24 août 2011, 23:07
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
Les pavés des trottoirs londoniens traditionnellement humides ne faillaient pas à leur réputation en ce jour. Ou plutôt cette soirée. La journée avait pourtant été belle et ensoleillée mais la soirée avait changé la donne. Alors que les pavés essuyaient une pluie abondante, des petites chaussures noires foulaient de petits pas rapides ces derniers. Étonnamment, lorsque ces chaussures abordaient une partie du trottoir, les pavés alentours étaient partiellement épargnés par la pluie. Les chaussures noires appartenaient à une jeune femme. Ou plutôt à une sorcière devrait ont dire

Kathleen en effet se hâtait en direction du, apparemment fameux, restaurant moldu, le Gordon. Plus tôt dans la journée, au cours d’une interview gravée au fer rouge dans sa mémoire, elle avait été conviée par le ministre de la magie lui-même à partager une fondue au chocolat dans ce lieu moldu. Il est facile de dire que Kath’ n’avait pas refusée l’invitation, ou plutôt avait sauté sur l’occasion. Justement la sorcière venait d’arriver sur le perron du restaurant dont une plaque discrète affichait élégamment le nom Gordon Ramsay. Enfin à l’abri de la pluie, la jeune femme en profita pour faire le bilan de sa tenue. Elle n’était pas entièrement mouillée. Où plutôt entièrement sèche.

La sorcière n’avait pas transplannée dans une rue non loin, car elle n’était jamais sure d’atterrir au bon endroit. Voyager en balais, vêtue d’une robe de soirée n’était pas conseillé. Aussi elle avait opté pour le métro moldu. Ce qu’elle n’avait pas réalisé c’est que les moldus eux-mêmes ne semblait pas voyager en métro en robe de soirée. C’était le constat qu’elle avait fait en observant les moldus la regarder. Kathleen était descendue à Saint James’s Park Station et s’était retrouvée face à une lourde pluie. Ne possédant pas de parapluie, et le chemin jusqu’au restaurant étant long, elle avait discrètement tiré une baguette et lancé un sort repoussant la pluie. Cependant le résultat laissait à désiré, et la protection fut partiellement inefficace.

Aussi, alors qu’elle observait sa robe sur le perron du Gordon, la jeune femme dut tirer à nouveau sa baguette, après avoir observé qu’aucun moldu n’était alentour, et sécher l’étoffe violette. La robe qu’elle portait lui avait été fournie par le ministère à la sortie de son interview. En sortant du bureau du ministre, Kathleen s’était directement rendue au troisième étage et avait annoncé, au bureau indiqué par le ministre, qu’elle avait besoin d’une robe de soirée moldue. Elle avait alors en face d’elle, une petite femme replète qui semblait s’ennuyer terriblement. Mais lorsque Kathleen lui énonça sa demande, le visage de la sorcière sembla s’illuminer. Elle avait alors appelé un autre sorcier qui s’était alors agité autour de la jeune femme avec une sorte de ruban prenant des mesures de ci de là. Il avait alors disparu derrière une porte pour en réapparaitre, presque instantanément, les bras chargés d’une housse. De retour chez elle, en moins de deux, la sorcière n’en revenait toujours pas que les employés du ministère ne lui aient pas posé davantage de question, où tout simplement demandé son nom, ou une caution. Elle ne s’était pas attardée sur cette pensée et s’était lancée dans deux préparations compliquées. Une heure avant l’heure dite du diner ses potions étaient fin prêtes. S’occupant alors de la housse qui lui avait été fourni, Kathleen en tira une robe d’un tissu violet aubergine. L’étoffe fluide dans les doigts de la jeune femme fut rapidement enfilée ainsi que la première paires de chaussures noires à talon pas trop haut que la sorcière trouva. Les préparations dans une pochette verte émeraude, la jeune femme était partie en direction du cœur de Londres pour finalement se retrouver cinquante cinq minutes plus tard sur le perron du restaurant. À l’heure. Presque une première pour la sorcière.

La sorcière secoua sa robe dans un geste machinal pour en faire couler l’eau. Eau qu’elle avait déjà fait partir quelques instants plus tôt d’un coup de baguette magique. En faisant ce geste, la sorcière ne put s’empêcher de penser
* Quelle idée de faire des robes arrivant au-dessus des genoux *. Cela, au goût de la sorcière, laissait beaucoup trop de surface nue à la vue de tous. La sorcière devait se retenir de ne pas tirer sur le tissu de mousseline et essayer de couvrir ses jambes dévoilées. Mais la robe ne dévoilait pas seulement une partie de ses jambes. La robe offrait un décolleté en V qui s’arrêtait au niveau de la taille empire resserrée par un ruban de soie d’un ton violet légèrement plus sombre que la robe. Lorsque la sorcière avait vêtue la robe, le ruban s’était noué tout seul en un élégant nœud dans le dos. Dos qui lui même était peu couvert par le tissu : deux bretelles de mousselines transparentes retenaient l’étoffe sur les épaules de la jeune femme. Elle avait d’ailleurs déplié ses bretelles afin qu’elles couvrent d’avantage de peau. La robe violette faisait d’ailleurs ressortir le teint laiteux de cette peau.

Un léger frisson parcouru la jeune femme, malgré l’air lourd environnant, à l’idée de la légèreté de sa robe. Aussi Kathleen se hâta de franchir le perron. Le tissu fluide s’agita et suivit le mouvement de la jeune femme jusqu’à ce qu’elle s’arrête au niveau de la personne qui devait être le maître d’hôtel, et qui venait de la saluer.


