Mascarade
31 décembre 2049Bal < Précédemment
Place Armand Malfoy — Godric's Hollow
Après 22h et avant minuit
Aodren arrive près de nous alors que nous sommes tous trois rassemblés près du buffet, Rockfield un énième verre à la main et le masque de travers, Johnson qui fait le commentaire de chaque bouchée qu'il avale et moi-même qui regarde autour en me persuadant que je suis en train de tout faire sauf de chercher celui-qui-fut-mon-cavalier du regard. Aodren, donc, arrive tout sourire et s'exclame comme si c'était la chose la plus normale du monde : « Aelle ! », réduisant ainsi à néant mon anonymat — mais pouvais-je encore me considérer comme anonyme entourée de trois personnes connaissant mon identité malgré le masque que je porte ? Mon frère me raconte en une phrase débitée sans reprendre son souffle tout le contenu de sa vie des dernières heures et parmi toutes ces informations inutiles je retiens le plus important :
« Zak est hors de lui et il n'arrête pas d'accoler ton prénom au mot "irresponsable" ! Qu'est-ce que tu as fait ? Non, ne dis rien, c'est vos affaires. Il déchire ton masque ! C'est pas dans le thème mais quand on voit la tête du mien qui ressemble plus à un aigle qu'à un phénix, je ne peux pas me moquer — on est dans le même bateau toi et moi, hein Ahsley ! Toi aussi tu as trouvé ton masque dans la boutique à l'angle sud de la place ? Ils ont jamais vu de phénix, non ? Bref, super ta tenue, sœurette, le loup j'adore, le noir aussi, tu as toujours bien porté le noir, c'est presque insolent. »
Il s'en va quelques minutes plus tard, après avoir débité trop de paroles pour que nous puissions réellement lui répondre. Il abandonne derrière lui une Rockfield agacée que l'on compare son masque à tout oiseau n'étant pas un phénix et un Johnson éberlué d'avoir eu un aperçu de ma vie familiale.
Et puis il y a la danse. Johnson se tourne vers nous, tout sourire.
« Vous dansez ? » dit-il.
Je ne prends pas la peine de répondre, mais Rockfield, elle, fichue Rockfield dont le sourire narquois est bien visible sous son masque, répond : « Si c'est avec toi, je danserai jusqu'au bout de la nuit ! ». À ce moment-là, encore naïve et plus intéressée par le contenu de mon verre que ce qui m'entoure, je ne comprends pas ce qui va arriver. Johnson hésite, coulant un regard dans ma direction :
« Ça ne te dérange pas, Bristyle ? »
Je grogne en guise de réponse et la seconde d'après, les voilà qui s'en vont vers la piste de danse, leurs mains liées ! Oswald Johnson et Ashley Rockfield ! Je parcours la pièce factice du regard et, ne trouvant aucune trace dorée ni aucun cheveux blond sur le trajet de mes yeux, je décide de faire une retraite stratégique dans un coin de la pièce.
Je contourne les buffets, attrape un énième verre de je-ne-sais-quoi alcoolisé, fais léviter une chenille de petits-fours derrière moi et vais m'installer sur une chaise libre, mon repas en orbite autour de moi. Puisque la pièce est bondée, il est difficile de trouver un coin tranquille ; de fait, la chaise choisie est entourée de tout un tas de sorciers et de sorcières que j'ignore superbement en vérifiant du bout des doigts que mon masque est toujours en place.
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Ashley Rockfield, ancienne colocataire / Oswald Johnson, camarade de l'AESM /Aodren Bristyle, frère. Tous prétextes.
- Lien vers la fiche du PNJ
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Développer les relations d'aelle avec les gens qu'elle côtoie. Concernant Ash et Oswald, montrer comment aelle se comporte avec eux, montrer que leurs actions ont des conséquences sur ses comportements parce que même si aelle leur fait croire qu'elle s'en fiche d'eux, ils sont importants quand même, aime leur compagnie, faut les écrire pour pouvoir montrer ça. Concernant son frère, besoin de montrer quel regard il pose sur les disputes que peut avoir aelle avec ses frères.
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Ashley Rockfield, ancienne colocataire / Oswald Johnson, camarade de l'AESM /Aodren Bristyle, frère. Tous prétextes.
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- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Développer les relations d'aelle avec les gens qu'elle côtoie. Concernant Ash et Oswald, montrer comment aelle se comporte avec eux, montrer que leurs actions ont des conséquences sur ses comportements parce que même si aelle leur fait croire qu'elle s'en fiche d'eux, ils sont importants quand même, aime leur compagnie, faut les écrire pour pouvoir montrer ça. Concernant son frère, besoin de montrer quel regard il pose sur les disputes que peut avoir aelle avec ses frères.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 27 avr. 2025, 12:46, modifié 1 fois.
Mascarade
Assis pas loin du buffet, Hjúki ne dansait pas. Phœbe devait se trouver quelque part, sur la piste, mais il ne cherchait même pas les plumes argentées ornant son masque. De ce qu’il avait compris, au lieu de décider entre Odette et Odile, elle avait opté pour un cygne gris. Une référence à la renaissance du canard d’Andersen ? Ils n’en avaient pas parlé, ils n’étaient même pas arrivés ensemble. Depuis qu’elle lui avait suggéré l’impensable, à savoir l’accompagner à Godric’s Hollow, et pas uniquement pour la durée de cette soirée, il n’était pas parvenu à lui crier son indignation. Il était arrivé en retard, juste à temps pour Stravinsky. Elle savait la place de Stravinsky dans son cœur et ça avait été étrange de l’écouter sans pouvoir ni lui serrer la main ni la regarder, mais il lui en voulait encore. Ce n’était même pas elle, mais Anaël qui avait enchanté son masque. Un papillon bleu nuit dont chaque aile couvrait un œil, aux reflets irisés et dont les extrémités voletaient paresseusement pour donner du mouvement sans pour autant polluer son champ visuel. Il était difficile de rester sur la durée dans la rancune, le jeune mage l’avait progressivement oubliée au fil des danses, s’attelant en somme à ce qu’elle attendait de lui, à savoir découvrir cette société, la jauger pour ne pas rejeter l’idée „par principe“. Conformément au lieu, il se sentait comme au spectacle. Un espace où les hiérarchies sont exacerbées, où la théâtralité accentue et caricature les rôles. Cela les rend à la fois plus compréhensibles et terrifiants quand on se rend compte qu’ils sont issus du réel. Il retrouve le sentiment ambivalent que lui procure le ballet, le rigoureux cadre apaisant visuellement, et révulsant quand la conscience de l’oppression des codes reprend le dessus. N’ayant pas regardé le temps passer, sa bouche sèche lui intime de se désaltérer. La vue des cocktails lui inspire un soupir d’agacement. Les options sans alcool devaient-elle vraiment être „pour gosses“ – sucrées, dans son esprit ? En grimaçant, il prend un verre. Il a trop de fierté pour chercher la sorcière la plus compétente en sortilèges qu’il connaisse pour l’arranger, et il se sait tout sauf brillant en la matière. La sorcière-louve qui s’assoit à côté n’aide pas à virer de sa tête la voix de Phœbe lui prodiguant des conseils, son interprétation de la renaissance mensuelle suivant le cycle de la Lune lui ressemblant beaucoup trop. S’aidant du sentiment coulant que lui procure la musique de la Moldau, il marmonne un Aguamenti, gagnant un faible crachotis se comptant en cuillers. Ce n’est pas glorieux, mais cela coupera vaguement à l’eau le breuvage, espère-t-il.
Mascarade
C'est l'apparition de la baguette magique qui attire mon regard ; une démonstration de magie, cela s'observe, même si c'est souvent décevant. Alors j'observe ce jeune homme qui, le nez baissé sur son verre, arrive à faire sortir de son catalyseur un volume réduit d'eau. Je grimace ; est-ce qu'il essaie de diluer sa boisson ? Peut-être a-t-il choisi un verre trop alcoolisé, même s'il me semblait que chacun d'eux était servi de façon à être exactement semblable au précédent. C'est du moins ce qu'il me semble lorsque je compare tous les verres que j'ai bus depuis que la soirée a commencé.
Suite à cette démonstration guère impressionnante, mes yeux montent le long du corps, histoire d'apercevoir le maque du monsieur. Habituellement, ce sont les traits qu'on essaie de voir, pour s'assurer que l'on ne connait pas la personne assise près de nous. Mais ce soir, tout est une question de masque. On compare les choix des uns et des autres. Je ne juge pas le sien, par contre je remarque que son papillon est fort bien enchanté — peut-être un peu trop, pour quelqu'un qui fait cracher de l'eau par sa baguette au lieu d'obtenir un joli filet.
« Mouais, » commenté-je dans un marmonnement, plus pour moi que pour lui, sans doute un peu trop alcoolisée pour prendre conscience qu'un son est véritablement sorti de ma bouche.
Je hausse légèrement les épaules, peu sensible au fait d'être peu discrète dans mon observation, et retourne à mes affaires. Mes affaires en question consistent en la piste de danse qui s'offre à moi, presque trop visible de là où j'ai choisi de m'asseoir pour que je me sente totalement à l'aise. De fait, j'ai une vue quasiment parfaite sur Johnson et Rockfield qui dansent comme s'ils n'y avait que cela pour les rendre heureux, agrémentant chaque pas d'un éclat de rire bruyant.
Je pousse un long soupir et tends la main pour attraper l'un des petits-fours qui volent paisiblement autour de moi. Je maintiens un maigre filet de magie pour les garder en place, ma baguette calée entre mes doigts dans une position étrange mais que l'habitude rend assurée.
Suite à cette démonstration guère impressionnante, mes yeux montent le long du corps, histoire d'apercevoir le maque du monsieur. Habituellement, ce sont les traits qu'on essaie de voir, pour s'assurer que l'on ne connait pas la personne assise près de nous. Mais ce soir, tout est une question de masque. On compare les choix des uns et des autres. Je ne juge pas le sien, par contre je remarque que son papillon est fort bien enchanté — peut-être un peu trop, pour quelqu'un qui fait cracher de l'eau par sa baguette au lieu d'obtenir un joli filet.
« Mouais, » commenté-je dans un marmonnement, plus pour moi que pour lui, sans doute un peu trop alcoolisée pour prendre conscience qu'un son est véritablement sorti de ma bouche.
Je hausse légèrement les épaules, peu sensible au fait d'être peu discrète dans mon observation, et retourne à mes affaires. Mes affaires en question consistent en la piste de danse qui s'offre à moi, presque trop visible de là où j'ai choisi de m'asseoir pour que je me sente totalement à l'aise. De fait, j'ai une vue quasiment parfaite sur Johnson et Rockfield qui dansent comme s'ils n'y avait que cela pour les rendre heureux, agrémentant chaque pas d'un éclat de rire bruyant.
Je pousse un long soupir et tends la main pour attraper l'un des petits-fours qui volent paisiblement autour de moi. Je maintiens un maigre filet de magie pour les garder en place, ma baguette calée entre mes doigts dans une position étrange mais que l'habitude rend assurée.
Mascarade
S’apprêtant à vérifier si l’ajout, aussi maigre soit-il, donnerait l’illusion de ne pas avoir un verre chargé en sirop, ce qu’était en somme un cocktail à ses papilles, un commentaire à peine formulé lui fait pivoter la tête. Sa nature l’étonne peu, il ne s’était évidemment pas attendu à des applaudissements, sa démonstration n’avait rien d’impressionnant. Même en voulant être bienveillant, il n’y avait pas beaucoup de qualité à y trouver. Il constate que c’est la sorcière-louve qui a exprimé ce désaveu. Lucide, il n’a que peu d’attentes en avalant la première gorgée. L’abrasion du sucre sur son palais lui confirme que, contrairement à ses espérances, il n’a pas rendu la limonade buvable. Que ce qui sort de sa baguette ne soit la plus belle magie dont il est capable, le sorcier en est conscient. Bien qu’il n’en ait pas honte, retenter le même sortilège, pour lequel il n’a pas gagné en expérience au cours de ce qui a duré moins d’une minute, ne l’attire pas. Il n’a pas à faire ses preuves à… qui ce soit cette mage. Sa maîtrise de la lévitation indique qu’elle pourrait sauver son verre avec une aisance insolente. Pourtant, accepter de dépendre de l’aide de certains proches n’est pas comparable à celle des inconnus. L’idée le traverse, mais il se ravise. Il essaie d’oublier Phœbe, en particulier tout le ressentiment qui s’est accumulé en amertume dans sa bouche, et de se concentrer. Sa motivation à obtenir son eau pure est d’autant plus forte et il accorde un peu plus d’attention au flot musical de Smetana avant d’appeler à nouveau le liquide, qui vient cette fois s’écraser sans élégance, en proportion plus que suffisante. Le flot se tarit vite, mais juste après avoir provoqué le débordement et le ruissellement du sang de licorne dilué sur la tenue de soirée du sorcier. « Forcément » grommelle-t-il, n’ayant pas prévu cet enchaînement.
Mascarade
Encore une fois, la baguette attire mon regard. Encore un essai, n'est-ce pas ? Je regarde aussi ouvertement que la première fois, mirant la magie à l'oeuvre, m'attendant presque à ce que cette fois-ci ce soit plus réussie que la première fois : après tout, si on échoue une fois, la prochaine fois on se concentre davantage donc on a plus de chances de réussir, n'est-ce pas ? Oui, normalement c'est ainsi que les choses se passent, mais à croire que ce garçon, ou cet homme, n'est pas concerné par les règles qui touchent les gens comme moi — qui sont d'une extrême rareté, après tout. Quand le gros flot d'eau tombe à l'intérieur de son verre et le fait déborder, mon corps me trahit et réagit sans que je puisse le contrôler : un bref éclat de rire m'échappe. Un éclat comme un éclair, comme le clignement d'une paupière ; à peine se fait-il entendre qu'il disparaît déjà, ravalé par la maigre maîtrise que j'ai encore de moi et sur laquelle, grâce à l'alcool, j'ai de moins en moins de prise.
« Vous vous précipitez trop, lancé-je d'une voix étouffée en secouant vaguement la tête. Aguamenti, c'est un sort de précision. »
Mes yeux tombent sur le devant de sa robe, maintenant taché de ce liquide carmin qui n'est pas sans me rappeler celui dont ma propre robe s'est retrouvé recouvert un peu plus tôt. Ici, pas de licorne malicieuse pour faire ses mauvais coups, seulement la maladresse d'un sorcier qui a finalement de très bonnes raisons de vouloir diluer l'alcool présent dans son verre. C'est parce que je suis persuadée de cela que j'ajoute, à peine consciente que je suis moi-même bien alcoolisée pour me montrer si bavarde :
« C'est pas conseillé d'utiliser la magie quand on a bu, de toute façon. »
Je jette un regard éloquent à la robe du sorcier. Je me demande s'il va maintenant s'essayer au sortilège de nettoyage. À sa place, j'éviterais, car il n'a clairement pas fait l'étalage de son talent ces dernières minutes, mais je ne compte pas décider à sa place. Peut-être me demandera-t-il mon aide. Ce serait un peu gênant, pitoyable venant d'un sorcier adulte et j'aurais la preuve qu'il n'a que peu de fierté en plus d'avoir un niveau pitoyable en magie, mais en fonction de comment il me le demande, peut-être agirais-je. De toute façon, je n'ai aucune intention de prendre les devants : je n'ai jamais été du genre à offrir aux autres une aide qu'ils n'ont pas eux-mêmes demandés.
J'ai éclaté de rire quand j'ai vu que le liquide avait débordé ! Décidément, la soirée se déroule difficilement pour ce cher Hjúki.
« Vous vous précipitez trop, lancé-je d'une voix étouffée en secouant vaguement la tête. Aguamenti, c'est un sort de précision. »
Mes yeux tombent sur le devant de sa robe, maintenant taché de ce liquide carmin qui n'est pas sans me rappeler celui dont ma propre robe s'est retrouvé recouvert un peu plus tôt. Ici, pas de licorne malicieuse pour faire ses mauvais coups, seulement la maladresse d'un sorcier qui a finalement de très bonnes raisons de vouloir diluer l'alcool présent dans son verre. C'est parce que je suis persuadée de cela que j'ajoute, à peine consciente que je suis moi-même bien alcoolisée pour me montrer si bavarde :
« C'est pas conseillé d'utiliser la magie quand on a bu, de toute façon. »
Je jette un regard éloquent à la robe du sorcier. Je me demande s'il va maintenant s'essayer au sortilège de nettoyage. À sa place, j'éviterais, car il n'a clairement pas fait l'étalage de son talent ces dernières minutes, mais je ne compte pas décider à sa place. Peut-être me demandera-t-il mon aide. Ce serait un peu gênant, pitoyable venant d'un sorcier adulte et j'aurais la preuve qu'il n'a que peu de fierté en plus d'avoir un niveau pitoyable en magie, mais en fonction de comment il me le demande, peut-être agirais-je. De toute façon, je n'ai aucune intention de prendre les devants : je n'ai jamais été du genre à offrir aux autres une aide qu'ils n'ont pas eux-mêmes demandés.
J'ai éclaté de rire quand j'ai vu que le liquide avait débordé ! Décidément, la soirée se déroule difficilement pour ce cher Hjúki.
Mascarade
Le sucre contenu dans le liquide, bien que désormais un minimum dilué, va assurément apporter un côté poisseux que le sorcier sait ne pas pouvoir supporter très longtemps. Décidément, il n’aurait pas pensé recourir autant à son instrument magique en cette soirée. Lorsque le rire de la louve l’atteint, il ne perçoit pas nécessairement de mépris, il peut comprendre que la situation, cocasse, suscite de l’amusement. Bizarrement, le fait qu’elle enchaîne sur un conseil le touche. Il donne d’elle une meilleure image que son „mouais“. Il sait qu’il l’aura en tête s’il lui venait l’envie de s’entraîner sur ce sort à l’avenir, même s’il n’est pas dans ses priorités.
Si sa capacité à se verser manuellement un verre d’eau l’avait rendu sceptique sur son réel besoin d’Aguamenti, comme le témoignait les traînées pourpres sur le tissu, il avait concédé sur la réelle praticité de la magie du quotidien. Il ne s’imaginait pas faire toutes les tâches ménagères à la moldue et avait concentré pas mal d’efforts sur leur maîtrise. Son sortilège de nettoyage était devenu particulièrement efficace à force de pratique en devenant adulte et responsable de la bonne tenue de ses intérieurs, considérant sa maniaquerie. Pressé de se débarrasser de l’horrible sensation que suscitait le dépôt sur son vêtement, sans pousser le vice jusqu’à tenter l’informulation par excès de confiance, il efface d’un geste toute trace de l’incident en prononçant Tergeo.
« Ça change tout d’avoir un peu plus de pratique. »
Avisant son cocktail rempli à ras-bord devenu théoriquement potable, il avale ce qui se rapproche un peu plus d’une eau parfumée avant de la corriger.
« Oh, je ne bois pas. Du moins, rien qui ne puisse altérer mes sens. »
Si sa capacité à se verser manuellement un verre d’eau l’avait rendu sceptique sur son réel besoin d’Aguamenti, comme le témoignait les traînées pourpres sur le tissu, il avait concédé sur la réelle praticité de la magie du quotidien. Il ne s’imaginait pas faire toutes les tâches ménagères à la moldue et avait concentré pas mal d’efforts sur leur maîtrise. Son sortilège de nettoyage était devenu particulièrement efficace à force de pratique en devenant adulte et responsable de la bonne tenue de ses intérieurs, considérant sa maniaquerie. Pressé de se débarrasser de l’horrible sensation que suscitait le dépôt sur son vêtement, sans pousser le vice jusqu’à tenter l’informulation par excès de confiance, il efface d’un geste toute trace de l’incident en prononçant Tergeo.
« Ça change tout d’avoir un peu plus de pratique. »
Avisant son cocktail rempli à ras-bord devenu théoriquement potable, il avale ce qui se rapproche un peu plus d’une eau parfumée avant de la corriger.
« Oh, je ne bois pas. Du moins, rien qui ne puisse altérer mes sens. »
Mascarade
Une légère moue s'inscrit sur mes lèvres lorsque le sortilège de nettoyage est lancé. Je ne vais pas aller mettre mon nez sur sa robe pour m'assurer de la réussite du sort, mais au premier regard cela semble évident qu'il est plutôt bien réussi. Et puis j'imagine que s'il avait échoué, le sorcier l'aurait montré d'une façon ou d'une autre. Comme il n'en fait rien, j'en conclus que c'est une victoire, ce qui me laisse donc dubitative : que penser d'un sorcier qui maîtrise de façon correcte un tel sortilège alors qu'il a clairement des lacunes sur le sortilège d'eau ? Peut-être que cela ne signifie rien, mais j'y vois une facilité à effectuer des sorts quotidiens — et assez simples — et une difficulté à maîtriser ceux qui demandent un peu plus de connaissances ou d'entraînement. Et pour moi, qui suis de façon absolument objective, talentueuse en magie et qui maîtrise un grand nombre de sortilèges, cela signifie beaucoup.
Il confirme mes pensées et ma moue s'affirme. D'autant qu'il n'a pas bu la moindre goutte alcoolisée. Moi, j'en conclus simplement une chose : il n'est pas très talentueux. Je le classe aussitôt dans cette case-là, une case dans laquelle se trouve malheureusement la plupart des gens que je suis menée à côtoyer. La case des "gens au potentiel magique potable". Ce qui n'est pas grave en soit ; je suis habituée.
« Ah, fais-je donc sans pouvoir m'empêcher de froncer les sourcils. Pas une seule, vous êtes sûr ? »
Évidemment qu'il est sûr, songé-je, il ne va pas me raconter des bêtises. Je coule un regard vers son verre.
« Pourquoi faire ça, alors ? »
Aussitôt la question posée, je me rends compte que la réponse ne m'intéresse absolument pas. Je ne sais même pas pourquoi je l'ai questionné. À vrai dire, je ne sais même pas pourquoi je lui parle, mais ce n'est pas très important. Je suis là, mes petits-fours flottent comme de belles étoiles appétissantes autour de moi, la tête me tourne délicieusement et, lorsque je regarde ce jeune homme j'en oublie de regarder vers la piste danse.
« Oubliez, pas intéressant, » rectifié-je aussitôt en balayant l'air de la main en m'en voulant vaguement d'avoir posé une question ayant aussi peu d'intérêt.
J'attrape l'une des étoiles en orbite autour de moi et l'avale en une seule bouchée. Il y a du fromage, là-dedans. Ce n'est pas mon goût préféré, mais je me rends compte en avalant que j'ai terriblement faim et que je n'ai pas beaucoup mangé depuis que je suis ici. J'en engloutis un second en coulant un regard vers la piste de danse, ce que je regrette aussitôt car je croise le regard d'Ashley Rockfield alors même que plusieurs mètres nous séparent — son regard bleu s'ancre dans le mien et l'échange dure le temps de son tournoiement, puis Johnson lui impose un nouveau pas de danse et son visage m'est dérobé. Je pousse un léger grognement agacé et m'installe de biais sur ma chaise, direction l'inconnu-papillon, pour ne plus surprendre de telles scènes.
Je me rends compte que lorsqu'elle a bu et qu'elle n'a pas l'alcool triste, Aelle est terriblement sincère, ce qui la rend plutôt méchante, sans que ce soit pour autant voulu. Et bien, ça promet !
Il confirme mes pensées et ma moue s'affirme. D'autant qu'il n'a pas bu la moindre goutte alcoolisée. Moi, j'en conclus simplement une chose : il n'est pas très talentueux. Je le classe aussitôt dans cette case-là, une case dans laquelle se trouve malheureusement la plupart des gens que je suis menée à côtoyer. La case des "gens au potentiel magique potable". Ce qui n'est pas grave en soit ; je suis habituée.
« Ah, fais-je donc sans pouvoir m'empêcher de froncer les sourcils. Pas une seule, vous êtes sûr ? »
Évidemment qu'il est sûr, songé-je, il ne va pas me raconter des bêtises. Je coule un regard vers son verre.
« Pourquoi faire ça, alors ? »
Aussitôt la question posée, je me rends compte que la réponse ne m'intéresse absolument pas. Je ne sais même pas pourquoi je l'ai questionné. À vrai dire, je ne sais même pas pourquoi je lui parle, mais ce n'est pas très important. Je suis là, mes petits-fours flottent comme de belles étoiles appétissantes autour de moi, la tête me tourne délicieusement et, lorsque je regarde ce jeune homme j'en oublie de regarder vers la piste danse.
« Oubliez, pas intéressant, » rectifié-je aussitôt en balayant l'air de la main en m'en voulant vaguement d'avoir posé une question ayant aussi peu d'intérêt.
J'attrape l'une des étoiles en orbite autour de moi et l'avale en une seule bouchée. Il y a du fromage, là-dedans. Ce n'est pas mon goût préféré, mais je me rends compte en avalant que j'ai terriblement faim et que je n'ai pas beaucoup mangé depuis que je suis ici. J'en engloutis un second en coulant un regard vers la piste de danse, ce que je regrette aussitôt car je croise le regard d'Ashley Rockfield alors même que plusieurs mètres nous séparent — son regard bleu s'ancre dans le mien et l'échange dure le temps de son tournoiement, puis Johnson lui impose un nouveau pas de danse et son visage m'est dérobé. Je pousse un léger grognement agacé et m'installe de biais sur ma chaise, direction l'inconnu-papillon, pour ne plus surprendre de telles scènes.
Je me rends compte que lorsqu'elle a bu et qu'elle n'a pas l'alcool triste, Aelle est terriblement sincère, ce qui la rend plutôt méchante, sans que ce soit pour autant voulu. Et bien, ça promet !
Mascarade
La louve ne ressemble pas du tout à Phœbe, si ce n’est le détail d’avoir choisi comme créature de renaissance une associée à la Lune, et pourtant Hjúki n’a pas besoin d’une démonstration pour comprendre que la sorcière cultive également cette relation fusionnelle avec sa baguette. Hjúki ne regrettait pas d’avoir rencontré son sœur-de-cœur par sa baguette, mais elle n’avait pas fait des miracles. Tout de même, si, un peu. De l’impression de sentir sa magie comme une seconde peau à la viscosité telle qu’elle refusait de couler à travers son instrument, parfois détestable, il en tirait désormais quelque chose. Avec sélectivité, soit.
Il ne s’en était pas rendu compte, mais il semblerait que la mage, elle, boive. Son verre pourrait ne pas être son premier. Visiblement, elle n’a pas compris pourquoi il avait coupé son breuvage, mais se rétracte. En la regardant, il se demande à quel point il se voit. Pas vraiment lui, mais une version alternative, un possible auquel il a tourné le dos. L’une des raisons pour laquelle il avait renoncé à devenir étudiant après la septième année, la dernière qu’il avouerait si on l’interrogeait, ressemblait à ça. En s’imaginant étudiant, il s’était demandé. Qu’est-ce qui m’empêchera, seul, de me soûler, dans une chambre trop petite et un établissement trop grand ? Pas grand-chose. Si cette sensation d’engourdissement existait vraiment, il ne pouvait pas se permettre de la connaître. Jusqu’au goût de la bieraubeurre lui était inconnu. Il a déjà mangé la glace Whisky pur feu de Florien Fortarôme, mais cuisiné, il ne reste de l’alcool que le goût, des résidus trop infimes pour provoquer un effet sérieux.
Portant une nouvelle gorgée du cocktail à ses lèvres, il s’interrompt. L’illusion magique de dilution n’était-elle pas une altération ? Ne risquait-il pas le court-circuit à boire sa propre magie ? Il ne serait pas le premier sorcier à s’en abreuver… il ne peut s’empêcher de se rappeler que même Anaël ne lui proposerait jamais un thé à l’eau magique, c’était trop sacré. Le jeune adulte devrait ranger sa baguette. Il pourrait illustrer son propos avec, mais elle a déjà dit qu’elle ne voulait pas savoir. Il finit par poser son verre pour se concentrer. C’est un sortilège dont il maîtrisait un détail important, précisément par ce qu’il le percevait très nettement. En pensant à l’intensité des senteurs, il fait surgir d’un orchideus de petites pensées au parfum subtilement dosé dans sa main.
« Qui apprécie les parfums entêtants ? »
La question rhétorique ne fonctionnait probablement pas pour qui s’avérait apprécier les saveurs de l’excès, à l’inverse de Hjúki.
Il ne s’en était pas rendu compte, mais il semblerait que la mage, elle, boive. Son verre pourrait ne pas être son premier. Visiblement, elle n’a pas compris pourquoi il avait coupé son breuvage, mais se rétracte. En la regardant, il se demande à quel point il se voit. Pas vraiment lui, mais une version alternative, un possible auquel il a tourné le dos. L’une des raisons pour laquelle il avait renoncé à devenir étudiant après la septième année, la dernière qu’il avouerait si on l’interrogeait, ressemblait à ça. En s’imaginant étudiant, il s’était demandé. Qu’est-ce qui m’empêchera, seul, de me soûler, dans une chambre trop petite et un établissement trop grand ? Pas grand-chose. Si cette sensation d’engourdissement existait vraiment, il ne pouvait pas se permettre de la connaître. Jusqu’au goût de la bieraubeurre lui était inconnu. Il a déjà mangé la glace Whisky pur feu de Florien Fortarôme, mais cuisiné, il ne reste de l’alcool que le goût, des résidus trop infimes pour provoquer un effet sérieux.
Portant une nouvelle gorgée du cocktail à ses lèvres, il s’interrompt. L’illusion magique de dilution n’était-elle pas une altération ? Ne risquait-il pas le court-circuit à boire sa propre magie ? Il ne serait pas le premier sorcier à s’en abreuver… il ne peut s’empêcher de se rappeler que même Anaël ne lui proposerait jamais un thé à l’eau magique, c’était trop sacré. Le jeune adulte devrait ranger sa baguette. Il pourrait illustrer son propos avec, mais elle a déjà dit qu’elle ne voulait pas savoir. Il finit par poser son verre pour se concentrer. C’est un sortilège dont il maîtrisait un détail important, précisément par ce qu’il le percevait très nettement. En pensant à l’intensité des senteurs, il fait surgir d’un orchideus de petites pensées au parfum subtilement dosé dans sa main.
« Qui apprécie les parfums entêtants ? »
La question rhétorique ne fonctionnait probablement pas pour qui s’avérait apprécier les saveurs de l’excès, à l’inverse de Hjúki.
Mascarade
Assise de biais sur ma chaise, j'ai une vue de choix sur celui vers lequel j'ai choisi de me tourner. Je pensais qu'il allait m'ignorer, maintenant, car il ne m'a pas semblé suffisamment bavard pour encourager une discussion qui n'a pas lieu d'être, mais ce n'est pas ce qui arrive. Énième démonstration de magie ? Pourquoi insiste-t-il, essaie-t-il de me prouver quelque chose ? Le bras nonchalamment posé sur le dossier de la chaise, je penche la tête sur le côté en observant sa réalisation. Bientôt, un fort joli bouquet de fleurs grandit dans sa main. J'écarquille les yeux, non pas parce que j'ai trouvé la démonstration impressionnante, mais parce que je réalise que ce sorcier n'est pas aussi mauvais qu'il le paraissait. En même temps que je me fais cette réflexion, sa voix me parvient de nouveau, ce qui me fait froncer les sourcils.
Je m'arrache à mon observation du bouquet pour faire grimper mes yeux jusqu'à son visage. Son papillon bat doucement des ailes, son regard ne m'apporte rien de plus. Que dois-je comprendre de sa phrase nébuleuse ? Parle-t-il des fleurs qu'il vient de faire apparaître ? Pourtant, leur odeur n'a rien d'entêtant, mais peut-être suis-je trop loin pour sentir ? Mais s'il parle de ça, pourquoi les avoir fait apparaître ? Lui ne semble pas aimer les odeurs entêtantes, sinon il ne m'aurait pas dit ça. Était-ce une vraie question qu'il m'a posée ?
Le silence s'étire quelques secondes durant lesquelles je ne cesse de l'observer sans réussir à comprendre où il a voulu en venir ou ce qui a bien pu motiver sa phrase. Mes pensées s'emmêlent dans ma tête, les informations s'entrecroisent et se percutent. Résultat, je n'ai aucune idée de ce dont nous sommes en train de parler.
« Euh, et bien... »
Regard vers les fleurs : sont-ce des pensées ? Je me souviens quand j'en trouvais dans le jardin. Quel drôle de coup du sort de la nature, ces fleurs.
« Sans doute pas moi, affirmé-je en fronçant les sourcils. Et pas vous non plus. Mais je vois pas le lien avec les fleurs. »
Mes sourcils se froncent davantage et je prends conscience que j'ai envie de comprendre pourquoi est-ce qu'il a décidé de lancer un énième sortilège — qu'il maîtrise, celui-ci, par ailleurs. Peut-on se faire une idée d'un sorcier aux sortilèges qu'il maîtrise le mieux ? Je le pense, oui.
« Quel est le rapport avec les fleurs ? » insisté-je en penchant de nouveau la tête, le regard cette fois-ci planté sur son visage, en quête d'une réponse qui n'aurait pas grand intérêt si je n'avais pas les pensées aussi emmêlées.
Je m'arrache à mon observation du bouquet pour faire grimper mes yeux jusqu'à son visage. Son papillon bat doucement des ailes, son regard ne m'apporte rien de plus. Que dois-je comprendre de sa phrase nébuleuse ? Parle-t-il des fleurs qu'il vient de faire apparaître ? Pourtant, leur odeur n'a rien d'entêtant, mais peut-être suis-je trop loin pour sentir ? Mais s'il parle de ça, pourquoi les avoir fait apparaître ? Lui ne semble pas aimer les odeurs entêtantes, sinon il ne m'aurait pas dit ça. Était-ce une vraie question qu'il m'a posée ?
Le silence s'étire quelques secondes durant lesquelles je ne cesse de l'observer sans réussir à comprendre où il a voulu en venir ou ce qui a bien pu motiver sa phrase. Mes pensées s'emmêlent dans ma tête, les informations s'entrecroisent et se percutent. Résultat, je n'ai aucune idée de ce dont nous sommes en train de parler.
« Euh, et bien... »
Regard vers les fleurs : sont-ce des pensées ? Je me souviens quand j'en trouvais dans le jardin. Quel drôle de coup du sort de la nature, ces fleurs.
« Sans doute pas moi, affirmé-je en fronçant les sourcils. Et pas vous non plus. Mais je vois pas le lien avec les fleurs. »
Mes sourcils se froncent davantage et je prends conscience que j'ai envie de comprendre pourquoi est-ce qu'il a décidé de lancer un énième sortilège — qu'il maîtrise, celui-ci, par ailleurs. Peut-on se faire une idée d'un sorcier aux sortilèges qu'il maîtrise le mieux ? Je le pense, oui.
« Quel est le rapport avec les fleurs ? » insisté-je en penchant de nouveau la tête, le regard cette fois-ci planté sur son visage, en quête d'une réponse qui n'aurait pas grand intérêt si je n'avais pas les pensées aussi emmêlées.
Mascarade
Définitivement, suppose-t-il, il range sa baguette en espérant ne plus se lancer dans quelque imprudence qui nécessiterait son retour. Il pensait avoir fait un lien naturel avec son besoin d’atténuer une saveur, mais il se rend compte que cela peut ne pas fonctionner, même si cette sorcière prétend ne pas goûter l’entêtant. Il pose les fleurs sur une table. Le jeune adulte apprécie cette magie purement esthétique, et sensorielle, qui n’a pas nécessairement vocation à servir, et où l’acuité avec laquelle il perçoit le modèle se reflète dans le résultat. Phœbe lui dirait que si, c’était fonctionnel, qu’elle avait déjà aidé Hagrid à distraire des fées avec une couronne fleurie, mais il tait ces pensées. Ce n’est pas la première fois qu’il produit des pensées. Celles-ci ne sont pas destinées à être offertes, loin de là. Confier, et surtout à une sorcière, ses „pensées“ est une idée qui lui paraît, la vingtaine passée, particulièrement niaise. Certaines niaiseries de l’adolescence se pardonnent, il ne va pas pour autant les reproduire.
« L’eau dompte l’intensité de certaines saveurs. Les parfums des fleurs qui s’expriment trop fort peuvent également plonger dans l’ivresse. »
Percevant même les jus à l’intensité du sirop, ce n’était pas rare qu’il ait besoin de diluer. Certaines intensités étaient trop pesantes, trop enivrantes. Ses connaissances sur l’ivresse de l’alcool sont maigres, il n’a pas l’expérience pour jauger où la louve en est exactement. Le peu qu’il sait, c’est qu’en dépit de toutes conséquences négatives connues, il ne peut affirmer qu’elles suffiraient à le modérer s’il trouvait en cette substance une sourdine trop attrayante. Sa retenue n’était pas le résultat d’une docte sagesse ou d’un interdit moral. Le contrôle, ce n’est pas quelque chose qui se garantit ou se prévoit à l’avance.
« Qu’en est-il des goûts entêtants ? »
Sa question ne porte pas de jugement, mais elle n’a pas l’air d’être rebutée par les breuvages qui montent à la tête.
« L’eau dompte l’intensité de certaines saveurs. Les parfums des fleurs qui s’expriment trop fort peuvent également plonger dans l’ivresse. »
Percevant même les jus à l’intensité du sirop, ce n’était pas rare qu’il ait besoin de diluer. Certaines intensités étaient trop pesantes, trop enivrantes. Ses connaissances sur l’ivresse de l’alcool sont maigres, il n’a pas l’expérience pour jauger où la louve en est exactement. Le peu qu’il sait, c’est qu’en dépit de toutes conséquences négatives connues, il ne peut affirmer qu’elles suffiraient à le modérer s’il trouvait en cette substance une sourdine trop attrayante. Sa retenue n’était pas le résultat d’une docte sagesse ou d’un interdit moral. Le contrôle, ce n’est pas quelque chose qui se garantit ou se prévoit à l’avance.
« Qu’en est-il des goûts entêtants ? »
Sa question ne porte pas de jugement, mais elle n’a pas l’air d’être rebutée par les breuvages qui montent à la tête.