Été 48 Portree Ecosse

RECUEIL DE TEXTES DE L’ÉTÉ 48
PORTREE, ISLE OF SKYE
SCOTLAND




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SOMMAIRE
Reducio

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Portree est vide



Jeudi 25 juin 2048
8 heures




Les premiers rayons du soleil viennent traverser la fenêtre et gagnent leur bataille contre mes rideaux bleu marine. La lumière se fraie un chemin et atteint mes paupières pour m'ordonner de me réveiller. Ma première pensée, avant même d'ouvrir les yeux, est de vérifier. Je tire sur la couette, saute de mon lit et fonce vers la fenêtre qui n'attend que d'être ouverte. Pas de professeure en vue. Je me frotte les yeux, vérifie une seconde fois et soupire. Il me reste encore une chose à vérifier.

J'ouvre la porte, descends deux marches avant de revenir sur mes pas, prenant conscience qu'un t-shirt pourrait être porté, et termine ma course jusqu'à la cuisine. Mes parents y sont déjà, l'un avec une poêle et des haricots blancs à la sauce tomate dedans, et une qui dresse la table. Elle m'envoie le même sourire désolé qu'elle a appris à me donner depuis trois jours.

- Non, toujours pas de lettre, mon chéri.

Le dernier espoir s'envole. Pas de lettre non plus de Miss Valerion. Ma mère peut sûrement lire l'air triste qui se lit sur mon visage, car elle se dirige vers moi pour me caresser les cheveux et me sourire davantage.

- Je suis sûre que tes amis finiront par t'écrire. Ca ne fait que quelques jours qu'ils sont rentrés eux aussi, tu sais.

Je relève la tête vers elle, perturbé par l'énonciation de mes amis. J'avais oublié que je n'avais rien dit. J'oublie qu'elle croit que j'attends des lettres d'amis quand je n'attends que la lettre de Sixtine Valerion. Je hausse les épaules et m'assieds à table, en silence. Je relève la tête vers l'horloge : je serais dans son cours à l'heure qu'il est. J'y serais si j'étais resté à Poudlard.



~ ~ ~



Jeudi 2 juillet 2048
10h30



Une fois Sluggans Drive descendu, je traverse la station service et longe Beech Gardens pour arriver plus vite dans la petite forêt. La pluie d'hier a rendu le sol glissant mais les barrières en bois ont suffisamment séché pour que je puisse m'y tenir si je venais à déraper. Je tire sur une branche en bois, la casse et avance jusqu'au premier pont en bois avant de m'y arrêter. Je vérifie autour de moi qu'il n'y ait personne, extirpe ma baguette de ma poche gauche et compare les deux baguettes. Celle que je tiens à droite mesure bien plus de vingt-sept centimètres, je vais donc devoir la raccourcir encore un peu. Je pense au sortilège de découpe, y songe quelques secondes, mais choisis finalement la méthode moldue et la casse à la main en rangeant la magique dans ma poche. Voilà une nouvelle baguette ! Je vais pouvoir m'entrainer avec, avant de faire n'importe quoi avec la vraie.

Je pointe ma fausse baguette vers la barrière du petit pont et mime la gestuelle du sortilège de découpe avant d'énoncer la formule.

- Diffindoé ! Pooooow ! Plus de pont !

Je reprends ma marche, rejoins le petit banc qui fait face au ruisseau pour m'y asseoir. Je cherche le plus gros caillou qui dépasse de l'herbe terriblement verte et pointe à nouveau ma baguette pour cette fois énoncer le sortilège suivant.

- Wingardium Leviosa ! Je cours vers le caillou, le saisis et le lance le plus haut possible dans les airs. Pfiouuuu ! Tu t'envoles !

Je m'éloigne par précaution en le voyant retomber et souris, satisfait du sort lancé.

- Bravo, Monsieur Sharp !, m'exclamé-je en imitant faussement Miss Priddy. Cinq points pour...

