Piège de pierre
23 février 2046
Couloirs — Poudlard
5ème année
Un tremblement familier m’arrache à mes pensées. Habituée, je m’agrippe à la rambarde et m’immobilise, une grimace au coin des lèvres. L’escalier sur lequel je me trouve en horrible compagnie d’une dizaine d’autres étudiants s’élève dans les airs. Sans que je ne puisse rien y faire, mon regard accroche celui de Zikomo qui a déjà atteint le palier et qui n’a pas le temps de sauter pour me rejoindre. J’ai déjà vécu cette situation plusieurs fois ; décidément, il n’apprendra jamais qu’il lui faut rester sur mon épaule quand nous sommes sur les escaliers. De fait, le voilà qui dresse un museau dépité vers moi, réduit à me regarder m’éloigner dans les airs à cause des caprices d’un château aussi vieux qui lui.
Nyakane qui volait au-dessus du Mngwi revient vers moi en effectuant une jolie figure aérienne. La lumière traverse son corps spectral et m’éblouit brièvement lorsque je lève les yeux vers lui. À son air, je devine qu’il va me parler. Je préfère le devancer :
« Va l’retrouver, lui jeté-je sur un ton morne, je sais que tu en meurs d’envie. »
Zikomo et lui ont de toute façon tant de souvenirs à se remémorer et de choses à se dire. On pourrait croire qu’après cinq mois de cohabitation leurs sujets de conversation m’excluant se feraient plus rares mais c’est tout le contraire qui arrive : un sujet en amène toujours un autre. Après tout, ces deux-là sont tellement vieux qu’ils auront toujours plus de choses à se dire que moi j’en ai à leur dire. Je sais bien qu’ils préfèrent être tous les deux, sans moi — même si Zik prétend le contraire. Et puis de toute façon, je ne reste que très rarement toute seule avec le Serpentaire, pour ne pas dire jamais. Il y a toujours le Mngwi avec nous, ou Thalia avant. Pendant nos entraînements, il n’y a parfois que nous deux mais il a alors le statut d’enseignant et moi celui d’élève, c’est différent. Que pourrons-nous nous dire s’il reste ici avec moi ? Nous discuterons de mes cours, de nos entraînements, d’Erza ? Non, je parie que nous resterons silencieux, tous gênés l’un par l’autre. Et dire qu’Erza voulait que nous soyons amis. Moi, je n’y arrive pas.
Finalement, Nyakane ne dit rien et repart dans un bruissement d’ailes en direction du palier sur lequel j’aperçois Zikomo qui se fait de plus en plus petit. Mon coeur se serre mais je l’ignore. Ce n’est pas comme si je n’avais pas accepté depuis longtemps être incapable de satisfaire Erza en devant amie avec son Serpentaire de Messager des rêves. Il y a des choses bien plus importantes dans la vie.
Un soupir aux lèvres, je me détourne, m’accoude à la rambarde et laisse mon regard se perdre sur les murs du château qui défilent. C’est bien ma veine de me retrouver coincée sur un fichu escalier à ce moment de la journée. Heureusement, il n’y a pas grand monde avec moi mais j’ai mieux à faire qu’attendre que ce morceau de château me ramène à bon port. J’ai beau adorer Poudlard, parfois la vieille bâtisse me met hors de moi.
La tête lourdement appuyée contre la paume de ma main, je laisse mes yeux se balader sur le visage des quelques Autres qui m’entourent. Certains rient, d’autres discutent calmement comme si tout était normal. Il y a même un gamin, certainement un première année, qui a l’air si angoissé que je ne peux qu’être persuadée que c’est la première fois qu’il se retrouve sur un escalier volant — cette vision me fait sourire ; Merlin, ce que les enfants sont naïfs et ennuyeux. Mes yeux voltigent de visage en visage jusqu’à ce que… *J’y crois pas !*. Mes sourcils se dressent lorsque je reconnais la fameuse Aliénor Delphillia. Sur tous les escaliers de Poudlard et sur tous les moments où j’aurais pu me retrouver bloquée de la sorte, il a fallut que ça m’arrive en présence de Delphillia. C’est très ironique. Et légèrement agaçant — mais tout ce qui concerne cette fille l’est, après tout, je ne sais pas très bien pourquoi.
Je n’ai pas reparlé à la Poufsouffle depuis que nous nous sommes croisées au match opposant les Flèches d'Appleby au Club de Flaquemare, à mon plus grand bonheur. Mais aujourd’hui elle est là, pas loin. Moi aussi je suis là, pour une fois, vraiment là. Je ne suis pas préoccupée, je ne suis pas en colère, je ne suis pas en quête de quelque chose, je ne fuis rien du tout. Je suis juste là. Et mon moi actuel a envie de me confronter à cette fille.
« Y’a des dizaines d’escaliers dans ce château, commencé-je en levant les yeux pour feindre observer autour de moi, et il a fallut qu’on se retrouve coincées sur le même. » Je tourne la tête vers elle. « C’est pas d’chance, hein, Delphillia ? »
Couloirs — Poudlard
5ème année
Un tremblement familier m’arrache à mes pensées. Habituée, je m’agrippe à la rambarde et m’immobilise, une grimace au coin des lèvres. L’escalier sur lequel je me trouve en horrible compagnie d’une dizaine d’autres étudiants s’élève dans les airs. Sans que je ne puisse rien y faire, mon regard accroche celui de Zikomo qui a déjà atteint le palier et qui n’a pas le temps de sauter pour me rejoindre. J’ai déjà vécu cette situation plusieurs fois ; décidément, il n’apprendra jamais qu’il lui faut rester sur mon épaule quand nous sommes sur les escaliers. De fait, le voilà qui dresse un museau dépité vers moi, réduit à me regarder m’éloigner dans les airs à cause des caprices d’un château aussi vieux qui lui.
Nyakane qui volait au-dessus du Mngwi revient vers moi en effectuant une jolie figure aérienne. La lumière traverse son corps spectral et m’éblouit brièvement lorsque je lève les yeux vers lui. À son air, je devine qu’il va me parler. Je préfère le devancer :
« Va l’retrouver, lui jeté-je sur un ton morne, je sais que tu en meurs d’envie. »
Zikomo et lui ont de toute façon tant de souvenirs à se remémorer et de choses à se dire. On pourrait croire qu’après cinq mois de cohabitation leurs sujets de conversation m’excluant se feraient plus rares mais c’est tout le contraire qui arrive : un sujet en amène toujours un autre. Après tout, ces deux-là sont tellement vieux qu’ils auront toujours plus de choses à se dire que moi j’en ai à leur dire. Je sais bien qu’ils préfèrent être tous les deux, sans moi — même si Zik prétend le contraire. Et puis de toute façon, je ne reste que très rarement toute seule avec le Serpentaire, pour ne pas dire jamais. Il y a toujours le Mngwi avec nous, ou Thalia avant. Pendant nos entraînements, il n’y a parfois que nous deux mais il a alors le statut d’enseignant et moi celui d’élève, c’est différent. Que pourrons-nous nous dire s’il reste ici avec moi ? Nous discuterons de mes cours, de nos entraînements, d’Erza ? Non, je parie que nous resterons silencieux, tous gênés l’un par l’autre. Et dire qu’Erza voulait que nous soyons amis. Moi, je n’y arrive pas.
Finalement, Nyakane ne dit rien et repart dans un bruissement d’ailes en direction du palier sur lequel j’aperçois Zikomo qui se fait de plus en plus petit. Mon coeur se serre mais je l’ignore. Ce n’est pas comme si je n’avais pas accepté depuis longtemps être incapable de satisfaire Erza en devant amie avec son Serpentaire de Messager des rêves. Il y a des choses bien plus importantes dans la vie.
Un soupir aux lèvres, je me détourne, m’accoude à la rambarde et laisse mon regard se perdre sur les murs du château qui défilent. C’est bien ma veine de me retrouver coincée sur un fichu escalier à ce moment de la journée. Heureusement, il n’y a pas grand monde avec moi mais j’ai mieux à faire qu’attendre que ce morceau de château me ramène à bon port. J’ai beau adorer Poudlard, parfois la vieille bâtisse me met hors de moi.
La tête lourdement appuyée contre la paume de ma main, je laisse mes yeux se balader sur le visage des quelques Autres qui m’entourent. Certains rient, d’autres discutent calmement comme si tout était normal. Il y a même un gamin, certainement un première année, qui a l’air si angoissé que je ne peux qu’être persuadée que c’est la première fois qu’il se retrouve sur un escalier volant — cette vision me fait sourire ; Merlin, ce que les enfants sont naïfs et ennuyeux. Mes yeux voltigent de visage en visage jusqu’à ce que… *J’y crois pas !*. Mes sourcils se dressent lorsque je reconnais la fameuse Aliénor Delphillia. Sur tous les escaliers de Poudlard et sur tous les moments où j’aurais pu me retrouver bloquée de la sorte, il a fallut que ça m’arrive en présence de Delphillia. C’est très ironique. Et légèrement agaçant — mais tout ce qui concerne cette fille l’est, après tout, je ne sais pas très bien pourquoi.
Je n’ai pas reparlé à la Poufsouffle depuis que nous nous sommes croisées au match opposant les Flèches d'Appleby au Club de Flaquemare, à mon plus grand bonheur. Mais aujourd’hui elle est là, pas loin. Moi aussi je suis là, pour une fois, vraiment là. Je ne suis pas préoccupée, je ne suis pas en colère, je ne suis pas en quête de quelque chose, je ne fuis rien du tout. Je suis juste là. Et mon moi actuel a envie de me confronter à cette fille.
« Y’a des dizaines d’escaliers dans ce château, commencé-je en levant les yeux pour feindre observer autour de moi, et il a fallut qu’on se retrouve coincées sur le même. » Je tourne la tête vers elle. « C’est pas d’chance, hein, Delphillia ? »
Piège de pierre
Monter, descendre, remonter, redescendre… Au fond les habitant du château devaient monter des centaines et des centaines de marches par jour et ce dans des escaliers qui décidaient parfois de changer leur direction et parfois même d’étage. Quelques fois ce mouvement avait été favorable à la quatrième année, souvent il lui avait fait faire des détours plus improbables les uns que les autres. Mais cette fois, à peine eut-elle posé le pied sur l’escalier que celui-ci trembla avant de s’élever. Aliénor, encore au bord, la main posée sur la rambarde ferma les yeux et soupira alors que le groupe d’élèves prenait de la hauteur.
Les réactions qu’elle entendit derrière ses paupières closes lui indiquèrent qu’il devait y avoir un duo d’année élevée qui discutait mais pour la plupart ils devaient être assez jeunes. Un cri de surprise d’une fille et un garçon qui demanda ce qu’il se passait alors que son ami, étrangement excité lui répondait qu’il en avait déjà entendu parler. Il y avait certainement quelques personnes restant stoïques comme elle ce qu’elle remarqua quand elle ouvrit les yeux. En plus d’un gamin accroupi qui semblait sortir droit d’un asile. Bien. Une belle bande de bras cassés.
Elle monta d’une marche pour ne pas rester totalement au bord, non pas qu’elle ait le vertige, mais elle ne tenait pas à mourir non plus. Elle compta les étages et à peine eut-elle le temps de penser 2 qu’une voix, qu’elle connaissait que trop bien l’interpella.
-Bristyle… Toujours un plaisir de discuter avec toi.
Elle daigna enfin lever les yeux de la pierre des murs qui les encerclait et les poser sur son ainée. Ses sourcils se froncèrent, elle n’était pas accompagnée d’esprits bleus aujourd’hui ? Ça aurait été drôle pourtant de les voir se moquer des élèves par leur agilité et leur vol incessant.
Le gamin au sol semblait chercher du soutien moral et son regard se posa sur la batteuse de manière trop insistante. Aliénor ? Aider un pauvre petit en lui donnant réconfort et amour ? Non.
Elle se pencha pour lui chuchoter de manière peu discrète :
-Tu sais, certains sont tombés des escaliers et se sont écrasés au sol. On dit même que certains volent pour toujours jusqu’au plafond et ne redescendent jamais. J’espère que t’as dit au revoir à tes amis…
Elle se redressa esquissant un fin sourire et se tournant vers la seule personne qu’elle connaissait sur cet escalier, Aelle. Au combien elle n’aimait pas cette fille, regarder les étages se succéder avait une limite de divertissement.
-Ils sont trop mous les premières années, faut les endurcir un peu.
Le regard de la jeune Delphillia s’accrocha à un étage, le sien, celui où elle devait se rendre et elle vit l’escalier continuer sa route avec une lenteur qui pourrait faire croire qu’il se foutait d’elle. Elle espérait qu’elle ne venait pas de gagner un aller simple pour la tour de divination ou d’astronomie…
Les réactions qu’elle entendit derrière ses paupières closes lui indiquèrent qu’il devait y avoir un duo d’année élevée qui discutait mais pour la plupart ils devaient être assez jeunes. Un cri de surprise d’une fille et un garçon qui demanda ce qu’il se passait alors que son ami, étrangement excité lui répondait qu’il en avait déjà entendu parler. Il y avait certainement quelques personnes restant stoïques comme elle ce qu’elle remarqua quand elle ouvrit les yeux. En plus d’un gamin accroupi qui semblait sortir droit d’un asile. Bien. Une belle bande de bras cassés.
Elle monta d’une marche pour ne pas rester totalement au bord, non pas qu’elle ait le vertige, mais elle ne tenait pas à mourir non plus. Elle compta les étages et à peine eut-elle le temps de penser 2 qu’une voix, qu’elle connaissait que trop bien l’interpella.
-Bristyle… Toujours un plaisir de discuter avec toi.
Elle daigna enfin lever les yeux de la pierre des murs qui les encerclait et les poser sur son ainée. Ses sourcils se froncèrent, elle n’était pas accompagnée d’esprits bleus aujourd’hui ? Ça aurait été drôle pourtant de les voir se moquer des élèves par leur agilité et leur vol incessant.
Le gamin au sol semblait chercher du soutien moral et son regard se posa sur la batteuse de manière trop insistante. Aliénor ? Aider un pauvre petit en lui donnant réconfort et amour ? Non.
Elle se pencha pour lui chuchoter de manière peu discrète :
-Tu sais, certains sont tombés des escaliers et se sont écrasés au sol. On dit même que certains volent pour toujours jusqu’au plafond et ne redescendent jamais. J’espère que t’as dit au revoir à tes amis…
Elle se redressa esquissant un fin sourire et se tournant vers la seule personne qu’elle connaissait sur cet escalier, Aelle. Au combien elle n’aimait pas cette fille, regarder les étages se succéder avait une limite de divertissement.
-Ils sont trop mous les premières années, faut les endurcir un peu.
Le regard de la jeune Delphillia s’accrocha à un étage, le sien, celui où elle devait se rendre et elle vit l’escalier continuer sa route avec une lenteur qui pourrait faire croire qu’il se foutait d’elle. Elle espérait qu’elle ne venait pas de gagner un aller simple pour la tour de divination ou d’astronomie…
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Piège de pierre
Mes sourcils se dressent sur mon front lorsque Delphillia profère un mensonge bien plus gros qu’elle. Je lève les yeux vers le plafond, me demandant si le garçon va vraiment croire à ce qu’elle raconte. À voir son air apeuré, c’est effectivement le cas. Un rictus moqueur me tord les lèvres. C’est vrai, les premières années sont si crédules. On pourrait mettre cela sur le compte de l’âge mais je préfère croire qu’ils sont seulement idiots. Et dire que j’étais si différente d’eux, à onze ans. Déjà, je n’étais ni innocente, ni naïve. Mais il faut aussi dire que j’étais bien plus intelligente et débrouillarde — et je connaissais le château, moi, mes frères et Maman m’ont tout raconté avant que je n’arrive à l’école, et j’avais évidemment lu L’histoire de Poudlard. Ce gamin n’a pas lu L’histoire de Poudlard. Quelle erreur.
« T’as raison, dis-je à Delphillia, mais c’est pas les mensonges qui endurcissent, que je sache. »
Les Autres utilisent le mensonge sans aucune intelligence. Mentir, c’est tout un art. Il faut que cela serve à quelque chose. Mentir pour mentir, c’est comme parler pour parler. En plus d’être inutile, c’est agaçant.
Je baisse les yeux sur le première année et l’observe quelques secondes en me demandant s'il vaut la peine que je rétablisse la vérité. Finalement, je décide que oui. Il faut toujours remettre les choses à leur place et dire que des élèves volent dans les airs jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce n’est pas la vérité.
« C’est pas vrai, hein. Pour qu’ils volent pour toujours jusqu’au plafond, 'faudrait qu’y ait un sortilège pour ça, là, au-dessus d’nous. Mais c’est pas le cas et ça n’a jamais été le cas. »
*Elle voulait p’t-être s’foutre de lui*, songé-je avec un temps de retard en jetant un regard à Delphillia. Cela m’étonne un peu, je ne la connaissais pas ce trait de caractère. En même temps, il faut dire que je ne la connais pas, cette fille. Tout ce que je sais d'elle, c’est qu’elle est bornée, qu’elle a un caractère de merde et qu’elle n’a aucun contrôle sur elle-même — ma joue s’en souvient douloureusement. Je ne lui ai jamais pardonné de m’avoir frappé, ce jour-là. Tout comme je ne me suis jamais pardonnée de ne pas lui avoir rendu son coup.
« Par contre, continué-je d’une voix guillerette, tu peux tomber des escaliers alors reste pas trop au bord, j’doute que qui que ce soit ici soit capable de te rattraper. Enfin, si, moi j’pourrais, avoué-je parce que c’est la vérité, mais j’ai pas envie de me fatiguer en jetant un sortilège inutile. »
Évidemment, si cet abruti chute je lancerai le sortilège adéquat pour ne pas qu’il s’écrase la tronche sur le sol, en bas. Je n’ai pas envie d’avoir sur la conscience la mort d’un première année — certains seraient capables de me le reprocher. Mais le garçon n’a pas à le savoir. Qui sait, s’il se doute de mon talent il pourrait s’amuser à sauter dans le vide. Avec les gamins, on ne sait jamais. Krissel s’amusait toujours à me pousser à bout quand nous étions toutes deux enfants. Elle le faisait exprès pour m’emmerder. Les enfants sont tous les mêmes.
Ne pouvant m’en empêcher, je me tords la nuque pour regarder le palier sur lequel Zikomo se trouvait. Je ne vois plus aucune tache bleue, là-bas, et aucune trace non plus du Serpentaire. Mon coeur se serre. *’Sont partis*. Cette pensée m’agace. Bien sûr qu’ils sont partis ! Ils n’allaient pas m’attendre, cela aurait été inutile puisqu’il n’y a aucune chance pour que l’escalier me dépose au même endroit. Mais tout de même… Moi, j’aurais aimé qu’ils m’attendent. Et comme c’est inacceptable de souhaiter une telle chose, je me fais le plaisir d’enterrer mes pensées et de faire comme si elles n’avaient jamais existé.
« T’as raison, dis-je à Delphillia, mais c’est pas les mensonges qui endurcissent, que je sache. »
Les Autres utilisent le mensonge sans aucune intelligence. Mentir, c’est tout un art. Il faut que cela serve à quelque chose. Mentir pour mentir, c’est comme parler pour parler. En plus d’être inutile, c’est agaçant.
Je baisse les yeux sur le première année et l’observe quelques secondes en me demandant s'il vaut la peine que je rétablisse la vérité. Finalement, je décide que oui. Il faut toujours remettre les choses à leur place et dire que des élèves volent dans les airs jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce n’est pas la vérité.
« C’est pas vrai, hein. Pour qu’ils volent pour toujours jusqu’au plafond, 'faudrait qu’y ait un sortilège pour ça, là, au-dessus d’nous. Mais c’est pas le cas et ça n’a jamais été le cas. »
*Elle voulait p’t-être s’foutre de lui*, songé-je avec un temps de retard en jetant un regard à Delphillia. Cela m’étonne un peu, je ne la connaissais pas ce trait de caractère. En même temps, il faut dire que je ne la connais pas, cette fille. Tout ce que je sais d'elle, c’est qu’elle est bornée, qu’elle a un caractère de merde et qu’elle n’a aucun contrôle sur elle-même — ma joue s’en souvient douloureusement. Je ne lui ai jamais pardonné de m’avoir frappé, ce jour-là. Tout comme je ne me suis jamais pardonnée de ne pas lui avoir rendu son coup.
« Par contre, continué-je d’une voix guillerette, tu peux tomber des escaliers alors reste pas trop au bord, j’doute que qui que ce soit ici soit capable de te rattraper. Enfin, si, moi j’pourrais, avoué-je parce que c’est la vérité, mais j’ai pas envie de me fatiguer en jetant un sortilège inutile. »
Évidemment, si cet abruti chute je lancerai le sortilège adéquat pour ne pas qu’il s’écrase la tronche sur le sol, en bas. Je n’ai pas envie d’avoir sur la conscience la mort d’un première année — certains seraient capables de me le reprocher. Mais le garçon n’a pas à le savoir. Qui sait, s’il se doute de mon talent il pourrait s’amuser à sauter dans le vide. Avec les gamins, on ne sait jamais. Krissel s’amusait toujours à me pousser à bout quand nous étions toutes deux enfants. Elle le faisait exprès pour m’emmerder. Les enfants sont tous les mêmes.
Ne pouvant m’en empêcher, je me tords la nuque pour regarder le palier sur lequel Zikomo se trouvait. Je ne vois plus aucune tache bleue, là-bas, et aucune trace non plus du Serpentaire. Mon coeur se serre. *’Sont partis*. Cette pensée m’agace. Bien sûr qu’ils sont partis ! Ils n’allaient pas m’attendre, cela aurait été inutile puisqu’il n’y a aucune chance pour que l’escalier me dépose au même endroit. Mais tout de même… Moi, j’aurais aimé qu’ils m’attendent. Et comme c’est inacceptable de souhaiter une telle chose, je me fais le plaisir d’enterrer mes pensées et de faire comme si elles n’avaient jamais existé.
Piège de pierre
Une petite blague, ce n’était qu’une petite blague et visiblement Aelle n’avait pas trouvé d’humour depuis les vacances et leur rencontre lors du match de Quidditch… Aliénor soupira en levant les yeux au ciel alors qu’elle expliquait au garçon qu’il ne risquait pas de se prendre le plafond. De suite crier au mensonge… Parce que Madame était parfaite et ne mentait qu’en cas d’extrême urgence ? Elle ne faisait jamais de farces ? La vie de la jeune Delphillia était remplie de blagues stupides que cette fille sans humour qualifierait de mensonges. A commencer par l’esprit des marais des dortoirs. La Poufsouffle se laissa tomber sur les marches posant son postérieur sur la pierre froide. C’est alors qu’elle reconnecta avec ce que disait sa camarade de maison. Ah… Lui expliquer qu’il pouvait tomber à tout moment et que personne n’aurait l’amabilité de l’aider ça c’était drôle aussi ! Mais alors ? Aliénor fronça les sourcils sans comprendre cette fille. Elle lui reproche des choses pour faire la même chose après ? Elle secoua la tête de gauche à droite avant de poser son coude sur ses genoux et planter son menton dans sa paume un air las sur le visage.
C’est alors que le première année tourna les yeux vers elle. Elle arqua un sourcil el croisant son regard visiblement interrogatif. Il devait se demander pourquoi elle avait dit ça, et bien pour la simple raisons que sa réaction allait être drôle, il n’y en avait pas d’autre. Et pour l’endurcir aussi, trop l’habitude d’avoir tout, tout cuit dans la bouche ces nouveaux.
-Qu’es t’as ? Si t’es assez débile pour croire que les profs laisseraient des enfants mourir écrasés contre le plafond c’est pas ma faute.
Aliénor détourna le regard pour le lever vers Aelle. Elle lui aurait bien envoyé une pique si elle ne surprit pas son regard trainer vers le bas, du moins quelques étages plus bas alors que leur escalier semblait déterminé à les mener au 7ème ciel. Aliénor tourna la tête, observant entre les rambardes pour apercevoir ce qui pouvait attirer son attention mais elle ne vit rien. Du moins rien n’attira son attention, il y avait peut-être son petit ami là en bas elle n’en savait rien.
-Qu’es tu regarde Bristyle ? T’as fait tomber ton humour ?
Bon ben au moins elle avait placé sa pique en même temps. Ses yeux volèrent jusqu’au visage de la cinquième année, rempli d’une certaine curiosité alors que son cerveau cherchait des réponses. Il n’y avait rien de spécial et « rien de spécial » ça n’attirait pas l’attention, encore moins l’attention d’Aelle Bristyle, du moins de ce qu’elle en savait. Après il y avait encore des tas de zones d’ombre sur qui était exactement Aelle Bristyle, le mur de fumée…
C’est alors que le première année tourna les yeux vers elle. Elle arqua un sourcil el croisant son regard visiblement interrogatif. Il devait se demander pourquoi elle avait dit ça, et bien pour la simple raisons que sa réaction allait être drôle, il n’y en avait pas d’autre. Et pour l’endurcir aussi, trop l’habitude d’avoir tout, tout cuit dans la bouche ces nouveaux.
-Qu’es t’as ? Si t’es assez débile pour croire que les profs laisseraient des enfants mourir écrasés contre le plafond c’est pas ma faute.
Aliénor détourna le regard pour le lever vers Aelle. Elle lui aurait bien envoyé une pique si elle ne surprit pas son regard trainer vers le bas, du moins quelques étages plus bas alors que leur escalier semblait déterminé à les mener au 7ème ciel. Aliénor tourna la tête, observant entre les rambardes pour apercevoir ce qui pouvait attirer son attention mais elle ne vit rien. Du moins rien n’attira son attention, il y avait peut-être son petit ami là en bas elle n’en savait rien.
-Qu’es tu regarde Bristyle ? T’as fait tomber ton humour ?
Bon ben au moins elle avait placé sa pique en même temps. Ses yeux volèrent jusqu’au visage de la cinquième année, rempli d’une certaine curiosité alors que son cerveau cherchait des réponses. Il n’y avait rien de spécial et « rien de spécial » ça n’attirait pas l’attention, encore moins l’attention d’Aelle Bristyle, du moins de ce qu’elle en savait. Après il y avait encore des tas de zones d’ombre sur qui était exactement Aelle Bristyle, le mur de fumée…
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Piège de pierre
Lorsqu’elle s’adresse au première année, mon regard retrouve le chemin vers Delphillia. Sans trop savoir pourquoi, un sourcil se dresse sur mon front. Elle a l’air de mauvaise humeur. Les mots qui s’échappent de sa bouche sont comme des piques et même moi je vois qu’elles sont destinées à blesser ceux qui sont visés. C’est assez intriguant comme façon de faire. Heureusement, le première année étant ce qu’il est, ce n’est pas lui qui va répliquer et n’existe donc pas le risque que j’assiste à une dispute qui me fatiguerait plus qu’autre chose. Je n’ai pas envie de me fatiguer avec les bêtises des autres.
C’est sans compter les fameuses piques de Delphillia qui, une seconde plus tard, se retournent contre moi. Je mets quelques secondes à comprendre ce que ses mots signifient et encore quelques secondes de plus pour comprendre qu’elle se fout de ma gueule. Son regard est braqué sur moi et ça me dérange. Des yeux comme les siens, ce n’est pas normal. Un marron, un bleu. Quelle idée d’avoir un tel regard ! Comme à chaque fois, je ne sais pas lequel regarder. Le marron, le bleu ? Alors je passe de l’un à l’autre et de l’autre à l’un en essayant de ne pas avoir l’air en pleine hésitation.
Delphillia n’est pas une personne qui réveille spécialement mon intérêt. Elle se contente d’être là, pas très intéressante la plupart du temps. Joueuse de Quiddich, pas assez intelligente pour que je lui réserve un regard différent de celui que je réserve à tous les Autres. Elle est toujours de mauvaise humeur, prête à sauter à la gorge des autres. J’ai l’impression qu’elle agit à l’instinct. C’est une chose que je n’aime vraiment pas. Elle agit sans réfléchir. Comme la fois où elle m’a claqué. Certes, je n’aime vraiment pas ça. Mais ce n'est pas comme avec Morrow. Elle ne réveille pas ma grande colère, Delphillia. Et quand je dis qu’elle ne réveille pas mon intérêt, c’est un mensonge. Le fait est que Delphillia est une personne que je ne comprends absolument pas. Mais je suis persuadée d’une chose : moi et elle, on est pas fait pour s’entendre. Il y a quelque chose d’incompatible entre nous. Un truc qui déraille, qui ne fonctionne pas. C’est évident, c’est inchangeable, c’est un fait. C’est peut-être pour cela que je me sens presque à l’aise avec elle. Il n’y a rien qui se cache entre nous, aucune pensée secrète, aucun plan foireux, aucune émotion bouleversante, rien du tout. C’est limpide : il n’y a rien. C’est presque agréable. Je peux être moi-même avec elle. Sans ne rien cacher, sans ne rien retenir. N’est-ce pas ?
Certes.
Je me tourne carrément vers elle. Si j’ai laissé tomber mon humour ? Parce qu’il y avait de quoi rire dans les dernières paroles que nous avons échangé ? Et puis croit-elle réellement que ce que je regarde l’intéresse ? Comme si j’allais répondre : « Je voulais voir si Zikomo et Nyakane m’ont attendu. Ce n’est pas le cas, je suis vraiment triste. ».
« Est-ce que ça te regarde ? » Je fronce les sourcils, repensant à la pique désagréable qu’elle m’a lancé. « C’est quoi ton problème, Delphillia ? T’es d’mauvaise humeur alors tu fais chier tout le monde ? Y’a des moyens plus sympas de se défouler, crois-moi. »
Oh oui, comme frapper dans un mur, hurler, se défouler en balançant des sortilèges à tout-va, envoyer ses phalanges dans la tronche de quelqu’un, ce genres de choses, quoi. Pour Delphillia, batteuse de l’équipe de notre Maison, la définition de se défouler consiste certainement à frapper dans un cognard. Merlin, c’est tellement banal. Mais ça doit être agréable, de frapper de toutes ses forces dans la balle et de la voir voler à l’autre bout du terrain… Ça manque un peu de défi pour moi, c’est un peu simple, un peu trop facile. Il n'y a pas de combat, pas de lutte. C'est juste un coup, seulement de la violence, personne ne souffre ; c'est frustrant.
C’est sans compter les fameuses piques de Delphillia qui, une seconde plus tard, se retournent contre moi. Je mets quelques secondes à comprendre ce que ses mots signifient et encore quelques secondes de plus pour comprendre qu’elle se fout de ma gueule. Son regard est braqué sur moi et ça me dérange. Des yeux comme les siens, ce n’est pas normal. Un marron, un bleu. Quelle idée d’avoir un tel regard ! Comme à chaque fois, je ne sais pas lequel regarder. Le marron, le bleu ? Alors je passe de l’un à l’autre et de l’autre à l’un en essayant de ne pas avoir l’air en pleine hésitation.
Delphillia n’est pas une personne qui réveille spécialement mon intérêt. Elle se contente d’être là, pas très intéressante la plupart du temps. Joueuse de Quiddich, pas assez intelligente pour que je lui réserve un regard différent de celui que je réserve à tous les Autres. Elle est toujours de mauvaise humeur, prête à sauter à la gorge des autres. J’ai l’impression qu’elle agit à l’instinct. C’est une chose que je n’aime vraiment pas. Elle agit sans réfléchir. Comme la fois où elle m’a claqué. Certes, je n’aime vraiment pas ça. Mais ce n'est pas comme avec Morrow. Elle ne réveille pas ma grande colère, Delphillia. Et quand je dis qu’elle ne réveille pas mon intérêt, c’est un mensonge. Le fait est que Delphillia est une personne que je ne comprends absolument pas. Mais je suis persuadée d’une chose : moi et elle, on est pas fait pour s’entendre. Il y a quelque chose d’incompatible entre nous. Un truc qui déraille, qui ne fonctionne pas. C’est évident, c’est inchangeable, c’est un fait. C’est peut-être pour cela que je me sens presque à l’aise avec elle. Il n’y a rien qui se cache entre nous, aucune pensée secrète, aucun plan foireux, aucune émotion bouleversante, rien du tout. C’est limpide : il n’y a rien. C’est presque agréable. Je peux être moi-même avec elle. Sans ne rien cacher, sans ne rien retenir. N’est-ce pas ?
Certes.
Je me tourne carrément vers elle. Si j’ai laissé tomber mon humour ? Parce qu’il y avait de quoi rire dans les dernières paroles que nous avons échangé ? Et puis croit-elle réellement que ce que je regarde l’intéresse ? Comme si j’allais répondre : « Je voulais voir si Zikomo et Nyakane m’ont attendu. Ce n’est pas le cas, je suis vraiment triste. ».
« Est-ce que ça te regarde ? » Je fronce les sourcils, repensant à la pique désagréable qu’elle m’a lancé. « C’est quoi ton problème, Delphillia ? T’es d’mauvaise humeur alors tu fais chier tout le monde ? Y’a des moyens plus sympas de se défouler, crois-moi. »
Oh oui, comme frapper dans un mur, hurler, se défouler en balançant des sortilèges à tout-va, envoyer ses phalanges dans la tronche de quelqu’un, ce genres de choses, quoi. Pour Delphillia, batteuse de l’équipe de notre Maison, la définition de se défouler consiste certainement à frapper dans un cognard. Merlin, c’est tellement banal. Mais ça doit être agréable, de frapper de toutes ses forces dans la balle et de la voir voler à l’autre bout du terrain… Ça manque un peu de défi pour moi, c’est un peu simple, un peu trop facile. Il n'y a pas de combat, pas de lutte. C'est juste un coup, seulement de la violence, personne ne souffre ; c'est frustrant.
Piège de pierre
La jeune Delphillia soupira, lasse des mots de son ainée et de cet escalier qui ne cessait de monter. A tous les coups il allait les lâcher au niveau de la salle de divination… Elle baissa les yeux les arrachant à la contemplation du visage de sa camarade Poufsouffle. Elle était de mauvaise humeur ? Oui… Beaucoup trop souvent d’ailleurs et elle était devenue insolente. Elle testait les autres, mais pas de la même façon qu’avant. Plus piquant, plus méchant, plus dur. Elle était plus dure, que ce soit avec elle-même ou avec les autres. Mais la question devait se poser, pourquoi faisait-elle ça? Elle qui pourtant c’était attelé durant les premiers mois à recoller les morceaux avec ceux qu’elle avait abandonné, qui prenait des cours particuliers en sortilèges. Mais quoi qu’elle fasse, ce n’était pas assez. Elle s’entrainait tous les soirs, courir, frapper, jouer au quidditch, juste voler ou jouer à l’équilibriste sur son balai avant de se revoir avec Jacob pour tester le surf. Et au combien son corps c’était affuté, au combien elle avait gagné de la force, ce n’était jamais assez. A croire qu’elle ne faisait ça que pour se punir, qu’elle s’interdisait d’être fière d’elle. Et en même temps quand on regardait, à quoi bon ? Durant les matchs de quidditch, elle était le boulet de l’équipe, malgré toutes ces années.
-Laisse tomber Bristyle, tu comprendrais pas.
Après tout qu’est-ce qu’elle connaissait de la vie elle ? Elle vivait dans ses livres compliqués, dans ses paroles recherchés et ne comprenait et ne trainait qu’avec des êtres bleus assez étranges même si eux savaient écouter les autres. Assise sur les marches de pierre, elle en avait marre, juste marre, elle avait envie de s’échapper, de sauter sur le prochain palier. Mais au combien elle avait gagné en forme physique, elle en était bien incapable et la chute risquerait de faire très mal. Le gamin semblait regarder ses pieds dans un mélange d’inquiétude et de contrôle de soi.
-Pourquoi faut-il qu’on soit si inaptes à ce comprendre hein ?
Elle n’avait même pas daigné lever la tête. Mais c’est comme si les deux filles ne pouvait tout bonnement pas se comprendre, crées pour s’opposer et s’affronter dans une espèce de guerre d’égo sans fin. Et pourtant, il y avait au fond d’Aliénor une sorte de curiosité envers cette fille, comme un être d’une autre planète qu’elle devait poser sur le billard et autopsier pour la comprendre. Ce n’était pas très Poufsouffle… Mais la jeune fille avait souvent remise en cause son appartenance à cette maison tant on lui avait dit qu’elle avait sa place à Gryffondor. Mais certaines de ces qualités, le travail acharné, la tolérance même si elle ne le montrait pas, la justice, l’honnêteté, la sincérité, elle était tout cela. Mais Aelle aussi ? Certainement, mais d’une façon bien différente.
-Laisse tomber Bristyle, tu comprendrais pas.
Après tout qu’est-ce qu’elle connaissait de la vie elle ? Elle vivait dans ses livres compliqués, dans ses paroles recherchés et ne comprenait et ne trainait qu’avec des êtres bleus assez étranges même si eux savaient écouter les autres. Assise sur les marches de pierre, elle en avait marre, juste marre, elle avait envie de s’échapper, de sauter sur le prochain palier. Mais au combien elle avait gagné en forme physique, elle en était bien incapable et la chute risquerait de faire très mal. Le gamin semblait regarder ses pieds dans un mélange d’inquiétude et de contrôle de soi.
-Pourquoi faut-il qu’on soit si inaptes à ce comprendre hein ?
Elle n’avait même pas daigné lever la tête. Mais c’est comme si les deux filles ne pouvait tout bonnement pas se comprendre, crées pour s’opposer et s’affronter dans une espèce de guerre d’égo sans fin. Et pourtant, il y avait au fond d’Aliénor une sorte de curiosité envers cette fille, comme un être d’une autre planète qu’elle devait poser sur le billard et autopsier pour la comprendre. Ce n’était pas très Poufsouffle… Mais la jeune fille avait souvent remise en cause son appartenance à cette maison tant on lui avait dit qu’elle avait sa place à Gryffondor. Mais certaines de ces qualités, le travail acharné, la tolérance même si elle ne le montrait pas, la justice, l’honnêteté, la sincérité, elle était tout cela. Mais Aelle aussi ? Certainement, mais d’une façon bien différente.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Piège de pierre
Excuse-moi pour ce retard !
Laisse tomber, tu comprendrais pas. C’est tellement facile de dire ça. De partir du principe que l’autre ne comprendra pas pour éviter d'avoir à parler, à expliquer, à prouver des choses. Une phrase banale qui veut en réalité dire : je ne veux pas me fatiguer à t’expliquer parce que je n’en ai rien à faire de toi. Cette phrase, je l’utilise souvent. Et d’ailleurs, la plupart du temps, j’ai tout à fait raison : les autres ne me comprennent effectivement pas et c’est presque un honneur que je leur fait en disant « laisse tomber, tu ne comprendrais pas » ; je leur évite de se confronter à leur propre ignorance. Certes. Mais je n’aime pas être la victime de cette phrase. De toute manière, je ne sais même pas ce que je pourrais ne pas comprendre. Je peux comprendre que Delphillia soit de mauvaise humeur et qu’elle se défoule sur les autres. D’ailleurs, si la Poufsouffle a cru que je lui demandais pourquoi elle était comme ça, elle se fourvoie totalement. Je me fiche des raisons de sa mauvaise humeur, de toute façon elle est tout le temps de mauvaise humeur. Qu’elle ait passé une mauvaise journée, qu’elle soit triste ou en colère, frustrée, qu’elle ait eu une mauvaise note, qu’elle ait foiré son entraînement de Quidditch ou que sais-je encore, peu importe, moi ça ne m’intéresse pas. Le fait est qu’elle est de mauvaise humeur et que cela se répercute sur moi — c’est la seule chose importante ici, la seule que je peux lui reprocher, d’ailleurs. Qu’elle aille se défouler sur une autre personne ! Si seulement nous n’étions pas coincées sur un foutu escalier volant.
« Pourquoi faut-il qu’on soit si inaptes à ce comprendre hein ? »
Elle ne remarque pas le froncement de mes sourcils puisqu’elle ne lève même pas la tête. Est-ce une véritable question, qu’elle me pose ? Une question qui attend une réponse ? J’hésite avant de décider que c’est à moi de choisir si cela mérite réponse ou non. Je coule un regard en direction du première année qui n’a vraiment pas l’air dans son assiette. *J’espère qu’il va pas faire une crise d’angoisse*. Je me demande comment réagirait Delphillia dans ce genre de situations. La pensée traverse mon esprit avant que je retrouve ma concentration, et mon regard la direction de la jeune fille.
C’est rassurant qu’elle soit, comme moi, capable de comprendre que nous ne sommes pas faites pour nous entendre. Je pensais être la seule à m’en rendre compte mais c’était visiblement une erreur. Cela me conforte quant à la nature de notre relation : elle est vide, cette relation, complètement plate. Merlin, c’est foutrement rassurant, une relation plate ! Je n’ai pas d’attente, pas de crainte, pas d’angoisse. Nul besoin d'avoir peur que l’autre m’abandonne ou qu’il se mette à agir étrangement ou qu’il me trahisse. Non, avec Delphillia cela ne pourra jamais arriver puisque ce qu’elle me fait ressentir s’apparente au néant.
Je suis à l’aise. C’est assez incroyable pour être précisé. Coincée sur des escaliers volants en compagnie d’une fille qui m’a frappé, que je ne comprends pas, que je n’aime pas plus que cela, une fille la plupart du temps insupportable, et pourtant je suis à l’aise. Adossée à la rampe, les jambes croisées devant moi, un sourire aux lèvres. Merlin, je ne me reconnaîtrais presque pas.
« Bah t’sais, commencé-je d’une voix guillerette, parfois on rencontre des gens avec qui ça fonctionne direct’, comme une évidence. »
J’ignore mon foutu coeur qui, dans un battement particulièrement violent et désagréable, me jette en pleine face un *Thalia* retentissant.
« Et parfois, c’est l’contraire. On rencontre des gens avec qui ça fonctionnera jamais. C’est comme ça. Toi et moi c’est comme ça, j’crois qu’on pourra jamais s’encadrer ni se comprendre mais bon c’est pas très important. » Je balade un regard songeur sur les murs qui défilent devant nous. « On vit pas dans le même monde, mais vraiment pas l’même. On est à l’opposé. » Je baisse mes yeux sur la Poufsouffle. « On a rien du tout en commun, toi et moi, comment on peut se comprendre si on a rien en commun ? »
C’est vrai, quoi ! Cette fille agit à l’instinct, elle gueule quand elle a envie de gueuler, elle fait la tronche quand elle est de mauvaise humeur, elle frappe quand elle est en colère ; elle aime le sport, voler sur des balais et… Je ne sais pas quoi d’autre. Moi, je réfléchis, je pense, je suis un être de savoir qui veut dépasser toutes les limites du monde. Vraiment, qu’a-t-on en commun ? Même sa violence est différente de la mienne. Même sa mauvaise humeur n’est pas comme la mienne. Même son côté solitaire. Même sa rage.
Entre nous, je pense qu’Aliénor et Aelle se ressemblent beaucoup, au contraire. C’est peut-être pour ça qu’elles ont tant de mal à s’entendre (et peut-être pour ça, aussi, qu’Aelle se persuade si fort qu’elles n’ont rien en commun).
Laisse tomber, tu comprendrais pas. C’est tellement facile de dire ça. De partir du principe que l’autre ne comprendra pas pour éviter d'avoir à parler, à expliquer, à prouver des choses. Une phrase banale qui veut en réalité dire : je ne veux pas me fatiguer à t’expliquer parce que je n’en ai rien à faire de toi. Cette phrase, je l’utilise souvent. Et d’ailleurs, la plupart du temps, j’ai tout à fait raison : les autres ne me comprennent effectivement pas et c’est presque un honneur que je leur fait en disant « laisse tomber, tu ne comprendrais pas » ; je leur évite de se confronter à leur propre ignorance. Certes. Mais je n’aime pas être la victime de cette phrase. De toute manière, je ne sais même pas ce que je pourrais ne pas comprendre. Je peux comprendre que Delphillia soit de mauvaise humeur et qu’elle se défoule sur les autres. D’ailleurs, si la Poufsouffle a cru que je lui demandais pourquoi elle était comme ça, elle se fourvoie totalement. Je me fiche des raisons de sa mauvaise humeur, de toute façon elle est tout le temps de mauvaise humeur. Qu’elle ait passé une mauvaise journée, qu’elle soit triste ou en colère, frustrée, qu’elle ait eu une mauvaise note, qu’elle ait foiré son entraînement de Quidditch ou que sais-je encore, peu importe, moi ça ne m’intéresse pas. Le fait est qu’elle est de mauvaise humeur et que cela se répercute sur moi — c’est la seule chose importante ici, la seule que je peux lui reprocher, d’ailleurs. Qu’elle aille se défouler sur une autre personne ! Si seulement nous n’étions pas coincées sur un foutu escalier volant.
« Pourquoi faut-il qu’on soit si inaptes à ce comprendre hein ? »
Elle ne remarque pas le froncement de mes sourcils puisqu’elle ne lève même pas la tête. Est-ce une véritable question, qu’elle me pose ? Une question qui attend une réponse ? J’hésite avant de décider que c’est à moi de choisir si cela mérite réponse ou non. Je coule un regard en direction du première année qui n’a vraiment pas l’air dans son assiette. *J’espère qu’il va pas faire une crise d’angoisse*. Je me demande comment réagirait Delphillia dans ce genre de situations. La pensée traverse mon esprit avant que je retrouve ma concentration, et mon regard la direction de la jeune fille.
C’est rassurant qu’elle soit, comme moi, capable de comprendre que nous ne sommes pas faites pour nous entendre. Je pensais être la seule à m’en rendre compte mais c’était visiblement une erreur. Cela me conforte quant à la nature de notre relation : elle est vide, cette relation, complètement plate. Merlin, c’est foutrement rassurant, une relation plate ! Je n’ai pas d’attente, pas de crainte, pas d’angoisse. Nul besoin d'avoir peur que l’autre m’abandonne ou qu’il se mette à agir étrangement ou qu’il me trahisse. Non, avec Delphillia cela ne pourra jamais arriver puisque ce qu’elle me fait ressentir s’apparente au néant.
Je suis à l’aise. C’est assez incroyable pour être précisé. Coincée sur des escaliers volants en compagnie d’une fille qui m’a frappé, que je ne comprends pas, que je n’aime pas plus que cela, une fille la plupart du temps insupportable, et pourtant je suis à l’aise. Adossée à la rampe, les jambes croisées devant moi, un sourire aux lèvres. Merlin, je ne me reconnaîtrais presque pas.
« Bah t’sais, commencé-je d’une voix guillerette, parfois on rencontre des gens avec qui ça fonctionne direct’, comme une évidence. »
J’ignore mon foutu coeur qui, dans un battement particulièrement violent et désagréable, me jette en pleine face un *Thalia* retentissant.
« Et parfois, c’est l’contraire. On rencontre des gens avec qui ça fonctionnera jamais. C’est comme ça. Toi et moi c’est comme ça, j’crois qu’on pourra jamais s’encadrer ni se comprendre mais bon c’est pas très important. » Je balade un regard songeur sur les murs qui défilent devant nous. « On vit pas dans le même monde, mais vraiment pas l’même. On est à l’opposé. » Je baisse mes yeux sur la Poufsouffle. « On a rien du tout en commun, toi et moi, comment on peut se comprendre si on a rien en commun ? »
C’est vrai, quoi ! Cette fille agit à l’instinct, elle gueule quand elle a envie de gueuler, elle fait la tronche quand elle est de mauvaise humeur, elle frappe quand elle est en colère ; elle aime le sport, voler sur des balais et… Je ne sais pas quoi d’autre. Moi, je réfléchis, je pense, je suis un être de savoir qui veut dépasser toutes les limites du monde. Vraiment, qu’a-t-on en commun ? Même sa violence est différente de la mienne. Même sa mauvaise humeur n’est pas comme la mienne. Même son côté solitaire. Même sa rage.
Entre nous, je pense qu’Aliénor et Aelle se ressemblent beaucoup, au contraire. C’est peut-être pour ça qu’elles ont tant de mal à s’entendre (et peut-être pour ça, aussi, qu’Aelle se persuade si fort qu’elles n’ont rien en commun).
Dernière modification par Aelle Bristyle le 23 juil. 2021, 10:27, modifié 1 fois.
Piège de pierre
Ouais des gens avec qui c’est simple, tout roule dès le premier contact, comme si on se connaissait depuis toujours lors qu’on peut compter les jours passés ensemble sur les doigts d’une seule main. Le contraire serait donc possible ? Aliénor avait appris à Poudlard que juger rapidement lui apportait plus de soucis que de solutions et même si elle avait encore un peu de mal, elle essayait de ne pas rester sur son opinion de base. Mais avec Aelle c’était différent, à chaque fois qu’elles se croisaient c’était pour se mettre sur la gueule, elles en étaient presque venue aux mains une fois. Aliénor soupira lourdement, ses épaules s’affaissèrent et son menton trouva sa paume comme si le poids de sa tête devenait trop lourd à supporter pour sa nuque.
-T’as p’têtre raison, on peut pas se comprendre c’est tout.
Et pourtant Aliénor avait cette curiosité envers Aelle, ce sentiment qui faisait que lorsqu’elle était dans la même pièce elle lui jetait des regards, elle l’observait déambuler parfois et parlais d’elle au moins une fois par semaine. En mal bien entendu, mais quand même, elle parlait d’elle.
C’est alors que le garçon toujours accroupis le regard dans le vide commença à trembloter. Aliénor l’observa avant de sortir une orange de son sac. Elle lui tendit sans trop parler avant qu’il ne lève la tête vers elle pour l’interroger du regard. Avant qu’il n’ouvre la bouche, la jeune fille dégaina. Elle n’avait pas envie de questions stupides.
-Mange ça te fera du bien.
*Et ça occupera ton cerveau en panique surtout* Se concentrer sur l’épluchage de l’orange allait l’aider, elle le savait. Pas l’même monde… Pourtant elles étaient toutes les deux à Poufsouffle. On y revenait, les disparités dans cette maison étaient incroyables. L’escalier sembla ralentir quelque peu son ascension. Elle était restée ici assez longtemps, elle avait envie de partir, certes ils n’étaient pas si nombreux que ça sur cet escalier, mais elle n’aimait pas vraiment le choix de compagnie qu’il y avait. Elle se releva d’un coup avant de se retourner et manquer de se prendre Aelle de plein fouet. Elle s’arrêta net en l’observant, comme si ces quelques secondes étaient suspendues dans l’air alors qu’Aliénor plongeait ses yeux dans ceux de son ainée.
-Mur de fumée…
Aliénor se décala pour passer et aller presque au bord de l’escalier qui ralentissait toujours. Elle plaça ses deux mains de chaque côté sur chacune des rambardes comme prête à se jeter en dehors de cet escalier de malheur.
-T’as p’têtre raison, on peut pas se comprendre c’est tout.
Et pourtant Aliénor avait cette curiosité envers Aelle, ce sentiment qui faisait que lorsqu’elle était dans la même pièce elle lui jetait des regards, elle l’observait déambuler parfois et parlais d’elle au moins une fois par semaine. En mal bien entendu, mais quand même, elle parlait d’elle.
C’est alors que le garçon toujours accroupis le regard dans le vide commença à trembloter. Aliénor l’observa avant de sortir une orange de son sac. Elle lui tendit sans trop parler avant qu’il ne lève la tête vers elle pour l’interroger du regard. Avant qu’il n’ouvre la bouche, la jeune fille dégaina. Elle n’avait pas envie de questions stupides.
-Mange ça te fera du bien.
*Et ça occupera ton cerveau en panique surtout* Se concentrer sur l’épluchage de l’orange allait l’aider, elle le savait. Pas l’même monde… Pourtant elles étaient toutes les deux à Poufsouffle. On y revenait, les disparités dans cette maison étaient incroyables. L’escalier sembla ralentir quelque peu son ascension. Elle était restée ici assez longtemps, elle avait envie de partir, certes ils n’étaient pas si nombreux que ça sur cet escalier, mais elle n’aimait pas vraiment le choix de compagnie qu’il y avait. Elle se releva d’un coup avant de se retourner et manquer de se prendre Aelle de plein fouet. Elle s’arrêta net en l’observant, comme si ces quelques secondes étaient suspendues dans l’air alors qu’Aliénor plongeait ses yeux dans ceux de son ainée.
-Mur de fumée…
Aliénor se décala pour passer et aller presque au bord de l’escalier qui ralentissait toujours. Elle plaça ses deux mains de chaque côté sur chacune des rambardes comme prête à se jeter en dehors de cet escalier de malheur.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel
Piège de pierre
Nous n’avons rien pour nous comprendre, certes. Voilà au moins une chose dont je suis persuadée et qui ne pourra jamais changer. D’habitude, quand je sais qu’une cause est perdue, réellement perdue, je n’insiste pas. Pourquoi perdre mon temps, après tout ? Pourtant, je n’arrive pas à me détacher de la cause perdue qui se trouve devant moi. Delphillia, tout aussi insupportable soit-elle, n’agit pas comme les autres personnes qui me détestent. Prenons Morrow, par exemple. Cette abrutie, quand elle me voit, réagit avec la même véhémence que moi — et je pense que dans son coeur se passe alors la même chose que dans le mien : un violent sentiment de dégoût qui devient tempête quand nos regards se croisent. Voilà une réaction tout à fait logique et compréhensible. Mais Delphillia reste là, elle discute, elle commente, et c’est presque si notre entente était cordiale alors que, Merlin en est témoin ! ma joue ne se rappelle que trop bien de l’absence de bienveillance chez cette Poufsouffle-là. Et moi, j’ai envie de comprendre. Envie de comprendre ce qui ne se comprend pas. Alors je sais que j’ai parfois tendance à m’acharner sur des choses qui n’en valent pas la peine aux yeux des autres, des chimères comme on dit, mais Aliénor Delphillia n’est pas une chimère ; elle n’est rien.
Je m’acharne à la comprendre et je m’acharne à comprendre pourquoi je veux la comprendre. Cette affaire me fatigue pourtant je n’éprouve pas l’immense besoin d’être ailleurs ou en plus agréable compagnie. Je mets ça sur le compte de l’agacement que je ressens pour Nyakane — comme toujours : puisque je suis là, je n’ai pas à me le coltiner. Certes, je vais dire que c’est de cela dont il s’agit.
Puisqu’elle est apparemment décidée à foutre le bordel dans l’idée que je me fais d’elle, Delphillia décide soudainement d’être gentille. Elle donne une orange au petit première année. Une orange. Pour le détourner de son angoisse. Mes sourcils se dressent sur mon front, une grimace éberluée me déforme la bouche. Ainsi donc, c’est ainsi qu’elle réagit face à une personne angoissée ; *elle l’aide*. J’en suis la première étonnée, je l’avoue. Je pensais qu’elle se contenterait de quelques piques moqueuses, ou de le secouer un peu rudement pour qu’il se concentre sur autre chose. Pas qu’elle lui tendrait une orange.
Mes pensées se taisent d’elle-même quand la fille se lève. Elle se retrouve face à moi, si proche qu’elle pourrait me pousser. Je tombe dans son regard double et m’y enfonce ; mon coeur rate un battement. Trop surprise pour réagir, je ne fais rien. Elle se contente de me balancer des mots au visage, des mots qui ne me sont même pas destinés vu le ton sur lequel elle les prononce, avant de s’éloigner vers le bord. Je la suis du regard, le coeur battant comme un fou dans ma poitrine et lourd de la désagréable sensation d’avoir totalement été à la merci de Delphillia pendant quelques secondes. Elle aurait pu faire ce qu’elle voulait de moi, et je n’ai même pas réagit ! Mais ses mots m’intriguent. *Mur de fumée… ?*. M’intriguent assez pour que j’élève la voix.
« Mur de quoi ? Qu’est-c’tu dis ? »
Bordel, dès qu’elle l’ouvre c’est le noir total. Cette fille ne sait pas s’exprimer, sérieux. Et puis qu’est-ce qu’elle fait dans cette position ? Accrochée aux rambardes, le corps placé comme si elle allait sauter. Je me penche un peu pour vérifier : le palier est bien trop loin pour qu’elle s’en aille maintenant. Elle ne va tout de même pas…
« Si t’as envie de sauter, attends que j’parte, hein, l’apostrophé-je d’une voix moqueuse. Pas envie de voler à ton secours. »
Quoique… Ce serait sympa de la sauver. Elle me serait redevable. Peut-être qu’elle cessera d’agir d’une manière aussi étrange avec moi. Ou alors peut-être qu’elle sera tellement reconnaissante qu’elle commencera à m’apprécier. Elle viendrait me voir, me parler, juste pour moi, parce qu’elle a envie de me parler. *Ce serait bien*, me dis-je avant de prendre brutalement conscience de la bêtise de mes pensées.
Je m’acharne à la comprendre et je m’acharne à comprendre pourquoi je veux la comprendre. Cette affaire me fatigue pourtant je n’éprouve pas l’immense besoin d’être ailleurs ou en plus agréable compagnie. Je mets ça sur le compte de l’agacement que je ressens pour Nyakane — comme toujours : puisque je suis là, je n’ai pas à me le coltiner. Certes, je vais dire que c’est de cela dont il s’agit.
Puisqu’elle est apparemment décidée à foutre le bordel dans l’idée que je me fais d’elle, Delphillia décide soudainement d’être gentille. Elle donne une orange au petit première année. Une orange. Pour le détourner de son angoisse. Mes sourcils se dressent sur mon front, une grimace éberluée me déforme la bouche. Ainsi donc, c’est ainsi qu’elle réagit face à une personne angoissée ; *elle l’aide*. J’en suis la première étonnée, je l’avoue. Je pensais qu’elle se contenterait de quelques piques moqueuses, ou de le secouer un peu rudement pour qu’il se concentre sur autre chose. Pas qu’elle lui tendrait une orange.
Mes pensées se taisent d’elle-même quand la fille se lève. Elle se retrouve face à moi, si proche qu’elle pourrait me pousser. Je tombe dans son regard double et m’y enfonce ; mon coeur rate un battement. Trop surprise pour réagir, je ne fais rien. Elle se contente de me balancer des mots au visage, des mots qui ne me sont même pas destinés vu le ton sur lequel elle les prononce, avant de s’éloigner vers le bord. Je la suis du regard, le coeur battant comme un fou dans ma poitrine et lourd de la désagréable sensation d’avoir totalement été à la merci de Delphillia pendant quelques secondes. Elle aurait pu faire ce qu’elle voulait de moi, et je n’ai même pas réagit ! Mais ses mots m’intriguent. *Mur de fumée… ?*. M’intriguent assez pour que j’élève la voix.
« Mur de quoi ? Qu’est-c’tu dis ? »
Bordel, dès qu’elle l’ouvre c’est le noir total. Cette fille ne sait pas s’exprimer, sérieux. Et puis qu’est-ce qu’elle fait dans cette position ? Accrochée aux rambardes, le corps placé comme si elle allait sauter. Je me penche un peu pour vérifier : le palier est bien trop loin pour qu’elle s’en aille maintenant. Elle ne va tout de même pas…
« Si t’as envie de sauter, attends que j’parte, hein, l’apostrophé-je d’une voix moqueuse. Pas envie de voler à ton secours. »
Quoique… Ce serait sympa de la sauver. Elle me serait redevable. Peut-être qu’elle cessera d’agir d’une manière aussi étrange avec moi. Ou alors peut-être qu’elle sera tellement reconnaissante qu’elle commencera à m’apprécier. Elle viendrait me voir, me parler, juste pour moi, parce qu’elle a envie de me parler. *Ce serait bien*, me dis-je avant de prendre brutalement conscience de la bêtise de mes pensées.
Piège de pierre
Ses doigts s’agrippaient aux rampes de l’escalier alors que son regard restait fixé sur le palier qui semblait s’approcher. Mais alors que son esprit était focalisé sur le sol de pierre, la voix d’Aelle lui arriva de nouveau à ses oreilles. Elle ne comprenait pas ce surnom et c’était logique. Pour la jeune Delphillia, Aelle avait toujours été ce mur impénétrable mais aussi intouchable. Elle avait ce détachement qui la rendait froide et innascible alors que ses yeux pouvaient laisser passer des tas d’émotions. Aliénor roula des yeux alors qu’Aelle plaisanta sur sa position. La batteuse fut quelque peu surprise, prise au dépourvu par cette facette qu’elle ne connaissait pas de sa camarade jaune. Elle tourna la tête pour regarder en coin la Poufsouffle avant de faire pivoter un peu plus son buste.
-Tu en rêves hein ?
Un sourire en coin au bord des lèvres, c’était certainement la première fois qu’elle adressait un sourire à son ainée alors que l’escalier s’arrêta d’un coup faisant un peu perdre l’équilibre à Aliénor. Elle se retourna face au palier qui lui était maintenant accessible. Elle posa rapidement un pied dessus avant de s’avancer laissant passer les autres. Elle emprunta l’escalier qui descendait sur le côté gauche et laisse son regard couler sur Aelle alors qu’elle descendait doucement les marches. Une fois qu’elle capta son regard, elle la désigna d’un coup de menton un sourire toujours en coin en mimant sur ces lèvres « mur de fumée ».
L’incompréhension face à cette fille, la fumée, le mur, mais aussi une certaine curiosité peut être malsaine, mais c’était ainsi, quelque chose chez sa camarade intriguait la jeune Delphillia et elle ne parvenait pas à mettre des mots sur ce que c’était exactement. Elle détacha son regard de la cinquième année avant de reprendre sa route dans les escaliers. Elle était déjà un peu en retard, alors elle devait rejoindre son étage au plus vite, c’est qu’il était presque allé tout en haut du château celui-là !
Mais rencontrer Aelle dans des situations incongrues comme celle-ci ne devait pas devenir une habitude. Parce que oh combien Aliénor avait envie de creuser pour savoir ce qu’il y avait de spécial chez cette fille, leur animosité prenait toujours le dessus et transformait des moments quotidiens en une épreuve tout autant mentale que physique ou même émotionnellement complexe et Aliénor n’avait pas la force de subir ça trop souvent. Mais étrangement alors qu’elle descendait les escaliers, un sourire mutin restait sur son visage comme si quelque chose avait changé entre elles, si au début elles se retrouvaient à chaque fois au bord de la confrontation physique cette fois, ça terminait sur du sarcasme et peu de personnes sont capable de faire preuve de sarcasme ce qui plaisait à la quatrième année.
-Tu en rêves hein ?
Un sourire en coin au bord des lèvres, c’était certainement la première fois qu’elle adressait un sourire à son ainée alors que l’escalier s’arrêta d’un coup faisant un peu perdre l’équilibre à Aliénor. Elle se retourna face au palier qui lui était maintenant accessible. Elle posa rapidement un pied dessus avant de s’avancer laissant passer les autres. Elle emprunta l’escalier qui descendait sur le côté gauche et laisse son regard couler sur Aelle alors qu’elle descendait doucement les marches. Une fois qu’elle capta son regard, elle la désigna d’un coup de menton un sourire toujours en coin en mimant sur ces lèvres « mur de fumée ».
L’incompréhension face à cette fille, la fumée, le mur, mais aussi une certaine curiosité peut être malsaine, mais c’était ainsi, quelque chose chez sa camarade intriguait la jeune Delphillia et elle ne parvenait pas à mettre des mots sur ce que c’était exactement. Elle détacha son regard de la cinquième année avant de reprendre sa route dans les escaliers. Elle était déjà un peu en retard, alors elle devait rejoindre son étage au plus vite, c’est qu’il était presque allé tout en haut du château celui-là !
Mais rencontrer Aelle dans des situations incongrues comme celle-ci ne devait pas devenir une habitude. Parce que oh combien Aliénor avait envie de creuser pour savoir ce qu’il y avait de spécial chez cette fille, leur animosité prenait toujours le dessus et transformait des moments quotidiens en une épreuve tout autant mentale que physique ou même émotionnellement complexe et Aliénor n’avait pas la force de subir ça trop souvent. Mais étrangement alors qu’elle descendait les escaliers, un sourire mutin restait sur son visage comme si quelque chose avait changé entre elles, si au début elles se retrouvaient à chaque fois au bord de la confrontation physique cette fois, ça terminait sur du sarcasme et peu de personnes sont capable de faire preuve de sarcasme ce qui plaisait à la quatrième année.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel