Dans l'ombre du crépuscule PV L. Romanoff

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(PV Léna Romanoff)


[font=a gentle touch]Février 2045[/font]


La soirée avançait, le temps passait, et je pensais. J’étais épuisée par mon quotidien, épuisée des récents évènements, épuisée des mensonges, des non-dits. Epuisée par ma vie qui n’avait pas l’air décidée à me simplifier les choses. Mon père, ma mère, Savannah, Lexie, les cours, le monde de la magie qui s’effondrait. Je savais pertinemment que je devais prendre sur moi, être forte, me recentrer sur mes études. Cette année scolaire avait mal commencé, après un été compliqué, et les évènements s’étaient enchaînés rapidement.

Le dîner battait son plein dans la grande salle, la nuit était tombée. Pourtant l’appétit n’était pas là, et je n’avais aucune envie de me mêler au brouhaha formé par les élèves partageant joyeusement leur repas. J’arpentais donc les couloirs déserts un moment avant de trouver refuge derrière une porte ouverte. J’aimais beaucoup me rendre dans cette salle d’étude, rarement pour travailler, d’ailleurs. J’y dessinais, j’y réfléchissais. Je m’y sentais presque aussi bien qu’au bord du lac. D’ailleurs, il n’était pas loin. Comme à mon habitude, je m’installais sur le rebord de la fenêtre, genoux serrés contre ma poitrine, et laissais mon regard se promener sur le lac. La vue était si belle, le lac était si paisible, baigné dans le noir le plus total, à l’exception du reflet de la lune qui le traversait. Je ne me lassais pas de cet endroit, où j’aimais me trouver pour observer mon premier endroit préféré, quand les températures hivernales étaient trop fraîches pour s’y rendre directement.

Mon esprit vagabondait à présent de table en table. Elles avaient accueilli il y a quelques heures seulement un nombre incalculable d’élèves. Et tout était à présent si calme, si reposant. Ma tranquillité me tenait à cœur et était d’une efficacité presque sans faille pour me permettre de me ressourcer. Lorsque j’étais seule, les réflexions cessaient de fourmiller dans mon esprit. En effet, contrairement à la majorité des gens, c’était dans le calme que je cessais de cogiter, de penser, de réfléchir. C’est seule que je pouvais prendre le temps de chasser mes mauvaises pensées, mes angoisses, mes réflexions inutiles. Dans ces moments-là, tout ce qui pouvait se passer autour de moi me semblait futile, insignifiant. Un peu trop d’ailleurs, car lorsque la porte que j’avais refermée quelques longues minutes auparavant s’ouvrit à la volée et qu’une voix vint percer le silence qui s’était installé dans la pénombre, je sursautais.

Je levais les yeux vers la porte, et une silhouette s’était dessinée dans l’encadrement. Blonde, assez petite, son visage ne m’était pas familier. Mais que diable venait-elle faire ici ? Et que racontait-elle, je ne comprenais rien. Etais-je même certaine qu'elle avait parlé ?

- Tu m’as dit quelque chose ? J’étais perdue dans mes pensées, je…enfin j’ai pas entendu ce que tu m’as dit ?

J’étais curieuse de savoir ce qui l’amenait ici. Comment était-il possible que sur l’immensité du château, le nombre de pièces vides, la jeune fille ait justement jeté son dévolu sur la salle où je me trouvais. Sourcils levés, je patientais, tentant de reconnaître son visage. Quelle heure était-il ? Tard ? Depuis quand étais-je ici ? Je n’en avais pas la moindre idée. Cela faisait peut-être des heures et quelqu’un s’était aperçu de mon absence et venait me chercher. Un coup d’œil à ma montre chassa cette idée de ma tête : 20h18. Personne ne venait me chercher.

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Je ne savais pas vraiment pourquoi j’étais venue ici.
En passant en coup de vent devant la salle des trophées,
Je l’avais vue :
Cette ombre.
Celle qui est toujours dans les endroits que je fuis.
Celle qui me ramène à la réalité jusqu’à accroître ma peine.
Cette ombre n’est pas quelque chose de bien.
Non.
Elle me veut du mal.
Je le sais.
Car cette silhouette qui se dessine sur le mur,
C’est celle de l’homme qui t’a rendue ainsi.
Faible et vulnérable.

