08:37, modifié 1 fois.

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Malya s'était enfin décidée à jeter un œil intéressé à cette tour d'astronomie. La matière l'intéressait, les étoiles étaient passionnantes, mais regarder en bas, c'était tentant, aussi.
Hélas, la neige n'aidait pas. Quelle horreur, la neige… Brrrr... Que de mauvais souvenirs. Bref, ce paysage…
Comment Malya s'était-elle retrouvée là ? Simplement à cause de la date. 11 février. Son demi-anniversaire. À la pension, une tradition voulait qu'on les fête au même titre que les anniversaires, en particulier pour ceux dont la date annuelle ne pouvait se célébrer dans le cadre de l'établissement. À en regretter d'être née le 11 août.
Célébrés au même titre, mais la fête en elle-même différait d'un léger détail : pas de cadeau. Cela n'avait pas l'air de grand chose, dans ce contexte, mais il fallait retourner la phrase pour la comprendre. Les moldus n'avaient jamais fait de cadeaux à Malya. Dans tous les sens du terme. Et le sens propre était loin d'être le principal problème…

Le 11 février demeurerait l'une des très nombreuses dates fétiches de Malya pour se remémorer ses chers et tendres démons. D'humeur maussade depuis le matin, elle avait enfin trouvé une activité qui la passionnait : contempler le vide.
Elle s'était promenée à travers les étages, ne souhaitant s'imposer la violence supplémentaire de l'extérieur enneigé. En partant de sa Salle Commune, elle n'avait pu que monter un à un les étages pour arriver dans la tour d'Astronomie. Puis il y avait eu cette fenêtre. Si Malya n'avait pas toute sa tête, elle aurait juré que cette fenêtre l'avait appelée. Elle s'en était approchée, et s'était aperçue que c'était, non pas la fenêtre, mais le vide qui l'invitait. Quel apaisement que de voir cela. Sauter dans le vide. En finir, enfin. En finir une bonne fois pour toutes celles où ça avait raté. À la pension, cela ne s'était jamais révélé possible. Mais, à Poudlard ?

Soudain, une voix la tira de sa contemplation. Surprise, elle se retourna pour découvrir un élève de sa maison.
Il posait une question intéressante, à bien y réfléchir. Faire tomber quelque chose... Elle songeait à laisser tomber son cœur, à accepter l'idée que c'était de cette tour qu'elle mettrait fin à ses jours. mais qui pouvait comprendre, sinon elle et elle seule, le bonheur et la puissance qu'on ressentait à savoir qu'on contrôlait sa propre vie au point de pouvoir y mettre un terme à sa guise ?
Le cerveau de Malya tentait tant bien que mal de lui envoyer un message. Malya devait répondre au garçon. Activer le mode sociabilisation. Activer le mode…
Pff... C'était fatigant, ces modes. Modes de survie, oui, mais pour combien de temps ? Un dernier regard vers le vide… Le beau, le doux, le tendre et prometteur vide. Un petit sourire sur le visage, et une réponse.

- Quelque chose ? Non. Mais j'aimerais bien tomber, moi...

Réponse à dormir debout, mais réponse totalement vraie. C'était dans ces situations que Malya admirait et ressentait l'intense pouvoir de la vérité. Savoir que ce qu'on disait était tellement vrai qu'à peine croyable.

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Elle le regarda mais ne répondit pas tout de suite. Xénos eut le temps de se sentir stupide et surtout de comprendre qu’il l’avait dérangé, peut-être qu’elle pesait le pour et le contre pour l’envoyer bouler plus ou moins poliment. C’est ce qu’il faisait lui quand on le dérangeait d’habitude.

Quand elle répondit enfin, le Serpentard ne pu retenir sa stupéfaction. Pourtant il commençait à maîtriser un peu ses émotions maintenant, enfin il parvenait à les cacher au moins c’était déjà un progrès… Mais pas là. Elle voulait tomber ? Xénos jeta un minuscule coup d’œil au sol. La neige fraîche en contrebas ressemblait à un tapis moelleusement glaciale et un peu plus loin un arbre qu’il savait plutôt grand lui paraissait minuscule d’ici, il releva les yeux rapidement avec une sensation de malaise, il n’aimait pas beaucoup les hauteurs... Puis il reporta son regard sur la Serpentarde. Qu’est-ce qu’il pouvait répondre à ça ? Elle avait un air si soucieux et mélancolique accroché au visage que c’était difficile de croire qu’elle avait dit ça pour rire... Du coup il ne savait pas vraiment quoi répondre à un truc pareil, continuer à parler d’un ton léger allait peut-être être bizarre.