« Bonsoir, j’ai rendez-vous avec monsieur William Vanberg. »
, avait énoncé d’une voix claire la jeune sorcière. À cet instant la jeune femme se demanda si le ministre avait bien réservé à ce nom car elle ne se souvenait plus du message exactement (probablement obnubilée par la partie sur la carte de crédit), et que dans le cas contraire elle ne put que se dire * Je ne peux pas indiquer que c’est le ministère qui a fait la réservation… * Cependant elle fut rapidement tirée de ses pensées lorsque son regard se posa sur la salle qui s’offrait à ses yeux. Derrière le pupitre du maitre d’hôtel, une pièce aux murs clairs était plongée dans une atmosphère intime à l’aide de bougies. Souhaitant observer davantage, Kathleen se pencha inconsciemment sur le coté, quelques cheveux se détachèrent du chignon désordonné dans lequel elle avait noué ses cheveux sur le coté droit. La sorcière vit alors des petites tables drapées de nappes d’un blanc impeccable, toutes décorées de fleurs aux couleurs variées. Le sol clair semblait refléter la lumière chaleureuse que les bougies projetaient. Mais l’inspection de Kathleen fut interrompue lorsqu’elle sentit un courant d’air derrière elle. Elle se redressa afin de mieux fixer le maitre d’hôtel et se reconcentra dans le cas où la réservation ne serait pas au nom de Vanberg.

Le pouvoir, c'est comme la confiture, plus y en a, plus c'est poisseux.

26 août 2011, 17:33
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
La soirée d'été était pluvieuse. Sur Londres, le soleil avait laissé sa place à ces épais nuages grisâtres qui obstruaient le ciel.
Le ministre avait transplané non loin du lieu du rendez-vous. Il était alors vêtu d'un costume moldu gris foncé au dessus d'une chemise blanche, et autour de son cou se trouvait un simple nœud papillon assorti à la veste. Cette tenue très simple plaisait bien à William, pourquoi faire compliqué ?

La pluie battait, mais ça ne semblait pas poser problème au ministre. Il appréciait la pluie, arrivé quelque peu humide au Gordon n'importait pas aux yeux de celui-ci. Il avait juste pris soin de protéger le tissu de son costume d'un sortilège simple. Le ministre aimait bien cette magie "utilitaire", ce n'était jamais superflu, et c'était souvent très discret. Les moldus ne voyaient pas ce genre de détails, il étaient quelque peu aveugles sur certaines choses d'ailleurs. Cela n'empêche pas de prendre quelques précautions lorsqu'il s'agit de magie en public.

Le restaurant enfin en vue, le ministre aperçu sur le perron du Gordon une Dame portant une élégante robe moldue pourpre foncé. Ce n'est qu'en s'approchant qu'il reconnu Kathleen, en train de s'efforcer à nettoyer sa robe de toute trace d'eau, avant d'aller s'annoncer au maître des lieux.
Sitôt elle avait annoncé sa réservation que le ministre était apparu sous le perron, juste derrière la journaliste qui patientait un instant.
Après une observation rapide, le ministre perçu que la femme n'était pas très à l'aise. Était-ce la perspective de la soirée, ou un malaise causé par sa tenue vestimentaire imposée par le ministère, que le ministre lui même n'avait jamais vu jusque ici ? Cela, il préféra ne pas le savoir, et toujours derrière la sorcière, il s'annonça.


Bonsoir, je suis Mr Vanberg, j'ai réservé une table pour cette dame et moi.

Le maître d'hôtel qui venait à peine de trouver la réservation à la demande de Kathleen leva rapidement la tête et aperçu alors le ministre de la magie, sans pour autant en avoir jamais entendu parler.
Ce dernier invita le ministre et la journaliste à le suivre, mais avant d'y procéder, le ministre salua comme il se devait la personne qui se trouvait alors en face de lui, puisque celle-ci avait fait volte face à son annonce.


Bonsoir Kathleen, vous avez passé un bon après midi j'espère ?
Sur son visage s'arpentait dès lors un sourire discret, qui appuyait son regard qui dès lors appréciait la beauté de la dame. La teinte de la robe lui allait comme un gant, et cette tenue était quelque peu ravissante. *Il ont quand même bon goût chez les stylistes du ministère, ils ne sont pas là pour rien*

27 août 2011, 20:07
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
Le maitre d’hôtel avait haussé un sourcil lorsque Kathleen avait annoncé le nom de la réservation. À son haussement de sourcil il était facile de deviner qu’il n’avait jamais entendu le nom de Vanberg, et surement qu’il doutait de trouver le nom dans la liste. Cependant la règle devait être de vérifier, aussi il parcouru le papier de son doigt. Vers la fin de la liste, son doigt s’arrêta sur un nom. Étonné il semblait vouloir parler à la jeune femme, mais il fut interrompu par l’arrivée d’une nouvelle personne.

