12 avr. 2023, 17:30
Un entretien quelque peu… Amorphe
Vendredi 27 mars 2048, fin d’après-midi.
Feat @Stéphanie Lilith.


Après son passage à La Tête de Sanglier, Morgan s’était installée dans un petit motel moldu à la périphérie de Londres. Un peu délabré et mal entretenu, mais aux prix très abordables pour une sorcière au chômage qui n’était revenue en Grande Bretagne qu’avec ses économies - de la monnaie sorcière et des pesos mexicains qu'elle avait échangé contre des livres sterling. Malgré l’allègement progressif de sa bourse, la noiraude avait encore de quoi s’en sortir quelques temps. Et elle avait grand espoir d’avoir un travail à Barjow & Beurk après y avoir postulé, bien qu'elle attendait encore des nouvelles du gérant de la boutique.

Son mode de vie ne la dérangeait pas le moins du monde, elle qui n’avait pas vécu dans le grand luxe une bonne partie de sa vie d’adulte. Cependant, ce n’était pas une solution sur le long terme, car elle devait constamment surveiller ses affaires et ses actions – sans oublier que le chien du propriétaire avait plusieurs fois failli manger Silv. Morgan s’était donc lancée dans la cherche d’un nouveau logement. Pas chère, déjà meublé avec le minimum… Ce qui n’était pas aussi facile à trouver à Londres, que ce soit du côté moldu que du côté sorcier de la ville.

Hormis avec Krimrok, elle n’avait jamais vécu en colocation – et encore, c’était plutôt de l’hébergement contre son travail – mais Morgan tomba sur une annonce de ce genre dans la Gazette. Elle n’avait pas vraiment le choix de toute façon, son budget devenait de plus en plus serré. Ce petit encart de journal spécifiait qu’il fallait se rendre au Chaudron Baveur pour la première rencontre. L’intéressée devait surement travailler ou bien loger là-bas. Avec son botruc endormi dans sa poche habituelle, l’ancienne Serpentard s’était rendue à pied jusqu’à l’entrée de l’auberge. Le nouveau mode d’accès de l’endroit était assez particulier, mais Morgan n’allait pas s’en plaindre, et quand elle fut arrivée au Chaudron, elle s’approcha du bar, l’annonce encore en main.

« Bonjour, je cherche une certaine… dans l’hésitation, elle jeta un nouveau coup d’œil au journal… Stéphanie Lilith ? »

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

14 avr. 2023, 16:00
Un entretien quelque peu… Amorphe
Je ne me sentais pas très bien aujourd'hui, j'en avais la certitude. Les couleurs me paraissaient plus ténues, le monde était gris. Les clients m'intéressaient encore moins qu'avant, mais je devais encore et toujours faire bonne impression. Je dormais mal, les nuits, les rêves qui avaient l'habitude de me bercer disparaissaient petit à petit, s'effilant entre mes doigts comme neige au soleil. Mais bon, la vie continuait. Et c'était ennuyant.

Les bruits étaient étouffés, mon corps insensible. Les heures défilaient comme dans les rêves que je ne faisais plus. Et j'aurais pu passer la journée dans cet état anesthésié si personne n'avait utilisé mon nom. Revenant à la réalité, reprenant le pas sur ma mémoire musculaire, je secouai la tête : une cliente à l'entrée. Je me tapai doucement les joues, sentant des fourmis parcourir mon visage. En poussant une grande inspiration, je réparai les bêtises que j'avais faite, les verre mal lavés, les boissons en attente d'être servies, usant avec habilité de ma baguette avant de siffler avec mes doigts pour attirer l'attention de la cliente.

- Lilith c'est moi mademoiselle ! Par ici je vous prie !

