Entre-deux

Winnie Floyd
Juillet 2048
ft. @Diarmuid O'Belt
tw : mention subtile de dépression et de ts
*
Depuis qu'il s'est réveillé, Kasey se sent amorphe, incapable de réaliser quoi que ce soit. Il n'a pas envie de quitter le lit, encore moins de s'habiller et encore moins de manger quoi que ce soit. Pourtant, le sorcier trouve le courage de se traîner jusqu'à la cuisine où Winnie s'affaire. Elle prépare un bol de fruits et quelques tartines d'avocat tout en fredonnant un air qui lui passe par la tête. En le voyant arriver, la femme lui offre un sourire pétillant, et comment ne pas y répondre ? Kasey sourit à son tour et s'affaisse à table.
— J'vais essayer de faire un peu de ménage aujourd'hui, annonce-t-il.
— Ne force pas si c'est difficile, d'accord ? Tu as surtout besoin de te reposer.
Elle prépare une deuxième assiette avec moitié moins de quantité que la sienne.
— Essaie de manger un peu, d'accord ?
Il se force, peu importe à quel point il a faim, avaler quoi que ce soit est difficile.
— Je commence dans une heure, je ne rentre pas ce midi, prévient Winnie après un coup d'œil sur sa montre. Une collègue nous invite au restaurant, tu penses que ça ira ?
— Oui, ne t'en fais pas, au pire, je te bip ?
— Au pire.
Voilà pratiquement trois mois que Kasey squatte chez la moldue. Il ne se sent pas en état de revenir chez lui, seul dans son appartement. Il craint d'être de nouveau tenté par cette limite à ne pas franchir. Winnie lui a proposé d'emménager le temps que ça aille mieux et s'il se sent toujours autant déphasé, Kasey a malgré tout l'impression que l'océan s'apaise, mais il garde à portée de main son bipeur. Une idée de Winnie, au cas où il crise de nouveau, pour qu'elle puisse le rejoindre au plus vite et appeler les secours. Winnie vient doucement frotter son dos dans un long mouvement circulaire. Kasey se détend, pousse son assiette. L'appétit vient de le fuir.
— Je vais sortir un peu... j'crois avoir besoin de prendre l'air.
— Ça te ferait du bien, je pense, encourage Winnie. Il y a un parc pas très loin, tu pourrais t'y poser un peu ?
— Je pense, oui...
— Bien, je vais devoir y aller, à ce soir ?
— Je serai là, promet Kasey, tandis que Winnie pose sa main sur son épaule, avant de s'en aller.
Le silence qui s'ensuit n'a rien d'oppressant ni d'inquiétant. L'appartement de Winnie est à l'image de cette dernière : coloré, chaleureux et apaisant. On s'y sent bien, en sécurité, et pour rien au monde, Kasey ne veut quitter cette bulle. Aujourd'hui, il trouve la force nécessaire pour laver la vaisselle et la ranger, avant d'aller se doucher et de s'habiller. Il fait chaud dehors, mais rien d'insupportable. Les orages de la semaine ont considérablement adouci les températures caniculaires. D'un pas tranquille, Kasey se rend au parc, l'air ailleurs, la main dans ses poches serre le bipeur, rappel constant qu'il se doit de l'utiliser au moindre problème. Une fois au parc, il s'installe sur un banc et respire un bon coup. Il ne compte pas rester plus de dix minutes, angoissé à l'idée de trop tarder dehors, mais cela sera mieux que la semaine dernière, où au bout de cinq minutes, le sorcier était revenu chez Winnie en pleine crise de panique. Aujourd'hui, il se sent malgré tout détendu, autant en profiter pour respirer.
Me voilà ! N'hésite pas à me dire s'il y a un problème, si ça te conviens
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Entre-deux
Une fois n'était pas coutume, Diarmuid se trouvait dans le Londres moldu seul. Il était rare qu'il s'y balade sans Annaëlle pour aller découvrir un coin de la ville ou simplement marcher tout en discutant. Mais ce jour là, en sortant du Chemin de Traverse où il était, justement, allé voir la libraire sur son lieu de travail, il avait eu cette impulsion qu'il avait suivit. Il n'avait pas réfléchi et s'était laissé guidé par il ne savait quel vent jusque dans ce parc où il déambula, toujours sans chercher de but.
Il avait pris un thé glacé - un vrai, pas la boisson trop sucrée - et, verre en main, se dirigeait vers un banc pour le boire à l'ombre d'un arbre. Il s'y assis, à l'autre bout, laissant un espace suffisant entre lui et l'homme qui était installé sans forcément faire très attention à qui était son voisin. "Bonjour." Avait-il dit assez simplement en le regardant rapidement avant d'observer aux alentours. L'endroit était calme, peu de passage, peu de bruit si ce n'était quelques oiseaux. Appréciable en somme.
Le médicomage observa un peu les alentours puis revint sur celui qui se trouvait à l'autre bout du banc. Ce ne fut qu'à ce moment là qu'il le reconnut. Kasey Prior, avec qui il... avec qui il n'avait pas discuté lors de la période de Yule et de Noël. Le commerçant de Pré-au-Lard avait été victime d'une usurpation d'identité par les Ramdani découverte des mois après. A ce jour, sa boutique était toujours fermée. Diarmuid n'avait pas spécialement cherché à savoir pourquoi. "Mister Pryor. Je ne vous avais pas reconnu en venant m'installer." Dit-il d'abord avant d'hésiter un instant à lui redonner son identité. "Diarmuid O'Belt." L'informa-t-il sans rien ajouter de plus. Son instinct lui disait de ne pas trop en dire d'un coup, ni même de s'approcher.
Modérateur - Infirmier depuis le 11/02/2047 - color=#351C75
Il avait pris un thé glacé - un vrai, pas la boisson trop sucrée - et, verre en main, se dirigeait vers un banc pour le boire à l'ombre d'un arbre. Il s'y assis, à l'autre bout, laissant un espace suffisant entre lui et l'homme qui était installé sans forcément faire très attention à qui était son voisin. "Bonjour." Avait-il dit assez simplement en le regardant rapidement avant d'observer aux alentours. L'endroit était calme, peu de passage, peu de bruit si ce n'était quelques oiseaux. Appréciable en somme.
Le médicomage observa un peu les alentours puis revint sur celui qui se trouvait à l'autre bout du banc. Ce ne fut qu'à ce moment là qu'il le reconnut. Kasey Prior, avec qui il... avec qui il n'avait pas discuté lors de la période de Yule et de Noël. Le commerçant de Pré-au-Lard avait été victime d'une usurpation d'identité par les Ramdani découverte des mois après. A ce jour, sa boutique était toujours fermée. Diarmuid n'avait pas spécialement cherché à savoir pourquoi. "Mister Pryor. Je ne vous avais pas reconnu en venant m'installer." Dit-il d'abord avant d'hésiter un instant à lui redonner son identité. "Diarmuid O'Belt." L'informa-t-il sans rien ajouter de plus. Son instinct lui disait de ne pas trop en dire d'un coup, ni même de s'approcher.
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Entre-deux
Kasey se trouve dans sa petite bulle, quelque part dans sa tête, sans pour autant être perdu dans ses pensées. Il éprouve une étrange sensation de vide, comme si aucun mot ne parvenait à se former dans son esprit, aucune image, pas la moindre rêverie. Il se sent engourdi, comme flottant au-dessus d'un océan, mais à dix mille pieds de la réalité. Selon Winnie, il fait de la déréalisation et peut-être même de la dépersonnalisation. À plusieurs reprises, elle lui a conseillé d'aller voir un psychiatre, mais Kasey a fermement refusé par pudeur ou par fierté. Avec cette moldue, se reposer sur ses épaules est si simple, si naturel, mais Kasey sait qu'avec quelqu'un d'autre ce serait complètement différent. Il repense à ses parents. Ils n'ont plus eu de nouvelles depuis son départ abrupt, eux et ses amis en général. Devrait-il leur envoyer un hibou ? Le potier n'en sait rien, enfin, il n'en éprouve surtout pas l'envie.
Quelqu'un s'assoit sur le même banc, mais à vrai dire, Kasey n'y prête pas attention, toujours aussi loin dans ses pensées. C'est agréable de ne rien ressentir, ni son corps ni son âme. Le néant absolu. Plus de problèmes, de traumatismes et d'autres choses à gérer. Rien. Juste lui, sa respiration et son cœur battant.
Soudainement, les souvenirs remontent,
les coups,
le sang,
la peur,
l'odeur de moisissure,
l'humiliation,
la limite à ne pas franchir.
Finie le néant.
— Mister Pryor...
Il sursaute en entendant son nom, et par réflexe, son corps se tend d'appréhension. Le sorcier observe celui qui vient de l'interpeller.
