Table f. | Sagittaire


1. @Herminie Peers
2. @Aelle Bristyle
3. @Émeline Joyner
4. @Herbert MacTairdelbach
5. @Layana Greenwell

PrécisionsMinimum 220 mots par post, aucune limite de maximum.
Cette table vous appartient, vous êtes libre d'y écrire comme vous le désirez.
Vos personnages peuvent se rendre librement aux autres tables, dans ce cas il vous faudra poster dans le sujet de la table en question.
Les plats arrivent au fur et à mesure : d'abord l'entrée, puis le plat et enfin le dessert. Une certaine durée d'attente entre les différents plats est de mise.
Les verres se remplissent à la demande. Les mineurs ne peuvent pas commander d'alcool.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Table f. | Sagittaire
PNJ utilisé: Jedediah MacTairdelbach
Peu de temps après la levée du voile céleste, Herbert fut contraint de couper court à un début de première discussion extrafamiliale.
Il observait, autour de lui, le flux de personnes devenant moins impressionnant, à mesure qu'il prenait la cadence du pas assuré de Jedediah.
Arrivé non loin de la tablée au dessus de laquelle flottait une planète ressemblant fortement à Saturne, le vieil homme se tourna vers le jeune garçon, le prenant par les épaules, et lui parla d’une voix basse, tandis que ce dernier hochait la tête à chaque fin de phrase.
Un bras se leva, indiquant une table non loin, un regard et quelques paroles s’échangèrent entre les deux membres de la famille MacTairdelbach, puis Herbert prit la direction de sa table, tandis que Jedediah prit le chemin précédemment indiqué à son petit fils.
Herbert était rassuré d’arriver à sa table en premier; car il n’aurait pas à connaître le moment gênant où il faut s’immiscer au milieu de convives, ou pire, au milieu d’une discussion de ces derniers. Il allait pouvoir être passif quelques instants.
Il épousseta sa veste, comme pour vérifier qu’aucune trace de la poussière s’étant élevée n’allait lui donner une allure qu’on lui avait interdit d’avoir en cette circonstance, puis s’assit à sa place.
Il observa la planète à son nom, flottant au milieu de son assiette, jetant parfois de rapides coups d’œil autour de lui à la recherche des autres membres de la tablée, tout en jouant avec sa serviette.
Si Fiss a pu tenir un tel évènement sans que j’en ai entendu parler à la maison ou en repas de famille, je devrais bien pouvoir le faire se dit-il, avant d'intimer à son verre de se remplir d'eau.
287 mots.
Herbert et Jedediah s'approchent de la table, discutent, puis Herbert s'assoit à celle-ci, tandis que Jedediah part vers une autre.
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Table f. | Sagittaire
Aelle qui cherche sa table : b. — a. — c. — f.
____________

Les noms défilent sous mes yeux. J'ai fait le tour de trois, quatre, cinq, six tables avant de comprendre que je n'étais pas du bon côté de la pièce. Passée du côté droit de la bulle, j'ai fait encore le tour de trois tables avant d'arriver à celle-ci. Si je trouve ce jeu complètement idiot, je préfère encore errer bêtement dans la salle de bal que de me retrouver assise à une table où l'on forcera la discussion avec moi, alors je ne me presse pas. J'arrive une main dans la poche, le pas traînant et les sourcils froncés, la tête encore perdue dans le Grand Nuage de Magellan.
Autour de la table de laquelle j'approche se trouve déjà un garçon installé. Un jeune homme. Je baisse les yeux avant que nos regards se croisent. J'observe la première assiette qui s'offre à moi. Layana Greenwell. Je passe à la suivante, persuadée d'y trouver une ou un nouvel inconnu. Mais mon cœur s'arrache de son socle lorsque lis le nom de Herminie. J'ai un hoquet silencieux, la bouche entrouverte. Aussitôt mes yeux parcourent la salle pour la trouver. Aucune trace de sa chevelure blonde dans les parages. C'est avec un profond dépit que je continue le tour de la table qui me rapproche petit à petit du blond à lunette déjà installé : je suis absolument persuadée qu'il ne s'agit pas de ma table et que je devrais m'en aller en laissant Herminie derrière moi ; encore une déception.
Se trouve au centre de la prochaine assiette ce qui ressemble fortement à une lune. Une grosse boule grisâtre abîmée de cratères. Je me fiche de ce truc. Ce qui m'intéresse, c'est le nom inscrit dessus. Le mien. Mon cœur voltige dans ma poitrine. Un sourire apparaît tout à coup sur mes lèvres, bref sourire qui soulève le coin droit de ma bouche, aussi fugace qu'exceptionnel. Mon cœur raconte tout ce qu'il y a à dire sur mon plaisir de me retrouver à la même table que Herminie, juste à côté d'elle qui plus est. Je suis soulagée d'un poids que je n'avais même pas conscience de porter. La soirée m'en paraît plus belle, plus agréable à vivre. Herminie est mon quotidien, elle est mon paysage à l'AESM, je connais ses sourires, ses manières retenues, certaines de ses habitudes. Je n'en reviens pas d'avoir la chance de pouvoir partager ce repas avec elle ; c'était inespéré, inattendu en fait.
Mon regard quitte la lune pour se déposer dans celui, bleu, du jeune homme déjà installé. Il est mon voisin direct. Je le salue d'un mouvement bref et sec du menton, avant de contourner sa chaise pour aller voir les autres noms de la table. En passant derrière lui, je me penche pour lire sa planète et son nom. MacTairdelbach. Le nom m'est familier. Le visage non. J'ai peut-être été à Poudlard avec un membre de sa famille. Cela n'a pas la moindre importance. Je poursuis ma route. Le dernier nom ne m'inspire rien de plus, alors je reviens sur mes pas.
Je tire ma chaise et m'installe à ma table en croisant les jambes, à gauche du blond. J'attrape la lune qui flotte dans mon assiette et l'observe sous tous les angles. Je remarque rapidement que les cratères qui se trouvent sur notre satellite ne sont pas sur celle-ci ; il ne s'agit donc pas de la Lune. Je fouille ma mémoire pour trouver le nom de celle que j'ai entre les doigts.
Bon, Aelle n'est pas très loquace, pour changer !
____________

Les noms défilent sous mes yeux. J'ai fait le tour de trois, quatre, cinq, six tables avant de comprendre que je n'étais pas du bon côté de la pièce. Passée du côté droit de la bulle, j'ai fait encore le tour de trois tables avant d'arriver à celle-ci. Si je trouve ce jeu complètement idiot, je préfère encore errer bêtement dans la salle de bal que de me retrouver assise à une table où l'on forcera la discussion avec moi, alors je ne me presse pas. J'arrive une main dans la poche, le pas traînant et les sourcils froncés, la tête encore perdue dans le Grand Nuage de Magellan.
Autour de la table de laquelle j'approche se trouve déjà un garçon installé. Un jeune homme. Je baisse les yeux avant que nos regards se croisent. J'observe la première assiette qui s'offre à moi. Layana Greenwell. Je passe à la suivante, persuadée d'y trouver une ou un nouvel inconnu. Mais mon cœur s'arrache de son socle lorsque lis le nom de Herminie. J'ai un hoquet silencieux, la bouche entrouverte. Aussitôt mes yeux parcourent la salle pour la trouver. Aucune trace de sa chevelure blonde dans les parages. C'est avec un profond dépit que je continue le tour de la table qui me rapproche petit à petit du blond à lunette déjà installé : je suis absolument persuadée qu'il ne s'agit pas de ma table et que je devrais m'en aller en laissant Herminie derrière moi ; encore une déception.