William Vanberg venait d’arriver et s’était arrêté au niveau de Kathleen pour confirmer la réservation que la sorcière avait énoncé plus tôt. Un sentiment de soulagement envahit la jeune femme, qui avait un doute sur le nom de la réservation. Elle se tourna pour faire fasse au ministre et mieux l’observer. Le premier mot qui lui vint à l’esprit était
* Élégant. * Le costume sobre et sombre était égaillé d’un élément qui décrocha un sourire en coin à la sorcière : un nœud papillon. À cet instant William la salua. La sorcière avait toujours était attirée par les nœuds en tout genre. D’ailleurs malgré son coté cracmol, elle s’avérait extrêmement douée pour la réalisation de nœuds enchantés. Elle avait notamment réalisé de magnifiques nœuds pour cheveux ayant la particularité de figer leur porteur : très efficace pour se débarrasser d’une Viviane.

En réponse à la salutation du ministre, Kathleen céda à une irrépressible envie de tirer sur les cotés du nœud qui était fièrement installé autour du col du ministre. Une fois chose faite, elle répondit :


« Bonsoir ! Un après midi chargé, mais tout s’est finalement déroulé comme sur des roulette.»
Kathleen avait gardé certaines de ses expressions moldues dans son langage. En effet son plan s'était parfaitement exécuté, ormis un léger incident avec un elfe de maison. Avant d’ajouter sur le ton de la confidence : « En partie grâce aux employés du ministère. Ils ne sont pas très curieux au passage. Enfin j’imagine que ce n’est pas un trait recherché chez les employés du ministère, contrairement à ceux de la Gazette. Au fait, charmant votre costume ! »

Le maitre d’hôtel choisit d’interrompre la sorcière pour indiquer au ministre et sa bavarde compagne de le suivre jusqu’à leur table. Sans se faire prier, Kathleen suivi le moldu à travers la salle observant le plafond décoré de fine moulures blanches entrelacées, qui semblait animé comme par magie. En fait l’ombre des moulures projeté sur le plafond par des bougies vacillait provoquait cette impression. Le moldu s’arrêta à hauteur d’une table située dans un coin au calme. La table était agrémentée de deux couverts et un joli bouquet composé de fleurs rouges et blanche siégeait sur le coté. Kathleen s’installa à la place que lui offrait le maitre d’hôtel en faisant attention de ne pas froisser le tissu de sa robe. Une fois assise, elle posa sa pochette verte sur son coté gauche de façon à ce qu’il soit légèrement masqué par le bouquet.

Observant la table, Kathleen serra les mains comme une enfant devant une confiserie. Mais elle dut se ressaisir rapidement lorsqu’on lui présenta une carte. Elle ne prit la peine de l’ouvrir et la posa sur le coté droit avant de mettre les coudes sur la table – oubliant toutes les règles de bienséance – et demander à William :


« Et vous ? L’après midi fut bonne ? »


Face à l’homme, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de sourire, à la perspective de la soirée : Un, elle était en compagnie d’un homme dont le compte en banque était probablement l’un des plus rempli. Deux, l’homme était plaisant au regard. Trois, elle ne savait pas trop à quoi s’attendre du ministre de la magie mais il lui avait semblé sympathique quoi que peut-être trop sur la réserve, mais elle avait prévu un petit quelque chose pour ça. Cette pensée lui rappela qu’un certain elfe de maison devait être dans un sacré état en ce moment même. Quatre, et ça s’était le pompon, elle allait manger du chocolat.

Le pouvoir, c'est comme la confiture, plus y en a, plus c'est poisseux.

28 août 2011, 00:14
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
Alors que le maître d'hôtel semblait se retrouver dans le fouillis des réservations du restaurant, et que la sorcière confirmait que son après midi s'était bien passé, en ajoutant que tout s'était bien passé avec une expression quelque peu étrange. Il faut croire que ces occupations de l'après midi s'étaient bien passées, avait-elle travaillé toute l'après midi sur la Gazette ?
Dans sa réflexion, il se rendit compte que la sorcière en face de lui venait de complimenter vivement la tenue vestimentaire du ministre, celui-ci se contenta d'un sobre remerciement. Alors qu'ils s'avançaient vers leur table, la sorcière visiblement très pressée de rejoindre celle-ci, il préféra ne pas spécialement se faire remarquer.
Il remercia vaguement le maître des lieux pour avoir servit de guide sur la petite surface qu'occupait le restaurant. Le restaurant n'était en effet pas spécialement grand, mais offrait un cadre luxueux et très minutieux. Les tables étaient parfaites et recouvertes d'une nappe blanche. La vaisselle était faite de porcelaine, et l'on retrouvait devant soit deux assiettes, deux verres et quelques deux ou trois couverts de chaque, en argent.
Le tout était éclairé à la bougie dont les chandeliers noirs contrastait de façon très subtile avec le blanc omniprésent sur la table.
Dans cette ambiance luxueuse dont le ministre était aujourd'hui bien habitué, il se décida enfin à retourner les compliments à son interlocutrice.


J'aime beaucoup votre robe, cette couleur vous va très bien. Pour en revenir à la curiosité des gens du ministères, ce n'est pas spécialement un atout de l'être effectivement, de toute façon, même les plus curieux dans le métier se rendent vite compte qu'il est souvent mieux de ne pas tout savoir.

