Intrusion au royaume des Jammie Dodgers PV

Lundi 26 et mercredi 28 juillet < PRÉCÉDEMMENT

Jeudi 29 juillet 2049 — fin de journée
Chaudron Baveur



D'un doigt paresseux, je pousse la pile d'emballages de Jammie Dodgers qui s'accumulent devant moi, me bouchant de ce fait la vision parfaite que j'avais sur les escaliers menant aux étages du Chaudron Baveur. Les nombreux paquets de couleur rouge sont vides, car je viens de passer la dernière heure à avaler les petits biscuits ronds. Je me demande pourquoi personne ne m'a jamais fait découvrir ça avant, c'est excellent. Achetés dans le Londres moldu cet après-midi avant de rentrer au pub sorcier, je pensais que les deux paquets allaient me tenir jusqu'à demain, jour de mon départ programmé du Chaudron Baveur. Mais non, il ne reste plus rien et je n'avais pas prévu la frustration qui m'envahit malgré mon estomac distendu.

J'ai pris possession d'une table discrète de la salle principale, celle qui est reculée contre un mur et qui me donne une vue parfaite sur le reste de la pièce. Mon regard ne quitte que rarement les escaliers mais il faudrait que l'on me menace d'une mort extrêmement douloureuse pour que je donne la raison de ma scrupuleuse observation. Allongée sur mon bras, je m'amuse avec un emballage rouge pour m'occuper les mains.

Je m'ennuie. Zikomo est parti je ne sais où lorsque nous sommes rentrés et que je lui ai annoncé que j'allais m'installer à une table pour boire un chocolat chaud. J'ai bien un livre dans mon sac, mais mon envie de lire n'est pas réapparu depuis un moment et je doute la retrouver bientôt. La lassitude qui a pris possession de mon être depuis la fin des rattrapages semble se plaire chez moi, puisqu'elle ne me quitte plus. Même la visite du quartier de Soho cet après-midi ne m'en a pas détourné, pas plus que le chocolat chaud que j'ai commandé. Pourtant, j'y ai ajouté cette poudre de citrouille que j'ai trouvé sur le Chemin de Traverse hier, pour me donner l'impression de boire la boisson dont j'étais friande quand j'étais jeune. Narym m’amenait souvent boire du chocolat chaud à la citrouille. Mais le breuvage que j'ai actuellement devant moi, dont la chaleur est magiquement préservée, n'est qu'une pale imitation du nectar dont je m'abreuvais quand j'étais une petite fille.

Il est bientôt dix-huit heures. Déjà, la pièce commence à se remplir de sorciers venus prendre leur dîner, clients de l'auberge ou clients de la partie restauration. Le serveur viendra certainement me proposer une assiette à un moment ou un autre. Je n'accepterai pas, parce que j'ai l'estomac rempli de Jammie Dodgers et que si je mange quoi que ce soit d'autre je le vomirai sur la table.

D'un geste négligent, j'attrape le mug épais dans lequel on m'a servi mon chocolat chaud pour voir ce qu'il reste du liquide. Plus de la moitié. Je soupire et me redresse difficilement, fatiguée par ce simple effort. J'avale une bonne gorgée avant de retomber sur mon bras. Une fois que j'en aurais terminé avec ça, peut-être que je commanderai une boisson différente, du genre plus alcoolisée. Évidemment, je pourrais également choisir de remonter dans ma chambre, mais la simple idée de me retrouver enfermée là-haut avec rien à voir ni rien à faire me plonge dans un désespoir auquel je ne suis pas habituée. Autant rester ici. Rester ici et surveiller les escaliers. Merlin, quand est-ce qu'elle daignera descendre de sa chambre ?!

@Nélya Marks, voilà pour toi !
Dernière modification par Aelle Bristyle le 9 sept. 2025, 14:26, modifié 1 fois.