Se trouve au centre de la prochaine assiette ce qui ressemble fortement à une lune. Une grosse boule grisâtre abîmée de cratères. Je me fiche de ce truc. Ce qui m'intéresse, c'est le nom inscrit dessus. Le mien. Mon cœur voltige dans ma poitrine. Un sourire apparaît tout à coup sur mes lèvres, bref sourire qui soulève le coin droit de ma bouche, aussi fugace qu'exceptionnel. Mon cœur raconte tout ce qu'il y a à dire sur mon plaisir de me retrouver à la même table que Herminie, juste à côté d'elle qui plus est. Je suis soulagée d'un poids que je n'avais même pas conscience de porter. La soirée m'en paraît plus belle, plus agréable à vivre. Herminie est mon quotidien, elle est mon paysage à l'AESM, je connais ses sourires, ses manières retenues, certaines de ses habitudes. Je n'en reviens pas d'avoir la chance de pouvoir partager ce repas avec elle ; c'était inespéré, inattendu en fait.
Mon regard quitte la lune pour se déposer dans celui, bleu, du jeune homme déjà installé. Il est mon voisin direct. Je le salue d'un mouvement bref et sec du menton, avant de contourner sa chaise pour aller voir les autres noms de la table. En passant derrière lui, je me penche pour lire sa planète et son nom. MacTairdelbach. Le nom m'est familier. Le visage non. J'ai peut-être été à Poudlard avec un membre de sa famille. Cela n'a pas la moindre importance. Je poursuis ma route. Le dernier nom ne m'inspire rien de plus, alors je reviens sur mes pas.
Je tire ma chaise et m'installe à ma table en croisant les jambes, à gauche du blond. J'attrape la lune qui flotte dans mon assiette et l'observe sous tous les angles. Je remarque rapidement que les cratères qui se trouvent sur notre satellite ne sont pas sur celle-ci ; il ne s'agit donc pas de la Lune. Je fouille ma mémoire pour trouver le nom de celle que j'ai entre les doigts.
Bon, Aelle n'est pas très loquace, pour changer !
Table f. | Sagittaire
Voilà peu de temps qu’il était arrivé à table, et Herbert avait déjà ressassé toutes les règles qui lui avaient été intimées, un nombre de fois qu’il ne saurait compter.
Le temps jouait contre ses nerfs. Chaque minute qui passait lui imposait l’opportunité de penser à une dizaine de nouvelles situations, à comment les résoudre. Ces réflexions finissaient par l’amener à porter une telle attention à d’insignifiants et improbables détails futurs, qu’il en venait à perdre le fil principal de son raisonnement.
Il avait été emmené ici, c’était un choix réfléchi -il en était persuadé-, mais ne comprenait toujours pas ce dernier. Est-ce un test? A t-il été désigné à une tâche future sans en avoir été informé?
Restait à montrer qu’il savait tenir ce rôle -même s’il ignorait ce en quoi il consistait exactement-, à ne pas s’attirer l’opprobre, ou pire, laisser grand-père afficher sa déception.
Et à mesure qu’une forme d’impatience grandissait, Herbert peinait de plus en plus à contenir sa jambe droite -de plus en plus dissidente-, semblant vouloir se croiser avec l’autre jambe, ce qui lui offrirait une position apaisante, mais que la convenance ne permettait pas.
Un évènement vint mettre fin au supplice de la semelle de chaussure droite frénétiquement frottée par les orteils d’Herbert depuis que ce dernier était assis.
Une femme, probablement plus âgée d’une demi dizaine d’années, à vue de nez, commençait un tour de la table d’Herbert sans prêter attention à ce dernier.
Tout en observant, sans l’assumer complètement -et en s’en cachant- la nouvelle présence, Herbert ne pouvait s’empêcher de faire le lien entre la coiffure de cette personne et les albums jaunis du vieil Ephraïm -son trisaïeul-, dont l’ouverture déclenchait invariablement chez Jedediah un flot d’éloges sur l’ingéniosité, l’initiative et les prises de risque qui avaient doré le blason des MacTairdelbach.
Ses pensées, presque hypnotiques, s’interrompirent lorsque la femme posa ses yeux sur lui. Dans un sursaut, il répondit à la salutation par mimétisme, avec un sentiment presque honteux, que ses pensées avaient été cernées par la nouvelle arrivante. Sa bouche s’entrouvrit, tandis que ses lèvres formulèrent un “Bonjour” sans qu’aucun souffle ne vienne offrir le moindre décibel à cette politesse.
Herbert observa en coin le comportement de la nouvelle venue, une fois que cette dernière s’était assise sur sa chaise à côté de lui. Elle ne semblait pas particulièrement attachée à l’étiquette, et cela lui allait bien. Restait à espérer que les autres convives soient dans le même esprit. Il ne souhaitait pas jurer avec des codes qu’il peinait à appliquer.
L’espace d’un instant, lui vint l’idée d’ouvrir une discussion, comme pour en terminer avec une partie d’un protocole qu’il serait plus aisé d’appliquer face à un auditoire réduit, et -dans son esprit- plus indulgent que ce qu’il s’était préparé à affronter.
Son regard se tourna en direction d’une table lointaine, table lui ayant retourné le regard qu’il recherchait. Finalement, il allait se taire. Une expérience ratée serait moins problématique, aux yeux de Jedediah, qu’une expérience qu’on a refusé de mener, il en était persuadé, et cette seconde ne lui serait sûrement pas pardonnée.
Je pense qu'Herbert s'en remettra..!
516 mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Le temps jouait contre ses nerfs. Chaque minute qui passait lui imposait l’opportunité de penser à une dizaine de nouvelles situations, à comment les résoudre. Ces réflexions finissaient par l’amener à porter une telle attention à d’insignifiants et improbables détails futurs, qu’il en venait à perdre le fil principal de son raisonnement.
Il avait été emmené ici, c’était un choix réfléchi -il en était persuadé-, mais ne comprenait toujours pas ce dernier. Est-ce un test? A t-il été désigné à une tâche future sans en avoir été informé?
Restait à montrer qu’il savait tenir ce rôle -même s’il ignorait ce en quoi il consistait exactement-, à ne pas s’attirer l’opprobre, ou pire, laisser grand-père afficher sa déception.
Et à mesure qu’une forme d’impatience grandissait, Herbert peinait de plus en plus à contenir sa jambe droite -de plus en plus dissidente-, semblant vouloir se croiser avec l’autre jambe, ce qui lui offrirait une position apaisante, mais que la convenance ne permettait pas.
Un évènement vint mettre fin au supplice de la semelle de chaussure droite frénétiquement frottée par les orteils d’Herbert depuis que ce dernier était assis.
Une femme, probablement plus âgée d’une demi dizaine d’années, à vue de nez, commençait un tour de la table d’Herbert sans prêter attention à ce dernier.
Tout en observant, sans l’assumer complètement -et en s’en cachant- la nouvelle présence, Herbert ne pouvait s’empêcher de faire le lien entre la coiffure de cette personne et les albums jaunis du vieil Ephraïm -son trisaïeul-, dont l’ouverture déclenchait invariablement chez Jedediah un flot d’éloges sur l’ingéniosité, l’initiative et les prises de risque qui avaient doré le blason des MacTairdelbach.
Ses pensées, presque hypnotiques, s’interrompirent lorsque la femme posa ses yeux sur lui. Dans un sursaut, il répondit à la salutation par mimétisme, avec un sentiment presque honteux, que ses pensées avaient été cernées par la nouvelle arrivante. Sa bouche s’entrouvrit, tandis que ses lèvres formulèrent un “Bonjour” sans qu’aucun souffle ne vienne offrir le moindre décibel à cette politesse.
Herbert observa en coin le comportement de la nouvelle venue, une fois que cette dernière s’était assise sur sa chaise à côté de lui. Elle ne semblait pas particulièrement attachée à l’étiquette, et cela lui allait bien. Restait à espérer que les autres convives soient dans le même esprit. Il ne souhaitait pas jurer avec des codes qu’il peinait à appliquer.
L’espace d’un instant, lui vint l’idée d’ouvrir une discussion, comme pour en terminer avec une partie d’un protocole qu’il serait plus aisé d’appliquer face à un auditoire réduit, et -dans son esprit- plus indulgent que ce qu’il s’était préparé à affronter.