Il ponctuait sa phrase avec un léger sourire, et ses yeux d'un bleu-vert éclatant s'étaient plissés quelques peu. Il venait juste d'annoncer, peut-être à la presse, que certaines affaires du ministère étaient tellement délicates qu'il valait mieux ne même pas en soupçonner leur existence. Ce danger lui apportait un peu de piquant dans la soirée qui allait être amusante.
La journaliste prenait ses aises sur la table. Sans doute n'avait-elle pas remarqué que le cadre du restaurant était quelque peu "chic" et que sa clientelle était restreinte à quelques privilégiés de Londres. Ce manque d'éducation mit le ministre mal à l'aise, mais il n'allait pas sermonner la journaliste, elle n'en avait plus l'âge, et ce n'était pas spécialement le moment choisi, car Kathleen venait juste de lui questionner sur le bon déroulement de son après midi.
Pour ce qui était des bonnes manières, le ministre allait juste se contenter de montrer l'exemple en plaçant ses mains sous la table, comme tout british de la haute le ferait en l'absence de plat sur la table.


Oui, mon après midi s'est bien passé. J'ai juste eu le temps de clore un dossier avant de venir. Rien de bien intéressant.

Ces derniers mots étaient bien évidemment un mensonge, aucun des dossiers peu intéressants n’atterrissaient sur le bureau du ministre, c'était une évidence, mais il ne fallait pas attirer la curiosité de la journaliste sur des pentes obscures et dangereuses. D'autant plus qu'une serveuse était déjà à notre écoute devant la table. Le ministre n'avait pas encore pris le temps de jeter un oeil à la carte que le majordome avait laissé en partant, ni de toucher à la carte des vins. Bien choisir le vin, c'était quelque chose d'important dans le repas. Sans se faire prier par la serveuse, il se saisit des deux cartes et les examina très rapidement pour avoir de quoi commander dans les prochaines minutes.

28 août 2011, 22:35
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
Reducio
J'agis ici en temps que Jenny, serveuse au très prestigieux Gordon Ramsay, et non pas bien entendu en temps que Miranda Piedodu. Merci de votre compréhension.


Jenny était serveuse au Gordon Ramsay depuis quelques mois déjà, et elle avait vu passer toutes sortes de couples (voire de familles) riches, célèbres ou influentes, ou bien les trois. En effet, pour pouvoir être reçu au Gordon Ramsay, il fallait réserver des mois à l'avance, et pour se faire, avoir des relations. Elle ne s'étonnait plus de cela, mais trouvait horripilant ces gens outranciers qui lui rappelaient qu'elle-même ne ferait jamais quelque chose de sa vie.

Oh, non pas qu'elle n'ai pas eu de chances de travailler au Gordon Ramsay. Dans un restaurant si réputé, les rémunérations dépassaient le salaire qu'elle aurait pu espérer ailleurs au même poste. Cependant, cette compensation allait de paire avec une discipline particulièrement rigide. Pour devenir serveuse, Jenny avait dû se confronter à la compétition. Chaque détail de leur apparence était examiné, leur présentation, la grâce de leur service ... Et une matrone pour les surveiller constamment. Au moindre faux-pas, ils pouvaient se faire renvoyer.

Mais quel avenir aurait-elle ici, elle qui ne rêvait que de tapis rouge, de paillettes et de strass ? Servir à longueur de journées des gamins pourris-gâtées par la vie lui donnait envie de vomir. Mais c'était avec un sourire colgate qu'elle accueillait jour après jour les clients. Elle ne le savait pas encore, mais ce soir-là resterait peut-être comme le plus incongru de son expérience au Gordon Ramsay.

Jenny était en train de ruminer des sombres pensées lorqu'une voix dure et sèche s'adressa à elle :


"Jenny, table 17, et que ca saute !"

L'empressement était toujours de rigueur lorsqu'il s'agissait de satisfaire un client, et Jenny ne se fit pas prier. En avançant vers la table, elle détailla rapidement du regard les deux personnes qui y étaient assises : un homme, en costume - comme l'était en général la plupart des hommes qui venaient dîner ici, du reste - et une jeune femme vêtu d'une adorable robe violette - qui devait probablement valoir une fortune, les femmes venant au restaurant appréciant particulièrement les robes de grands créateurs - et qui portait une pochette verte.

*Faute de goût évidente* ne put s'empêcher de penser Jenny.

Bien sûr, elle avait vu pire en la matière. Comme cette vieille peau qui était venue un jour, toute liftéé de partout, portant une robe léopard avec des talons aiguilles oranges, maquillés comme une voleuse avec ses énormes boucles d'oreilles en forme de cercle. Elle aurait dû être payé plus rien que pour supporter tout ce mauvais goût que les personnes aisées s'autorisaient ... Elle aurait pu être styliste, si elle l'avait voulu ! Elle avait un goût fin et raffiné qui aurait parfaitement fait l'affaire, selon ses propres dires ...

Ces observations n'avaient duré, en réalité, que quelques secondes à peine, mais ce qui étonna le plus Jenny, au moment où elle arrivait sur la table, il fut évident que la jeune femme y était plus ou moins affalée, les coudes fermement mis en avant. Une autre qu'elle aurait probablement écarquillé les yeux de surprise, mais pas elle, professionnalisme obligeant. Cela ferait les cancanages de la petite bande de serveuses, dont la principale distraction était de se raconter tous les ragots et potins qu'elles pouvaient trouver sur les clients, dont faisait bien évidemment partie le manque de savoir-vivre évident.

L'homme, au contraire, paraissait particulièrement raffiné, et semblait avoir toutes les clés en mains pour faire honneur à ce genre de restaurant. Jenny pensa immédiatement avoir cerné le tableau. Un membre éminent de la société qui voulait s'octroyer de petits "à-côté" dans sa vie monotone, et décidait pour cela d'emmener la banale fille du peuple qu'il avait remarqué dans son bureau (le plus souvent une secrétaire) dans un restaurant chic qu'elle n'aurait jamais pu se payer dans la vraie vie, histoire de lui mettre pleins d'étoiles dans les yeux avant de l'emmener un peu plus loin dans leur relation ... Exactement le genre d'homme marié avec deux enfants qui ne supportaient plus sa mégère de femme ...

