18 déc. 2020, 19:03
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
Début décembre 2045

La bibliothèque de Poudlard avait considérablement changé depuis l'arrivée de son nouveau responsable : finies les allées labyrinthiques de lourdes et sombre étagères massives, disparues les niches improbables des murs dans lesquelles étaient cachés des ouvrages oubliés, envolé ce capharnaüm de papiers, parchemins, croûtes de cuirs et vélins. La pièce était à présent organisée de la façon la plus simple et la plus logique : une allée centrale et des allées perpendiculaires correspondant chacune à une matière enseignée à Poudlard.

Une organisation aussi logique et ordonnée aurait pu plaire à Aliosus, elle aurait plaire à Aliosus, mais non. Il avait le sentiment d'une sortie de vide, comme si la magie avait été retirée de la bibliothèque. Il soupçonnait que des centaines, si ce n'étaient des milliers, de livres avaient été retirés des rayonnages, ne pouvant être classé dans aucune des matières. Des livres sans doute obscurs, consultés une fois tous les siècles par un élève curieux ou par hasard sous le coup d'une erreur, mais tout de même, tout ça le chiffonnait beaucoup. Plus que "logique", cette organisation lui semblait dépourvue d'âme, pire, ça semblait... moldu. Preuve en était l'apparition d'étagères entières de littératures non-magique, française dans sa grande majorité. A quoi cela rimait-il ? Comment la direction avait-elle pu laisser faire un acte aussi radical que celui-là ? Il faudrait qu'il écrive à son père Magnus, ou même directement à sa tante Renesmée, chargée de l'éducation au nouveau gouvernement...

Le préfet prenait moins de plaisir à y passer du temps cette année. S'il y retrouvait plus facilement les livres dont il avait besoins pour ses devoirs, le sentiment d'intimité propre à l'ancien agencement farfelu avait disparu. Il se contentait donc d'emprunter ce dont il avait besoin pour aller étudier ailleurs.

Ce jour là il était en quête d'un ouvrage pour boucler un parchemin de potions, il n'avait aucune envie de le rendre précipitamment juste avant les vacances, aussi s'était-il motivé à en finir le plus vite possible. La tête penchée sur le côté pour lire les titres embossés à la feuille d'or ternie sur les tranches des grimoires, il passait sa main au fur et à mesure qu'il avançait dans sa recherche, l'index et le majeur bondissant de reliure en reliure, jusqu'à qu'ils manquent de peu d'effleurer des homologues d'une main qui n'appartenait pas au Serpentard. Aliosus retira un peu précipitamment sa main de l'étagère, très gêné à l'idée d'un geste intime envers un inconnu.

«Je te prie de m'excuser... articula-t-il avant même d'avoir pris le temps d'identifier la personne. Mais lorsqu'il posa enfin les yeux dessus, il sourit et salua, un ton plus bas et avec un hochement de tête, Macbeth

Il ne pouvait pas se vanter de connaître le nom de beaucoup de Gryffondor, mais la brune de troisième année en faisait partie. Depuis septembre ils s'étaient régulièrement croisés, en sortilèges ou bien en métamorphose. Lorsqu'il n'était pas en compagnie d'Alice ou d'Irisia qui étaient en filière Sciences, il prenait plaisir à côtoyer sa camarade rouge aux grands yeux bruns. Il était rare qu'il donne de la valeur à la conversation d'autrui, mais elle en faisait partie.

«Qu'est ce qui t'amène par ici ?»
Restant à côté d'Adaline, Aliosus brisa le contact visuel pour reporter son regard à nouveau sur les livres, l'air de rien.

@Adaline Macbeth

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21 déc. 2020, 20:30
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
Le premier samedi de décembre 2045
Dans la matinée

3ème année


J'entre dans la bibliothèque avec une démarche dynamique. Je dirais qu'elle l'est parce que j'ai l'impression de sautiller à chaque pas et que mon sac manque de glisser de mon épaule, sur le tissu lisse de ma robe de sorcier qui virevolte avec mes mouvements en manquant de m'empêcher d'avancer par sa longueur. Je déplore qu'elle soit si longue à chaque fois que mon pas est rapide.