Son regard se tourna en direction d’une table lointaine, table lui ayant retourné le regard qu’il recherchait. Finalement, il allait se taire. Une expérience ratée serait moins problématique, aux yeux de Jedediah, qu’une expérience qu’on a refusé de mener, il en était persuadé, et cette seconde ne lui serait sûrement pas pardonnée.
Je pense qu'Herbert s'en remettra..!
516 mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Table f. | Sagittaire
Son silence est une bénédiction. J'étais persuadée qu'il allait prendre la parole et m'abreuver de mots inutiles, mais force est de constater après une minute de silence qu'il n'est pas ce genre de personne qui parle simplement pour combler le silence. Cela me satisfait et naturellement mon esprit se tourne vers le problème le plus complexe qui s'offre à moi actuellement — et le seul suffisamment intéressant pour m'occuper alors que rien autour ne se passe : cette lune inconnue.
Lorsque je lâche la petite boule, celle-ci se remet à flotter devant de moi. S'il ne s'agit pas de la lune, je pars du principe qu'il doit s'agir d'un autre satellite de notre système solaire : ce serait idiot d'en choisir un plus lointain alors que nous en avons tant autour des planètes les plus proches de nous. Peu désireuse de réfléchir à cela sans mettre de l'ordre dans mes pensées, je dégaine ma baguette magique et la pointe à droite de mon assiette.
« Aparecio. »
Aucune difficulté à visualiser mon précieux carnet, celui que je garde en tout temps sur moi, sauf lorsque je porte une tenue qui offre si peu de place pour les livres et les carnets. Celui qui apparaît est noir et abimé par une utilisation quotidienne. Une plume y est rattachée. J'attrape l'une, ouvre l'autre à une page vierge et me mets à lister les satellites que je connais en partant, évidemment, de Mercure pour aller jusqu'à Neptune. J'ignore le jeune homme qui se trouve à quelques centimètres de moi et qui est aussi immobile que si on lui avait envoyé un Stupefix. Il est dans mon esprit relégué par ordre d'importance après toutes les planètes du système solaire, loin derrière Pluton.
Mercure et Venus n'ont pas de satellite. Il ne s'agit pas de celui de la Terre. Mars en a deux. Jupiter un nombre trop grand pour que je les connaisse tous mais je suis capable de me souvenir des quatre plus importants. Saturne en a également toute une panoplie. J'en note deux avant de sécher. Je me souviens des six principaux d'Uranus. Des deux plus importants de Neptune. Je laisse Pluton de côté, car j'ai déjà bien assez à faire. Concentrée, je tapote du bout de la plume sur mon carnet en fouillant ma mémoire. Mes cours d'Astronomie n'ont jamais été les plus intéressants et j'ai au fil des années cessé de consacrer ma mémoire aux informations non essentielles de cette matière. Je le paye apparemment aujourd'hui.
Mon incapacité à pouvoir lister tous les satellites naturels de notre système solaire me fait ressentir la même frustration qui m'envahit lorsque je perds ma concentration au beau milieu des cours de l'Académie, moi qui ai toujours été habitué à l'excellence et à la perfection scolaire. Je plante mon coude gauche sur la table, appuie deux doigts sur ma tempe pour soutenir ma tête et je recommence depuis le début. Mercure et Venus. Mars. Jupiter. Saturne. Ura...
Mes yeux se déportent vers le gamin qui n'a pas l'air si gamin que cela qui se trouve à ma droite. Il a l'âge d'être à Poudlard. Combien de chance pour que ce soit un cancre ? Combien de chance pour qu'il sache ce qu'est un satellite ? Manquerait plus que ce soit un fils de moldu qui me parle de ces choses que son peuple fait tourner autour de notre planète et qu'il me dise bêtement que ma lune ne ressemble pas du tout à un satellite. Et puis de toute façon, que pourrait-il connaître des satellites ? Il va me sortir qu'il s'agit de la Lune, qu'il en est persuadé parce qu'il l'a suffisamment observée dans le ciel. Je pince les lèvres, déjà agacée par la bêtise que je lui prête sans même le connaître. Maintenant, j'ai le choix : rester dans mon ignorance ou espérer que la chance m'ait fait tomber sur le seul gamin de la soirée qui ne soit pas un total ignare. Vais-je réellement perdre mon temps avec ça ? Si j'avais pu, j'aurais fait apparaître un bouquin d'astronomie pour trouver ma réponse toute seule, mais c'est impossible. Alors...
La tempe toujours appuyée sur mes doigts, je tourne légèrement la tête pour faire comprendre au blond dégingandé que je m'adresse à lui. Je fronce si bien les sourcils qu'il serait bien bête de croire que je le fais de bonne grâce.
« Quels sont les autres satellites de Saturne ? » dis-je dans un filet de voix en accrochant son regard. Je désigne mon carnet du bout de la plume dans un geste nonchalant. « J'ai Mimas et Hypérion. Les autres ? »
De toute façon, je sais déjà que sa réponse sera décevante.
Imaginons que Herbert soit aussi fou qu'Aelle et qu'il soit capable de reconnaître un satellite naturel à ses crevasses, sa couleur et sa forme, sache que celui d'Aelle est Ganymède, dont elle a déjà écrit le nom sur son carnet et qu'elle sera bien sûr incapable de reconnaître, quoi qu'elle en pense.
Lorsque je lâche la petite boule, celle-ci se remet à flotter devant de moi. S'il ne s'agit pas de la lune, je pars du principe qu'il doit s'agir d'un autre satellite de notre système solaire : ce serait idiot d'en choisir un plus lointain alors que nous en avons tant autour des planètes les plus proches de nous. Peu désireuse de réfléchir à cela sans mettre de l'ordre dans mes pensées, je dégaine ma baguette magique et la pointe à droite de mon assiette.
« Aparecio. »
Aucune difficulté à visualiser mon précieux carnet, celui que je garde en tout temps sur moi, sauf lorsque je porte une tenue qui offre si peu de place pour les livres et les carnets. Celui qui apparaît est noir et abimé par une utilisation quotidienne. Une plume y est rattachée. J'attrape l'une, ouvre l'autre à une page vierge et me mets à lister les satellites que je connais en partant, évidemment, de Mercure pour aller jusqu'à Neptune. J'ignore le jeune homme qui se trouve à quelques centimètres de moi et qui est aussi immobile que si on lui avait envoyé un Stupefix. Il est dans mon esprit relégué par ordre d'importance après toutes les planètes du système solaire, loin derrière Pluton.
Mercure et Venus n'ont pas de satellite. Il ne s'agit pas de celui de la Terre. Mars en a deux. Jupiter un nombre trop grand pour que je les connaisse tous mais je suis capable de me souvenir des quatre plus importants. Saturne en a également toute une panoplie. J'en note deux avant de sécher. Je me souviens des six principaux d'Uranus. Des deux plus importants de Neptune. Je laisse Pluton de côté, car j'ai déjà bien assez à faire. Concentrée, je tapote du bout de la plume sur mon carnet en fouillant ma mémoire. Mes cours d'Astronomie n'ont jamais été les plus intéressants et j'ai au fil des années cessé de consacrer ma mémoire aux informations non essentielles de cette matière. Je le paye apparemment aujourd'hui.
Mon incapacité à pouvoir lister tous les satellites naturels de notre système solaire me fait ressentir la même frustration qui m'envahit lorsque je perds ma concentration au beau milieu des cours de l'Académie, moi qui ai toujours été habitué à l'excellence et à la perfection scolaire. Je plante mon coude gauche sur la table, appuie deux doigts sur ma tempe pour soutenir ma tête et je recommence depuis le début. Mercure et Venus. Mars. Jupiter. Saturne. Ura...