Jenny n'avait aucune estime pour ce genre de femme, crédule, stupide, qui se laissait acheter avec un bon repas et une bouteille de vin. Ces briseuses de couple qui ne savaient que faire la potiche. Bien sûr, la jeune femme assis à la table était d'une beauté incontestable. Ce qui mettait d'autant plus en rogne la serveuse. Jamais un homme de pouvoir ne l'inviterait ELLE dans un pareil restaurant ... Et elle serait obligée de servir inlassablement ces ignobles petites pimbêches ...

Jenny respira un grand coup et afficha son plus beau sourire tandis que l'homme jetait un coup d'oeil sur le menu et la carte des vins.


"Bienvenue dans notre restaurant. Nous espérons que vous passerez une agréable soirée. N'hésitez à faire appel à moi si vous avez la moindre demande."

Des formules de politesse d'usage que chacune des serveuses était tenue de débiter. Venaient ensuite les classiques recommandations de la carte.

"Si je puis me permettre ... En entrée, notre Gaspacho de poivron rouge, tomates et avocats fait particulièrement fureur en ce moment.
Pour le plat, je vous conseille vivement la fricassée de loup de mer sauvage, saumon, crevette tigrée et crabe farci aux tomates, accompagnée de son assiette de légumes de saison ..."
Reducio
Pour ma défense, je tiens à préciser que ces idées viennent directement du site des restaurants de Gordon Ramsay, même si mes traductions ont été un peu approximatives ...


Venait le moment le plus important. Le vin. Il fallait un vin qui soit à la hauteur de la personne représentée, pour qu'elle ne se sente pas insultée par un vin inférieur à ce qu'elle avait l'habitude de prendre. De même, il ne fallait pas bafoué l'honneur d'un client en lui proposant un vin hors de la portée de sa bourse. Enfin, il fallait réaliser le maximum de bénéfice sur ces accompagnements de plus en plus prisés dans les hauts-lieux londoniens. Tout était une affaire de dosage. Ne sachant à quoi s'attendre avec ce client-ci, Jenny misa sur la prudence en lui conseillant un vin très apprécié du fait de son origine So Frenchy.

"Pour accompagner ceci, puis-je vous conseiller un Bordeaux cuvée 2017, une excellente année, soit dit en passant "
Reducio
Il parait que nous sommes en 2021, je suis sûre que l'année 2017 sera très bonne pour les vins x)

29 août 2011, 11:21
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
Encore en tête le dernier compliment du ministre sur sa tenue, la sorcière se dit qu’elle n’aurait définitivement pas sa place au ministère à la vue de sa curiosité récurrente. Curiosité qui lui avait posé de nombreux problèmes au cours de sa scolarité, mais également de belles découvertes. En parlant de curiosité, celle-ci fut éveillée lorsque le ministre évoqua un dossier soi-disant inintéressant : le ministre possédait bien évidemment de nombreux sous-fifres pour traiter les affaires banales. Kathleen se disait que parmi la pile de dossiers qui figurait sur le bureau du ministre, il n’y avait que des sujets épineux qu’elle rêverait de publier. Cependant ce soir n’était pas consacré aux dossiers épineux, et la journaliste qui sommeillait au fond de la jeune femme se rendormit – enfin pour le moment.

La sorcière allait demander au ministre s’il lui arrivait souvent de trouver son travail aussi inintéressant, lorsqu’une charmante serveuse arriva au niveau de leur table en affichant un grand sourire. Lui rappelant soudainement sa position, le lieu et l’environnement où elle se trouvait, Kathleen réalisa qu’elle était penchée en avant au-dessus de la table, les coudes sur la table. Si une certaine Viviane voyait cela, elle en ferait une syncope avant de faire subir un nombre incalculable de châtiments, dont elle seule avait le secret, à la sorcière mal élevée. À l’idée de ses châtiments, la jeune femme enfouit soudainement les mains sous la table et se redressa sur sa chaise afin d’écouter les propositions de la jolie petite serveuse. Kathleen qui avait tout d’abord l’intention de prendre tout ce que l’employée proposerait, réalisa rapidement que cela ne lui conviendrait pas.


« Merci mademoiselle. Je prendrai en effet ce gaspacho. Par contre cette farandole de produits de la mer et de pinces, très peu pour moi. »


Alors qu’elle prononçait sa dernière phrase avec un certain amusement, elle saisit la carte qu’elle avait posée sur le coté. Elle avait la ferme intention d’y choisir avec extrême précaution et surtout... au hasard un plat parmi la liste de noms improbables figurants sur la carte. Son regard s’éloigna précipitamment de certains tels que Poussin Farci ou Langue de… dont elle ne prit même pas la peine de lire la suite. Rapidement elle se fixa sur quelque chose qui devait être inoffensif :

« Par contre l’Agneau de Cornouailles me semble plus inoffensif. »
Kathleen ajouta en direction du ministre, sur le ton de la confidence : « D'ailleurs l'énoncé de ce plat mériterait que je le publie dans la rubrique Cuisine de la Gazette, je devrais peut être envoyer des journalistes regarder ce qu'il se passe chez les mo... enfin par ici... » La sorcière se reprit, car elle était en présence de moldus, heureusement qu'elle n'avait pas précisé qu'elle aurait bien agrémenté le titre en : l'Agneau de Cornouailles et ses Lutins.