Xénos pensa à la montagne de problèmes qui lui était tombée dessus ces derniers mois, il pensa à sa mère, à son oncle, à cette maudite lettre qu’il lui avait écrit dans un moment de colère et qui le stressait de plus en plus… Il s’imagina un instant répondre à la jeune fille : bien si tu veux je t’accompagne ! Le Serpentard sourit à cette pensée absurde. C’était tellement ridicule et puis c’était la peur qui parlait. Il attendait la réponse de son oncle avec une résignation terrorisée comme un condamné à mort attend la chute du couperet… C’était pour ça qu’il avait ce genre d’idée stupide, trop de stress.

Puis Xénos repensa à son livre de chevet, le livre sur les poisons qu’il avait eu à Noël et il eut une illumination.

- C’est pas la méthode que je choisirai perso répondit il d’un ton désinvolte, je suis sûr que même d’ici tu ne te tueras pas, tu te feras juste très mal et tu attendras avec les os brisés dans la neige super froide. Après ils arriveront à te requinquer parce qu’ils arrivent toujours à trouver une solution et t’imagines ce qu’ils feront de toi après ? Ils te renverront chez toi ou pire ils t’enverront à St Mangouste… Puis la chute doit être douloureuse en plus… Vraiment c’est une méthode pourrie.

Il n’était pas vraiment sûr d’avoir adopté la meilleure stratégie mais bon il n’était pas doué pour l’empathie et toutes ces choses très compliquées qui impliquaient de comprendre ce qui se passait dans la tête des autres… Déjà qu’il avait du mal à comprendre ce qui se passait dans la sienne de tête, alors les autres n’avaient qu’à se débrouiller et à être moins compliqué s’ils voulaient être ménagé.

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Vide. Intérieur, cette fois-ci. Un briseur de rêves. Comment pouvait-il dire pareille chose ?
Ce qui gênait Malya, ce n'était pas la douleur. À ce stade, on pouvait difficilement avoir plus mal. La douleur était quotidienne, mais on faisait avec. Ou on ne faisait pas, mais le résultat ne variait jamais.
Elle aurait bien aimé, qu'on la renvoie chez elle. Mais qui l'y accueillerait ? Dans quelle partie du monde se trouvaient ses parents ? Sa voisine… Oui, elle était plutôt sympa, mais c'était la voisine, quoi. Pas sa famille.

Mais c'était tentant... sautée, juste une fois. Pour l'avoir fait dans sa vie. Pour avoir Enfin accompli l'Acte, celui que l'infirmière de la pensait disait qu'elle n'oserait jamais y songer sérieusement. Elle avait essayé, plusieurs fois. Mais bon, ca n'avait pas fonctionné. Un jour, ça fonctionnerait.
Peut-être pas ce jour-là. Mais un jour.

Le seul truc que j'espère c'est que je me vengerai avant.

Oui, bon, ça, c'était une autre histoire. Magnifique histoire de vengeance, mais La, il fallait penser à cette fenêtre. Et à lnautre briseur de rêves.

- Tu essayes de me décourager où tu parles sérieusement ? On Faut avec les moyens du cours, je n'ai pas de corde. Et puis, c'est pas discret, de se pendre. Je veux bien rentrer chez moi, si on ramène mes parents à Brandon.

Malya se retourna vers l'ouverture. C'était tentant. Sans la neige, elle l'aurait déjà fait.

Les pauvres parents. Comprendraient-ils ? Une précaution. Ce serait pratique.

- Si un jour on vient te dire que je suis morte, tu pourras envoyer un hibou à mes parents ? Dis-leur qu'ils sont les seuls à qui j'ai fait réellement confiance pendant toute ma vie. Je m'appelle Malya Crown. Tu devrais les retrouver.

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Xénos observa les traits de Malya s’affaisser d’un air déçu avec une indéniable satisfaction. Ça c’est fait se dit le Serpentard. Gagné en une seule phrase, trop fort.