Mes yeux se déportent vers le gamin qui n'a pas l'air si gamin que cela qui se trouve à ma droite. Il a l'âge d'être à Poudlard. Combien de chance pour que ce soit un cancre ? Combien de chance pour qu'il sache ce qu'est un satellite ? Manquerait plus que ce soit un fils de moldu qui me parle de ces choses que son peuple fait tourner autour de notre planète et qu'il me dise bêtement que ma lune ne ressemble pas du tout à un satellite. Et puis de toute façon, que pourrait-il connaître des satellites ? Il va me sortir qu'il s'agit de la Lune, qu'il en est persuadé parce qu'il l'a suffisamment observée dans le ciel. Je pince les lèvres, déjà agacée par la bêtise que je lui prête sans même le connaître. Maintenant, j'ai le choix : rester dans mon ignorance ou espérer que la chance m'ait fait tomber sur le seul gamin de la soirée qui ne soit pas un total ignare. Vais-je réellement perdre mon temps avec ça ? Si j'avais pu, j'aurais fait apparaître un bouquin d'astronomie pour trouver ma réponse toute seule, mais c'est impossible. Alors...
La tempe toujours appuyée sur mes doigts, je tourne légèrement la tête pour faire comprendre au blond dégingandé que je m'adresse à lui. Je fronce si bien les sourcils qu'il serait bien bête de croire que je le fais de bonne grâce.
« Quels sont les autres satellites de Saturne ? » dis-je dans un filet de voix en accrochant son regard. Je désigne mon carnet du bout de la plume dans un geste nonchalant. « J'ai Mimas et Hypérion. Les autres ? »
De toute façon, je sais déjà que sa réponse sera décevante.
Imaginons que Herbert soit aussi fou qu'Aelle et qu'il soit capable de reconnaître un satellite naturel à ses crevasses, sa couleur et sa forme, sache que celui d'Aelle est Ganymède, dont elle a déjà écrit le nom sur son carnet et qu'elle sera bien sûr incapable de reconnaître, quoi qu'elle en pense.
Table f. | Sagittaire
- Il est de convenance de commencer cette discussion par des présentations. Je me propose de commencer, Herbert MacTairdelbach, en cinquième année à l'école de Poudlard, originaire de Dublin, d'ascendance sorcière par un nombre de génération que je ne saurais compter. Et vous?
-Je suis Hydrix MacVerdo, mon eau vient de non loin de Morwenstow, et mon cristal est un secret de fabrication. C'est un plaisir de faire votre connaissance.
-Le plaisir est pour moi! Mais dites moi, vous contenez de l'hydrogène et de l'oxygène, tous deux présents dans l'air, comment se fait-il que je ne peux pas vous respirer?
-En voilà, une question pertinente, monseigneur! Et si vous ne savez y répondre, pensez bien que je ne le saurais non plus.
-Peut être parce que... pression... d'eau.!
Un regard pesant occulta le lien entre le jeune garçon et son verre, et troubla les pensées dans lequel Herbert avait pu se réfugier un instant, comme un sas de décompression tant espéré depuis qu'il avait mis les pieds sur le tapis. Pendant un instant, une seconde, une minute, il avait pu retrouver un espace se pliant à sa volonté, et par la même occasion, quelques forces.
Il regarda -plus ou moins discrètement- en direction de son unique camarade de tablée.
Celle-ci semblait particulièrement... courroucée. Son corps avait-il fait ou dit quelque chose de répréhensible tandis que son esprit avait le dos tourné? Avait-il pensé à voix haute? Son allure avait-elle été particulièrement étrange? Dans le doute, s'apprêta à prendre son verre, mais
Quels sont les autres satellites de Saturne ?
Tiens, il n'allait pas à ouvrir la discussion. Il se sentait autant gêné que rassuré, étant donné que
J'ai Mimas et Hypérion. Les autres ?
Herbert MacTairdelbach, en voilà, une réponse idiote! Heureusement que sa bouche s'était interdit de proférer telle ânerie!
Le ton était donné, et le jeune garçon peinait à comprendre le lien entre ce filet de voix, ce regard, et la question.
Néanmoins, c'était un terrain de jeu sur lequel il était plus à l'aise que celui du paraître de la haute société. Sans être non plus son terrain de prédilection..
Il avait vu cela avec son précepteur, il se souvenait avoir retenu des noms, mais lesquels, et pourquoi.. Son visage se ferma.
Il venait... Qu'avait-il fait..?
Il venait de faire l'acquisition du Corpus hermet... "..Titan!"..icum, qu'il avait dû aller chercher chez les parents de son cousin, en même temps que... "Japet, dans l'édition annotée".
Les pensées se sont mélangées à la parole. Ce n'est pas grave, ça ne pouvait pas l'être.. Si la pression avait pu baisser, son esprit -encore à moitié embrouillé- peinait à récupérer sa capacité de raisonnement habituelle.
"Mes excuses, ce n'est pas mon domaine de prédilection. Grand-père ne souhaite pas que mon précepteur s'attarde en sujets qu'il considère non essentiels."
Il s'affaissa légèrement, laissant tomber son coude droit sur la table, observant son interlocutrice, puis le carnet de cette dernière, avant de revenir une fois de plus au visage de la jeune adulte, tentant de comprendre pourquoi cette recherche semblait la mettre dans un tel état, ou pourquoi un tel exercice à son égard qui semblait être pris excessivement au sérieux. Il espérait avoir été convenable. Il en avait besoin. Et durant un instant, peut être un des premiers de sa vie, il ne se souvenait plus pourquoi.
558 mots
J'ai bien cherché des corrélations entre ce qu'il pourrait connaître et Ganymède, mais le sortir serait pur meta, je ne peux me résoudre à briser m'immersion.
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
-Je suis Hydrix MacVerdo, mon eau vient de non loin de Morwenstow, et mon cristal est un secret de fabrication. C'est un plaisir de faire votre connaissance.
-Le plaisir est pour moi! Mais dites moi, vous contenez de l'hydrogène et de l'oxygène, tous deux présents dans l'air, comment se fait-il que je ne peux pas vous respirer?
-En voilà, une question pertinente, monseigneur! Et si vous ne savez y répondre, pensez bien que je ne le saurais non plus.
-Peut être parce que... pression... d'eau.!
Un regard pesant occulta le lien entre le jeune garçon et son verre, et troubla les pensées dans lequel Herbert avait pu se réfugier un instant, comme un sas de décompression tant espéré depuis qu'il avait mis les pieds sur le tapis. Pendant un instant, une seconde, une minute, il avait pu retrouver un espace se pliant à sa volonté, et par la même occasion, quelques forces.
Il regarda -plus ou moins discrètement- en direction de son unique camarade de tablée.
Celle-ci semblait particulièrement... courroucée. Son corps avait-il fait ou dit quelque chose de répréhensible tandis que son esprit avait le dos tourné? Avait-il pensé à voix haute? Son allure avait-elle été particulièrement étrange? Dans le doute, s'apprêta à prendre son verre, mais
Quels sont les autres satellites de Saturne ?
Tiens, il n'allait pas à ouvrir la discussion. Il se sentait autant gêné que rassuré, étant donné que
J'ai Mimas et Hypérion. Les autres ?
Herbert MacTairdelbach, en voilà, une réponse idiote! Heureusement que sa bouche s'était interdit de proférer telle ânerie!
Le ton était donné, et le jeune garçon peinait à comprendre le lien entre ce filet de voix, ce regard, et la question.
Néanmoins, c'était un terrain de jeu sur lequel il était plus à l'aise que celui du paraître de la haute société. Sans être non plus son terrain de prédilection..
Il avait vu cela avec son précepteur, il se souvenait avoir retenu des noms, mais lesquels, et pourquoi.. Son visage se ferma.
Il venait... Qu'avait-il fait..?
Il venait de faire l'acquisition du Corpus hermet... "..Titan!"..icum, qu'il avait dû aller chercher chez les parents de son cousin, en même temps que... "Japet, dans l'édition annotée".