Intrusion au royaume des Jammie Dodgers PV
Nélya Marks, fin cinquième année 16 ans BBCode= #800000
Avec Corbin Coel, cousine éloignée
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@Aelle Bristyle
Jeudi 29 juillet 2049, aux alentours de 19h
Elle entra à la suite de sa cousine et parcouru aussitôt le pub des yeux. Ses orbes vertes à l'éclat curieux retrouvé passèrent du sol au plafond, prenant connaissance de chaque visage qu'il lui était possible d'apercevoir sans chercher à s'en faire discrète. Les mains au fond des poches de son gilet, elle suivit sa cousine jusqu'au bar, laquelle l'interrogeait quant à ce qu'elle désirait boire et manger. Mh... Un pincement de lèvres presque imperceptible accompagna son fredonnement tandis qu'elle continuait d'observer chaque coin du fameux Chadron Baveur. Ch'ais pas... Oh, t'avais dit qu'les burger étaient bon non? J'vais prendre ça. Corbin s'appuya au bar en acquiesçant et chercha à attirer l'attention d'un employé. D'accord, je vais te prendre ça alors. Tu veux boire quelque chose avec? Nélya? Mais Nélya n'écoutait plus, elle avait déjà été distraite. Son regard s'était accroché à une table sur laquelle s'élevait un monticule de papiers qui lui parut familier. Heu, Corbin, j'peux... Heu, faire un tour? La cousine papillonna des yeux, bien incapable de déterminer ce qui avait pu ainsi capter l'attention si fragile de l'adolescente, mais finit par accepter en espérant que quoi que ce soit, cela parvienne un tant soit peu à lui changer les idées. Oui, vas-y, je reste là.

La Galloise la remercia et quitta aussitôt le bar. En se rapprochant de la table qui avait tant capté son attention, son sourire s'élargit: elle ne s'était pas trompée, c'était bien des emballages de Jammie Dodgers. Son papa en raffolait, mais cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas vu en manger... A chaque pas, une idée qui lui semblait particulièrement lumineuse s'installa dans son esprit: et si elle demandait à la personne de lui en donner? Ou sinon, de faire un échange? Pour s'assurer qu'elle avait de quoi procéder à un troc, elle serra entre ses doigts ses bonbons tendres au fruit dont elle fourrait toujours les poches de ses vêtements avant de se rendre n'importe où.

Elle se plaça en face de la personne attablée, l'air confiante, et visiblement totalement ignorante de la possibilité de se faire remballer sans rien obtenir. Bonsoir, il vous reste des gâteaux? C'est des Jammie hein? Est-ce que je peu- Mh? Elle pencha la tête en s'interrompant, les yeux légèrement plissés alors que ses lèvres restèrent entrouvertes, comme figées au milieu de la phrase que son cerveau avait mit de côté sitôt qu'une information capitale lui parvint: ce visage lui était familier... Mais d'où? Sa mémoire travaillait au plus vite pour apporter une réponse à cette silencieuse interrogation qui sembla habiter l'être tout entier de l'adolescente.
Finalement, ses traits se décrispèrent tandis qu'elle se redressa en retrouvant un sourire naïvement enjoué. T'es Aelle! Aelle, heu... Aelle Bristyle! Pas vrai? Nélya ne laissa que quelques pauvres secondes de silence, juste le temps pour elle de sortir ses mains de ses poches pour les appuyer sur la table. Woah, C'est la première fois qu'j'vois quelqu'un qu'a été diplômé d'Poudlard! Enfin, nan. Elle secoua doucement la tête, comme pour remettre les phrases en ordre dans sa tête. Mais j'veux dire qu't'es la première personne que j'ai connue à Poudlard et que je revois après! Ouais, voilà c'est ça Les mots s'enchainaient sans pause, et son débit de parole semblait s'accompagner de son installation sans gêne. Sans rien demander, et sans cesser d'enchainer les mots, elle tira la chaise face à Aelle et s'y installa d'un air ravi. Dis, tu fais quoi maintenant?

enfin, il était temps: ma réponse est enfin là! Encore désolée de t'avoir autant fait attendre!

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Il y a exactement sept marches dans mon champ de vision. Je m'étonne de le savoir, avant de me rendre compte que je les ai inconsciemment comptés plusieurs fois, à chaque fois que mes pensées se détachaient et voltigeaient librement sous mon crâne. Sept marches, donc. Au cas où, je les compte une nouvelle fois, parce que je ne fais pas confiance aux capacités de mon cerveau quand il est en roue libre comme ça. Une marche, deux marches, trois marches... Une fille passe devant mes yeux. J'attends qu'elle s'en aille, mais elle ne se contente pas de passer. Je grogne et je me redresse subitement, ignorant le léger vertige qui me prend. Elle ne vient pas passer commande, ce n'est pas une serveuse : non, il s'agit d'une jeune femme, peut-être même une jeune fille, qui vient de s'installer juste devant moi, de l'autre côté de la table.

Je la considère les sourcils froncés, outrée qu'elle ose me demander ce qu'elle me demande. D'un geste possessif qui manque d'entrain, je ramène les paquets vides de Jammie Dodgers vers moi sans ne jamais cesser de braquer un regard lourd en direction de la fille. Je m'immobilise quand mon prénom sort de sa bouche. C'est donc pour ça qu'elle me regardait avec cet air crispé ? Elle essayait de se souvenir de moi ?

Une cape de lassitude me recouvre alors et mon cœur agit bizarrement à l'intérieur de moi : il se noue brusquement, de façon douloureuse, avant de battre de plus belle. Je me redresse encore, parce que j'ai l'impression qu'avec le dos droit j'affronterai plus facilement cette situation. Je jette un dernier regard dépité aux escaliers là-bas, dans le dos de la fille, regrettant ne pas voir descendre celle que je voulais y voir descendre. À la place, je me retrouve avec une fille que je ne connais pas mais qui me connait et qui pose trop de questions, qui se permet trop de choses pour me paraître sympathique. En fait, elle aurait très bien pu être d'un très grand intérêt pour moi que je l'aurais détestée à l'instant même où elle aurait articulé mon nom.

Évidemment, il ne faut pas être diplômée d'un cursus en deux années à l'Académie d'Enchantements, de Sortilèges et de Métamorphose pour comprendre que nous nous sommes rencontrées à Poudlard. Enfin, rencontrer est un bien grand mot. Disons surtout qu'elle doit me connaître à travers les quelques événements que l'on rattache à moi : mon renvoi, même si je doute qu'elle ait été à Poudlard à ce moment-là, la présence de Zikomo et de Nyakane à mes côtés, les quelques rumeurs qui ont courues sur moi durant mes dernières années à Poudlard. Oui, et puis il faut dire que j'étais bonne élève, à Poudlard. Peut-être m'a-t-elle vu briller aux examens et aux devoirs ? Merlin seul a la réponse.

« Je mange des Jammie Dodgers, » répliqué-je froidement en lui lançant un regard éloquent au-dessus de tous les emballages rougeâtres vides.

Ce que je fais, maintenant ? Mais que croit-elle ? Que je vais lui dire que je suis passée aux rattrapages, que j'en ai tellement honte que j'ai envie de crever du matin au soir, qu'une petite voix au fond de mon crâne me supplie de ne pas retourner à l'Académie l'année prochaine, pensée qui me donne l'impression de me noyer à chaque fois qu'elle apparaît, que je n'ai plus envie de rien, que je n'ai pas avancé sur mes recherches personnelles depuis des semaines, que... Tout ça ? Elle rêve.

« Et non, j'en ai plus. Et on s'est pas connues à Poudlard, ajouté-je parce que j'aime les formulations exactes et que la sienne ne l'était pas. Je sais même pas qui t'es. »

Mes doigts se crispent sur la boîte de biscuits en carton vide et la relâchent tout aussi vite. Les lèvres pincées, je garde le regard baissé, persuadée que maintenant elle va s'en aller et me laisser tranquille.

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Nélya ne broncha pas au mouvement presque brusque d'Aelle, elle ne regardait de toute manière même plus les emballages qui l'avaient originellement attirés, déjà passée à une toute nouvelle source d'attention. A l'instar de cette dernière, la brunette retourna la tête pour porter à nouveau son regard curieux derrière elle à la recherche de ce qui pouvait attirer le regard d'Aelle.
Comme si simplement jeter un coup d'œil derrière elle ne suffisait, avec l'intensité naturelle et souvent jugeait inutile qu'elle mettait dans ses moindres faits et geste, elle pivota toute entière sur l'assise de sa chaise, comme si cela allait l'aider à mieux observer, à mieux comprendre ce que les yeux d'Aelle regardaient ou cherchaient.

Quelques secondes passèrent durant lesquelles elle ne se découragea dans son infructueuse recherche, et se préparait même en ce sens à interroger Aelle. Mais en retrouvant sa position première sur la chaise pour refaire face à la sorcière, sa réponse quant à son activité interrompit la galloise aux lèvres déjà entrouvertes, prêtent à laisser couler ses mots qui baissa les yeux pour contempler à nouveau les emballages de Jammie Dodgers. Ouais, ça elle l'avait vu. Mais c'est vrai qu'elle n'avait pas précisé à quel point elle voulait précisément s'enquérir des occupations de son aînée.

