Dans les Ténèbres de la Forêt
2047.
Bar sorcier El Chupacabra,
Quelque part dans l'Etat du Campêche, Mexique.
Bar sorcier El Chupacabra,
Quelque part dans l'Etat du Campêche, Mexique.
“But who knows what she spoke to the darkness, alone,
in the bitter watches of the night,
when all her life seemed shrinking,
and the walls of her bower closing in about her,
a hutch to trammel some wild thing in?”
― J.R.R. Tolkien, The Return of the King
in the bitter watches of the night,
when all her life seemed shrinking,
and the walls of her bower closing in about her,
a hutch to trammel some wild thing in?”
― J.R.R. Tolkien, The Return of the King
« ¡Muévete, no voy a hacer tu trabajo por ti! 1 »
Le tambourinage finit par avoir raison du corps gisant dans l’obscurité de la chambre, et celui-ci commença à s’animer de grognement, et de papillonnement. Malgré les très faibles rayons de lumière et sa vue trouble, elle pouvait discerner – et sentir – un désagréable poids, mouvant sur son visage. Désagréable et familier. Petit à petit avec l’acclimatation, se distinguèrent deux petits yeux, et un grondement s’échappa de son corps une nouvelle fois. Dans un mouvement qui lui demandait plus d’effort qu’elle n’aurait cru, elle se saisit de la créature, et la déposa sur le côté. Son propre geste la fit froncer des sourcils, en voyant qu’aucune drap ni oreiller ne se trouvait là. Bien vite, sa moue se transforma en grimace. Elle avait passé la nuit, ou du moins les dernières heures, à même le sol de sa chambre, fait d’un vieux parquet rustique.
« ¡Ya voy! 2 », cria-t-elle d’une voix enrouillée, ne prenant pas la peine de faire paraitre le moindre ton d’excuse alors qu’elle se redressait avec difficulté. A tâtons la sorcière chercha sa baguette, en vain. Evidemment. Ces derniers temps la galloise avait l’impression de la perdre de plus en plus, ce qui n’était pas vraiment le plus surprenant quand on y pensait. Dans un murmure, elle prononça la formule du sortilège d’allumage, faisant naitre au bout de ses doigts une faible lumière. Cela lui suffisait à ne pas s’éblouir et à constater l’état de son environnement. Rien d’anormal pour l’habitante de ce propre chaos de parchemins, de livres et d' objets abimés. Des flashs de sa soirée et de sa nuit lui revinrent, alors que la noiraude se reconnectait avec les propres sensations de son corps. Elle avait poussé ses propres limites et s’était brûlée les ailes, une nouvelle fois.
« Oh ça va, me regarde pas comme ça Silv, je sais. »
Elle savait, et cela ne faisait qu'empirer l'inquiétude de la créature.
1Bouge-toi, j'vais pas faire ton taff à ta place ! - en espagnol
2J’arrive ! - en espagnol
2J’arrive ! - en espagnol
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Patron au nom inconnu, utilisation prétexte
Sergio Montero Alvarez, ancien collègue et ami, utilisation active
- Lien vers la fiche du PNJ : lien
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : confronter Morgan à son propre isolement, en faisant intervenir un personnage qu'elle connaissait avant sa rupture avec son fiancé.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Dans les Ténèbres de la Forêt
El Chupacabra n’était pas un endroit qu’on pouvait qualifier de touristique ou de particulièrement accueillant. Un vieux bâtiment excentré du village, dont le nom, peint en bordeaux sur la façade, était plus que délavé. Des craquelures sur les murs extérieurs et la végétation grimpante suffisait pour faire croire à une bâtisse presque abandonnée à plus d’un voyageur, bien qu’il n’en était rien. Pour les clients habituels de l’endroit, les habitants locaux notamment, la présence de la femme à la chevelure d’ébène était un mystère – le patron comme beaucoup d’entre eux n’était pas fan des étrangers. Mais après plus d’un an, sa présence commençait à se faire oublier, jusqu’à même faire penser qu’elle n’était qu’une simple rumeur, au vu du peu d’apparition qu’elle faisait dans le village.
Morgan, ou plutôt Violet, accomplissait presque machinalement ses tâches désormais, entre le nettoyage, le service, et les corvées qu’on lui attribuait, le plus souvent avec un bouquin ou un carnet à proximité. Le mexicain qui l’avait embauché s’en fichait pas mal de cela, tant que le travail était fait, et que l’argent entrait dans ses poches. Ce jour-là ne faisait pas exception, et la galloise avait fini par s’accouder au comptoir, griffonnant avec frustration des mots dans une écriture incompréhensible pour quiconque tenterait de lire à l’envers. Il n’y avait rien de plus agaçant de devoir coucher sur papier ses échecs et ses tentatives infructueuses de maitrise, mais elle savait que cela était un exercice nécessaire, pour progresser et comprendre.
Les bruits de l’endroit n’étaient que parasite dans ses oreilles, raison pour laquelle elle les reléguait au fond de son esprit en les ignorant. Les discussions murmuraient entre les vieillards et les ivrognes du coin ne l’intéressaient que très peu, et leurs jeux de carte n’étaient pas plus que cela à son goût. Néanmoins ses réflexes n’étaient pas totalement disparus, et elle gardait toujours un œil autour d’elle, si bien que, lorsque la porte d’entrée du bar s’ouvrit, ses yeux se levèrent immédiatement de ses pages. Dans d’autres cas, cela n’aurait duré qu’à peine quelques secondes, mais dans ce cas précis, la femme se redressa et ferma immédiatement son carnet.
« Holà Tejónita 1 …
— Sergio, qu’est-ce que tu fais ici ? »
Morgan, ou plutôt Violet, accomplissait presque machinalement ses tâches désormais, entre le nettoyage, le service, et les corvées qu’on lui attribuait, le plus souvent avec un bouquin ou un carnet à proximité. Le mexicain qui l’avait embauché s’en fichait pas mal de cela, tant que le travail était fait, et que l’argent entrait dans ses poches. Ce jour-là ne faisait pas exception, et la galloise avait fini par s’accouder au comptoir, griffonnant avec frustration des mots dans une écriture incompréhensible pour quiconque tenterait de lire à l’envers. Il n’y avait rien de plus agaçant de devoir coucher sur papier ses échecs et ses tentatives infructueuses de maitrise, mais elle savait que cela était un exercice nécessaire, pour progresser et comprendre.
Les bruits de l’endroit n’étaient que parasite dans ses oreilles, raison pour laquelle elle les reléguait au fond de son esprit en les ignorant. Les discussions murmuraient entre les vieillards et les ivrognes du coin ne l’intéressaient que très peu, et leurs jeux de carte n’étaient pas plus que cela à son goût. Néanmoins ses réflexes n’étaient pas totalement disparus, et elle gardait toujours un œil autour d’elle, si bien que, lorsque la porte d’entrée du bar s’ouvrit, ses yeux se levèrent immédiatement de ses pages. Dans d’autres cas, cela n’aurait duré qu’à peine quelques secondes, mais dans ce cas précis, la femme se redressa et ferma immédiatement son carnet.
« Holà Tejónita 1 …
— Sergio, qu’est-ce que tu fais ici ? »
1Bonjour petite blairelle - en espagnol
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Dans les Ténèbres de la Forêt
Sergio Montero Alvarez avait toujours été un personnage étrange pour la galloise. Non par son apparence pourtant particulière, avec un visage arborant des tatouages traditionnels et ses multiples accessoires en obsidienne qui ne faisaient aucun doute quant à son héritage, mais par son regard, et son sourire. Agaçant et bruyant. Telles étaient les premiers mots qui lui étaient venus de lors première rencontre, deux ou trois ans auparavant. Reginaldo Furtado de Ávila, Reg, était leur patron à tous les deux, mais pour des choses bien différentes – lui était un informateur de confiance et un logisticien, et elle une experte et une négociatrice, entres autres choses.
Tejónita… Ce surnom l’avait fait grimacer plus d’une fois, jusqu’à ce qu’elle s’en lasse. Un serpent dans un costume de blaireau… Cela aurait donné bien des boutons à plus d’un Serpentard, mais elle était la seule responsable pour le choix de son nom d’emprunt, Violet Badger.
« A ton avis ? Je n’ai pas le droit de rendre visite à mes amis ? »
A ces mots, Morgan pouffa d’un rire moqueur.
« Depuis quand on est amis au juste ?
— Hein ? Je parlais pas de toi, mais de ce pauvre Silv ! Je m’inquiète pour cette petite créature… Tu ne l’as pas maltraité j’espère ?
— Arrête ton char, il te déteste. »
Le sorcier s’était approché du bar au fil de la discussion, et simula la présence d’une flèche dans son thorax.
« Tu me fais mal au cœur à me dire cela, Tejónita… »
Alors qu’il s’écroula dramatiquement sur un des sièges hauts, la barmaid se contenta de lever les yeux. Leur relation avait bien évolué depuis ce fameux premier jour, tout en restant exactement la même. Le mexicain à la peau bronzée avait beau l’excéder avec ses frasques et ses manières d’homme-enfant, il était un individu de confiance – et un très bon professeur d’espagnol. En plus d'être l'un des rares individus à qui elle avait montré sa faible pratique sans catalyseur.
« Qu’est-ce que tu fais là, Sergio ? reprit-elle après l’avoir laissé continuer sa mise en scène quelques instant. Sérieusement. »
Se redressant sur son siège, il posa son coude sur la surface pour soutenir sa tête avec sa main. Le brun était soudainement plus silencieux qu’à son arrivée, et sembla jauger son ancienne collègue avec un air plus indéchiffrable. Cela fit soupirer la noiraude, qui se mit à faire du rangement mécaniquement pour s’occuper les mains, et tourna le dos à l’hispanique.
« J’ai quelque chose pour toi. »
Morgan s’arrêta dans sa tâche un instant, avant de reprendre comme si de rien n’était. Elle se tourna pour le regarder dans les yeux et lui demander : « Tu viens de la part de Reg ? »
Ce à quoi il ne répond rien avec des mots, mais son attitude lui sembla être suffisamment éloquente.
« Je finis mon service dans quelques heures, alors soit tu commandes quelque chose, soit tu reviens plus tard, mais je ne compte pas m’attirer encore plus les foudres de mon actuel patron. »
Tejónita… Ce surnom l’avait fait grimacer plus d’une fois, jusqu’à ce qu’elle s’en lasse. Un serpent dans un costume de blaireau… Cela aurait donné bien des boutons à plus d’un Serpentard, mais elle était la seule responsable pour le choix de son nom d’emprunt, Violet Badger.
« A ton avis ? Je n’ai pas le droit de rendre visite à mes amis ? »
A ces mots, Morgan pouffa d’un rire moqueur.
« Depuis quand on est amis au juste ?
— Hein ? Je parlais pas de toi, mais de ce pauvre Silv ! Je m’inquiète pour cette petite créature… Tu ne l’as pas maltraité j’espère ?
— Arrête ton char, il te déteste. »
Le sorcier s’était approché du bar au fil de la discussion, et simula la présence d’une flèche dans son thorax.
« Tu me fais mal au cœur à me dire cela, Tejónita… »
Alors qu’il s’écroula dramatiquement sur un des sièges hauts, la barmaid se contenta de lever les yeux. Leur relation avait bien évolué depuis ce fameux premier jour, tout en restant exactement la même. Le mexicain à la peau bronzée avait beau l’excéder avec ses frasques et ses manières d’homme-enfant, il était un individu de confiance – et un très bon professeur d’espagnol. En plus d'être l'un des rares individus à qui elle avait montré sa faible pratique sans catalyseur.
« Qu’est-ce que tu fais là, Sergio ? reprit-elle après l’avoir laissé continuer sa mise en scène quelques instant. Sérieusement. »
Se redressant sur son siège, il posa son coude sur la surface pour soutenir sa tête avec sa main. Le brun était soudainement plus silencieux qu’à son arrivée, et sembla jauger son ancienne collègue avec un air plus indéchiffrable. Cela fit soupirer la noiraude, qui se mit à faire du rangement mécaniquement pour s’occuper les mains, et tourna le dos à l’hispanique.
« J’ai quelque chose pour toi. »
Morgan s’arrêta dans sa tâche un instant, avant de reprendre comme si de rien n’était. Elle se tourna pour le regarder dans les yeux et lui demander : « Tu viens de la part de Reg ? »
Ce à quoi il ne répond rien avec des mots, mais son attitude lui sembla être suffisamment éloquente.
« Je finis mon service dans quelques heures, alors soit tu commandes quelque chose, soit tu reviens plus tard, mais je ne compte pas m’attirer encore plus les foudres de mon actuel patron. »
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Dans les Ténèbres de la Forêt
« Suis-moi. »
Son patron l’avait libéré plus tôt de son poste, ce qu’elle ne comprit pas immédiatement. Cela n’avait jamais été son genre, ce qui rendit Morgan suspicieuse, jusqu’à ce qu’elle le voit faire des allers retours du regard entre elle et la forme gisante sur le comptoir. Une fois de plus dans sa journée, la sorcière leva les yeux d’un air exaspéré, mais ne fit aucune remarque pour démentir les quelconques hypothèses qui pouvaient se formuler dans l’esprit du mexicain. Alors elle s’était contentée de contourner le bar et de taper – pas trop fort – le dos de son ancien collègue et de lui ordonner de la suivre à l’extérieur.
« A vos ordres, commandant, s’exclama-t-il tout en se levant en faisant presque tomber sa chaise.
— Oh c’est bon, ferme-là. »
La nuit commençait à tomber et des nuages obscurcissaient davantage le ciel, mais cela ne gêna en rien Morgan pour guider le sorcier un peu plus en profondeur de la forêt, sur un sentier qu’elle connaissait bien. Elle sentit alors une première goutte sur le sommet de sa tête, puis seconde, et une averse suivi presque instantanément. Fort heureusement, en cette période de saison de pluie, elle avait eu plus d’une fois l’occasion de s’essayer, telle une jeune élève de Poudlard, à la pratique du sortilège de parapluie. A un accessoire près. Sergio avait suivi le mouvement, grâce la présence de son catalyseur en obsidienne autour de son poignet.
« Tu as fait des progrès, Tejónita, c’est incroyable… »
Quelque chose resta en suspens dans la phrase, une hésitation soudaine qui ne correspondait pas au mexicain, mais elle la passa au tapis. Ils avaient déjà eu à plusieurs reprises des discussions sur ce talent secret, que la femme voulait à tout prix développer.
« Merci. C’est quoi ce quelque chose alors ? »
L’hésitation était toujours là dans son regard, et elle du faire preuve de patience avant qu’il ne fouille enfin l’intérieur de sa veste pour sortir une étoffe bleu nuit et la lui tende. Avec délicatesse elle s’en saisit et s’arrêta dans sa marche pour l’étudier. Attrapant un angle du morceau de tissu, elle le souleva et reconnu immédiatement le bijou.
« Pourquoi…
— Reg est mort, Violet. »
Le catalyseur d’obsidienne de Reginaldo. Celui qu’elle avait eu tant de mal à sortir de l’étrange mécanisme il y a de cela bien des années, alors que la jeune femme n’avait même pas connaissance de l’homme en question. Une des tâches quasiment impossible que Krimrok avait pour habitude de lui confier. La raison pour laquelle Reg l’avait engagé.
« Comment ?
— Dans son sommeil à ce qu’on m’a dit. »
Elle ne savait pas quoi répondre à cette soudaine annonce. C’était un vieil homme a n’en pas douté, et il avait bien vécu.
« Pourquoi tu es venu me voir en personne ? Une lettre aurait suffi, je n’ai jamais été proche de lui, pas comme toi.
— Il m’a laissé la boutique, mais je... Je ne sais pas. »
Elle lui fit un faible sourire, compréhensive.
« Reginaldo était un vieil excentrique qui ne vivait qu’à travers ses artéfacts et l’argent. Tu n’es obligé à rien Sergio, il y aura bien quelqu’un pour prendre-
— Reviens travailler avec moi. »
A ce moment précis, son visage se figea, et elle sut au plus profond d’elle-même qu’elle devait clore leur échange le plus tôt possible, car elle avait depuis bien longtemps cerné l’homme en face d’elle.
« Non, répondit-elle en commençant à faire demi-tour.
— Ecoute moi avant de dire non !
— J’ai dit non, je suis très bien où je suis. »
Est-ce un mensonge ou bien du déni ? Elle ne saurait elle-même le dire, mais peu importait la nature des mots qui sortaient de sa propre bouche à ce moment précis. Morgan ne voulait plus de cette vie qui avait été la sienne par le passé, c’était la seule chose qui était vraie.
« Tu m’inquiètes Violet, vraiment. Quand tu es revenu et que tu as demandé à Reg de t’aider à trouver un autre emploi temporaire loin de tout, j’ai compris, mais là ? Ça fait plus d’un an que tu es ici maintenant bon sang ! Tu vaux bien mieux que de passer le reste de ta vie à te cacher derrière un comptoir.
— Ça suffit.
— Et tes expériences et ta magie sans catalyseur… C’est incroyable oui, mais tu as vu les cernes que tu as sous les yeux ? Et ta pâleur ? Tu ressembles plus à un spectre qu’à un être humain, et on est au Mexique !
— Ferme-là, Sergio.
— C’est vraiment ce genre de vie que tu veux ? C’est pathétique, tu ne t'en rends-
— Limacius Eructo ! »
C’était sorti tout seul de la bouche de la sorcière, le bras tendu vers l’homme. Immédiatement elle regretta son geste, tout en se rendant compte qu’il avait fonctionné sans qu’elle n’ait sorti sa baguette. A cette pensée la galloise serra les dents. Ce n’était pas le moment de penser à son bien cruel progrès.
« Je t’ai dit, ça suffit Sergio. C’est non. Et si ce n’était pas pour Reg… Son ton de voix, sa froideur, sa colère vrombissante… elle était cruelle avec lui, elle en avait bien conscience. Merci pour l’objet, mais ce n’est pas la peine de revenir me voir. Jamais. On n’est pas ami. »
Extrêmement cruelle, envers celui qu’il l’avait toujours traité comme une petite sœur sans attendre la moindre réciprocité. Elle sortit sa baguette et transplana sans un mot de plus.
Son patron l’avait libéré plus tôt de son poste, ce qu’elle ne comprit pas immédiatement. Cela n’avait jamais été son genre, ce qui rendit Morgan suspicieuse, jusqu’à ce qu’elle le voit faire des allers retours du regard entre elle et la forme gisante sur le comptoir. Une fois de plus dans sa journée, la sorcière leva les yeux d’un air exaspéré, mais ne fit aucune remarque pour démentir les quelconques hypothèses qui pouvaient se formuler dans l’esprit du mexicain. Alors elle s’était contentée de contourner le bar et de taper – pas trop fort – le dos de son ancien collègue et de lui ordonner de la suivre à l’extérieur.
« A vos ordres, commandant, s’exclama-t-il tout en se levant en faisant presque tomber sa chaise.
— Oh c’est bon, ferme-là. »
La nuit commençait à tomber et des nuages obscurcissaient davantage le ciel, mais cela ne gêna en rien Morgan pour guider le sorcier un peu plus en profondeur de la forêt, sur un sentier qu’elle connaissait bien. Elle sentit alors une première goutte sur le sommet de sa tête, puis seconde, et une averse suivi presque instantanément. Fort heureusement, en cette période de saison de pluie, elle avait eu plus d’une fois l’occasion de s’essayer, telle une jeune élève de Poudlard, à la pratique du sortilège de parapluie. A un accessoire près. Sergio avait suivi le mouvement, grâce la présence de son catalyseur en obsidienne autour de son poignet.
« Tu as fait des progrès, Tejónita, c’est incroyable… »
Quelque chose resta en suspens dans la phrase, une hésitation soudaine qui ne correspondait pas au mexicain, mais elle la passa au tapis. Ils avaient déjà eu à plusieurs reprises des discussions sur ce talent secret, que la femme voulait à tout prix développer.
« Merci. C’est quoi ce quelque chose alors ? »
L’hésitation était toujours là dans son regard, et elle du faire preuve de patience avant qu’il ne fouille enfin l’intérieur de sa veste pour sortir une étoffe bleu nuit et la lui tende. Avec délicatesse elle s’en saisit et s’arrêta dans sa marche pour l’étudier. Attrapant un angle du morceau de tissu, elle le souleva et reconnu immédiatement le bijou.
« Pourquoi…
— Reg est mort, Violet. »
Le catalyseur d’obsidienne de Reginaldo. Celui qu’elle avait eu tant de mal à sortir de l’étrange mécanisme il y a de cela bien des années, alors que la jeune femme n’avait même pas connaissance de l’homme en question. Une des tâches quasiment impossible que Krimrok avait pour habitude de lui confier. La raison pour laquelle Reg l’avait engagé.
« Comment ?
— Dans son sommeil à ce qu’on m’a dit. »
Elle ne savait pas quoi répondre à cette soudaine annonce. C’était un vieil homme a n’en pas douté, et il avait bien vécu.
« Pourquoi tu es venu me voir en personne ? Une lettre aurait suffi, je n’ai jamais été proche de lui, pas comme toi.
— Il m’a laissé la boutique, mais je... Je ne sais pas. »
Elle lui fit un faible sourire, compréhensive.
« Reginaldo était un vieil excentrique qui ne vivait qu’à travers ses artéfacts et l’argent. Tu n’es obligé à rien Sergio, il y aura bien quelqu’un pour prendre-
— Reviens travailler avec moi. »
A ce moment précis, son visage se figea, et elle sut au plus profond d’elle-même qu’elle devait clore leur échange le plus tôt possible, car elle avait depuis bien longtemps cerné l’homme en face d’elle.
« Non, répondit-elle en commençant à faire demi-tour.
— Ecoute moi avant de dire non !
— J’ai dit non, je suis très bien où je suis. »
Est-ce un mensonge ou bien du déni ? Elle ne saurait elle-même le dire, mais peu importait la nature des mots qui sortaient de sa propre bouche à ce moment précis. Morgan ne voulait plus de cette vie qui avait été la sienne par le passé, c’était la seule chose qui était vraie.
« Tu m’inquiètes Violet, vraiment. Quand tu es revenu et que tu as demandé à Reg de t’aider à trouver un autre emploi temporaire loin de tout, j’ai compris, mais là ? Ça fait plus d’un an que tu es ici maintenant bon sang ! Tu vaux bien mieux que de passer le reste de ta vie à te cacher derrière un comptoir.
— Ça suffit.
— Et tes expériences et ta magie sans catalyseur… C’est incroyable oui, mais tu as vu les cernes que tu as sous les yeux ? Et ta pâleur ? Tu ressembles plus à un spectre qu’à un être humain, et on est au Mexique !
— Ferme-là, Sergio.
— C’est vraiment ce genre de vie que tu veux ? C’est pathétique, tu ne t'en rends-
— Limacius Eructo ! »
C’était sorti tout seul de la bouche de la sorcière, le bras tendu vers l’homme. Immédiatement elle regretta son geste, tout en se rendant compte qu’il avait fonctionné sans qu’elle n’ait sorti sa baguette. A cette pensée la galloise serra les dents. Ce n’était pas le moment de penser à son bien cruel progrès.
« Je t’ai dit, ça suffit Sergio. C’est non. Et si ce n’était pas pour Reg… Son ton de voix, sa froideur, sa colère vrombissante… elle était cruelle avec lui, elle en avait bien conscience. Merci pour l’objet, mais ce n’est pas la peine de revenir me voir. Jamais. On n’est pas ami. »
Extrêmement cruelle, envers celui qu’il l’avait toujours traité comme une petite sœur sans attendre la moindre réciprocité. Elle sortit sa baguette et transplana sans un mot de plus.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
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Dans les Ténèbres de la Forêt
L'intérieur de la boutique de Reginaldo Furtado de Ávila était plongé dans la pénombre, l’air chargé de poussière et de mystère. Comme d’habitude, Violet était accoudée au comptoir, feuilletant distraitement un vieux livre sur les légendes locales. La chaleur mexicaine, qui transperçait les murs de la boutique, rendait l'atmosphère presque étouffante. Reginaldo, assis derrière son bureau encombré de registres, annotait méthodiquement une pile de factures, le regard concentré derrière ses petites lunettes rondes plus que ridicules.
La sorcière soupira. Cela faisait déjà une heure qu’elle attendait l’arrivée de Sergio, et l’ennui commençait à la gagner. Chaque minute passée à attendre ici, c’était une minute de moins pour une mission avec un minimum de sens. Mais voilà, Reg avait insisté. Il disait toujours que Sergio avait un talent pour dénicher des informations improbables qui finissaient par payer, même si la noiraude trouvait souvent qu’il avait surtout un talent pour les histoires farfelues.
« Il est encore en retard », lança-t-elle d’un ton las, tout en fermant son livre.
« Sergio a son propre rythme, répondit Reg sans lever les yeux de ses factures. Il a ce qu’il faut, ne t’en fais pas. »
Morgan leva les yeux au ciel. Sergio et son propre rythme, c'était un doux euphémisme. Depuis son arrivée au Mexique, elle avait appris à travailler avec lui, mais ça ne signifiait pas qu’elle tolérait facilement son côté désinvolte. C’était lui qui la guidait dans les méandres de la ville, celui qui connaissait les bons - et surtout les mauvais - endroits où poser des questions. Mais souvent, ses récits frôlaient la fiction.
Finalement, la clochette de la porte d’entrée tinta, et Sergio fit son entrée avec son éternel sourire satisfait. Il portait son chapeau de paille, un signe de son insouciance typique, et tapota la poussière de ses vêtements avant de se diriger vers le comptoir.
« Holà, Tejónita ! Toujours aussi impatiente, à ce que je vois », s'amusa-t-il en retirant son chapeau avec un geste dramatique.
Morgan, habituée à ses pitreries, croisa les bras. « Si tu avais le sens de la ponctualité, je n'aurais pas à l’être. Qu’est-ce que tu nous apportes cette fois-ci, qui vaille que je laisse de côté un job à Guadalajara ? Une autre histoire de trésor perdu dans la jungle ? »
Sergio esquissa un sourire mystérieux et, avec un air théâtral, sortit de sa sacoche une petite pochette en cuir qu'il posa sur la table. Morgan leva un sourcil, déjà sceptique. Il adorait les grands effets, comme s'il se prenait pour un héros d’aventure.
« Oh, pas de jungle cette fois, répondit-il en dépliant la pochette avec lenteur. Juste un trésor. »
Il étala une carte sur le comptoir, visiblement vieille et jaunie par le temps, avec des bords légèrement déchirés. Les contours approximatifs d’une petite région y étaient dessinés, avec quelques symboles gribouillés en marge. La galloise la fixa un instant avant de soupirer. Combien de ces cartes avaient-elle déjà vues dans sa carrière ? La plupart étaient des fausses, vendues par des charlatans pour arnaquer les idiots crédules.
« Vraiment, Sergio ? Une carte au trésor ? Elle tapota la carte d’un doigt, son ton empreint d'ironie. Tu as trouvé ça dans une vieille boîte de cigares ? »
Sergio, pas le moins du monde perturbé par son scepticisme, se pencha sur la carte avec une excitation palpable. « Non, cette fois, c’est différent, je te jure. Une cachette… Un trésor qui aurait été enfoui par un contrebandier du siècle dernier. C’est pas une vieille légende maya ou quelque chose d’impossible à vérifier. Je suis sur de ma source ! »
Morgan fronça les sourcils, mais une part d’elle ne pouvait s’empêcher d’être légèrement amusée par l'enthousiasme de Sergio. Elle était sceptique, bien sûr – elle l’était toujours face à ce genre d’histoires – mais une partie d’elle ne pouvait s’empêcher d’être un peu intriguée. Il avait ce don, Sergio, pour rendre les choses ridicules… mais suffisamment divertissantes pour qu’elle se sente malgré elle entraînée dans ses aventures.
« Alors, laisse-moi deviner, dit-elle en pointant la carte, un sourire narquois sur le visage. Un contrebandier enterré avec son butin dans un endroit reculé ? Pourquoi c’est toujours dans un endroit reculé ? Ils ne pouvaient pas juste planquer ça dans un tiroir comme tout le monde ? »
« Ha ! s’exclama Sergio en levant un doigt. Parce qu’un tiroir, c’est bien trop simple. Un bon contrebandier aime le drame, Tejónita. Et celui-là était très bon dans son domaine. »
Reginaldo, qui avait observé la scène en silence, referma son registre avec un léger sourire. Il connaissait Sergio depuis assez longtemps pour savoir que, derrière ses manières théâtrales, il y avait souvent un fond de vérité. Mais il savait aussi que Morgan ne se laissait pas facilement convaincre.
« Tu crois vraiment que cette carte va nous mener à quelque chose de tangible ? demanda-t-elle en croisant les bras. Parce que si je dois traverser la moitié de la région pour creuser des trous dans la terre, il faut que ce soit pour autre chose qu’un vieux pot de terre cuite. »
Sergio haussa les épaules. « La seule façon de le savoir, c’est d’aller voir. Mais moi, j’ai un bon pressentiment sur cette affaire. Et si tu veux mon avis, tu ne t’ennuieras pas. »
Morgan fixa la carte une dernière fois. Elle en avait vu des dizaines comme ça, sinon des centaines. La plupart n’avaient jamais rien donné. Mais une part d’elle, celle qui aimait l’aventure, ne pouvait s’empêcher de ressentir un léger frisson d’excitation. C’était peut-être ridicule, mais l’idée d’un trésor caché, même dans une histoire improbable, avait toujours quelque chose d’intriguant.
Elle jeta un regard à Reginaldo, qui acquiesça lentement.
« Très bien, dit-elle finalement. Je vais y jeter un coup d’œil. Mais si cette histoire de contrebandier n'est qu'un ramassis de légendes, je te fais payer l’addition. »
Sergio éclata de rire. « Si on trouve quelque chose, tu me remercieras. Et sinon, je paierai le repas, promis. »
Morgan roula des yeux, mais elle était déjà en train de planifier l’excursion dans sa tête. Malgré son scepticisme, elle ne pouvait s’empêcher d'être amusée – et secrètement intriguée. Après tout, les meilleures histoires commençaient souvent par quelque chose d’absurde.
La sorcière soupira. Cela faisait déjà une heure qu’elle attendait l’arrivée de Sergio, et l’ennui commençait à la gagner. Chaque minute passée à attendre ici, c’était une minute de moins pour une mission avec un minimum de sens. Mais voilà, Reg avait insisté. Il disait toujours que Sergio avait un talent pour dénicher des informations improbables qui finissaient par payer, même si la noiraude trouvait souvent qu’il avait surtout un talent pour les histoires farfelues.
« Il est encore en retard », lança-t-elle d’un ton las, tout en fermant son livre.
« Sergio a son propre rythme, répondit Reg sans lever les yeux de ses factures. Il a ce qu’il faut, ne t’en fais pas. »
Morgan leva les yeux au ciel. Sergio et son propre rythme, c'était un doux euphémisme. Depuis son arrivée au Mexique, elle avait appris à travailler avec lui, mais ça ne signifiait pas qu’elle tolérait facilement son côté désinvolte. C’était lui qui la guidait dans les méandres de la ville, celui qui connaissait les bons - et surtout les mauvais - endroits où poser des questions. Mais souvent, ses récits frôlaient la fiction.
Finalement, la clochette de la porte d’entrée tinta, et Sergio fit son entrée avec son éternel sourire satisfait. Il portait son chapeau de paille, un signe de son insouciance typique, et tapota la poussière de ses vêtements avant de se diriger vers le comptoir.
« Holà, Tejónita ! Toujours aussi impatiente, à ce que je vois », s'amusa-t-il en retirant son chapeau avec un geste dramatique.
Morgan, habituée à ses pitreries, croisa les bras. « Si tu avais le sens de la ponctualité, je n'aurais pas à l’être. Qu’est-ce que tu nous apportes cette fois-ci, qui vaille que je laisse de côté un job à Guadalajara ? Une autre histoire de trésor perdu dans la jungle ? »
Sergio esquissa un sourire mystérieux et, avec un air théâtral, sortit de sa sacoche une petite pochette en cuir qu'il posa sur la table. Morgan leva un sourcil, déjà sceptique. Il adorait les grands effets, comme s'il se prenait pour un héros d’aventure.
« Oh, pas de jungle cette fois, répondit-il en dépliant la pochette avec lenteur. Juste un trésor. »
Il étala une carte sur le comptoir, visiblement vieille et jaunie par le temps, avec des bords légèrement déchirés. Les contours approximatifs d’une petite région y étaient dessinés, avec quelques symboles gribouillés en marge. La galloise la fixa un instant avant de soupirer. Combien de ces cartes avaient-elle déjà vues dans sa carrière ? La plupart étaient des fausses, vendues par des charlatans pour arnaquer les idiots crédules.
« Vraiment, Sergio ? Une carte au trésor ? Elle tapota la carte d’un doigt, son ton empreint d'ironie. Tu as trouvé ça dans une vieille boîte de cigares ? »
Sergio, pas le moins du monde perturbé par son scepticisme, se pencha sur la carte avec une excitation palpable. « Non, cette fois, c’est différent, je te jure. Une cachette… Un trésor qui aurait été enfoui par un contrebandier du siècle dernier. C’est pas une vieille légende maya ou quelque chose d’impossible à vérifier. Je suis sur de ma source ! »
Morgan fronça les sourcils, mais une part d’elle ne pouvait s’empêcher d’être légèrement amusée par l'enthousiasme de Sergio. Elle était sceptique, bien sûr – elle l’était toujours face à ce genre d’histoires – mais une partie d’elle ne pouvait s’empêcher d’être un peu intriguée. Il avait ce don, Sergio, pour rendre les choses ridicules… mais suffisamment divertissantes pour qu’elle se sente malgré elle entraînée dans ses aventures.
« Alors, laisse-moi deviner, dit-elle en pointant la carte, un sourire narquois sur le visage. Un contrebandier enterré avec son butin dans un endroit reculé ? Pourquoi c’est toujours dans un endroit reculé ? Ils ne pouvaient pas juste planquer ça dans un tiroir comme tout le monde ? »
« Ha ! s’exclama Sergio en levant un doigt. Parce qu’un tiroir, c’est bien trop simple. Un bon contrebandier aime le drame, Tejónita. Et celui-là était très bon dans son domaine. »
Reginaldo, qui avait observé la scène en silence, referma son registre avec un léger sourire. Il connaissait Sergio depuis assez longtemps pour savoir que, derrière ses manières théâtrales, il y avait souvent un fond de vérité. Mais il savait aussi que Morgan ne se laissait pas facilement convaincre.
« Tu crois vraiment que cette carte va nous mener à quelque chose de tangible ? demanda-t-elle en croisant les bras. Parce que si je dois traverser la moitié de la région pour creuser des trous dans la terre, il faut que ce soit pour autre chose qu’un vieux pot de terre cuite. »
Sergio haussa les épaules. « La seule façon de le savoir, c’est d’aller voir. Mais moi, j’ai un bon pressentiment sur cette affaire. Et si tu veux mon avis, tu ne t’ennuieras pas. »
Morgan fixa la carte une dernière fois. Elle en avait vu des dizaines comme ça, sinon des centaines. La plupart n’avaient jamais rien donné. Mais une part d’elle, celle qui aimait l’aventure, ne pouvait s’empêcher de ressentir un léger frisson d’excitation. C’était peut-être ridicule, mais l’idée d’un trésor caché, même dans une histoire improbable, avait toujours quelque chose d’intriguant.
Elle jeta un regard à Reginaldo, qui acquiesça lentement.
« Très bien, dit-elle finalement. Je vais y jeter un coup d’œil. Mais si cette histoire de contrebandier n'est qu'un ramassis de légendes, je te fais payer l’addition. »
Sergio éclata de rire. « Si on trouve quelque chose, tu me remercieras. Et sinon, je paierai le repas, promis. »
Morgan roula des yeux, mais elle était déjà en train de planifier l’excursion dans sa tête. Malgré son scepticisme, elle ne pouvait s’empêcher d'être amusée – et secrètement intriguée. Après tout, les meilleures histoires commençaient souvent par quelque chose d’absurde.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Dans les Ténèbres de la Forêt
TW à partir d'ici : alcoolisme + pensées dépressives
Morgan resta immobile, figée par la présence de ce qui semblait être un fantôme. Ses yeux scrutaient chaque détail de son visage, chaque ombre sous son capuchon. Il semblait tellement réel. Mais quelque chose ne collait pas. Pourquoi serait-il là maintenant, après tout ce temps ? Son esprit s'embrouillait, incapable de saisir la logique derrière cette apparition.
« Krimrok… pourquoi maintenant ? » murmura-t-elle, la voix tremblante malgré elle.
L'homme esquissa un sourire froid, mais son image semblait vaciller légèrement, comme si un souffle invisible déformait les contours de sa silhouette.
« Je suis toujours là, Morgan, dans chaque pas que tu fais. Tu ne peux pas fuir ta nature. Tu ne peux pas te fuir toi-même. »
Elle recula instinctivement, sentant la panique monter. Ses doigts tremblaient. Non, cela ne pouvait pas être réel. Son cœur battait à tout rompre, mais plus elle essayait de fixer le vieux sorcier, plus sa vision se brouillait. Le monde autour d'elle devenait flou, la lumière faiblissait. Et tout à coup, la vérité la frappa comme une vague glacée : ce n’était pas la réalité. La galloise cligna des yeux. La silhouette de Krimrok se dissipa lentement dans l’air, se fondant dans les ombres de la forêt. Elle se retrouva seule, ses genoux tremblant sous le poids de l’angoisse. Le sol tourna autour d’elle, et elle se laissa tomber, le souffle court. La forêt, Sergio… tout cela semblait si loin, irréel. Elle essaya de reprendre ses esprits, mais sa tête tournait trop vite.
« C’est… c’est l’alcool, murmura-t-elle en appuyant une main sur son front, les mots pesants sur sa langue. Trop de verres… trop de nuits sans sommeil… »
Silv, sa petite créature, se rapprocha d'elle avec un sifflement inquiet, tirant doucement sur le bas de son manteau. Morgan leva les yeux vers lui, cherchant à s'ancrer dans quelque chose de tangible, quelque chose qui ne lui échapperait pas. Silv était réel, lui. Mais le reste… tout se déformait.
Elle se mit à genoux, sa tête reposant dans ses mains. Des flashs de la soirée lui revinrent : les verres de tequila alignés sur le bar, les rires sourds des ivrognes, l’odeur piquante de la fumée. Elle avait trop bu, bien trop bu. Elle s’était persuadée que c’était pour apaiser ses nerfs, pour oublier la conversation avec Sergio, mais en réalité, elle fuyait une fois de plus.
« Quelle idiote… »
Son corps tremblait légèrement. Ce n’était pas la première fois que ça lui arrivait, la confusion et les rêves, mais c’était la première fois que la présence de Krimrok venait hanter son champ de vision. Cela la terrifiait. Elle ne voulait pas penser à ce qu'il symbolisait. Mais l’alcool, amplifiant ses peurs latentes, avait fait remonter tout cela à la surface. Elle se redressa difficilement, essuyant la sueur froide qui perlait sur son front. L’averse battait toujours les arbres face à sa fenêtre de chambre ouverte. Elle ferma les yeux un instant, cherchant à se recentrer. La forêt, l'odeur humide de la terre, le murmure des gouttes de pluie… tout cela était bien réel. Et pourtant, dans sa tête, l’image de Krimrok persistait, comme une tache indélébile.
« Ce n’était qu’un rêve, mon imagination qui me joue des tours, se répéta-t-elle à voix haute, dans l’espoir que le dire à haute voix l’aiderait à y croire vraiment. Il n’est pas là. Il ne peut pas être là. »
Silv sauta sur ses genoux, sifflotant doucement dans sa langue magique, essayant de la réconforter. Morgan passa une main tremblante la feuille de son compagnon de voyage, s’accrochant à sa présence apaisante.
Morgan resta immobile, figée par la présence de ce qui semblait être un fantôme. Ses yeux scrutaient chaque détail de son visage, chaque ombre sous son capuchon. Il semblait tellement réel. Mais quelque chose ne collait pas. Pourquoi serait-il là maintenant, après tout ce temps ? Son esprit s'embrouillait, incapable de saisir la logique derrière cette apparition.
« Krimrok… pourquoi maintenant ? » murmura-t-elle, la voix tremblante malgré elle.
L'homme esquissa un sourire froid, mais son image semblait vaciller légèrement, comme si un souffle invisible déformait les contours de sa silhouette.
« Je suis toujours là, Morgan, dans chaque pas que tu fais. Tu ne peux pas fuir ta nature. Tu ne peux pas te fuir toi-même. »
Elle recula instinctivement, sentant la panique monter. Ses doigts tremblaient. Non, cela ne pouvait pas être réel. Son cœur battait à tout rompre, mais plus elle essayait de fixer le vieux sorcier, plus sa vision se brouillait. Le monde autour d'elle devenait flou, la lumière faiblissait. Et tout à coup, la vérité la frappa comme une vague glacée : ce n’était pas la réalité. La galloise cligna des yeux. La silhouette de Krimrok se dissipa lentement dans l’air, se fondant dans les ombres de la forêt. Elle se retrouva seule, ses genoux tremblant sous le poids de l’angoisse. Le sol tourna autour d’elle, et elle se laissa tomber, le souffle court. La forêt, Sergio… tout cela semblait si loin, irréel. Elle essaya de reprendre ses esprits, mais sa tête tournait trop vite.
« C’est… c’est l’alcool, murmura-t-elle en appuyant une main sur son front, les mots pesants sur sa langue. Trop de verres… trop de nuits sans sommeil… »
Silv, sa petite créature, se rapprocha d'elle avec un sifflement inquiet, tirant doucement sur le bas de son manteau. Morgan leva les yeux vers lui, cherchant à s'ancrer dans quelque chose de tangible, quelque chose qui ne lui échapperait pas. Silv était réel, lui. Mais le reste… tout se déformait.
Elle se mit à genoux, sa tête reposant dans ses mains. Des flashs de la soirée lui revinrent : les verres de tequila alignés sur le bar, les rires sourds des ivrognes, l’odeur piquante de la fumée. Elle avait trop bu, bien trop bu. Elle s’était persuadée que c’était pour apaiser ses nerfs, pour oublier la conversation avec Sergio, mais en réalité, elle fuyait une fois de plus.
« Quelle idiote… »
Son corps tremblait légèrement. Ce n’était pas la première fois que ça lui arrivait, la confusion et les rêves, mais c’était la première fois que la présence de Krimrok venait hanter son champ de vision. Cela la terrifiait. Elle ne voulait pas penser à ce qu'il symbolisait. Mais l’alcool, amplifiant ses peurs latentes, avait fait remonter tout cela à la surface. Elle se redressa difficilement, essuyant la sueur froide qui perlait sur son front. L’averse battait toujours les arbres face à sa fenêtre de chambre ouverte. Elle ferma les yeux un instant, cherchant à se recentrer. La forêt, l'odeur humide de la terre, le murmure des gouttes de pluie… tout cela était bien réel. Et pourtant, dans sa tête, l’image de Krimrok persistait, comme une tache indélébile.
« Ce n’était qu’un rêve, mon imagination qui me joue des tours, se répéta-t-elle à voix haute, dans l’espoir que le dire à haute voix l’aiderait à y croire vraiment. Il n’est pas là. Il ne peut pas être là. »
Silv sauta sur ses genoux, sifflotant doucement dans sa langue magique, essayant de la réconforter. Morgan passa une main tremblante la feuille de son compagnon de voyage, s’accrochant à sa présence apaisante.
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Dans les Ténèbres de la Forêt
Assise dans sa petite chambre au-dessus du bar El Chupacabra, Morgan fixait la faible lumière vacillante d’une bougie posée sur sa table. Les souvenirs de sa dernière rencontre avec Sergio tournaient en boucle dans sa tête. Sa colère, sa froideur. Elle s’était montrée cruelle avec lui, et elle le savait. Mais après tant de temps passé à essayer de faire le deuil de ses choix, elle n’avait plus la force d’affronter ces anciens liens.
Elle était revenue au bar, à sa routine vide, nettoyant les tables et servant les quelques clients qui passaient. C’était une vie simple, trop simple même, comparée à celle qu’elle avait menée autrefois. Mais c’était ce qu’elle voulait, ou du moins, ce qu’elle se répétait pour se convaincre.
Elle se redressa brusquement lorsqu’on toqua doucement à sa porte. Avec un grognement, elle se leva et ouvrit la porte sur un jeune garçon du village, qui lui tendit une enveloppe écornée.
« On m’a demandé de te donner ça, señorita », dit-il avant de disparaître dans le couloir.
Intriguée, Morgan ferma la porte et s’assit à nouveau sur son lit, scrutant l’enveloppe. Son nom était griffonné dessus, et elle reconnut immédiatement l’écriture de Sergio. Elle hésita un instant avant de l’ouvrir. À l’intérieur, une simple lettre, pliée avec soin.
Elle déplia le papier et se mit à lire.
Elle était revenue au bar, à sa routine vide, nettoyant les tables et servant les quelques clients qui passaient. C’était une vie simple, trop simple même, comparée à celle qu’elle avait menée autrefois. Mais c’était ce qu’elle voulait, ou du moins, ce qu’elle se répétait pour se convaincre.
Elle se redressa brusquement lorsqu’on toqua doucement à sa porte. Avec un grognement, elle se leva et ouvrit la porte sur un jeune garçon du village, qui lui tendit une enveloppe écornée.
« On m’a demandé de te donner ça, señorita », dit-il avant de disparaître dans le couloir.
Intriguée, Morgan ferma la porte et s’assit à nouveau sur son lit, scrutant l’enveloppe. Son nom était griffonné dessus, et elle reconnut immédiatement l’écriture de Sergio. Elle hésita un instant avant de l’ouvrir. À l’intérieur, une simple lettre, pliée avec soin.
Elle déplia le papier et se mit à lire.
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Dans les Ténèbres de la Forêt
Morgan baissa la lettre, le cœur lourd. Sergio avait toujours eu cette capacité à la faire se sentir à la fois furieuse et aimée en même temps. Elle pouvait presque entendre sa voix dans sa tête, moqueuse mais pleine d’affection, et cela la toucha plus profondément qu’elle n’aurait voulu l’admettre.Tejónita,
Je sais que tu ne veux pas entendre ce que j’ai à dire, mais ça ne m’a jamais empêché de parler, n’est-ce pas ? Alors voilà, je t’écris cette lettre, parce que je me dis qu’après avoir tout craché en pleine figure l’autre soir, il y a peut-être des choses que je n’ai pas su te dire, et que tu n’as pas voulu entendre.
D’abord, je veux que tu saches que je suis en colère contre toi. Ouais, vraiment en colère. Pas pour ce que tu m’as dit l’autre jour – j’ai l’habitude de ton caractère, et ce n’est pas ça qui me blesse. Ce qui me met en rage, c’est de te voir te transformer en cette ombre, en cette fuyarde que je ne reconnais plus. Violet, où est passée la femme que j’ai connue ? La Violet qui se battait pour ce qu’elle voulait, qui prenait des risques sans hésiter, qui n’avait jamais peur d’aller jusqu’au bout ? Où est cette femme qui riait de mes histoires ridicules, mais qui finissait toujours par les suivre parce qu’elle aimait l’aventure autant que moi ? Et je suis en colère pour le coup des limaces aussi, mais ça je l’avais peut-être mérité.
Tu te caches ici, dans ce trou perdu, comme si tout ce que tu as vécu avant n’avait jamais existé. Et peut-être que c’est ça qui me fait le plus mal. Tu es plus que ça, Tejonita. Je sais que tu t’es brûlée les ailes, et je sais que ça t’a laissé des cicatrices, mais ce n’est pas une raison pour te laisser mourir à petit feu dans ce bar. Tu penses que tu t’es protégée en t’enterrant ici, mais tout ce que tu fais, c’est fuir. Et tu n’es pas une fuyarde, pas celle que je connais en tout cas.
Je me souviens de la sorcière qui passait des nuits entières à tout faire pour trouver la prochaine piste. Celle qui n’avait pas peur de plonger dans des ruines infestées de pièges, à négocier avec les pires sorciers de Mexico ou encore à suivre des pistes douteuses pour satisfaire les illusions de merveilleux trésors de Reg avec moi.
Alors oui, je suis en colère, mais pas seulement. Je m’inquiète pour toi, Violet – ou peu importe le nom que tu veux porter maintenant. Je me demande si tu te rends compte de ce que tu es en train de faire. T’acharner à vivre ici, à faire le service dans ce bar miteux, c’est ça que tu veux ? Tu te convaincs que tu as trouvé une nouvelle vie, mais je te connais assez pour savoir que tu ne fais que survivre. Ce n’est pas toi, ça. Tu es faite pour bien plus que ça.
Écoute, je ne vais pas te supplier de revenir. Si tu veux rester ici, c’est ton choix. Mais je veux que tu te souviennes de qui tu es. De celle que tu as été. Peut-être que tu crois que tout ça, c’est derrière toi, mais moi, je sais que ce n’est pas vrai. La Violet que je connais, elle est toujours là, quelque part, cachée sous toute cette culpabilité et cette peur que tu t’obstines à traîner. Je t’en veux parce que je sais que tu vaux tellement mieux que ça.
Si jamais tu changes d’avis, si tu réalises que cette vie n’est pas celle que tu veux vraiment, tu sais où me trouver. Je serai là, comme toujours. Parce que malgré tout ce que tu peux dire, je tiens à toi, Tejónita. Même si tu me détestes, même si tu veux que je te laisse tranquille. Je ne peux pas te laisser tomber, et je ne le ferai jamais. Tu es comme une sœur pour moi, et les sœurs, ça ne s’abandonne pas.
Sache que tu seras toujours la bienvenue, quoi qu’il arrive.
— Sergio
Elle posa la lettre sur la table et se laissa tomber en arrière sur son lit, fixant le plafond en silence. Tout ce que Sergio avait écrit, elle le savait déjà, au fond d’elle. Il n’avait fait que mettre en mots ce qu’elle fuyait depuis si longtemps. Il avait raison. Elle ne faisait que survivre.
Mais la Violet qu’il avait connu n’avait toujours été qu’une illusion. Ou peu importe le nom que tu veux porter maintenant. Si seulement il savait. Bien que Morgan Rosenwald n’était plus, comme Helena Dorn, Violet Badger n’était qu’un écran de fumée, pour la pathétique Morgan.
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Dans les Ténèbres de la Forêt
C'était l'un de ces jours rares où Violet se donnait le luxe de sortir du bar. L'air était lourd, épais de cette chaleur tropicale qui semblait coller à la peau, mais après des semaines passées entre les murs poussiéreux du El Chupacabra, elle avait ressenti le besoin de s’éloigner, de s’échapper, ne serait-ce que pour quelques heures. Le silence oppressant du bar, ses pensées étouffantes et ses nuits sans fin de service et de boisson, tout cela devenait trop lourd à porter. Alors, sans grande réflexion, elle avait pris ses affaires et quitté le village à pied, se dirigeant vers la forêt dense qui entourait la région.
Les arbres s'élevaient tout autour d’elle, des géants tordus aux troncs larges et imposants. Le sol sous ses pieds était couvert de feuilles mortes et de racines noueuses, tandis que l’ombre des branches formait un plafond naturel qui atténuait la lumière aveuglante du soleil. La jungle du Yucatán semblait vivante, pleine de murmures et de bruissements à peine perceptibles, et la sorcière avançait en silence, s’imprégnant de cet environnement à la fois sauvage et apaisant.
Elle avait toujours aimé être seule dans la nature. C'était l’un des rares endroits où elle se sentait vraiment elle-même. Qu’il s’agisse du Pays de Galle, de l’Allemagne, ou du Mexique. Ici, elle n’avait pas besoin de son masque, ni de la façade froide qu’elle affichait chaque jour au bar. Ici, elle pouvait laisser tomber le rôle de la sorcière dure à cuire et affronter ses propres limites, en secret.
Elle s’arrêta finalement dans une petite clairière, un endroit qu’elle avait découvert lors de ses premières explorations, peu après son arrivée. C’était un lieu caché, loin du village, isolé du monde. Le parfait endroit pour s'entraîner à sa magie sans baguette.
Elle regarda autour d’elle, inspirant profondément l'air chargé d'humidité. La pratique de la magie sans catalyseur était devenue une obsession ces derniers mois. C'était à la fois un défi personnel et une échappatoire. Si elle pouvait maîtriser cette magie brute, cette énergie pure, elle n’aurait plus besoin de personne. Elle pourrait tout contrôler, se protéger de tout et de tout le monde.
Les sortilèges sans baguette exigeaient plus de concentration, plus de maîtrise que les simples formules qu’elle utilisait autrefois. Mais elle sentait que la magie coulait en elle, de plus en plus librement, chaque jour un peu plus forte, un peu plus difficile à contenir. C’était à la fois exaltant et terrifiant.
Elle se mit en position, les pieds bien ancrés dans le sol, et fixa un vieux tronc d’arbre couché à quelques mètres d’elle. Un mince fil de liane traînait sur le sol à côté, parfait pour son exercice.
« Brachialigo », murmura-t-elle, sans lever de baguette.
D’abord, rien ne se passa. La liane resta immobile, inerte. Elle inspira profondément, rassemblant son énergie. C’était toujours plus compliqué sans catalyseur, mais elle savait qu’elle pouvait y arriver. Elle ferma les yeux un instant, visualisant le sortilège en train de s’accomplir dans son esprit, puis elle tendit sa main droite, paume ouverte.
« Brachialigo ! »
Cette fois, elle sentit l’énergie quitter ses doigts, comme une décharge d’électricité. La liane se dressa soudain, comme si elle avait pris vie, et s'enroula rapidement autour du tronc d’arbre, formant des nœuds serrés et complexes. Morgan observa le résultat, un sourire discret étirant ses lèvres. Elle se rapprocha du tronc, touchant du bout des doigts les nœuds parfaits qu’elle avait formés.
Mais la sensation familière d’excitation fut rapidement suivie par une vague d’épuisement. La magie sans baguette exigeait un contrôle mental intense, et chaque sort drainait son énergie plus qu’elle ne voulait l’admettre. Elle se laissa tomber sur un rocher, essuyant la sueur de son front. Ses mains tremblaient légèrement sous l’effet de l’effort, et son cœur battait un peu trop vite.
Elle resta là un moment, à contempler son œuvre. Il y avait une certaine satisfaction à voir le sort fonctionner, à sentir cette magie brute répondre à sa volonté. Mais il y avait aussi un danger, une ligne invisible qu’elle savait qu’elle franchissait parfois sans s’en rendre compte. Elle maîtrisait de mieux en mieux ces sortilèges, mais ils lui demandaient toujours plus, exigeaient d’elle une part de contrôle qu’elle n’était pas certaine de pouvoir maintenir à long terme.
Elle se passa une main dans les cheveux, pensant à tout ce qu’elle avait fui en venant ici. Elle avait voulu se prouver qu’elle n’avait plus besoin de personne, qu’elle pouvait se reconstruire seule. Et peut-être qu’elle y arrivait, à sa manière. Mais à chaque sortilège, à chaque nouvelle démonstration de sa puissance sans baguette, elle se sentait un peu plus éloignée de ce qu’elle avait été autrefois.
Morgan se leva lentement, fatiguée mais satisfaite de son entraînement. Elle lança un dernier regard à la liane nouée autour du tronc, puis tourna les talons pour reprendre le chemin du retour. Les bruits de la forêt l’accompagnaient, les oiseaux et les insectes reprenant leur chant après le court silence qui avait suivi l’explosion de magie.
Alors qu’elle se dirigeait vers le village, elle ne savait pas encore que cette tranquillité apparente n’était qu’un bref répit avant le chaos à venir.
Les arbres s'élevaient tout autour d’elle, des géants tordus aux troncs larges et imposants. Le sol sous ses pieds était couvert de feuilles mortes et de racines noueuses, tandis que l’ombre des branches formait un plafond naturel qui atténuait la lumière aveuglante du soleil. La jungle du Yucatán semblait vivante, pleine de murmures et de bruissements à peine perceptibles, et la sorcière avançait en silence, s’imprégnant de cet environnement à la fois sauvage et apaisant.
Elle avait toujours aimé être seule dans la nature. C'était l’un des rares endroits où elle se sentait vraiment elle-même. Qu’il s’agisse du Pays de Galle, de l’Allemagne, ou du Mexique. Ici, elle n’avait pas besoin de son masque, ni de la façade froide qu’elle affichait chaque jour au bar. Ici, elle pouvait laisser tomber le rôle de la sorcière dure à cuire et affronter ses propres limites, en secret.
Elle s’arrêta finalement dans une petite clairière, un endroit qu’elle avait découvert lors de ses premières explorations, peu après son arrivée. C’était un lieu caché, loin du village, isolé du monde. Le parfait endroit pour s'entraîner à sa magie sans baguette.
Elle regarda autour d’elle, inspirant profondément l'air chargé d'humidité. La pratique de la magie sans catalyseur était devenue une obsession ces derniers mois. C'était à la fois un défi personnel et une échappatoire. Si elle pouvait maîtriser cette magie brute, cette énergie pure, elle n’aurait plus besoin de personne. Elle pourrait tout contrôler, se protéger de tout et de tout le monde.
Les sortilèges sans baguette exigeaient plus de concentration, plus de maîtrise que les simples formules qu’elle utilisait autrefois. Mais elle sentait que la magie coulait en elle, de plus en plus librement, chaque jour un peu plus forte, un peu plus difficile à contenir. C’était à la fois exaltant et terrifiant.
Elle se mit en position, les pieds bien ancrés dans le sol, et fixa un vieux tronc d’arbre couché à quelques mètres d’elle. Un mince fil de liane traînait sur le sol à côté, parfait pour son exercice.
« Brachialigo », murmura-t-elle, sans lever de baguette.
D’abord, rien ne se passa. La liane resta immobile, inerte. Elle inspira profondément, rassemblant son énergie. C’était toujours plus compliqué sans catalyseur, mais elle savait qu’elle pouvait y arriver. Elle ferma les yeux un instant, visualisant le sortilège en train de s’accomplir dans son esprit, puis elle tendit sa main droite, paume ouverte.
« Brachialigo ! »
Cette fois, elle sentit l’énergie quitter ses doigts, comme une décharge d’électricité. La liane se dressa soudain, comme si elle avait pris vie, et s'enroula rapidement autour du tronc d’arbre, formant des nœuds serrés et complexes. Morgan observa le résultat, un sourire discret étirant ses lèvres. Elle se rapprocha du tronc, touchant du bout des doigts les nœuds parfaits qu’elle avait formés.
Mais la sensation familière d’excitation fut rapidement suivie par une vague d’épuisement. La magie sans baguette exigeait un contrôle mental intense, et chaque sort drainait son énergie plus qu’elle ne voulait l’admettre. Elle se laissa tomber sur un rocher, essuyant la sueur de son front. Ses mains tremblaient légèrement sous l’effet de l’effort, et son cœur battait un peu trop vite.
Elle resta là un moment, à contempler son œuvre. Il y avait une certaine satisfaction à voir le sort fonctionner, à sentir cette magie brute répondre à sa volonté. Mais il y avait aussi un danger, une ligne invisible qu’elle savait qu’elle franchissait parfois sans s’en rendre compte. Elle maîtrisait de mieux en mieux ces sortilèges, mais ils lui demandaient toujours plus, exigeaient d’elle une part de contrôle qu’elle n’était pas certaine de pouvoir maintenir à long terme.
Elle se passa une main dans les cheveux, pensant à tout ce qu’elle avait fui en venant ici. Elle avait voulu se prouver qu’elle n’avait plus besoin de personne, qu’elle pouvait se reconstruire seule. Et peut-être qu’elle y arrivait, à sa manière. Mais à chaque sortilège, à chaque nouvelle démonstration de sa puissance sans baguette, elle se sentait un peu plus éloignée de ce qu’elle avait été autrefois.
Morgan se leva lentement, fatiguée mais satisfaite de son entraînement. Elle lança un dernier regard à la liane nouée autour du tronc, puis tourna les talons pour reprendre le chemin du retour. Les bruits de la forêt l’accompagnaient, les oiseaux et les insectes reprenant leur chant après le court silence qui avait suivi l’explosion de magie.
Alors qu’elle se dirigeait vers le village, elle ne savait pas encore que cette tranquillité apparente n’était qu’un bref répit avant le chaos à venir.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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Dans les Ténèbres de la Forêt
TW toujours actif : alcoolisme + pensées dépressives
Les semaines s’étaient transformées en mois, et la descente de Morgan semblait se faire sans fin. Chaque jour était un peu plus lourd que le précédent. Le bar El Chupacabra était devenu son refuge, mais aussi sa prison. Elle se cachait là, dans la monotonie des tâches simples, dans la chaleur étouffante des cuisines, dans le cliquetis des verres qu’elle lavait en silence. Les nuits, en revanche, étaient hantées par des rêves confus, des échos de son passé, et surtout par cette magie qu’elle ne pouvait plus contrôler.
Elle avait cessé d'utiliser une baguette depuis quelques jours. À quoi bon ? Sa magie coulait directement de ses doigts, presque comme une extension de sa propre volonté. Au début, cela avait été excitant, une promesse de puissance et d’indépendance. Mais avec le temps, elle avait réalisé que ce pouvoir la dévorait de l’intérieur. Plus elle s’en servait, plus elle sentait son emprise glisser, comme une corde qui lui échappait entre les mains.
Ce soir-là, alors que le bar fermait ses portes, Morgan monta lentement l’escalier jusqu’à sa petite chambre. Chaque pas résonnait lourdement dans le couloir silencieux. Elle referma la porte derrière elle, cherchant un peu de répit dans la solitude, mais le vide de la pièce lui renvoya seulement son propre reflet. Le miroir accroché au mur capturait son image, pâle et décharnée. Ses cernes étaient marqués sous ses yeux, sa peau, d’une pâleur presque spectrale, semblait ne plus appartenir à la même personne.
Elle se planta devant le miroir, fixant l'étrangère qui la regardait en retour. C’était elle, et ce n’était pas elle. Elle ressemblait à un fantôme, une silhouette de plus en plus floue, engloutie par l’épuisement, la magie et la culpabilité. Les mots de Sergio, dans sa lettre, résonnaient encore dans sa tête.
Morgan serra les poings.
« Assez… » murmura-t-elle, les larmes montant derrière ses yeux sans qu’elle ne veuille les laisser couler.
Le miroir la défiait encore. Il exposait ses faiblesses, son désespoir, cette descente qu’elle refusait d’affronter. Ses poings tremblèrent, ses doigts picotant sous l’afflux d’énergie. Avant même qu’elle ne le réalise, sa magie s’échappa d’elle, vive et brutale. Une vague invisible frappa le miroir de plein fouet. Le verre éclata en mille morceaux, projetant des éclats brillants sur le sol.
Morgan recula, haletante. Ses doigts vibraient encore du flux incontrôlé de magie. Les morceaux de verre gisaient à ses pieds, et à travers leurs éclats dispersés, elle voyait son reflet brisé. Une partie d’elle se sentait soulagée, comme si elle avait enfin détruit l’image qu’elle ne supportait plus de voir. Mais une autre partie savait que ce geste n'était qu'une fuite supplémentaire.
Elle ferma les yeux un instant, respirant profondément pour calmer son cœur qui battait trop vite. Ses mains cessèrent de trembler, mais la sensation de vide restait. Cette magie, celle qui coulait si facilement de ses veines, devenait une excuse, une raison pour se couper du reste du monde. C’était plus facile de se concentrer sur son pouvoir que d'affronter la réalité. Plus facile de se dire qu’elle n’avait besoin de personne, qu’elle pouvait se perfectionner seule. Plus facile de se mentir.
« Un masque », murmura-t-elle, la voix rauque.
Elle imaginait presque la sensation froide du masque sur son visage, celui qu’elle mettait chaque jour avant de descendre dans le bar. Celui qui cachait la vérité à tous ceux qui la côtoyaient. Celui qui dissimulait la femme blessée, celle qui n’avait plus la force d’être ce qu’elle était autrefois. Elle se força à sourire, un rictus sans joie qui n’atteignit même pas ses yeux. Il était là, le masque, invisible mais suffisant.
Elle essuya une larme qui avait réussi à couler sur sa joue sans qu’elle ne le veuille, et laissa retomber sa main, les doigts toujours engourdis par la magie.
« Ça suffit, se dit-elle à elle-même. Ça suffit, maintenant. »
Sans un regard de plus pour les éclats de verre, Morgan se redressa. Le masque imaginaire sur son visage, elle quitta la chambre et descendit l’escalier. Le bar était vide, à l'exception de quelques verres sales qu’il lui restait à nettoyer. C’était une tâche banale, mécanique, mais au moins, elle savait comment la faire sans réfléchir.
Là, dans la pénombre du bar, elle s’occupa des verres, l’eau tiède glissant sur ses mains. Le silence l’enveloppait. C’était ça, sa vie maintenant. Et tant que personne ne la regardait trop attentivement, tant que son masque tenait, elle pouvait continuer.
Mais chaque jour, elle sentait un peu plus le poids de ce masque fissuré. Chaque jour, elle se demandait combien de temps encore elle pourrait prétendre que tout allait bien.
Les semaines s’étaient transformées en mois, et la descente de Morgan semblait se faire sans fin. Chaque jour était un peu plus lourd que le précédent. Le bar El Chupacabra était devenu son refuge, mais aussi sa prison. Elle se cachait là, dans la monotonie des tâches simples, dans la chaleur étouffante des cuisines, dans le cliquetis des verres qu’elle lavait en silence. Les nuits, en revanche, étaient hantées par des rêves confus, des échos de son passé, et surtout par cette magie qu’elle ne pouvait plus contrôler.
Elle avait cessé d'utiliser une baguette depuis quelques jours. À quoi bon ? Sa magie coulait directement de ses doigts, presque comme une extension de sa propre volonté. Au début, cela avait été excitant, une promesse de puissance et d’indépendance. Mais avec le temps, elle avait réalisé que ce pouvoir la dévorait de l’intérieur. Plus elle s’en servait, plus elle sentait son emprise glisser, comme une corde qui lui échappait entre les mains.
Ce soir-là, alors que le bar fermait ses portes, Morgan monta lentement l’escalier jusqu’à sa petite chambre. Chaque pas résonnait lourdement dans le couloir silencieux. Elle referma la porte derrière elle, cherchant un peu de répit dans la solitude, mais le vide de la pièce lui renvoya seulement son propre reflet. Le miroir accroché au mur capturait son image, pâle et décharnée. Ses cernes étaient marqués sous ses yeux, sa peau, d’une pâleur presque spectrale, semblait ne plus appartenir à la même personne.
Elle se planta devant le miroir, fixant l'étrangère qui la regardait en retour. C’était elle, et ce n’était pas elle. Elle ressemblait à un fantôme, une silhouette de plus en plus floue, engloutie par l’épuisement, la magie et la culpabilité. Les mots de Sergio, dans sa lettre, résonnaient encore dans sa tête.
Morgan serra les poings.
« Assez… » murmura-t-elle, les larmes montant derrière ses yeux sans qu’elle ne veuille les laisser couler.
Le miroir la défiait encore. Il exposait ses faiblesses, son désespoir, cette descente qu’elle refusait d’affronter. Ses poings tremblèrent, ses doigts picotant sous l’afflux d’énergie. Avant même qu’elle ne le réalise, sa magie s’échappa d’elle, vive et brutale. Une vague invisible frappa le miroir de plein fouet. Le verre éclata en mille morceaux, projetant des éclats brillants sur le sol.
Morgan recula, haletante. Ses doigts vibraient encore du flux incontrôlé de magie. Les morceaux de verre gisaient à ses pieds, et à travers leurs éclats dispersés, elle voyait son reflet brisé. Une partie d’elle se sentait soulagée, comme si elle avait enfin détruit l’image qu’elle ne supportait plus de voir. Mais une autre partie savait que ce geste n'était qu'une fuite supplémentaire.
Elle ferma les yeux un instant, respirant profondément pour calmer son cœur qui battait trop vite. Ses mains cessèrent de trembler, mais la sensation de vide restait. Cette magie, celle qui coulait si facilement de ses veines, devenait une excuse, une raison pour se couper du reste du monde. C’était plus facile de se concentrer sur son pouvoir que d'affronter la réalité. Plus facile de se dire qu’elle n’avait besoin de personne, qu’elle pouvait se perfectionner seule. Plus facile de se mentir.
« Un masque », murmura-t-elle, la voix rauque.
Elle imaginait presque la sensation froide du masque sur son visage, celui qu’elle mettait chaque jour avant de descendre dans le bar. Celui qui cachait la vérité à tous ceux qui la côtoyaient. Celui qui dissimulait la femme blessée, celle qui n’avait plus la force d’être ce qu’elle était autrefois. Elle se força à sourire, un rictus sans joie qui n’atteignit même pas ses yeux. Il était là, le masque, invisible mais suffisant.
Elle essuya une larme qui avait réussi à couler sur sa joue sans qu’elle ne le veuille, et laissa retomber sa main, les doigts toujours engourdis par la magie.
« Ça suffit, se dit-elle à elle-même. Ça suffit, maintenant. »
Sans un regard de plus pour les éclats de verre, Morgan se redressa. Le masque imaginaire sur son visage, elle quitta la chambre et descendit l’escalier. Le bar était vide, à l'exception de quelques verres sales qu’il lui restait à nettoyer. C’était une tâche banale, mécanique, mais au moins, elle savait comment la faire sans réfléchir.
Là, dans la pénombre du bar, elle s’occupa des verres, l’eau tiède glissant sur ses mains. Le silence l’enveloppait. C’était ça, sa vie maintenant. Et tant que personne ne la regardait trop attentivement, tant que son masque tenait, elle pouvait continuer.
Mais chaque jour, elle sentait un peu plus le poids de ce masque fissuré. Chaque jour, elle se demandait combien de temps encore elle pourrait prétendre que tout allait bien.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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