Je laisse ma phrase en suspend, m'assieds sur l'herbe et laisse ma tête retomber avant de fermer les yeux.

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Un weekend pour prendre l’air



Samedi 4 juillet 2048
8 heures 30




Même réveil, même habitude, même espoir, même déception. J’enfile le premier sweat qui traîne sur ma chaise et descends les escaliers pour trouver deux parents qui s’agitent plus que d’habitude. Mon père sourit à mon air interrogateur.

— On part le weekend, vers Duntulm. On sort un peu de Portree, t’es toujours enfermé ici, on s’est dit que ça te ferait du bien.

La bouche entrouverte sous le choc et l’agacement, je fixe mon père quelques secondes de plus, priant pour que ce soit une blague, puis je passe à ma mère. Impossible qu’elle ait accepté un tel marché. Impossible ! Partir à Duntulm n’a aucun sens, c’est tout au nord de l’île, on va avoir un vent de dingue, et puis comment ça je reste enfermé ? Je suis bien à Portree, je n’ai pas envie de partir d’ici. En quoi ça me ferait du bien de quitter le seul lieu où Valerion peut arriver, et à tout moment ? Elle croira que j’ai menti, elle verra la maison vide et elle repartira.

— Maman ! On va pas partir ?! Tout un weekend en plus ?!

Les deux se regardent soudainement inquiets et déçus que leur surprise n’ait pas l’effet escompté. Puis après la déception vient l’agacement. Ma mère récupère ses dernières boites et les fourre dans son sac d’un geste brusque.

— Bon, Lukas, je ne sais pas ce que tu as en ce moment, mais ce n’est pas toi qui décides. On revient demain, je pense que tu peux survivre !

— Mais pourquoi on peut pas fa…

— Lukas !, lâche mon père qui visiblement se retient depuis un petit moment. Y a pas de discussion, tu manges et tu files t’habiller. On part dans une heure.

Le regard de mon père est celui que je crains le moins. Ainsi, le tenir en partageant sa colère n’est pas bien difficile. Et lui désobéir est encore plus facile. Je me retourne en direction des escaliers et remonte jusqu’à ma chambre en claquant la porte, avant de venir donner un grand coup de pied dans ma chaise roulante. Je fixe mon bureau et le parchemin qui s’y trouve et l’idée me vient. Il faut que je la prévienne, que je laisse des mots partout où elle pourrait regarder si elle venait.

Je me rue sur le parchemin que je divise en quatre, arrache ma plume oubliée dans mon encrier et commence à écrire.
On revient dimanche en fin de journée.
Attendez-moi Vous pouvez revenir svp ?
Je suis à Duntulm.
Lukas
Je réécris le même message quatre fois, m’habille et réfléchis aux endroits stratégiques sur lesquels les coller : la cheminée, la porte d’entrée, ma fenêtre de chambre et… la boîte aux lettres.

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Dix parchemins plus tard


Mardi 14 juillet 2048
17 heures


Assis face à mon bureau, les boules de parchemin s’enchaînent et s’empilent dans ma corbeille. Ma plume m’en veut sûrement de lui faire faire ces allers-retours dans son encrier et de l’imbiber autant d’encre, car visiblement, je suis le seul à sécher. Je ne sais pas comment écrire cette lettre, je ne sais pas par quoi commencer, quoi dire. Même avec autorisation, je n’ai aucune idée de comment écrire une lettre à Sixtine Valerion. Ce n’est pas comme toquer à la porte de son bureau, il n’y a pas d’attente.

J’abandonne ma plume une nouvelle fois dans son encrier et me laisse tomber sur le dossier de mon siège. La tête relevée vers le plafond, j’observe les plantes qui font leur chemin à travers les poutres en bois. Je repense soudainement à Éli et reviens à mon parchemin pour lui écrire quelque chose. Je ne suis pas des plus éloquents par lettre, mais la difficulté est tout de même moindre. La première goutte d’encre vient s’affaler sur le parchemin au même moment où l’idée d’une carte postale me vient à l’esprit. Si je dois écrire à quelqu’un né moldu, autant le faire avec leur méthode.