— ... Je ne vous ai pas reconnu en venant m'installer.
Pas reconnu ? S'il n'en montre rien, Kasey est confus. Il ne reconnaît pas l'homme qui lui fait face, et pourtant, une étrange familiarité se dégage de lui. L'a-t-il réellement rencontré ? Ou bien cette personne est-elle une énième connaissance de l'usurpateur ? Il réfléchit, laissant ce silence embarrassant s'éterniser encore un peu.
— Diarmuid O'Belt.
Son nom ne lui apporte rien de plus, et sa mémoire défaillante n'aide en rien. La plupart de ses souvenirs se détériorent, ne laissant qu'une vague sensation de déjà-vu derrière eux. C'est angoissant.
— On se connaît ? demande-t-il finalement.
Quelqu'un s'assoit sur le même banc, mais à vrai dire, Kasey n'y prête pas attention, toujours aussi loin dans ses pensées. C'est agréable de ne rien ressentir, ni son corps ni son âme. Le néant absolu. Plus de problèmes, de traumatismes et d'autres choses à gérer. Rien. Juste lui, sa respiration et son cœur battant.
Soudainement, les souvenirs remontent,
les coups,
le sang,
la peur,
l'odeur de moisissure,
l'humiliation,
la limite à ne pas franchir.
Finie le néant.
— Mister Pryor...
Il sursaute en entendant son nom, et par réflexe, son corps se tend d'appréhension. Le sorcier observe celui qui vient de l'interpeller.
— ... Je ne vous ai pas reconnu en venant m'installer.
Pas reconnu ? S'il n'en montre rien, Kasey est confus. Il ne reconnaît pas l'homme qui lui fait face, et pourtant, une étrange familiarité se dégage de lui. L'a-t-il réellement rencontré ? Ou bien cette personne est-elle une énième connaissance de l'usurpateur ? Il réfléchit, laissant ce silence embarrassant s'éterniser encore un peu.
— Diarmuid O'Belt.
Son nom ne lui apporte rien de plus, et sa mémoire défaillante n'aide en rien. La plupart de ses souvenirs se détériorent, ne laissant qu'une vague sensation de déjà-vu derrière eux. C'est angoissant.
— On se connaît ? demande-t-il finalement.
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Entre-deux
Le potier, longtemps retenu captif, dégageait énormément d'anxiété. On le serait à moins. Diarmuid avait tenté de discuter avec son père pour savoir si quelque chose avait été mis en place pour accompagner les trois commerçants. Autant dire que l'échange avait été tendu entre les deux O'Belt quand le plus jeune avait compris que le Conseil n'irait pas spécialement plus loin que la libération.
- "Pas vraiment." Dit-il d'abord en observant autour d'eux. "Nous nous sommes rencontrés dans un bar. Chez Sisyphe, en décembre 2046. Je n'en ai aucun souvenir." Il porta son regard sur son voisin. "Trop alcoolisé." Il n'en était pas fier et évitait d'en parler plus que nécessaire. "Puis j'ai cru vous rencontré juste avant les fêtes de Noël." Il faillit en dire plus puis s'abstint. Dire que c'était son usurpateur qui lui avait parlé de cette soirée ou encore qu'ils avaient échangé sur les difficultés à acheter des cadeaux pour ses beaux-parents. Ce n'était pas comme si le sujet allait aider en quoi que ce soit l'homme. Mis à part remuer la baguette dans la plaie...
- "Vous avez pu rencontrer quelqu'un pour vous aider à gérer les conséquences de ce que vous avez vécu?" Lui demanda-t-il alors, son instinct médical reprenant le dessus. Lui même avait mis trop longtemps à consulter un professionnel. Pourtant il n'avait pas beaucoup d'excuse, il savait qu'il ne fallait pas tarder, pour se soigner au mieux. Encore fallait-il admettre avoir besoin d'une assistance.
Modérateur - Infirmier depuis le 11/02/2047 - color=#351C75
- "Pas vraiment." Dit-il d'abord en observant autour d'eux. "Nous nous sommes rencontrés dans un bar. Chez Sisyphe, en décembre 2046. Je n'en ai aucun souvenir." Il porta son regard sur son voisin. "Trop alcoolisé." Il n'en était pas fier et évitait d'en parler plus que nécessaire. "Puis j'ai cru vous rencontré juste avant les fêtes de Noël." Il faillit en dire plus puis s'abstint. Dire que c'était son usurpateur qui lui avait parlé de cette soirée ou encore qu'ils avaient échangé sur les difficultés à acheter des cadeaux pour ses beaux-parents. Ce n'était pas comme si le sujet allait aider en quoi que ce soit l'homme. Mis à part remuer la baguette dans la plaie...