En entrant, je marque d'abord une pause pour scruter l'endroit le temps d'un instant. Sur ma gauche, mes yeux commencent par regarder les canapés en zieutant les étagères de livres qui se dressent derrière presque avec dédain. Leur silencieux périple continue sur les visages des sorciers aux tables de travail, je souris faiblement en croisant des regards connus. Mes yeux se perdent au fond de la bibliothèque, tout au bout du couloir principal : sur la porte de la réserve qui fait battre mon cœur un peu plus fort. Mais se détournent assez vite pour ne pas laisser traîner ce moment trop longtemps – éviter de se faire bousculer par qui voudrait entrer – et finir sur le comptoir du bibliothécaire. Je ne tombe pas sur son visage et ne le voit nul part. Je hausse les épaules et les images associées à cette soirée passée à organiser la bibliothèque me reviennent : ma baguette à la main et mon stupide espoir de ranger ou accéder et au moins entrevoir la réserve. Mais je n'ai pas honte et c'est plutôt le torse bombé que je repense à cela.

En remettant mon sac un peu plus loin sur mon épaule, je me décide à avancer et évolue lentement entre les tables. Bien plus lentement que je suis entrée.

Dès que je dépasse les premières tables, je peux jeter des coups d'œil fébriles dans les rayons et voir le visage des élèves qui ont choisit les tables individuelles. Je voudrais bien voir le minois de mon cousin et son expression fermée parmi les sorciers en robe noire assit dans chacune des allées. En pensant à lui, je regarde par les hautes fenêtres qui trônent au dessus des étagères pour me souvenir du temps qu'il fait dehors. C'est un faible sourire qui s'anime sur mon visage en constatant qu'il neige : la lumière est grise et je dois plisser les yeux pour voir les traînées blanches que laissent les flocons en tombant vite. C'est encore plus étonnant de ne pas trouver mon cousin jaune ici, pensé-je en me détournant pour continuer à avancer entre les tables de l'allée centrale.

Mes yeux s'ouvrent un peu plus grand quand je tombe sur le rayon qui m'intéresse. Je me glisse entre les deux étagères qui le forment pour me perdre dans l'observation des tranches de chacun des ouvrages de la section potions, en pensant au parchemin que je dois terminer de rédiger. L'une des petites tables rondes au milieu de l'allée est vide et je me vois déjà m'asseoir pour continuer mon devoir. Mais avant ça ! Me rappelle mon esprit, il me faut trouver l'ouvrage que je recherche.

Maintenant que mes doigts passent lentement de tranche en tranche au rythme où mes yeux voient et lisent les titres : je me perds à parcourir toute l'allée jusqu'à celle d'en face.

Mon attention est aspirée par tous les titres que j'essaie d'emmagasiner dans ma mémoire en imaginant que cela puisse me servir plus tard et je sursaute en sentant un contact chaud. Une autre main vient de toucher la mienne en me faisant me résorber. J'attrape même ma main avec l'autre pour la serrer contre moi.

C'est avant de voir que c'est le préfet de Serpentard qui me fait face. Je laisse retomber mes bras quand il me salue et lui répond avec un hochement de tête et un sourire tout aussi sobre. Je suis contente de tomber sur lui parce que les conversations que j'ai eu l'occasion d'avoir avec lui ont toutes été stimulantes. Je suis aussi contente qu'il me salue par mon nom comme je le lui ai demandé dès que nous avons commencé à passer du temps ensemble.

« Nerrah. »

Je réponds sur le même ton et à voix basse, comme la lumière tamisée par le gris des nuages et le silence ambiant nous poussent à le faire. Mes yeux décrochent les siens au moment où il se tourne de nouveau en face de l'étagère, et je l'imite. Ma main retourne même sur les couvertures à hauteur de mon visage. S'entame une conversation chuchotée comme un complot.