Je bondis de mon siège, descends les escaliers à une vitesse indécente et plonge ma main dans le gros pot de livres sterling de l’entrée. La main de ma mère vient se poser sur mon poignet pour m’arrêter. A son regard, je comprends qu’elle attend des explications.

Je vais chez Tippeeanoe acheter des cartes postales, et après des timbres, m’expliqué-je. J’ai envie de montrer Portree à mes amis. Je peux ?

Elle sort sa baguette, fait venir mon imperméable et me le tend comme part du marché, et que j’enfile aussitôt.

Tu peux passer chez Louis chercher des Fish and Chips pour nous trois, ce soir ?, demande-t-elle en allant me chercher le gros Tupperware qui pourra stocker le tout. Pas vraiment envie de cuisiner ce soir, et comme tu as l’air de vouloir sortir…

Un grand sourire se forme sur mon visage, le mot magique a été prononcé. Je saisis la boite et viens l’embrasser sur la joue. Je passe par la porte arrière pour récupérer mon vélo et mon casque et fonce vers Wentworth street récupérer trois cartes postales : une pour Éli, une pour Coyle et une pour Cooper. Je reprends mon vélo, continue ma course vers le quai et passe l’habituelle commande des Fish and Chips, avec vinaigre et sel.

Posé sur un des rochers face au Loch, je rédige mes cartes en attendant que les cinq touristes soient servis et que mon Tupperware soit rempli de poissons et de frites.

@Élisabeth Willis
Reducio
Salut Éli,
Tu n’avais pas pu voir Portree en décembre, alors voilà les murs colorés qui sont face à moi alors que je t’écris cette carte. C’est un de mes endroits préférés, parce qu’on peut manger du poisson en regardant les plaines. J’espère que tu vas bien, et que ta maladie tes parents aussi. Tu fais quoi pendant tes vacances ?
Ah, j’ai voulu tester les cartes postales, j’espère qu’elle est bien arrivée.
Lukas


@Elijah Coyle
Reducio
Salut Elijah,
Comment ça se passe tes vacances ? Tu joues de la guitare ? Tu arrives à réviser tes sorts ? J’ai raconté à ma mère pour ton truc de la visualisation.. Elle dit que t’es super fort et je suis d’accord avec elle. Je suis passé dans un magasin de musique l’autre jour, y aurait plein de trucs cools pour toi ici. Est-ce que tu vas aller voir des matchs de Quidditch cet été ?
A bientôt
Lukas


@Elijah Cooper
Reducio
Salut Elijah,
J’ai pris une carte du Loch pour toi, même si tu peux clairement pas surfer ici, mais c’est beau quand même, non ?
P’tete qu’un jour tu pourras inventer un sort qui créé des vagues et tu pourras surfer partout ! Ou tu sais si le sort existe déjà ?
J’espère que tu vas bien et que ton père est pas aussi nul que le mien.
Lukas

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Deux discussions, deux parents, une sortie




Dimanche 19 juillet 2048
9 heures




Le réveil est différent ce matin, car c'est ma mère qui me réveille en passant sa main dans mes cheveux et sur ma joue. Je me retourne en grognant, mais en souriant et la laisse poser sa main sur mon épaule cette fois. En voyant que je ne m'y oppose pas, elle s'empresse de m'embrasser la joue pour me dire bonjour et je tire sur la couverture pour me recouvrir.

- Allez, petit botruc, lève-toi !

Je rabats la couverture d'un coup en riant et prends le temps de l'observer, jusqu'à tomber sur sa baguette. Je me redresse et fronce les sourcils.

- Pourquoi ?, demandé-je en la pointant de l'index.

Elle se retourne, pointe son catalyseur vers mes rideaux et les fait s'ouvrir en silence. Cela ne répond pas à ma question et attends donc la suite.

- Depuis quand tu n'as pas lu tes manuels de cours ? Son ton est calme, mais concerné.