- "Vous avez pu rencontrer quelqu'un pour vous aider à gérer les conséquences de ce que vous avez vécu?" Lui demanda-t-il alors, son instinct médical reprenant le dessus. Lui même avait mis trop longtemps à consulter un professionnel. Pourtant il n'avait pas beaucoup d'excuse, il savait qu'il ne fallait pas tarder, pour se soigner au mieux. Encore fallait-il admettre avoir besoin d'une assistance.
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Entre-deux
Décembre 2046, bientôt 2 ans se seront écoulés depuis cette rencontre, donc. Kasey ne dit rien, laissant à son cerveau le temps de traiter l'information. Lui, il l'a bel et bien rencontré en chair et en os, bien que le doute s'impose. Qui lui dit qu'il n'est pas de mèche avec les Ramdani ? Kasey s'épuise lui-même. Voilà qu'il commence à frôler la paranoïa, comme si le reste n'était pas suffisant. Quoi qu'il en soit, le sorcier croit se souvenir de sa voix, de quelques traits de son visage. L'homme n'est pas totalement inconnu, ça vaut bien quelque chose, non ? Il n'en sait rien et Kasey ne veut pas se prendre la tête avec ça.
— Peut-être, se contente-t-il de répondre.
La suite le fait cependant tilter. Il croit l'avoir rencontré plus tard ? Kasey ferme un instant les yeux et songe à quel point il désire la mort de cet imposteur. Est-ce qu'il s'est amusé à parler à tout le monde et n'importe qui ? Ici, au moins, aucun moldu ne l'arrête pour lui dire qu'ils se sont rencontrés et c'est si agréable d'être qu'un inconnu, d'avoir quelque chose à soi.
— Ce n'était certainement pas moi, maugrée-t-il sans plus donner de détail.
Diarmuid doit forcément être au courant après tout, rares sont ceux qui ne lisent pas la gazette du sorcier.
— Vous avez pu rencontrer quelqu'un pour vous aider à gérer les conséquences de ce que vous avez vécu ?
Là encore, Kasey tarde à répondre. Sa tête est en vrac, secouée par d'autres souvenirs intrusifs. Le goût du sel, les hautes vagues, son odeur et le froid mordant.
— Non.
Ça sonne faux, parce qu'il vient de mentir. Winnie l'a traîné de force à l'urgence psychiatrique après qu'il ait franchi cette limite. Ses traits s'adoucissent a ce souvenir, alors qu'il avise ses mains. L'odeur de l'hôpital, toutes ses blouses blanches, sa poigne rassurante, constante. Un phare en pleine tempête.
— Enfin... pas dans notre monde... une amie m'a forcé à voir quelqu'un...
— Peut-être, se contente-t-il de répondre.
La suite le fait cependant tilter. Il croit l'avoir rencontré plus tard ? Kasey ferme un instant les yeux et songe à quel point il désire la mort de cet imposteur. Est-ce qu'il s'est amusé à parler à tout le monde et n'importe qui ? Ici, au moins, aucun moldu ne l'arrête pour lui dire qu'ils se sont rencontrés et c'est si agréable d'être qu'un inconnu, d'avoir quelque chose à soi.
— Ce n'était certainement pas moi, maugrée-t-il sans plus donner de détail.
Diarmuid doit forcément être au courant après tout, rares sont ceux qui ne lisent pas la gazette du sorcier.
— Vous avez pu rencontrer quelqu'un pour vous aider à gérer les conséquences de ce que vous avez vécu ?
Là encore, Kasey tarde à répondre. Sa tête est en vrac, secouée par d'autres souvenirs intrusifs. Le goût du sel, les hautes vagues, son odeur et le froid mordant.
— Non.
Ça sonne faux, parce qu'il vient de mentir. Winnie l'a traîné de force à l'urgence psychiatrique après qu'il ait franchi cette limite. Ses traits s'adoucissent a ce souvenir, alors qu'il avise ses mains. L'odeur de l'hôpital, toutes ses blouses blanches, sa poigne rassurante, constante. Un phare en pleine tempête.
— Enfin... pas dans notre monde... une amie m'a forcé à voir quelqu'un...