Les pensées se sont mélangées à la parole. Ce n'est pas grave, ça ne pouvait pas l'être.. Si la pression avait pu baisser, son esprit -encore à moitié embrouillé- peinait à récupérer sa capacité de raisonnement habituelle.
"Mes excuses, ce n'est pas mon domaine de prédilection. Grand-père ne souhaite pas que mon précepteur s'attarde en sujets qu'il considère non essentiels."
Il s'affaissa légèrement, laissant tomber son coude droit sur la table, observant son interlocutrice, puis le carnet de cette dernière, avant de revenir une fois de plus au visage de la jeune adulte, tentant de comprendre pourquoi cette recherche semblait la mettre dans un tel état, ou pourquoi un tel exercice à son égard qui semblait être pris excessivement au sérieux. Il espérait avoir été convenable. Il en avait besoin. Et durant un instant, peut être un des premiers de sa vie, il ne se souvenait plus pourquoi.
558 mots
J'ai bien cherché des corrélations entre ce qu'il pourrait connaître et Ganymède, mais le sortir serait pur meta, je ne peux me résoudre à briser m'immersion.
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Table f. | Sagittaire
Sa réponse ne tarde pas à venir et il ne s'encombre pas de paroles inutiles. Titan tombe comme un présent inespéré. Contrairement à ce que j'aurais voulu, je ne me jette pas sur ma plume avec la force du désespoir : je me contente de m'en vouloir d'avoir pu oublier ce satellite au nom si simple à retenir et de hausser un sourcil qui ne cache rien de mon étonnement d'avoir reçu une réponse acceptable et loin d'être idiote. Mon regard ne se détourne pas du blond, encore moins lorsqu'il poursuit en m'offrant un second nom de satellite — rien que ça ! Il n'est pas idiot. Première constatation. Aucune idée de quelle édition il parle. Deuxième constatation. Il laisse quelqu'un décider pour lui de ce qui est bon à apprendre. Troisième constatation. Et c'est comme cela que l'on passe d'une bonne surprise à une déception.
Je détourne les yeux pour me concentrer sur mon carnet et ma liste de satellites. Je rajoute les deux qu'il a trouvés pour moi. Comme si cela avait débloqué une partie de ma mémoire, un nouveau nom débarque dans ma conscience comme en terrain conquis, si subitement que je cligne des yeux, étonnée.
« Rhéa, » dis-je d'une voix assurée en faisant glisser ma plume sur la page de mon carnet.
Ca rebondit dans mon esprit, ça s'éveille, ça s'illumine. Un frisson part de ma nuque et remonte sur mon crâne. J'écris encore :
« Encelade. »
Un sourire fier m'étire les lèvres ; il nait de la douce satisfaction de voir les choses revenir à leur place : ma mémoire et mon intelligence sont des choses avec lesquelles je suis familière, je me blottie contre elles avec un plaisir tout à fait indécent. Je relève la tête pour planter mon regard dans celui de mon jeune voisin. Il a beau être décevant, il m'a tout de même débloqué la mémoire.
« Quelle édition annotée ? »
J'observe un instant son visage juvénile, passant de son regard qui a la couleur d'une pierre trouvée au fond d'une rivière à son corps tout figé. Moi-même n'ai pas fait autre mouvement que celui de bouger la tête depuis que j'ai ouvert mon carnet ; je suis trop occupée pour ça. Ses vilaines paroles me reviennent en tête ; j'aurais préféré les oublier. Je fronce les sourcils et esquisse sans même en avoir conscience un rictus.
« Tu laisses ton grand-père décider de ce qui est un sujet essentiel ou non. »
J'aurais très bien pu dire : tu es un idiot. Cela aurait signifié la même chose. Ce n'est pas une question, c'est une affirmation et elle prend racine dans le profond mépris que je ressens. C'est dommage parce que j'ai apprécié qu'il puisse me sortir sans hésiter le nom de deux satellites et qu'il le fasse sans s'encombrer de « pourquoi ? » et autres « présentons-nous, pour commencer ». Il aurait été parfait s'il m'avait épargné ses excuses et la triste preuve de son incapacité à faire ses propres choix. À son âge, j'étais déjà capable de décider de ce que je trouvais intéressant ou non. À son âge, même Kristen n'a pas pu m'empêcher de m'intéresser à une branche de la magie dont elle a souvent voulu me détourner. À son âge... Je me détourne sans plus de cérémonie. J'ai déjà eu son âge, mais je n'ai jamais été comme lui.
Une étincelle s'allume de nouveau dans mon esprit.
« Téthys, » annoncé-je d'une voix morne en écrivant sur mon carnet.
Rien n'est plus important que la cohérence, tu as bien fait !
Je détourne les yeux pour me concentrer sur mon carnet et ma liste de satellites. Je rajoute les deux qu'il a trouvés pour moi. Comme si cela avait débloqué une partie de ma mémoire, un nouveau nom débarque dans ma conscience comme en terrain conquis, si subitement que je cligne des yeux, étonnée.
« Rhéa, » dis-je d'une voix assurée en faisant glisser ma plume sur la page de mon carnet.
Ca rebondit dans mon esprit, ça s'éveille, ça s'illumine. Un frisson part de ma nuque et remonte sur mon crâne. J'écris encore :
« Encelade. »
Un sourire fier m'étire les lèvres ; il nait de la douce satisfaction de voir les choses revenir à leur place : ma mémoire et mon intelligence sont des choses avec lesquelles je suis familière, je me blottie contre elles avec un plaisir tout à fait indécent. Je relève la tête pour planter mon regard dans celui de mon jeune voisin. Il a beau être décevant, il m'a tout de même débloqué la mémoire.
« Quelle édition annotée ? »
J'observe un instant son visage juvénile, passant de son regard qui a la couleur d'une pierre trouvée au fond d'une rivière à son corps tout figé. Moi-même n'ai pas fait autre mouvement que celui de bouger la tête depuis que j'ai ouvert mon carnet ; je suis trop occupée pour ça. Ses vilaines paroles me reviennent en tête ; j'aurais préféré les oublier. Je fronce les sourcils et esquisse sans même en avoir conscience un rictus.
« Tu laisses ton grand-père décider de ce qui est un sujet essentiel ou non. »
J'aurais très bien pu dire : tu es un idiot. Cela aurait signifié la même chose. Ce n'est pas une question, c'est une affirmation et elle prend racine dans le profond mépris que je ressens. C'est dommage parce que j'ai apprécié qu'il puisse me sortir sans hésiter le nom de deux satellites et qu'il le fasse sans s'encombrer de « pourquoi ? » et autres « présentons-nous, pour commencer ». Il aurait été parfait s'il m'avait épargné ses excuses et la triste preuve de son incapacité à faire ses propres choix. À son âge, j'étais déjà capable de décider de ce que je trouvais intéressant ou non. À son âge, même Kristen n'a pas pu m'empêcher de m'intéresser à une branche de la magie dont elle a souvent voulu me détourner. À son âge... Je me détourne sans plus de cérémonie. J'ai déjà eu son âge, mais je n'ai jamais été comme lui.
Une étincelle s'allume de nouveau dans mon esprit.
« Téthys, » annoncé-je d'une voix morne en écrivant sur mon carnet.
Rien n'est plus important que la cohérence, tu as bien fait !
Table f. | Sagittaire
C'était un jeu finalement presque agréable.
Aider des adultes à combler des lacunes temporaires était un exercice auquel il était prêt à se prêter pour le reste de la soirée.
Finalement, peut-être était-ce cela, ce qu'on attendait de lui aujourd'hui. Peut-être son but était de représenter une forme d'autorité scientifique pour montrer ce qu'un MacTairdelbach était capable de produire au milieu de la haute société, et de ceux qui étaient venus s'y coller. Les "fruits de mer de la haute société", comme aimait les appeler oncle Charles.
Alors que fusaient -de la bouche de son interlocutrice- les noms de satellites, son devoir lui semblait accompli, jusqu'à ce que son orgueil contenu disparut au profit d'un regard de nouveau croisé, cette fois-ci moins sévère.
-"Quelle édition annotée ?"
La réponse lui brûlait la langue, tandis qu'il recherchait celui à l'origine de ces annotations.
Si ce livre l'avait particulièrement intéressé, rares étaient ceux dans leur état premier, sans qu'une pensée postérieure ne vienne entrecouper les écrits originaux.
Une étincelle traversa le corps du jeune garçon, et une réponse s'apprêta à sortir, s'arrêtant net en voyant le visage de la jeune adulte se déformer pour ressembler à quelque chose de plus... sardonique.
-"Tu laisses ton grand-père décider de ce qui est un sujet essentiel ou non."
Herbert haussa un sourcil. Évidemment qu'il laissait son grand-père accomplir son rôle et se pliait à ses décisions. Était-ce si rare dans ce genre d'évènement de croiser un jeune garçon attaché au sens du devoir, et soucieux du bien de la famille? Quelle sorte de dérive de la pensée pouvait pousser quelqu'un à associer une telle expression et une telle affirmation?
Ca ne pouvait être qu'un test de loyauté, une autre raison n'aurait pas de sens.
Peut-être le caractère scandaleux et je-m'en-foutiste de son ascendance directe rendait-elle indispensable ce genre de procédés.
Herbert fronça légèrement les sourcils, il n'aimait pas être relié à des évènements satellites de sa propre vie, d'autant plus lorsqu'il était persuadé de ne rien à voir là dedans. Ce n'était pas son opprobre.
Le jeune garçon déglutit, et après qu'une énième évocation de satellite ne vienne tenter de court-circuiter le fil de sa pensée, il répondit.
-"Évidemment, qui d'autre est mieux placé pour le faire?"
Plaçant ces mots, Herbert entendait encore son père faire l'éloge de la désagrégation de la famille par le chaos, à coup de "plaisir dans la vie" et de "promesse de non abandon". Comme si le plaisir naissait de la déchéance de ses proches. D'un mouvement parasite de main, il chassa cette pensée de son esprit, avant de revenir à la première question.
Quelle édition annotée... Titan, non, Japet.
-"De Anima..."
Il n'en parlait que rarement, et dans un comité très restreint. Toute évocation en dîner de famille -au sens élargi- provoquait des haussements de sourcils perplexes, sinon une totale indifférence.
Seul une poignée d'individus semblait comprendre de quoi il parlait, et seule une pincée de cette poignée était capable de répondre.
L'évocation de l'édition était-elle utile?
- "..Annoté par Averroès."
Cette information -dans sa globalité- lui serait-elle d'un quelconque intérêt? Si son domaine de recherche est l'astronomie, allait-elle perdre son temps à lire ce livre, s'octroyant ainsi un profond sentiment d'amertume après coup?
Le jeune garçon hésita une demi-seconde.
- "Ce n'est pas un livre d'astronomie."
L'hypothétique méprise avortée, Herbert fut absorbé par le grattement de sa camarade de discussion. Pourquoi prenait-elle des notes? Pourquoi ici? Était-ce le thème de la soirée qui lui avait fait naître une passion soudaine -peut-être fugace- pour les astres?
Quoi qu'il en soit, cette prise de note lui semblait -dans un tel contexte- presque touchante dans sa maladroitesse, à moins que ce ne soit un squelette de notes qu'elle habillerait plus tard, à tête reposée, hors de ce lieu indu.
Il ne pouvait poser de question aussi frontale que ce qui lui venait en tête, ce serait inconvenant, néanmoins, le sujet l'obnubila de plus en plus. Il revint au visage, cherchant un contact visuel, avant de laisser échapper.
- "C'est une liste de mots-clefs pour des recherches futures?"
640+ mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Aider des adultes à combler des lacunes temporaires était un exercice auquel il était prêt à se prêter pour le reste de la soirée.
Finalement, peut-être était-ce cela, ce qu'on attendait de lui aujourd'hui. Peut-être son but était de représenter une forme d'autorité scientifique pour montrer ce qu'un MacTairdelbach était capable de produire au milieu de la haute société, et de ceux qui étaient venus s'y coller. Les "fruits de mer de la haute société", comme aimait les appeler oncle Charles.
Alors que fusaient -de la bouche de son interlocutrice- les noms de satellites, son devoir lui semblait accompli, jusqu'à ce que son orgueil contenu disparut au profit d'un regard de nouveau croisé, cette fois-ci moins sévère.
-"Quelle édition annotée ?"
La réponse lui brûlait la langue, tandis qu'il recherchait celui à l'origine de ces annotations.
Si ce livre l'avait particulièrement intéressé, rares étaient ceux dans leur état premier, sans qu'une pensée postérieure ne vienne entrecouper les écrits originaux.
Une étincelle traversa le corps du jeune garçon, et une réponse s'apprêta à sortir, s'arrêtant net en voyant le visage de la jeune adulte se déformer pour ressembler à quelque chose de plus... sardonique.
-"Tu laisses ton grand-père décider de ce qui est un sujet essentiel ou non."
Herbert haussa un sourcil. Évidemment qu'il laissait son grand-père accomplir son rôle et se pliait à ses décisions. Était-ce si rare dans ce genre d'évènement de croiser un jeune garçon attaché au sens du devoir, et soucieux du bien de la famille? Quelle sorte de dérive de la pensée pouvait pousser quelqu'un à associer une telle expression et une telle affirmation?
Ca ne pouvait être qu'un test de loyauté, une autre raison n'aurait pas de sens.
Peut-être le caractère scandaleux et je-m'en-foutiste de son ascendance directe rendait-elle indispensable ce genre de procédés.
Herbert fronça légèrement les sourcils, il n'aimait pas être relié à des évènements satellites de sa propre vie, d'autant plus lorsqu'il était persuadé de ne rien à voir là dedans. Ce n'était pas son opprobre.
Le jeune garçon déglutit, et après qu'une énième évocation de satellite ne vienne tenter de court-circuiter le fil de sa pensée, il répondit.
-"Évidemment, qui d'autre est mieux placé pour le faire?"
Plaçant ces mots, Herbert entendait encore son père faire l'éloge de la désagrégation de la famille par le chaos, à coup de "plaisir dans la vie" et de "promesse de non abandon". Comme si le plaisir naissait de la déchéance de ses proches. D'un mouvement parasite de main, il chassa cette pensée de son esprit, avant de revenir à la première question.
Quelle édition annotée... Titan, non, Japet.
-"De Anima..."
Il n'en parlait que rarement, et dans un comité très restreint. Toute évocation en dîner de famille -au sens élargi- provoquait des haussements de sourcils perplexes, sinon une totale indifférence.
Seul une poignée d'individus semblait comprendre de quoi il parlait, et seule une pincée de cette poignée était capable de répondre.
L'évocation de l'édition était-elle utile?
- "..Annoté par Averroès."
Cette information -dans sa globalité- lui serait-elle d'un quelconque intérêt? Si son domaine de recherche est l'astronomie, allait-elle perdre son temps à lire ce livre, s'octroyant ainsi un profond sentiment d'amertume après coup?
Le jeune garçon hésita une demi-seconde.
- "Ce n'est pas un livre d'astronomie."
L'hypothétique méprise avortée, Herbert fut absorbé par le grattement de sa camarade de discussion. Pourquoi prenait-elle des notes? Pourquoi ici? Était-ce le thème de la soirée qui lui avait fait naître une passion soudaine -peut-être fugace- pour les astres?
Quoi qu'il en soit, cette prise de note lui semblait -dans un tel contexte- presque touchante dans sa maladroitesse, à moins que ce ne soit un squelette de notes qu'elle habillerait plus tard, à tête reposée, hors de ce lieu indu.
Il ne pouvait poser de question aussi frontale que ce qui lui venait en tête, ce serait inconvenant, néanmoins, le sujet l'obnubila de plus en plus. Il revint au visage, cherchant un contact visuel, avant de laisser échapper.