Je feins de réfléchir, mais je connais la date : depuis mon dernier examen.

- A quoi ça sert de réviser si on peut pas utiliser notre baguette ? rétorqué-je. On devra tout recommencer en septembre de toute façon

- Mais tu auras moins de pages à relire si tu le fais maintenant.

Logique de parent, mais logique qui ne m'intéresse pas beaucoup.

- On peut regarder ensemble ? Je lance un sort et tu me donnes l'émotion et la gestuelle ? Comme un jeu.

Je lui souris, attendri par sa proposition, tout en sachant que je n'y participerai pas.

- Cet après-midi ?, tenté-je afin de gagner du temps.

Son sourire s'agrandit et mon cœur se serre déjà face à la déception qu'elle aura plus tard quand je serai parti au lac pour l'éviter.




Mardi 21 juillet 2048
15 heures


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Aujourd'hui, c'est mon père qui me garde, et cela m'enchante tout autant que lui. Il a passé sa matinée à proposer des activités nulles pour ne pas que ma mère lui reproche de n'avoir rien tenté, et j'ai passé la mienne à lever les yeux au ciel en les refusant toutes. Allongé dans le canapé, ma baguette roulant entre ma main droite et ma main gauche. Mon père arrive dans le salon, baisse les yeux vers l'objet que je tiens et s'avance vers la table basse pour saisir la télécommande.

- Quoi ?, demandé-je légèrement agacé

Ses sourcils se froncent, je sais qu'il a horreur quand je prends ce ton, mais je sais aussi qu'il se défile à chaque fois. Et c'est ce qu'il fait quand il ne prend pas la peine de m'offrir plus qu'un hochement d'épaules. Je me redresse instantanément et réitère ma question.

- Quoi ?! Pourquoi tu regardes ma baguette comme ça ?

Je peux voir l'inspiration qui monte en lui et qu'il tente de contrôler. Je l'agace déjà.

- T'as pas le droit de t'en servir, pourquoi tu la laisses pas dans ta chambre ?, dit-il d'un ton neutre. Un ton si neutre qu'il me désarçonne.

J'ai envie de répondre que face à lui, j'accentue nos différences. J'ai envie de lui demander ce que ça peut bien lui faire, mais je dois contrôler mon agacement. Je l'imite et hoche les épaules à mon tour, en baissant les yeux vers ma baguette.

Les quelques minutes qui passent paraissent éternelles. Je ne peux pas m'empêcher de lui en vouloir de ne pas enchainer, de ne rien voir, de me laisser le détester comme ça. Ma baguette se met à vibrer dans ma main gauche et je sens que sans ma mère, je ne saurai pas me contrôler. Je n'ai rien lancé depuis un mois, mais je sais que la colère en moi m'a toujours fait réussir mes sorts, comme si elle m'aidait à me concentrer. Je sens le regard de mon père se poser sur moi, juger tout ce qu'il observe et je voudrais connaître un sort pour le rendre aveugle.

Je me lève d'un bond, me dirige en direction du ilot de la cuisine et saisis mon casque à vélo. Il s'est retourné, le bras allongé sur le haut du canapé, il n'a même pas pris la peine de se lever.

- Tu vas où ?!, lâche-t-il en tentant de me suivre pendant que je me dirige vers la porte du garage.

J'aimerais ne pas lui répondre, claquer la porte et le laisser sans rien, mais je ne suis pas si insolent. Du moins, pas encore.

- Au Lump !

Le Lump est le petit bout de terre à côté du port de Portree, là où la vue est plus belle sur le lac, là où on est plus haut que les autres, là où les touristes de juillet ne vont pas beaucoup. Je récupère mon vélo, et passe les vitesses pour me faire aller plus vite. Je déboule dans la forêt en dessinant des énormes traces de roues que je déteste, passe par le pont et finis jusqu'au début du grand parc avant de balancer mon vélo sur le côté. Tant pis s'il n'est pas attaché, je marche, la baguette toujours collée à ma main, toujours vibrante. Je sais que ma mère détesterait me savoir dehors avec mon catalyseur. Je sais et pourtant je continue de marcher jusqu'à arriver à la pointe, m'asseoir et souffler.