La sorcière n’ayant pas eu le temps d’ouvrir la carte des vins, et ne comptait pas ouvrir – elle ne buvait jamais de vin. La seule chose légèrement alcoolisée qu’elle buvait était de la bierreaubeurre, et d’ailleurs elle avait la gorge un peu desséchée. C’est donc aussi naturellement qu’elle demanda qu’on lui apporte :


« Quant au vin je ne sais pas, mais pourriez-vous m’apporter en attendant une bierraubeure. Vous seriez gentille. »


Elle adressa sa dernière phrase avec un immense sourire plein de sincérité - ou de crédulité - : le petite serveuse rendait le service beaucoup plus appréciable que l’elfe de maison de Viviane, et après tout Kathleen trouvait l’employée très serviable et
* mimi *. La sorcière referma lentement la carte et la présenta à la serveuse.

Le pouvoir, c'est comme la confiture, plus y en a, plus c'est poisseux.

31 août 2011, 18:56
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
Lorsque les oreilles distraites du ministre entendirent ce qu'il entendu, il manqua simplement de s'étouffer. Ses yeux d'un bleu-vert éclatant s'étaient pendant l'espace d'une seconde écarquillés.
Non le ministre ne rêvait pas, elle avait demandé le plus naturellement du monde, une bièrhaubeurre, là, ici, dans un restaurant moldu. Alors que la serveuse n'avait pas encore tout à fait saisi la situation, où bien encore se demandait ce que pouvait demander la dame, il tenta de rattraper le coup sans magie.
C'est alors qu'en s'exprimant très rapidement, il expédia à la serveuse, très gêné :


Deux Gaspachos en entrée, votre vin c'est très bien, nous verrons la suite après.

Et sur la lancée, sans plus réflechir au moindre de savoir vivre il se saisit des trois cartes de la table, parmi elles la carte des vins, et les donna à la serveuse rapidement, dans un mouvement qui aurait pu être si il n'y avait pas eu de carte un "poussé de serveuse".
Ce mouvement avait bien fait comprendre à la serveuse que c'était l'instant de s'absenter, et de ne pas revenir sans l'entrée.

La serveuse enfin éloignée, le ministre regardait la journaliste qui n'avait pas bien saisi ce qu'il s'était produit dans les dix dernières secondes. Dans son regard, on pouvait lire une sorte de pitié. Ce n'en était pas, c'était en réalité un sentiment très profond au fond du ministre, qui exprimait l'empathie qu'il pouvait y avoir lorsque l'on observait une gaffeuse de cette envergure, qui sauf indication contraire, ne s'était rendue compte de rien.
Il approcha sa tête au dessus de la table, et chuchota avec confidence :


Vous êtes au courant que nous sommes sortis en milieu moldu ce soir ? Ainsi serait-il préférable de commander des spécialités moldues, et non sorcières, hum ?

Il esquissa un sourire qui se voulait rassurant. Pourtant, au fond de lui même, il espérait de tout cœur que ce genre d'incident, ou de gaffe ne se reproduiraient pas. Il était extrêmement loin de se douter de la trame qu'allait prendre la soirée. La serveuse n'était pas encore tout à fait au bout de ses surprises, ce n'était ici que le commencement.

12 sept. 2011, 15:49
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
Reducio
Vraiment désolée pour l'attente, cette semaine je n'ai pas eu une minute à moi ...


Cette fille clochait. Elle l'avait su tout de suite en voyant son petit sac vert. Et ses manières ensuite. Sa façon de refuser sa superbe assiette de fruits de mer (qui n'était pas la sienne, au final) et de demander de l'agneau ... Et sa façon de faire genre "oui moi je travaille dans un journal" alors qu'elle n'en était que la secrétaire. Comme si les considérations d'une simple secrétaire pouvait influencer les décisions d'un journal ... Et puis ils lui poseraient des questions, c'était évident. Qu'aurait-elle fait dans un restaurant si important ? Ca allait jaser ... Peut-être que l'homme en face d'elle était le directeur du-dit journal. Cela expliquerait bien des choses. Mais quelle idée avait-il eu de ramener cette fille-LA ?

En réalité, les considérations de Jenny étaient plutôt dérisoires à ce moment précis, parce que la jalousie avait pris le dessus. Mais lorsque la jeune femme prit la parole de nouveau, Jenny pensa qu'elle avait pris un sacré coup sur la cervelle.

" Quant au vin je ne sais pas, mais pourriez-vous m’apporter en attendant une bierraubeure. Vous seriez gentille. "

Une ... Bière au Beurre ? Mais de quel coin paumé cette femme venait-elle pour qu'on lui serve de la bière avec du beurre ? Peut-être avait-elle voulu faire classe devant l'homme qu'elle accompagnait. Une chose qu'elle avait entendu au détour d'un couloir et qu'elle avait mal comprise. Ou une blague que lui avait fait ses collègues. Vu sa sottise, ca n'aurait pas beaucoup étonné Jenny.

A la base même, demander une bière dans un restaurant aussi chic était un énorme affront. Mais avec du beurre ... Elle voulait quoi, au juste ? Du beurre fondu rajouté à sa bière ? Des petites tartines de beurre à côté de sa bière ? Tout cela semblait tellement énorme à Jenny que si elle n'avait pas été en service, elle aurait éclaté de rire. Et cette fille qui lui souriait ...