« Le devoir de potions. Et toi ? »

Animagus renard polaire
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7 janv. 2021, 16:39
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
Comme s'il s'agissait de se murmurer des secrets ou de garder leur entrevue cachée, le Serpentard et la Gryffondor se parlaient sans se regarder, l'air absorbé par les rayonnages disparates de feuillets confidentiels ou de volumineux ouvrages. Aliosus ne pouvait que supposer ce qui se passait dans la tête de sa comparse, mais il était bien incapable de se concentrer sur ce qu'il recherchait. Déchiffrer les titres presque effacés ou bien converser, il lui fallait choisir, aussi faisait il presque semblant de poursuivre ses recherches tandis qu'il répondait à son interlocutrice.

«Potion aussi acquiesça-t-il, je cherche... d'autres sources que celles qui sont toujours rappelés dans le manuel. Sinon j'ai l'impression de paraphraser et ça ne me plait pas.»

Aliosus se faisait un point d'honneur à ne pas céder à la facilité dans ses devoirs de recherches. Certes ça demandait bien souvent des heures supplémentaires pour compulser des livres qui finissaient souvent par se révéler être des impasses, mais ça permettait de sortir du lot, de découvrir autre chose que les informations mille et une fois répétées partout, par tous les élèves, depuis des siècles. D'habitude, ces recherches se faisaient en bonne compagnie : sa sémillante petite amie. Cette fois c'était un devoir individuel et il n'avait pas choisi le même sujet qu'Irisia. D'ailleurs il se demandait bien sur quoi Macbeth avait porté son choix.

«Sur quoi s'est porté ton choix comme élixir ?»

RP garantis 0% IA et 100% humain

20 janv. 2021, 21:25
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
Si mes doigts effleurent toujours les tranches des livres vieux ou moins vieux qui sont rangés là, ma tête n'est pas pour autant à la lecture des titres. Parmi les livres qui courent sous mes doigts, certains sont tout à fait intéressant : je le sais parce que j'ai rangé des livres dans la section Potions le soir où je suis venue aménager la bibliothèque, certains livres en lien avec les potions sont très exotiques et j'en ai déjà repéré quelques-uns. Je suis bien incapable de me souvenir des titres maintenant que je suis perturbée par cette conversation qu'il tente d'avoir avec le préfet, mais je saurais mettre le doigt dessus une fois que cette conversation sera terminée et qu'il me faudra choisir un ouvrage.

Je hoche la tête presque imperceptiblement en écoutant sa réponse, aussi bien pour montrer que je l'entends que pour commencer à réfléchir dans ma tête.

« Je vois... »

Répondis-je, toujours à voix basse. Et en effet, je vois exactement de quoi il parle. Lorsque l'on nous demande de faire des recherches pour rédiger un devoir je ressens toujours la même chose : je n'aime pas beaucoup m'arrêter aux informations qu'on nous sert sur un plateau. Et puis, j'ai l'envie de faire quelque chose qui soit différent, j'ai envie que mes professeurs voient à quel point je m'applique, à quel point je peux mener loin de bonnes recherches, à quel point je sors du lot. Mes yeux se plissent et je souris presque malicieusement en y pensant.

« J'ai choisi l'élixir d'Euphorie. Même si on ne risque pas d'étudier sa préparation avant la sixième année. Quel élixir as-tu choisi ? »

Demandé-je sans me tourner vers lui. Mes doigts passent toujours sur les livres mais je n'essaie même plus de lire les titres. J'ai du m'y reprendre à trois fois pour lire le dernier : mes pensées s'éparpillent bien trop.

Aux côtés du préfet, je suis traversée par un drôle de sentiment. Je me sens forte et à la fois faible. Me tenir près de lui comme si nous nous connaissions, même si c'est véritablement le cas, m'insuffle une sorte de fierté. Si j'étais du genre à me vanter, je pourrais dire que j'ai régulièrement des conversations avec le préfet, et elles sont intéressantes en plus. Mais à la fois, chaque mot que je prononce est chaque idée que j'avance restent hésitants parce que je ne peux pas me détendre complètement, comme je le fais quand je parle à Chems.

Animagus renard polaire
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29 janv. 2021, 23:09
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
Deux enfants dans une bibliothèque à la recherche d'informations pour un devoir, et pourtant ça semblait tellement plus important. Ce n'était pas qu'une impression d'ailleurs, sinon le préfet aurait déjà fait son choix dans les rayonnages, sélectionné deux ou trois livres sur lesquels il se serait usé les yeux à déchiffrer les écritures manuscrites anciennes ou les caractères d'imprimerie empâtés d'un siècle précédent. En réalité, sa conversation, en apparence si banale, si ténue, avait pris toute la place disponible dans son esprit si bien que c'était par pure figuration qu'il fixait encore les reliures, sans les voir, ses yeux n'étaient en fait nulle part, perdus dans le vague malgré la proximité des cuirs abîmés à quelques centimètres de lui.

MacBeth avait articulé deux mots, simplement pour qu'il comprenne qu'elle l'avait entendu, en l'absence d'un contact visuel, les mots étaient leur seul moyen de se faire comprendre l'un de l'autre. Pas de regards complices, de sourcils interrogateurs, de moue dubitative... Rien que leur voix.

«L'élixir d'euphorie, répéta-t-il pour se donner une seconde de réflexion supplémentaire. Il hocha tout de même la tête par réflexe. J'ai choisi de creuser le sujet du Polynectar, mais...»

Mais quoi ? Jusqu'où pouvait-il aller dans la confidence avec la Gryffondor. Elle avait de l'esprit, se pouvait-il que trop se livrer le rende vulnérable à une manœuvre dans son dos ?
Le père du garçon lui aurait dit de rester prudent, sa mère lui aurait dit de se fier aux yeux d'Adaline. Il connaissait ses yeux, grands, profonds, marrons.
Et il n'y avait jamais vu de malignité.

«Jusque là, rien d'intéressant. C'est comme si on avait enlevé de la bibliothèque tout ce qui pouvait aider à la préparer. Tout ce que je trouve ce sont les mentions de son utilisation dans la période récente.»

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30 janv. 2021, 11:34
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
On doit avoir l'air terriblement complice, mais surtout follement complotant. Bien que mon esprit puisse se perdre à m'imaginer comploter contre le château et ses habitants aux côtés du préfet de Serpentard et de sa toute-puissance, il n'est pas exactement l'heure des complot même si le ton semble être le bon. Plus que le ton, l'ambiance poussiéreuse et la lumière basse de la bibliothèque font d'elle un endroit parfait pour des réunions secrètes. Le silence qui règne et l'atmosphère lourde de magie sont un bel ensemble et donnent envie de concéder toutes ses plus noires pensées.

Je secoue la tête en entendant les remarques de mon camarade et déjà germe dans mon esprit le moyen d'arranger ses maux. Il existe bien des choses que je ne sais pas quand je sais si bien certaines autres choses, pensé-je en esquissant un sourire loin d'être malin : il a tout de savoir et de vouloir. Pas de pouvoir dans les traits de ce sourire.

« Tu as regardé dans quel rayon ? Potions ? »

Demandé-je d'abord, sans vraiment attendre la réponse. Je jette un œil en direction du préfet sans pour autant me tourner vers lui. Mettre fin à cette distance et cette conversation chuchotée me semble être nécessaire désormais, mais ce n'est pas une raison pour me tourner ouvertement vers lui et montrer à toute la bibliothèque que nous nous chuchotons. Pour amorcer ce changement que je m'apprête à faire, j'attrape un livre devant moi sans même avoir lu de quoi il traite – potions bien sûr.

« Suis-moi... »

Je souffle en tournant les talons, quelques instants à peine après ma première question. J'imagine que le préfet est derrière moi quand je traverse en zigzagant entre les tables de travail installées dans l'allée centrale et je m'engouffre dans le rayon Métamorphose. Je grimace un peu en allant me poster au fond du rayon, le plus naturellement possible, à cause de la présence d'autres sorciers assis aux tables de travail. Mais je ne jette même pas un œil vers eux et j'attends que les pas de mon camarade s'arrêtent à côté de moi.. En périphérie de mon champ de vision, je vois ses pieds.