Mais non elle n’avait pas l’air de laisser tomber...
S’il parlait sérieusement ? Quelle question ! Elle croyait quoi, que c’était agréable de mourir en s’écrasant par terre ? Le Serpentard quant à lui trouvait que cette option manquait de dignité. D’ailleurs il pensait ça du suicide en général. Quitte à vouloir mourir valait mieux le faire dans un duel en plein éclat héroïque… Il regarda à nouveau l’horizon gris pâle en se demandant vaguement comment il arrivait à tomber sur des gens encore plus déprimé que lui alors qu’avant d’aller mal, il n’en avait jamais croisé.

Malya continua de parler de son projet absurde. Les moyens ? Xénos pensa à lui parler de ces fabuleux poisons qu’il y avait dans son livre, il était sûr d’en trouver dans le parc si elle attendait jusqu’au printemps. Mais alors qu’il ouvrait la bouche pour parler une partie de lui lui rappela que ce n’était pas une bonne idée de donner ce genre d’option à quelqu’un qui avait des idées si noires. Il referma prudemment la bouche et écouta la Serpentarde, elle s’était à nouveau tourné vers l’ouverture. Il se tendit et ne la quitta pas des yeux, attentif au moindre de ses gestes.

Envoyer un hibou à ses parents… Elle le prenait pour un elfe ou quoi ? Xénos ne pu retenir un petit rire jaune. Lui ? Annoncer ce genre de truc en plus ?! Elle ne le connaissait pas du tout, personne de sensé ne lui aurait donné ce genre de truc délicat à faire autrement que par cruauté envers les destinataires du message.

- Enchanté Malya, moi c’est Xénos répondit-il d’un ton un peu sec, tu leur diras toi-même. Je sais pas ce qui t’arrive pour penser à ce genre de truc mais je crois pas que ce soit tellement pire que ce qui m’arrive à moi ou à d’autres personnes que je connais. Y a pas mal de gens qui ont des problèmes en ce moment tu sais. Heureusement qu’on a pas tous des envies de saut sans balai parce qu’ils auraient plus beaucoup d’élèves sinon…

Il observa la jeune fille, était-ce les circonstances bizarres de cette conversation ? En tout cas il avait l’impression d’être sorti de cette brume de morosité qui lui emplissait la tête depuis quelque semaines et d’avoir retrouvé la vivacité initiale de son esprit. Il lut une étrange détermination sur le visage de Malya, ses poings crispés... Il se demanda si elle avait aussi cette colère bouillonnante en elle, comme lui depuis la trahison de Lewis. Soudain il eut une nouvelle idée ! Décidément… Un petit sourire tordu glissa sur ses lèvres.

- Si j’apprends que tu es morte, j’enverrai un hibou à tes parents pour leur dire que c’est à cause d’eux. Moi je sais pas je suis pas doué pour ça mais dis moi... Ils ressentiront quoi en lisant ça à ton avis ?

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Petit à petit. Analyse tranquille pour ne pas perdre pied. Ce n’était pas le moment.
Il s’énervait. Pourquoi ? Où était le problème, si elle voulait mourir ?

Xénos. Au moins, il se présentait. Demander « Comment tu t’appelles ? » c'était vraiment gênant. Un problème d’évité, un.
Bon, par contre il n’avait pas l’air ravi.
Je le leur dirai moi-même ? Il sait parler aux morts, lui ?

Pas mal de gens avaient des problèmes. Sans blague. Après, il faut différencier deux cas : ceux qui cherchaient les problèmes, et les autres.
J’en sais rien, s’il est dans le même état que moi. S’il sait ce que ça fait, il n’a qu’à sauter avec moi.

Euh. Stop. Stop. STOP ! Comment ça, pour leur dire que c’était à cause d'eux ?
Nop. On ne touche pas à la famille. Je meurs, tu dis ça à mes parents, et je reviens à la vie pour te tuer.
Non mais non, en fait. Juste non.

Bon, Malya mourrait un autre jour. D’abord s’occuper de ce fou-là.

- Tu te fiches de moi, là ? On m’en a déjà sorti des belles, quand on a vu que je voulais mourir. Mais là, on atteint des sommets. Comment tu veux que je croie que tu as autant de problèmes que moi si tu ne peux pas comprendre quelque chose d’aussi simple que l’envie de mourir ? Tes problèmes à toi, tu y es pour quelque chose ? Tu as quelque chose à te reprocher ?
Pour te répondre, mes parents n’apprécieront pas. Pas du tout. Mais ils ne m’en voudront pas à moi. Ils t’en voudront à toi. Ils chercheront pourquoi tu leur dis ça. Et si tu ne signes pas, ils te retrouveront. Même au bout du monde, ils voyagent.


Respirer. Ne tuer personne. Et surtout pas elle. Ne pas oublier qu’il faudrait tuer les moldus avant. Sinon, ils auraient gagné. Les traîtres auraient gagné.

Et ça, Malya ne le permettrait jamais.

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Xénos observa le front de la Serpentarde se plisser de contrariété, il la vit froncer les sourcils et le fusiller des yeux et sentit qu’il avait réussi. Bien elle était en colère. C’était bien la colère ça permettait de se raccrocher, la haine et la colère étaient de bons moteurs, ça gardait en vie. Ça permettait de ne pas toucher le fond…

Quand elle commença à lui crier dessus par contre le Serpentard, d’abord étonné par la verve hargneuse de la jeune fille cligna des yeux d’un air stupéfait. Une fraction de seconde il se demanda s’il n’avait pas fait une petite erreur stratégique en la provoquant sur un sujet si délicat. Il fallait dire à sa décharge qu’il n’avait pas beaucoup apprécié qu’elle veuille se servir de lui comme un coursier post-mortem pour délivrer ses dernières paroles. C’était normal d’ailleurs nan ?

Elle doutait qu’il ait des problèmes lui aussi, il plissa les yeux hostilement. Elle enchaîna en lui demandant si ce n’était pas de sa faute qu’il ait des problèmes et il vit rouge. Il n’avait rien fait pour que Lewis le trahisse, son frère de cœur. Si souffla une voix en lui, tu as menti. Encore... Mais il balaya cette pensée avec fureur. Il n’avait fait que se protéger. Et sa mère ? Et ce maudit oncle à la noix qui refusait de l’aider comme un sale lâche ? Sa faute ?! Non ce n’était pas sa faute : on ne choisit pas sa famille. On ne choisit pas de subir les stupidités de ces foutus moldus...

Elle se mit à parler de ses parents et le Serpentard reçu les quelques menaces qui planaient dans son discours avec un self-control de plus en plus vacillant. Il n’était pas vraiment d’humeur aujourd’hui à la base, mais la tirade agressive de la jeune fille n’arrangeait pas du tout, mais alors là pas du tout son humeur... Il sentait la colère et la haine remuer dans son ventre en vagues brûlantes, comme des ouragans qui heurtaient ses côtes, faisaient pulser son cœur et remonter dans sa gorge quelque chose d’acide. Il eut brusquement envie d’être cruel avec elle et agressif. Il la fusilla de ses yeux noirs et se força à se taire. Il avait voulu l’aider à la base, la faire culpabiliser pour qu’elle ne fasse pas l’erreur de se tuer maintenant. Il avait saisi la première idée qu’il avait pu et certes c’était peut-être un tantinet exagéré, mais son intention pour une fois avait été altruiste.

- Il te retrouveront menaça t-elle prise dans son flot de parole coléreux.

Xénos serra sa baguette dans sa main et quelques étincelles rouges crépitèrent en sifflant. Il baissa les yeux sur la morceau de bois, il l’avait sorti sous l’élan de colère, sans même s’en apercevoir. Il grimaça en s’apercevant du peu de maîtrise qu’il avait. Pas le bon moment. Ce n’était vraiment pas le bon moment de se prendre la tête avec quelqu’un, il avait trop de haine en lui, trop de peur et de désespoir. Il souffla profondément pour maîtriser l’envie d’attaquer l’irascible Serpentarde et relativisa comme il pu… Elle aussi elle allait mal… Elle aussi elle avait mal… C’était pour ça. Expire oui comme ça… Il expira doucement par le nez comme un taureau.

Quelques secondes passèrent et l’envie de jeter un maléfice à la jeune fille ou de l’abandonner à ses projets funestes reflua doucement. Non. Il risquait de culpabiliser après.

Il releva les yeux vers elle.

- C’est bon t’as fini ? siffla t-il, t’étais à deux doigts de te prendre un sort là alors je te conseille de plus m’agresser comme ça… En prime si tes parents t’aiment tant, pourquoi tu veux te tuer ? T’as une copine qu’à été méchante avec toi ? Se moqua t-il cruellement.

C’était faux. Il n’avait pas eu une seule seconde l’intention de l’attaquer et il se doutait qu'elle n'avait pas ce genre d'idée pour des broutilles. Mais maintenant qu’elle s’était énervé contre lui il n’avait qu’une seule idée en tête : Continuer la provocation.

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Ah oui mais non, en fait. Malya n'avait pas fini. Il allait faire quoi, avec sa baguette ? Il se croyait intelligent, là ?
Malya n'était pas vraiment dans un état qu'on pourrait qualifier de normal. Ses envies suicidaires, elle avait l'habitude. Mais cette provocation, cela remontait à plus loin, bien plus loin. Cela remontait à la pension.
Ce garçon, ce Xénos… Il clignait des yeux, fronçait les sourcils… Il avait un visage expressif, indéniablement. Cependant, afficher ses émotions, notamment son incrédulité, était une marque de faiblesse. Même s'il s'énervait, il était dépassé par les événements. Il ne les contrôlait pas, de toute évidence.
Conseille, conseille, Xénos... Et il allait faire quoi ? Où l'agressait-elle ? Elle répondait à des phrases dénuées de sens, rien d'autre. Et elle ne laissait pas parler de sa famille.
Ses yeux lançaient certainement des éclairs ; ceux du garçon aussi, mais ils n'atteignaient pas Malya. Si les regards tuaient, cela ferait un an qu'elle aurait été enfermée dans une prison moldue. Enfin, la pension en était une, mais c'était "pour son bien", l'école. Bref.
Lorsqu'il lui demanda pourquoi, il lui arriva quelque chose de neuf, qu'elle ne connaissait pas. Elle comprit que lorsqu'on lui posait cette question, on lui demandait une explication. Une justification. Or, elle n'avait rien à se reprocher, donc rien à justifier. Une seconde, elle s'en voulut de ne le comprendre que si tard dans sa vie. Enfin, elle répondrait à ça, mais rapidement. En ne mentionnant que l'essentiel du problème.
En revanche, la dernière question la fit bouillir. Une copine trop méchante ? Une copine trop méchante ? Euh, non, pas vraiment, non. Malya ne l'aurait pas présenté de la sorte. À cet instant, elle sortit elle aussi sa baguette. Cela devenait une question d'auto-défense.

- Franchement, là, j'ai peur. Par contre, les remarques sur les copines, tu te les gardes. Pareil pour tes conseils à deux noises. J'ai pas envie de me justifier, mais on va dire ce qui est : le problème, c'est les moldus. Tous. Je les hais, point barre.

Ainsi, Malya avait oublié la neige, la fenêtre, son envie de s'en jeter, et la tour d'astronomie. Elle s'était focalisée sur le garçon, et guettait sa réaction à la mention des moldus avec impatience.

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Il la regarda sortir sa baguette en se crispant légèrement. Il avait agis impulsivement et il ne s’attendait pas à ce qu’elle réagisse si vite et avec autant de détermination. Leur regards se fracassaient l’un contre l’autre, cette Malya n’avait pas l’air d’être le genre à se laisser faire et il eut la certitude en voyant la façon dont elle serrait sa baguette dans son poing dont les jointures blanchissaient, que s’il faisait un mauvais geste de plus, elle l’attaquerai sans hésiter. Cette certitude perça sa colère et la fit refluer doucement. Il avait assez d’ennui comme ça en ce moment pour risquer de se retrouver blesser ou pire de se prendre une punition pour s’être battu avec un autre élève. Il fit rouler sa propre baguette entre ses doigts et la laissa pendre au bout de son bras ballant dans un mouvement qu’il espérait pacificateur.

Ses petites réflexions pratiques lui avait fait perdre la réponse de Malya jusqu’à ce qu’elle prononce la phrase : « le problème c’est les moldus », il masqua sa surprise mais pencha la tête pensivement et relâcha doucement ses muscles. Les moldus ? Elle aussi ? Pas croyable… Ils étaient là à se prendre la tête sur un malentendu alors que visiblement c’était pour la même raison qu’ils étaient sur les dents. Sales moldus cruels et traîtres… Cette bande de lâches inférieurs… Sa colère s’apaisa lentement, pas sa haine.

- Les moldus répéta t-il lentement dans sa moustache.

Elle ajouta qu’elle les haïssait avec une ferveur qui ne laissait aucun doute sur sa profonde sincérité et… Xénos rangea sa baguette dans sa cape. Elle avait encore la sienne et elle n’avait aucune raison de ne plus être en colère contre lui, elle, il l’avait cherché en même temps. Si l’envie lui en prenait elle lui enverrait un sort. Le Serpentard ne s’en préoccupait pas, hors de question qu’il attaque quelqu’un qui partageait son avis sur les moldus. Il n’en avait pas assez rencontré pour se le permettre. Malya le regardait toujours d’un air fâché mais il lui semblait aussi qu’un soupçon de doute curieux nuançait le tranchant de son regard maintenant. Il soupira et restant à distance raisonnable de la Serpentarde énervée, il la regarda avec une expression impénétrable.

- C’est les moldus qui t’ont fait du mal ? Demanda t-il avec une étincelle dans les yeux et d’une voix bien plus douce et compréhensive que depuis le début de cette conversation.

Xénos n’était pas doué pour comprendre ses semblables, à vrai dire il ne comprenait que ceux qui dans leur ressentis ou leurs expériences avaient des points communs avec lui. Malya avait elle subit la cruauté des moldus elle aussi ? Un souvenir flotta devant ses yeux, une de ces nombreuses fois où il s’était fait humilier par les moldus pendant la récréation, il avait encore pleuré ce jour-là… La honte et la solitude, la tristesse… Une ombre passa devant ses yeux mais il se força à renvoyer ses mauvais souvenirs prendre la poussière dans les méandres de sa mémoire.

- Sale moldu injuste et cruel.

La lettre de Lewis dansa devant ses prunelles et lui serra de nouveau le cœur. Sale traître que j’aimais pourtant comme un frère… Il ne s’aperçut même pas que dans sa haine et sa colère, il avait parlé à voix haute.

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Malya bouillait de rage. Alors qu'elle parlait, le garçon avait joué avec sa baguette, de la même manière que Chan tournait et retournait son stylo pendant les cours pour faire le malin à la pension. Ce n'était pas un vulgaire bout de bois, une baguette, quand même.
Et il la rangeait ? Vraiment ?
Oui, les moldus, oui. C'était le problème. Une espèce qui dans un monde meilleur, n'existerait pas.
Un monde meilleur, et juste.

Fait du mal ? Comme la copine avec ses conseils à la gomme ? S'il venait se moquer d'elle et de son passé, il pouvait repartir immédiatement. Si son calme soudain n'était que de surface, ou une ruse pour tenter de l'atteindre psychologiquement, il n'avait qu'à s'en aller.
Elle espéra un instant qu'elle ne respirait pas comme un cheval. C'était vraiment laid. Mais malgré son attention, elle n'entendit pas sa respiration sifflante. Seulement un soupir de la part du jeune homme.
Elle se reconcentra sur lui. Son regard semblait lointain, éloigné du présent. Elle se demanda ce qu'il en pensait, lui, des moldus. Après tout, que dire de monstres pareils ?

Sa dernière phrase eut un effet sur la fillette. Elle ne sut quoi en penser sur le moment, mais c'était le seul moment où elle fut convaincue par les paroles de son interlocuteur. Néanmoins, l'attitude changeante de ce dernier lui déplaisait fortement. Elle ressemblait à celle des adultes moldus qui simulaient la pitié lorsqu'elle tentait de s'ouvrir à eux. C'est donc d'un ton glacial qu'elle répondit, crachant chaque syllabe.

- Oui, les moldus. Et oui, ils m'ont fait du mal, mes "petits copains moldus". Comme la copine qui a été méchante avec moi, dont tu parlais, tu sais ? Eh bien, il n'y en avait pas qu'une. De sales moldus manipulateurs et hypocrites, qui vont entendre parler de moi d'ici quelques années, tous. Et si ça te pose un problème, je ne t'ai rien demandé. Laisse-moi me venger tranquille, tu n'as pas l'air de vouloir m'aider.

Sa baguette toujours serrée dans sa main, Malya commençait à extérioriser sa haine par des paroles orales et non versifiées, aux dépends du provocateur dont elle ignorait tout.

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