Ses prunelles s'accrochèrent quelques secondes encore aux emballages vides reposant sur la table dans le souvenir, qui se forma naturellement sur la base de sa propre expérience, de ce qu'elle devinait avoir été un véritable festin. Après quoi, elle retourna son attention sur sa vis-à-vis dans un air plus calme et mesuré que son état presque constamment survolté et ne décela qu'à cet instant une tension dont la longévité l'intrigua. Aelle n'avait pas l'air contente... Etait-ce à cause d'elle? L'espace d'un instant, la brunette le souvenir de Gillian se superposa à Aelle, une vision que la galloise écarta rapidement en secouant brièvement la tête, comme si ce geste pourrait faire tomber les mauvaises pensées de son esprit.
Après s'être rapidement humectée les lèvres, Nélya laissa spontanément les couler hors de ses lèvres sans chercher à les organiser plus que la manière dont ils lui venaient. T'as pas l'air contente... C'est à cause de moi? Pourtant tu me connais pas, tu l'as dit en plus. Elle releva sa main pour frotter son nez et poursuivit en même temps, comme si cela pouvait changer quelque chose. J'm'appelle Nélya. Nélya Marks, j'suis à Gryffondor et j'vais entrer en sixième année, et là j'suis avec ma cousine. T'es avec quelqu'un aussi? Tu r'gardais quoi là-bas? Son accent gallois se devinais encore assez facilement, principalement dans son habitude à manger ses mots, et sur l'interrogation qu'elle avait pu enfin formuler, elle repivota toute entière sur sa chaise pour chercher à nouveau ce qu'elle n'avait déjà pas su voir la première fois.

@Aelle Bristyle

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Une grimace de dépit s'affiche sur mes traits lorsqu'elle se retourne sans aucune discrétion pour lancer son regard à l'assaut des escaliers. J'étais donc si peu discrète lorsque je regardais par là-bas ? Le cœur battant, je surveille la volée d'escaliers, effarée à l'idée qu'Ashley Rockfield apparaisse maintenant et voit cette fille attablée avec moi la regarder descendre les escaliers. Mais non, personne ne descend, aucune chevelure blonde, aucun visage familier. Je soupire discrètement et me redresse en carrant les épaules pour affronter le regard que l'inconnue fait de nouveau peser sur moi. Je donne à mes yeux un air sévère qui n'a rien de réellement sévère, ce n'est qu'un masque, une protection que je porte avec affront dans l'espoir de lui faire passer l'envie de discuter avec moi. Avec désespoir, je comprends que ça ne fonctionnera pas.

Nélya, Nélya Marks me noie sous un flot de paroles qui me prouve qu'elle n'a absolument pas compris que je n'avais pas la moindre envie de partager mon temps avec elle. Mais avant que je ne puisse la rabrouer, voilà qu'elle me questionne de front sur ce que j'observais et, pire, elle se retourne pour la seconde vers les escaliers ! Ses gestes manquent tant de subtilité que je me demande si elle le fait exprès pour me ridiculiser. Mon cœur a un sursaut, puis un second, et ma réaction est instinctive, incontrôlée. Je me penche en avant, main plaquée sur la table glissant dans sa direction comme pour aller l'attraper. Ma bouche s'ouvre sans que j'y pense :

« Mais arrête de regar... »

Je m'interromps brutalement, le regard luisant d'une nouvelle colère, cette fois-ci m'étant destinée. Je ramène ma main à moi sans avoir attrapé la fille, me rassieds normalement sur ma chaise et fusille ladite Marks d'un regard noir.

« Ce que je regarde ne te concerne pas ! » affirmé-je d'une voix dure.

Je respire profondément par le nez pour calmer mon cœur agité et ma respiration trébuchante. Non mais elle se prend pour qui, celle-ci ! Marks, je ne connais aucune Marks, et certainement pas de Nélya. Sixième année ? Quand j'étais à Poudlard, elle était en quatrième année. Je me fichais des élèves de quatrième année, d'autant plus s'ils appartenaient à une autre maison que la mienne. Et pourquoi la connaitrais-je, qu'a-t-elle de particulier ? Pour le principe, je lui lance un nouveau regard noir. Heureusement, elle m'a tendu une perche parfaite pour me débarrasser d'elle.

« Et oui, je suis pas contente à cause de toi, persiflé-je en croisant les bras sur la table, m'enfermant ainsi dans une posture mécontente qui va bien avec les traits froissés de mon visage. Parce que tu squattes ma table. T'as pas une cousine à aller rejoindre ou je ne sais qui ? »

Cette pauvre fille n'est que la victime de la somme de toutes mes frustrations passées. Une victime tout de même un tantinet coupable, puisque je ne me défoulerai pas sur elle si elle ne s'était pas imposée à ma table comme elle l'a fait. En y pensant, je sens de nouveau la colère me piquer le nez. Au moins lorsque je me laissais porter par mes pensées diluées et à moitié endormies, je n'étais pas en colère, je ne ressentais pas grand chose si ce n'était mon estomac alourdit par les Jammie Dodgers. Mais à cause d'elle, je me sens bien réveillée et c'est désagréable parce que ma tête se remplie d'une brume épaisse et désagréable, douloureuse, qui me donne envie de frapper du poing sur la table. À la place, je serre un peu plus les mâchoires, ce qui me donne l'air patibulaire même si je n'en ai pas conscience.

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Elle se retourna avec une candide attention dès que la voix d'Aelle résonna à nouveau, juste à temps pour la voir se rassoir, sans envisager ne serait-ce qu'un instant le mouvement qui avait été entreprit et dont la surprise aurait -sans le moindre doute- réveillé de mauvais souvenirs.
Ses grands yeux brillait d'une ingénuité qui lui faisait croire sans réserve qu'Aelle avait dû vouloir reprendre un autre emballage de ses petits gâteaux, sans jamais imaginer qu'elle aurait pu faire face à une belle ironie: venue ici se changer les idées, elle se retrouvait dans la situation de laquelle on l'avait enlevé à son domicile. Mais non, Nélya souriait avec son air simplet sans jamais se douter de rien.

Sa voix, son regard, la tension qui semblait tendre son corps, tant d'éléments que Nélya scruta d'un œil attentif voir même analytique en revisualisant ses cartes des émotions. Sans le moindre doute, elle reconnu la colère, la colère toute rouge, la colère bruyante à laquelle elle avait déjà trop fait face à son goût. Et puis comme pour achever définitivement sa réflexion, elle en eut une confirmation verbale. Oui, Aelle était énervée.
Par réflexe, elle regarda ladite table en admettant qu'en effet, elle n'y avait pas été invitée, puis toujours sous la direction des mots grondant de l'aînée de la discussion, elle releva le nez pour chercher la silhouette de sa cousine dans le dos de la sorcière qui, elle en avait l'impression, ressemblait de plus en plus à sa carte de la colère. Son regard retrouva rapidement la sorcière aux cheveux courts, le dos droit et les yeux fixés sur la section de bar sur laquelle elle s'appuyait. Mhhh, nah, ça va. Elle me fera signe pour la rejoindre, on a pas été servie encore.

Aussitôt, Nélya reconcentra son attention sur Aelle, et fit glisser ses mains sur le bord de la table. Aelle avait raison: elle était venue sans être invitée, et en plus elle l'avait énervée. Ce n'était pas ce qu'elle voulait, mais c'était arrivé, aussi elle ouvrit la bouche pour s'excuser à ce sujet et lui demander si elle préférait qu'elle parte. Mais avant qu'elle ne puisse prononcer la moindre syllabe en ce sens, ses pensées se bousculèrent et leur ordre d'importance changea. La galloise inclina légèrement la tête sur le côté et pointa son propre front en fixant celui d'Aelle. Tu fronces beaucoup les sourcils. T'as pas mal à la tête à force? Elle l'interrogea avec cet air niais et simplet qui brouillait sa conception des limites sociales, de ce qui était socialement accepté et ce qui ne l'était pas... Comme une enfant qui découvrait le monde.

@Aelle Bristyle

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Je passe un long moment à la regarder sans répondre. Je suis en train de me demander, mes yeux analysant les traits de son visage et la lueur dans son regard, si elle est réellement en train de se foutre de moi ou si elle est juste profondément et insupportablement bête et naïve. Je serais bien tentée de croire en la seconde hypothèse, parce que je suis prompte à penser que les gens sont bêtes, en plus d'être naïfs, et que cela irait bien à l'exemplaire d'être humain que j'ai devant moi. Mais la vérité, c'est que j'ai tendance à beaucoup plus facilement condamner les gens de me vouloir du mal à moi que de croire que leur bêtise est une réponse incontrôlée à leur caractère. C'est ainsi que je me persuade que Nélya Marks, sixième année à Gryffondor, se fout allègrement de ma gueule.

Une violente bouffée de colère me force à me redresser sur le banc. Mes mains sont plaquées sur la table, la jointure de mes doigts blanche tant je force sur le bois pour m'empêcher de donner un coup de pied dans la chaise de la fille. Je me penche par-dessus la table, les joues rouges de colère, les yeux luisant d'une lueur enragé — je me vois fugacement lancer ma main en avant, lui attraper l'arrière de la tête et la lui plaquer sauvagement sur la table. Puis la vision s'en va, ne reste que les battements anarchiques de mon cœur et une grande et profonde fatigue qui me fait prendre conscience que je n'ai pas envie de me faire virer du Chaudron Baveur où je crèche en ce moment à cause d'une gamine. Cela ne m'empêche pas de me pencher davantage par-dessus la table en une attitude clairement menaçante pour siffler :

« Tu ferais mieux pas de te foutre de ma gueule, parce que tu sais pas de quoi je suis capable. »

Et de me rasseoir brusquement sur ma chaise, le corps tendu par une rage froide. Évidemment maintenant que je suis rassise et que mes yeux dévalent son visage pour atterrir sur le champ de cadavres des Jammie Dodgers, je me rends bien compte que j'ai réagi un peu excessivement. Je m'en veux parce que je sais que les idiots sont prompts à se moquer de ceux qui se mettent en colère. Regard furtif vers la fille. Est-elle une idiote prompte à se moquer de moi malgré ma menace ? Je crispe les mâchoires, m'attendant au pire. Puis je décide que je ne vais pas la laisser se foutre de moi une seconde fois, parce que là je ne serai plus capable de me maîtriser. Je n'ai vraiment pas envie de dormir dans la rue ce soir.

« J'ai envie de rester seule, articulé-je lentement, la voix déformée parce que je garde les dents serrées. Pourquoi t'es là ? Qu'est-ce que tu me veux ? »

Je lance un regard suspicieux aux alentours. J'essaie de trouver la cousine dont elle a parlé, en vain. Est-ce une blague pour se moquer de moi, a-t-elle été envoyée ici exprès ?

« Sérieux, répété-je en plantant mon regard dans le sien. Je t'ai dit que j'avais plus de Jammie. Il est temps de dégager, maintenant. »

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TW: mention de traumatisme et de maltraitance

Elle avait encore son doigt pointé vers son propre front alors que la vision d'Aelle, face à elle lui avait fait écarquiller les yeux en un sursaut craintif. Un soubresaut d'effroi, presque similaire à la réaction d'un animal prit dans les phares d'un véhicule. Le réflexe qui suivit dans un décalage de quelques secondes fut celui de chercher à se protéger derrière sa main déjà relevée en cachant son visage.

Chaque pulsation de son cœur résonnait avec une force douloureuse dans son corps, jusqu'à ce qu'il soit possible de se demander si les légers tremblements de son corps n'étaient pas dû à ses battements violents, des battements qui venaient même résonner dans ses oreilles pour lui faire bourdonner la tête. Pour autant, l'écho assourdissant de son cœur était loin de suffire pour couvrir la voix de la sorcière. Nélya ne manquait rien, même en se recroquevillant sur elle-même derrière l'inutile rempart tressaillant que constituait sa main: ses yeux s'étaient ouverts en grands, refusant de quitter des yeux Aelle, et surtout ses mains pour y anticiper le moindre danger dans un hypervigilance étouffante. C'était la première chose qu'elle avait cherché à voir, à vérifier, ses mains pour être sûre de ne pas y trouver de baguette ou même de s'assurer qu'elle ne lèverait pas la main sur elle.

La peur embrassait son corps comme pour retrouver une place qu'elle avait commencé à creuser dans sa chaire et qui restait une tâche brièvement interrompue, la rendant incapable de détourner le regard, de bouger, d'apaiser la sensation d'étranglement dans sa gorge. Elle ressentait encore la brûlure vibrante des coups sur son corps qui contrastait avec la sensation glacée à l'intérieur de son corps, de son estomac retourné, de sa gorge étouffée.
Rien ne semblait plus fonctionner correctement, seule ses pensées tournaient encore avec lucidité en répétant des interrogations inachevées qu'elle pensait avoir laissé sur le seuil du manoir des Coel. Pourquoi est-ce qu'elle lui disait ça? Est-ce qu'elle allait la frapper? L'attaquer à coup de sorts? C'était si mal d'avoir... été elle? Pourquoi lui en voulait-on à ce point?

En la voyant de rasseoir, Nélya la fixa avec la même crainte brillante dans le regard et déglutit difficilement sans parvenir à la quitter des yeux alors que son regard allait et venait de ses yeux à ses mains. Mais qu'est-ce qu'elle avait fait pour qu'autant de gens lui en veuillent? Pour se faire autant hurler dessus? Etait-elle donc réellement stupide pour ne pas comprendre? Ses doigts se crispèrent entre eux, en rebaissant sa main, tout comme ses orteils, fermement repliés dans ses chaussures, ou le reste de son corps, comme si elle cherchait inconsciemment à se faire plus petite, plus discrète, car s'il y avait moins d'elle... Il y aurait moins contre quoi s'énerver... Non? Elle déglutit, l'air blême sans parvenir à prononcer le moindre mot. Lentement, elle se contenta de lentement baisser ses mains pour les accrocher à son tabouret pour en glisser plus doucement encore.

@Aelle Bristyle

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Tout à coup, mon cœur se décroche et tombe au fond de mon corps. De là, je l'entends résonner distinctement. Trois coups puissants avant qu'il ne se calme. Tout cela parce que Marks vient de lever la main et que j'ai compris en une fraction de seconde tout ce qu'était en train de hurler son corps. Je reste figée sur ma chaise, le regard braqué sur la silhouette de la jeune fille qui n'est plus aussi agaçante que tout à l'heure. C'est cette réaction qu'elle a eue qui me tétanise, c'est son corps immobile, ce sont ses yeux écarquillés, son visage qui ne réagit plus, ses épaules qui s'affaissent, son dos qui se recroqueville. Son silence hurle à mes oreilles. Par rapport à lui, mes mots me semble avoir été des cris, des armes lancées contre cette fille, des choses très vulgaires qui ont pris beaucoup de place et fait beaucoup de bruit, alors que je me suis contentée de... Parler.

Elle a peur. Tout dans son corps le hurle. C'est tellement flagrant que j'en reste ébahie. Choquée. Sa peur glisse sur ma peau, elle me fait frissonner, elle remue des choses au fond de moi. Et mon cœur se remet à battre follement. Elle a peur, c'est flagrant. Elle a peur de moi, elle a peur parce que je me suis levée vivement, que j'ai plaqué mes mains sur la table, ça a fait un bruit fort, mat ; elle a peur parce que j'ai été menaçante, parce que j'ai voulu qu'elle ait peur. Je me suis montrée menaçante, elle s'est recroquevillée. Action, réaction. Son comportement est naturel. Il est la réponse que j'attendais. Alors pourquoi est-ce que je la dévisage ainsi ? Pourquoi suis-je figée, pourquoi suis-je choquée ? Mon cœur s'abat encore et encore dans ma poitrine. J'aime ce que je vois, j'aime cette peur, j'aime ces frissons, j'aime cette réaction. Pourtant, je suis figée, choquée, je la dévisage. Pourquoi ?

Je me rends compte, alors, que je ne m'attendais pas à ce qu'elle réagisse ainsi. La plupart des gens, lorsque je crie ainsi ou me montre violente, se contentent de reculer, de froncer les sourcils, voire de s'agacer, tout simplement parce qu'ils ne savent pas de quoi je suis capable. Elle, elle ne sait pas non plus ; l'a-t-elle ressenti ? Instinctivement ? Oui, ce doit être ça. Au début, elle était dubitative, elle ne me pensait pas capable de pire que les plaintes que j'ai formulées, mais maintenant... Maintenant, elle a compris. Elle sait que je peux être violente, que je peux lui faire du mal, alors elle a arrêté de parler. Cela a tellement bien marché, qu'elle s'est tétanisée. Sent-elle son sang se figer dans ses veines, se transformer en glace sous la peur, sent-elle son cœur s'emballer, ses muscles se crisper sans qu'elle ne puisse y faire quoi que ce soit ? Ça a tellement bien marché que mes questions lui sont passées au-dessus, qu'elle ne les a pas entendu ou alors qu'elle n'arrive tout simplement pas à y répondre, car son sang est devenu de la glace dans ses veines.

Le silence s'étire. Il commence à me piquer. Lentement, je dépose mes mains sur la table. Bien à plat. Pourquoi est-ce que je contrôle mes gestes ? Je devrais faire un grand geste du bras, grand, si grand qu'elle sursauterait et aurait peur que je la frappe. Je lui dirais : « Allez Dégage ! » et elle déguerpirait plus vite que son ombre. N'est-ce pas ? Pourtant, je reste prudente, je pose les mains bien à plat sur la table et je les laisse là. Je me rends compte que je n'ai pas envie de l'effrayer davantage. J'ai eu ce que je voulais. Et maintenant ? Maintenant, mon cœur bat fort, je pense à Ashley qui a eu peur de moi aussi, comme ça, sauf qu'elle, elle ouvre toujours sa grande bouche pour m'emmerder et j'aime ça, je préfère ça, qu'elle l'ouvre encore et encore, comme ça j'aurais encore et encore envie de la malmener. Mais Marks, elle est victime de sa peur. Et moi, les victimes, je n'ai pas envie de les bousculer. Une fois qu'elles le sont et qu'elles le restent, bousculées, il n'y a plus aucun intérêt. Comme preuve, mes mains bien à plat sur la table.

« T'as peur. »

Je l'affirme.
Je reste immobile, mais au fond de moi je profite de ce que je vois. Je n'aime pas qu'elle soit figée comme ça, tétanisée au point d'avoir perdu la capacité de parler, mais j'aime que cet état soit de mon fait. J'aime avoir ce pouvoir. Je veux avoir ce pouvoir. Va-t-elle réussir à bouger, maintenant, ou l'ai-je bizarrement cassé ? Je veux qu'elle bouge, qu'elle parle, qu'elle se rende compte de son erreur, qu'elle redevienne comme avant, tout en sachant de quoi je suis capable.

« C'est bon, je vais pas te faire du mal, hein. »

Je le dis d'une voix un peu agacée, parce que sur sa silhouette se superpose l'image d'Ashley Rockfield qui continue de me tenir tête même en se souvenant que parfois, je suis capable de la plaquer contre un mur en la tenant par la gorge. Allez, arrête avec cette mine d'effroi, Marks ! Comme si j'allais te frapper. Tu n'en vaux même pas la peine. Et, agacée, je balance de nouveau mes yeux vers la montée d'escalier en espérant y voir apparaître la blonde.

Intrusion au royaume des Jammie Dodgers PV
Les doigts crispés sur les bords de son siège, les lèvres fermement pincées, Nélya déglutit dans une vaine tentative désespérée de chasser le poids dans sa gorge qui obstruait sa parole. Oui, bien-sûr qu'elle avait eu peur. Non, bien sûr qu'elle avait encore peur. Mais en définitive, elle ne savait pas ce qu'elle aurait pu dire, même en parvenant à décoincer sa voix, y avait-il quelque chose à dire?

L'hésitation résultant des paroles de la sorcière était plus que palpable chez Nélya. Elle suintait de tout son être sans qu'elle ne puisse chercher à feindre le contraire -une chose qu'elle ne réussissait de toute manière pas-. Est-ce qu'elle pouvait la croire? Son cœur palpitait rageusement à cette idée, laissant penser qu'il ne cherchait qu'à forcer un passage pour fuir cette situation. Ses battements résonnaient si fort en elle qu'elle cru un instant qu'ils couvriraient la petite voix candide de son esprit parfois désespérément trop optimiste qui lui susurrer de la croire.

Une idée effleura son esprit, celle de détourner le regard d'Aelle pour trouver sa cousine, mais la chose n'évolua pas de son aspect de simple idée, non elle n'osait pas encore. Ou peut-être en était-elle incapable à cause de son corps, raide de tension qui ne semblait trembloter qu'à cause du rythme infernal de son cœur.
Les compétences de son corps et de son esprit, d'abord figé dans sa terreur, se réactivèrent lentement, une à une, lui laissant enfin la possibilité de s'exprimer d'une petite voix. « Ok... Et, désolée... d't'avoir énervée. » Il ne fallut que quelques secondes avant que ses lèvres ne s'entrouvrent à nouveau, dans un empressement inconscient pour chercher à s'expliquer. « J'fais pas exprès... »

Si elle y prêtait un peu plus attention, Nélya -qui d'ordinaire ne cessait de s'agiter- aurait pu s'apercevoir qu'en plus du nœud douloureux qui lui tordait l'estomac, elle avait les mains moites et des picotements dans les jambes. Qu'elle ne se sentait pas juste incapable de bouger, mais que son corp, vissé sur son tabouret qui était devenu vertigineux, qu'elle tenait dans un équilibre précaire que son corps s'efforçait de maintenir, comme si son corps allait se disloquer autrement.
Son souffle lui paraissait fort, peut-être même trop bruyant, et malgré les paroles a demi rassurante d'Aelle, Nélya chercha à dominer ce souffle erratique, à le faire taire pour ne pas risquer de s'attirer à nouveau ses foudres.
Elle déglutit, retint son souffle et le relâcha doucement, de manière saccadée pour tenter d'en contrôler le son.

L'adolescente encore victime de son effroi profita du bref détachement de la plus grande pour chercher des yeux celle qui l'accompagnait. Corbin était toujours là, mais elle discutait à présent, avec un type qu'elle n'avait jamais vu et en lui tournant le dos.
Et maintenant quoi? Partir? Attendre? Lui parler à nouveau? Est-ce que c'était vraiment une bonne idée?
Les lèvres pincées, elle retourna son regard de doute sur Aelle.

@Aelle Bristyle

Quand y'a des PBM, y'a la KAN qui s'en mêle !
18ans|#800000| Résurrectrice de la Fanfare|Participez au Coucou Rapeltout|référence physique: Meika Woollard; modifiée