L'homme, semblant tout d'un coup empressé, prit la parole :

"Deux Gaspachos en entrée, votre vin c'est très bien, nous verrons la suite après. "

Sans doute était-il extrêmement gêné, et s'était rendu compte de son erreur d'emmener cette fille à un restaurant pareil, et cela expliquait également pourquoi il lui avait fourré les cartes dans les mains en la poussant presque pour qu'elle s'en aille. On pouvait sentir la tension dans l'air, et Jenny préféra s'écarter. Arrivée devant la cuisine, elle annonça les deux gaspachos et le vin pour le sommelier, puis se retourna vers la table des deux étranges personnages.

En cette instant, elle ne comprenait plus grand chose, à la vérité, et se posait de plus en plus de questions sur les deux jeunes gens. Elle n'avait plus nulle envie de servir d'autres tables. Son attention entière était focalisée là-bas. L'homme s'était penché sur la table et semblait dire quelque chose à sa compagne. La réprimander, probablement.

Jenny servit deux tables, en mode radar, sans faire vraiment attention, laissant son habitude de travail prendre le dessus, et reçu enfin la commande de l'étrange couple. Ses gaspachos à la main, elle arriva devant eux.


"Excusez-moi pour l'attente, voici vos entrées. Votre vin va vous être apporté."

En réalité, il ne s'était déroulé que quelques minutes, mais là encore, les formules de politesse était d'usage.

11 janv. 2012, 17:58
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
Lorsque le ministre passa sa commande, Kathleen fut surprise par l’empressement du ministre à faire s’éloigner la serveuse de leur table. La surprise fût d’autant plus grande lorsqu’il se pencha en avant comme pour lui faire une confidence. Un léger soubresaut étreint le coeur de la jeune femme. Mais cet espoir fut douché rapidement : elle avait dit ou fait quelque chose qui avait probablement trahi leur « différence » avec les moldus. Les mots de William, bien que n’étant pas énoncés de façon blessante, avait amené la sorcière à se ressaisir.

Elle avait été bien trop négligente, trop préoccupée à la réalisation de son plan. Aussi il fallait se reprendre et immédiatement. Après tout, elle avait vécu près de onze années comme une parfaite moldue. Le fait qu’elle se soit conduite d’une telle façon était la preuve que le lavage de cervelle que Viviane lui avait fait subir, avait bel et bien porté ses fruits (contrairement à ce que Kathleen pouvait penser). Aussi, la sorcière indiqua à son compagnon de table qu’elle avait bien sais le message :


« En effet ! »
, avant d’ajouter :

« D’ailleurs heureusement que la fondue au chocolat est aussi connue des moldus ! »
, le ton était plein d’entrain, et pouvait laisser présager que la jeune femme, avait peut faire de l’entrée ou de plat qui allait lui être servi. Non, ce qui l’intéressait c’était le dessert. Et aussi peut être son petit plan machiavélique. D’ailleurs, il était probable que la Kathleen se réserve pour le dessert et ne finisse pas ses plats. Alors qu’elle se faisait cette petite remarque, la gentille serveuse apporta leurs entrées avant de s’éclipser leur annonçant l’arrivée imminente d’une bouteille de vin. Cette annonce sonna comme un déclic pour la sorcière : elle tenait son plan.

Ni une ni deux, elle avança la main gauche et saisit sa pochette, comme pour la déplacer afin de laisser davantage de place pour utiliser ses couverts. Se faisant elle déclipsa la petite poche verte, et tout en l’écartant légèrement. Une fois la pochette sous la serviette la sorcière s’empara de son contenu, le glissant discrètement dans sa main gauche. Attrapant la serviette, Kathleen glissa les mains sous la table, et en profita pour y glisser la petite fiole dans sa main droite. La jeune femme en profita pour poser la serviette sur ses jambes en prenant soin de replier le bord du bout de tissu. La petite bouteille bien coincée entre son auriculaire et son annulaire, la journaliste se redressa et saisit la cuillère à potage située sur sa droite. Il ne manquait plus qu’au serveur d’apporter la bouteille et Kathleen mettrait son plan à exécution.

N’ayant pas le temps de gouter le gaspacho, un nouveau serveur, probablement la personne spécialisée en vin, apporta la bouteille. Un deuxième éclair de génie survint lorsque le *pop* produit par le débouchage de la bouteille résonna : si elle renversait le contenu de la fiole dans la bouteille, elle serait elle aussi sous l’emprise de sa potion. Mais elle n’avait pas tellement le choix, glisser sa préparation directement dans le verre de William serait trop flagrant. Pesant le pour et le contre, Kathleen se perdit dans ses réflexions. Le serveur était en train de faire gouter le vin au ministre. Lorsqu’elle eut arrêté sa décision, le serveur était déjà reparti, le verre de la jeune femme était rempli à moitié tout comme celui de William et la bouteille était à présent posée au milieu de la table à coté d’une petite composition florale.

Kathleen saisit sa chance, avança la main vers les fleurs rouges et blanches, et se saisit d’un des pétales immaculés, avant de faire mine d’admirer ce dernier. En réalité elle venait de déverser le contenu, légèrement argenté, dans la bouteille. Posant le pétale à coté de son propre verre, Kathleen remarqua qu’elle venait de faire l’ensemble de ses gestes avec la cuillère à potage toujours dans sa main. Le ministre avait peut être cru un instant qu’elle allait lui jeter sa cuillère à la figure ou bien, qu’elle comptait tout simplement se servir dans sa propre assiette.