- "C'est une liste de mots-clefs pour des recherches futures?"
640+ mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Table f. | Sagittaire
Il va se braquer. « Je suis capable de décider, moi aussi ! » arguera-t-il comme maigre défense. Il se redressera tout colère, son visage aux expressions si maîtrisées se voilera. « Il est de bons conseils, c'est normal que je l'écoute ! » pourrait-il dire aussi pour se défendre de se laisser dicter sa vie par son grand-père. Ou alors il ne dira rien, tournera les yeux loin d'ici et m'offrira la punition de son silence à laquelle j'opposerai tout mon mépris. Sa réponse se dessine aisément dans mon esprit. Si aisément que lorsque sa vraie réponse s'échappe de ma bouche, je relève vivement les yeux vers lui pour m'assurer qu'il n'est pas en train de se payer ma tronche.
Évidemment ? Mes yeux sautent d'une pupille bleue à une autre. Merlin, dis-moi qu'il se moque de moi ! Qui d'autre est mieux placé pour le faire ? Mes sourcils se dressent au-dessus de mon regard noir. Ma main s'est immobilisée, la pointe de ma plume à quelques centimètres de la page de mon carnet. Qui d'autre ? Qui d'autre ?! Il se fiche de moi ? Il ose me demander en me regardant droit dans les yeux qui d'autre que lui-même pourrait décider de ce qui est bon ou non à apprendre ?
Son affirmation est à une telle distance de tout ce que je suis, de toutes mes valeurs, de tout ce qui a de l'importance à mes yeux, à des années-lumière de ma façon de penser et de voir le monde que je n'arrive tout simplement pas à réagir, alors même qu'à l'intérieur de ma tête un : « Toi ! » particulièrement violent et accompagné d'une insulte bien sentie résonne avec force. Je reste donc figée à le regarder, ahurie, si bien qu'il a largement le temps de reprendre la parole pour... Pour quoi, en fait ?
Il me faut quelques secondes pour comprendre qu'il répond à ma question à propos de la "version annotée". Je le comprends quand il évoque l'auteur. Je cligne des yeux, toujours sous le choc de l'idiotie qu'il vient de proférer. Mais ce changement brusque de sujet me permet de reprendre conscience de ma main, ma plume, mon carnet. Je baisse les yeux sur ce dernier et note le nom du livre et l'auteur dans un coin. Je ne connais ni l'un ni l'autre. Se pourrait-il que ce soit un ouvrage moldu ? Il précise que ce n'est pas un livre d'astronomie. Je n'ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle nous sommes en train de parler de ça ni pourquoi il l'a évoqué tout à l'heure. Mais je sais pourquoi il précise que ce n'est pas de l'astronomie — est-ce pour cela que son grand-père l'a autorisé à lire ce livre, car il ne parle pas d'un sujet non essentiel ?
Il n'a absolument pas conscience de sa bêtise innommable. C'est évident. Sinon pourquoi changerait-il de sujet comme cela ? Pourquoi me questionnerait-il sur mes notes ? Je me tourne de nouveau vers lui et fouille son visage du regard comme si je voulais y trouver la preuve de sa profonde bêtise. Je laisse passer quelques secondes silencieuses avant de baisser le bras et de redresser la tête pour la première fois depuis que j'ai commencé à prendre des notes. De ma main libre, j'attrape la lune qui flotte à côté de moi et la montre au blond.
« Je veux savoir de quel satellite il s'agit, » dis-je sur le ton de l'évidence.
Je lance la petite boule grisâtre à côté de mon verre. Au lieu de percuter la table, elle reprend aussitôt sa lévitation et continue de tourner sur elle-même, faisant apparaître et disparaître mon nom.
« Mais tu ne devrais pas t'y intéresser, ajouté-je sur un ton sarcastique en plantant de nouveau mon coude sur la table. Ton grand-père a dit que l'astronomie était un sujet non essentiel, après tout. »
Je récupère mon rictus et mon regard pour me tourner de nouveau vers mon carnet, décidant que l'enfant, parce qu'il s'agit bien un enfant pour se laisser dicter ses préférences par un vieillard, ne mérite plus mon intérêt s'il est incapable de penser par lui-même. Je trouverai toute de seul le nom de mon satellite.
Évidemment ? Mes yeux sautent d'une pupille bleue à une autre. Merlin, dis-moi qu'il se moque de moi ! Qui d'autre est mieux placé pour le faire ? Mes sourcils se dressent au-dessus de mon regard noir. Ma main s'est immobilisée, la pointe de ma plume à quelques centimètres de la page de mon carnet. Qui d'autre ? Qui d'autre ?! Il se fiche de moi ? Il ose me demander en me regardant droit dans les yeux qui d'autre que lui-même pourrait décider de ce qui est bon ou non à apprendre ?
Son affirmation est à une telle distance de tout ce que je suis, de toutes mes valeurs, de tout ce qui a de l'importance à mes yeux, à des années-lumière de ma façon de penser et de voir le monde que je n'arrive tout simplement pas à réagir, alors même qu'à l'intérieur de ma tête un : « Toi ! » particulièrement violent et accompagné d'une insulte bien sentie résonne avec force. Je reste donc figée à le regarder, ahurie, si bien qu'il a largement le temps de reprendre la parole pour... Pour quoi, en fait ?
Il me faut quelques secondes pour comprendre qu'il répond à ma question à propos de la "version annotée". Je le comprends quand il évoque l'auteur. Je cligne des yeux, toujours sous le choc de l'idiotie qu'il vient de proférer. Mais ce changement brusque de sujet me permet de reprendre conscience de ma main, ma plume, mon carnet. Je baisse les yeux sur ce dernier et note le nom du livre et l'auteur dans un coin. Je ne connais ni l'un ni l'autre. Se pourrait-il que ce soit un ouvrage moldu ? Il précise que ce n'est pas un livre d'astronomie. Je n'ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle nous sommes en train de parler de ça ni pourquoi il l'a évoqué tout à l'heure. Mais je sais pourquoi il précise que ce n'est pas de l'astronomie — est-ce pour cela que son grand-père l'a autorisé à lire ce livre, car il ne parle pas d'un sujet non essentiel ?
Il n'a absolument pas conscience de sa bêtise innommable. C'est évident. Sinon pourquoi changerait-il de sujet comme cela ? Pourquoi me questionnerait-il sur mes notes ? Je me tourne de nouveau vers lui et fouille son visage du regard comme si je voulais y trouver la preuve de sa profonde bêtise. Je laisse passer quelques secondes silencieuses avant de baisser le bras et de redresser la tête pour la première fois depuis que j'ai commencé à prendre des notes. De ma main libre, j'attrape la lune qui flotte à côté de moi et la montre au blond.
« Je veux savoir de quel satellite il s'agit, » dis-je sur le ton de l'évidence.
Je lance la petite boule grisâtre à côté de mon verre. Au lieu de percuter la table, elle reprend aussitôt sa lévitation et continue de tourner sur elle-même, faisant apparaître et disparaître mon nom.
« Mais tu ne devrais pas t'y intéresser, ajouté-je sur un ton sarcastique en plantant de nouveau mon coude sur la table. Ton grand-père a dit que l'astronomie était un sujet non essentiel, après tout. »
Je récupère mon rictus et mon regard pour me tourner de nouveau vers mon carnet, décidant que l'enfant, parce qu'il s'agit bien un enfant pour se laisser dicter ses préférences par un vieillard, ne mérite plus mon intérêt s'il est incapable de penser par lui-même. Je trouverai toute de seul le nom de mon satellite.
Table f. | Sagittaire
Il est de quelques formes d’expressions faciales qui, malgré une capacité très ténue à lire l'ethos, permettaient à Herbert de discerner si son interlocuteur était réceptif -et de quelle manière- à ses prises de parole.
Et par l'expression prise par sa partenaire de discussion, lorsqu'il évoqua le fait que son grand-père était le grand timonier de la vie familiale -ou au moins de ceux qui ont à cœur de la préserver-, il en était persuadé: Cette dernière n'attendait pas une réponse positive à ce qui semblait pourtant être une affirmation de sa part.