J'ouvris le battant du comptoir avec ma baguette avant de me diriger dans sa direction. En temps normal, j'aurais usé de mon odorant pour apprendre des informations en avance, mais avec ce monde autour, impossible de se concentrer. D'autant que mes talent olfactifs semblaient avoir diminués depuis que j'avais acheté cette statuette... J'osais espérer que ce n'était pas un effet secondaire dissimulé. Un bruit blanc occulta soudainement la bordure de ma vision, et je dus lutter pour ne pas m'effacer à nouveau, un sourire malaisé aux lèvres.

- Que puis-je pour vous ?

Quelque part, perdue avec Sixtine.

17 avr. 2023, 18:43
Un entretien quelque peu… Amorphe
Ne sachant pas trop où chercher, elle se contenta d’observer les lieux avant de se dire que l’auteur de l’annonce n’était pas là. Jusqu’à ce qu’elle entende un sifflement. Immédiatement, Morgan se tourna vers l’origine du bruit, et vit une jeune femme de l’autre côté du comptoir. Soulagée d’avoir trouvé celle qu’elle cherchait – qui confirma s’appeler Lilith – la sorcière laissa l’employée du Chaudron l’approcher. Elle s’était fait la remarque en lisant l’annonce, mais c’était un drôle de nom de famille, Lilith, surtout quand on en connaissait l’origine. Cela lui avait rappelé l’histoire du Kreismesser maudit qu’ils avaient trouvé en Allemagne avec Krimrok – un objet rituel supposé protéger les enfants et les femmes enceintes de Lilith, si sa mémoire était correcte. Enfin ce glaive-là n’avait plus rien de protecteur depuis très longtemps…

« Bonjour, j’ai vu votre nom sur une annonce de… colocation dans le journal, est-ce qu’elle est toujours d’actualité ? »

Morgan espérait que oui, car elle n’avait pas beaucoup d’option si elle comptait partir définitivement du motel qui l’accueillait pour le moment sans se ruiner. Et sans finir avec un botruc traumatisé – ou dans le ventre d’un animal.

« Je peux repasser plus tard s’il faut, ajouta-t-elle en voyant sa mine et en pensant au fait que la brune était en plein travail, je m’appelle Morgan au faite. »

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

24 avr. 2023, 21:24
Un entretien quelque peu… Amorphe
Je demeurai un instant interdite, à fixer l'inconnue durant une seconde, voire plusieurs, qui me parurent ensuite beaucoup trop longues. Je secouai la tête, posant ma main sur mes yeux, soupirant longuement.

- Oui, oui bien sûr... Pardonnez-moi, vous ne tombez pas mal, je vous en prie, accompagnez-moi au comptoir, nous serons plus à l'aise.

Nous serons plus à l'aise, et surtout, je pourrais m'asseoir, ne pas lutter pour rester debout, et pouvoir me concentrer sur autre chose que me rappeler comment sourire. Relevant à nouveau le battant du comptoir, je m'installai face à elle, lui indiquant une place libre. Ma main frotta l'arrière de ma tête, la massant davantage que le frottant, et je fermai à nouveau les yeux un court instant. Oui. La collocation, par Merlin, ressaisis-toi ma grande, allez. Je sortis un verre, avant de m'y verser une grande rasas de whisky, espérant que cela stimulerait mes sens suffisamment pour mener à bien cette conversation sans encombre. La brûlure de l'alcool me traversa de part en part, et j'ouvris de grands yeux en expirant.

- Oui... Bien. Hrm.

Après m'être raclé la gorge, je posai mes coudes sur le comptoir, mon menton sur mes mains croisées.

- Je vais faire très bref. Les gens m'ennuient, sauf certains. La collocation recherchée est seulement par confort financier. Je ne cherche ni à rencontrer des amies, ni à me caser.

Ce point étant clarifié, je continuai.

- Pour la répartition des tâches, chacun sa... Ah...

Une douleur vive me prit à l'arrière des yeux, et je me pinçai les paupières en soupirant longuement. Qu'est-ce que je disais déjà ?

- Euh... Oui, pour les tâches, on s’accommodera en temps voulu.

Hein ? Mais non, ce n'était pas ce que je voulais, au contraire. C'était le moment de fixer clairement et définitivement les règles et les limites, qu'est-ce qui me prenait ?

Quelque part, perdue avec Sixtine.

28 avr. 2023, 17:06
Un entretien quelque peu… Amorphe
C’était peut-être une cuite ou tout simplement la fatigue – elle savait d’expérience que travailler dans ce genre d’endroit n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour le rythme de sommeil – mais il y avait quelque chose d’étrange chez la barmaid. Morgan n’allait cependant pas chercher plus loin. Elle n’avait pas grand-chose à faire de la santé d’une inconnue. La jeune femme n’était pas là pour passer le temps avec une bouteille d’alcool, ce qui lui importait pour le moment était de ne plus avoir à rechercher de nouveau logement. Elle suivit Stéphanie jusqu’au comptoir et s’installa à une place libre, attendant que celle-ci ne lui donne plus de détail sur l’annonce.

« Ça me va, je cherche pas de compagnie, juste un endroit où dormir. »

Morgan n’était pas du genre à squatter son logement toute la journée, et elles ne feraient que se croiser la plupart du temps. Sa potentielle future colocataire avait l’air d’être rasoir et blasée au possible, mais elle ne risquait pas de s’immiscer dans les affaires de la galloise. C’était tant mieux si les gens l’ennuyaient, au moins elle pourrait faire sa vie tranquille sans être dérangée.

« O…kay ? Je préfèrerais juste qu'on soit clair sur certaines choses quand même. Si jamais on vit ensemble, alors c'est chacun son espace et ses affaires. On est des adultes, donc chacun fait sa vie tant que ça gêne pas l’autre. Et pour les tâches communes, on divise, on alterne, peu importe. Et on évite les visites de gens extérieurs en masse sans prévenir. »

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

3 mai 2023, 22:45
Un entretien quelque peu… Amorphe
Je plongeai mon visage entre mes mains, et je regardai la bouteille, avant de sentir le goulot. Peut-être que quelque chose avait tourné ? Une mauvaise mise en bouteille ? Bouchonné ? Pourri ? Mauvaise conservation ? Non, rien de tout cela... Je la rebouchai avant de la faire glisser sur le côté du bar, avant de m'emparer d'une bouteille d'eau pétillante.

- Cela coule de source, évidemment.

Parce que vous pensiez ramener des gens à l'appartement ? Combien ? Des femmes ? Des hommes ? Peut-être un ou une amoureuse qui sait ?.. Oh dites-moi tout, laissez-moi vous charmer avec mes blagues et mes piques qui touchent sans y faire attention. Laissez-moi vous déstabiliser avec mon charisme pour mieux lire en vous, comme dans un livre ouvert, et voir si vous êtes une personne digne d'intérêt ou un simple petit veracrasse ennuyeux et ennuyant.

Tant de possibilités, tant de points d'attaque. L'odeur lancinante de son alcoolisme sous-jacent, ayant attaqué son foie, lui donnant une haleine caractéristique qui ne partirait pas avant très longtemps. Même si elle avait arrêté. Ou alors, j'aurais pu parler de l'odeur de Botruc omniprésente sur elle, d'ailleurs j'étais presque persuadée d'en sentir un directement sur elle... Elle avait intérêt à le tenir en laisse son truc, hors de question qu'il foute le bazar dans l'appartement. Et puis j'aurais pu également... Pas envie.

L'ennui mortel. Rien, du vide. Je voulus pousser mes phrases à sortir, laisser mon esprit d'habitude si agile gambader et m'amuser. Mais rien. Je demeurai un instant interdite, le regard dans le vide, à contempler l'abysse de mon existence... Et je reviens à la réalité, secouant doucement ma tête, combien de temps étais-je partie ? Je plongeai à nouveau ma tête dans mes mains.

- Pardonnez-moi... Un traitement qui passe mal.

Un mensonge inventé à la volée. J'étais extrêmement douée pour mentir, et j'adorais ça. Mais même là, il me parut léger, peu convaincant. Je pourrais toujours m'appuyer sur mes cicatrices pour justifier quelque chose.

Quelque part, perdue avec Sixtine.

20 mai 2023, 17:36
Un entretien quelque peu… Amorphe
Morgan ne comptait pas amener des gens dans son potentiel logement. Elle préférait rester discrète quant à son adresse, une habitude qu’elle a rapidement prise au cours de sa vie. Tant qu’elle était prévenue des visites, elle ferait en sorte de les éviter, tout simplement. Enfin, si les connaissances de la barmaid étaient aussi zombifiée qu’elle, elle ne craignait pas grand-chose.

« Bien. Vous avez déjà le logement ou… ? »

En venant, elle ne pensait pas à devoir gérer la discussion. Qu’attendait cette personne qui avait mis l’annonce exactement ? Elle lui avait proposé il y a quelques instants de repasser plus tard, peut-être serait-elle moins léthargique ? La noiraude observa la jeune femme, attendant que celle-ci lui réponde, mais elle ne semblait pas pressée de sortir de sa réflexion pour prononcer le moindre mot. Morgan posa son coude sur le comptoir, pour mieux supporter le poids de sa tête avec sa main. Elle n’avait pas grand-chose à faire en cette fin d’après-midi et pouvait faire preuve de patience s’il le fallait - heureusement vu le peu de dynamisme de la conversation. Son regard dériva sur les alentours du bar. Le Chaudron Baveur était encore aujourd’hui une plateforme centrale pour la communauté sorcière anglaise, cela n'avait pas changé en dix ans. A une époque elle avait surement apprécié l’endroit, mais aujourd’hui la sorcière préférait l’anonymat des bars moldus ou de Chez Sisyphe.

Quand Stéphanie sortit enfin de sa trance pour s’excuser, Morgan ne crut aucun mot - comme si elle n’était pas habituée aux mensonges. Mais elle ne releva pas. Ce n’était pas son problème, tant qu’elle évitait de s’effondrer devant elle à cause de son traitement.

« Pas de problème, répondit-elle en se redressant, je disais, vous avez déjà le logement ? Est-ce que vous avez des questions à me poser ? »

Est-ce qu'elle perdait son temps ?

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

22 mai 2023, 18:31
Un entretien quelque peu… Amorphe
Par un gros effort de volonté, je chassai cette maudite brume qui m'envahissait le cerveau. Je comptais bien terminer cette discussion en obtenant ce que je voulais, et sans me tourner à nouveau en ridicule. Mes yeux se plongèrent dans ceux de Morgan. Je me forçai à afficher mon sourire taquin normalement habituel en brandissant un double des clés de l'appartement.

- Tout à fait.

Je fis tinter les clés entre mes doigts, avant de les déposer sur le comptoir à sa portée. Puis je croisai les mains en posant les coudes sur le bois avant de fermer un œil.

- C'est plutôt à moi de savoir si vous avez des questions. Pour ma part je me contenterai de n'importe quel colocataire, mais pourrez-vous vous contenter de n'importe quel appartement ?

Mon sourire s'agrandit alors que je rouvris mon œil.

- Il est tout ce qu'il y a de plus normal. Deux chambres, un salon, une cuisine, vraiment, on pourrait s'y méprendre et penser qu'il s'agit d'une caricature.

Je fis glisser les clés vers mon interlocutrice, sentant à nouveau la brume anesthésiante s'emparer de mon esprit. Je secouai la tête, pas question, allez, encore un effort ma cocotte. Ma baguette fit ensuite venir une plume et de l'encre de sous le comptoir, tout ce qu'elle avait à faire, c'était de signer ce bail et tout serait réglé.

- Qu'en pensez-vous ?

Quelque part, perdue avec Sixtine.

5 juil. 2023, 09:15
Un entretien quelque peu… Amorphe
La barmaid semblait être enfin sortie de sa léthargie, et le tintement de clé rassura la galloise. Elle n’allait peut-être pas devoir chercher plus que nécessaire finalement. La question de Stéphanie était assez cocasse pour la sorcière, qui esquissa un sourire. Pouvait-elle se contenter d’un appartement de ville, après avoir vécu dans des endroits qu’on pouvait décrire comme bien pire ? L’époque des grandes maisons et des pièces confortables remontaient à beaucoup trop loin dans ses souvenirs.

Morgan avait juste besoin d’un toit. Et d’un lit.

« N’importe quel appartement m’ira très bien. »

Elle regarda le mouvement des clés, glissées par son interlocutrice.

« J’ai un botruc, j’espère qu’il n’y a pas de problème avec ça ? »

La sécurité de Silv lui importait beaucoup plus que le choix de l’appartement. Elle savait qu’elle n’arriverait pas à le cacher longtemps, malgré sa petite taille. Malgré son caractère méfiant envers les autres créatures, le botruc avait un caractère d’aventurier. Il ne fallait pas que la barmaid soit étonnée de le voir en train d’essayer d’escalader les meubles ou de se balader dans le logement – et ne surtout pas le mettre dehors ou de le blesser. C’était une des raisons pour lesquelles elle ne pouvait plus vivre dans des motels après tout.

Scrutant Stéphanie avec attention, la noiraude attendait sa réponse, tout en se saisissant de la plume, prête à signer en fonction de ce que dirait son interlocutrice. Ou plus exactement, de sa colocataire ?

Pardon pour le retard, ma réponse était prête depuis un moment pourtant :cry2:

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

13 juil. 2023, 13:00
Un entretien quelque peu… Amorphe
Allez, tient bon, encore un petit effort cerveau embrumé par je ne sais quoi, juste termine cette conversation et tu pourras aller t'enfiler un bon verre de whisky. Pourquoi avais-je tant de mal à simplement me concentrer sur cette personne ? Peut-être parce qu'elle ne m'intéressait pas ? Mais j'avais l'impression que rien en général ne m'intéressait depuis quelque temps. Quelle galère d'être une adulte et de devoir gérer tout ça, tsk, mais bon, il fallait bien faire ce qu'il fallait, alors serre les dents et plonge la tête dans le sable. Je hochai la tête dans un sourire, heureuse de voir que je n'avais pas affaire à une difficile.

Et enfin, elle aborda le sujet que je soupçonnai avoir deviné dès le début, l'odeur du Botruc que je sentais sur elle. J'étais heureuse de voir qu'elle l'abordait, et je fus surprise de voir à quel point j'aurais pu ne pas en parler si elle ne l'avait pas mentionné. Mon coude se posa sur le comptoir et mon visage dans ma main, déposant les clés sur le bois.

- Et bien... je me demandais quand est-ce que vous aborderiez ce sujet.

J'effectuai un geste fluide de la main qui se conclut sur la présentation de ma paume vers le plafond, l'air de dire "Be my guest". J'avais côtoyé des créatures bien plus agaçantes et dangereuses qu'un petit Botruc.

- Le seul problème qui pourrait se poser ne dépendra que de lui.

Je lui jetai un regard curieux et calculateur, avant de glisser mon index jusque sur le comptoir pour le tapoter doucement.

- Permettriez-vous que je le vois ? Je crois deviner que vous l'avez avec vous en ce moment même. Je sais que ces bestioles peuvent rapidement devenir pénibles, et j'aimerais voir comment elle se comporte face à moi.

Peu importe le degré de dressage d'une créature, peu importe la complicité avec son maître ou sa maîtresse, les créatures magiques étaient pas définition des animaux. Et par conséquent, ils ne pouvaient pas être considérés de la même manière qu'un être humain. Il fallait les respecter et ne jamais les sous-estimer. Et aussi douée que j'étais pour gérer les créatures, un examen personnel me paraissait toujours indispensable, ne serait-ce que pour faire connaissance avec ce troisième colocataire. Je clignai des yeux, avant de sourire.

- S'il vous plaît.

Quelque part, perdue avec Sixtine.