12 août 2025, 21:13
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
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7 Août 2050

L’euphorie était une émotion fort peu élégante qu’Alice ne s’autorisait jamais.
Mais aujourd’hui, la française avait toutes les peines du monde à ne pas se laisser aller à la joie.

Encore fiévreuse et éprouvée par son voyage en portoloin, Alice déambulait dans les allées, le regard pétillant d’excitation. Jamais encore elle n’avait assisté à une compétition de dragonnerie. Des courses d’hippogriffes, Alice en avait vu de nombreuses. Mais avec des dragons ? Jamais. Elle était à deux doigts de retirer sa candidature à la Grande Ecole de l’Art du Duel pour rejoindre l’Institut des Sports Magiques d’Irlande ! Ou peut-être pourrait-elle apprendre le métier plus tard, une fois tout ces projets réalisés ?

Alice se sentait comme une enfant le jour de son anniversaire. Ses mains étaient moites. Son regard était attiré par chaque détail. Les vagues humaines ne la dérangeaient plus. Tout ce qu’elle désirait, c’était s’imprégner de cet événement spécial, de l’effervescence de chaque sorcier. Elle voulait voir les dragons, là, de suite. Les regarder s’élancer dans les airs, cracher des gerbes enflammées. Contempler l’entente, la fusion des âmes des dragonniers et de leurs dragons. Au détour d’une tente, elle priait pour rencontrer un des concurrents. N’importe lequel, mais pourvu qu’il s’agisse d’Irina Moldavan. Cette sorcière dégageait une aura qui inspirait à Alice autant de sympathie que de respect.

Elle le savait, il n’était pas recommandé de voyager seul dans un pays inconnu. Si elle l’avait su plus tôt, Alice aurait demandé à quelqu’un de l’accompagner. Aliosus, sans doute. Thomas, inévitablement. Mais ce dernier était introuvable, et Alice n’avait nullement envie de parcourir la Grande-Bretagne pour retrouver son frère. Elle ne s’inquiétait pas pour lui. Il était sans nul doute aux côtés de Morgan… ou n’importe où. Il était assez grand et n’avait nullement besoin d’Alice comme chaperonne.

Drapée dans une robe ivoire d’une finesse exquise, Alice se sentait bien. Alice se sentait à l’aise. Le tissu, brodé de motifs floraux délicats, épousait sa silhouette avec grâce. La capuche assortie, rejetée en arrière, laissait s’échapper ses longues boucles blanches qui ruisselaient sur ses épaules.
La tenue était splendide, et confortable. Parfaite pour profiter de ce séjour. Peut-être aurait-elle dû songer à emporter quelque chose de moins… délicats ? Après tout, il y avait fort à parier qu'Alice serait amener à rencontrer des sorciers de tout type.

Enfin.
Là voilà désormais en Norvège, loin de ses responsabilités, loin de sa famille, loin de ses proches. Le coeur empli d’excitation, les yeux brillants d’émerveillement et un sourire merveilleux aux lèvres. Rien ne saurait éteindre sa joie d'être ici.

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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

13 août 2025, 12:18
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
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Après des semaines d’efforts consacrés à la préparation de cet événement décennal, Aki s’accordait le luxe de relâcher la pression pour ce premier jour. Le lendemain, la compétition s’ouvrirait enfin, et la directrice des Hébrides ne comptait en manquer une miette. Puis elle avait l’intention d’être présente pour Amara, quels que soient ses résultats.

Emmitouflée dans son gros manteau noir, idéal pour faire face au froid glacial du Svalbard, la balafrée déambulait entre les différents stands. Ses yeux sombres balayaient la foule, s’attardant tour à tour sur les visages et les gestes. Elle cherchait à distinguer, derrière l’enthousiasme commun, les véritables passionnés de dragons des simples curieux venus goûter au frisson de cet événement.

En marchant, son attention fut happée par une une silhouette qui tranchait avec le froid environnant. Une robe ivoire, fine et élégante, comme un éclat de lumière perdu entre toutes ces fourrures épaisses et ces bottes fourrées. La jeune femme dégageait une énergie presque enfantine, son regard papillonnant d’un stand à l’autre comme si elle cherchait à tout absorber d’un seul coup. Aki ralentit. Les années passées à observer dragons lui avaient appris à observer tout ce qui l’entourait, avec une discrétion sans faille. Cette sorcière n’était visiblement pas là par hasard. La balafrée esquissa un sourire discret, et plutôt rare, avant de reporter son attention autour d’elle. Les odeurs de nourriture, de cuir et de fumée flottaient dans l’air, mêlées aux éclats de voix en plusieurs langues. Les drapeaux claquaient au vent glacial, et parfois, un grondement lointain, venait rappeler à tous pourquoi ils étaient là.

Son regard se posa de nouveau sur cette robe claire, puis machinalement, elle s’approcha. La robe ivoire détonnait trop pour qu’elle ne s’y intéresse pas. Aki s’arrêta à sa hauteur, l’observant un court instant de ses yeux sombres. « Bonjour, pardonnez mon intrusion, mais vous ne souffrez pas du froid avec cette tenue ? », demanda poliment la balafrée, craignant que sa question ne soit mal reçue.

membre de l’UDS - #841373

13 août 2025, 17:52
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
Quand bien même Alice avait prit un bon petit déjeuner avant de rejoindre le portoloin, sa gourmandise l’attirait vers les stands de nourriture. Hélas, il n’y avait que peu de sucre pour répondre à ses envies. Alice décida que, pour le moment, ce serait sans importance.
Oh, et il lui faudrait également s’intéresser rapidement à cette histoire de camping. Quelle inconsciente elle faisait ! Trop pressée, trop excitée à l’idée de voir des dragons et leurs dragonniers, Alice avait laissé de côté tout bon sens. Peut-être lui faudrait-il rendre visite à Katarina et ses fils. Après tout, le domaine Finlandais ne devait pas être si éloigné que cela, n’est-ce pas ?

Alice s’arrêta net en entendant une voix féminine s’adresser à elle dans un anglais peut-être maternel. Il s’agissait d’une femme aux traits asiatiques, enveloppée dans un épais manteau noir. Mais le style vestimentaire de cette inconnue l’intéressait bien moins que son visage et, surtout, les épaisses cicatrices qui le marquaient. Une dragonnière ? S’agissait-il d’une dragonnière ? Laquelle ? Etait-ce seulement une concurrente ? Non, peu probable. Le concurrent anglais était un homme. Peter Hamilton. Alice n’avait aucune sympathie pour ce dernier. Sa dragonne, en revanche…

Son excitation laissa place à un sentiment tout à fait différent, qu’Alice qualifiera sans doute plus tard d’intérêt et d’admiration. Une admiration basée sur la force tranquille et l’aura qui se dégageait de la femme qui se tenait devant elle.

Alice baissa les yeux sur sa tenue, avant de regarder à nouveau le manteau de la femme. Elle jeta un regard circulaire autour d’elle, contemplant les tenues des sorciers qui grouillaient autour d’elles deux.
Non, Alice n’avait pas froid. Du moins, pas pour le moment. Cela viendrait, elle le savait. Comme souvent après un voyage en gare de transplanage ou par portoloin, Alice se sentait fiévreuse, nauséeuse. Un court repos lui permettait de se remettre, ou bien le froid.
Et celui de l’archipel était très efficace.
Mais, Alice le savait, il n’y avait que cela qui l’empêchait de se sentir aussi… confortable.
Il y avait également son excitation… et son déni.

Avec élégance, Alice sourit à la femme. Elle tira un peu sur sa cape pour la rabattre sur ses épaules. « Cela ne saurait tarder », répondit la française dans un rire aussi léger qu’un flocon. « Dans la précipitation du départ, il se pourrait que j’ai omis d’ajouter un manteau dans ma valise. » Son élégant sourire se métamorphosant en une moue mutine, elle se pencha en avant et lui glissa : « Peut-être suis-je dans l’attente d’un preux dragonnier qui me déposera son manteau sur les épaules, allez savoir. Ce serait un souvenir merveilleux, ne croyez-vous pas ? »

Son cœur battait la chamade. Comme souvent, Alice ne savait comme réguler ses sentiments. Il lui était oser de se vêtir d’un masque pour certaines émotions. Mais l’euphorie ? Alice ne la rencontrait pas suffisamment pour savoir qu’en faire.
Et au final, qu’importe ? Ici, Alice ne connaissait personne.

Il se pourrait qu'en écrivant mon premier post, j'ai tapé sur internet "température norvège été" et pas "température archipel de svalbard été"... :roll:

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15 août 2025, 16:21
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
Aki arqua légèrement un sourcil, amusée par la réponse espiègle de la jeune femme. Elle n’était pas vraiment habituée à ce genre de répartie, encore moins de la part d’une inconnue, mais elle appréciait la finesse de cette réponse. La balafrée réprima un sourire, ne laissant laissant apparaître qu’un léger frémissement sur ses lèvres.

« Hélas les preux dragonniers ne sont pas toujours les plus prévenants, ils ne sont parfois même pas si preux lorsque l’on se penche vraiment sur la question. » répondit Aki d’une voix calme mais avec une pointe de sarcasme. Sans s’en apercevoir, la métisse déposa délicatement le bout de ses doigts sur ses cicatrices, le souvenir amer de la lâcheté d’un homme qui laissa des traces…

La Directrice des Hébrides tourna sur elle-même, cherchant une boutique où la mystérieuse femme à la robe d’ivoire pourrait peut-être trouver un manteau. « Vous semblez déterminée à profiter de cette journée, manteau ou pas. » reprit-elle, en reposant son regard sur la sorcière. « Je peux au moins vous indiquer les stands où l’on vend des vêtements plus adaptés, ou vous prêter un manteau, j’en prends toujours plusieurs au cas où. », termina la noiraude. Elle ignorait ce qu’allait pouvoir lui répondre sa cadette, mais son élégance et sa courtoisie la firent penser qu’elle accepterait son aide, au moins par politesse.


223 mots
Au moins ça fait une situation amusante :lol:

membre de l’UDS - #841373

15 août 2025, 19:00
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
Alice aimait entendre ce sarcasme dans la voix de l'inconnue. Il lui était insupportable de rencontrer des sorciers dépourvu de second degré puisqu'il lui fallait ensuite expliquer que, non, Alice n'attendait pas réellement l'aide d'une célébrité qui aurait l'âge d'être son père pour ne pas mourir de froid.
Son sourire se fit alors plus grand, et ne s'effaça pas en observant les doigts de la femme se poser sur les cicatrices qui rongeaient sa joue. Alice était bien placée pour savoir qu'elles pouvaient être plus sensible sous la morsure du froid.
Ces cicatrices, n'étaient-elles pas des griffures ? Cette femme était assurément une dragonnière. Alice se retenait à grande peine de lui poser la question. Elle lui poserait, bien sûr, mais pas tout de suite. Son cœur était encore trop agité par l'euphorie, elle craignait que ses prochains mots au sujet des dragons ne la trahissent.

La femme lui proposa son aide pour ne pas voir Alice mourir de froid. C'était sans doute par politesse, mais l'attention toucha Alice. L'heureux souvenir d'un Suileabhan Kohler lui offrant son manteau pour la protéger du froid Ecossais s'imposa dans son esprit, et donna soudain un visage bien plus amical à cette douce inconnue.

« Votre prévenance vous honore, madame », répliqua Alice, ses mots marqué par son accent français. Elle la remercia d'une jolie courbette, sa robe pincée entre ses doigts blancs.
Alice avait oublié son manteau, et celle ci n avait plusieurs ? Il était évident que son voyage a elle avait été préparé au millimètre. Alice aussi l'aurait fait, bien sûr... si elle avait été capable de museler sa joie de se retrouver au milieu de dragons et dragonniers. « Je ne serais pas contre votre assistance pour trouver un manteau à acheter, je vous remercie. Enfin, pour peu qu'ils ne soient pas trop... ostentatoires, voyez-vous ? Je pense préférer le froid norvégien à l'achat d'un manteau orné de la tête d'un concurrent en broderie. »

Son sourire se fit plus coquin, ses yeux d'argent plantés sur la jolie femme dans une œillade complice. Alice se le permettait, puisqu'elle était persuadée qu'elle serait de son avis.

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19 août 2025, 11:45
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
L’eurasienne répondit d’un hochement de tête poli à la phrase élégante de la sorcière. L’accent de la jeune femme effleura l’oreille de la balafrée, sans doute français, mais porté par un anglais extrêmement bien maîtrisé.

« Nous pourrions aller voir dans la boutique de souvenirs, ce n’est pas l’endroit le plus raffiné mais ils doivent proposer davantage que des fanions et des bibelots. », sans attendre de réponse, elle se mit en route dans la foule. Aki se déplaçait toujours avec une légèreté surprenante, comme si ses pieds ne faisaient qu’effleurer le sol, aussi discrète qu’une louve. Plusieurs cris de dragons se faisaient entendre au loin. Mais la directrice des Hébrides ne montrait aucune réaction, ces sons faisaient partie de son univers depuis si longtemps qu’ils semblaient glisser sur elle.

Pendant quelques instants la noiraude ne dit rien, marchant en balayant la foule grandissante dans le Svalbard. Le monde arrivait petit à petit, signe qu’on se rapprochait de plus en plus du début de la compétition. Elle ralentit légèrement le pas, s’assurant de rester au niveau de la jeune femme, « Pardonnez mon indiscrétion, mais est-ce la compétition qui vous a fait venir ici ou les dragons eux-mêmes ? ». Si Aki était honnête avec elle-même elle devait bien admettre qu’elle espérait une certaine réponse de la part de cette mystérieuse sorcière à la robe ivoire. Elle-même appréciait la compétition, mais la véritable chance de chaque personne ici, c’était de pouvoir observer des dragons. Aki en voyait tous les jours depuis vingt ans, et si elle s’était habituée à leur présence, elle ne perdait jamais de vue le privilège que c’était de les côtoyer.
276 mots

membre de l’UDS - #841373

25 août 2025, 22:19
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
Son sourire se figea sur ses lèvres lorsque celles de la femme qui aurait dû être sa sauveuse articulèrent les mots boutique et souvenirs pour indiquer leur destination.
Non… Alice n’allait tout de même pas devoir acheter un manteau dans un lieu vendant également des tire-bouchon et des drapeaux, n’est-ce pas ? Il devait s’agir d’un abus de langage. Alice n’avait pas l’air désespérée à ce point. La femme allait l’emmener là où des vêtements uniques conçus par des norvégiens pure-souche, peut-être d’anciens dragonniers alliant leur connaissances sur les matériaux draconiques à leur amour des conceptions vestimentaires.
Oui. Ce serait cela. Bien sûr que ce serait cela.

Alice s’empressa de suivre la femme, craignant de la perdre dans la marée humaine. Et dire qu’il ne s’agissait que du premier jour de la Coupe. Qu’en serait-il des autres ? Alice allait devoir lutter contre son dégoût pour le contact avec… tout ce qui n’était pas son entourage.
Et encore, pas tous.

La façon dont se déplaçait l’inconnue attirait l’attention d’Alice, qui baissa un instant les yeux pour admirer ses pas. Quelle légèreté. Quelle grâce naturelle. La première impression qu’elle lui avait laissé n’avait pas laissé présagé une telle mouvance. Bien sûr, Alice ne l’avait pas imaginé brutale, pas un seul instant. Tout au contraire, elle avait vu en elle un grand félin. Un grand félin agile, qui ne se laisserait pas marcher sur la patte sans expédier ses griffes au visage du malheureux.

Alice fut tirée de ses réflexions par une question qui, sans indiscrétion aucune, raviva le feu de son excitation. Elle lui répondit d’abord d’un sourire, avant d’user de mots :

« Les dragons, ma dame. Je suis fascinée par la relations que les sorciers ont créé avec eux mais… les dragons en eux même ont toute mon adoration depuis mes plus jeunes années. » Son sourire grandit, ses lèvres commençant à trembler un peu. Voilà que le froid commençait à percer son armure faîte d’extase. « Et vous, ma dame ? Êtes-vous vous même dans la compétition ? »

Partageant la même honte sur son visage, quoi que dissimulé sous un enchantement, Alice ne lui fit pas l’audace de regarder ses cicatrices. Mais… comment ne pas songer à l’existence d’une créature aussi dangereuse qu’un dragon dans la vie de cette belle inconnue ?

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30 août 2025, 09:11
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
Un sourire discret se dessina sur les lèvres de l’eurasienne, à peine né et déjà prêt à s’éteindre. Mais précieux, spontané. Possible grâce à la sincérité qu’Aki percevait dans la voix de la jeune femme. La passion que l’inconnue laissait transparaître n’avait rien d’artificiel, au contraire, elle brûlait presque au point de réchauffer l’air glacé du Svalbard. C’était comme si elle était entrain de contempler un reflet inversé d’elle-même. Là où la sorcière aux cheveux d’ivoire s’exprimait avec une exaltation à peine contenue, Aki n’avait appris qu’à dissimuler, à contenir, à réduire toute flamme intérieure à une simple braise.

« Voilà une réponse qui vous honore. » La voix de la noiraude, basse et mesurée, contrastait avec l’enthousiasme de la cadette. Pas de sourire, pas d’émotion trop visible, mais quiconque y faisait attention percevrait une certaine chaleur dans ses yeux sombres. Aki était de ceux qui n’accordaient pas tant d’importance aux mots, préférant généralement mesure et sobriété.

À la question de la jeune femme, elle marqua un silence. Elle laissa son regard se détacher de la foule pour se poser vers les cimes enneigées, où elle savait que dragons et dragonniers planeraient d’ici peu.

« Non, je ne participe pas. » répondit-elle enfin, « Je ne suis pas dragonnière, je suis dragonologiste de formation. » Elle s’interrompit un instant avant d’ajouter quelques mots, déposant de nouveau son regard sur son interlocutrice, « Et dans le cadre de la Coupe j’ai participé à son organisation, je suis la Directrice des Hébrides alors j’ai naturellement offert mon aide. »

Ses doigts effleurèrent brièvement ses cicatrices, un geste presque inconscient mais aussitôt réprimé. Aki n’avait pas besoin de préciser que l’étude seule n’empêchait pas le danger. Ses blessures parlaient mieux que ses mots. Pourtant, elle nota une chose, l’inconnue n’avait pas posé la question, ni même laissé son regard s’attarder sur ce visage marqué. Une retenue rare et appréciée par l’eurasienne qui avait trop l’habitude de comportements déplacés à ce propos.

328 mots

membre de l’UDS - #841373

31 août 2025, 12:51
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
Alice savait reconnaître un sourire sincère lorsqu’elle en voyait. Il n’avait nullement besoin d’être étincelant pour qu’elle comprenne que l’inconnue était satisfaite de la réponse honnête qui venait de lui être offerte. Et puisque son visage n’était nullement marqué par des rides d’expression qui aurait pu trahir un naturel jovial, Alice songea que ces sourires ou tout éclat émotif n’étaient point dans ses habitudes. Elle en tira une double satisfaction car si ce sourire fugace lui avait été réservé, il devenait un privilère rare, presque un secret confié.

Ses yeux pâles suivirent le mouvement de la femme vers les cimes enneigées, fascinée à l’idée d’imaginer des dragons brisant le ciel de leurs airs.
Et lorsque l’autre se déclara dragonologiste et directrice des Hébrides, Alice sentit sa mâchoire se décrocher. Avec une lenteur trahissant sa stupéfaction, la française tourna la tête vers cette inconnue qui se révélait finalement être une de ces nombreuses personnes qu’elle avait un jour rêvé de rencontrer.
Si elle n’avait été que draconologiste, cette femme aurait tout de même eu l’intérêt d’Alice, elle même ayant longtemps rêvé d’exercer ce métier. Diriger en plus la réserve des Hébrides ? Circée, Alice rêvait-elle ?
Ses prunelles claires, dilatées par la surprise, la fixaient avec une intensité ardente. Pendant un souffle, Alice eut l’air d’un enfant que l’on aurait prise en flagrant délit de rêverie.

Elle remarqua ce mouvement avorté, l’esquisse d’une main portée à ses cicatrices aussitôt réprimée. Alice n’eut pas la moindre tentation de s’y attarder, pas plus qu’elle n’eut le désir d’y poser une question. Trop de regards indiscrets avaient dû déjà tenter de s’y accrocher comme des vautours flairant la chair blessée. Elle n’ajouterait pas le sien à cette longue liste.
Il n’y avait rien de plus désagréable que de sentir un regard indiscret fouiller la chair d’une cicatrice pour en comprendre son histoire. Alice ne le savait que trop bien. Elle avait sentit tant et tant de fois son visage dépouillé par les autres, commenté par les plus indiscrets.

Son excitation tantôt ressentie à l’évocation du chemin de vie de la belle dame s’était atténué, soufflé par les souvenirs associés à ce fléau qu’elles deux partageaient sans le savoir. Parfait. Alice allait peut-être cessé de se comporter comme une friponne mal éduquée.
Elle baissa un instant les yeux, ses doigts effleurant distraitement son poignet recouvert de frisson. Le souffle glacé de Norvège s’insinuait dans sa nuque. Il était grand temps d’aller acheter un manteau.

« Je vous prie de bien vouloir pardonner ma surprise », souffla t-elle en levant la tête, un sourire accroché aux lèvres. « J’ai passé mon enfance à jalouser la vie que vous avez aujourd’hui, ma Dame. Je ne m’attendais pas à me retrouver un jour face à quelqu’un qui a fait de mes rêves de fillette son métier. »

Ses mots flottaient dans l’air glacé comme une confession trop intime, mais Alice ne chercha pas à les retenir. Ses yeux d’argent luisaient d’une ferveur intacte, une franchise qu’elle n’offrait que rarement.
Elle inclina la tête, un geste infime mais sincère, presque comme si elle saluait non pas la femme, mais l’empreinte qu’elle avait laissée dans ce monde de flammes et d’écailles.

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14 sept. 2025, 19:34
Là où rugissent les cieux Coupe de dragonnerie
Les traits de la jeune femme se figèrent d’abord dans une stupeur presque candide, et Aki n’eut aucun mal à deviner le poids de la révélation qu’elle venait de livrer. Ses yeux clairs brillaient, comme s’ils cherchaient à graver chaque détail de son visage, chaque mot prononcé. L’eurasienne demeura impassible, mais intérieurement, un certain malaise s’installa. Elle connaissait trop bien ce type de regard, il n’était pas celui des curieux ou des indiscrets, mais plutôt celui des rêveurs qui avaient une image idéalisée de ce qu’elle était.

La balafrée ne s’était jamais considérée comme un modèle. Son existence était façonnée par la rigueur, le contrôle, et le besoin de se mettre en danger pour se sentir vivante. Une existence qui lui semblait trop lourde de renoncements pour être enviée. Pourtant, il y avait dans cette ferveur quelque chose qui réveillait en elle les souvenirs de ses propres débuts, quand l’étude des dragons n’était pas encore entachée par les cicatrices qu’elle portait aujourd’hui. Qu’elles soient visibles ou non. Bien que ses cicatrices n’aient rien étouffé de cet amour viscéral pour les dragons, elles l’avaient seulement contrainte à apprivoiser cette passion, à la canaliser, à la plier sous la férule du contrôle et de la discipline.

Aki laissa passer quelques secondes de silence, comme pour accorder du temps à cette émotion débordante avant d’y répondre. « Les rêves forgent des chemins, mais la route est rarement telle qu’on l’imaginait. », avait-elle simplement répondu. Pas de sourire, pas de commentaire inutile. Mais ses yeux sombres semblèrent s’adoucir un instant. Elle ne disait pas cela pour diminuer l’ardeur de la jeune femme, elle aurait préféré se surprendre à rêver elle aussi. L’eurasienne ne rêvait plus depuis longtemps, du moins c’était ce qu’elle croyait.

Elle hocha légèrement la tête, comme pour remercier la sorcire de cet instant suspendu, puis elle reprit son pas à travers la foule. Sa silhouette se mouvait avec la même assurance discrète, évitant les passants sans effort. « Venez. », reprit-elle simplement, « Le froid se montre plus impitoyable encore que les dragons. »


343 mots

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