« Les livres sont rangés dans les rayons suivant leur thème principal. Il est possible que des ouvrages à propos du Polynectar se soient glissés ici... »

Je chuchote, à voix plus basse que dans le rayon des Potions, comme si c'était un secret, une sorte de savoir ancestral, la clé de quelque chose.

Animagus renard polaire
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10 févr. 2021, 10:34
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
La question déstabilisa Aliosus. Oui, il avait cherché dans les rayonnages traitant des potions, évidemment qu'il avait commencé par là. Macbeth le savait bien, elle n'était pas naïve, alors pourquoi lui demandait-elle ? Il essayait de deviner quelle autre question était sous-entendue, car il y avait un sous texte il en était certain. La Gryffondor ne lui laissa pas le temps d'ordonner ses idées, elle lui intima une instruction sans même se tourner vers lui, le préfet. Son premier malaise - Pour qui se prenait-elle, et pour qui le prenait-elle ? - se dissipa rapidement en une excitante curiosité. Sans se connaître outre mesure, elle avait installé une sorte de rapport de force dans cette bibliothèque. Ce comportement lui rappela sa cousine, Alice, elle non plus ne laissa aucune situation en dehors de son contrôle, et rares avaient été les fois où il avait réussi à prendre le dessus. Il joua donc le jeu et entra dans sa danse, tout à la fois avide de découvrir ce que sa camarade lui réservait et à l'affût d'une opportunité de jouer à renverser ce rapport de force, certes tout en courtoisie.

Sans être sur ses talons, il suit la démarche souple sans en avoir l'air, ou du moins le pense-t-il. Passant près des première année peinant à manipuler des grimoires aussi lourd qu'eux ou des étudiants plus âgés perdus dans une montagne de parchemins en pleine révision, jusqu'à parvenir dans une nouvelle section où Adaline semble déjà être passée à autre chose. Aliosus, sachant qu'il n'en était rien, la rejoignit sans vraiment s'approcher, jusqu'à ce qu'elle lui livre l'éphémère secret. Quel simple d'esprit faisait-il. La nouvelle réorganisation de la bibliothèque lui avait dicté de cloisonner les matières, ce que le garçon avait vite intégré, aimant les définitions nettes, les frontières bien tracées, mais ce faisant, il avait perdu de vue l'inévitable chaos qui semblait régir le monde magique. Bien sûr, le polynectar, la métamorphose. Quelle élégante évidence.

«Je vois... Beau raisonnement Macbeth, digne de Serdaigle si tu me permets le compliment.»

En temps normal il aurait coupé court et profité d'être là pour reprendre ses recherches. Mais elles pouvaient attendre.

«Si je trouve mon bonheur ici je te devrai une fière chandelle...» Il s'était rapproché d'un pas, se calant sur le même murmure, dépassant à peine du son d'une page qui se tourne.

RP garantis 0% IA et 100% humain

3 mars 2021, 16:44
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
C'est un sourire emprunt d'un gigantesque amas de fierté qui vient dessiner mes lèvres, alors que je tente de le cacher sous ma mèche par un habile jeu de perspective rendu possible par la taille du préfet. S'il n'est pas ce qu'on appelle un grand garçon, il est plus grand que moi. Ses épaules sont aussi plus larges et ses pas plus lourds, pourtant il ne fait pas plus de bruit que le bruissement du vent. Ce détail aussi me fait sourire. Ce garçon n'est qu'un garçon et pourtant, cet insigne qu'il arbore me fait le voir tout autrement. Dans mon petit monde, dans lequel je suis adulte, Nerrah est un plus illustre adulte que moi. Et c'est pour ça que je souris aussi fièrement.

« Je prends ce compliment ! »

Déclaré-je à demi-voix, toujours aussi discrètement, avec le ton guindé que je me suis imaginée. Ce n'est pas un ton que j'ai appris à la maison : le ton n'est pas guindé chez moi. Les mots fusent et virevoltent, sans grâce, sans retenue, sans réflexion. De nombreuses fois, en lisant des romans d'une autre époque, j'ai regretté que ma famille ne soit pas bourgeoise.

« Je suis certaine que tu trouveras des réponses ici. Laisse-moi chercher avec toi un moment... »

Dis-je ensuite, sans lever la tête vers lui. Mais je lève bel et bien la tête, comme un fier coq, pour que mes yeux se mettent en chasse d'un ouvrage qui convienne.

*


Quelques minutes silencieuses s'écoulent, entre les murs de la bibliothèque, sous la surveillance attentive des grandes fenêtres et les murmures du vent contre les carreaux. C'est aussi l'odeur de la poussière et les reliures usées que je retiendrais de ses instants passés avec le préfet, sans vraiment les avoir passées avec lui. Mais à cet instant précis, mes yeux s'illuminent d'un éclat nouveau et je me saisis d'un ouvrage. Il me semble si précieux que je le touche à peine : et il l'est tellement que j'en oublie ma discrétion.

« J'ai quelque chose ! »

M'exclamé-je, à pleine voix cette fois. J'ai même oublié le ton guindé et je grimace. C'est un jeu qui compte particulièrement pour moi dans mon petit monde, mais qui n'est important pour personne d'autre. Les sorciers attablés dans le rayon ne lèvent même pas la tête.

Je tends l'ouvrage au préfet, sans regarder son visage, les yeux tout à la couverture et au titre qui ressort en relief : Les métamorphoses par potions.
Dernière modification par Adaline Macbeth le 30 août 2021, 12:56, modifié 1 fois.

Animagus renard polaire
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19 mars 2021, 12:24
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
Il aurait juré avoir vu les traits d'un sourire sur le visage de Macbeth, mais impossible d'en être certain d'où il était, il ne voyait que les élégantes mèches brunes la dissimuler à son regard. Il y avait quelque chose dans le ton de la Gryffondor qui la démarquait de beaucoup d'élèves, sa diction claire et précise suggérait une ascendance intéressante, entre cela et ses capacités en cours, Aliosus présumait qu'elle était bien née elle aussi. Certains signes, certaines règles tacites permettaient de s'en rendre compte.

La Gryffondor continua de mener la danse, elle leva le menton fièrement, dans une autre direction que celle du préfet, toujours le visage dissimulé, regardant vers les rayonnages de métamorphose. Elle lui adresse un encouragement, mais elle s'impose à lui à nouveau. Elle aurait tout aussi bien pu dire «Je suis certaines que nous trouverons des réponses ici.» Qu'il en soit ainsi, le garçon n'avait pas l'habitude de travailler dans un autre duo qu'avec Irisia mais depuis cette année et leurs filière différentes, les occasions étaient devenues très rares, aussi ce n'était pas plus mal de profiter de l'aide de sa camarade, ou plutôt de sa mystérieuse co-complotrice.
«Ce serait impoli de refuser...» comme s'il avait le choix.

Dos à dos, ils se mirent à chercher parmi les couvertures, un intitulé évocateur. Retour à la case départ, mais avec de nouveaux livres à passer en revu. Dans le silence presque religieux de la bibliothèque, il entendait, ou croyait entendre, les doigts d'Adaline effleurer comme les siens les cuirs usés et les cartonnages fatigués. Lorsqu'il entends l'exclamation derrière lui, il se retourne brusquement, n'ayant pas analysé la phrase mais son ton, il a l'impression qu'il est arrivé quelque chose à sa camarade mais non. Elle se tient devant lui, tendant sous son nez une couverture au titre évocateur. Elle ne le regarde pas pour autant. Timidité naturelle, gêne de s'être exclamée, ou culture du mystère ?

«Joli coup ! commenta le préfet. Reste à voir si l'on va y trouver notre bonheur...»
Notre bonheur, oui, car après tout il doutait qu'elle s'en aille maintenant alors qu'elle venait peut être de trouver la perle rare qui permettrait au Serpentard de se distinguer du reste de ses camarades. Il saisit le livre prometteur. «Suis-moi.»
Sans attendre, il se défila vers le fond du rayon, à la recherche d'une table de travail discrète, placée à l'abri des regards. Il en trouva une mais trois élèves de Poufsouffle discutaient Quidditch non loin. Des visages inconnus et poupons. Sans doute des première année. Il se mit à leur niveau.
«Vous êtes dans la bibliothèque, pas au Chaudron baveur.» Il parlait à voix basse mais ferme. Ils ne protestèrent pas et disparurent. Aliosus ne se rendit même pas compte qu'ils ne connaissaient probablement même pas le célèbre bar, détruit depuis un an et demi. Il désigna d'une main ouverte la table à la Gryffondor.
«Je t'en prie Macbeth.»

Je te prie de m'excuser pour ce délai.

RP garantis 0% IA et 100% humain

30 août 2021, 13:42
Songe-Malice  PV Adaline MacBeth 
Dans ma tête, il se passe tout un tas de choses. J'éprouve tout un tas de sentiments qui, s'ils ne sont pas ambivalents, m'empêchent d'agir. Je suis foutrement fière d'avoir trouvé un ouvrage intéressant et cela prouve bien que les heures de recherches à la bibliothèque pour chaque devoir de métamorphose n'ont pas été vaines. Je suis aussi fière comme un croup d'avoir trouvé le livre qui aidera le préfet de Serpentard à briller en Potions - un succès, même dans l'ombre, est un succès. Mais je ressens quelque chose de moins orgueilleux. Je ressens de la sympathie, un étrange sentiment, comme si j'étais tout simplement heureuse d'avoir pu aider Nerrah. C'est ce sentiment qui m'embête le plus et qui me fige, alors que mon cœur voudrait sourire très fort comme pour dire : "On a réussi" tout bêtement.

Finalement, je n'ai pas besoin de céder à lui faire un sourire débile. Il attrape le livre dans mes mains et m'ordonne de le suivre. J'aime donner des ordres autant qu'en recevoir, de la part des sorciers que je respecte seulement. Il semblerait que je respecte assez Nerrah pour accepter cet ordre et m'y plier avec le plus grand des plaisirs. Bien que je sois persuadée que Chems, et probablement Jane, ne soient pas de cet avis : je trouve qu'il est foutrement bon d'être sous les ordres de quelqu'un que l'on estime.

Mes pieds me portent derrière le préfet de Serpentard, dans l'ombre de son insigne, dans le couloir principal. Mes yeux sont fixés sur le dos du préfet et ne prennent même pas le temps de se balader ailleurs. Je manque de me cogner contre lui quand il s'arrête devant une table de travail.

Je réalise rapidement pourquoi il s'est arrêté si brusquement, en entendant la rumeur de chuchotements insupportables monter dans le rayon. Bientôt, c'est la remarque dure et ferme du préfet qui s'élève et le sourire grandit sur mon visage. Qu'est-ce que j'aimerais être préfète, je pense en m'asseyant à la table que me montre Nerrah. Je penche la tête en signe de remerciement, une petite révérence, en posant mes fesses sur la chaise.

J'attends que le préfet de Serpentard fasse de même, sans le fixer pour ne pas le presser, avant de sortir de mon sac du parchemin, de l'encre et une plume. J'ai lu ces manières de faire des aristocrates dans des romans sorciers et, conquises par les manières, me voilà en train de les exécuter comme l'on poserait le pied pour danser tel qu'on nous l'a appris. Avec délicatesse mais jamais sans prudence. Il me semble que le préfet lui-même use des mêmes manières avec les mêmes méthodes : grâce et prudence. Comme l'on joue aux échecs, comme l'on danse avec un partenaire, comme l'on établit des stratégies de guerre.

« Cherchons maintenant, » murmuré-je.

Avant de me plonger dans le livre que Nerrah vient de poser sur la table et d'ouvrir, je lève les yeux vers lui. Mes yeux tombent dans les siens comme pour dire : je suis loyale. Et je souris faiblement, convenablement - je l'espère. Avant de me plonger dans le sommaire.

Et puis...

« Eh, Nerrah... soufflé-je. Nous devrions travailler ensemble plus souvent. Se réunir comme une société secrète... Partager ce que l'on sait de plus que les autres... »


5 milles excuses pour les 5 mois de retard !

Animagus renard polaire
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