Cette dernière idée fit sourire la jeune femme. Remplissant sa cuillère, elle gouta la préparation.
* Au moins c’est léger, et ça laissera de la place. * La soirée risquait d’être mouvementée, aussi elle se dit qu’il était temps de se préparer… en avalant une gorgée de vin. Saisissant son verre, elle avala non pas une gorgée mais la moitié de la boisson. Rien de mieux pour vous mettre dans l’état :

« Vous arrive-t-il souvent de sortir dans le monde des … »
Ayant encore toute sa tête, elle n’avait pas oublié l’avertissement qui lui avait été donné quelques instants plus tôt. Aussi elle ne fit que mimer avec ses lèvres le mot : moldus. La journaliste avait parlé. Pour combien de temps encore, car lorsque les verres seraient vides, ils seraient rapidement remplis d’un vin … particulièrement relaxant… À condition que le ministre n’est pas remarqué sa petite manœuvre pas forcément discrète.

Reducio
Désolée pour le temps de réponse ^^. Et encore plus pour la clarté : complètement rouillée en rp...

Le pouvoir, c'est comme la confiture, plus y en a, plus c'est poisseux.

20 juin 2012, 21:41
Au Gordon Ramsay : Du rêve en chocolat
La sorcière menait encore un petit jeu qui amusait le grand sorcier qu'était le ministre : elle venait de saisir un pétale pour une raison qu'il ignorait le plus du monde. Une facétie que la femme en face de lui était capable d'improviser à souhait. Petit trait de son caractère qui lui apportait un charme immense aux yeux du ministre.
Le pétale avait été déposé auprès de son assiette, après l'avoir observé avec des yeux qu'aurait eu une fille moldue de 6 ans face à un tour de magie sorcier. Décidément, avec qui s'était-il embarqué, il souhaitait que lui même puisse avoir la même innocence, la même insouciance et surtout le même émerveillement envers les choses simples de la vie. Ce n'était plus le cas depuis longtemps, d'autant plus depuis qu'il avait été nommé Ministre de la Magie.
Mais son émerveillement était de courte durée, le vin étant arrivé, il voulu le goûter, avant de s'apercevoir avec non sans un frisson dans le dos que sa compagne avait déjà à moitié vidée son verre. Toute une éducation à refaire, pensait-il.
Sans un mot, il saisit son verre, fît tourner le vin sur ses bords, leva le verre vers la lampe pour en apprécier sa couleur. Il tourna encore le vin, et approcha le verre d'un geste délicat vers son nez. L'odeur était nacrée, un peu sucrée. Il sentait déjà que le vin serait particulièrement fruité, avec un caractère que son nez ne pouvait pas saisir immédiatement. Aussi par curiosité, il porta le verre à ses lèvre, et goûta une petite lampée du vin. Il était très fin, fruité comme prévu, et apportait un arrière goût particulièrement agréable. Cette cuvée 2017 plu tout de suite au ministre.
Il pu saisir ses couverts, et commencer son Gaspacho servi assez rapidement. Il se promit qu'il essaieras de se rattraper avec la pauvre serveuse qu'il a envoyé balader quelques instants auparavant !
Aussi il voulu renouer la conversation en répondant aux questions non indiscrètes de la sorcière


Et bien ... oui, ils ont quelque chose de fascinant, vous ne trouvez pas ? Mes entrevues avec le premier ministre sont intéressantes, et pas seulement politiquement. Même si il me regarde étrangement lorsque je ...

Il s'arrêta subitement dans sa phrase, simplement parce qu'il... il se sentait bien, détendu, pour la première fois depuis si longtemps, il n'y avait pas le stress du ministère, pas d’inquiétude face au lendemain, pas de quiétude face à toutes les épreuves de la vie. Pourtant il n'avait rien bu de vin encore, était-ce de l'ivresse ? Si oui, il devait être plus fatigué qu'il ne le pensait, mais ça n'avait que peu d'importance à l'instant même, il réfléchissait à ce qu'il appréciait à l'instant présent :
L'odeur discrète et appétissante du gaspacho. Aussi il n'attendit pas une seconde de plus : il le gouta. Une explosion de saveurs qui lui donnèrent une immense satisfaction à manger, il appréciait pleinement le présent !
Comment décrire cette explosion ?
Puis il regarda son interlocutrice. Comme évoquer ce qu'il avait en tête en la voyant, cette jeune femme pâle, mais au combien empli de charme. Son sourire le hantait, son regard lui apportait une énorme satisfaction. Son sourire aborda alors un sourire béat.


Vous ai-je dis que vous étiez resplendissante ce soir, ma chère ?

Ces mots avaient été à peine réfléchis, mais le ministre ne s'en souciait plus. Il se sentait bien, et il voulait faire quelque chose pour cette femme, pour l'épater, ou la rendre heureuse. Il fallait agir...

Reducio
Quelque chose me dit qu'il y a dans le vin quelque chose qui accélère les effets de la potion, et qui ajoutent même un effet indésirable : l'instant présent est beaucoup plus intense, et plus agréable. Chaque acte si anodin soit-il devient étonnement intense et significatif ! =)
(oui, ajoutons du piment dans la soupe)