Peut-être était-elle de ce genre de personnes à tant espérer pouvoir amener du "croustillant" à son mandataire, qu'elle semblait dès lors presque lui en vouloir de ne pas avoir échoué à un aussi grossier appel à la démonstration de loyauté.
Il l'aurait mal pris, s'il ne s'était pas rappelé les discussions tendues entre Jedediah et son père, au sujet des incessants appels de ce dernier à vivre sa propre vie, ce qui excluait d'office toute forme de vie bénéfique au blason.
Il en toucherait certainement deux mots à son accompagnateur, à la fin de cette soirée, lorsqu'il retournerait au manoir, mais n'en prendrait pas ombrage. Qui serait-il pour s'opposer à cela?
Et à mesure que les questions et analyses de cette soirée sous pression s'accumulaient, Herbert sentait comme un pic à glace planté au sommet-arrière-gauche de son crâne. Visiblement, la fatigue le gagnait, et celle-ci n'était pas physique.
L'évocation du livre et le griffonnage sur le carnet formaient en revanche un lien plus obscur. Cherchait-elle à s'éprendre d'une nouvelle curiosité intellectuelle, une fois le mystère des satellites résolu?
"Je veux savoir de quel satellite il s'agit"
La curiosité provenait donc de l'objet suspendu au-dessus des assiettes. Ce faisant, Herbert prit le sien, l'observant sous différentes coutures, avant de hausser les épaules et de le remettre à sa place.
Si le jeune garçon se laissait aller avec autant d'énergie à des curiosités aussi frivoles, son précepteur et Jedediah ne manqueraient de le lui faire remarquer, avant que cet évènement ne devienne une source de sourires complices face à une absurdité passée.
Une sphère colorée sortit Herbert d'une vision future d'un souvenir qu'il n'a jamais eu.
Il y aperçut un nom, il n'était pas sûr qu'il le retiendrait.
"Mais tu ne devrais pas t'y intéresser," Il se tourna vers son interlocutrice. "Ton grand-père a dit que l'astronomie était un sujet non essentiel, après tout."
"J'vais tout de même pas parler métempsychose à des fruits de mer!"
Une bombe avait été lâchée. La phrase avait suivi celle de son interlocutrice comme s'il n'y avait pas eu ne serait-ce qu'une virgule entre les paroles des deux personnes à la table. Seule une légère tension dans la voix semblait s'être dégagée de cette dernière parole.
L'espace d'un instant, la bouche d'Herbert était devenue dissidente du cerveau. Elle avait décidé de faire cavalier seul tandis que le psychisme du jeune garçon était encore en train de se battre avec des réminiscences de pression dues à cette soirée, des analyses comportementales, des planètes, et une passionnante discussion avec sire Hydrix, regrettablement écourtée.
Et il lui fallut quelques instants -le temps de se tourner vers une entrée fraîchement arrivée dans son assiette et de la saisir-, avant de se demander pourquoi il avait imaginé que cette assiette allait être garnie de crevettes et autres bestioles maritimes de repas de famille.
Il ne comprenait pas non plus pourquoi il se sentait tout à coup un peu plus apaisé, comme si quelque chose était sorti de son âme, comme si ses nerfs avaient soudainement libéré une onde de son corps à travers la pièce.
Il poussa un soupir de soulagement.
Déçu de son potage de poireaux accompagné de ses pommes de terre, repoussé presque aussitôt avoir vu l'absence de ce qu'il cherchait, il lâcha:
"Diomé..."
Puis continua à regarder, l'air un peu perdu, les deux sphères astrales en lévitation.
Je soussigné, Herbert MacTairdelbach, né le 23 Juillet 2035 à Dublin, décharge Aelle Bristyle de toute responsabilité en cas de dégradation physique de ma personne..!
600+ mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Et par l'expression prise par sa partenaire de discussion, lorsqu'il évoqua le fait que son grand-père était le grand timonier de la vie familiale -ou au moins de ceux qui ont à cœur de la préserver-, il en était persuadé: Cette dernière n'attendait pas une réponse positive à ce qui semblait pourtant être une affirmation de sa part.
Peut-être était-elle de ce genre de personnes à tant espérer pouvoir amener du "croustillant" à son mandataire, qu'elle semblait dès lors presque lui en vouloir de ne pas avoir échoué à un aussi grossier appel à la démonstration de loyauté.
Il l'aurait mal pris, s'il ne s'était pas rappelé les discussions tendues entre Jedediah et son père, au sujet des incessants appels de ce dernier à vivre sa propre vie, ce qui excluait d'office toute forme de vie bénéfique au blason.
Il en toucherait certainement deux mots à son accompagnateur, à la fin de cette soirée, lorsqu'il retournerait au manoir, mais n'en prendrait pas ombrage. Qui serait-il pour s'opposer à cela?
Et à mesure que les questions et analyses de cette soirée sous pression s'accumulaient, Herbert sentait comme un pic à glace planté au sommet-arrière-gauche de son crâne. Visiblement, la fatigue le gagnait, et celle-ci n'était pas physique.
L'évocation du livre et le griffonnage sur le carnet formaient en revanche un lien plus obscur. Cherchait-elle à s'éprendre d'une nouvelle curiosité intellectuelle, une fois le mystère des satellites résolu?
"Je veux savoir de quel satellite il s'agit"
La curiosité provenait donc de l'objet suspendu au-dessus des assiettes. Ce faisant, Herbert prit le sien, l'observant sous différentes coutures, avant de hausser les épaules et de le remettre à sa place.
Si le jeune garçon se laissait aller avec autant d'énergie à des curiosités aussi frivoles, son précepteur et Jedediah ne manqueraient de le lui faire remarquer, avant que cet évènement ne devienne une source de sourires complices face à une absurdité passée.
Une sphère colorée sortit Herbert d'une vision future d'un souvenir qu'il n'a jamais eu.
Il y aperçut un nom, il n'était pas sûr qu'il le retiendrait.
"Mais tu ne devrais pas t'y intéresser," Il se tourna vers son interlocutrice. "Ton grand-père a dit que l'astronomie était un sujet non essentiel, après tout."
"J'vais tout de même pas parler métempsychose à des fruits de mer!"
Une bombe avait été lâchée. La phrase avait suivi celle de son interlocutrice comme s'il n'y avait pas eu ne serait-ce qu'une virgule entre les paroles des deux personnes à la table. Seule une légère tension dans la voix semblait s'être dégagée de cette dernière parole.
L'espace d'un instant, la bouche d'Herbert était devenue dissidente du cerveau. Elle avait décidé de faire cavalier seul tandis que le psychisme du jeune garçon était encore en train de se battre avec des réminiscences de pression dues à cette soirée, des analyses comportementales, des planètes, et une passionnante discussion avec sire Hydrix, regrettablement écourtée.
Et il lui fallut quelques instants -le temps de se tourner vers une entrée fraîchement arrivée dans son assiette et de la saisir-, avant de se demander pourquoi il avait imaginé que cette assiette allait être garnie de crevettes et autres bestioles maritimes de repas de famille.
Il ne comprenait pas non plus pourquoi il se sentait tout à coup un peu plus apaisé, comme si quelque chose était sorti de son âme, comme si ses nerfs avaient soudainement libéré une onde de son corps à travers la pièce.
Il poussa un soupir de soulagement.
Déçu de son potage de poireaux accompagné de ses pommes de terre, repoussé presque aussitôt avoir vu l'absence de ce qu'il cherchait, il lâcha:
"Diomé..."
Puis continua à regarder, l'air un peu perdu, les deux sphères astrales en lévitation.
Je soussigné, Herbert MacTairdelbach, né le 23 Juillet 2035 à Dublin, décharge Aelle Bristyle de toute responsabilité en cas de dégradation physique de ma personne..!
600+ mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone