Un dîner presque parfait

Le Samedi 08 Janvier 2050, vers 19h30, avec @Cinaed Wallace.
Une partie de Magnus aurait bien aimé pouvoir rester dans son petit appartement bon marché ce jour-là, sous un plaid avec un bon petit thé dans une main et un livre dans l'autre. Il n'avait jamais particulièrement aimé l'Hiver - trop froid, trop pluvieux, trop morne. Il préférait de loin la saison qui allait arriver derrière, et il avait hâte de pouvoir reporter des vêtements qui ne le faisaient pas ressembler au bonhomme Bibendum des moldus. Après tout, il s'exprimait beaucoup par ce qu'il portait - l'apparence étant la première impression, il fallait qu'elle reflète son caractère. C'était en tout cas son opinion sur le sujet.
Aujourd'hui, il avait revêtu son plus beau costume* - un qui lui avait coûté un bras et demi, parce qu'il était en lin, qu'il remettait à chaque occasion un peu festive. Fait sur mesure, son vert doux et foncé seyait bien à son teint, sa chevelure, et ses yeux. Pour un look un peu plus casual, parce que sinon on aurait dit qu'il allait à un mariage, il avait choisi sa chemise favorite* - blanche, avec des pivoines rouges brodées dessus, et un col cubain que l'on retrouvait peu dans la mode anglaise. Il enfila deux paires de boucles d'oreilles de chaque côté, dont deux piercings ronds d'un côté, puis un clou et une boucle d'oreille en forme d'étoile de l'autre. Il n'oublia pas de mettre ses trois bagues aux formes différentes. Tous ses accessoires étaient dorés, même si la plupart étaient bon marché et non du vrai or - il n'avait clairement pas les moyens pour ça. Le seul "défaut" dans tout ce look, c'est que ses mains étaient bien tâchées de la peinture qu'il venait juste de fabriquer - un bleu outremer qu'on ne pouvait pas manquer.
Prévoir sa tenue lui avait presque pris la journée. Lydia Edgecomb, l'une de ses plus proches amies, l'avait invité dans un restaurant chic dont il ne connaissait pas vraiment la réputation afin de prendre de ses nouvelles. Elle avait aussi invité quelqu'un d'autre, qu'il rencontrerait donc. Puisqu'elle était avocate et de bonne famille, il s'imaginait bien que l'autre invité était aussi de ce rang social - donc le premier contact allait être important. La façon dont il pouvait être perçu le stressait, en règle générale. Il ne voulait pas paraître réservé, mais encore moins flamboyant, tout en gardant de la personnalité. Difficile de transmettre tout cela en un regard, surtout en - à sa connaissance - une simple rencontre.
Le temps filait si vite qu'il se pressa un peu pour rien. Il y avait des tonnes de choses que Magnus n'était pas, et en retard en faisait partie - quitte à être une heure en avance. Cette fois-ci, il se tempéra en allant faire du lèche-vitrines sur la route du restaurant. Il n'arriva qu'avec trente minutes d'avance, ce qui lui permit d'observer les lieux. Le fait qu'on lui prit son manteau pour le consigner lui souffla une douce impression d'inadéquation - les hautes sphères étaient le domaine de sa mère, avec qui il n'avait plus aucun contact, pas le sien. Il prit néanmoins place à la table réservée, et se permit de commander trois verres d'un vin rouge doux de bonne marque - la seule bonne marque qu'il connaissait, d'ailleurs, un des vins du Domaine Duclaux -, ainsi qu'un petit plateau de charcuteries et de fromages pour un petit apéritif. Il aimait bien prendre soin des gens de façon diverse et variée.
Ne resta plus que l'attente, qu'il passa à regarder le décor feutré et douillet. Lydia avait eu une drôle d'idée de les inviter ici, dans un endroit aux tables si espacées et à l'ambiance presque romantique. L'idée même de romance lui donnait parfois un goût amer en bouche, même s'il n'était pas totalement fermé à l'idée. Il empêcha de laisser son esprit divaguer plus sur le sujet en se concentrant sur autre chose - apparemment, compter les bouts de jambon fumé était une activité passionnante.
Dernière modification par Magnus Wismer le 22 janv. 2025, 02:10, modifié 6 fois.
Un dîner presque parfait
A très exactement 19h et 23 minutes, après qu'un client tardif eut quitté sa boutique, Cinaed avait lâché ce qu'il avait dans les mains et fermé rapidement les locaux. D'après sa mère, il devait être à un restaurant du centre de Londres à 19h30 et, bien que la boutique aurait encore dû être ouverte quelques minutes, l'ébéniste avait éteint les lampes et avait transplané juste après avoir essuyé ses mains pleines de poussière sur un torchon qui passait par là. Il avait passé la journée - comme tous les Samedi comprenant une sortie des élèves de Poudlard - à courir partout et était épuisé mais heureux. Il avait pu revoir Eileen avec qui il avait passé une heure à sculpter et à papoter autant de ses vacances que de ses cadeaux de Noël et cela l'avait rempli d'une joie euphorique qui ne l'avait pas quitté depuis.
Il n'avait même pas la tête à être ennuyé par une énième tentative de sa mère de le mettre en couple avec une sorcière quelconque. Depuis qu'elle lui avait envoyé un costume pour l'anniversaire de Morgan, et avait appris qu'il avait été montrer son visage au bal du nouvel an, elle était infernale. Il avait rencontré plusieurs sorcières, même si rien n'avait abouti.
Sa mère était repartie dans ses monologues incessants sur l'importance de se trouver une femme, autant pour faire bon genre que pour perpétuer le nom Wallace qu'elle ne souhaitait pas voir se terminer avec lui. Cinaed trouvait ça idiot : après tout, il avait quelques cousins qui, eux, semblaient très heureux à l'idée de finir leur vie avec une femme, trois enfants et un labrador dans une maison à la campagne. Ce n'était pas quelque chose qui intéressait particulièrement l'ébéniste, bien au contraire. Lui, il était bien tout seul, à papillonner entre Sean, Simon et toutes les autres conquêtes qu'il croisait pour un soir ou deux.
La question était : Pourquoi s'embêtait il à aller à un rendez-vous à l'aveugle, alors ? Eh bien parce que selon sa mère c'était "le dernier que je te propose !" Cinaed savait prendre une perche quand on lui en tendait une. S'il acceptait un dernier rendez-vous, Eilidh Wallace le laisserait tranquille au moins pendant quelques mois le temps de concocter un nouveau plan.
Pour une fois, cependant, elle n'avait pas donné beaucoup d'informations. Il ne savait donc pas qui était sa compagne pour la soirée, ou même si elle avait 30 ou 50 ans. Il savait simplement qu'une amie de la femme Wallace avait une connaissance amicale triste et célibataire qu'elle cherchait à marier, elle aussi.
Cinaed soupira en arrivant devant le restaurant. Que les gens s'intéressent à ce qui ne les regardaient pas, c'était une chose, mais les deux femmes étaient elles obligées de réserver dans un restaurant si chic ? Il grommela quelques secondes avant de sortir son téléphone, ouvrant son application bancaire en quelques mouvements. Voir un virement de quelques centaines d'euros sur son compte moldu lui rendit tout de suite le sourire.
Eh bien, si maman payait, autant en profiter, n'est-ce pas ? Lui, ça ne le dérangeait pas tellement de rencontrer des gens tant que sa mère ne surveillait pas la conversation comme un rapace. Il ne pouvait plus compter sur les doigts de deux mains le nombre de personnes qu'elle lui avait fait rencontrer et avec qui il avait fini par passer une très bonne soirée, avec beaucoup d'affinité autour d'un verre et quelques oreillers. Sa mère n'était jamais ravie de remarquer que leur "grande histoire d'amour" se terminait au petit matin - parfois même, avant - et c'étaient ses engueulades qui embêtaient Cinaed. Ça, et son besoin incessant de lui rappeler que la famille Wallace - même si elle n'était pas sang-pur - cherchait la grandeur des meilleurs cercles.
Lui, tout ce qu'il cherchait c'était un arrondi parfait quand il sculptait une tête de chouette, ou à vendre assez de ses créations pour se faire un nom dans le monde sorcier pour autre chose que la cuillère en argent avec laquelle il était né dans la bouche. Enfin, ce n'était pas le nom qui l'intéressait mais juste de savoir que les gens parlaient en bien de son art : ils pouvaient oublier son prénom, sa tête et tout ce qu'ils voulaient tant qu'ils se souvenaient que les sculptures de l'Atelier des Sylves étaient de petites merveilles.
Un dernier coup d'œil à son téléphone lui indiqua l'horaire - 19h29 - et il sourit. Pile à l'heure ! Il frotta une derrière fois ses mains sur son pantalon, histoire d'en retirer les dernières salissures, avant de pousser la porte. Après quelques mots échangés avec les employés et plusieurs assurances que - oui - il avait bien une réservation ici et que - oui - il ne s'était pas trompé de restaurant, il fut autorisé à entrer et conduit à une table après que son manteau à moitié délavé lui fut retiré. Un homme s'y trouvait et une fois assez proche, le serveur lui fit une petite courbette avant de s'enfuir en sens inverse.
Vous le saviez sûrement, mais Cinaed était un homme faible. Après tout, il était un artiste, et un artiste digne de ce nom savait reconnaître la beauté dans les choses qui l'entouraient. Alors, il était tout naturel qu'un sourire charmant se glisse sur son visage après que ses yeux l'eurent fait sur l'autre personne. Lui ne portait qu'un jean à la couleur dépassée et un tee-shirt ou figurait un logo d'un groupe de rock quelconque, mais la personne en face avait manifestement sorti le grand jeu et ce n'était pas pour lui déplaire. Il dut rester une bonne minute debout à côté de la table à juste observer l'autre avant de prendre place à table avec un roucoulement satisfait.
Déjà, c'était un homme : sa mère s'améliorait. Il était extrêmement bisexuel mais il fallait avouer qu'il avait plus souvent envie de forger des amitiés ou plus avec des hommes que avec des femmes dont il se lassait assez vite. Ensuite, son costume vert était une vraie merveille et changeait de ceux noirs ou marrons que les gens avaient l'habitude de porter. Les meilleures touches ? Les lunettes qui pendaient sur son nez, sa chemise à fleurs que Cinaed lui aurait bien piqué s'il mettait des choses aussi jolies et les quelques boucles d'oreilles plantées dans ses lobes. Cinaed avait un faible pour les hommes percés aux oreilles, qui pouvait le juger ? Quand, en plus la personne en face portait des lunettes et n'avait pas l'air d'un minet si fin qu'une brise le casserait en deux, eh bien l'ébéniste appréciait la vue.
Ignorant les verres de vin - pourquoi y'en avait-il trois ? - il prit la parole, la voix haute et joyeuse : J'ai du mal à croire qu'un homme comme vous aie du mal à se trouver quelqu'un ! Ah mais.. Je peux vous tutoyer ? Ce serait plus sympa. Il posa ses coudes sur la table, puis son menton dans ses mains et continua d'observer l'autre avec une étincelle dans le regard A moins que tu ne sois horriblement stupide ou que tu caches une jambe de bois sous ton beau costume, tu devrais t'attirer les faveurs d'une bonne partie de tes connaissances, qu'est-ce que tu fais dans un rendez-vous arrangé ?
L'autre n'avait même l'air plus vieux que lui : il aurait dû avoir le temps avant que son entourage ne le force à rencontrer des potentiels fiancés. Pauvre chose. M'enfin, il n'allait pas s'en plaindre. Cinaed retira une main de sous son menton et la tendit par dessus la table pour en piquer une à l'autre et la secouer. Cinaed Wallace, et toi tu es ? Quel est le nom de cette fille déjà... Un frère de Lydia peut-être ? Un cousin ? Alors qu'il agitait sa main légèrement, une tache d'un bleu soutenu lui attira l'œil et il lâcha sa prise avec un cri d'excitation peu viril. Oh, tu peins ! On va passer une bonne soirée alors ! Tu sais, généralement ma mère essaie de me trouver des gens un peu coincés : elle me fait rencontrer des avocates, des femmes au foyer, des sang-purs ou ce genre de trucs, mais elle ne m'a jamais proposé un rendez-vous avec un homme et encore moins avec quelqu'un qui puisse suivre une conversation sur l'art.
Il s'étala un peu sur sa chaise et frappa dans ses mains deux fois pour montrer sa joie. La soirée s'annonce meilleure que prévue, enfin, pour moi en tout cas. Tu t'attendais à quoi en venant ici toi ? Un dernier sourire et un "Merci pour le plateau d'entrée et le vin, je t'offrirais le repas si tu le veux bien" plus tard, il ferma enfin la bouche pour permettre à l'autre de répondre.
Il se fit une note mentale d'envoyer un hibou à sa mère pour la féliciter de son goût, pour une fois. Si elle lui avait proposé des partenaires potentiels de cette trempe, peut-être qu'il aurait été moins fermé à l'idée de l'écouter babiller à propos du mariage.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Il n'avait même pas la tête à être ennuyé par une énième tentative de sa mère de le mettre en couple avec une sorcière quelconque. Depuis qu'elle lui avait envoyé un costume pour l'anniversaire de Morgan, et avait appris qu'il avait été montrer son visage au bal du nouvel an, elle était infernale. Il avait rencontré plusieurs sorcières, même si rien n'avait abouti.
Sa mère était repartie dans ses monologues incessants sur l'importance de se trouver une femme, autant pour faire bon genre que pour perpétuer le nom Wallace qu'elle ne souhaitait pas voir se terminer avec lui. Cinaed trouvait ça idiot : après tout, il avait quelques cousins qui, eux, semblaient très heureux à l'idée de finir leur vie avec une femme, trois enfants et un labrador dans une maison à la campagne. Ce n'était pas quelque chose qui intéressait particulièrement l'ébéniste, bien au contraire. Lui, il était bien tout seul, à papillonner entre Sean, Simon et toutes les autres conquêtes qu'il croisait pour un soir ou deux.
La question était : Pourquoi s'embêtait il à aller à un rendez-vous à l'aveugle, alors ? Eh bien parce que selon sa mère c'était "le dernier que je te propose !" Cinaed savait prendre une perche quand on lui en tendait une. S'il acceptait un dernier rendez-vous, Eilidh Wallace le laisserait tranquille au moins pendant quelques mois le temps de concocter un nouveau plan.
Pour une fois, cependant, elle n'avait pas donné beaucoup d'informations. Il ne savait donc pas qui était sa compagne pour la soirée, ou même si elle avait 30 ou 50 ans. Il savait simplement qu'une amie de la femme Wallace avait une connaissance amicale triste et célibataire qu'elle cherchait à marier, elle aussi.
Cinaed soupira en arrivant devant le restaurant. Que les gens s'intéressent à ce qui ne les regardaient pas, c'était une chose, mais les deux femmes étaient elles obligées de réserver dans un restaurant si chic ? Il grommela quelques secondes avant de sortir son téléphone, ouvrant son application bancaire en quelques mouvements. Voir un virement de quelques centaines d'euros sur son compte moldu lui rendit tout de suite le sourire.
Eh bien, si maman payait, autant en profiter, n'est-ce pas ? Lui, ça ne le dérangeait pas tellement de rencontrer des gens tant que sa mère ne surveillait pas la conversation comme un rapace. Il ne pouvait plus compter sur les doigts de deux mains le nombre de personnes qu'elle lui avait fait rencontrer et avec qui il avait fini par passer une très bonne soirée, avec beaucoup d'affinité autour d'un verre et quelques oreillers. Sa mère n'était jamais ravie de remarquer que leur "grande histoire d'amour" se terminait au petit matin - parfois même, avant - et c'étaient ses engueulades qui embêtaient Cinaed. Ça, et son besoin incessant de lui rappeler que la famille Wallace - même si elle n'était pas sang-pur - cherchait la grandeur des meilleurs cercles.
Lui, tout ce qu'il cherchait c'était un arrondi parfait quand il sculptait une tête de chouette, ou à vendre assez de ses créations pour se faire un nom dans le monde sorcier pour autre chose que la cuillère en argent avec laquelle il était né dans la bouche. Enfin, ce n'était pas le nom qui l'intéressait mais juste de savoir que les gens parlaient en bien de son art : ils pouvaient oublier son prénom, sa tête et tout ce qu'ils voulaient tant qu'ils se souvenaient que les sculptures de l'Atelier des Sylves étaient de petites merveilles.
Un dernier coup d'œil à son téléphone lui indiqua l'horaire - 19h29 - et il sourit. Pile à l'heure ! Il frotta une derrière fois ses mains sur son pantalon, histoire d'en retirer les dernières salissures, avant de pousser la porte. Après quelques mots échangés avec les employés et plusieurs assurances que - oui - il avait bien une réservation ici et que - oui - il ne s'était pas trompé de restaurant, il fut autorisé à entrer et conduit à une table après que son manteau à moitié délavé lui fut retiré. Un homme s'y trouvait et une fois assez proche, le serveur lui fit une petite courbette avant de s'enfuir en sens inverse.
Vous le saviez sûrement, mais Cinaed était un homme faible. Après tout, il était un artiste, et un artiste digne de ce nom savait reconnaître la beauté dans les choses qui l'entouraient. Alors, il était tout naturel qu'un sourire charmant se glisse sur son visage après que ses yeux l'eurent fait sur l'autre personne. Lui ne portait qu'un jean à la couleur dépassée et un tee-shirt ou figurait un logo d'un groupe de rock quelconque, mais la personne en face avait manifestement sorti le grand jeu et ce n'était pas pour lui déplaire. Il dut rester une bonne minute debout à côté de la table à juste observer l'autre avant de prendre place à table avec un roucoulement satisfait.
Déjà, c'était un homme : sa mère s'améliorait. Il était extrêmement bisexuel mais il fallait avouer qu'il avait plus souvent envie de forger des amitiés ou plus avec des hommes que avec des femmes dont il se lassait assez vite. Ensuite, son costume vert était une vraie merveille et changeait de ceux noirs ou marrons que les gens avaient l'habitude de porter. Les meilleures touches ? Les lunettes qui pendaient sur son nez, sa chemise à fleurs que Cinaed lui aurait bien piqué s'il mettait des choses aussi jolies et les quelques boucles d'oreilles plantées dans ses lobes. Cinaed avait un faible pour les hommes percés aux oreilles, qui pouvait le juger ? Quand, en plus la personne en face portait des lunettes et n'avait pas l'air d'un minet si fin qu'une brise le casserait en deux, eh bien l'ébéniste appréciait la vue.
Ignorant les verres de vin - pourquoi y'en avait-il trois ? - il prit la parole, la voix haute et joyeuse : J'ai du mal à croire qu'un homme comme vous aie du mal à se trouver quelqu'un ! Ah mais.. Je peux vous tutoyer ? Ce serait plus sympa. Il posa ses coudes sur la table, puis son menton dans ses mains et continua d'observer l'autre avec une étincelle dans le regard A moins que tu ne sois horriblement stupide ou que tu caches une jambe de bois sous ton beau costume, tu devrais t'attirer les faveurs d'une bonne partie de tes connaissances, qu'est-ce que tu fais dans un rendez-vous arrangé ?
L'autre n'avait même l'air plus vieux que lui : il aurait dû avoir le temps avant que son entourage ne le force à rencontrer des potentiels fiancés. Pauvre chose. M'enfin, il n'allait pas s'en plaindre. Cinaed retira une main de sous son menton et la tendit par dessus la table pour en piquer une à l'autre et la secouer. Cinaed Wallace, et toi tu es ? Quel est le nom de cette fille déjà... Un frère de Lydia peut-être ? Un cousin ? Alors qu'il agitait sa main légèrement, une tache d'un bleu soutenu lui attira l'œil et il lâcha sa prise avec un cri d'excitation peu viril. Oh, tu peins ! On va passer une bonne soirée alors ! Tu sais, généralement ma mère essaie de me trouver des gens un peu coincés : elle me fait rencontrer des avocates, des femmes au foyer, des sang-purs ou ce genre de trucs, mais elle ne m'a jamais proposé un rendez-vous avec un homme et encore moins avec quelqu'un qui puisse suivre une conversation sur l'art.
Il s'étala un peu sur sa chaise et frappa dans ses mains deux fois pour montrer sa joie. La soirée s'annonce meilleure que prévue, enfin, pour moi en tout cas. Tu t'attendais à quoi en venant ici toi ? Un dernier sourire et un "Merci pour le plateau d'entrée et le vin, je t'offrirais le repas si tu le veux bien" plus tard, il ferma enfin la bouche pour permettre à l'autre de répondre.
Il se fit une note mentale d'envoyer un hibou à sa mère pour la féliciter de son goût, pour une fois. Si elle lui avait proposé des partenaires potentiels de cette trempe, peut-être qu'il aurait été moins fermé à l'idée de l'écouter babiller à propos du mariage.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Un dîner presque parfait
Il aurait dû prévoir que personne n'arriverait autant à l'avance, à part lui. Surtout qu'il savait que Lydia arrivait généralement dix petites minutes en retard, car elle aimait se faire attendre - c'était véridique, elle lui avait déjà dit de vive voix, ce qui l'avait fait beaucoup rire. Il ne savait pas trop pour l'autre invité, même s'il se rendit vite compte, plus les minutes passaient, que ce serait peut-être le cas aussi de sa part. Pour patienter un peu, il goûta très discrètement le verre de vin qu'on lui apporta cinq minutes avant l'heure - de quoi apaiser un peu ses nerfs et le rendre plus patient.
Dire qu'il fut surpris de la personne qui se dirigea, pile à l'heure, vers la table était un doux euphémisme. Sa tenue délavée détonnait complètement avec le riche décor. Il semblait juste sortir de chez lui avec ta tenue du dimanche. Peut-être n'avait-il pas eu l'information sur le dress code. Ou il s'en fichait, ce qui donnait beaucoup à réfléchir. Il connaissait beaucoup de personnes qui se montraient avec ce genre d'habits - entre les personnes nonchalantes, celles dans le besoin, et celles qui ne pensent pas à elles. Il se demandait de quelle catégorie cet homme faisait partir.
Il l'observa d'un peu plus près, des choses qui le marquaient en premier - ses yeux marron aux paupières lourdes, le petit trait qui indiquait une future ride entre ses sourcils qui devaient souvent être froncés, son sourire qu'il ne savait pas bien interprété. En second temps, il vit le reste de ses traits, qui lui indiquaient un homme potentiellement franc. Et Merlin seul savait à quel point le cracmol aimait la franchise, lui qui avait tant de mal à comprendre les sous-entendus et les demi-vérités.
La première phrase qui sortit de sa bouche l'interloqua plus que de raison. Qu'est-ce que Lydia avait-elle bien pu lui raconter sur lui? Néanmoins, une fois la surprise passée, il souffla un petit rire nerveux avant de sourire avec douceur - une expression qu'il arborait usuellement, presque comme s'il s'agissait d'un visage neutre.
“Bien sûr, tu peux me tutoyer. Après tout, nous allons passer la soirée ensemble.”, il l'observa s'asseoir, avant de reporter soudainement son regard à son verre, comme s'il allait lui apporter des réponses. Malheureusement, il fut muet. Lorsqu'il releva son regard brun vers l'autre invité, il fut aussi interrogateur qu'un peu choqué. Les premières remarques se firent oublietter de sa mémoire, alors qu'il restait en suspens quelques secondes après la question de son, apparemment, partenaire du soir.
“Un... Quoi? Je crois qu'il y a méprise. Lydia t'a aussi invité ici, c'est bien cela?”, un rendez-vous arrangé? Il n'en croyait pas ses oreilles. Peut-être qu'il s'était trompé de table, ou que Lydia s'était trompée de jour... Mais non, après la présentation du fameux Cinaed Wallace, il eut la confirmation qu'il attendait.
“Par le caleçon de Merlin, Lydia...” avait-il marmonné dans son petit bouc, avant de longuement soupirer et de se frotter la nuque pour évacuer sa nervosité. Voilà qu'il se retrouvait dans un blind date sans même être au courant qu'il allait s'y rendre. À vrai dire, il aurait probablement refusé s'il avait su. Pourquoi son amie le poussait-elle ainsi? Une partie enfantine de lui voulait refuser tout en bloc juste par défi. Mais il était adulte, "mature", et il ne voulait pas faire perdre son temps à quelqu'un.
“Magnus Wismer.”, il serra la main calleuse de son interlocuteur, sans le lâcher du regard. Sa poigne était sûre, vaillante - un peu commercial, déformation professionnelle. “Un ami. J'avoue que je n'étais même pas au courant que j'allais à un rendez-vous.”, au final, la situation le fit rire - un rire chaleureux comme le feu ronflant d'une cheminée.
Cinaed devait être un fin observateur pour avoir remarqué aussi bien ses mains - ou alors, il avait peur de se tâcher lui aussi. En tout cas, la remarque le fit sourire de façon bien plus solaire que jusqu'ici - le simple fait qu'on mentionne une de ses passions réveillait toujours le feu dormant en lui. Il avait réussi à marquer un point hobby, et un point curiosité. “Tu es... Pardon, c'est délicat à demander. Tu viens du même cercle social que Lydia? Je ne connais pas beaucoup d'autres milieux qui organisent des rendez-vous arrangés.”, s'il croyait qu'il en faisait aussi partie, il allait être déçu. Les Appleton, la lignée de sorciers de son côté maternel, étaient de bonne famille. Lui n'était qu'un Wismer, bienheureux dans son quasi-anonymat.
Apparemment, il n'était au moins pas déçu qu'il soit un homme, ce qui le rassura. Quoi? Pourquoi ça le rassurait, il n'était même pas censé être à ce rendez-vous! Il était de façon involontaire ici, et le voilà qui se disait que ce n'était pas si mal. Dans le pire des cas, il s'ennuiera pendant une heure et aura des choses à raconter. Dans le meilleur des cas, il repartait avec un ami. Allez, cela pourrait être pire finalement - même s'il comptait sermonner son amie bien comme il fallait après ça.