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
25 Juillet 2048
Le départ de Belfast.

Depuis le début des vacances scolaires, Sixtine s'était installée avec son compagnon, Suileabhan, au domicile de sa défunte mère. La professeure ne connaissait que trop bien la maison de cette femme ou elle avait passé de longs moments. La plupart des souvenirs qu'elle avait y étaient positifs, des heures perdus dans les granges de Miss Cowen, des thés qu'elle lui faisait et des discussions qu'elles avaient pu avoir les yeux rivés sur l'extérieur. Aujourd'hui, les choses étaient différentes et passer du temps ici, sans la femme qui animait ce lieu autrefois, mais en compagnie de son fils qu'elle avait perdu de vue était, selon Sixtine, le plus beau des hommages.

Les deux amants avaient conclu de ne pas passer tout l'été ici. Sixtine avait prévenu de son départ pour Portree dès qu'elle se sentirait prête et aujourd'hui, elle se sentait prête. Il était temps pour la femme de revenir sur ses terres natales. Le voyage n'allait bien sûr durer qu'un millième de seconde. Elle ferma la porte de la demeure de Miss Cowen, non pas sans une pointe au cœur avant de transplaner dans le jardin de son enfance.
25 Juillet 2048
Arrivée à Portree



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Le jardin non entretenu avait bien changé depuis son enfance. Elle était revenue brièvement dans la demeure de son paternel à son décès, était restée quelque temps avant de finalement partir vers d'autres lieux. Elle marchait, valise à la main, l'herbe haute chatouillant ses genoux, en direction de la porte d'entrée avant de s'arrêter devant et de faire demi-tour.

Elle traversa la forêt sur ses talons aiguilles non pas sans difficulté et, lorsqu'elle en sortie enfin, fut bouleversée d'y trouver tout un monde qui lui était encore inconnu jusqu'à présent. Sentant ses jambes s'affaiblir sous le coup de l'émotion, elle prit le temps de s'asseoir sur le premier banc qu'elle trouva et observa le monde défiler sous ses yeux. Des coupes de cheveux étranges, des personnes parlant à une petite boite, des voitures, des drôles d'engins roulant par la force de l'esprit communément appelé Hoverboard. Quand elle se sentit de nouveau prête, elle se leva sans vraiment savoir où ses jambes la mèneraient, mais, comme à son habitude, elle se contenta de se faire confiance jusqu'à arriver devant une boite aux lettres "Sharp". L'heure n'était pas idéale, il était inconvenant de déranger une famille respectable après le souper alors, au lieu de s'avancer pour frapper à la porte, elle se contenta d'attendre dans la rue tout en observant ce nouvel environnement.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

Été 48 Portree Ecosse
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Quatre jours sont passés depuis l’incident avec mon père, et ma mère n’en a rien su. Je le sais parce que son regard n’a pas changé, que je ne lui ai rien dit, et que clairement, mon père n’a rien dit non plus. Son regard à lui, en revanche, est un mélange entre l’embarras et quelque chose d’autre que je ne comprends pas. Je le surprends parfois à me fixer sans décrypter ce que ses yeux veulent me dire et c’est agaçant. Et ce soir, c’est pareil.

Allongé sur mon canapé, et mes parents assis sur le second à boire leur thé, ma mère raconte sa journée de travail et enchaine sur la serre du jardin.

— T’es allé voir les citronniers ?

Je penche ma tête vers elle avec un air désolé. J’avais complètement oublié et elle s’en doutait, vu le sourire amusé qu’elle me renvoie. Elle passe sa main sur mes cheveux et se lève avec sa tasse à la main vers la cuisine pour relancer la bouilloire et se faire un nouveau thé.

— C’est pour toi, hein. Si tu veux que je te fasse un …

Ses mots s’arrêtent brusquement et sa main droite vient même arrêter le bouton qui avait commencé à faire chauffer l’eau. Plus d’eau qui boue, plus de mots et plus de mouvements. Je retourne la tête vers elle, tentant de comprendre ce qu’il se passe et je la vois fixer la fenêtre de la cuisine. Elle se retourne vers nous, le regard perturbé.

— Y a quelqu’un … dans la rue.

Mon père regarde ma mère en se retenant de rire.

— Oui, des gens dans la rue, ça me paraît normal ?

Ma mère s’avance vers nous, levant les yeux au ciel, agacée d’entendre une blague quand elle trouve la situation inquiétante.

— Mais non, une femme, dans la rue.. qui ne bouge pas.

Je lâche un rire en regardant mon père, amusé par la situation.

Va voir, toi, au lieu de rire, lâche-t-elle à mon père en se rasseyant sur le canapé, sans tasse de thé.

Mon père s’exécute, se lève en souriant jusqu’à rejoindre la cuisine et la fenêtre au-dessus de l’évier et observe la femme vêtue de noir qui attend dans la rue, à observer les alentours. Il fait tourner le bâton des volets pour qu’ils se ferment, rendant toute visibilité impossible et relance la bouilloire.

— Voilà, comme ça, on ne s’en préoccupe plus, déclare-t-il en venant se rassoir.

Ma mère l’observe d’un air inquiet, n’étant pas du tout rassurée, mais tente de jouer le jeu.

— C’est juste que c’est bizarre qu’une femme se pose là. L’hôpital a pas déclaré de personnes qui se seraient échappées, par hasard ?

Mon père rit en posant une main sur l’épaule de sa femme.

— Si elle est encore là dans dix minutes, j’appelle la police, ça te va ?

Elle hoche la tête et s’enfonce dans son canapé et en plaçant sa main sur sa baguette fourrée sous sa robe. Ce mouvement qu’elle fait quand elle n’est pas à l’aise et qu’elle cherche à se rassurer, quand la main sur une épaule ne suffit plus.

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Quelques adolescents traînaient dans les rues et Sixtine se demanda si elle allait croiser un autre élève que Sharp ici. Lorsqu'elle croisa des personnes plus âgées, elle se demanda s'ils étaient déjà là lorsqu'elle vivait ici avec son paternel. Est-ce que l'un d'entre eux se doutait de son identité ? Après tout, elle faisait un peu tâche dans ce décor coloré. Elle regretta, pendant un instant, de ne pas avoir demandé à Suileabhan de l'accompagner. Il aurait pu la guider à travers un monde inconnu car lui, avait fait l'effort d'apprendre aux côtés des moldus, il en avait côtoyé.

Elle se sentait soudain dépassée par toute cette technologie étrange et, par réflexe, vérifia la présence de sa baguette à sa cuisse. Elle était toujours là, toujours fidèle. Le contact du bois sur sa peau avait quelque chose de rassurant pour la sorcière, ce petit objet était là depuis si longtemps. Sa baguette était finalement la seule à ne l'avoir jamais trahi et à avoir 100% de sa confiance. Un lien unique unissait l'âme de la baguette à l'âme de sa maîtresse, et Sixtine savait qu'il était temps pour elle de quitter les lieux. Elle allait devoir retourner au domaine, seule et affronter seule ses anciens démons. Qu'avait-elle à craindre ? Son père n'habitait plus les lieux.

Avant de quitter les lieux, elle observa une dernière fois le nom sur la boite à lettres : Sharp. Peut être qu'elle aurait dû rendre visite à Bristyle finalement. Puis, elle tourna les talons laissant la maison des Sharp dans son dos.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

Été 48 Portree Ecosse
Mes yeux commençant à se fermer, je décide de me lever et d’annoncer que je pars me coucher. Ma mère ayant pu oublier la femme de dehors, elle me sourit et je sais qu’elle viendra me rejoindre dans quelques minutes pour me dire bonne nuit. Je monte les escaliers, pousse la porte de ma chambre et me dirige vers mes rideaux pour les fermer. Je saisis les deux bouts de tissus dans chacune de mes mains, les fais glisser à moitié quand je remarque que la femme dont parlait ma mère est là, à regarder notre boite aux lettres et à tourner les talons.

Mes mains s’arrêtent d’un coup. Mes yeux se rapprochent du plus possible de la fenêtre pour distinguer la silhouette et le coup dans l’estomac que je prends est suivi d’une accélération de mon rythme cardiaque. J’accumule les indices : de petite taille, habillée en noir, la main posée vers l’endroit où pourrait être sa baguette, et le regard en direction de mon nom. Ça ne peut être qu’elle. Après trente-trois jours à l’attendre, à penser qu’elle ne viendra finalement jamais, elle est là ce soir. Elle est là, et … elle part.

Je me retourne et fonce vers ma porte que j’ouvre d’un coup net, déboule les escaliers et me rue vers la porte d’entrée qui est fermée. Je me débats avec la clef qui semble ne pas pouvoir tourner correctement et me laisse enfin l’ouvrir. Le lampadaire l’éclaire encore, je la vois et le son ne sort pas. De la joie et de la colère me parcourt le corps. Je tente de récupérer ma respiration, je veux parler mais la main de ma mère se pose sur mon épaule et me tire en arrière.

— Mais qu’est-ce que tu fais ?!, s’alarme-t-elle.

Je repousse sa main d’un coup d’épaule et fonce dans l’allée sans quitter Valerion des yeux qui n’est plus qu’à trois mètres de moi.

— LUKAS !

Un cri qui parle à ma place et auquel je ne réponds pas ; je ne veux pas louper son regard quand Elle se retournera. Je veux qu’elle voie que j’ai attendu, que cela m’agace d’avoir attendu, qu’elle aurait dû être là plus tôt, mais qu’elle voie aussi que si mes yeux sont noirs, mon cœur est plus léger.


Surligneur violet

Fiche PR - 4e année RP

Été 48 Portree Ecosse
Le bruit des talons sur le pavé des rues de Portree résonnait dans la tête de Sixtine. Ce n'était pas le seul bruit environnant mais, peut être le seul bruit régulier. Un prénom était venu troubler cette tranquillité, le prénom de l'enfant qu'elle était venue voir. Elle inspira profondément et profita de son expiration pour se retourner. Il s'agissait bien de la bonne personne : Lukas Sharp. Il était là, face à la professeure qu'il n'avait pas vu depuis quelques semaines maintenant et pourtant, il n'avait pas prononcé un mot.

Sixtine avait d'abord observé son élève, prit soin de noter mentalement tous les reproches qu'elle constatait dans son regard puis, elle s'attarda sur ce qu'elle prétendait être la mère de l'enfant. Une femme brune, plus jeune que la professeure mais, d'un banal déconcertant. Pour Sixtine, aucune concurrence possible, elle se trouvait bien mieux que cette petite fleuriste. Elle décida de ne pas perdre plus de temps que nécessaire concernant cette femme et se concentra de nouveau sur son élève.

Comme elle l'avait déjà fait dans le passé, elle lui tendit la main pour qu'il la prenne.

- Le domaine est dans cette direction, venez. Sauf, si vous préférez rester ici, avec vos parents et dans ce cas, il vous faudra patienter jusqu'à demain matin. Elle marqua un temps de pause avant de reprendre. Savent ils qui je suis ? Votre mère semble paniquer par votre fuite. Dites lui que je vous ramène en sécurité dès demain matin.

Sixtine aurait voulu rajouter que de toute façon l'enfant était plus en sécurité avec elle qu'avec une vulgaire fleuriste mais, elle s'était montrée raisonnable en ne donnant pas son avis sur la question. Et surtout, Lukas pouvait encore refuser son offre de l'accompagner jusqu'au domaine familial.

Surligneur orange.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.