L’ombre s’approchait.
Elle semblait voler par dessus les trous dans le mur.
Sans que je ne sache vraiment pourquoi,
Je pris mes jambes à mon cou
Et me mets à courir.
Lorsque j’arrive devant cette porte,
Que je pousse et fais voltiger,
Je croyais qu’entrer dans ce faible endroit de lumière la ferait disparaître.
Mais je me trompais.
Sans vraiment ne le vouloir, je me retourne et lance à l’ombre :

- Arrête. Arrête de me suivre. Je veux juste rester seule.

Je ne m’étais pas aperçue qu’elle était là,
Cette adolescente brune qui me regardait.

Qu’est-ce que j’ai dit ?
Elle veut le savoir.
Alors je décide de lui dire.
Tout simplement parce que je ne la connais pas.
Et parce que je pense qu’elle est bien plus mature que la plupart des autres.
Alors je lui explique.

- C’est, euh, cette ombre. Je lui ai dit d’arrêter.

Mais en plongeant mon regard sans vie dans le sien, intense et expressif,
Je compris.
Je compris que je n’aurais peut-être pas du.

@Emily Baker, j’espère que ça te convient :cute:

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Je fixe la jeune fille, dans l’attente d’explications. Le temps me semble être très long, si bien que j’en viens à me demander si je ne suis pas en train de devenir folle. Mais visiblement…je ne le suis pas tant que ça, enfin je crois. Les mots finissent par franchir les lèvres de la blondinette. Une…quoi ? Une ombre. Mon regard se fige. Mes sourcils se froncent. Je ne comprends pas. De quoi parle-t-elle ? Je suis partagée. Je ne sais pas si ces paroles me font rire, m’inquiètent ou m’effraient. La seule chose dont je suis sûre, c’est que ses paroles m’intriguent. Je reste un moment silencieuse, ne sachant que répondre, me mordant la lèvre inférieure pour réprimer une envie de rire. Ne sachant pas si elle plaisante ou non, je ne peux pas me le permettre. Et pourtant. Je suis tentée, c’est tellement étrange, je ne comprends pas. Je tente de garder mes lèvres fermées, de ne pas répondre. Cela me démange, je suis trop curieuse.

- Hein ? Mais de quoi tu parles ? Tu m’fais une blague, c’est ça ? Je hausse un sourcil, jusqu’alors froncé. J’essaye de détendre mon visage. Un peu trop, car très vite, je ne contrôle plus mes réactions, et un léger rire s’échappe de mes lèvres. Bien sûr qu’elle plaisante. Si tu lui as dit d’arrêter, alors on est sauvées !

En quelques instants, mon visage retrouve son sourire, et la présence de cette jeune fille qui a l’air plutôt amusante m’apaise. J’aime beaucoup rire, et ce genre de blagues inattendues me plaît beaucoup. Je décide donc de quitter mon perchoir pour la rejoindre. D’un petit saut, je suis sur pieds et en quelques secondes je suis à ses côtés. Quelque chose m’interroge cependant. Maintenant que je vois mieux son visage, je constate que la jeune inconnue a l’air un peu perdue, voire même inquiète. Je ne comprends décidément plus rien. Elle ne peut que plaisanter. Il n’y a aucune autre possibilité. Je jette un coup d’œil furtif autour de nous. Nous sommes seules dans le noir, et la situation me fait frissonner. Je n’ai plus tant que ça envie de rire.

Balayant mes pensées de mon esprit d’un coup de tête, comme pour me convaincre que je me trompais, je pose doucement la main sur son épaule. Je dois éclaircir la situation. D’un moment à l’autre, elle va éclater de dire, me dire « tu vois, je t’ai bien eue, t’as eu peur ! », et nous pourrons en rire ensemble. S’amuser seule d’une situation comique rend la situation beaucoup plus complexe. L’atmosphère est lourde, je brise le silence.

- Euh…ça va ? Tu fais un drôle de tête. J’ai un peu eu peur c’est vrai, bien joué !

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Lorsque les mots franchir mes lèvres,
Je lis dans le regard de l’adolescente un je-ne-sais-quoi me rend mal à l’aise.
D’un coup, elle s’anime et fronce les sourcils.
Elle est persuadée que je lui fait une blague.
Mais c’est faux.
C’est tout,
Sauf une blague.
J’aimerais qu’elle me croit.
Mais c’est à ce moment précis qu’un petit rire s’échappe de ses lèvres.
Son rire est cristallin.
Presque inaudible.
Je fixe l’enfant sans rien dire et elle continue.
Elle me dit quelque chose qui n’a aucun sens.
Comme quoi nous sommes sauvées.
Mais est-ce vrai ?
Suis-je vraiment sauvée
Juste parce que je lui ai dit d’arrêter ?
Je ne pense pas mais je décide de croire aux paroles de l’adolescente.
Elle saute sur ses pieds et s’approche de moi.
Elle a une allure aisée.
Son visage qui était jusque là dans l’obscurité,
Est légèrement fin.
L’enfant est plus âgée que moi et j’ai tout de suite l’impression d’être si petite.
Je plonge mon regard dans celui de l’adolescent.
Je remarque dans son regard un sentiment étonnant.
Comme si elle s’attendait à que je lui ris au nez.
Des mots s’échappent vite de sa bouche.
Elle me demande si ça va.
J’aimerais lui dire non.
Lui expliquer.
Mais j’ai peur qu’elle ne me croit pas.
Comme elle ne me croit pas avec cette ombre.

- Y’a rien de drôle. C’est pas une blague. Je la vois cette ombre. Elle m’suit partout et tout ...

Mon regard est toujours rivé dans celui de l’autre.
J’aimerais tant que ce regard suffise à faire passer tout ce que j’endosse.
Mais je sais que mon regard est juste inexpressif.

Voila, je n’aime pas beaucoup mon post mais je ne veux pas prendre de retard :) Si tu veux que je change quelque chose, dis le moi :cute:

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Tic-tac, tic-tac. Les secondes s’écoulent tandis que la jeune adolescente ne me quitte pas des yeux. Son regard est profond, troublant. L’espace d’un instant, je crois m’y perdre en tentant d’y voir plus clair. Il semble vide et en même temps débordant d’émotions que je ne saurais déchiffrer. Elle semble avoir un milliard de choses à dire, être sur le point d’exploser, et en parallèle, elle ne paraît pas vouloir parler malgré cette envie contradictoire qui semble lui brûler les lèvres. Elle m’intrigue. Qui est-elle, d’où vient-elle ? Je ne me souviens pas l’avoir croisée avant. Je suis à présent sûre d’une chose : elle ne plaisante pas. Ni son regard ni sa voix ne cachent une once d’amusement lorsqu’elle affirme voir cette ombre, qui la suit. Une nouvelle fois, je sens mes poils se dresser sur ma peau. Cette jeune fille me fait une drôle d’impression. J’ai à la fois envie de la comprendre, envie de rire et envie de prendre mes jambes à mon cou. Seulement, je ne peux pas faire les trois à la fois. Le rire n’a rien donné, elle semble bien trop sérieuse. Et je ne peux pas fuir alors qu’elle semble terriblement déboussolée. Bon. Reste donc l’option numéro 1 : la comprendre.

J’explore son regard, son visage parsemé de taches de rousseurs et entouré de longs cheveux blonds. Ses yeux bleus ne dégagent rien. Aucune expression n’y est perceptible. Je n’ai donc plus d’autre option que de la questionner, la légilimancie n’étant pas dans mes cordes. Un peu de courage Emily, que veux-tu qu’elle te fasse ? Malgré moi, je ne puis m’empêcher de jeter un coup d’œil furtif autour de nous avant d’ouvrir la bouche.

- Je…enfin, tu….Désolée…J’pensais que tu me faisais une blague, c’est un peu bizarre quand même…Enfin…Tais-toi Emily. Tais-toi, tu ne fais qu’aggraver la situation. Essaye d’être compréhensive, rassurante plutôt que de lui dire qu’elle est bizarre. D’autant plus qu’elle le sait probablement déjà. Mais…une ombre ? De quelqu’un tu veux dire ? Tu la vois souvent ? Vraiment trop bizarre, et intrigant. Je m’efforce de rester neutre, mais un milliard de questions fourmillent dans ma tête. T’en as déjà parlé…à un adulte ? A quelqu’un ?

Forcément. Je n’étais pas la première personne à qui elle en parlait, quelle question idiote. Elle avait besoin d’aide…non ? Enfin, voir des ombres qui de toutes évidence n’existent pas, ça n’a rien de normal…C’est même très étrange, selon moi. Peut-être que l’infirmière pourrait l’aider, lui donner un remède aux plantes contre les visions bizarres. Ou peut-être qu’elle avait déjà essayé et que le problème venait d’ailleurs. Toute explication me conviendrait, tant que les ombres n’étaient pas réellement présentes avec nous en ce moment même. C’est bien la première fois que j’entends quelque chose de ce genre. Et pourtant des ragots et des histoires à dormir debout, j’en ai entendu dans les dortoirs.