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Entre-deux
Diarmuid se contenta de hocher la tête alors que le potier lui rappelle - même s'il n'en a pas besoin - que ce n'était pas lui ce jour là. Puis il le laisse gérer la prise de parole après sa question sur un potentiel suivi psychologique. Il aurait été bien malhonnête de sa part de tenter de le forcer. Admettre avoir besoin d'aide était déjà difficile. Voir unspecialiste était une autre marche à escalader. Être capable d'en parler la suivante.
Le non tombe ensuite. Et le médicomage sait d'emblée que c'est faux. Pourtant il ne dit rien. C'était assez étrange. Surtout que la négation n'était pas suivi d'une quelconque phrase visant à dire qu'il n'en avait pas besoin.
Et finalement l'homme donna une précision. L'irlandais masqua son étonnement et dit toit en gardant la distance que le brun semblait vouloir garder. "Le principal c'est que vous puissiez en parler à quelqu'un." Tant qu'il t'aimait tout ce qui pouvait être en lien avec la magie, le reste importait peu. "Je ne peux pas prétendre comprendre ce qui vous est arrivé. Ni essayer, même avec toute l'empathie du monde. Mais je sais ce que c'est de ne pas aller bien. D'aller vraiment mal même." Continua l'irlandais en reportant son regard sur ce qui se passait autour d'eux. "Ne vous isolez pas. Cette amie dont vous parlez, restez bien en contact avec elle. Sans mon frère et mon meilleur ami. Je ne serais pas remonté."
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Le non tombe ensuite. Et le médicomage sait d'emblée que c'est faux. Pourtant il ne dit rien. C'était assez étrange. Surtout que la négation n'était pas suivi d'une quelconque phrase visant à dire qu'il n'en avait pas besoin.
Et finalement l'homme donna une précision. L'irlandais masqua son étonnement et dit toit en gardant la distance que le brun semblait vouloir garder. "Le principal c'est que vous puissiez en parler à quelqu'un." Tant qu'il t'aimait tout ce qui pouvait être en lien avec la magie, le reste importait peu. "Je ne peux pas prétendre comprendre ce qui vous est arrivé. Ni essayer, même avec toute l'empathie du monde. Mais je sais ce que c'est de ne pas aller bien. D'aller vraiment mal même." Continua l'irlandais en reportant son regard sur ce qui se passait autour d'eux. "Ne vous isolez pas. Cette amie dont vous parlez, restez bien en contact avec elle. Sans mon frère et mon meilleur ami. Je ne serais pas remonté."
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Entre-deux
*Ne pas s'isoler*. C'est difficile de l'être tant Winnie impose de part sa présence. Son caractère ressemble à celui d'Elisabeth, son amie d'enfance : solaire. Elle irradie tous ceux qui l'entourent avec sa bonté et sa joie à toute épreuve qui cache de bien tristes souvenirs et quelques cicatrices. *Ne pas oublier, ne pas répéter les mêmes erreurs*. Il sait qu'il doit en tirer des leçons, plutôt que d'enterrer tout en soi, peu importe si cela est volontaire ou non.
— Ne vous inquiétez pas pour ça, elle m'héberge pour quelque temps, impossible de la perdre de vue.
Ca et le bipper qui repose au fond de sa poche. À tout moment, si les choses venaient à mal tourner, elle serait là immédiatement. Jusqu'à présent, Kasey n'a pas eu besoin de l'utiliser et il espère que cela restera le cas. D'abord, parce qu'il ne veut pas la déranger, et ensuite, parce qu'il ne veut pas se retrouver dans un tel état à nouveau. Du coin de l'œil, il observe Diarmuid. C'est peut être de la curiosité mal placée ou bien l'envie de ne pas se sentir seul dans ses problèmes, mais il aimerait bien savoir ce qui a pu lui arriver. Cependant, il sait que ce n'est pas à lui d'aborder le sujet. Alors, dans les instants qui suivent, Kasey se contente d'observer les passants qui déambulent dans le parc.
— Depuis que je suis ici, je n'arrête pas de me faire cette réflexion : ils ne sont pas si différents de nous, si on met de côté la magie, marmonne-t-il discrètement. Ils fondent des familles, travaillent, ont des rêves et des passions, des objectifs et des valeurs...
Et pourtant, certains s'évertuent à haïr ce groupe de personnes qui ignorent tout de leur existence. *C'est absurde*.
— Ne vous inquiétez pas pour ça, elle m'héberge pour quelque temps, impossible de la perdre de vue.
Ca et le bipper qui repose au fond de sa poche. À tout moment, si les choses venaient à mal tourner, elle serait là immédiatement. Jusqu'à présent, Kasey n'a pas eu besoin de l'utiliser et il espère que cela restera le cas. D'abord, parce qu'il ne veut pas la déranger, et ensuite, parce qu'il ne veut pas se retrouver dans un tel état à nouveau. Du coin de l'œil, il observe Diarmuid. C'est peut être de la curiosité mal placée ou bien l'envie de ne pas se sentir seul dans ses problèmes, mais il aimerait bien savoir ce qui a pu lui arriver. Cependant, il sait que ce n'est pas à lui d'aborder le sujet. Alors, dans les instants qui suivent, Kasey se contente d'observer les passants qui déambulent dans le parc.
— Depuis que je suis ici, je n'arrête pas de me faire cette réflexion : ils ne sont pas si différents de nous, si on met de côté la magie, marmonne-t-il discrètement. Ils fondent des familles, travaillent, ont des rêves et des passions, des objectifs et des valeurs...
Et pourtant, certains s'évertuent à haïr ce groupe de personnes qui ignorent tout de leur existence. *C'est absurde*.
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Entre-deux
- "Tant mieux si elle est là pour vous." Répondit Diarmuid à l'intention de l'ancien captif avant de, comme lui, regarder les passants. Il ne savait pas vraiment comment lui dire la suite. Ce n'était pas évident, quelque part, ils ne se connaissaient pas, quelque soit le nombre de fois où ils s'étaient déjà parlé. Une ou deux, ça ne changeait pas grand chose.
-"Vous avez raison." Dit-il après un laps de temps incertain. Que pouvait-il affirmer d'autre après tout? Que les sorciers avaient peurs? Kasey Prior le savait déjà. Par contre... Diarmuid considéra son voisin du regard. "J'ai eu l'occasion de rencontrer la mère d'un élève de Poudlard. Elle et son mari ne sont pas allés dans le même collège que nous." Des mots couverts pour dire qu'ils étaient moldus. "Ils appréhendent mal nos capacités et ont l'impression que nous sommes tout puissants." Réussit-il à expliquer avant d'ajouter. "La réciproque est vraie également, nous sommes dépassé par beaucoup de leurs technologies." Et puis il termina par cette phrase: "Je pense que le temps va être un allié intéressant. Pour nous comprendre."
Dans son discours, pas d'animosité, ni de peur. De simples constats. Transpirait également quelque chose de sous-jacent qu'il avait du mal à exprimer. C'était lié aux différences culturelles. Loin d'être opposées elles n'étaient pas identiques malgré des ressemblances, notamment au niveau du calendrier. Et il ne pouvait que constater l'ignorance mutuelle. Il avait quelques bases, les noms des fêtes principales, des bribes d'origines, de vagues idées de rites, mais il n'y avait pas porté plus d'intérêt que cela.
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-"Vous avez raison." Dit-il après un laps de temps incertain. Que pouvait-il affirmer d'autre après tout? Que les sorciers avaient peurs? Kasey Prior le savait déjà. Par contre... Diarmuid considéra son voisin du regard. "J'ai eu l'occasion de rencontrer la mère d'un élève de Poudlard. Elle et son mari ne sont pas allés dans le même collège que nous." Des mots couverts pour dire qu'ils étaient moldus. "Ils appréhendent mal nos capacités et ont l'impression que nous sommes tout puissants." Réussit-il à expliquer avant d'ajouter. "La réciproque est vraie également, nous sommes dépassé par beaucoup de leurs technologies." Et puis il termina par cette phrase: "Je pense que le temps va être un allié intéressant. Pour nous comprendre."
Dans son discours, pas d'animosité, ni de peur. De simples constats. Transpirait également quelque chose de sous-jacent qu'il avait du mal à exprimer. C'était lié aux différences culturelles. Loin d'être opposées elles n'étaient pas identiques malgré des ressemblances, notamment au niveau du calendrier. Et il ne pouvait que constater l'ignorance mutuelle. Il avait quelques bases, les noms des fêtes principales, des bribes d'origines, de vagues idées de rites, mais il n'y avait pas porté plus d'intérêt que cela.
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Entre-deux
— Peut-être arrivons-nous à vivre ensemble ? Qui sait...
Au fond, c'est une chose qu'espère Kasey : ne plus ce cacher, vivre en paix et sans crainte. Il aime ce quotidien qu'il se construit avec Winnie. Tout semble plus simple d'une certaine manière. Elle ne s'inquiète même pas de savoir pourquoi il n'a pas de téléphone ou pourquoi il ignore comment fonctionne une télévision. Elle ne le juge pas et lui apprend avec enthousiasme ce qui fait la beauté de son monde. Peut-être que Winnie croit qu'il est une sorte d'ermite qui revient se connecter à la société ? Peut-être.
— Mais c'est bien trop utopique pour que ça se réalise.
Et pour le moment, Kasey profite de cette insouciance que procure son quotidien avec Winnie pour alléger son cœur, mais aussi son esprit qu'on dit malade. Kasey a tellement envie de dire à son interlocuteur à quel point cette femme est incroyable. *Un phare au beau milieu de la tempête*. Il se sent mieux à ses côtés, si bien qu'il ne se voit pas revenir dans le monde des sorciers. *Pas tout de suite*. Ou peut-être même jamais ? Il n'en sait rien, mais il ne veut pas la quitter, c'est certain. *Quand est-elle devenue aussi vitale ?*. Là encore, Kasey n'en sait rien.
— Je ne sais pas si je vais revenir, finit-il par lâcher. Par chez nous.
Il n'en a pas l'envie, ici, il est lui, Kasey et non le gérant qui s'est fait remplacer par un usurpateur. Ici, rien ne le ramène à cette cave, à la peur, à la honte et aux cordes qui ont marqué sa chaire. Ici, il n'est personne.
Au fond, c'est une chose qu'espère Kasey : ne plus ce cacher, vivre en paix et sans crainte. Il aime ce quotidien qu'il se construit avec Winnie. Tout semble plus simple d'une certaine manière. Elle ne s'inquiète même pas de savoir pourquoi il n'a pas de téléphone ou pourquoi il ignore comment fonctionne une télévision. Elle ne le juge pas et lui apprend avec enthousiasme ce qui fait la beauté de son monde. Peut-être que Winnie croit qu'il est une sorte d'ermite qui revient se connecter à la société ? Peut-être.
— Mais c'est bien trop utopique pour que ça se réalise.
Et pour le moment, Kasey profite de cette insouciance que procure son quotidien avec Winnie pour alléger son cœur, mais aussi son esprit qu'on dit malade. Kasey a tellement envie de dire à son interlocuteur à quel point cette femme est incroyable. *Un phare au beau milieu de la tempête*. Il se sent mieux à ses côtés, si bien qu'il ne se voit pas revenir dans le monde des sorciers. *Pas tout de suite*. Ou peut-être même jamais ? Il n'en sait rien, mais il ne veut pas la quitter, c'est certain. *Quand est-elle devenue aussi vitale ?*. Là encore, Kasey n'en sait rien.
— Je ne sais pas si je vais revenir, finit-il par lâcher. Par chez nous.
Il n'en a pas l'envie, ici, il est lui, Kasey et non le gérant qui s'est fait remplacer par un usurpateur. Ici, rien ne le ramène à cette cave, à la peur, à la honte et aux cordes qui ont marqué sa chaire. Ici, il n'est personne.
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Entre-deux
Vivre ensemble? Diarmuid devait bien se l'avouer, il ne voyait pas comment. Comment allier la magie avec leur technologie? Quand on les mélangeait on risquait l'accident. Ca lui paraissait être de la folie. Et pourtant... Tous les nés-moldus et bon nombre de sang-mêlés devaient courir après ce rêve là. Alors le médicomage irlandais ne dit rien. C'était préférable n'est-ce pas? Une stratégie qu'il réitéra lorsque son voisin de banc mentionna une utopie. A ce stade de l'histoire de l'humanité, qu'elle soit ou non douée de pouvoirs magiques, effectivement, on ne pouvait pas parler d'autre chose.
L'irlandais, qui regardait jusque là les passants, tourna de nouveau son visage vers Kasey Prior. "Je ne saurais dire. Sinon, on peut se dire qu'un jour, ce qui nous paraissait inatteignable sera le quotidien." Il haussa les épaules pour marquer à quel point il n'avait aucune réponse à cette question. "Je crois qu'il faut juste qu'on fasse notre maximum. Un jour, ça paiera." Ses yeux se détournèrent à nouveau de son voisin pour se perdre dans la vision d'une mère et de son bébé qu'elle nourrissait un peu plus loin. Il ne les fixa pas, ne souhaitant pas paraître intrusif ou voyeur, mais il ne put s'empêcher de trouver l'image très belle. Belle et... effrayante aussi. Il adorait les enfants, même tout petit, mais ne pouvait s'empêcher d'être terrorisé à l'idée d'être père lui-même. Alors que paradoxalement...
L'artisan le coupa dans sa pensée, ce qui le fit reprendre un contact visuel en une fraction de seconde. "Je suppose que ce sera à vous de faire un choix, en toute connaissance des conséquences de chacune des options." L'irlandais était particulièrement factuel, ce qui ne l'empêchait pas de marquer sa sollicitude dans la voix. "Ne vous décidez seulement pas trop vite. Quand j'allais mal, mon meilleur ami m'a fait jurer de ne prendre aucune décision importante tant que ça n'irait pas mieux." Les mots exacts d'Owen avaient été 'c’est parfois dur de voir clair dans le brouillard, prends le temps de le dissiper'. "C'était après avoir rompu avec ma petite-amie de l'époque. Je ne pouvais plus lui imposer mon état. Pour lui, j'ai agi trop vite." Et s'il se souvenait bien, il n'avait pas bien pris le jugement de celui qui était déjà son beau-frère, mais il lui avait promis, surtout pour avoir la paix. Le corcagien n'avait probablement pas été dupe, mais lui avait été si soulagé d'avoir l'impression de reprendre le contrôle. Il s'était bercé d'illusion, s'il y avait bien eu une période où il n'avait absolument rien contrôlé c'était bien celle là. Plus de deux ans d'errance et de décadence personnelle où il avait touché le fond puis creusé à coup de Deprimo avant de réussir à voir une issue. Maintenant, il se disait qu'il était suffisamment remonter pour ne plus flancher à la moindre difficulté, mais de là à dire qu'il en était sorti... Pas sûr.
Mots soulignés pour Le Grand Loto des Sorciers
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L'irlandais, qui regardait jusque là les passants, tourna de nouveau son visage vers Kasey Prior. "Je ne saurais dire. Sinon, on peut se dire qu'un jour, ce qui nous paraissait inatteignable sera le quotidien." Il haussa les épaules pour marquer à quel point il n'avait aucune réponse à cette question. "Je crois qu'il faut juste qu'on fasse notre maximum. Un jour, ça paiera." Ses yeux se détournèrent à nouveau de son voisin pour se perdre dans la vision d'une mère et de son bébé qu'elle nourrissait un peu plus loin. Il ne les fixa pas, ne souhaitant pas paraître intrusif ou voyeur, mais il ne put s'empêcher de trouver l'image très belle. Belle et... effrayante aussi. Il adorait les enfants, même tout petit, mais ne pouvait s'empêcher d'être terrorisé à l'idée d'être père lui-même. Alors que paradoxalement...
L'artisan le coupa dans sa pensée, ce qui le fit reprendre un contact visuel en une fraction de seconde. "Je suppose que ce sera à vous de faire un choix, en toute connaissance des conséquences de chacune des options." L'irlandais était particulièrement factuel, ce qui ne l'empêchait pas de marquer sa sollicitude dans la voix. "Ne vous décidez seulement pas trop vite. Quand j'allais mal, mon meilleur ami m'a fait jurer de ne prendre aucune décision importante tant que ça n'irait pas mieux." Les mots exacts d'Owen avaient été 'c’est parfois dur de voir clair dans le brouillard, prends le temps de le dissiper'. "C'était après avoir rompu avec ma petite-amie de l'époque. Je ne pouvais plus lui imposer mon état. Pour lui, j'ai agi trop vite." Et s'il se souvenait bien, il n'avait pas bien pris le jugement de celui qui était déjà son beau-frère, mais il lui avait promis, surtout pour avoir la paix. Le corcagien n'avait probablement pas été dupe, mais lui avait été si soulagé d'avoir l'impression de reprendre le contrôle. Il s'était bercé d'illusion, s'il y avait bien eu une période où il n'avait absolument rien contrôlé c'était bien celle là. Plus de deux ans d'errance et de décadence personnelle où il avait touché le fond puis creusé à coup de Deprimo avant de réussir à voir une issue. Maintenant, il se disait qu'il était suffisamment remonter pour ne plus flancher à la moindre difficulté, mais de là à dire qu'il en était sorti... Pas sûr.
Mots soulignés pour Le Grand Loto des Sorciers
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