“Je m'attendais à rencontrer Lydia "et l'ami qu'elle devait me présenter" ici. C'est une bien étrange aventure, un rendez-vous arrangé à l'aveugle involontaire.”, dit comme ça, c'était encore pire que dans sa tête. Il se mit à rire de nouveau, avant de lever son verre, le regard pétillant. “Un toast à nous deux dans le même pétrin, du coup.”, il attendait de trinquer avant de reposer son verre. Le troisième n'allait pas servir... Dans le pire des cas, il le boirait lui-même - mais ce n'était pas un grand buveur, et le risque de rentrer chez lui pompette ne lui plaisait guère. Ah, trop de réflexions.
“Donc tu es aussi un artiste? De quel milieu? Tu as bien visé avec la peinture, et quand j'avais le temps, je m'étais essayé à la musique aussi.”, autant rentrer dans le vif du sujet qui les intéressait tous les deux, “Je me suis arrêté à peu près quand j'arrivais enfin à comprendre une partition. Donc autant dire que je suis au niveau zéro.”, alors qu'il n'avait aucune raison de partager quoi que ce soit avec ce parfait - et, il fallait l'admettre, très charmant dans son impression un peu brute -, il était presque tout naturel pour Magnus de discuter avec les autres, surtout quand il s'agissait d'une passion.
Dire qu'il fut surpris de la personne qui se dirigea, pile à l'heure, vers la table était un doux euphémisme. Sa tenue délavée détonnait complètement avec le riche décor. Il semblait juste sortir de chez lui avec ta tenue du dimanche. Peut-être n'avait-il pas eu l'information sur le dress code. Ou il s'en fichait, ce qui donnait beaucoup à réfléchir. Il connaissait beaucoup de personnes qui se montraient avec ce genre d'habits - entre les personnes nonchalantes, celles dans le besoin, et celles qui ne pensent pas à elles. Il se demandait de quelle catégorie cet homme faisait partir.
Il l'observa d'un peu plus près, des choses qui le marquaient en premier - ses yeux marron aux paupières lourdes, le petit trait qui indiquait une future ride entre ses sourcils qui devaient souvent être froncés, son sourire qu'il ne savait pas bien interprété. En second temps, il vit le reste de ses traits, qui lui indiquaient un homme potentiellement franc. Et Merlin seul savait à quel point le cracmol aimait la franchise, lui qui avait tant de mal à comprendre les sous-entendus et les demi-vérités.
La première phrase qui sortit de sa bouche l'interloqua plus que de raison. Qu'est-ce que Lydia avait-elle bien pu lui raconter sur lui? Néanmoins, une fois la surprise passée, il souffla un petit rire nerveux avant de sourire avec douceur - une expression qu'il arborait usuellement, presque comme s'il s'agissait d'un visage neutre.
“Bien sûr, tu peux me tutoyer. Après tout, nous allons passer la soirée ensemble.”, il l'observa s'asseoir, avant de reporter soudainement son regard à son verre, comme s'il allait lui apporter des réponses. Malheureusement, il fut muet. Lorsqu'il releva son regard brun vers l'autre invité, il fut aussi interrogateur qu'un peu choqué. Les premières remarques se firent oublietter de sa mémoire, alors qu'il restait en suspens quelques secondes après la question de son, apparemment, partenaire du soir.
“Un... Quoi? Je crois qu'il y a méprise. Lydia t'a aussi invité ici, c'est bien cela?”, un rendez-vous arrangé? Il n'en croyait pas ses oreilles. Peut-être qu'il s'était trompé de table, ou que Lydia s'était trompée de jour... Mais non, après la présentation du fameux Cinaed Wallace, il eut la confirmation qu'il attendait.
“Par le caleçon de Merlin, Lydia...” avait-il marmonné dans son petit bouc, avant de longuement soupirer et de se frotter la nuque pour évacuer sa nervosité. Voilà qu'il se retrouvait dans un blind date sans même être au courant qu'il allait s'y rendre. À vrai dire, il aurait probablement refusé s'il avait su. Pourquoi son amie le poussait-elle ainsi? Une partie enfantine de lui voulait refuser tout en bloc juste par défi. Mais il était adulte, "mature", et il ne voulait pas faire perdre son temps à quelqu'un.
“Magnus Wismer.”, il serra la main calleuse de son interlocuteur, sans le lâcher du regard. Sa poigne était sûre, vaillante - un peu commercial, déformation professionnelle. “Un ami. J'avoue que je n'étais même pas au courant que j'allais à un rendez-vous.”, au final, la situation le fit rire - un rire chaleureux comme le feu ronflant d'une cheminée.
Cinaed devait être un fin observateur pour avoir remarqué aussi bien ses mains - ou alors, il avait peur de se tâcher lui aussi. En tout cas, la remarque le fit sourire de façon bien plus solaire que jusqu'ici - le simple fait qu'on mentionne une de ses passions réveillait toujours le feu dormant en lui. Il avait réussi à marquer un point hobby, et un point curiosité. “Tu es... Pardon, c'est délicat à demander. Tu viens du même cercle social que Lydia? Je ne connais pas beaucoup d'autres milieux qui organisent des rendez-vous arrangés.”, s'il croyait qu'il en faisait aussi partie, il allait être déçu. Les Appleton, la lignée de sorciers de son côté maternel, étaient de bonne famille. Lui n'était qu'un Wismer, bienheureux dans son quasi-anonymat.
Apparemment, il n'était au moins pas déçu qu'il soit un homme, ce qui le rassura. Quoi? Pourquoi ça le rassurait, il n'était même pas censé être à ce rendez-vous! Il était de façon involontaire ici, et le voilà qui se disait que ce n'était pas si mal. Dans le pire des cas, il s'ennuiera pendant une heure et aura des choses à raconter. Dans le meilleur des cas, il repartait avec un ami. Allez, cela pourrait être pire finalement - même s'il comptait sermonner son amie bien comme il fallait après ça.
“Je m'attendais à rencontrer Lydia "et l'ami qu'elle devait me présenter" ici. C'est une bien étrange aventure, un rendez-vous arrangé à l'aveugle involontaire.”, dit comme ça, c'était encore pire que dans sa tête. Il se mit à rire de nouveau, avant de lever son verre, le regard pétillant. “Un toast à nous deux dans le même pétrin, du coup.”, il attendait de trinquer avant de reposer son verre. Le troisième n'allait pas servir... Dans le pire des cas, il le boirait lui-même - mais ce n'était pas un grand buveur, et le risque de rentrer chez lui pompette ne lui plaisait guère. Ah, trop de réflexions.
“Donc tu es aussi un artiste? De quel milieu? Tu as bien visé avec la peinture, et quand j'avais le temps, je m'étais essayé à la musique aussi.”, autant rentrer dans le vif du sujet qui les intéressait tous les deux, “Je me suis arrêté à peu près quand j'arrivais enfin à comprendre une partition. Donc autant dire que je suis au niveau zéro.”, alors qu'il n'avait aucune raison de partager quoi que ce soit avec ce parfait - et, il fallait l'admettre, très charmant dans son impression un peu brute -, il était presque tout naturel pour Magnus de discuter avec les autres, surtout quand il s'agissait d'une passion.
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Dernière modification par Magnus Wismer le 21 janv. 2025, 20:41, modifié 2 fois.
Un dîner presque parfait
Cinaed regardait toujours deux choses en premier : les mains, et la carrure.
Les mains, parce qu'il savait reconnaître un musicien ou un artiste juste à cela, que ce soit avec un détail évident comme des restes de peinture ou plus discret comme les callosités et rugosités amenées par le travail du bois ou les cordes d'un instrument. Certaines personnes avaient des mains saines et propres et, pourtant, l'ébéniste arrivait à comprendre qu'ils jouaient du piano juste à la forme un peu courbée des doigts. Pour la majorité des gens, les yeux étaient les fenêtres de l'âme mais pour quelqu'un comme Cinaed qui ne savait pas fouiller dans les émotions des gens, les mains parlaient beaucoup plus. En passant de mains fines à des mains larges, chaque personne trahissait ses hobbies et sa personnalité en 10 doigts et deux paumes.
Pour la carrure, la raison était plus simple : Cinaed aimait savoir si son partenaire était plutôt grand ou petit, et à quel point il pouvait faire de bons câlins. Ainsi, il avait déterminé que les hommes plus petits et plus fins que lui avaient du mal à câliner - et Cinaed préférait être celui qui se faisait serrer dans ses bras à huit clos - et que ceux plus grands ou avec une carrure comme la sienne étaient de vrais nounours. C'était idiot, mais c'était important pour l'ébéniste : il était tactile, il ne pouvait pas s'en empêcher. Toujours un bras autour des épaules, des câlins rapides, des touches sur les épaules et j'en passe.
Il lui fallait quelqu'un qui puisse le prendre dans ses bras et le serrer assez fort pour lui rappeler les quelques grosses couvertures de plusieurs kilos que sa mère lui mettait sur le dos en hiver durant sa jeunesse. Quelqu'un pour l'ancrer, aussi, quand il se sentait flotter étrangement et que son cerveau refusait de lâcher prise. Ça n'arrivait pas souvent, mais une fois que c'était installé, ça pouvait durer des jours. Ewan savait faire de super câlins et c'était comme ça que Cinaed avait forgé son premier critère pour ses partenaires.
Les choses qu'il regardait ensuite étaient un peu plus spécifiques et, malheureusement, l'une d'elles était cachée par le fait que son rendez-vous était assit. Eh bien, ce n'était pas très grave : il finirait par se lever un jour et Cinaed n'était pas le genre d'homme à rater une opportunité.
Cinaed cligna plusieurs fois des yeux quand l'autre prit la parole avant de se racler la gorge et de se reprendre. Eh bien, on pouvait ajouter la voix à ses critères "comment rendre un homme à boucle d'oreilles encore plus sexy". Cinaed avait rencontré des gens à la voix nasillarde, ou d'autres qui forçait pour se donner un timbre différent et il aimait beaucoup mieux les personnes qui, comme Magnus, avait une voix aussi riche que chaude. Il y avait des voix comme ça que vous aviez envie d'écouter, et qui vous donnait l'impression d'être roulé dans du coton. Qu'importe la voix, Cinaed aimait écouter les gens parler d'art, ou d'alcool, mais une belle voix pouvait lui parler de mode ou de Quidditch qu'il peinerait quand même à l'ignorer.
Il secoua la tête. Nope, ma mère m'a dit de venir ici pour 19h30, je n'ai pas vu Lydia depuis quelques années déjà, on me met dehors quand j'essaie de m'incruster à leur session tasse de thé. Il haussa les épaules Cela dit, c'est pas très intéressant donc j'ai arrêté de m'y fourrer. Pendant quelques années, il avait même eu peur que sa mère décide de le forcer à se fiancer avec Lydia : heureusement, la mère Wallace avait dû avoir pitié pour la jeune femme et ne lui avait pas proposé son bon à rien de fils comme compagnon. Cinaed n'en était pas plus outré que ça : il aurait été aussi triste qu'elle de devoir faire profil bas devant sa mère.
Magnus... murmura-t-il alors que l'autre lui serrait la main comme s'ils venaient de conclure une bonne affaire avant de lui sourire à nouveau. On pourrait penser que sourire autant faisait mal aux joues, mais les lèvres de Cinaed ne se baissaient pas souvent : seule changeait l'inclinaison de son sourire. Quand c'était un sourire normal, l'expression qui était toujours collée sur son visage benêt, il était droit mais quand il s'agissait d'un vrai sourire, il devenait penché sur la gauche. Un ami, c'est bien ce que je me disais : vous ne vous ressemblez pas tant, son nez est assez disgracieux comparé au tien. Cinaed, lui, était plutôt content de son nez : prit seul, il aurait pu être assez laid avec sa petite bosse mais il se mariait bien avec le reste de son visage. C'était pareil pour l'autre, il supposait : il avait un joli visage.
Un rire éclata de ses lèvres quand le pauvre homme avoua qu'il ne s'attendait pas à subir un rendez-vous. Il lui fallut quelques longues secondes pour se calmer, au prix d'un regard noir d'un serveur qui passait par là. Les tables avaient beau être espacée, Cinaed n'était pas un homme à rire tout bas. Merlin, c'est encore pire que moi ! Ma mère me trouve des partenaires inadaptés la plupart du temps mais au moins elle me prévient ! Il secoua la tête comme pour effacer les dernières traces de son fou rire et pencha la tête sur le côté. Délicat ? Pourquoi ? Les gens étaient bien idiots si une telle question les mettait en colère. Il ne s'agissait que d'argent, pas de quoi en faire un plat.
Ma famille est d'un cercle social au dessus, je crois... Après tout, Lydia était surtout une avocate qui travaillait pour des gros clients, alors que sa mère avait des parents qui lui avaient légué juste assez d'argent pour qu'elle n'ait pas besoin de travailler du tout si elle n'avait pas voulu. Au final, elle avait choisi de le faire quand même et s'était mélangée à la branche Wallace qui était tout aussi aisée qu'elle. J'avoue que je me suis pas vraiment renseigné sur elle, mais les Wallace sont une bonne famille. Bien sûr, vu qu'on est pas sang-pur, c'est pas comme les O'Belt ou un truc du genre mais ma mère tient à son statut. Cela dit, et heureusement, elle crâche pas sur les moldus et né-moldus dans la famille éloignée donc je suppose qu'on s'en fiche un peu.
Il haussa à nouveau les épaules, comme pour dire "ça n'a pas d'importance", et c'était le cas : Cinaed n'avait jamais apporté la moindre importance à la place de sa famille dans la société sorcière. Lui, il avait juste été content d'être aisé parce qu'il avait pu avoir tout ce qu'il voulait quand il était jeune mais l'argent l'intéressait à peu près aussi peu que les divagations politiques. Et je devrais pas dire ça, mais moi je suis fauché donc ça t'apportera pas grand chose ! il ria doucement et agita sa main devant lui.
L'argent m'intéresse pas tellement, j'ai pas besoin de plus alors je leur demande pas grand chose à mes parents. Ma mère veut juste vraiment que je me marie et que je fonde une jolie famille, c'est plus correct pour elle, et puis histoire de lui donner des petits enfants. Il haussa les épaules Sûrement que, vu que je suis son seul enfant et que mes cousins et compagnie sont tous posés, elle se sent mise de côté. En vrai, il s'en fichait un peu de la raison et il n'avait pas envie de perdre de l'énergie à chercher inutilement à la comprendre. Et toi ? Ajouta-t-il à la hâte quand il se rappela que chercher à en savoir plus sur les autres, ça donnait bon genre, même quand il se fichait de la réponse.
Cinaed prit un des verres restant sur la table avant de le lever et le faire tinter contre celui de l'autre. Il rendit un regard tout aussi pétillant à l'autre et, sans relever encore une fois que l'autre avait subit une vraie embuscade, ronronna un : J'appellerais pas ça un pétrin. Passer la soirée à parler avec un bel homme, en plus quand ce bel homme tournait la conversation sur de l'art ? C'était loin d'être un pétrin : Cinaed n'avait pas eu de rendez-vous si sympa depuis longtemps. Et en plus, il pourrait manger dans un bon restaurant à l'œil, gracieuseté de sa mère. Que demander de plus ?
Il fouilla dans ses poches dès que son verre fut reposé sur la table et en sortit son téléphone qui poussa vers l'autre une fois dans sa galerie. Ouais ! Mais moi, je sculpte. Je sais pas peindre du tout, c'est un truc bien plus compliqué que de faire des croquis et puis vu que mes créations sont en bois et que je ne les peins pas, j'en ai pas besoin. Regarde ! il poussa un peu plus son téléphone vers lui. Les quelques sculptures qui y étaient prises en photo étaient celles qu'il faisait de chez lui, ou qu'il avait faites quand il était encore avec son mentor. A Pré-Au-Lard, impossible de faire fonctionner son téléphone et il ne se baladait pas souvent avec un appareil photo magique. Bon, elles sont un peu vieilles, je peux pas prendre en photo les autres vu que la plupart sont enchantées, en plus, ça fait déconner mon téléphone et la dernière fois je l'ai fait cramer en l'embarquant à la boutique, mais elles sont jolies quand même.
Il lui reprit une des mains, cette fois-ci pour la tourner paume vers le haut avec un roulement d'yeux amusés. La peinture, c'était pas très dur à deviner tu sais ? Quelques secondes à observer ses doigts plus tard, il fronça les sourcils De quel instrument jouais-tu ? Quelque chose à corde ? Il n'avait pas vraiment de corne sur les mains, impossible donc de déterminer s'il jouait de la guitare ou du violon. Et puis même, il avait peut-être arrêté de puis trop longtemps pour garder des vestiges. Ca aurait presque eu le don de le faire bouder de ne pas savoir. C'est déjà un bon niveau de pouvoir les lire. J'ai fait du piano quand j'étais jeune, j'étais un peu obligé mais ça fait tellement longtemps que je n'ai pas joué que je ne me souviens que de quelques comptines... Et je suis presque sûr de ne plus savoir lire une partition alors on est au même niveau ! Il posa à nouveau sa joue dans sa paume ouverte, comme pour soutenir son visage Tu es artiste de profession alors ? Tu exposes quelque part tes peintures ?
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Les mains, parce qu'il savait reconnaître un musicien ou un artiste juste à cela, que ce soit avec un détail évident comme des restes de peinture ou plus discret comme les callosités et rugosités amenées par le travail du bois ou les cordes d'un instrument. Certaines personnes avaient des mains saines et propres et, pourtant, l'ébéniste arrivait à comprendre qu'ils jouaient du piano juste à la forme un peu courbée des doigts. Pour la majorité des gens, les yeux étaient les fenêtres de l'âme mais pour quelqu'un comme Cinaed qui ne savait pas fouiller dans les émotions des gens, les mains parlaient beaucoup plus. En passant de mains fines à des mains larges, chaque personne trahissait ses hobbies et sa personnalité en 10 doigts et deux paumes.
Pour la carrure, la raison était plus simple : Cinaed aimait savoir si son partenaire était plutôt grand ou petit, et à quel point il pouvait faire de bons câlins. Ainsi, il avait déterminé que les hommes plus petits et plus fins que lui avaient du mal à câliner - et Cinaed préférait être celui qui se faisait serrer dans ses bras à huit clos - et que ceux plus grands ou avec une carrure comme la sienne étaient de vrais nounours. C'était idiot, mais c'était important pour l'ébéniste : il était tactile, il ne pouvait pas s'en empêcher. Toujours un bras autour des épaules, des câlins rapides, des touches sur les épaules et j'en passe.
Il lui fallait quelqu'un qui puisse le prendre dans ses bras et le serrer assez fort pour lui rappeler les quelques grosses couvertures de plusieurs kilos que sa mère lui mettait sur le dos en hiver durant sa jeunesse. Quelqu'un pour l'ancrer, aussi, quand il se sentait flotter étrangement et que son cerveau refusait de lâcher prise. Ça n'arrivait pas souvent, mais une fois que c'était installé, ça pouvait durer des jours. Ewan savait faire de super câlins et c'était comme ça que Cinaed avait forgé son premier critère pour ses partenaires.
Les choses qu'il regardait ensuite étaient un peu plus spécifiques et, malheureusement, l'une d'elles était cachée par le fait que son rendez-vous était assit. Eh bien, ce n'était pas très grave : il finirait par se lever un jour et Cinaed n'était pas le genre d'homme à rater une opportunité.
Cinaed cligna plusieurs fois des yeux quand l'autre prit la parole avant de se racler la gorge et de se reprendre. Eh bien, on pouvait ajouter la voix à ses critères "comment rendre un homme à boucle d'oreilles encore plus sexy". Cinaed avait rencontré des gens à la voix nasillarde, ou d'autres qui forçait pour se donner un timbre différent et il aimait beaucoup mieux les personnes qui, comme Magnus, avait une voix aussi riche que chaude. Il y avait des voix comme ça que vous aviez envie d'écouter, et qui vous donnait l'impression d'être roulé dans du coton. Qu'importe la voix, Cinaed aimait écouter les gens parler d'art, ou d'alcool, mais une belle voix pouvait lui parler de mode ou de Quidditch qu'il peinerait quand même à l'ignorer.
Il secoua la tête. Nope, ma mère m'a dit de venir ici pour 19h30, je n'ai pas vu Lydia depuis quelques années déjà, on me met dehors quand j'essaie de m'incruster à leur session tasse de thé. Il haussa les épaules Cela dit, c'est pas très intéressant donc j'ai arrêté de m'y fourrer. Pendant quelques années, il avait même eu peur que sa mère décide de le forcer à se fiancer avec Lydia : heureusement, la mère Wallace avait dû avoir pitié pour la jeune femme et ne lui avait pas proposé son bon à rien de fils comme compagnon. Cinaed n'en était pas plus outré que ça : il aurait été aussi triste qu'elle de devoir faire profil bas devant sa mère.
Magnus... murmura-t-il alors que l'autre lui serrait la main comme s'ils venaient de conclure une bonne affaire avant de lui sourire à nouveau. On pourrait penser que sourire autant faisait mal aux joues, mais les lèvres de Cinaed ne se baissaient pas souvent : seule changeait l'inclinaison de son sourire. Quand c'était un sourire normal, l'expression qui était toujours collée sur son visage benêt, il était droit mais quand il s'agissait d'un vrai sourire, il devenait penché sur la gauche. Un ami, c'est bien ce que je me disais : vous ne vous ressemblez pas tant, son nez est assez disgracieux comparé au tien. Cinaed, lui, était plutôt content de son nez : prit seul, il aurait pu être assez laid avec sa petite bosse mais il se mariait bien avec le reste de son visage. C'était pareil pour l'autre, il supposait : il avait un joli visage.
Un rire éclata de ses lèvres quand le pauvre homme avoua qu'il ne s'attendait pas à subir un rendez-vous. Il lui fallut quelques longues secondes pour se calmer, au prix d'un regard noir d'un serveur qui passait par là. Les tables avaient beau être espacée, Cinaed n'était pas un homme à rire tout bas. Merlin, c'est encore pire que moi ! Ma mère me trouve des partenaires inadaptés la plupart du temps mais au moins elle me prévient ! Il secoua la tête comme pour effacer les dernières traces de son fou rire et pencha la tête sur le côté. Délicat ? Pourquoi ? Les gens étaient bien idiots si une telle question les mettait en colère. Il ne s'agissait que d'argent, pas de quoi en faire un plat.
Ma famille est d'un cercle social au dessus, je crois... Après tout, Lydia était surtout une avocate qui travaillait pour des gros clients, alors que sa mère avait des parents qui lui avaient légué juste assez d'argent pour qu'elle n'ait pas besoin de travailler du tout si elle n'avait pas voulu. Au final, elle avait choisi de le faire quand même et s'était mélangée à la branche Wallace qui était tout aussi aisée qu'elle. J'avoue que je me suis pas vraiment renseigné sur elle, mais les Wallace sont une bonne famille. Bien sûr, vu qu'on est pas sang-pur, c'est pas comme les O'Belt ou un truc du genre mais ma mère tient à son statut. Cela dit, et heureusement, elle crâche pas sur les moldus et né-moldus dans la famille éloignée donc je suppose qu'on s'en fiche un peu.
Il haussa à nouveau les épaules, comme pour dire "ça n'a pas d'importance", et c'était le cas : Cinaed n'avait jamais apporté la moindre importance à la place de sa famille dans la société sorcière. Lui, il avait juste été content d'être aisé parce qu'il avait pu avoir tout ce qu'il voulait quand il était jeune mais l'argent l'intéressait à peu près aussi peu que les divagations politiques. Et je devrais pas dire ça, mais moi je suis fauché donc ça t'apportera pas grand chose ! il ria doucement et agita sa main devant lui.
L'argent m'intéresse pas tellement, j'ai pas besoin de plus alors je leur demande pas grand chose à mes parents. Ma mère veut juste vraiment que je me marie et que je fonde une jolie famille, c'est plus correct pour elle, et puis histoire de lui donner des petits enfants. Il haussa les épaules Sûrement que, vu que je suis son seul enfant et que mes cousins et compagnie sont tous posés, elle se sent mise de côté. En vrai, il s'en fichait un peu de la raison et il n'avait pas envie de perdre de l'énergie à chercher inutilement à la comprendre. Et toi ? Ajouta-t-il à la hâte quand il se rappela que chercher à en savoir plus sur les autres, ça donnait bon genre, même quand il se fichait de la réponse.
Cinaed prit un des verres restant sur la table avant de le lever et le faire tinter contre celui de l'autre. Il rendit un regard tout aussi pétillant à l'autre et, sans relever encore une fois que l'autre avait subit une vraie embuscade, ronronna un : J'appellerais pas ça un pétrin. Passer la soirée à parler avec un bel homme, en plus quand ce bel homme tournait la conversation sur de l'art ? C'était loin d'être un pétrin : Cinaed n'avait pas eu de rendez-vous si sympa depuis longtemps. Et en plus, il pourrait manger dans un bon restaurant à l'œil, gracieuseté de sa mère. Que demander de plus ?
Il fouilla dans ses poches dès que son verre fut reposé sur la table et en sortit son téléphone qui poussa vers l'autre une fois dans sa galerie. Ouais ! Mais moi, je sculpte. Je sais pas peindre du tout, c'est un truc bien plus compliqué que de faire des croquis et puis vu que mes créations sont en bois et que je ne les peins pas, j'en ai pas besoin. Regarde ! il poussa un peu plus son téléphone vers lui. Les quelques sculptures qui y étaient prises en photo étaient celles qu'il faisait de chez lui, ou qu'il avait faites quand il était encore avec son mentor. A Pré-Au-Lard, impossible de faire fonctionner son téléphone et il ne se baladait pas souvent avec un appareil photo magique. Bon, elles sont un peu vieilles, je peux pas prendre en photo les autres vu que la plupart sont enchantées, en plus, ça fait déconner mon téléphone et la dernière fois je l'ai fait cramer en l'embarquant à la boutique, mais elles sont jolies quand même.
Il lui reprit une des mains, cette fois-ci pour la tourner paume vers le haut avec un roulement d'yeux amusés. La peinture, c'était pas très dur à deviner tu sais ? Quelques secondes à observer ses doigts plus tard, il fronça les sourcils De quel instrument jouais-tu ? Quelque chose à corde ? Il n'avait pas vraiment de corne sur les mains, impossible donc de déterminer s'il jouait de la guitare ou du violon. Et puis même, il avait peut-être arrêté de puis trop longtemps pour garder des vestiges. Ca aurait presque eu le don de le faire bouder de ne pas savoir. C'est déjà un bon niveau de pouvoir les lire. J'ai fait du piano quand j'étais jeune, j'étais un peu obligé mais ça fait tellement longtemps que je n'ai pas joué que je ne me souviens que de quelques comptines... Et je suis presque sûr de ne plus savoir lire une partition alors on est au même niveau ! Il posa à nouveau sa joue dans sa paume ouverte, comme pour soutenir son visage Tu es artiste de profession alors ? Tu exposes quelque part tes peintures ?
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Un dîner presque parfait
Le cracmol se disait que cette rencontre allait de mal en pis : non seulement Lydia lui avait tendu une embuscade, mais en plus, elle l'avait préparé avec la mère de Cinaed. Il imaginait son amie avec un rire machiavélique, actuellement. Elle connaissait son passif, mais elle savait aussi très bien que la solitude n'était pas la solution adaptée. Il aurait juste préféré se remettre dans le bain tout seul, car le pousser dans l'eau lui avait jeté un sacré froid.
“Tu es... On ne peut plus franc, clairement.”, les goûts étaient tous dans la nature, et son ton n'était pas moqueur - il devinait que Cinaed ne prenait pas sa remarque comme une insulte, mais cela avait clairement un manque d'empathie. “Je trouve que cela donne un caractère particulier à son visage. Cela lui donne des airs de figure grecque, avec son teint olive.”, lui était capable de trouver la beauté partout, il suffisait d'observer et de tirer le meilleur. Cela ne se cantonnait pas qu'à l'apparence, d'ailleurs.
La voix de l'écossais - car il n'y avait aucun moyen qu'avec cet accent, il ne le soit pas - était particulièrement agréable à écouter, mais son rire ne fit qu'attirer le sien. Son interlocuteur était, semblait-il, bon vivant. “La plupart des gens n'aiment pas discuter de leur statut et finance, tout simplement.”, il pouvait le comprendre, mais dans un tel cas, il préférait savoir.
Il l'écouta sans l'interrompre - déjà, parce qu'il était hypnotisé par son timbre grave - mais aussi parce qu'il trouvait ce qu'il disait très intéressant. Lydia avait réussi à percer dans les milieux plus aisés, donc, c'était une bonne nouvelle pour elle. Et apprendre qu'il y avait des moldus dans sa famille le rassura un peu - ce n'était pas un problème que lui seul avait. La remarque sur son propre statut financier le fit rire doucement. Le côté vouloir "époux/maison/enfants" pour son fils était presque adorable à ses yeux : elle voulait probablement le voir "réussir" sauf que sa définition de la réussite n'était pas la même que celle de Cinaed. Ou de la plupart des personnes vivant à ce siècle. Mais la plupart des gens à haut statut ne vivait clairement pas à la même époque que le reste.
“Je crois que cela va te décevoir.”, il prit enfin son verre de vin pour en siroter le contenu, appréciant le goût quelques secondes avant de reprendre. “Je suis de classe moyenne. Mon père aussi, et son père aussi. Plus haut, on retrouve beaucoup de classe ouvrière. Nés-sorciers, pour la plupart, avec quelques moldus ici et là.”, ce n'était probablement pas l'idylle que la famille Wallace attendait, pour sûr! “Ma mère a une famille aisée, mais je n'ai aucun contact avec elle.”, et il n'était toujours pas sûr comment il se sentait à ce propos. Cela faisait tellement longtemps qu'ils ne s'étaient pas parlé que c'était une inconnue à ses yeux.
Le voir sortir un téléphone le surprit, puis le fit sourire. Il en apprenait de plus en plus sur celui avec qui il dînerait, sans même qu'il ait besoin de lui dire : il ne vivait pas dans une ville sorcière, et était suffisamment souvent loin de la magie pour qu'avoir un téléphone soit utile. C'était plus rare qu'on ne le pensât.
Mais ce qui lui plut le plus, c'était de l'entendre parler de sa passion, de le voir s'illuminer sous la joie d'en parler. Personne ne pouvait détester les passionnés, ou alors ce n'était que des personnes qui elles-mêmes n'avaient aucune passion - ce qu'il trouvait terne et triste. Le bois, donc. À sa réflexion sur la perte de son ancien téléphone - ce qu'il ne comprenait que trop bien, que d'aventures pour le sien quand il allait à son travail! -, il souffla un rire tout en commençant à picorer dans le plateau apéritif. C'était un bon mangeur, en bon sportif - et en bon gourmand.
“Je ne compte même plus le nombre de fois où j'ai dû changer de téléphone car je l'avais emmené au Chemin de Traverse par erreur.”, il observa longuement les images. La sculpture était un domaine façon - façonner des choses en partant de rien, sans magie, et en créer une œuvre d'art avait quelque chose de surnaturel. C'était magique dans le sens merveilleux de la chose, un peu comme la peinture et tous les arts créatifs. Qui avait besoin d'une baguette pour faire de belles choses? Clairement pas lui, mais en même temps, cela ne lui servirait à strictement rien. “C'est superbe, vraiment! J'adore la précision des courbes, et là, la pose du vernis qui mets en valeur les striures du bois.”, son ton était jovial, et son sourire était encore une fois solaire. C'est comme s'ils vibraient ensemble des mêmes notes, durant ces quelques instants d'appréciation.
“Ah... Je n'avais pas remarqué à quel point ça avait déteint.”, un nouveau rire, un peu plus gêné. Cette couleur ne seyait pas trop à son costume. “Je jouais de la guitare. Enfin, j'essayais.”, pourtant, il savait qu'il ne fallait qu'apprendre que quatre accords pour faire une musique pop de base. Mais bon, le temps et l'énergie venait souvent à lui manquer. “Le piano m'intimide. Le fait de jouer deux choses différentes des deux mains, déjà, mon cerveau ne comprend pas. Si en plus on rajoute le nombre de touches et les pédales... Mais je suis admiratif de ceux qui en jouent. Et de ceux qui savent jouer de la musique en général, d'ailleurs.”, sauf les groupes un peu trop "durs" à ses oreilles sensibles.
La question le fit rougir doucement, et rire nerveusement, tout en passant sa main sur sa nuque. Il était embarrassé et flatté à la fois. “Oula, non, pas du tout. Je fabrique mes propres peintures avec des pigments, et je peins, mais je suis loin d'être professionnel.”, il sortit son propre téléphone, qui était beaucoup trop dernier cri pour un sorcier lambda. Il montra quelques-unes de ses œuvres, au milieu de photo de paysages, de la ville, de ses amis et de lui. Cela se voyait qu'il l'utilisait souvent. Apparemment, il avait une passion pour dessiner le ciel - et un certain talent pour refléter parfaitement la lumière dans les objets environnants de la toile. “Je suis juste un amateur. C'est aussi un peu le seul hobby créatif pour lequel j'ai le temps, je sors trop souvent pour mon propre bien.”.
Il s'interrompit seul pour boire et manger à nouveau, zieutant surtout la charcuterie - toute protéine était bonne à prendre, non? Après s'être essuyé les lèvres, il reprit : “Du coup, si j'ai bien compris, tu es sculpteur professionnel? Tu mets quelles sortes d'enchantements sur tes œuvres? Je ne m'y connais pas des masses en sortilèges, j'ai un peu tout oublié en plus de 15 ans!”.
“Tu es... On ne peut plus franc, clairement.”, les goûts étaient tous dans la nature, et son ton n'était pas moqueur - il devinait que Cinaed ne prenait pas sa remarque comme une insulte, mais cela avait clairement un manque d'empathie. “Je trouve que cela donne un caractère particulier à son visage. Cela lui donne des airs de figure grecque, avec son teint olive.”, lui était capable de trouver la beauté partout, il suffisait d'observer et de tirer le meilleur. Cela ne se cantonnait pas qu'à l'apparence, d'ailleurs.
La voix de l'écossais - car il n'y avait aucun moyen qu'avec cet accent, il ne le soit pas - était particulièrement agréable à écouter, mais son rire ne fit qu'attirer le sien. Son interlocuteur était, semblait-il, bon vivant. “La plupart des gens n'aiment pas discuter de leur statut et finance, tout simplement.”, il pouvait le comprendre, mais dans un tel cas, il préférait savoir.
Il l'écouta sans l'interrompre - déjà, parce qu'il était hypnotisé par son timbre grave - mais aussi parce qu'il trouvait ce qu'il disait très intéressant. Lydia avait réussi à percer dans les milieux plus aisés, donc, c'était une bonne nouvelle pour elle. Et apprendre qu'il y avait des moldus dans sa famille le rassura un peu - ce n'était pas un problème que lui seul avait. La remarque sur son propre statut financier le fit rire doucement. Le côté vouloir "époux/maison/enfants" pour son fils était presque adorable à ses yeux : elle voulait probablement le voir "réussir" sauf que sa définition de la réussite n'était pas la même que celle de Cinaed. Ou de la plupart des personnes vivant à ce siècle. Mais la plupart des gens à haut statut ne vivait clairement pas à la même époque que le reste.
“Je crois que cela va te décevoir.”, il prit enfin son verre de vin pour en siroter le contenu, appréciant le goût quelques secondes avant de reprendre. “Je suis de classe moyenne. Mon père aussi, et son père aussi. Plus haut, on retrouve beaucoup de classe ouvrière. Nés-sorciers, pour la plupart, avec quelques moldus ici et là.”, ce n'était probablement pas l'idylle que la famille Wallace attendait, pour sûr! “Ma mère a une famille aisée, mais je n'ai aucun contact avec elle.”, et il n'était toujours pas sûr comment il se sentait à ce propos. Cela faisait tellement longtemps qu'ils ne s'étaient pas parlé que c'était une inconnue à ses yeux.
Le voir sortir un téléphone le surprit, puis le fit sourire. Il en apprenait de plus en plus sur celui avec qui il dînerait, sans même qu'il ait besoin de lui dire : il ne vivait pas dans une ville sorcière, et était suffisamment souvent loin de la magie pour qu'avoir un téléphone soit utile. C'était plus rare qu'on ne le pensât.
Mais ce qui lui plut le plus, c'était de l'entendre parler de sa passion, de le voir s'illuminer sous la joie d'en parler. Personne ne pouvait détester les passionnés, ou alors ce n'était que des personnes qui elles-mêmes n'avaient aucune passion - ce qu'il trouvait terne et triste. Le bois, donc. À sa réflexion sur la perte de son ancien téléphone - ce qu'il ne comprenait que trop bien, que d'aventures pour le sien quand il allait à son travail! -, il souffla un rire tout en commençant à picorer dans le plateau apéritif. C'était un bon mangeur, en bon sportif - et en bon gourmand.
“Je ne compte même plus le nombre de fois où j'ai dû changer de téléphone car je l'avais emmené au Chemin de Traverse par erreur.”, il observa longuement les images. La sculpture était un domaine façon - façonner des choses en partant de rien, sans magie, et en créer une œuvre d'art avait quelque chose de surnaturel. C'était magique dans le sens merveilleux de la chose, un peu comme la peinture et tous les arts créatifs. Qui avait besoin d'une baguette pour faire de belles choses? Clairement pas lui, mais en même temps, cela ne lui servirait à strictement rien. “C'est superbe, vraiment! J'adore la précision des courbes, et là, la pose du vernis qui mets en valeur les striures du bois.”, son ton était jovial, et son sourire était encore une fois solaire. C'est comme s'ils vibraient ensemble des mêmes notes, durant ces quelques instants d'appréciation.
“Ah... Je n'avais pas remarqué à quel point ça avait déteint.”, un nouveau rire, un peu plus gêné. Cette couleur ne seyait pas trop à son costume. “Je jouais de la guitare. Enfin, j'essayais.”, pourtant, il savait qu'il ne fallait qu'apprendre que quatre accords pour faire une musique pop de base. Mais bon, le temps et l'énergie venait souvent à lui manquer. “Le piano m'intimide. Le fait de jouer deux choses différentes des deux mains, déjà, mon cerveau ne comprend pas. Si en plus on rajoute le nombre de touches et les pédales... Mais je suis admiratif de ceux qui en jouent. Et de ceux qui savent jouer de la musique en général, d'ailleurs.”, sauf les groupes un peu trop "durs" à ses oreilles sensibles.
La question le fit rougir doucement, et rire nerveusement, tout en passant sa main sur sa nuque. Il était embarrassé et flatté à la fois. “Oula, non, pas du tout. Je fabrique mes propres peintures avec des pigments, et je peins, mais je suis loin d'être professionnel.”, il sortit son propre téléphone, qui était beaucoup trop dernier cri pour un sorcier lambda. Il montra quelques-unes de ses œuvres, au milieu de photo de paysages, de la ville, de ses amis et de lui. Cela se voyait qu'il l'utilisait souvent. Apparemment, il avait une passion pour dessiner le ciel - et un certain talent pour refléter parfaitement la lumière dans les objets environnants de la toile. “Je suis juste un amateur. C'est aussi un peu le seul hobby créatif pour lequel j'ai le temps, je sors trop souvent pour mon propre bien.”.
Il s'interrompit seul pour boire et manger à nouveau, zieutant surtout la charcuterie - toute protéine était bonne à prendre, non? Après s'être essuyé les lèvres, il reprit : “Du coup, si j'ai bien compris, tu es sculpteur professionnel? Tu mets quelles sortes d'enchantements sur tes œuvres? Je ne m'y connais pas des masses en sortilèges, j'ai un peu tout oublié en plus de 15 ans!”.
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Dernière modification par Magnus Wismer le 21 janv. 2025, 20:41, modifié 2 fois.
Un dîner presque parfait
Il pencha la tête sur le côté à la première remarque. Franc, oui il l'était : mais n'était-ce pas comme ça que tout le monde était censé se comporter ? Il n'arrivait pas à savoir si l'autre essayait de le critiquer ou au contraire de lui faire un compliment alors dans le doute, il sourit à nouveau et hocha joyeusement la tête en prenant une longue gorgée de son vin. S'il avait été amateur de cet alcool, il aurait sûrement énormément apprécié le choix de l'autre mais dans la situation actuelle, il se contentait simplement d'apprécier son verre comme il aurait apprécié un verre de piquette. Evidemment, il était obligé d'avouer que le vin ne piquait pas et ne lui donnait pas de remontées acides mais son expertise s'arrêtait là.
Je le suis, il n'y a aucun réel intérêt à mentir. Cinaed disait ce qu'il pensait quand il le pensait sans s'inquiéter de mettre des formes ou de transformer la vérité : ça ne plaisait clairement pas à tout le monde mais après pratiquement 40 ans de vie, il doutait que son habitude change un jour. Peut-être que c'était parce qu'il avait toujours été privilégié ou qu'il ne comprenait pas les conventions sociales ou les émotions des gens mais il n'avait jamais trouvé utile de mentir. Pire, il n'avait jamais su le faire ou le comprendre. Pourquoi mentir quand vous vous fichiez de l'avis des autres, la plupart du temps ? Et quand Cinaed ne se fichait pas de la personne en face, il trouvait naturel de dire la vérité à des personnes à qui on tenait. En somme, il n'y avait jamais de raison de mentir et ceux qui le faisaient étaient des énigmes pour Cinaed qu'il était bien trop paresseux pour essayer de les décoder.
As-tu déjà été en Grèce ? Je ne connais pas les standard de beauté de ce pays là il haussa les épaules avec un sourire et se frotta la nuque J'ai du mal à utiliser internet sur mon téléphone et ça ne m'intéresse pas vraiment de me renseigner dessus. Mais j'ai eu un client à ma boutique qui avait une jolie beau sombre alors je comprend l'attrait pour des beautés un peu étrangères.
Il haussa à nouveau les épaules à sa remarques sur le statut financier : Cinaed n'était pas comme tous les autres hommes et parfois c'était une bonne chose. Sur l'argent, pas exemple, on le lui disait souvent. Ewan aimait cette partie de lui qui se fichait des classes sociales même si le fait d'avoir vu l'ébéniste dégager tout son héritage alors que lui n'aurait jamais pu en avoir la moitié, l'avait souvent énervé. Cependant, quand Magnus recommença à parler, Cinaed fut sincèrement surpris. Les yeux ronds comme ceux d'un hibou, il pencha la tête sur le côté en attendant - patiemment pour une fois - que l'autre finisse sa phrase. Pourquoi ça me décevrait ? Il cligna quelques fois des yeux, toujours sans comprendre avant d'ajouter : Mon frère... mon associé est lui aussi d'une famille simple, devrais-je y voir un soucis ? Il fredonna tranquillement En fait, c'est agréable de pouvoir parler d'autre chose que d'argent et de statut politique !
Baissant les yeux sur la charcuterie, il se souvint soudainement qu'il n'avait pas mangé de la journée. Son ventre gronda de manière sonore alors qu'il tendait la main pour enfourner quelques tranches de viande. Si le quarantenaire était pratiquement un enfant qui avait du mal à ajouter des légumes à son alimentation quand on ne l'y encourageait pas, il adorait manger de la viande. Il piocha également un bout de fromage, ronronnant quand il fondit à moitié sur sa langue avant de reprendre la parole. Pourquoi n'as-tu pas de contact avec la famille de ta mère ? S'il en parlait en premier c'était parce qu'il était à l'aise avec ça, n'est-ce pas ? Il ne devait donc y avoir aucun mal à demander des précisions. Lui-même avait bloqué contact avec ses parents pendant quelques années alors qui était-il pour juger si les autres faisaient pareil ?
Un autre rire retentissant se fit entendre alors qu'il hochait rapidement la tête : il était trop facile d'oublier un téléphone dans une poche de jean alors qu'il allait à la boutique. Quand j'étais plus jeune, je vivais avec Ewan - mon associé - et il avait un micro-onde et même un écran.. une télé ! Et je n'avais jamais vu ça avant, je crois que c'est toujours mon invention moldue préférée. Mais quand j'utilisais trop de magie à l'appartement, il me grondait parce que le micro-onde grésillait, parfois même il ne fonctionnait plus du tout. Il se figea au compliment, sentant le bout de ses oreilles rougir sous la joie intense qui lui prit les tripes.
Tous les compliments du monde n'étaient rien à côté d'un compliment sur son travail, surtout avec un visage aussi émerveillé qu'avait l'autre. Il crispa les doigts sur son téléphone histoire de s'empêcher de les balancer dans tous les sens et mordit sa lèvre inférieure. Sa réponse habituelle était un mélange de "Evidemment, c'est mon travail" et d'informations random sur le bois. Cependant, et comme il parlait à un artiste, le compliment résonnait plus fort et il se contenta d'un doux : Merci, Magnus avant de ranger à nouveau son téléphone pour se concentrer sur l'autre. Il était, se rendit-il compte, intimidé. Et c'était bizarre : il avait toujours tendance à recevoir les compliments avec un certain ego. Ce n'était pas mauvais : tout le monde devait avoir confiance en ses capacités mais là, quand on lui faisait un compliment avec les yeux pétillants et les mains tachées de peinture, ça le rendait toute chose ?
J'aime les mains colorées, le bleu te va bien. Tu n'as jamais voulu te mettre du vernis ? Ma filleule m'en a mis pour le.. bal qu'il y a eu pour le nouvel an à Godric's Hollow. Il tendit ses mains devant lui, boudant à l'idée de n'avoir plus aucun reste de couleur. J'ai bien aimé ça mais comme je sculpte beaucoup, ce n'est pas resté très longtemps. Et la vérité était qu'il avait totalement oublié sa résolution d'en mettre plus souvent. Il devrait demander à Avaleen d'embarquer ses petits pots à vernis la prochaine fois qu'il la garderait.
Il pencha la tête avec un sourire amusé La guitare va bien avec ton style. Tu n'avais plus le temps de jouer ou ça ne t'intéressait plus ? Il avait tout un tas de contacts et il devait donc avoir quelques luthiers dans son carnet d'adresse. C'était peut-être une importation qui serait intéressante pour l'autre : peut-être qu'il avait arrêté par manque de bon matériel ? On avait toujours plus envie de jouer quand on avait un bel instrument : enfant, il détestait jouer du piano synthétique quand il changeait de professeur. Déjà qu'il n'aimait pas énormément jouer, si ce n'était pas sur le beau piano à queue familial, il refusait catégoriquement de travailler ses exercices.
Tu fais quelque chose de manuel en peignant donc tu dois déjà avoir plus de dextérité que la moyenne. Le reste s'apprend petit à petit, même si plus on vieillit, plus c'est dur de prendre les réflexes. Enfin, tu n'as pas l'air bien vieux, sûrement plus jeune que moi d'ailleurs donc si tu le voulais, tu pourrais apprendre. Après tout, on pouvait tout apprendre à n'importe quel âge si on avait la santé et la volonté. Ah, et l'argent, évidemment.
Il fredonna tranquillement quand l'autre expliqua, globalement, que la peinture n'était qu'un hobby. Il l'acceptait sans mal même sans le comprendre : la sculpture était tellement tout son monde qu'il n'aurait jamais pu se contenter de la travailler sur son temps libre. Il lui semblait que l'art transcendait tout le reste et qu'il était impossible de faire autre chose quand on commençait à se passionner pour une de ses disciplines. Le monde lui prouvait souvent qu'il avait tort, et comme il l'avait dit à Eileen il y a quelques mois : c'était bien d'avoir des hobbies qui, parfois, pouvaient être plus importants que le travail que l'on faisait. Cinaed imaginait simplement qu'il y avait des gens qui ne pouvaient prendre du plaisir à l'art que quand ils n'en dépendaient pas ou n'avaient aucune obligation de créer. Ou peut-être que Magnus n'avait juste jamais eu la chance de se lancer. Qui sait ? Les gens avaient tellement d'envies que Cinaed ne comprenait pas.
Est-ce que créer des peintures est difficile ?demanda-t-il alors qu'il se penchait un peu sur la table pour mieux observer l'écran de l'autre. Son téléphone était bien différent de celui de l'ébéniste. Cinaed avait un truc fonctionnel mais vieux : comme un peu tout ce qu'il possédait, mais Magnus avait un vrai bon téléphone. Il devait sûrement l'utiliser bien plus souvent. Travaillait il dans le monde moldu ? Cinaed n'avait jamais vu un sorcier travailler chez les moldus mais ça devait exister, sûrement. Cinaed avait les yeux pétillants alors que ses yeux fixait les différentes photos, comme s'il pouvait se précipiter à l'intérieur des petites scènes figées et vivre la vie de l'autre à travers cela. Il adorait les photos pour cette raison : c'était comme un petit film de la vie des autres, des souvenirs qu'on pouvait observer sans pensine.
Un soupir fasciné lui échappa alors qu'il fixait ses peintures, du ciel à toutes les petites lumières de la toile. Il n'avait jamais particulièrement aimé aller dans des musées d'art parce qu'il manquait, à ses yeux, quelque chose d'important : l'artiste derrière la peinture et la joie infinie que les artistes ressentaient à l'idée de montrer leur travail. Les peintures des musées étaient bien tristes en comparaisons des photos que l'autre montrait. C'est beau souffla-t-il avec un sourire entièrement sincère. Et vivant. Tu as créé toutes les nuances toi-même ? Il leva les yeux sur l'autre. Fêtard ou travailleur ? Je sors aussi beaucoup, mais comme je sculpte toute la journée, je n'ai jamais eu à m'embêter de savoir si j'aurais assez de temps. Je n'ai pas vraiment d'autre hobbies que mon travail.
Il hocha rapidement la tête, toute énergie nerveuse à l'idée de parler de sa passion retrouvée. Oui ! J'ai une boutique à Pré-au-Lard, tu devrais venir un jour ! Je pourrais te montrer plus de mes sculptures ! Niveau sortilèges, un peu de tout ! Je peux enchanter n'importe quoi. dit-il avec fierté avant de continuer à parler en faisant de grands gestes Récemment, enfin pas trop, on m'a fait une commande d'un vaisselier par exemple et Brennen voulait des plantes rampantes alors il a fallut protéger le bois avec des enchantements et pareil pour faire grandir le lierre et l'y coller. Sinon, je peux aussi faire flotter, bouger mes sculptures ou imprégner des runes pour des sorts de protection, de chaleur ou des lumos... Ou juste protéger les objets, agrandir des tiroirs..
Il ria doucement en se frottant à nouveau la nuque Si j'avais su qu'on pourrait en discuter, j'aurais prit un de mes carnets ! Mais je les ai laissé à la boutique, je m'attendais un peu à un diner rapide et ennuyant... J'y serais retourné juste après, enfin pas pour très longtemps, les samedi de sorties de Poudlard sont toujours fatigants alors je repars la plupart du temps avant deux ou trois heures du matin.
Les yeux pétillants, il posa plusieurs nouvelles questions à l'autre et, pour une fois, les réponses l'intéressaient vraiment. Papoter avec des artistes, ça rendait tout plus intéressant. Et toi ? Dans quoi est-ce que tu travailles ? Est-ce que c'est dans le monde moldu ? Il ria doucement en se rappelant la remarque de l'autre sur les sortilèges et se dépêcha d'ajouter, avant que l'autre ne commence à parler : Je comprend, si tu ne les utilise pas tu n'as pas de raison de te bourrer le crâne avec ça. Moi je serais bien idiot si on me posait dans une serre de botanique par exemple ! Tu as quitté Poudlard il y a 15 ans alors ? Mon départ doit remonter un peu plus.... d'un peu plus de 20 ans normalement.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Je le suis, il n'y a aucun réel intérêt à mentir. Cinaed disait ce qu'il pensait quand il le pensait sans s'inquiéter de mettre des formes ou de transformer la vérité : ça ne plaisait clairement pas à tout le monde mais après pratiquement 40 ans de vie, il doutait que son habitude change un jour. Peut-être que c'était parce qu'il avait toujours été privilégié ou qu'il ne comprenait pas les conventions sociales ou les émotions des gens mais il n'avait jamais trouvé utile de mentir. Pire, il n'avait jamais su le faire ou le comprendre. Pourquoi mentir quand vous vous fichiez de l'avis des autres, la plupart du temps ? Et quand Cinaed ne se fichait pas de la personne en face, il trouvait naturel de dire la vérité à des personnes à qui on tenait. En somme, il n'y avait jamais de raison de mentir et ceux qui le faisaient étaient des énigmes pour Cinaed qu'il était bien trop paresseux pour essayer de les décoder.
As-tu déjà été en Grèce ? Je ne connais pas les standard de beauté de ce pays là il haussa les épaules avec un sourire et se frotta la nuque J'ai du mal à utiliser internet sur mon téléphone et ça ne m'intéresse pas vraiment de me renseigner dessus. Mais j'ai eu un client à ma boutique qui avait une jolie beau sombre alors je comprend l'attrait pour des beautés un peu étrangères.
Il haussa à nouveau les épaules à sa remarques sur le statut financier : Cinaed n'était pas comme tous les autres hommes et parfois c'était une bonne chose. Sur l'argent, pas exemple, on le lui disait souvent. Ewan aimait cette partie de lui qui se fichait des classes sociales même si le fait d'avoir vu l'ébéniste dégager tout son héritage alors que lui n'aurait jamais pu en avoir la moitié, l'avait souvent énervé. Cependant, quand Magnus recommença à parler, Cinaed fut sincèrement surpris. Les yeux ronds comme ceux d'un hibou, il pencha la tête sur le côté en attendant - patiemment pour une fois - que l'autre finisse sa phrase. Pourquoi ça me décevrait ? Il cligna quelques fois des yeux, toujours sans comprendre avant d'ajouter : Mon frère... mon associé est lui aussi d'une famille simple, devrais-je y voir un soucis ? Il fredonna tranquillement En fait, c'est agréable de pouvoir parler d'autre chose que d'argent et de statut politique !
Baissant les yeux sur la charcuterie, il se souvint soudainement qu'il n'avait pas mangé de la journée. Son ventre gronda de manière sonore alors qu'il tendait la main pour enfourner quelques tranches de viande. Si le quarantenaire était pratiquement un enfant qui avait du mal à ajouter des légumes à son alimentation quand on ne l'y encourageait pas, il adorait manger de la viande. Il piocha également un bout de fromage, ronronnant quand il fondit à moitié sur sa langue avant de reprendre la parole. Pourquoi n'as-tu pas de contact avec la famille de ta mère ? S'il en parlait en premier c'était parce qu'il était à l'aise avec ça, n'est-ce pas ? Il ne devait donc y avoir aucun mal à demander des précisions. Lui-même avait bloqué contact avec ses parents pendant quelques années alors qui était-il pour juger si les autres faisaient pareil ?
Un autre rire retentissant se fit entendre alors qu'il hochait rapidement la tête : il était trop facile d'oublier un téléphone dans une poche de jean alors qu'il allait à la boutique. Quand j'étais plus jeune, je vivais avec Ewan - mon associé - et il avait un micro-onde et même un écran.. une télé ! Et je n'avais jamais vu ça avant, je crois que c'est toujours mon invention moldue préférée. Mais quand j'utilisais trop de magie à l'appartement, il me grondait parce que le micro-onde grésillait, parfois même il ne fonctionnait plus du tout. Il se figea au compliment, sentant le bout de ses oreilles rougir sous la joie intense qui lui prit les tripes.
Tous les compliments du monde n'étaient rien à côté d'un compliment sur son travail, surtout avec un visage aussi émerveillé qu'avait l'autre. Il crispa les doigts sur son téléphone histoire de s'empêcher de les balancer dans tous les sens et mordit sa lèvre inférieure. Sa réponse habituelle était un mélange de "Evidemment, c'est mon travail" et d'informations random sur le bois. Cependant, et comme il parlait à un artiste, le compliment résonnait plus fort et il se contenta d'un doux : Merci, Magnus avant de ranger à nouveau son téléphone pour se concentrer sur l'autre. Il était, se rendit-il compte, intimidé. Et c'était bizarre : il avait toujours tendance à recevoir les compliments avec un certain ego. Ce n'était pas mauvais : tout le monde devait avoir confiance en ses capacités mais là, quand on lui faisait un compliment avec les yeux pétillants et les mains tachées de peinture, ça le rendait toute chose ?
J'aime les mains colorées, le bleu te va bien. Tu n'as jamais voulu te mettre du vernis ? Ma filleule m'en a mis pour le.. bal qu'il y a eu pour le nouvel an à Godric's Hollow. Il tendit ses mains devant lui, boudant à l'idée de n'avoir plus aucun reste de couleur. J'ai bien aimé ça mais comme je sculpte beaucoup, ce n'est pas resté très longtemps. Et la vérité était qu'il avait totalement oublié sa résolution d'en mettre plus souvent. Il devrait demander à Avaleen d'embarquer ses petits pots à vernis la prochaine fois qu'il la garderait.
Il pencha la tête avec un sourire amusé La guitare va bien avec ton style. Tu n'avais plus le temps de jouer ou ça ne t'intéressait plus ? Il avait tout un tas de contacts et il devait donc avoir quelques luthiers dans son carnet d'adresse. C'était peut-être une importation qui serait intéressante pour l'autre : peut-être qu'il avait arrêté par manque de bon matériel ? On avait toujours plus envie de jouer quand on avait un bel instrument : enfant, il détestait jouer du piano synthétique quand il changeait de professeur. Déjà qu'il n'aimait pas énormément jouer, si ce n'était pas sur le beau piano à queue familial, il refusait catégoriquement de travailler ses exercices.
Tu fais quelque chose de manuel en peignant donc tu dois déjà avoir plus de dextérité que la moyenne. Le reste s'apprend petit à petit, même si plus on vieillit, plus c'est dur de prendre les réflexes. Enfin, tu n'as pas l'air bien vieux, sûrement plus jeune que moi d'ailleurs donc si tu le voulais, tu pourrais apprendre. Après tout, on pouvait tout apprendre à n'importe quel âge si on avait la santé et la volonté. Ah, et l'argent, évidemment.
Il fredonna tranquillement quand l'autre expliqua, globalement, que la peinture n'était qu'un hobby. Il l'acceptait sans mal même sans le comprendre : la sculpture était tellement tout son monde qu'il n'aurait jamais pu se contenter de la travailler sur son temps libre. Il lui semblait que l'art transcendait tout le reste et qu'il était impossible de faire autre chose quand on commençait à se passionner pour une de ses disciplines. Le monde lui prouvait souvent qu'il avait tort, et comme il l'avait dit à Eileen il y a quelques mois : c'était bien d'avoir des hobbies qui, parfois, pouvaient être plus importants que le travail que l'on faisait. Cinaed imaginait simplement qu'il y avait des gens qui ne pouvaient prendre du plaisir à l'art que quand ils n'en dépendaient pas ou n'avaient aucune obligation de créer. Ou peut-être que Magnus n'avait juste jamais eu la chance de se lancer. Qui sait ? Les gens avaient tellement d'envies que Cinaed ne comprenait pas.
Est-ce que créer des peintures est difficile ?demanda-t-il alors qu'il se penchait un peu sur la table pour mieux observer l'écran de l'autre. Son téléphone était bien différent de celui de l'ébéniste. Cinaed avait un truc fonctionnel mais vieux : comme un peu tout ce qu'il possédait, mais Magnus avait un vrai bon téléphone. Il devait sûrement l'utiliser bien plus souvent. Travaillait il dans le monde moldu ? Cinaed n'avait jamais vu un sorcier travailler chez les moldus mais ça devait exister, sûrement. Cinaed avait les yeux pétillants alors que ses yeux fixait les différentes photos, comme s'il pouvait se précipiter à l'intérieur des petites scènes figées et vivre la vie de l'autre à travers cela. Il adorait les photos pour cette raison : c'était comme un petit film de la vie des autres, des souvenirs qu'on pouvait observer sans pensine.
Un soupir fasciné lui échappa alors qu'il fixait ses peintures, du ciel à toutes les petites lumières de la toile. Il n'avait jamais particulièrement aimé aller dans des musées d'art parce qu'il manquait, à ses yeux, quelque chose d'important : l'artiste derrière la peinture et la joie infinie que les artistes ressentaient à l'idée de montrer leur travail. Les peintures des musées étaient bien tristes en comparaisons des photos que l'autre montrait. C'est beau souffla-t-il avec un sourire entièrement sincère. Et vivant. Tu as créé toutes les nuances toi-même ? Il leva les yeux sur l'autre. Fêtard ou travailleur ? Je sors aussi beaucoup, mais comme je sculpte toute la journée, je n'ai jamais eu à m'embêter de savoir si j'aurais assez de temps. Je n'ai pas vraiment d'autre hobbies que mon travail.
Il hocha rapidement la tête, toute énergie nerveuse à l'idée de parler de sa passion retrouvée. Oui ! J'ai une boutique à Pré-au-Lard, tu devrais venir un jour ! Je pourrais te montrer plus de mes sculptures ! Niveau sortilèges, un peu de tout ! Je peux enchanter n'importe quoi. dit-il avec fierté avant de continuer à parler en faisant de grands gestes Récemment, enfin pas trop, on m'a fait une commande d'un vaisselier par exemple et Brennen voulait des plantes rampantes alors il a fallut protéger le bois avec des enchantements et pareil pour faire grandir le lierre et l'y coller. Sinon, je peux aussi faire flotter, bouger mes sculptures ou imprégner des runes pour des sorts de protection, de chaleur ou des lumos... Ou juste protéger les objets, agrandir des tiroirs..
Il ria doucement en se frottant à nouveau la nuque Si j'avais su qu'on pourrait en discuter, j'aurais prit un de mes carnets ! Mais je les ai laissé à la boutique, je m'attendais un peu à un diner rapide et ennuyant... J'y serais retourné juste après, enfin pas pour très longtemps, les samedi de sorties de Poudlard sont toujours fatigants alors je repars la plupart du temps avant deux ou trois heures du matin.
Les yeux pétillants, il posa plusieurs nouvelles questions à l'autre et, pour une fois, les réponses l'intéressaient vraiment. Papoter avec des artistes, ça rendait tout plus intéressant. Et toi ? Dans quoi est-ce que tu travailles ? Est-ce que c'est dans le monde moldu ? Il ria doucement en se rappelant la remarque de l'autre sur les sortilèges et se dépêcha d'ajouter, avant que l'autre ne commence à parler : Je comprend, si tu ne les utilise pas tu n'as pas de raison de te bourrer le crâne avec ça. Moi je serais bien idiot si on me posait dans une serre de botanique par exemple ! Tu as quitté Poudlard il y a 15 ans alors ? Mon départ doit remonter un peu plus.... d'un peu plus de 20 ans normalement.
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Un dîner presque parfait
Au moins, il ne cachait pas sa franchise derrière des excuses plates et fausses ; Cinaed ne semblait même pas imaginer être autrement. Cela le faisait sourire, même si le cracmol restait sur ses gardes - cela pouvait aussi signifier encore une fois qu'il manquait de ce que lui avait trop : de l'empathie. Peut-être pourrait-il lui apprendre la différence entre franchise et honnêteté, s'ils s'entendaient bien. Bon, peut-être que l'autre s'en fichait, aussi. Ce qui était tout à son honneur, même s'il fallait s'attendre à ce que Magnus le reprenne sans gêne quand il allait trop loin. Pourquoi imaginait-il devenir ami avec lui? Peut-être était-ce l'impression que l'autre lui donnait, ou une intuition plus profonde. Il serra l'une de ses bagues, regrettant de ne pas avoir mis sa préférée qui était ornée d'une aventurine verte.
“Oui, j'ai pas mal voyager en Europe.”, il n'allait pas préciser que ce n'était que pas des moyens low cost, “Plus qu'un standard, c'est plutôt la génétique : les figures antiques ont souvent des nez aquilins, un peu comme le tien d'ailleurs. J'apprécie la différence par rapport aux standards "normaux".”, après une courte pause pour écouter son partenaire de soirée, il sourit avec franchise, “J'ai un attrait pour la beauté en général. Déformation artistique, je pense.”. S'il y avait une prochaine fois, il lui montrerait des photos de vase antique et de représentations d'antan sur son téléphone. Heureusement qu'il ne commençait pas à parler culture, et mythologie, car sinon on perdrait le brun pendant au moins une heure - et il n'était pas sûr que l'autre veuille un cours magistral sur les dieux grecs et leurs travers.
L'expression de Cinaed faillit le faire rire, mais plutôt que de le montrer, il cacha son sourire derrière sa main, discrètement. Il était tellement expressif, comme un livre ouvert. C'était rafraîchissant! “Oh, je suis désolé si je t'ai vexé, ce n'était pas le but.”, c'était difficile de dire qu'il avait certains préjugés concernant ceux d'un statut plus élevé que le sien, “C'est juste que je doute que ce soit ce que ta mère attendait de ce... rendez-vous.”. Il avait toujours du mal à admettre que c'en était bien un. Il n'en revenait toujours pas lui-même, en fait. Mais quand il regardait Cinaed, visiblement bon vivant, son agitation s'apaisait un peu. "Ça aurait pu être bien pire", pensa-t-il.
La question un tantinet indiscrète le fit presque s'étouffer avec la gorgée de vin qu'il venait de prendre. Il toussa dans sa serviette avant de s'éclaircir la gorge, visiblement plus mal à l'aise. Est-ce qu'il savait? Est-ce qu'il ne savait pas? “Généralement, les gens ne posent pas plus de questions. C'est vu comme un peu impoli de s'immiscer comme ça dans la vie très personnelle de quelqu'un.”, il n'avait pas un ton moralisateur, mais plutôt doux. Il préfère expliquer que s'offusquer. “Je ne suis plus connecté aux Appleton depuis bien longtemps. C'était son choix à elle.”. Il préféra ne pas préciser que le contact s'est arrêté quand il avait à peine neuf ans. Le regard de sa mère, à l'époque, semblait indélébile dans sa mémoire. Il secoua un peu ses épaules comme pour se débarrasser de la sensation désagréable que cela lui laissait encore aujourd'hui quand il y pensait.
“Ah, j'ai tellement peur quand j'invite des gens chez moi. En général, je demande à ce qu'on laisse la baguette à l'entrée. Je tiens trop à mon électricité et ma télévision, surtout vu le prix!”, en même temps, c'était lui qui avait choisi d'avoir un super écran, grand et de qualité. Un truc qu'il ne reprochait pas aux moldus : certaines de leur technologie. Et de leurs séries et films, aussi, même si ceux sur la magie le faisaient beaucoup rire.
Heureusement, il fut bien déconcentré face à un Cinaed très visiblement ravi. Voir sa peau prendre une teinte plus rosée le fit sourire avec un peu plus de malice, mais ce fut rapidement remplacé par une véritable joie de faire naître ce genre de réaction chez quelqu'un. Il ne réalisait pas souvent l'impact qu'il pouvait avoir sur les autres, donc il faisait attention. Mais là... Ah, il trouvait cela adorable, cette petite voix, ce mordillement. "Non, Magnus,", s'admonesta-t-il, "N'y pense même pas.". Il le trouvait vraiment séduisant, à son grand dam. Encore plus quand il arrivait à le faire rougir, apparemment.
“J'aime bien m'en mettre, de temps en temps, mais ce n'est pas très... C'est un peu compliqué, avec mon travail.”, il chercha une façon de l'expliquer simplement sans insulter qui que ce soit, ce qui était plus difficile que prévu, “Certaines personnes portent des jugements sur les hommes qui se vernissent les ongles, et ça les rends moins coopératifs. Hors la communication est clé dans mon travail.”. C'était une bien belle façon de dire "Certains sont cons et butés". Il ne pouvait pas mettre tous les bijoux qu'il aimait normalement porter, lorsqu'il travaillait. Enfin, il les mettait et les enlevait pour ses rendez-vous.
“Manque de temps, malheureusement.”, sa moue fut un peu boudeuse, parce qu'il aurait adoré pouvoir continuer. Mais pour cela, il fallait soit qu'il travaille moins, soit qu'il voit moins ses proches. Et il ne comptait pas couper quoique ce soit de si-tôt. “Oh, ma dextérité se limite à la peinture et le sport que je pratique. Et encore, pour ce dernier, ce n'est pas tant de la dextérité que de l'agilité.”, il souffla un rire chaud, parce que la boxe était effectivement loin des gestes précis qu'il devait avoir quand il peignait. “Je suis curieux, quel âge as-tu?”, il s'imaginait qu'il avait la petite ou mi-trentaine, mais pas plus.
La question sur son hobby, qui restait une grande passion, le fit sourire chaleureusement. Ses yeux s'éclairèrent, son visage avec. Il avait tout de la personne qui aurait aimé vivre plus s'il avait pu. Hélas, on ne vivait pas d'amour et d'eau fraîche. “N'importe qui peut peindre, mais il y a énormément de techniques et de mouvements différents. Le plus dur, c'est de se créer un style propre à soi, et de réussir à le reproduire. Mais une fois qu'on a le coup de main, c'est juste tellement fluide!”, il avait une tendance à se balancer un petit peu de gauche à droite quand il était particulièrement heureux de parler de quelque chose. Ce qui arrivait plus souvent qu'il ne voudrait bien l'admettre. “Ce doit être similaire pour le travail du bois, non? Qu'une fois que l'on a trouvé sa technique, tout est plus simple?”. Il n'y connaissait tellement rien qu'il était prêt à écouter Cinaed en parler pendant des heures durant. Le fait qu'il trouvait l'homme bourru très charmant et que sa voix faisait vibrer quelque chose en lui n'était qu'un gros, gros bonus.
“Merci!”, il lui offrit un joli sourire avant de reprendre son téléphone et de le ranger avec précaution dans sa poche. “Oui, je crée chaque couleur et nuance moi-même. J'ai aussi modifié plein de brosses et de pinceaux pour donner des effets particuliers.”, il était débrouillard sur certains sujets, alors qu'il était tout le contraire dans d'autres. “Je dirais plus que j'apprécie la compagnie des autres, que ce soit en sortie ou au travail. Et je passe trop de temps à ce dernier.”, il ne put s'empêcher de rire, parce qu'il se désespérait tout seul. Il avait besoin, quand il partait, que tout soit parfaitement prêt pour le lendemain. Il détestait devoir remplir et ranger des papiers qui auraient du être fait la veille. D'ailleurs, il avait un contentieux avec un de ses collègues à cause de cela.
Ils durent faire une petite pause dans leur discussion pour commander - et comme l'écossais avait décidé de payer, l'anglais prit la salade la moins chère que le menu pouvait offrir, ce qui restait cher quand même et avec un nom qui ne disait absolument pas ce qu'il allait retrouver dedans. Puis il posa sa joue sur son poing, accoudé à la table, afin d'écouter Cinaed. La façon dont ses yeux se plissaient, l'éclat dans ceux-ci, son sourire, son entrain, cette agitation joyeuse. Ah, la magie de la passion! “C'est tellement impressionnant! Tu en parles comme si c'était facile, mais ça a l'air tellement complexe.”, il se redressa pour partager cette excitation avec lui, se penchant un peu en avant comme pour se connecter de plus près, “Ça a été difficile, tout cet apprentissage? Et ta boutique, tu l'as hérité ou c'est quelque chose que tu as monté toi-même?”.
Jusqu'à QUELLE HEURE? Le brun resta interdit, avant de froncer un peu les sourcils. Ce n'était pas du tout raisonnable. “Tu devrais apprendre à te reposer un peu plus, même si je sais que c'est tentant de rester plus longtemps pour s'assurer des progrès.”, là, c'était presque un petit sermon, “Pardon, ce n'est pas ma place de dire ça, mais c'est juste... Ce n'est pas très sain. On a qu'un seul soi-même, il faut en prendre soin.”, il souffla un rire nerveux, se passant une main dans la nuque - un tic de nervosité, chez lui. Voilà qu'il s'inquiétait pour un presque-inconnu. Quoique, vu son travail, c'était normal.
“Oh, non, je ne supporterais pas travailler avec des moldus, j'aurais trop peur de révéler le Secret. Par contre, je vis dans le Londres moldu.”, puis, il ne sait pas s'il aurait aimé entendre piailler les moldus à longueur de journée. “Je travaille à Accio Job, au détour du Chemin de Traverse! C'est un des cabinets de réinsertion professionnelle et sociale.”, ce boulot semblait lui plaire, vu le sourire qu'il avait d'en parler. La suite le laissa un peu muet, avant qu'il ne prenne une longue inspiration. Autant être honnête et clair directement, au cas où. Mentalement, il renforçait le mur qui le protégeait des choses négatives - il ne savait jamais comment quelqu'un réagirait à une telle révélation. “Je suis cracmol.”, il inspira, parce qu'il avait oublié de respirer avant, “Je n'ai jamais été à Poudlard.”.
“Oui, j'ai pas mal voyager en Europe.”, il n'allait pas préciser que ce n'était que pas des moyens low cost, “Plus qu'un standard, c'est plutôt la génétique : les figures antiques ont souvent des nez aquilins, un peu comme le tien d'ailleurs. J'apprécie la différence par rapport aux standards "normaux".”, après une courte pause pour écouter son partenaire de soirée, il sourit avec franchise, “J'ai un attrait pour la beauté en général. Déformation artistique, je pense.”. S'il y avait une prochaine fois, il lui montrerait des photos de vase antique et de représentations d'antan sur son téléphone. Heureusement qu'il ne commençait pas à parler culture, et mythologie, car sinon on perdrait le brun pendant au moins une heure - et il n'était pas sûr que l'autre veuille un cours magistral sur les dieux grecs et leurs travers.
L'expression de Cinaed faillit le faire rire, mais plutôt que de le montrer, il cacha son sourire derrière sa main, discrètement. Il était tellement expressif, comme un livre ouvert. C'était rafraîchissant! “Oh, je suis désolé si je t'ai vexé, ce n'était pas le but.”, c'était difficile de dire qu'il avait certains préjugés concernant ceux d'un statut plus élevé que le sien, “C'est juste que je doute que ce soit ce que ta mère attendait de ce... rendez-vous.”. Il avait toujours du mal à admettre que c'en était bien un. Il n'en revenait toujours pas lui-même, en fait. Mais quand il regardait Cinaed, visiblement bon vivant, son agitation s'apaisait un peu. "Ça aurait pu être bien pire", pensa-t-il.
La question un tantinet indiscrète le fit presque s'étouffer avec la gorgée de vin qu'il venait de prendre. Il toussa dans sa serviette avant de s'éclaircir la gorge, visiblement plus mal à l'aise. Est-ce qu'il savait? Est-ce qu'il ne savait pas? “Généralement, les gens ne posent pas plus de questions. C'est vu comme un peu impoli de s'immiscer comme ça dans la vie très personnelle de quelqu'un.”, il n'avait pas un ton moralisateur, mais plutôt doux. Il préfère expliquer que s'offusquer. “Je ne suis plus connecté aux Appleton depuis bien longtemps. C'était son choix à elle.”. Il préféra ne pas préciser que le contact s'est arrêté quand il avait à peine neuf ans. Le regard de sa mère, à l'époque, semblait indélébile dans sa mémoire. Il secoua un peu ses épaules comme pour se débarrasser de la sensation désagréable que cela lui laissait encore aujourd'hui quand il y pensait.
“Ah, j'ai tellement peur quand j'invite des gens chez moi. En général, je demande à ce qu'on laisse la baguette à l'entrée. Je tiens trop à mon électricité et ma télévision, surtout vu le prix!”, en même temps, c'était lui qui avait choisi d'avoir un super écran, grand et de qualité. Un truc qu'il ne reprochait pas aux moldus : certaines de leur technologie. Et de leurs séries et films, aussi, même si ceux sur la magie le faisaient beaucoup rire.
Heureusement, il fut bien déconcentré face à un Cinaed très visiblement ravi. Voir sa peau prendre une teinte plus rosée le fit sourire avec un peu plus de malice, mais ce fut rapidement remplacé par une véritable joie de faire naître ce genre de réaction chez quelqu'un. Il ne réalisait pas souvent l'impact qu'il pouvait avoir sur les autres, donc il faisait attention. Mais là... Ah, il trouvait cela adorable, cette petite voix, ce mordillement. "Non, Magnus,", s'admonesta-t-il, "N'y pense même pas.". Il le trouvait vraiment séduisant, à son grand dam. Encore plus quand il arrivait à le faire rougir, apparemment.
“J'aime bien m'en mettre, de temps en temps, mais ce n'est pas très... C'est un peu compliqué, avec mon travail.”, il chercha une façon de l'expliquer simplement sans insulter qui que ce soit, ce qui était plus difficile que prévu, “Certaines personnes portent des jugements sur les hommes qui se vernissent les ongles, et ça les rends moins coopératifs. Hors la communication est clé dans mon travail.”. C'était une bien belle façon de dire "Certains sont cons et butés". Il ne pouvait pas mettre tous les bijoux qu'il aimait normalement porter, lorsqu'il travaillait. Enfin, il les mettait et les enlevait pour ses rendez-vous.
“Manque de temps, malheureusement.”, sa moue fut un peu boudeuse, parce qu'il aurait adoré pouvoir continuer. Mais pour cela, il fallait soit qu'il travaille moins, soit qu'il voit moins ses proches. Et il ne comptait pas couper quoique ce soit de si-tôt. “Oh, ma dextérité se limite à la peinture et le sport que je pratique. Et encore, pour ce dernier, ce n'est pas tant de la dextérité que de l'agilité.”, il souffla un rire chaud, parce que la boxe était effectivement loin des gestes précis qu'il devait avoir quand il peignait. “Je suis curieux, quel âge as-tu?”, il s'imaginait qu'il avait la petite ou mi-trentaine, mais pas plus.
La question sur son hobby, qui restait une grande passion, le fit sourire chaleureusement. Ses yeux s'éclairèrent, son visage avec. Il avait tout de la personne qui aurait aimé vivre plus s'il avait pu. Hélas, on ne vivait pas d'amour et d'eau fraîche. “N'importe qui peut peindre, mais il y a énormément de techniques et de mouvements différents. Le plus dur, c'est de se créer un style propre à soi, et de réussir à le reproduire. Mais une fois qu'on a le coup de main, c'est juste tellement fluide!”, il avait une tendance à se balancer un petit peu de gauche à droite quand il était particulièrement heureux de parler de quelque chose. Ce qui arrivait plus souvent qu'il ne voudrait bien l'admettre. “Ce doit être similaire pour le travail du bois, non? Qu'une fois que l'on a trouvé sa technique, tout est plus simple?”. Il n'y connaissait tellement rien qu'il était prêt à écouter Cinaed en parler pendant des heures durant. Le fait qu'il trouvait l'homme bourru très charmant et que sa voix faisait vibrer quelque chose en lui n'était qu'un gros, gros bonus.
“Merci!”, il lui offrit un joli sourire avant de reprendre son téléphone et de le ranger avec précaution dans sa poche. “Oui, je crée chaque couleur et nuance moi-même. J'ai aussi modifié plein de brosses et de pinceaux pour donner des effets particuliers.”, il était débrouillard sur certains sujets, alors qu'il était tout le contraire dans d'autres. “Je dirais plus que j'apprécie la compagnie des autres, que ce soit en sortie ou au travail. Et je passe trop de temps à ce dernier.”, il ne put s'empêcher de rire, parce qu'il se désespérait tout seul. Il avait besoin, quand il partait, que tout soit parfaitement prêt pour le lendemain. Il détestait devoir remplir et ranger des papiers qui auraient du être fait la veille. D'ailleurs, il avait un contentieux avec un de ses collègues à cause de cela.
Ils durent faire une petite pause dans leur discussion pour commander - et comme l'écossais avait décidé de payer, l'anglais prit la salade la moins chère que le menu pouvait offrir, ce qui restait cher quand même et avec un nom qui ne disait absolument pas ce qu'il allait retrouver dedans. Puis il posa sa joue sur son poing, accoudé à la table, afin d'écouter Cinaed. La façon dont ses yeux se plissaient, l'éclat dans ceux-ci, son sourire, son entrain, cette agitation joyeuse. Ah, la magie de la passion! “C'est tellement impressionnant! Tu en parles comme si c'était facile, mais ça a l'air tellement complexe.”, il se redressa pour partager cette excitation avec lui, se penchant un peu en avant comme pour se connecter de plus près, “Ça a été difficile, tout cet apprentissage? Et ta boutique, tu l'as hérité ou c'est quelque chose que tu as monté toi-même?”.
Jusqu'à QUELLE HEURE? Le brun resta interdit, avant de froncer un peu les sourcils. Ce n'était pas du tout raisonnable. “Tu devrais apprendre à te reposer un peu plus, même si je sais que c'est tentant de rester plus longtemps pour s'assurer des progrès.”, là, c'était presque un petit sermon, “Pardon, ce n'est pas ma place de dire ça, mais c'est juste... Ce n'est pas très sain. On a qu'un seul soi-même, il faut en prendre soin.”, il souffla un rire nerveux, se passant une main dans la nuque - un tic de nervosité, chez lui. Voilà qu'il s'inquiétait pour un presque-inconnu. Quoique, vu son travail, c'était normal.
“Oh, non, je ne supporterais pas travailler avec des moldus, j'aurais trop peur de révéler le Secret. Par contre, je vis dans le Londres moldu.”, puis, il ne sait pas s'il aurait aimé entendre piailler les moldus à longueur de journée. “Je travaille à Accio Job, au détour du Chemin de Traverse! C'est un des cabinets de réinsertion professionnelle et sociale.”, ce boulot semblait lui plaire, vu le sourire qu'il avait d'en parler. La suite le laissa un peu muet, avant qu'il ne prenne une longue inspiration. Autant être honnête et clair directement, au cas où. Mentalement, il renforçait le mur qui le protégeait des choses négatives - il ne savait jamais comment quelqu'un réagirait à une telle révélation. “Je suis cracmol.”, il inspira, parce qu'il avait oublié de respirer avant, “Je n'ai jamais été à Poudlard.”.
1650
Un dîner presque parfait
Dire que Cinaed ne faisait preuve d'aucune empathie serait faux, cependant on ne pouvait pas non plus dire qu'il en étouffait. Non, Cinaed ne se fichait pas de tout mais il peinait à ressentir les émotions des autres, tout comme il peinait à comprendre quand il leur faisait du mal. Ce n'était pas qu'il voulait être méchant ou insensible : bien au contraire. Il ne faisait jamais rien pour être méchant et, quand il l'était, c'était simplement par un manque de considération qui venait du fait que l'empathie n'était pas naturelle pour lui. Cinaed était un homme à côté de la plaque, créé par l'univers pour l'être. Il ne savait pas être empathique par réflexe, c'était quelque chose qu'il était obligé d'apprendre.
C'était un travail de tous les jours de devenir une meilleure personne. Plus à l'écoute, plus compréhensive. Cinaed ne savait juste pas faire de lui-même et sa vision de la vie l'empêchait souvent de comprendre l'importance de faire des efforts. Lui avait toujours bien vécu, malgré les quelques personnes qui ne l'appréciaient pas, alors pourquoi se forcer à changer s'il se fichait de l'avis des autres ? Jusqu'à présent, il n'y avait que Ewan qui avait pu le pousser à vouloir s'améliorer. Il l'avait fait avec le temps. Ce n'était pas parfait, mais c'était mieux qu'avant. Le seul soucis c'était qu'il ne ferait probablement jamais plus d'efforts pour des inconnus. Certaines personnes étaient naturellement empathiques avec tout le monde, c'était comme ça qu'elles avaient été créées et élevées. Cinaed, lui, ne l'était pas. Il ne savait pas faire et se contentait donc des efforts nécessaires pour les personnes dont il se souciait, mais pas pour les autres.
Pourquoi faire des efforts pour comprendre et plaire à des gens qu'il ne reverrait sans doute jamais ? C'était sûrement pour ça qu'il n'avait jamais envisagé de se poser en couple avec quelqu'un d'autre qu'Ewan. Il lui fallait un partenaire qui soit empathique pour deux, et qui soit assez calme et patient pour lui apprendre les choses et ne pas s'énerver quand Cinaed paraissait insensible. Ca ne courrait pas les rues, surtout les gens qui réunissaient ces qualités tout en étant naturellement plus effacés et doux, mais qui savaient aussi vous rentrer dedans quand c'était nécessaire.
Ewan était ce genre de personne, c'était ce qui l'avait fait tenir si longtemps à ses côtés et c'était pour ça que Cinaed lui était loyal et était prêt à faire des concessions pour lui. La seule ombre au tableau était que Cinaed n'aurait jamais pu aimer son ami assez fort. Il l'avait aimé, c'était indéniable, mais cet amour avait fleurit trop lentement, trop difficilement. Ewan avait trouvé quelqu'un d'autre, et puis Sile était devenue sa femme et c'était bien comme ça. Peut-être que si Cinaed l'avait aimé assez fort au bon moment, ils se seraient séparés depuis. Ou peut-être que Cinaed aurait détruit Ewan petit à petit : à l'époque où ils étaient une sorte de couple étrange, l'ébéniste n'était pas la meilleure version de lui-même.
M'enfin bon, leur vie était très bien comme elle était et Cinaed n'avait aucun regret. Il n'était même pas sûr d'en avoir déjà eu dans sa vie. C'était une des nombreuses choses dont il ne se souciait pas. Comme de voyager par exemple : Cinaed était quelqu'un de casanier. Personne ne lui avait jamais proposé de voyager et Cinaed n'y aurait jamais pensé seul alors il avait toujours navigué entre l'Angleterre et l'Ecosse et c'était suffisant. Peut-être qu'il aurait aimé découvrir de nouvelles choses si quelqu'un l'y avait poussé, qui sait ? Je n'ai jamais voyagé, je n'y ai jamais pensé à vrai dire. J'aime bien être chez moi, et les cultures différentes sont effrayantes parfois. Je peine déjà à comprendre la société anglaise, je me verrais mal apprendre la politesse grecque ou espagnole... Est-ce que les choses changent beaucoup ?
En écoutant l'autre parler, il loucha pour observer la bosse de son nez dans sa vision. Les sourcils froncés, il se demanda pendant quelques secondes d'où lui venait son nez : y'avait-il des grecques dans sa famille ? Il en doutait fortement. Il pencha la tête avec un sourire calme Tu aimes mon nez alors ? C'est gentil dit-il en riant. Il fit craquer sa nuque avant de hocher la tête. Je comprend, moi aussi. Surtout la beauté en mouvement. Je trouve que tout est beaucoup plus beau une fois animé, surtout les visages. Les sculptures, la peinture ou les photos ne peuvent que s'approcher de la beauté du vivant : il manque toujours quelque chose que l'on ne retrouve qu'en observant les autres dans leur agitation. C'est vibrant, ça change tout. C'était pour ça qu'il pouvait admirer des oiseaux et des humains pendant des heures mais qu'il perdait rapidement intérêt dans un musée. C'était aussi pour ça qu'il cherchait toujours à s'améliorer en sculpture. Il voulait le meilleur résultat possible, il voulait que sa passion se retranscrive dans ses oeuvres et les rende vivantes par tout l'amour qu'il leur portait. Le bois rendait le tout plus facile. Ce n'était pas l'acier ou le marbre, simple et mort. Le bois était vivant de lui-même, les veines, les nœuds. Tout cela donnait une vie à l'œuvre même quand on arrivait pas à l'y insuffler de nous-même.
Il ria à nouveau alors que l'autre continuait à parler. Oh, ça oui, sa mère n'avait pas dû prévoir que Magnus n'était pas de bonne famille. Mais qui cela intéressait il ? Tu ne m'as pas vexé ! Et oui, je pense qu'elle serait mécontente mais qu'elle importance ? Moi je m'amuse bien, et je pense que je vais t'apprécier dans le futur. C'est plus que ce que m'ont apporté les autres rendez-vous qu'elle m'a balancé dans les pattes. Il posa son menton dans un creux formé par ses deux mains et lui offrir un sourire encore plus lumineux. Et tu es bien plus gentil que mes autres rendez-vous, regarde, tu ne te vexe même pas, malgré le fait que ma question t'ai fait t'étouffer avec ton vin. Il pencha la tête sur le côté et retroussa le nez Je ne voulais pas être impoli, j'étais juste curieux. Il décida de ne pas insister sur le sujet de la branche Appleton. Il imaginait devoir connaître ce nom, mais toutes les leçons sur la politique et les grandes familles qu'il avait suivi quand il était enfant s'étaient effacées de sa mémoire.
Je note, alors, pas de baguette chez toi. dit-il sérieusement. Il comptait bien y aller un jour, même en temps qu'ami. Quelque chose lui disait qu'il ne serait pas contre revoir l'autre pour aller boire un verre, ou n'importe quoi du genre. Merlin, il pourrait même l'embarquer dans un musée d'art s'il lui parlait des peintures avec toute la passion caractéristique aux artistes. C'était peut-être un peu bizarre que quelqu'un qui se considérait comme un artiste ne voit aucun attrait aux musées, mais Cinaed était de ce genre. Cependant, il adorerait une exposition où l'artiste pouvait expliquer ses oeuvres et ses inspirations.
Il fronça à nouveau le nez, cette fois-ci de mépris et non pas de joie taquine Les gens sont idiots parfois. Ce n'est que du vernis Il replia ses bras sur la table et posa son menton dessus, observant l'autre d'en bas. Est-ce que quelqu'un te fait des remarques à ton travail par rapport à ton style ou ton orientation ? Je sais que certains le font, mais... eh bien, je n'ai pas souvenir que l'on m'en ai déjà fait. A part ma mère, et quelques membres de la famille, bien sûr. Cinaed se serait considéré chanceux s'il avait compris pourquoi. Au lieu de cela, il s'en fichait seulement. Peut-être que quelqu'un l'avait déjà insulté pendant sa jeunesse, mais si cela était arrivé, il avait dû vite l'oublier. Pas quelle soit complètement homophobe, elle sait depuis pratiquement toujours que je suis bisexuel avec une.. certaine préférence. Elle est juste... vieux jeu, si on peut dire les choses comme ça. Il haussa à nouveau les épaules avant de rire doucement Eh bien, j'aurais beau y mettre beaucoup d'énergie, je ne ferais pas d'enfant avec un autre homme, et les mariages gays ne sont pas terriblement bien vus encore dans les hauts cercles. Pour le coup, je crois qu'ils le sont plus dans des familles comme la tienne alors tu as de la chance sur ce point.
Sans se redresser, il déplia un de ses bras pour picorer à nouveau dans les plateaux, profitant des quelques dernières pièces y restant avant qu'on ne vienne à nouveau les embêter pour commander. Il aurait bien voulu faire une remarque sur le temps à trouver pour jouer d'un instrument, mais à la place tout ce qui sorti fut une blague sur la dextérité qu'il ne put retenir plus longtemps. Je suis sûr que tu sais utiliser tes mains pour autre chose que la peinture et du sport il renifla enfin, ça reste du sport aussi. Il agita une de ses mains devant son visage en riant également Un sport d'agilité... de la danse ? Gymnastique ? Du plongeon ? L'autre semblait un peu trop trapus pour faire de la danse, mais bon, tous les gouts étaient dans la nature. Il réfléchit quelques secondes de plus, le rire de l'autre le déstabilisant quelque peu alors qu'il l'observait sans honte. Musculation ?
Un nouveau sourire digne du Chat du Cheshire naquit sur ses lèvres à la question de l'âge. Il espérait simplement que la réponse ne brusquerait pas l'autre. Enfin, il avait l'air plus jeune mais pas beaucoup plus jeune : et à leur âge, quelques années de différence, c'était rien ! Cinaed était déjà sorti avec des femmes et des hommes de dix ans plus vieux alors plus rien ne le dérangeait vraiment. J'ai bientôt 39 ans, ça ne se voit pas ? Il se redressa et mis ses mains en coupe sous son menton Ce beau visage fait plus jeune ? dit-il sur le ton de la blague. Et toi ? Tu dois avoir quelques années de moins que moi, peut-être un nouveau dans la belle décennie de la trentaine ? Tant que Magnus avait plus de 25 ans - et c'était évidemment le cas - Cinaed se fichait de l'âge. Ils étaient sorciers, de toute façon, ils vivraient bien plus vieux que les moldus. L'écart diminuerait en importance avec le temps qui passe.
Il secoua à la tête alors que la conversation revenait au hobby du plus jeune. J'ne trouve pas que tout le monde puisse peindre, sinon tout le monde le ferait n'est-ce pas ? Ce qui est le plus difficile ce n'est pas les techniques, c'est de faire vivre son pinceau, je trouve. Toi tu y arrives, et ça se voit que tu t'impliques. Une peinture sans ça ce n'est... ce n'est pas une peinture, c'est juste quelques dessins colorés. La différence entre peindre et Peindre était difficile à expliquer : il n'y avait pas de différence entre les deux mots mais l'esprit de Cinaed scindait en deux les gens qui peignait et ceux qui créaient de l'art. Il ne savait juste pas comment bien l'expliquer. Je suppose que c'est comme la musique : on peut jouer de beaux accords, ça ne devient une vraie mélodie que lorsqu'elle signifie vraiment quelque chose, non ?
Le petit balancement de l'autre le fit sourire, mais pas d'un sourire moqueur. C'était juste agréable de le voir décharger son énergie comme ça. Lui aussi le faisait : il ne se balançait pas beaucoup mais tapait souvent dans ses mains, ou agitait les jambes et les pieds. Il comprenait le besoin de bouger pour décharger son énergie nerveuse ou joyeuse. Il sourit à nouveau et hocha la tête. Mais je suis d'accord sur l'importance de trouver son style, ça rejoint ce que je dis, je pense. Avoir son style ça nous fait vraiment créer quelque chose de vrai. A la sculpture on va avoir aussi bien un style qu'une technique, comme à la peinture ! Tu parles de modifier les brosses de tes pinceaux, ça rentre aussi dans les choses qui font que tes oeuvres sont uniques, et pas seulement ta matière de représenter les choses. il sifflota quelques secondes, perdu dans son monde avant de se reprendre en secouant la tête. Avec la peinture tu dois être plus libre des techniques et des outils. Je me verrais bien mal modifier mes ciseaux à bois, haha !
Passer trop de temps à son travail, ça, il connaissait. En fait, c'était littéralement sa vie, tout comme sortir dès qu'il le pouvait pour passer du temps entouré. Il n'était pas fait pour rester seul sans rien pour s'occuper les mains. Autant il pouvait sculpter pendant des semaines sans voir personne, autant il ne supportait pas de rester plus de deux heures dans son petit appartement s'il n'avait pas de travail. Il avait soudainement besoin de voir des gens. Je suis content que tu fasses partie des gens qui se plaisent en compagnie des autres. avoua-t-il honnêtement. Il aurait été bien triste si l'autre avait eu un caractère opposé au sien : difficile de lui proposer de nouvelles sorties plus tard si Magnus préférait rester cloitré chez lui.
Alors que Magnus commandait une salade - la moins chère, remarqua-t-il - Cinaed ajouta à la hâte un "Ne te soucie pas du prix" avant de se pencher sur la carte. Evidemment, il commanda une pièce de bœuf saignante. L'idée que l'autre se contente d'une salade le fit bouder quelques secondes et il se promit de lui proposer de goûter son plat. L'idée de lui cacher les prix la prochaine fois qu'ils sortiraient - enfin, s'ils sortaient à nouveau - germa aussi dans son esprit mais il n'était pas certain que l'autre apprécie ça. Lui-même détestait ça quand sa mère le faisait : ça le faisait se sentir infantilisé. Peut-être qu'il faudrait juste attendre que Magnus soit un peu plus à l'aise. M'enfin, dans tous les cas le prochain restaurant serait sûrement moins chic alors la question ne se poserait pas. Cinaed imaginait que le plus jeune appréciait sûrement bien plus les quelques petites brasseries et comptoirs qu'il connaissait aux grands restaurants.
Les idées de restaurants s'évaporèrent d'elles-mêmes alors que Magnus posait sa joue sur son poing, poussant un peu la peau vers l'avant. C'était mignon, on aurait dit un élève devant un cours intéressant. Cinaed se sentait tout flatté d'être ce cours et cette fois-ci, ses oreilles ne furent pas les seules à rougir. Si quelqu'un lui demandait d'où venait la couleur sur ses joues, cependant, il aurait sûrement accusé le vin par habitude. Parce que Cinaed Wallace ne rougissait pas souvent pour autre chose.
Ca... a toujours été assez "facile" pour moi. Enfin, pas facile parce que j'ai travaillé dur il ne parlait pas souvent du temps qu'il avait passé à bosser ses sortilèges. Les gens étaient toujours partis du principe que Cinaed était un peu un branleur et qu'il avait juste de la chance d'être un petit génie des sortilèges, ce qui lui avait valut d'être major de promo, et il ne les avait jamais contredit mais ça a toujours été.. un peu une évidence, on va dire ! Les sortilèges, c'est tellement naturel chez moi, c'est comme parler ou respirer. Parfois je travaille un sortilège pendant des heures jusqu'à pouvoir enchanter mon objet correctement, surtout quand je dois en mélanger plusieurs mais la théorie est... évidente pour moi. Même à Poudlard, ça a toujours été la matière qui me venait le plus naturellement. Du coup, l'apprentissage a pas été si difficile, en tout cas ça aurait pu être pire. J'ai toujours aimé apprendre sur les sortilèges même si à l'époque je lisais pas énormément à côté de mes cours.
Il n'avait aucune honte à avouer comment il avait fini par avoir sa boutique, alors naturellement il s'expliqua : Je suis le premier artiste de ma famille, alors aucune chance que la boutique soit un héritage. Et heureusement, parce que je voulais vraiment quelque chose à moi. Avant, c'était une boutique de poterie et j'ai récupéré l'emplacement avec Ewan quand le gérant l'a vendue. Mes parents m'ont énormément aidé pour les finances, je les en remercie. Sans eux j'aurais pas eu ma boutique avant encore au moins dix ans, je pense, vu la vitesse à laquelle j'économisais avec mon boulot. Il ria doucement et écarta les mains, paumes vers le haut C'est un peu pour ça que je laisse ma mère me re traîner dans des rendez-vous, elle a fait des efforts pour moi alors je peux bien en faire un peu.
Il ouvrit grand les yeux quand l'autre lui fit la leçon sur ses heures de travail avant de sourire encore plus fort qu'avant, tellement qu'il en eut presque mal aux joues. Tu es mignon laissa-t-il échapper sans réfléchir J'ai du mal à m'arrêter quand je commence quelque chose, et souvent, si je ne termine pas ou que je ne met pas à plat mes idées, je suis incapable de dormir. J'ai l'habitude maintenant mais j'essaie de faire plus attention depuis que... Disons depuis que mon corps m'a fait comprendre tout seul que trop de magie et pas assez de sommeil ça ne faisait pas bon ménage.
Le Secret... Effectivement, ça pourrait être difficile en travaillant avec des moldus toute la journée. Cinaed n'y avait pas pensé. Après tout, ses propres relations avec des moldus se résumaient à quelques aventures d'un soir et des contacts professionnels. En somme, aucune situation qui mettrait en danger le Secret magique. Moi aussi ! gloussa-t-il, même si cela devait être évident par le fait qu'il possédait un portable. Mais assez loin d'ici, plus à la périphérie. Là où ce n'était pas cher et où les appartements étaient moisis mais utiles. C'était suffisent pour quelqu'un comme lui qui avait toujours économisé au maximum pour réaliser son rêve sans l'aide de personne. Finalement, il avait mis sont égo de côté et avait demandé à ses parents de l'aide mais le déménagement n'était pas prévu pour le moment. Déjà, il faudrait que les travaux qu'il voulait faire à la boutique soient tous effectués et pour pouvoir le faire, il fallait continuer à économiser et ne pas dépenser tout l'argent de l'entreprise - parce que c'en était une - dans son salaire. Il en donnait un bon à Ewan mais le sien était limité au strict minimum. Assez pour payer son loyer, acheter de la nourriture, de l'alcool et faire quelques excès au billard.
Ca te plait alors ? vu comment il en parlait, sûrement. Ca doit demander beaucoup de compétences sociales, tu vois passer beaucoup de monde non ? J'ai de la chance avec mes clients, la majorité ne sont pas très bavards ! J'aime beaucoup parler et rencontrer des gens mais je pense que devoir être gentil et les écouter à longueur de journée me fatiguerait énormément. Le pire ce serait de devoir tenir un masque de personne adaptée à la société, en fait.
Il se figea quelques secondes alors que l'autre lâchait sa bombe avant de se reprendre en clignant quelques fois des yeux. La vérité, c'était qu'il ne savait pas ce qu'il était censé dire. Parce que, honnêtement, il s'en fichait pas mal. Ignorer l'information n'était cependant pas une bonne idée, enfin à bien y réfléchir, alors il se contenta de bredouiller un D'accord ? Alors où as-tu étudié ? Il n'avait jamais rencontré de cracmol par le passé. Avaient-ils tendance à être gênés de parler magie ? Si oui, devait-il lui demander s'il préférait qu'il ne parle plus de sa boutique ? Il pourrait, mais s'il avait été cracmol et qu'on lui avait posé la question, il se serait énervé. Il aurait répondu quelque chose du genre "Je suis cracmol mais pas stupide, je peux comprendre une discussion sur les sortilèges". Et puis, Magnus avait dit lui-même qu'il avait arrêté d'étudier les sortilèges il y a 15 ans alors il devait bien y connaître quelque chose, n'est-ce pas ?
Soudain, une question éclipsa toutes les autres. Peu importait que l'autre soit cracmol ou elfe de maison ou qu'il ai une jambe de bois. Il y avait quelque chose de bien plus important que tout le reste et Cinaed se redressa presque entièrement, sautant hors de sa chaise pour se pencher sur la table, rapprochant dangereusement son visage de l'autre, les yeux écarquillés. Mais tu peux quand même aller à Pré-au-Lard, hein ? Hein ? Est-ce que c'était dangereux de transplaner avec un être non magique ? Bon dieu, il ne pouvait pas s'en souvenir. Si je peux pas te faire transplaner, il y a toujours le train, ou le portoloin ! Ou la cheminette, mais encore une fois : est-ce que ça fonctionnait ? Tant de soucis ! Il se rapprocha de quelques centimètres à nouveau et, très sérieusement, lui avoua : Je mourrais de tristesse de ne pas pouvoir te montrer ma boutique alors que rien ne m'empêche d'observer tes toiles dans la vraie vie !
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
C'était un travail de tous les jours de devenir une meilleure personne. Plus à l'écoute, plus compréhensive. Cinaed ne savait juste pas faire de lui-même et sa vision de la vie l'empêchait souvent de comprendre l'importance de faire des efforts. Lui avait toujours bien vécu, malgré les quelques personnes qui ne l'appréciaient pas, alors pourquoi se forcer à changer s'il se fichait de l'avis des autres ? Jusqu'à présent, il n'y avait que Ewan qui avait pu le pousser à vouloir s'améliorer. Il l'avait fait avec le temps. Ce n'était pas parfait, mais c'était mieux qu'avant. Le seul soucis c'était qu'il ne ferait probablement jamais plus d'efforts pour des inconnus. Certaines personnes étaient naturellement empathiques avec tout le monde, c'était comme ça qu'elles avaient été créées et élevées. Cinaed, lui, ne l'était pas. Il ne savait pas faire et se contentait donc des efforts nécessaires pour les personnes dont il se souciait, mais pas pour les autres.
Pourquoi faire des efforts pour comprendre et plaire à des gens qu'il ne reverrait sans doute jamais ? C'était sûrement pour ça qu'il n'avait jamais envisagé de se poser en couple avec quelqu'un d'autre qu'Ewan. Il lui fallait un partenaire qui soit empathique pour deux, et qui soit assez calme et patient pour lui apprendre les choses et ne pas s'énerver quand Cinaed paraissait insensible. Ca ne courrait pas les rues, surtout les gens qui réunissaient ces qualités tout en étant naturellement plus effacés et doux, mais qui savaient aussi vous rentrer dedans quand c'était nécessaire.
Ewan était ce genre de personne, c'était ce qui l'avait fait tenir si longtemps à ses côtés et c'était pour ça que Cinaed lui était loyal et était prêt à faire des concessions pour lui. La seule ombre au tableau était que Cinaed n'aurait jamais pu aimer son ami assez fort. Il l'avait aimé, c'était indéniable, mais cet amour avait fleurit trop lentement, trop difficilement. Ewan avait trouvé quelqu'un d'autre, et puis Sile était devenue sa femme et c'était bien comme ça. Peut-être que si Cinaed l'avait aimé assez fort au bon moment, ils se seraient séparés depuis. Ou peut-être que Cinaed aurait détruit Ewan petit à petit : à l'époque où ils étaient une sorte de couple étrange, l'ébéniste n'était pas la meilleure version de lui-même.
M'enfin bon, leur vie était très bien comme elle était et Cinaed n'avait aucun regret. Il n'était même pas sûr d'en avoir déjà eu dans sa vie. C'était une des nombreuses choses dont il ne se souciait pas. Comme de voyager par exemple : Cinaed était quelqu'un de casanier. Personne ne lui avait jamais proposé de voyager et Cinaed n'y aurait jamais pensé seul alors il avait toujours navigué entre l'Angleterre et l'Ecosse et c'était suffisant. Peut-être qu'il aurait aimé découvrir de nouvelles choses si quelqu'un l'y avait poussé, qui sait ? Je n'ai jamais voyagé, je n'y ai jamais pensé à vrai dire. J'aime bien être chez moi, et les cultures différentes sont effrayantes parfois. Je peine déjà à comprendre la société anglaise, je me verrais mal apprendre la politesse grecque ou espagnole... Est-ce que les choses changent beaucoup ?
En écoutant l'autre parler, il loucha pour observer la bosse de son nez dans sa vision. Les sourcils froncés, il se demanda pendant quelques secondes d'où lui venait son nez : y'avait-il des grecques dans sa famille ? Il en doutait fortement. Il pencha la tête avec un sourire calme Tu aimes mon nez alors ? C'est gentil dit-il en riant. Il fit craquer sa nuque avant de hocher la tête. Je comprend, moi aussi. Surtout la beauté en mouvement. Je trouve que tout est beaucoup plus beau une fois animé, surtout les visages. Les sculptures, la peinture ou les photos ne peuvent que s'approcher de la beauté du vivant : il manque toujours quelque chose que l'on ne retrouve qu'en observant les autres dans leur agitation. C'est vibrant, ça change tout. C'était pour ça qu'il pouvait admirer des oiseaux et des humains pendant des heures mais qu'il perdait rapidement intérêt dans un musée. C'était aussi pour ça qu'il cherchait toujours à s'améliorer en sculpture. Il voulait le meilleur résultat possible, il voulait que sa passion se retranscrive dans ses oeuvres et les rende vivantes par tout l'amour qu'il leur portait. Le bois rendait le tout plus facile. Ce n'était pas l'acier ou le marbre, simple et mort. Le bois était vivant de lui-même, les veines, les nœuds. Tout cela donnait une vie à l'œuvre même quand on arrivait pas à l'y insuffler de nous-même.
Il ria à nouveau alors que l'autre continuait à parler. Oh, ça oui, sa mère n'avait pas dû prévoir que Magnus n'était pas de bonne famille. Mais qui cela intéressait il ? Tu ne m'as pas vexé ! Et oui, je pense qu'elle serait mécontente mais qu'elle importance ? Moi je m'amuse bien, et je pense que je vais t'apprécier dans le futur. C'est plus que ce que m'ont apporté les autres rendez-vous qu'elle m'a balancé dans les pattes. Il posa son menton dans un creux formé par ses deux mains et lui offrir un sourire encore plus lumineux. Et tu es bien plus gentil que mes autres rendez-vous, regarde, tu ne te vexe même pas, malgré le fait que ma question t'ai fait t'étouffer avec ton vin. Il pencha la tête sur le côté et retroussa le nez Je ne voulais pas être impoli, j'étais juste curieux. Il décida de ne pas insister sur le sujet de la branche Appleton. Il imaginait devoir connaître ce nom, mais toutes les leçons sur la politique et les grandes familles qu'il avait suivi quand il était enfant s'étaient effacées de sa mémoire.
Je note, alors, pas de baguette chez toi. dit-il sérieusement. Il comptait bien y aller un jour, même en temps qu'ami. Quelque chose lui disait qu'il ne serait pas contre revoir l'autre pour aller boire un verre, ou n'importe quoi du genre. Merlin, il pourrait même l'embarquer dans un musée d'art s'il lui parlait des peintures avec toute la passion caractéristique aux artistes. C'était peut-être un peu bizarre que quelqu'un qui se considérait comme un artiste ne voit aucun attrait aux musées, mais Cinaed était de ce genre. Cependant, il adorerait une exposition où l'artiste pouvait expliquer ses oeuvres et ses inspirations.
Il fronça à nouveau le nez, cette fois-ci de mépris et non pas de joie taquine Les gens sont idiots parfois. Ce n'est que du vernis Il replia ses bras sur la table et posa son menton dessus, observant l'autre d'en bas. Est-ce que quelqu'un te fait des remarques à ton travail par rapport à ton style ou ton orientation ? Je sais que certains le font, mais... eh bien, je n'ai pas souvenir que l'on m'en ai déjà fait. A part ma mère, et quelques membres de la famille, bien sûr. Cinaed se serait considéré chanceux s'il avait compris pourquoi. Au lieu de cela, il s'en fichait seulement. Peut-être que quelqu'un l'avait déjà insulté pendant sa jeunesse, mais si cela était arrivé, il avait dû vite l'oublier. Pas quelle soit complètement homophobe, elle sait depuis pratiquement toujours que je suis bisexuel avec une.. certaine préférence. Elle est juste... vieux jeu, si on peut dire les choses comme ça. Il haussa à nouveau les épaules avant de rire doucement Eh bien, j'aurais beau y mettre beaucoup d'énergie, je ne ferais pas d'enfant avec un autre homme, et les mariages gays ne sont pas terriblement bien vus encore dans les hauts cercles. Pour le coup, je crois qu'ils le sont plus dans des familles comme la tienne alors tu as de la chance sur ce point.
Sans se redresser, il déplia un de ses bras pour picorer à nouveau dans les plateaux, profitant des quelques dernières pièces y restant avant qu'on ne vienne à nouveau les embêter pour commander. Il aurait bien voulu faire une remarque sur le temps à trouver pour jouer d'un instrument, mais à la place tout ce qui sorti fut une blague sur la dextérité qu'il ne put retenir plus longtemps. Je suis sûr que tu sais utiliser tes mains pour autre chose que la peinture et du sport il renifla enfin, ça reste du sport aussi. Il agita une de ses mains devant son visage en riant également Un sport d'agilité... de la danse ? Gymnastique ? Du plongeon ? L'autre semblait un peu trop trapus pour faire de la danse, mais bon, tous les gouts étaient dans la nature. Il réfléchit quelques secondes de plus, le rire de l'autre le déstabilisant quelque peu alors qu'il l'observait sans honte. Musculation ?
Un nouveau sourire digne du Chat du Cheshire naquit sur ses lèvres à la question de l'âge. Il espérait simplement que la réponse ne brusquerait pas l'autre. Enfin, il avait l'air plus jeune mais pas beaucoup plus jeune : et à leur âge, quelques années de différence, c'était rien ! Cinaed était déjà sorti avec des femmes et des hommes de dix ans plus vieux alors plus rien ne le dérangeait vraiment. J'ai bientôt 39 ans, ça ne se voit pas ? Il se redressa et mis ses mains en coupe sous son menton Ce beau visage fait plus jeune ? dit-il sur le ton de la blague. Et toi ? Tu dois avoir quelques années de moins que moi, peut-être un nouveau dans la belle décennie de la trentaine ? Tant que Magnus avait plus de 25 ans - et c'était évidemment le cas - Cinaed se fichait de l'âge. Ils étaient sorciers, de toute façon, ils vivraient bien plus vieux que les moldus. L'écart diminuerait en importance avec le temps qui passe.
Il secoua à la tête alors que la conversation revenait au hobby du plus jeune. J'ne trouve pas que tout le monde puisse peindre, sinon tout le monde le ferait n'est-ce pas ? Ce qui est le plus difficile ce n'est pas les techniques, c'est de faire vivre son pinceau, je trouve. Toi tu y arrives, et ça se voit que tu t'impliques. Une peinture sans ça ce n'est... ce n'est pas une peinture, c'est juste quelques dessins colorés. La différence entre peindre et Peindre était difficile à expliquer : il n'y avait pas de différence entre les deux mots mais l'esprit de Cinaed scindait en deux les gens qui peignait et ceux qui créaient de l'art. Il ne savait juste pas comment bien l'expliquer. Je suppose que c'est comme la musique : on peut jouer de beaux accords, ça ne devient une vraie mélodie que lorsqu'elle signifie vraiment quelque chose, non ?
Le petit balancement de l'autre le fit sourire, mais pas d'un sourire moqueur. C'était juste agréable de le voir décharger son énergie comme ça. Lui aussi le faisait : il ne se balançait pas beaucoup mais tapait souvent dans ses mains, ou agitait les jambes et les pieds. Il comprenait le besoin de bouger pour décharger son énergie nerveuse ou joyeuse. Il sourit à nouveau et hocha la tête. Mais je suis d'accord sur l'importance de trouver son style, ça rejoint ce que je dis, je pense. Avoir son style ça nous fait vraiment créer quelque chose de vrai. A la sculpture on va avoir aussi bien un style qu'une technique, comme à la peinture ! Tu parles de modifier les brosses de tes pinceaux, ça rentre aussi dans les choses qui font que tes oeuvres sont uniques, et pas seulement ta matière de représenter les choses. il sifflota quelques secondes, perdu dans son monde avant de se reprendre en secouant la tête. Avec la peinture tu dois être plus libre des techniques et des outils. Je me verrais bien mal modifier mes ciseaux à bois, haha !
Passer trop de temps à son travail, ça, il connaissait. En fait, c'était littéralement sa vie, tout comme sortir dès qu'il le pouvait pour passer du temps entouré. Il n'était pas fait pour rester seul sans rien pour s'occuper les mains. Autant il pouvait sculpter pendant des semaines sans voir personne, autant il ne supportait pas de rester plus de deux heures dans son petit appartement s'il n'avait pas de travail. Il avait soudainement besoin de voir des gens. Je suis content que tu fasses partie des gens qui se plaisent en compagnie des autres. avoua-t-il honnêtement. Il aurait été bien triste si l'autre avait eu un caractère opposé au sien : difficile de lui proposer de nouvelles sorties plus tard si Magnus préférait rester cloitré chez lui.
Alors que Magnus commandait une salade - la moins chère, remarqua-t-il - Cinaed ajouta à la hâte un "Ne te soucie pas du prix" avant de se pencher sur la carte. Evidemment, il commanda une pièce de bœuf saignante. L'idée que l'autre se contente d'une salade le fit bouder quelques secondes et il se promit de lui proposer de goûter son plat. L'idée de lui cacher les prix la prochaine fois qu'ils sortiraient - enfin, s'ils sortaient à nouveau - germa aussi dans son esprit mais il n'était pas certain que l'autre apprécie ça. Lui-même détestait ça quand sa mère le faisait : ça le faisait se sentir infantilisé. Peut-être qu'il faudrait juste attendre que Magnus soit un peu plus à l'aise. M'enfin, dans tous les cas le prochain restaurant serait sûrement moins chic alors la question ne se poserait pas. Cinaed imaginait que le plus jeune appréciait sûrement bien plus les quelques petites brasseries et comptoirs qu'il connaissait aux grands restaurants.
Les idées de restaurants s'évaporèrent d'elles-mêmes alors que Magnus posait sa joue sur son poing, poussant un peu la peau vers l'avant. C'était mignon, on aurait dit un élève devant un cours intéressant. Cinaed se sentait tout flatté d'être ce cours et cette fois-ci, ses oreilles ne furent pas les seules à rougir. Si quelqu'un lui demandait d'où venait la couleur sur ses joues, cependant, il aurait sûrement accusé le vin par habitude. Parce que Cinaed Wallace ne rougissait pas souvent pour autre chose.
Ca... a toujours été assez "facile" pour moi. Enfin, pas facile parce que j'ai travaillé dur il ne parlait pas souvent du temps qu'il avait passé à bosser ses sortilèges. Les gens étaient toujours partis du principe que Cinaed était un peu un branleur et qu'il avait juste de la chance d'être un petit génie des sortilèges, ce qui lui avait valut d'être major de promo, et il ne les avait jamais contredit mais ça a toujours été.. un peu une évidence, on va dire ! Les sortilèges, c'est tellement naturel chez moi, c'est comme parler ou respirer. Parfois je travaille un sortilège pendant des heures jusqu'à pouvoir enchanter mon objet correctement, surtout quand je dois en mélanger plusieurs mais la théorie est... évidente pour moi. Même à Poudlard, ça a toujours été la matière qui me venait le plus naturellement. Du coup, l'apprentissage a pas été si difficile, en tout cas ça aurait pu être pire. J'ai toujours aimé apprendre sur les sortilèges même si à l'époque je lisais pas énormément à côté de mes cours.
Il n'avait aucune honte à avouer comment il avait fini par avoir sa boutique, alors naturellement il s'expliqua : Je suis le premier artiste de ma famille, alors aucune chance que la boutique soit un héritage. Et heureusement, parce que je voulais vraiment quelque chose à moi. Avant, c'était une boutique de poterie et j'ai récupéré l'emplacement avec Ewan quand le gérant l'a vendue. Mes parents m'ont énormément aidé pour les finances, je les en remercie. Sans eux j'aurais pas eu ma boutique avant encore au moins dix ans, je pense, vu la vitesse à laquelle j'économisais avec mon boulot. Il ria doucement et écarta les mains, paumes vers le haut C'est un peu pour ça que je laisse ma mère me re traîner dans des rendez-vous, elle a fait des efforts pour moi alors je peux bien en faire un peu.
Il ouvrit grand les yeux quand l'autre lui fit la leçon sur ses heures de travail avant de sourire encore plus fort qu'avant, tellement qu'il en eut presque mal aux joues. Tu es mignon laissa-t-il échapper sans réfléchir J'ai du mal à m'arrêter quand je commence quelque chose, et souvent, si je ne termine pas ou que je ne met pas à plat mes idées, je suis incapable de dormir. J'ai l'habitude maintenant mais j'essaie de faire plus attention depuis que... Disons depuis que mon corps m'a fait comprendre tout seul que trop de magie et pas assez de sommeil ça ne faisait pas bon ménage.
Le Secret... Effectivement, ça pourrait être difficile en travaillant avec des moldus toute la journée. Cinaed n'y avait pas pensé. Après tout, ses propres relations avec des moldus se résumaient à quelques aventures d'un soir et des contacts professionnels. En somme, aucune situation qui mettrait en danger le Secret magique. Moi aussi ! gloussa-t-il, même si cela devait être évident par le fait qu'il possédait un portable. Mais assez loin d'ici, plus à la périphérie. Là où ce n'était pas cher et où les appartements étaient moisis mais utiles. C'était suffisent pour quelqu'un comme lui qui avait toujours économisé au maximum pour réaliser son rêve sans l'aide de personne. Finalement, il avait mis sont égo de côté et avait demandé à ses parents de l'aide mais le déménagement n'était pas prévu pour le moment. Déjà, il faudrait que les travaux qu'il voulait faire à la boutique soient tous effectués et pour pouvoir le faire, il fallait continuer à économiser et ne pas dépenser tout l'argent de l'entreprise - parce que c'en était une - dans son salaire. Il en donnait un bon à Ewan mais le sien était limité au strict minimum. Assez pour payer son loyer, acheter de la nourriture, de l'alcool et faire quelques excès au billard.
Ca te plait alors ? vu comment il en parlait, sûrement. Ca doit demander beaucoup de compétences sociales, tu vois passer beaucoup de monde non ? J'ai de la chance avec mes clients, la majorité ne sont pas très bavards ! J'aime beaucoup parler et rencontrer des gens mais je pense que devoir être gentil et les écouter à longueur de journée me fatiguerait énormément. Le pire ce serait de devoir tenir un masque de personne adaptée à la société, en fait.
Il se figea quelques secondes alors que l'autre lâchait sa bombe avant de se reprendre en clignant quelques fois des yeux. La vérité, c'était qu'il ne savait pas ce qu'il était censé dire. Parce que, honnêtement, il s'en fichait pas mal. Ignorer l'information n'était cependant pas une bonne idée, enfin à bien y réfléchir, alors il se contenta de bredouiller un D'accord ? Alors où as-tu étudié ? Il n'avait jamais rencontré de cracmol par le passé. Avaient-ils tendance à être gênés de parler magie ? Si oui, devait-il lui demander s'il préférait qu'il ne parle plus de sa boutique ? Il pourrait, mais s'il avait été cracmol et qu'on lui avait posé la question, il se serait énervé. Il aurait répondu quelque chose du genre "Je suis cracmol mais pas stupide, je peux comprendre une discussion sur les sortilèges". Et puis, Magnus avait dit lui-même qu'il avait arrêté d'étudier les sortilèges il y a 15 ans alors il devait bien y connaître quelque chose, n'est-ce pas ?
Soudain, une question éclipsa toutes les autres. Peu importait que l'autre soit cracmol ou elfe de maison ou qu'il ai une jambe de bois. Il y avait quelque chose de bien plus important que tout le reste et Cinaed se redressa presque entièrement, sautant hors de sa chaise pour se pencher sur la table, rapprochant dangereusement son visage de l'autre, les yeux écarquillés. Mais tu peux quand même aller à Pré-au-Lard, hein ? Hein ? Est-ce que c'était dangereux de transplaner avec un être non magique ? Bon dieu, il ne pouvait pas s'en souvenir. Si je peux pas te faire transplaner, il y a toujours le train, ou le portoloin ! Ou la cheminette, mais encore une fois : est-ce que ça fonctionnait ? Tant de soucis ! Il se rapprocha de quelques centimètres à nouveau et, très sérieusement, lui avoua : Je mourrais de tristesse de ne pas pouvoir te montrer ma boutique alors que rien ne m'empêche d'observer tes toiles dans la vraie vie !
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Un dîner presque parfait
La curiosité de Magnus ne faisait que s'agrandir plus il côtoyait et parlait avec Cinaed. Le cracmol avait toujours profondément aimer les gens, à part peut-être les moldus, qu'il jugeait trop idiots, et il aimait donc en apprendre plus sur eux. Une fois qu'il avait passé au peigne fin la surface, il décidait ensuite s'il avait envie d'aller plus loin ou non. Son cercle d'amis proches était restreint à trois personnes, mais il avait des relations fortes avec elles. Il ne comptait pas le nombre de potes et de connaissances qu'il avait - de par son travail, il avait croisé énormément de gens qui le recontactaient parfois pour aller boire un verre ou fêter un anniversaire. Il n'était pas du genre à dire non à ce genre de choses, sauf si son emploi du temps ne lui permettait pas. Tant qu'il était sûr de passer un bon moment, il ne voyait aucun inconvénient à sortir.
“Les cultures sont très différentes en général, oui.”, le brun eut un sourire doux face à l'incertitude de son interlocuteur, “C'est aussi pour ça que j'aime voyager quand je peux. Découvrir, observer, profiter. Il y a des pays dans lesquels je ne retournerais probablement pas, mais d'autres que j'ai adoré et que j'aimerais revoir. Après, on ne peut pas savoir sans tester, et je suis un brin aventureux parfois!”. Pourtant, la plupart du temps, il préférait rester dans son quotidien et ne pas perturber la routine qu'il s'était créé en arrivant à Londres. Mais quand il s'agissait de rencontrer tout un tas de nouvelles personnes, et de découvrir des cultures aussi riches que celle de son pays, il était partant. Cela était peut-être un dérivé de son intérêt pour les autres êtres en général.
Il ne rebondit pas sur son compliment caché, souriant simplement. À la suite, il acquiesça tout en continuant de siroter son vin. Il était rond en bouche, un peu fruité. Tout ce qu'il aimait. “Je partage totalement ton avis. J'adore voir les autres évoluer dans leur environnement, que ce soit des chats ou des êtres humains. La façon dont un geste trahit un comportement, ou quelques rides indiquent une attitude... C'est fascinant, et beau.”, il était tellement ravi de rencontrer quelqu'un qui voyait en partie le monde comme lui le faisait. Il n'avait pas beaucoup d'artistes, comme amis, mais il avait quelques clients qui l'étaient - et il ne pouvait pas trop se permettre de s'étaler sur l'art et la beauté en plein rendez-vous. Une heure, ce n'était pas suffisant pour cela.
Gentil? Le mot le fit souffler un rire. “Merci, je fais de mon mieux. J'avais deviné que ce n'était pas par malice, mais cela peut quand même offenser. Il n'y a pas de mal, ne t'inquiète pas.”, au moins, il ne s'offusquait pas d'être repris, ce qui était un bon, très bon signe. Magnus aimait les gens qui étaient capables de se remettre en question quand il le fallait. Parfois, cela mettait du temps, mais c'était toujours gratifiant de voir quelqu'un faire de son mieux pour s'améliorer. Lui-même avait pour ambition d'être un homme meilleur - une ambition qu'il considérait comme inachevable par sa complexité. “Tiens, tu comptes venir chez moi? C'est rapide.”, il eut un vrai rire, même si après quelques instants, il cacha sa bouche derrière sa main pour faire un peu moins de bruit. Autant, l'écossais ne semblait pas dérangé par les regards extérieurs, autant l'anglais essayait d'être courtois envers les autres clients.
Le petit accès de frustration de Cinaed aurait pu le faire sourire - juste parce qu'il voyait bien d'où venait la petite ride sur son front, désormais. Mais il s'en empêcha de justesse en hochant la tête: il était bien d'accord avec lui sur ce point. “La plupart des personnes ne savent pas pour mon orientation. J'estime que ça ne les regarde pas, en fait.”, mais bon, apparemment, elles devinaient sans grand mal vers quel bord il penchait, “Je dois enlever mes bijoux quand je travaille, pour éviter les attitudes hostiles. C'est dérangeant, mais pas plus que les remarques désagréables pendant que je les aide.”. Il pouvait comprendre le point de vue de la mère de Cinaed, à la fois d'une époque différente et d'un milieu où on attendait des héritiers de sang. C'était bien triste, une telle fermeture au monde, mais elle semblait avoir accepté cela. Après tout, il n'aurait pas été ici, ce soir, si ce n'était pas le cas. “Pour le coup, oui, ma famille l'a accepté sans problème. À vrai dire, cela ne m'avait même pas traversé l'esprit qu'elle le prenne autrement que bien, à l'époque.”, ce n'était pas pire que d'être cracmol, si on en croyait sa propre mère.
Être observé comme il l'était aurait pu le rendre nerveux ou mal à l'aise, mais il aimait bien les regards que lui lançait l'autre - curiosité, appréciation, c'était difficile de détester cela. Il n'était le centre d'attention que de lui, donc ça lui allait. Plus de deux personnes concentrées sur lui et il commençait vraiment à se sentir mal. La blague perverse le prit de court, et sa première réaction de lever les yeux au ciel, avant de souffler un rire. “Arf, je l'ai bien cherché celle-là. Bon timing!”, ce genre d'humour l'amusait un peu tant que ce n'était pas trop et trop lourd. “De la boxe, en fait.”, il n'en avait pas trop le look, car la plupart des gens qui en faisaient avaient un muscle sec. Mais sa couche de graisse permettait à ses muscles de mieux encaisser les chocs. Et puis, il ne se priverait de petites douceurs pour rien au monde. “Vu les mouvements et la précision, j'estime que c'est de l'agilité. Bien sûr, il faut de la force, mais en réalité pas tant que ça. Il suffit de taper au bon endroit.”, ce sport le passionnait - moins que la peinture, par contre -, et il ne s'en cachait pas. Les autres étaient souvent surpris, d'ailleurs, de savoir qu'il était sportif. Lui aussi, parfois.
Face à la démonstration de son partenaire de soirée, Magnus ne put que rire. “Je t'imaginais un poil plus jeune, mais c'est tellement difficile d'estimer l'âge de quelqu'un de la même décennie. Oui, j'ai 33 ans cette année.”, il n'allait pas lui dire que ses pattes d'oie le trahissaient un peu, car il faudrait aussi qu'il précise qu'il trouvait cela absolument attrayant - ça indiquait quelqu'un qui riait et souriait beaucoup.
“Je veux dire par là que tout le monde peut prendre un pinceau et peindre. Je ne dis pas que ce serait beau, par contre.”, il laissa couler un rire doux, avant de reprendre, “L'âme, le cœur. C'est ce qu'on met dans une œuvre, qui la rend vivante ensuite. Je comprends ce que tu veux dire.”. Ne connaissant aucun des outils pour travailler le bois - à part la scie, peut-être -, il ne savait pas s'il était possible de les modifier. Apparemment, non. Peut-être que d'autres avaient déjà essayé, cela dit. “C'est sûr que la peinture et le dessin sont bien plus libres que d'autres travaux créatifs. C'est un bon challenge, d'ailleurs.”, il sourit de nouveau rien qu'à penser à la peinture qui était en cours : une représentation du Chemin de Traverse sous la pluie. Il devait tellement travailler toutes les techniques qu'il connaissait pour la faire!
Le cracmol leva ses yeux du menu, lui offrant un petit sourire en commandant quand même sa salade composée. Pour un premier rendez-vous, il n'allait pas commencer à commander un homard. Premier? "Magnus, on a dit non!" s'admonesta-t-il à nouveau. Il secoua un tout petit peu la tête, de façon à peine perceptible, pour dégager rapidement les pensées qui obstruaient son cerveau. Afin de ne pas les faire revenir, il prit le troisième verre de vin à l'abandon et le sirota en écoutant très attentivement l'écossais. Il se cala bien dans sa chaise, le dos contre le dossier, le regard rivé vers ses yeux. Il avait tendance à fixer les autres, parce qu'il avait appris que les regarder dans les yeux prouvaient son honnêteté. “Félicitations, en tout cas. Ce n'est pas une mince affaire que de réussir tout cela, que ce soit maîtriser un domaine ou créer sa propre entreprise.”, il fut des plus sincères dans son sourire, “C'est impressionnant que tu y sois arrivé.”. Il imaginait la fierté que cela devait être pour Cinaed, de pouvoir dire qu'il vivait de sa plus grande passion.
Le "Tu es mignon" le fit racler sa gorge, son regard fuyant pour se concentrer quelques instants sur son vin. Il avait envie de répondre "Non" mais ce n'était pas très mature - alors il souffla juste un "merci" un peu réservé. Quelques gorgées supplémentaires d'alcool lui permirent de relever les yeux à nouveau. “Je peux comprendre, je n'aime pas ne pas terminer mes dossiers avant de partir en général. Mais j'essaye de tracer une ligne entre le temps que je consacre à mon travail et celui que je consacre à moi.”, et il aimait se consacrer du temps - self care, qu'on disait. Il ne rebondit pas sur la dernière remarque, pour ne pas embarrasser Cinaed - c'était difficile d'admettre qu'on avait des problèmes de santé - surtout quand ces derniers étaient causés par notre propre hygiène de vie.
“Tiens, je suis aussi à la périphérie.”, puis il se mit à rire doucement rien qu'à ce qu'il allait dire, “Si un jour tu cherches un colocataire, préviens moi. Les miens ne sont pas commodes et ne paient pas le loyer. Et puis, les cafards, c'est moyen pour la discussion.”, c'était le problème de vivre à Londres : c'était cher, très cher, et pas rénové pour un sous. Le pire, c'est que la situation n'avait guère changé en trois décennies. “Oui, j'adore mon job. Je me suis essayé à plein de trucs avant mes vingt-cinq ans, mais rien ne me plaisait - ou alors j'étais une véritable catastrophe ambulante.”, il eut un petit frisson au souvenir de la tentacula vénéneuse qui l'avait pris au piège lors de son premier boulot. Jamais il ne remettrait les pieds dans une serre. “J'adore le social, j'adore aider et j'adore l'organisation. Puis la plupart de mes collègues sont vraiment adorables. Sauf Gladys.”, ah, Gladys, sa meilleure ennemie, “Elle, c'est un calvaire. Mais je ne vais pas te bassiner avec mes déboires au travail.”.
Le fait qu'il n'ait eu aucune réaction sauf la surprise le rassura. Ses épaules s'affaissèrent sous le poids qui s'enlevait de celles-ci, et il souffla un bon coup. Pas de moqueries, pas de dégoût, pas de pitié. Parfait. “Il y existe des cours privés pour ceux qui ne peuvent pas aller à Poudlard.”, il ne savait pas exactement comment son père les avait trouvé. Peut-être le bouche à oreille? “Nous étions tous handicapés d'une façon ou d'une autre.” car oui, dans une société sorcière faite de sortilèges et d'enchantements, il se sentait bien handicapé. “Il y avait une très bonne ambiance, on était peu, et on avait un assistant qui passait dans les rangs pour nous aider pendant les cours.”, Monsieur Lloyd serait à jamais gravé dans son esprit comme étant celui qui lui a permis de comprendre la Divination. Même s'il avait tout oublié depuis. “Et toi, comment était-ce à Poudlard? Tu étais dans quelle Maison?”.
Le soudain rapprochement le fit tressaillir, mais il ne bougea pas d'un iota. Il en fallait beaucoup pour le faire sursauter, et un bel écossais ne rentrait pas dans ses critères de peur, bien heureusement. “Euh...”, face à ses questions, il faillit exploser de rire - pas parce qu'elles étaient drôles, mais parce qu'il avait un visage de chiot à cet instant. En souriant, il vint du pouce plisser la ride entre les sourcils de Cinaed, comme pour effacer son inquiétude soudaine. Puis il reprit soudainement sa main, se rappelant que même s'il était tactile, l'autre ne l'était peut-être pas, et que ça ne se faisait pas trop de toucher les gens comme ça. “Je peux être transplaner, prendre un portoloin ou prendre le train. Je hais la cheminette, par contre.”, il se retrouvait toujours plein de poussières, et il ne savait pas comment les sorciers faisaient pour ne pas l'être après un tel voyage. “Donc ne t'inquiète pas, Cinaed,”, il roucoula presque son nom, amusé qu'il était, “Je te rendrais visite dans ta boutique un jour. Après toute notre discussion sur tes oeuvres, j'ai très envie de les voir de mes propres yeux!”.
Le dîner arrivant, il s'écarta de son interlocuteur pour laisser la serveuse poser leur plat. Cela de l'autre lui faisait de l’œil, mais la viande rouge n'était pas très bonne pour la santé - ce pourquoi il avait complètement limité son apport. “Je ne te propose pas de me voir à mon travail, par contre.”, il rit de façon vive, “Sauf si tu veux te reconvertir!”.
“Les cultures sont très différentes en général, oui.”, le brun eut un sourire doux face à l'incertitude de son interlocuteur, “C'est aussi pour ça que j'aime voyager quand je peux. Découvrir, observer, profiter. Il y a des pays dans lesquels je ne retournerais probablement pas, mais d'autres que j'ai adoré et que j'aimerais revoir. Après, on ne peut pas savoir sans tester, et je suis un brin aventureux parfois!”. Pourtant, la plupart du temps, il préférait rester dans son quotidien et ne pas perturber la routine qu'il s'était créé en arrivant à Londres. Mais quand il s'agissait de rencontrer tout un tas de nouvelles personnes, et de découvrir des cultures aussi riches que celle de son pays, il était partant. Cela était peut-être un dérivé de son intérêt pour les autres êtres en général.
Il ne rebondit pas sur son compliment caché, souriant simplement. À la suite, il acquiesça tout en continuant de siroter son vin. Il était rond en bouche, un peu fruité. Tout ce qu'il aimait. “Je partage totalement ton avis. J'adore voir les autres évoluer dans leur environnement, que ce soit des chats ou des êtres humains. La façon dont un geste trahit un comportement, ou quelques rides indiquent une attitude... C'est fascinant, et beau.”, il était tellement ravi de rencontrer quelqu'un qui voyait en partie le monde comme lui le faisait. Il n'avait pas beaucoup d'artistes, comme amis, mais il avait quelques clients qui l'étaient - et il ne pouvait pas trop se permettre de s'étaler sur l'art et la beauté en plein rendez-vous. Une heure, ce n'était pas suffisant pour cela.
Gentil? Le mot le fit souffler un rire. “Merci, je fais de mon mieux. J'avais deviné que ce n'était pas par malice, mais cela peut quand même offenser. Il n'y a pas de mal, ne t'inquiète pas.”, au moins, il ne s'offusquait pas d'être repris, ce qui était un bon, très bon signe. Magnus aimait les gens qui étaient capables de se remettre en question quand il le fallait. Parfois, cela mettait du temps, mais c'était toujours gratifiant de voir quelqu'un faire de son mieux pour s'améliorer. Lui-même avait pour ambition d'être un homme meilleur - une ambition qu'il considérait comme inachevable par sa complexité. “Tiens, tu comptes venir chez moi? C'est rapide.”, il eut un vrai rire, même si après quelques instants, il cacha sa bouche derrière sa main pour faire un peu moins de bruit. Autant, l'écossais ne semblait pas dérangé par les regards extérieurs, autant l'anglais essayait d'être courtois envers les autres clients.
Le petit accès de frustration de Cinaed aurait pu le faire sourire - juste parce qu'il voyait bien d'où venait la petite ride sur son front, désormais. Mais il s'en empêcha de justesse en hochant la tête: il était bien d'accord avec lui sur ce point. “La plupart des personnes ne savent pas pour mon orientation. J'estime que ça ne les regarde pas, en fait.”, mais bon, apparemment, elles devinaient sans grand mal vers quel bord il penchait, “Je dois enlever mes bijoux quand je travaille, pour éviter les attitudes hostiles. C'est dérangeant, mais pas plus que les remarques désagréables pendant que je les aide.”. Il pouvait comprendre le point de vue de la mère de Cinaed, à la fois d'une époque différente et d'un milieu où on attendait des héritiers de sang. C'était bien triste, une telle fermeture au monde, mais elle semblait avoir accepté cela. Après tout, il n'aurait pas été ici, ce soir, si ce n'était pas le cas. “Pour le coup, oui, ma famille l'a accepté sans problème. À vrai dire, cela ne m'avait même pas traversé l'esprit qu'elle le prenne autrement que bien, à l'époque.”, ce n'était pas pire que d'être cracmol, si on en croyait sa propre mère.
Être observé comme il l'était aurait pu le rendre nerveux ou mal à l'aise, mais il aimait bien les regards que lui lançait l'autre - curiosité, appréciation, c'était difficile de détester cela. Il n'était le centre d'attention que de lui, donc ça lui allait. Plus de deux personnes concentrées sur lui et il commençait vraiment à se sentir mal. La blague perverse le prit de court, et sa première réaction de lever les yeux au ciel, avant de souffler un rire. “Arf, je l'ai bien cherché celle-là. Bon timing!”, ce genre d'humour l'amusait un peu tant que ce n'était pas trop et trop lourd. “De la boxe, en fait.”, il n'en avait pas trop le look, car la plupart des gens qui en faisaient avaient un muscle sec. Mais sa couche de graisse permettait à ses muscles de mieux encaisser les chocs. Et puis, il ne se priverait de petites douceurs pour rien au monde. “Vu les mouvements et la précision, j'estime que c'est de l'agilité. Bien sûr, il faut de la force, mais en réalité pas tant que ça. Il suffit de taper au bon endroit.”, ce sport le passionnait - moins que la peinture, par contre -, et il ne s'en cachait pas. Les autres étaient souvent surpris, d'ailleurs, de savoir qu'il était sportif. Lui aussi, parfois.
Face à la démonstration de son partenaire de soirée, Magnus ne put que rire. “Je t'imaginais un poil plus jeune, mais c'est tellement difficile d'estimer l'âge de quelqu'un de la même décennie. Oui, j'ai 33 ans cette année.”, il n'allait pas lui dire que ses pattes d'oie le trahissaient un peu, car il faudrait aussi qu'il précise qu'il trouvait cela absolument attrayant - ça indiquait quelqu'un qui riait et souriait beaucoup.
“Je veux dire par là que tout le monde peut prendre un pinceau et peindre. Je ne dis pas que ce serait beau, par contre.”, il laissa couler un rire doux, avant de reprendre, “L'âme, le cœur. C'est ce qu'on met dans une œuvre, qui la rend vivante ensuite. Je comprends ce que tu veux dire.”. Ne connaissant aucun des outils pour travailler le bois - à part la scie, peut-être -, il ne savait pas s'il était possible de les modifier. Apparemment, non. Peut-être que d'autres avaient déjà essayé, cela dit. “C'est sûr que la peinture et le dessin sont bien plus libres que d'autres travaux créatifs. C'est un bon challenge, d'ailleurs.”, il sourit de nouveau rien qu'à penser à la peinture qui était en cours : une représentation du Chemin de Traverse sous la pluie. Il devait tellement travailler toutes les techniques qu'il connaissait pour la faire!
Le cracmol leva ses yeux du menu, lui offrant un petit sourire en commandant quand même sa salade composée. Pour un premier rendez-vous, il n'allait pas commencer à commander un homard. Premier? "Magnus, on a dit non!" s'admonesta-t-il à nouveau. Il secoua un tout petit peu la tête, de façon à peine perceptible, pour dégager rapidement les pensées qui obstruaient son cerveau. Afin de ne pas les faire revenir, il prit le troisième verre de vin à l'abandon et le sirota en écoutant très attentivement l'écossais. Il se cala bien dans sa chaise, le dos contre le dossier, le regard rivé vers ses yeux. Il avait tendance à fixer les autres, parce qu'il avait appris que les regarder dans les yeux prouvaient son honnêteté. “Félicitations, en tout cas. Ce n'est pas une mince affaire que de réussir tout cela, que ce soit maîtriser un domaine ou créer sa propre entreprise.”, il fut des plus sincères dans son sourire, “C'est impressionnant que tu y sois arrivé.”. Il imaginait la fierté que cela devait être pour Cinaed, de pouvoir dire qu'il vivait de sa plus grande passion.
Le "Tu es mignon" le fit racler sa gorge, son regard fuyant pour se concentrer quelques instants sur son vin. Il avait envie de répondre "Non" mais ce n'était pas très mature - alors il souffla juste un "merci" un peu réservé. Quelques gorgées supplémentaires d'alcool lui permirent de relever les yeux à nouveau. “Je peux comprendre, je n'aime pas ne pas terminer mes dossiers avant de partir en général. Mais j'essaye de tracer une ligne entre le temps que je consacre à mon travail et celui que je consacre à moi.”, et il aimait se consacrer du temps - self care, qu'on disait. Il ne rebondit pas sur la dernière remarque, pour ne pas embarrasser Cinaed - c'était difficile d'admettre qu'on avait des problèmes de santé - surtout quand ces derniers étaient causés par notre propre hygiène de vie.
“Tiens, je suis aussi à la périphérie.”, puis il se mit à rire doucement rien qu'à ce qu'il allait dire, “Si un jour tu cherches un colocataire, préviens moi. Les miens ne sont pas commodes et ne paient pas le loyer. Et puis, les cafards, c'est moyen pour la discussion.”, c'était le problème de vivre à Londres : c'était cher, très cher, et pas rénové pour un sous. Le pire, c'est que la situation n'avait guère changé en trois décennies. “Oui, j'adore mon job. Je me suis essayé à plein de trucs avant mes vingt-cinq ans, mais rien ne me plaisait - ou alors j'étais une véritable catastrophe ambulante.”, il eut un petit frisson au souvenir de la tentacula vénéneuse qui l'avait pris au piège lors de son premier boulot. Jamais il ne remettrait les pieds dans une serre. “J'adore le social, j'adore aider et j'adore l'organisation. Puis la plupart de mes collègues sont vraiment adorables. Sauf Gladys.”, ah, Gladys, sa meilleure ennemie, “Elle, c'est un calvaire. Mais je ne vais pas te bassiner avec mes déboires au travail.”.
Le fait qu'il n'ait eu aucune réaction sauf la surprise le rassura. Ses épaules s'affaissèrent sous le poids qui s'enlevait de celles-ci, et il souffla un bon coup. Pas de moqueries, pas de dégoût, pas de pitié. Parfait. “Il y existe des cours privés pour ceux qui ne peuvent pas aller à Poudlard.”, il ne savait pas exactement comment son père les avait trouvé. Peut-être le bouche à oreille? “Nous étions tous handicapés d'une façon ou d'une autre.” car oui, dans une société sorcière faite de sortilèges et d'enchantements, il se sentait bien handicapé. “Il y avait une très bonne ambiance, on était peu, et on avait un assistant qui passait dans les rangs pour nous aider pendant les cours.”, Monsieur Lloyd serait à jamais gravé dans son esprit comme étant celui qui lui a permis de comprendre la Divination. Même s'il avait tout oublié depuis. “Et toi, comment était-ce à Poudlard? Tu étais dans quelle Maison?”.
Le soudain rapprochement le fit tressaillir, mais il ne bougea pas d'un iota. Il en fallait beaucoup pour le faire sursauter, et un bel écossais ne rentrait pas dans ses critères de peur, bien heureusement. “Euh...”, face à ses questions, il faillit exploser de rire - pas parce qu'elles étaient drôles, mais parce qu'il avait un visage de chiot à cet instant. En souriant, il vint du pouce plisser la ride entre les sourcils de Cinaed, comme pour effacer son inquiétude soudaine. Puis il reprit soudainement sa main, se rappelant que même s'il était tactile, l'autre ne l'était peut-être pas, et que ça ne se faisait pas trop de toucher les gens comme ça. “Je peux être transplaner, prendre un portoloin ou prendre le train. Je hais la cheminette, par contre.”, il se retrouvait toujours plein de poussières, et il ne savait pas comment les sorciers faisaient pour ne pas l'être après un tel voyage. “Donc ne t'inquiète pas, Cinaed,”, il roucoula presque son nom, amusé qu'il était, “Je te rendrais visite dans ta boutique un jour. Après toute notre discussion sur tes oeuvres, j'ai très envie de les voir de mes propres yeux!”.
Le dîner arrivant, il s'écarta de son interlocuteur pour laisser la serveuse poser leur plat. Cela de l'autre lui faisait de l’œil, mais la viande rouge n'était pas très bonne pour la santé - ce pourquoi il avait complètement limité son apport. “Je ne te propose pas de me voir à mon travail, par contre.”, il rit de façon vive, “Sauf si tu veux te reconvertir!”.
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Un dîner presque parfait
Rester assit normalement commençait à l'embêter puisqu'il se forçait à ne pas agiter les jambes pour ne pas faire trembler la table. Il avait beau dire qu'il se fichait de tout, il avait quand même quelques réflexes de sa jeunesse : marcher correctement, se tenir droit, s'asseoir avec classe et ces réflexes ressortaient quand il se tenait entouré d'argent. Il essayait de ne pas s'y conformer mais les nombreuses punitions qu'il avait eu étant enfant pour ne pas avoir respecté les règles restaient collées à l'arrière de sa cervelle. Heureusement, quand il était jeune il avait eu le père d'Ewan, son cher précepteur. Le vieil homme lui avait toujours laissé plus de liberté que ses parents, et c'était normal puisqu'il était d'une classe sociale moins élevée. Cinaed avait pu se rouler dans l'herbe, porter des jeans et compagnie tant qu'il le souhaitait quand ses parents avaient le dos tourné.
Il grogna pour lui même et pinça ses cuisses pour se calmer. Finalement, il en eut assez et repoussa un peu sa chaise de la table pour pouvoir s'y asseoir en tailleur. Un soupir soulagé passa la barrière de ses lèvres alors qu'il pouvait à nouveau se sentir à l'aise en agitant les genoux de haut en bas. Il avait tenu presque une heure à rester assit normalement, on pouvait le féliciter. Généralement, et surtout après une journée fatigante, ça durait moins longtemps.
Il cligna quelques fois des yeux en essayant de se concentrer à nouveau sur ce que Magnus avait dit. Ils parlaient de voyage, n'est-ce pas ? Et des pays que l'autre avait visité. Avait-il donné des noms ? Cinaed avait détourné son attention quelques secondes et il ne se souvenait même plus réellement de ce qu'il avait dit ou pas. Bon, dans le doute, mieux valait demander au cas où. Au pire, si l'autre se demandait pourquoi il devait se répéter, Cinaed resterait honnête : il ne l'avait pas écouté, trop prit par le fait de devoir être normal et bien sur lui. Quels sont les pays que tu as aimé visiter ? Il ria doucement en frottant un pli de son jean sur son genoux gauche Tu aimes voyager à plusieurs ou tu préfère le faire seul ? Cinaed n'était pas très aventureux, il fallait se l'avouer : moins on lui en demandait, mieux il se portait. Il vivrait très bien à être laissé seul avec quelques morceaux de bois. Cela dit, si Ewan l'avait tiré pour voyager, il aurait sûrement dit oui et passé un bon moment. Seul, ça ne semblait pas attrayant.
Cinaed sourit plus fort quand l'autre partagea son avis sur la beauté du monde. Les gens avaient tendance à s'intéresser à la beauté physique mais pas à la beauté vivante. Ils trouvaient beau un visage symétrique et fin alors que Cinaed pouvait aimer même le plus laid d'entre eux tant que la personne qui le portait était passionnément vivante. Je trouve que les enfants ont un talent particulier pour ça, pour vivre comme eux-mêmes, joliment et sans prise de tête. Je ne suis pas sûr d'en vouloir un jour, mais j'aime observer ma filleule. Je crois qu'elle me comprend plus que certains adultes, d'ailleurs. Pour vouloir un enfant, il fallait d'être vouloir se poser suffisamment avec quelqu'un et Cinaed n'était pas certain d'y arriver un jour. Enfin, c'était surtout qu'il n'y pensait pas et qu'il n'était pas du genre ultra romantique alors il devait laisser passer beaucoup d'opportunités juste parce que les sentiments romantiques lui venaient difficilement voire pas du tout.
J'essaierais de faire plus attention à ne pas te poser de questions là dessus. dit-il sérieusement. Essayer ça ne voulait pas dire réussir, alors il ne se mettait pas trop la pression : il n'était pas exclu qu'il oublie ce détail et qu'il se mettre à re poser des questions indiscrète mais pour ce rendez-vous au moins, il ferait un petit effort. Et puis s'ils devaient se revoir, Magnus apprendrait à faire encore moins attention à toutes les petites choses qui dérangeaient chez lui et Cinaed apprendrait à connaître suffisamment l'autre pour ne plus avoir besoin de poser des questions. Toi tu n'as jamais envie de poser des questions comme ça aux autres ? C'était pour ça qu'il n'en posait pas, ou simplement parce qu'il savait se retenir mieux que lui ?
Il eu envie de tirer la manche de l'autre pour qu'il arrête de cacher sa bouche : l'entendre rire était agréable et il aimait beaucoup les gens qui riaient. Cela illuminait leur visage joliment. Cependant, il garda ses mains pour lui et se contenta de pincer à nouveau son jean, les yeux pétillants. J'aimerais bien oui avoua-t-il sans sourciller Ou au moins te proposer un autre verre plus tard. Sais-tu jouer au billard ? Ou aux cartes peut-être ? Je suis mauvais au poker mais je pourrais t'apprendre les règles du billard. Ce n'est pas très difficile et je connais plein de bar avec des salles de jeux sympa.
Un souvenir germa dans son esprit et un sourire doux lui barra le visage alors qu'il riait doucement pour lui même. Je pourrais t'emmener dans une salle d'arcades aussi, ou au karaoké, j'ai découvert ça la première année où j'ai emménagé dans le Londres moldu. Ils étaient peut-être trop vieux pour s'amuser comme il l'avait fait dans sa vingtaine avec Ewan, mais qui pouvait juger deux trentenaires - dont un presque quarantenaire - qui voulaient retrouver un semblant de jeunesse ? Et puis, les gens pouvaient juger, ce n'était pas Cinaed qui le remarquerait dans tous les cas et il était prêt à apprendre à Magnus le talent merveilleux d'être à côté de la plaque, tellement qu'il passait sous les regards noirs des autres sans s'arrêter.
Il récupéra son verre abandonné sur la table, jouant avec quelques secondes avant de finir les quelques gorgées de vin qu'il avait laissées. Tu as bien raison, et puis il n'y a aucun intérêt à le dire à tous les passants. Il haussa les épaules Même si je ne le cache pas, personnellement, je m'en fiche un peu en fait. C'est un truc comme un autre, je ne comprendrais sûrement jamais pourquoi les gens s'y intéressent tant ou s'embêtent à avoir un avis sur la question. Je veux dire, ça ne les regarde pas. Ca ne regarde que toi et tes partenaires. Il fit un nouveau sourire Mais je suis content que ta famille l'aie bien prit, même si c'est dommage que tu doives te brider au boulot. J'ai de la chance de ne pas tellement dépendre des idiots qui entrent dans ma boutique. S'ils ne m'apprécient pas, ils peuvent partir mais bon... si tu travaille dans le social, c'est différent. Il arrive souvent qu'ils te fassent des remarque alors que tu veux les aider ? Ce n'est pas agaçant ?
Il déplia ses jambes pour pouvoir se pencher par dessus la table et attraper une de ses mains pour observer de plus près ses bagues. Il passa son doigt sur l'une d'elle, traçant du bout de la pulpe l'anneau avant de se réinstaller sur sa chaise, toujours en tailleurs. Elles sont jolies en tout cas tes bagues, tu as de belles mains. Tu as beaucoup d'autres bijoux ou tu mets les mêmes à chaque fois ? Cinaed n'avait jamais porté de bague, impossible avec son métier mais il aimait parfois porter des bracelets. Le soucis était qu'il n'en avait jamais reçu qui ai une valeur suffisante à ses yeux pour qu'il pense à les porter tous les jours. Cependant, nul doute que quand Avaleen commencerait à en faire en tissu ou en élastiques, il se mettrait à en porter.
Il renifla légèrement, amusé à un autre niveau. Je sais attraper une perche quand on m'en tend une et il appréciait honnêtement beaucoup les blagues graveleuses. Il avait un humour assez noir et pervers quand on le laissait faire. Ca dérangeait parfois les gens, mais son entourage - composé d'Ewan, Sile et Avaleen - était habitué et laissait couler même quand ils ne riaient pas. Tu saurais me mettre K.O alors ? Il fallait se l'avouer, un homme qui pouvait vous tenir tête, c'était souvent sexy pour beaucoup. Cinaed était une personne faible qui appréciait les démonstrations de force parfois. Pas quand il s'agissait de lui taper dessus mais il appréciait perdre les petits batailles amusantes ou se faire bousculer quelques fois.
Tu en fais dans un club ? Mon associé m'a dit de reprendre le sport aussi, mais je fais surtout de la course et du duel au club de Godric's Hollow. Je n'avais même pas pensé à la boxe pour être honnête, alors que j'ai plus tendance à me défendre avec mes poings qu'avec ma baguette quand j'en ai besoin il ria doucement et se frotta la nuque Enfin, ça ne veut pas dire que je suis très doué puisque je n'attaque pas en premier. La dernière fois que j'ai dû me défendre, j'en suis ressorti bien mal en point, c'est pour ça qu'on m'a poussé à commencer le duel. Je n'suis pas très bon. Il commençait à se souvenir de tous les sortilèges possibles et inimaginables mais il manquait encore d'agilité et de rapidité. Il n'était pas sûr que ça change un jour, mais au moins maintenant il savait faire un patronus !
Cinaed passa la remarque sur son âge - même s'il aurait dû être flatté - pour se concentrer sur le nombre que l'autre échappa. 33, ça allait. 33 ça lui allait même très bien. Il avait tendance à apprécier plus facilement les hommes plus vieux que lui parce qu'ils prenaient souvent plus d'initiatives pour le tacler quand il devenait trop insensible mais un homme plus jeune qui savait le faire aussi, c'était pareil. Est-ce que sortir avec un homme plus vieux te dérange ? demanda-t-il finalement, curieux. Il parlait plutôt de sortir en rendez-vous que de sortir ensemble mais bon, quel que soit le sens que l'autre comprenait, la réponse serait intéressante et importante.
Il était possible de modifier ses outils, pour avoir une courbure particulière ou un tranchant plus agressif mais Cinaed le faisait peu. Il lui semblait qu'il avait déjà toutes les courbures dont il pouvait avoir besoin alors il modifiait surtout le tranchant pour avoir moins à forcer sur ses outils. L'art c'est le cœur, dans tous les cas fredonna-t-il Je ne dessine que pour faire des croquis, mais c'est vrai qu'il y a tellement de possibilités avec un crayon. Objets, êtres vivants... Et le style aussi. Toi par exemple tu peints la réalité, mais on voit aussi beaucoup d'abstrait dans les musées ou des gens qui peignent ou dessinent des BDs, des personnages de film... Actuellement, Cinaed était sur quelques amulettes pour renflouer sa collection qui diminuait à vue d'œil à chaque visite des élèves de Poudlard et il se demandait ce que pouvait bien peindre l'autre pour utiliser un bleu si joli. As-tu déjà peins des portraits ? Que fais-tu en ce moment ? Une autre peinture du ciel ?
Il cacha un nouveau rougissement derrière une toux alors qu'il détournait le regard du visage de l'autre. Il n'avait normalement pas de soucis à observer les autres dans les yeux mais la manière qu'avait Magnus de le regarder le rendait tout bouillonnant de l'intérieur. Merci, heureusement j'ai été bien entouré et mon associé est un pro des papiers que je ne comprend pas.
La fierté s'abattit à nouveau sur lui et il redressa la tête avec un hoquet de satisfaction. Mais j'ai travaillé dur, et ma boutique est tout ce dont je pouvais rêver. Elle fonctionne bien, je suis sûr que je pourrais en faire quelque chose de parfait à l'avenir et qu'on s'arrachera mes créations quand j'aurais gravé ma patte à Pré-au-Lard. Il avait toute confiance en Ewan pour s'occuper de l'administratif et, à deux, ils amèneraient l'Atelier des Sylves au sommet. Ils n'étaient pas placés dans la rue principale du petit village sorcier mais ça ne faisait rien : bientôt, l'Atelier serait un passage obligatoire pour tous les sorciers. Il ne manquait pas de personnes pour croire en lui. Ses clients, Eileen, son ancien patron et mentor et même ses parents. Même si sa mère aurait préféré qu'il fasse autre chose et n'appréciait pas entièrement le tournant qu'il avait prit dans sa vie, Cinaed savait qu'il était dans ses pensées quand il s'agissait de prier pour la réussite de la famille.
Il grimaça ensuite C'est difficile de... délimiter le moment où je suis professionnel et le moment où je m'occupe de ma vie personnelle. Tout est tellement lié, surtout quand on a une boutique. J'y pense pratiquement tout le temps et puisque j'ai fait de ma passion mon travail, il est difficile de savoir quand je bosse et quand je fais simplement mon hobby préféré, tu comprends ? Je ne fais pas grand chose d'autre, mais maintenant j'ai ma filleule que je garde souvent et le club de duel alors je suppose que ça m'aide un peu à délimiter le personnel.
Il agita la main devant son visage comme pour dégager la conversation avant que son rire ne rejoigne celui de l'autre. Il répondit très sérieusement à sa proposition, ne comprenant pas vraiment qu'elle avait été faite sur le ton de la blague. Ewan n'arrête pas de dire que je dois déménager avant que la moisissure de ma cuisine et ma salle de bain ne décide de muter et de me tuer dans mon sommeil, alors si ça peut toi aussi t'empêcher de vivre dans un dépotoir, ça serait amusant de faire une colocation. Il sourit légèrement Si tu avais les moyens, où aimerais tu vivre ? Loin de tes cafards, déjà, je suppose ! Ewan le tuerait sûrement à moitié en apprenant qu'il n'était pas dérangé à l'idée d'emménager avec un presque inconnu, mais bon, n'était-ce pas comme ça que toutes les collocations - ou presque - débutaient ? Et puis il serait sûrement content que Cinaed décide enfin de déménager alors qu'il l'y poussait depuis des années sans que l'ébéniste ne trouve d'intérêt à le faire.
Gladys a le prénom de l'emploi, si je puis me permettre. Est-elle si horrible que ça ? Je pensais que tous les gens qui bossaient dans le social étaient doux et gentils, un peu comme toi. Ca semble un peu contre-productif d'engager des idiots pour aider les autres à l'être moins, non ? Cinaed avait eu de la chance, beaucoup de chance, de trouver ce qu'il voulait faire un peu dès le début. Il avait tout de suite compris qu'il voulait travailler les enchantements. Ce qui avait prit plus de temps c'était de comprendre qu'il avait aussi besoin de la sculpture et que travailler dans un autre domaine ne lui laissait pas assez de temps pour pratiquer sa passion.
Un peu comme un précepteur ?Demanda-t-il, incapable de faire le lien avec autre chose. Une classe spéciale avec un professeur attentif, c'était un peu comme prendre des cours particuliers avec un précepteur, non ? Et ça, il savait ce que c'était : lui-même en avait eu un pendant 3 ans avant d'entrer à Poudlard. Je ne savais pas que ça existait, j'avoue que je n'ai jamais rencontré de cracmol auparavant alors j'ai toujours bêtement pensé qu'ils suivaient des études moldues. Moi j'ai été à Serdaigle, même si je n'étais pas un premier de la classe, loin de là. Il se souvenait des heures à attendre devant la salle commune pour que Ewan puisse entendre l'énigme qu'on lui avait proposé, ou de ses baignades interdites dans la fontaine ou le lac. En fait, j'ai reçu énormément de retenues durant ma scolarité mais chacune d'entre elles valait le coup. Je m'y suis énormément amusé, même si mes choix de matière ont été le premier soucis que j'ai eu avec mes parents. Ma mère a toujours voulu que je poursuivre la défense et les potions alors que je me suis dépêché d'abandonner ces matières dès que j'ai pu.
Il faillit tomber face contre table alors que Magnus lui toucha le front. Il était terriblement tactile mais n'avait pas l'habitude que les gens en face le soient avec lui alors sa touche le surprit plus qu'il ne voulut l'admettre. Cependant, il empêcha l'autre de retirer sa main en la prenant dans la sienne doucement. Il amena à nouveau la main de l'autre à son visage, posant sa joue contre elle pendant quelques secondes avant de le relâcher et s'écarter pour permettre au serveur de leur poser leur plat. Le petit contact lui fit plus plaisir que prévu. Il aimait qu'on le touche, que ce soit une petite tape sur l'épaule ou un bras autour de la taille.
Il ria d'embarra alors que la serveure filait et joua quelques secondes avec une des mèches de cheveux qui lui tombait sur le visage. Je me suis un peu emballé ria-t-il avant de commencer à découper sa viande doucement. Elle était bien saignante, tout comme il l'aimait. J'n'aime pas la cheminette non plus, je tombe à chaque fois que je sors du foyer ! Mais je vais devoir en installer une à la boutique parce que je suis parfois trop fatigué pour transplaner jusqu'à chez moi. Il se mordilla la lèvre à nouveau Mais je serais ravi de t'y emmener, j'ai l'habitude de transplaner à plusieurs si ça t'inquiètes. Et... et si ma boutique ne fonctionne pas, alors je saurais qui aller voir pour trouver le meilleur conseiller du Londres sorcier. Il lui fit un clin d'œil avant de piquer sa fourchette dans un morceau de viande ni trop grand, ni pas assez. Une fois cela fait, il tendit sa fourchette par dessus la table, vers l'autre et lui fit un grand sourire. Tu veux goûter ?
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]
Il grogna pour lui même et pinça ses cuisses pour se calmer. Finalement, il en eut assez et repoussa un peu sa chaise de la table pour pouvoir s'y asseoir en tailleur. Un soupir soulagé passa la barrière de ses lèvres alors qu'il pouvait à nouveau se sentir à l'aise en agitant les genoux de haut en bas. Il avait tenu presque une heure à rester assit normalement, on pouvait le féliciter. Généralement, et surtout après une journée fatigante, ça durait moins longtemps.
Il cligna quelques fois des yeux en essayant de se concentrer à nouveau sur ce que Magnus avait dit. Ils parlaient de voyage, n'est-ce pas ? Et des pays que l'autre avait visité. Avait-il donné des noms ? Cinaed avait détourné son attention quelques secondes et il ne se souvenait même plus réellement de ce qu'il avait dit ou pas. Bon, dans le doute, mieux valait demander au cas où. Au pire, si l'autre se demandait pourquoi il devait se répéter, Cinaed resterait honnête : il ne l'avait pas écouté, trop prit par le fait de devoir être normal et bien sur lui. Quels sont les pays que tu as aimé visiter ? Il ria doucement en frottant un pli de son jean sur son genoux gauche Tu aimes voyager à plusieurs ou tu préfère le faire seul ? Cinaed n'était pas très aventureux, il fallait se l'avouer : moins on lui en demandait, mieux il se portait. Il vivrait très bien à être laissé seul avec quelques morceaux de bois. Cela dit, si Ewan l'avait tiré pour voyager, il aurait sûrement dit oui et passé un bon moment. Seul, ça ne semblait pas attrayant.
Cinaed sourit plus fort quand l'autre partagea son avis sur la beauté du monde. Les gens avaient tendance à s'intéresser à la beauté physique mais pas à la beauté vivante. Ils trouvaient beau un visage symétrique et fin alors que Cinaed pouvait aimer même le plus laid d'entre eux tant que la personne qui le portait était passionnément vivante. Je trouve que les enfants ont un talent particulier pour ça, pour vivre comme eux-mêmes, joliment et sans prise de tête. Je ne suis pas sûr d'en vouloir un jour, mais j'aime observer ma filleule. Je crois qu'elle me comprend plus que certains adultes, d'ailleurs. Pour vouloir un enfant, il fallait d'être vouloir se poser suffisamment avec quelqu'un et Cinaed n'était pas certain d'y arriver un jour. Enfin, c'était surtout qu'il n'y pensait pas et qu'il n'était pas du genre ultra romantique alors il devait laisser passer beaucoup d'opportunités juste parce que les sentiments romantiques lui venaient difficilement voire pas du tout.
J'essaierais de faire plus attention à ne pas te poser de questions là dessus. dit-il sérieusement. Essayer ça ne voulait pas dire réussir, alors il ne se mettait pas trop la pression : il n'était pas exclu qu'il oublie ce détail et qu'il se mettre à re poser des questions indiscrète mais pour ce rendez-vous au moins, il ferait un petit effort. Et puis s'ils devaient se revoir, Magnus apprendrait à faire encore moins attention à toutes les petites choses qui dérangeaient chez lui et Cinaed apprendrait à connaître suffisamment l'autre pour ne plus avoir besoin de poser des questions. Toi tu n'as jamais envie de poser des questions comme ça aux autres ? C'était pour ça qu'il n'en posait pas, ou simplement parce qu'il savait se retenir mieux que lui ?
Il eu envie de tirer la manche de l'autre pour qu'il arrête de cacher sa bouche : l'entendre rire était agréable et il aimait beaucoup les gens qui riaient. Cela illuminait leur visage joliment. Cependant, il garda ses mains pour lui et se contenta de pincer à nouveau son jean, les yeux pétillants. J'aimerais bien oui avoua-t-il sans sourciller Ou au moins te proposer un autre verre plus tard. Sais-tu jouer au billard ? Ou aux cartes peut-être ? Je suis mauvais au poker mais je pourrais t'apprendre les règles du billard. Ce n'est pas très difficile et je connais plein de bar avec des salles de jeux sympa.
Un souvenir germa dans son esprit et un sourire doux lui barra le visage alors qu'il riait doucement pour lui même. Je pourrais t'emmener dans une salle d'arcades aussi, ou au karaoké, j'ai découvert ça la première année où j'ai emménagé dans le Londres moldu. Ils étaient peut-être trop vieux pour s'amuser comme il l'avait fait dans sa vingtaine avec Ewan, mais qui pouvait juger deux trentenaires - dont un presque quarantenaire - qui voulaient retrouver un semblant de jeunesse ? Et puis, les gens pouvaient juger, ce n'était pas Cinaed qui le remarquerait dans tous les cas et il était prêt à apprendre à Magnus le talent merveilleux d'être à côté de la plaque, tellement qu'il passait sous les regards noirs des autres sans s'arrêter.
Il récupéra son verre abandonné sur la table, jouant avec quelques secondes avant de finir les quelques gorgées de vin qu'il avait laissées. Tu as bien raison, et puis il n'y a aucun intérêt à le dire à tous les passants. Il haussa les épaules Même si je ne le cache pas, personnellement, je m'en fiche un peu en fait. C'est un truc comme un autre, je ne comprendrais sûrement jamais pourquoi les gens s'y intéressent tant ou s'embêtent à avoir un avis sur la question. Je veux dire, ça ne les regarde pas. Ca ne regarde que toi et tes partenaires. Il fit un nouveau sourire Mais je suis content que ta famille l'aie bien prit, même si c'est dommage que tu doives te brider au boulot. J'ai de la chance de ne pas tellement dépendre des idiots qui entrent dans ma boutique. S'ils ne m'apprécient pas, ils peuvent partir mais bon... si tu travaille dans le social, c'est différent. Il arrive souvent qu'ils te fassent des remarque alors que tu veux les aider ? Ce n'est pas agaçant ?
Il déplia ses jambes pour pouvoir se pencher par dessus la table et attraper une de ses mains pour observer de plus près ses bagues. Il passa son doigt sur l'une d'elle, traçant du bout de la pulpe l'anneau avant de se réinstaller sur sa chaise, toujours en tailleurs. Elles sont jolies en tout cas tes bagues, tu as de belles mains. Tu as beaucoup d'autres bijoux ou tu mets les mêmes à chaque fois ? Cinaed n'avait jamais porté de bague, impossible avec son métier mais il aimait parfois porter des bracelets. Le soucis était qu'il n'en avait jamais reçu qui ai une valeur suffisante à ses yeux pour qu'il pense à les porter tous les jours. Cependant, nul doute que quand Avaleen commencerait à en faire en tissu ou en élastiques, il se mettrait à en porter.
Il renifla légèrement, amusé à un autre niveau. Je sais attraper une perche quand on m'en tend une et il appréciait honnêtement beaucoup les blagues graveleuses. Il avait un humour assez noir et pervers quand on le laissait faire. Ca dérangeait parfois les gens, mais son entourage - composé d'Ewan, Sile et Avaleen - était habitué et laissait couler même quand ils ne riaient pas. Tu saurais me mettre K.O alors ? Il fallait se l'avouer, un homme qui pouvait vous tenir tête, c'était souvent sexy pour beaucoup. Cinaed était une personne faible qui appréciait les démonstrations de force parfois. Pas quand il s'agissait de lui taper dessus mais il appréciait perdre les petits batailles amusantes ou se faire bousculer quelques fois.
Tu en fais dans un club ? Mon associé m'a dit de reprendre le sport aussi, mais je fais surtout de la course et du duel au club de Godric's Hollow. Je n'avais même pas pensé à la boxe pour être honnête, alors que j'ai plus tendance à me défendre avec mes poings qu'avec ma baguette quand j'en ai besoin il ria doucement et se frotta la nuque Enfin, ça ne veut pas dire que je suis très doué puisque je n'attaque pas en premier. La dernière fois que j'ai dû me défendre, j'en suis ressorti bien mal en point, c'est pour ça qu'on m'a poussé à commencer le duel. Je n'suis pas très bon. Il commençait à se souvenir de tous les sortilèges possibles et inimaginables mais il manquait encore d'agilité et de rapidité. Il n'était pas sûr que ça change un jour, mais au moins maintenant il savait faire un patronus !
Cinaed passa la remarque sur son âge - même s'il aurait dû être flatté - pour se concentrer sur le nombre que l'autre échappa. 33, ça allait. 33 ça lui allait même très bien. Il avait tendance à apprécier plus facilement les hommes plus vieux que lui parce qu'ils prenaient souvent plus d'initiatives pour le tacler quand il devenait trop insensible mais un homme plus jeune qui savait le faire aussi, c'était pareil. Est-ce que sortir avec un homme plus vieux te dérange ? demanda-t-il finalement, curieux. Il parlait plutôt de sortir en rendez-vous que de sortir ensemble mais bon, quel que soit le sens que l'autre comprenait, la réponse serait intéressante et importante.
Il était possible de modifier ses outils, pour avoir une courbure particulière ou un tranchant plus agressif mais Cinaed le faisait peu. Il lui semblait qu'il avait déjà toutes les courbures dont il pouvait avoir besoin alors il modifiait surtout le tranchant pour avoir moins à forcer sur ses outils. L'art c'est le cœur, dans tous les cas fredonna-t-il Je ne dessine que pour faire des croquis, mais c'est vrai qu'il y a tellement de possibilités avec un crayon. Objets, êtres vivants... Et le style aussi. Toi par exemple tu peints la réalité, mais on voit aussi beaucoup d'abstrait dans les musées ou des gens qui peignent ou dessinent des BDs, des personnages de film... Actuellement, Cinaed était sur quelques amulettes pour renflouer sa collection qui diminuait à vue d'œil à chaque visite des élèves de Poudlard et il se demandait ce que pouvait bien peindre l'autre pour utiliser un bleu si joli. As-tu déjà peins des portraits ? Que fais-tu en ce moment ? Une autre peinture du ciel ?
Il cacha un nouveau rougissement derrière une toux alors qu'il détournait le regard du visage de l'autre. Il n'avait normalement pas de soucis à observer les autres dans les yeux mais la manière qu'avait Magnus de le regarder le rendait tout bouillonnant de l'intérieur. Merci, heureusement j'ai été bien entouré et mon associé est un pro des papiers que je ne comprend pas.
La fierté s'abattit à nouveau sur lui et il redressa la tête avec un hoquet de satisfaction. Mais j'ai travaillé dur, et ma boutique est tout ce dont je pouvais rêver. Elle fonctionne bien, je suis sûr que je pourrais en faire quelque chose de parfait à l'avenir et qu'on s'arrachera mes créations quand j'aurais gravé ma patte à Pré-au-Lard. Il avait toute confiance en Ewan pour s'occuper de l'administratif et, à deux, ils amèneraient l'Atelier des Sylves au sommet. Ils n'étaient pas placés dans la rue principale du petit village sorcier mais ça ne faisait rien : bientôt, l'Atelier serait un passage obligatoire pour tous les sorciers. Il ne manquait pas de personnes pour croire en lui. Ses clients, Eileen, son ancien patron et mentor et même ses parents. Même si sa mère aurait préféré qu'il fasse autre chose et n'appréciait pas entièrement le tournant qu'il avait prit dans sa vie, Cinaed savait qu'il était dans ses pensées quand il s'agissait de prier pour la réussite de la famille.
Il grimaça ensuite C'est difficile de... délimiter le moment où je suis professionnel et le moment où je m'occupe de ma vie personnelle. Tout est tellement lié, surtout quand on a une boutique. J'y pense pratiquement tout le temps et puisque j'ai fait de ma passion mon travail, il est difficile de savoir quand je bosse et quand je fais simplement mon hobby préféré, tu comprends ? Je ne fais pas grand chose d'autre, mais maintenant j'ai ma filleule que je garde souvent et le club de duel alors je suppose que ça m'aide un peu à délimiter le personnel.
Il agita la main devant son visage comme pour dégager la conversation avant que son rire ne rejoigne celui de l'autre. Il répondit très sérieusement à sa proposition, ne comprenant pas vraiment qu'elle avait été faite sur le ton de la blague. Ewan n'arrête pas de dire que je dois déménager avant que la moisissure de ma cuisine et ma salle de bain ne décide de muter et de me tuer dans mon sommeil, alors si ça peut toi aussi t'empêcher de vivre dans un dépotoir, ça serait amusant de faire une colocation. Il sourit légèrement Si tu avais les moyens, où aimerais tu vivre ? Loin de tes cafards, déjà, je suppose ! Ewan le tuerait sûrement à moitié en apprenant qu'il n'était pas dérangé à l'idée d'emménager avec un presque inconnu, mais bon, n'était-ce pas comme ça que toutes les collocations - ou presque - débutaient ? Et puis il serait sûrement content que Cinaed décide enfin de déménager alors qu'il l'y poussait depuis des années sans que l'ébéniste ne trouve d'intérêt à le faire.
Gladys a le prénom de l'emploi, si je puis me permettre. Est-elle si horrible que ça ? Je pensais que tous les gens qui bossaient dans le social étaient doux et gentils, un peu comme toi. Ca semble un peu contre-productif d'engager des idiots pour aider les autres à l'être moins, non ? Cinaed avait eu de la chance, beaucoup de chance, de trouver ce qu'il voulait faire un peu dès le début. Il avait tout de suite compris qu'il voulait travailler les enchantements. Ce qui avait prit plus de temps c'était de comprendre qu'il avait aussi besoin de la sculpture et que travailler dans un autre domaine ne lui laissait pas assez de temps pour pratiquer sa passion.
Un peu comme un précepteur ?Demanda-t-il, incapable de faire le lien avec autre chose. Une classe spéciale avec un professeur attentif, c'était un peu comme prendre des cours particuliers avec un précepteur, non ? Et ça, il savait ce que c'était : lui-même en avait eu un pendant 3 ans avant d'entrer à Poudlard. Je ne savais pas que ça existait, j'avoue que je n'ai jamais rencontré de cracmol auparavant alors j'ai toujours bêtement pensé qu'ils suivaient des études moldues. Moi j'ai été à Serdaigle, même si je n'étais pas un premier de la classe, loin de là. Il se souvenait des heures à attendre devant la salle commune pour que Ewan puisse entendre l'énigme qu'on lui avait proposé, ou de ses baignades interdites dans la fontaine ou le lac. En fait, j'ai reçu énormément de retenues durant ma scolarité mais chacune d'entre elles valait le coup. Je m'y suis énormément amusé, même si mes choix de matière ont été le premier soucis que j'ai eu avec mes parents. Ma mère a toujours voulu que je poursuivre la défense et les potions alors que je me suis dépêché d'abandonner ces matières dès que j'ai pu.
Il faillit tomber face contre table alors que Magnus lui toucha le front. Il était terriblement tactile mais n'avait pas l'habitude que les gens en face le soient avec lui alors sa touche le surprit plus qu'il ne voulut l'admettre. Cependant, il empêcha l'autre de retirer sa main en la prenant dans la sienne doucement. Il amena à nouveau la main de l'autre à son visage, posant sa joue contre elle pendant quelques secondes avant de le relâcher et s'écarter pour permettre au serveur de leur poser leur plat. Le petit contact lui fit plus plaisir que prévu. Il aimait qu'on le touche, que ce soit une petite tape sur l'épaule ou un bras autour de la taille.
Il ria d'embarra alors que la serveure filait et joua quelques secondes avec une des mèches de cheveux qui lui tombait sur le visage. Je me suis un peu emballé ria-t-il avant de commencer à découper sa viande doucement. Elle était bien saignante, tout comme il l'aimait. J'n'aime pas la cheminette non plus, je tombe à chaque fois que je sors du foyer ! Mais je vais devoir en installer une à la boutique parce que je suis parfois trop fatigué pour transplaner jusqu'à chez moi. Il se mordilla la lèvre à nouveau Mais je serais ravi de t'y emmener, j'ai l'habitude de transplaner à plusieurs si ça t'inquiètes. Et... et si ma boutique ne fonctionne pas, alors je saurais qui aller voir pour trouver le meilleur conseiller du Londres sorcier. Il lui fit un clin d'œil avant de piquer sa fourchette dans un morceau de viande ni trop grand, ni pas assez. Une fois cela fait, il tendit sa fourchette par dessus la table, vers l'autre et lui fit un grand sourire. Tu veux goûter ?
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon[/center]