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Peut-être que dire à l’enfant que je voyais des ombres,
N'était pas la meilleure idée.
Peut-être que j’aurais pu inventer.
Juste inventer.
Et on serait déjà rendue à autre chose.
Pourtant je lui ai dit.
J’ai raconté à l’enfant que je voyais des ombres.
Et la seule chose qu’elle croyait,
C’est que c’était une blague.

Lorsque je lui avais dit que ce n’était pas une blague,
Je lu dans ses yeux un quelque chose qui me laisse perplexe.
L'adolescente commence à jeter des regards inquiets autour de nous,
Qui ne fait qu’accentuer ma peur.
Elle trouve ça bizarre.
Bizarre que je vois des ombres.
Elle me demande si cette ombre appartient à quelqu'un.
J’aimerais tant lui dire.
Mais en parler ne m'aide pas.
En parler ne fait pas oublier.
J’aimerais tant.
Mais non.
Je ne sais pas vraiment ce qui me prend mais j’ouvre la bouche l’espace d’une seconde pour lui dire.
Mais une force intérieure me retient,
M’empêchant de raconter à l’enfant.
Finalement je réussis à faire sortir des mots de ma bouche :

- Oui. Une ombre. Elle danse et court partout sur les murs. Partout autour de moi. J’en ai jamais parlé à un adulte. Ils vont me croire folle. J’ai peur de leur réaction. Et puis en parler ne m’aidera pas. Car y’a pas grand monde qui la voit. Cette ombre.

Je quitte du regard l’adolescente,
Comme si je cherchais à fuir son regard intense.
Pourtant,
Ce que je veux,
C’est juste aller le retrouver.

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Je comprends que la jeune fille hésite avant de s’ouvrir à moi. Je ne ferais moi non plus confiance à quelqu’un qui me prend si peu au sérieux. Avec du recul, je me sens ridicule d’avoir pensé qu’elle me faisait une blague alors qu’elle exprimait simplement un profond mal-être. Malgré tout, elle accepte de m’en dire plus, sur cette ombre qu’elle voit. Comment l’aider ? J’aimerais être cette personne qui trouve toujours les mots justes, mais je ne le suis pas. Non pas que je sois dénuée de toute empathie, bien au contraire. Mais je suis, ou plutôt je me sens incapable de réconforter quiconque. J’ai tendance à être trop maladroite, ce qui ne fait généralement qu’aggraver les choses. Ainsi, elle n’a jamais parlé de cette ombre aux adultes. Je peux comprendre, il peut être difficile de se livrer à eux, surtout dans ce genre de cas. Dommage, c’était mon unique solution.

- Tu connais d’autres personnes qui…qui voient cette ombre ? Tu sais, un adulte pourrait peut-être t’aider, ou savoir d’où vient cette ombre… Tu la vois depuis longtemps ?

Je recule de quelque pas, jusqu’à heurter une chaise, sur laquelle je me laisse tomber. D’un signe de tête, je l’invite à me rejoindre. Elle sera mieux assise plutôt que plantée sur le seuil de la porte. Je dois me rattraper, et lui montrer qu’elle peut avoir confiance en moi. Je ne pense pas être quelqu’un de méchant, en tout cas pas intentionnellement. Je me demande cepenant quelle impression elle a pu avoir de moi. D'ailleurs maintenant que j’y pense, j’ignore qui elle est, et elle ne connaît pas non plus mon nom. Je décide donc de me présenter, espérant détendre un peu l’atmosphère, et lui changer un peu les idées.

- Au fait, j’m’appelle Emily. J’suis un petit blaireau depuis 3 ans maintenant. Et toi ?

Ma curiosité était grandissante. A quoi ressemblait exactement cette ombre ? Depuis quand la voyait-elle ? Et...pourquoi ? Il y a forcément un pourquoi, on ne peut pas voir des choses sans raison. Une célèbre sorcière a dit un jour qu'entendre des voix n'était pas bon signe, même chez les sorciers. J'ai lu ça quelque part, en préparant un devoir, et je pense qu'il en est de même pour les visions. Me sentant impuissante, je m'installe en tailleur sur ma chaise, pour finalement replier mes jambes pour les ramener contre ma poitrine. Je constate à quel point le silence peut être plus pesant encore et plus lours de sens que certains mots. J'aimerais le rompre à tout jamais, mais je me contente seulement de faire le poisson. J'ouvre la bouche, mais aucun mot n'en sort, puis je recommence encore et encore. La situation me dépasse au moins autant qu'elle m'amusait il y a encore quelques instants.

Et voilà que mon esprit divague, et je reviens à la réalité, ma réalité. Je ne vois pas d'ombres, mais celle de mon père ne cesse de hanter mon esprit, suivi, ou devrais-je dire poursuivi, de près par celle de ma mère, qui tente de l'enfermer, de le cachet, d'en faire un secret. Mon père n'est pas un secret, il mérite, a le droit d'être connu, reconnu, respecté, aimé. En tout cas, c'est ce que je fais. Ce que j'essaye de faire, car je ne le comprends plus ces temps-ci. Ce que l'on me renvoie de lui, de son souvenir, ce n'est pas lui. Mais je dois faire face, et me concentrer sur la situation actuelle, c'est à dire face à une inconnue qui voit des ombres. Une inconnue que je ne peux pas aider. Je n'ai pas les clés. Peut-être les a-t-elle, peut-être les a-t-elle oubliées, ou ne les voit-elle pas ?

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J’avais quitter le regard de l’adolescente.
Je n’aurais peut-être pas du.
Peut-être que j’aurais du rester à plonger mes yeux dans les siens.
Pour lui faire passer des messages.
Pourtant,
Ce que je sais,
C’est que mes yeux ne font passer aucun message.
Aucun sentiment.
Aucune émotion.
Rien.
C’est juste un regard vide et inexpressif.
Je retrouve son regard et répond à sa question qu’elle m’avait posée :

- Euh ... Non. Je connais personne. Ou alors ils sont comme moi. Ils en parlent pas. Un adulte ne peut pas m’aider. De toute façon, je veux pas savoir d’où elle vient ... Je ... Je la vois depuis que je suis arrivée ici.
Parce que mes souvenirs ... ils sont revenus.


L’enfant recule et m’invite à s’asseoir à ses côtés.
Je m’avance vers elle et m’assois sur une chaise.
Je ne connais pas son nom mais pourtant ça me fait plaisir de ne pas le savoir.
Comme si elle lisait dans mes pensées,
L’enfant se présente.
Elle se nomme Emily.
Elle me demande mon nom,
Je lui souris et annonce :

- J’suis Léna. J’suis en première année. Chez les aigles.

Je ne sais pas vraiment pourquoi je lui ai souris.
Peut-être que c’est pour lui faire passer ce message que je n’arrive pas à faire passer par mes yeux.
Je me demandais toujours pourquoi je lui avais parlé.
Mais j’étais contente d’avoir partagé mon secret.

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A sa connaissance, personne ne voit ces ombres. Ça ne me facilite pas la tâche, et ma volonté de trouver les mots juste n’en est que davantage affectée. D’autant plus qu’elle veut rester dans l’ignorance quant à leur origine, qui semble être liée à Poudlard et à ses souvenirs. Je plonge mon regard dans celui de la jeune fille, tentant d’y déceler quelque chose, n’importe quoi. J’aimerais avoir une illumination, comprendre subitement si elle veut en parler ou non, si je dois la questionner davantage ou me taire, si elle me fait confiance ou non. Mais rien, le bleu de ses yeux ne me dit absolument rien, peut-être est-il trop profond, peut-être la vérité est-elle trop loin de moi. Je ne veux pas prendre le risque de m’y noyer, et détourne le regard. Cependant, une once d’espoir m’envahit lorsqu’elle se présente à moi, en m’adressant un sourire. Me voilà rassurée, elle sourit. Elle ne m’en veut donc pas, du moins je l’espère, et est peut-être sur le point de réussir à penser à autre chose.

- Tes...souvenirs ?

Sitôt dit, sitôt regretté. Cela ne me regarde pas, et mon objectif était de changer de conversation...Pas de la pousser à se confier plus encore, chose qui pourrait se révéler douloureuse pour elle, et ingérable pour moi. La détourner de ces ombres au moins un instant serait un immense pas pour moi. Malheureusement, elle n’est pas très bavarde, cette Léna, en première année à Serdaigle. Le fait est que moi non plus, alors nous sommes coincées. Alors je me tais, et je fixe le cadre de la porte, silencieusement, comme je le fais souvent. Mes yeux papillonnent et finissent par se poser sur la table à côté de moi. Table sur laquelle se trouvent cinq petites craies blanches. J’ai une idée. Je sors ma baguette, d’un coup un peu trop sec, et m’empresse de jeter un œil à Léna, je ne voudrais pas qu’elle pense que je m’apprête à l’attaquer. Baguette pointée vers les craies, je me concentre et visualisant parfaitement les différentes étapes, je murmure.

- Avifors !

Le sortilège est un succès, et cinq petits oiseaux blancs virevoltent à présent sous nos yeux. Je suis plutôt fière, et en même temps, j’ai appris ce sortilège en première année…Donc heureusement que je le maîtrise. J’espère qu’elle n’est pas phobique des oiseaux, sinon, ma tentative de diversion tombe un peu à l’eau. Quel comble ce serait pour un aiglon de craindre de petites illusions d’oiseaux inoffensifs. Je reste un moment à les observer, leurs mouvements, bien qu’éphémères sont apaisants, en tout cas c’est ce que je pense.

- Ils sont plutôt beaux, non ? Bon, ce ne sont que des illusions…mais c’est déjà ça.

Je hausse les épaules, réalisant que j’aimerais beaucoup savoir faire apparaître des chats. Enfin j’ai déjà Zien, mais je ne serais pas contre trois ou quatre petites boules de poils supplémentaires. D’ailleurs je le vois peu ces temps-ci, il erre dans Poudlard, ou se réfugie sous mon lit. A ce qu’on dit, les animaux sentent quand on est un peu tristes, c’est peut-être ça. Et visiblement je n’ai pas un chat très empathique. Comme si les pensées de mon chat avaient effrayé les oiseaux, ils tombent en poussière, me faisant éternuer au passage. J’éclate de rire, ma robe de sorcier est couverte de poussière de craie, et les oiseaux se sont évanouis dans les ténèbres, génial.

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Peut-être que j’aurais pu faire autre chose,
Plutôt que d’utiliser des métaphores qui ne servent à rien.
Peut-être que j’aurais mieux fait de me taire et laisser un silence s’installer,
Un silence apaisant et lourd.

J’essaie de soupeser le regard de l’adolescente,
Un regard curieux et intense.
Elle plonge son regard dans le mien,
Elle semble chercher quelque chose.
D’avance, je sais qu’elle ne le trouvera pas.
Car je connais mon regard,
Je sais bien qu’il est cache aucun secret,
Que tout est bien plus profond.
Tout ce que je cherche est enfouie au fond de moi,
Dans un lieu qui m’est inaccessible,
Qui sait s’il existe vraiment,
Ce lieu qui me permettra de comprendre.
J’entends un léger murmure,
Je croyais que c’était le vent avant de comprendre que c’était la fille, Emily.
Je hoche la tête sans quitter son regard.

- Oui, mes souvenirs. Tu sais quoi, c’était une bêtise, laisse tomber.

Je baisse les yeux au sol,
C’était bien trop dur de soutenir un regard bien plus puissant que tu ne l’es.
La jeune adolescente sort sa baguette,
Il me suffit d’un instant pour comprendre qu’elle veut me montrer quelque chose,
Elle désigne des craies et prononce un mot qui m’était inconnu jusque là.
A cet instant,
J’aperçois quelques oiseaux.
J’essaie d’afficher un sourire mais je n’y arrive pas,
Sans m’en rendre compte je recherche le regard de la fille pour essayer de lui faire comprendre que c’est réussi.
Mais j’ai peur qu’elle ne voit rien, dans mon regard.

- Je ... Bravo. C’était réussi, enfin je crois j’avais jamais vu ce sort avant. Oui ils sont beaux tes oiseaux.

Je jette un regard aux oiseaux,
Quand je regarde à nouveau l’enfant,
J’entends un rire sortir de ses lèvres,
Etonnée, j’ai d'abord l’impression qu’elle se moque de moi ...

- J’ai fait une bêtise ?

Je n’entend pas bien ma voix,
J’ai peur qu’elle soit sèche alors sans vraiment bouger je m’excuse.

- Pardon ...

Je fuis le regard de l’enfant à la recherche des oiseaux,
Pourtant mon regard s’attarde sur du vide,
Ils ont disparu,
Me laissant à nouveau seule,
Le regard perdu dans celui de l’enfant ...

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