Visite diplomatique
JEUDI 3 NOVEMBRE 2050
21H03
Feat. @Christopher Hangoover
21H03
Feat. @Christopher Hangoover
Jeudi trois novembre. En d'autres termes : le jour parfait.
C'est le jour de la semaine où les sorciers commencent à partir en soirée sans paraître déraisonnables pour autant. Après tout, le lendemain, c'est vendredi. C'est quasiment le week-end. Donc c'est le premier jour de la semaine où je ne serai pas automatiquement vu comme un pochtron si, par malheur, je croisais certaines de mes connaissances ici.
Et puis... Je ne sais même pas pourquoi je m'inquiète de ce genre de détails sur l'apparence que je pourrais transmettre puisque, moi aussi, je pourrais largement dire que la connaissance que je viens de croiser est une pochtrone.
Bref.
Et ce n'est pas n'importe quel premier jeudi non plus, non. C'est le premier jeudi après Halloween.
Autrement dit : je me suis appliqué à soigneusement faire le mort en tant qu'ambassadeur du Pitiponk concernant toutes les affaires qui seraient portées de près ou de loin à la soirée d'Halloween.
Je ne sais d'ailleurs même pas si son très cher amant, qui m'a tout de même laissé tout le boulot pour la soirée d'intégration, a pris le relai. Cela ne m'étonnerait que peu qu'il ait bâclé son job ou qu'il ne l'ait même pas fait.
Et j'espère que ça a été le cas, d'ailleurs. Cela pourra peut-être montrer à Chris l'importance d'avoir des ambassadeurs fiables et fidèles. A condition qu'on ne leur fasse pas de mauvaises surprises comme la dernière fois, bien évidemment.
Parce que oui, Chris. En effet, Thomas est un très bon ami. Mais un bon ami de bar. De comptoir. Une fois qu'on doit compter sur lui pour être ambassadeur au Pitiponk, bizarrement, il n'y a plus personne. Bizarrement, les élèves de la GEAD se font beaucoup plus rares. Parce que oui : c'est moi qui ai fait tout le boulot pour la soirée d'intégration. Et j'espère qu'il l'a bien compris, ça.
Bon. Certes, puisque je n'étais pas là, je n'ai aucune idée du nombre d'étudiants de la GEAD qui étaient présents à cette fameuse soirée d'Halloween. Mais je n'ai absolument aucun doute sur le fait que ce nombre soit dérisoire par rapport à la soirée d'intégration.
C'est pourquoi je passe les portes du bar plutôt fièrement et me dirige immédiatement vers une table pour glisser quelques mornilles dans un verre.
— J'espère que la soirée n'est pas trop rude. Je m'en voudrais de rajouter une coupe de vin rouge si cela ne vous sied pas. Quoi qu'il en soit, sachez que j'apprécie énormément vos boissons chaque fois que je viens ici. Merci de rendre ce bar si chaleureux, Sasha.
Je finis finalement de susurrer à l'oreille de ce verre et me redresse en le voyant partir vers la cuisine.
Je me demande très sincèrement si je vais être servi. Si ma voix ne va pas titiller les oreilles de Chris ou s'il m'aura carrément oublié. Disons que ce ne sera qu'une déception de plus dans le second cas...
Moi ? En retard ? Jamais 
Fais-moi signe si quelque chose ne te convient pas !
Fais-moi signe si quelque chose ne te convient pas !
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
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Visite diplomatique
« ...qui n'a plus aucun sens ! Il faut que la playlist ait du sens, sinon les clients ne seront pas contents, c'est une évidence ! rumine Christopher en faisant les cent pas dans la cuisine. Et puis du Folk Médiaval ! Au Pitiponk ! C'est n'imp... »
C'est un jeudi comme les autres et ça aurait dû le rester. Ce soir, toute l'équipe est présente excepté Kemby dont c'est le jour de congé. Pour une fois, même les patrons sont là, les grands patrons. Si Peyton est enfermée dans son bureau à traiter quelques paperasses importantes, Pierce a exigé de remplacer Elisha au Pleuroir. Le jeune était heureux comme pas deux et c'est avec plaisir qu'il est parti en salle s'occuper de nettoyer les tables, récupérer les plateaux d'en-cas vides et faire ce qu'il y a à faire. Quant à Christopher... Christopher a passé une bonne partie de la fin de journée sur ses stocks à la cave et il a passé le début de la soirée à peaufiner la playlist de la soirée — Peyton l'a rejoint alors qu'il organisait le passage des vinyles et l'a forcé à intégrer à la liste quelques titres de Bruce Douglas, ce qui a fait grimacer Christopher. Qui connait Bruce Douglas ? Qui a envie d'écouter Bruce Douglas ? Mais Peyton n'a rien voulu entendre. Elle l'a attrapé par l'épaule, s'est penché sur son oreille et lui a dit de passer sa musique s'il ne voulait pas qu'elle mette le bazar dans sa playlist. Elle l'aurait vraiment fait. Alors il a obéi. Et puis c'est sa patronne. C'est pour ça que Christopher n'aime pas quand les patrons sont présents, même s'il les aime comme on pourrait aimer deux parents un peu envahissants : ils foutent le nez dans son organisation et il déteste ça.
Christopher, donc, a rejoint la cuisine après avoir répondu aux ordres de Pey-pey. Il passe d'un plan de travail à l'autre, là pour attraper un quart d'orange destiné à un cocktail qu'il avale, là pour boire une gorgée de la biéraubeurre qu'a fait couler Sasha pour lui, là pour regarder par-dessus l'épaule de sa barmaid ce qu'elle est en train de faire. Et pendant tout son cheminement, il n'arrête pas une seule seconde de parler.
« ...uste après Wand-Wand, t'y crois ça ?! On s'ambiance sur de la putain de bonne musique, avec un solo de dingue et après on doit enchaîner sur Bruce Douglas ? Non mais qui choisit son nom d'artiste en y intégrant le nom Douglas ? C'est comme s'il avait décidé de s'appeler... Gary..., réalise Christopher en s'immobilisant au milieu de la cuisine, ses yeux écarquillés d'horreur fixé sur le sol. Bruce Gary, ça donnerait le même effet... Merde, Gary aussi écoutait de la musique comme ça, tu te souviens ?
— T'es con ou quoi ? râle Sasha qui ne déteste rien de plus que d'entendre son boss parler pour ne rien dire et fureter dans son dos. Je l'ai pas connu, ça fait dix piges qu'il est barré.
— Ah ouais, réalise Christopher. C'est vrai. Et bien Gary, c'était vraiment un...
— Gros emmerdeur, on sait. »
Sasha pousse un soupir à s'en fendre l'âme et attrape le verre qui est devant elle pour le remplir de la boisson demandée, à savoir une simple biéraubeurre. Elle doit se répéter qu'elle n'a concrètement pas le droit de dire à son boss d'aller se faire foutre, même si ce boss-ci est son ami. Elle aime beaucoup Christopher. Elle adore Christopher. C'est le meilleur responsable espéré et il n'est chiant ni sur les horaires, ni sur les jours de congé. Mais tout de même... Ce qu'il peut être agaçant quand il s'y met ! Il ne peut pas aller travailler, faire quelque chose de concret au lieu de traîner dans ses pattes ?
Sasha soupire une nouvelle fois en levant les yeux vers le nouveau verre qui arrive devant elle, directement en provenance dans la salle. Elle récupère l'argent d'un geste habile et tend l'oreille pour écouter la commande du client — autant en profiter pendant que Chris se tait. Avant même de finir d'écouter l'interminable commande, Sasha attrape un verre de vin, un petit sourire aux lèvres : ça arrive régulièrement que les clients, surtout les plus familiers du lieu, lui envoient des encouragements en même temps que leur commande. Parfois, c'est d'autres choses moins agréables, plus graveleuses voire insultantes. Dans ces cas-là, il existe un sortilège très simple qui permet de renvoyer le verre remplit d'eau en salle pour qu'il se verse sur la tête des clients. Mais la plupart du temps, ce sont des messages mignons ou amusants. Pour celui-là, elle n'arrive pas à se décider... Amusant ou carrément lèche-botte ?
Sasha ricane en secouant la tête pendant qu'elle remplit le verre de vin. Elle y voit là l'occasion de faire définitivement taire Christopher sur ses plaintes à propos de Peyton.
« Eh, Chris, dit-elle en haussant la voix, viens écouter celui-ci, il est drôle. »
Christopher qui était adossé au plan de travail derrière elle en train de s'enquiller sa biéraubeurre daigne venir la rejoindre avec un petit sourire aux lèvres. Sasha les appelle toujours quand il y a une pépite à écouter dans les verres. C'est leur petit délire à eux, leur façon de passer une soirée de travail en s'amusant. Il s'appuie sur la table à côté d'elle et la laisse relancer le message d'un coup de baguette magique. La voix d'un jeune homme s'élève dans la cuisine. Christopher fronce les sourcils.
« Eh, mais c'est... ! »
Dale y va, niveau compliments, il met le paquet ! Christopher connait suffisamment le jeune homme pour se persuader qu'il lèche les bottes de Sasha. Quant à savoir pourquoi il le fait... La seule chose qui l'intéresse pour le moment, c'est le fait que ce branleur de Dale soit présent ce soir dans sa salle, alors qu'il est au abonné absent depuis la soirée d'intégration. Pour Halloween, il l'a totalement lâché et n'a jamais répondu à son hibou ni ne s'est présenté sur place. Et il se pointe aujourd'hui ?
« Tu le connais ? demande Sasha. Il est plutôt mignon. Je vais lui mettre une bonne dose.
— Non, non, non, non, ricane Christopher en attrapant le verre de vin avant que Sasha ne le remplisse davantage. Les mauvais ambassadeurs n'ont pas le droit à une bonne dose.
— Ah, c'est ton fameux... Eh, mais qu'est-ce que tu fous ! »
Christopher est en train de boire une longue, très longue gorgée du verre de vin, si bien que lorsqu'il baisse le bras il ne reste dans le verre qu'un fond rougeâtre.
« Tu ne vas pas lui emmener un verre dans lequel tu as bu, s'horrifie Sasha.
— Je vais me gêner, tiens ! »
Christopher s'enfuit avant que sa collègue ne puisse l'arrêter. Il se faufile à travers le mur magique qui sépare la cuisine de la salle et se retrouve aussitôt happé par une foule compacte et bruyante. Un bon Rock résonne, le son est fort, la soirée est bien entamée et les gens s'amassent sur la piste au milieu des tables pour danser. Christopher grimace : il aurait peut-être dû vérifier à travers la vitre de l'étage où se trouvait Dale. Peu importe. Il se glisse entre les clients, distribue quelques sourires et des « je repasse te voir tout à l'heure ! » aux personnes qui essaient de le retenir et poursuit son chemin jusqu'à ce qu'il aperçoive Edmund « mauvais ambassadeur » Dale attablé.
« À nous deux, mon petit Dale..., » murmure Christopher en s'approchant de lui.
Il se glisse derrière lui pour le surprendre et arrive juste à sa droite. Il dépose bruyamment le verre juste devant lui et passe en même temps son bras gauche dans le dos du jeune homme pour lui attraper l'épaule dans un geste faussement amical. Christopher s'accoude à la table, beaucoup trop proche d'Edmund. Il lui fait un grand sourire.
« Alors, c'était bien ce voyage ? fait-il sur un ton ironique. J'imagine que tu es parti à l'autre bout du monde ces dernières semaines et que c'est pour ça que t'as fait le mort ? »
_____
Tout est absolument parfait, tellement parfait que tu m'as beaucoup inspiré !
C'est un jeudi comme les autres et ça aurait dû le rester. Ce soir, toute l'équipe est présente excepté Kemby dont c'est le jour de congé. Pour une fois, même les patrons sont là, les grands patrons. Si Peyton est enfermée dans son bureau à traiter quelques paperasses importantes, Pierce a exigé de remplacer Elisha au Pleuroir. Le jeune était heureux comme pas deux et c'est avec plaisir qu'il est parti en salle s'occuper de nettoyer les tables, récupérer les plateaux d'en-cas vides et faire ce qu'il y a à faire. Quant à Christopher... Christopher a passé une bonne partie de la fin de journée sur ses stocks à la cave et il a passé le début de la soirée à peaufiner la playlist de la soirée — Peyton l'a rejoint alors qu'il organisait le passage des vinyles et l'a forcé à intégrer à la liste quelques titres de Bruce Douglas, ce qui a fait grimacer Christopher. Qui connait Bruce Douglas ? Qui a envie d'écouter Bruce Douglas ? Mais Peyton n'a rien voulu entendre. Elle l'a attrapé par l'épaule, s'est penché sur son oreille et lui a dit de passer sa musique s'il ne voulait pas qu'elle mette le bazar dans sa playlist. Elle l'aurait vraiment fait. Alors il a obéi. Et puis c'est sa patronne. C'est pour ça que Christopher n'aime pas quand les patrons sont présents, même s'il les aime comme on pourrait aimer deux parents un peu envahissants : ils foutent le nez dans son organisation et il déteste ça.
Christopher, donc, a rejoint la cuisine après avoir répondu aux ordres de Pey-pey. Il passe d'un plan de travail à l'autre, là pour attraper un quart d'orange destiné à un cocktail qu'il avale, là pour boire une gorgée de la biéraubeurre qu'a fait couler Sasha pour lui, là pour regarder par-dessus l'épaule de sa barmaid ce qu'elle est en train de faire. Et pendant tout son cheminement, il n'arrête pas une seule seconde de parler.
« ...uste après Wand-Wand, t'y crois ça ?! On s'ambiance sur de la putain de bonne musique, avec un solo de dingue et après on doit enchaîner sur Bruce Douglas ? Non mais qui choisit son nom d'artiste en y intégrant le nom Douglas ? C'est comme s'il avait décidé de s'appeler... Gary..., réalise Christopher en s'immobilisant au milieu de la cuisine, ses yeux écarquillés d'horreur fixé sur le sol. Bruce Gary, ça donnerait le même effet... Merde, Gary aussi écoutait de la musique comme ça, tu te souviens ?
— T'es con ou quoi ? râle Sasha qui ne déteste rien de plus que d'entendre son boss parler pour ne rien dire et fureter dans son dos. Je l'ai pas connu, ça fait dix piges qu'il est barré.
— Ah ouais, réalise Christopher. C'est vrai. Et bien Gary, c'était vraiment un...
— Gros emmerdeur, on sait. »
Sasha pousse un soupir à s'en fendre l'âme et attrape le verre qui est devant elle pour le remplir de la boisson demandée, à savoir une simple biéraubeurre. Elle doit se répéter qu'elle n'a concrètement pas le droit de dire à son boss d'aller se faire foutre, même si ce boss-ci est son ami. Elle aime beaucoup Christopher. Elle adore Christopher. C'est le meilleur responsable espéré et il n'est chiant ni sur les horaires, ni sur les jours de congé. Mais tout de même... Ce qu'il peut être agaçant quand il s'y met ! Il ne peut pas aller travailler, faire quelque chose de concret au lieu de traîner dans ses pattes ?
Sasha soupire une nouvelle fois en levant les yeux vers le nouveau verre qui arrive devant elle, directement en provenance dans la salle. Elle récupère l'argent d'un geste habile et tend l'oreille pour écouter la commande du client — autant en profiter pendant que Chris se tait. Avant même de finir d'écouter l'interminable commande, Sasha attrape un verre de vin, un petit sourire aux lèvres : ça arrive régulièrement que les clients, surtout les plus familiers du lieu, lui envoient des encouragements en même temps que leur commande. Parfois, c'est d'autres choses moins agréables, plus graveleuses voire insultantes. Dans ces cas-là, il existe un sortilège très simple qui permet de renvoyer le verre remplit d'eau en salle pour qu'il se verse sur la tête des clients. Mais la plupart du temps, ce sont des messages mignons ou amusants. Pour celui-là, elle n'arrive pas à se décider... Amusant ou carrément lèche-botte ?
Sasha ricane en secouant la tête pendant qu'elle remplit le verre de vin. Elle y voit là l'occasion de faire définitivement taire Christopher sur ses plaintes à propos de Peyton.
« Eh, Chris, dit-elle en haussant la voix, viens écouter celui-ci, il est drôle. »
Christopher qui était adossé au plan de travail derrière elle en train de s'enquiller sa biéraubeurre daigne venir la rejoindre avec un petit sourire aux lèvres. Sasha les appelle toujours quand il y a une pépite à écouter dans les verres. C'est leur petit délire à eux, leur façon de passer une soirée de travail en s'amusant. Il s'appuie sur la table à côté d'elle et la laisse relancer le message d'un coup de baguette magique. La voix d'un jeune homme s'élève dans la cuisine. Christopher fronce les sourcils.
« Eh, mais c'est... ! »
Dale y va, niveau compliments, il met le paquet ! Christopher connait suffisamment le jeune homme pour se persuader qu'il lèche les bottes de Sasha. Quant à savoir pourquoi il le fait... La seule chose qui l'intéresse pour le moment, c'est le fait que ce branleur de Dale soit présent ce soir dans sa salle, alors qu'il est au abonné absent depuis la soirée d'intégration. Pour Halloween, il l'a totalement lâché et n'a jamais répondu à son hibou ni ne s'est présenté sur place. Et il se pointe aujourd'hui ?
« Tu le connais ? demande Sasha. Il est plutôt mignon. Je vais lui mettre une bonne dose.
— Non, non, non, non, ricane Christopher en attrapant le verre de vin avant que Sasha ne le remplisse davantage. Les mauvais ambassadeurs n'ont pas le droit à une bonne dose.
— Ah, c'est ton fameux... Eh, mais qu'est-ce que tu fous ! »
Christopher est en train de boire une longue, très longue gorgée du verre de vin, si bien que lorsqu'il baisse le bras il ne reste dans le verre qu'un fond rougeâtre.
« Tu ne vas pas lui emmener un verre dans lequel tu as bu, s'horrifie Sasha.
— Je vais me gêner, tiens ! »
Christopher s'enfuit avant que sa collègue ne puisse l'arrêter. Il se faufile à travers le mur magique qui sépare la cuisine de la salle et se retrouve aussitôt happé par une foule compacte et bruyante. Un bon Rock résonne, le son est fort, la soirée est bien entamée et les gens s'amassent sur la piste au milieu des tables pour danser. Christopher grimace : il aurait peut-être dû vérifier à travers la vitre de l'étage où se trouvait Dale. Peu importe. Il se glisse entre les clients, distribue quelques sourires et des « je repasse te voir tout à l'heure ! » aux personnes qui essaient de le retenir et poursuit son chemin jusqu'à ce qu'il aperçoive Edmund « mauvais ambassadeur » Dale attablé.
« À nous deux, mon petit Dale..., » murmure Christopher en s'approchant de lui.
Il se glisse derrière lui pour le surprendre et arrive juste à sa droite. Il dépose bruyamment le verre juste devant lui et passe en même temps son bras gauche dans le dos du jeune homme pour lui attraper l'épaule dans un geste faussement amical. Christopher s'accoude à la table, beaucoup trop proche d'Edmund. Il lui fait un grand sourire.
« Alors, c'était bien ce voyage ? fait-il sur un ton ironique. J'imagine que tu es parti à l'autre bout du monde ces dernières semaines et que c'est pour ça que t'as fait le mort ? »
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Tout est absolument parfait, tellement parfait que tu m'as beaucoup inspiré !
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Visite diplomatique
Ce n'est que lorsque je perds le verre de vue que je me permets de m'asseoir sur la seule et unique chaise de la table. Il faut dire que, puisque cette dernière était vide, les autres tables l'ont assaillie de toutes parts afin de pallier leurs propres pénuries de chaises. C'est ça, d'avoir des groupes de potes de trois-cent-soixante-sept membres...
Heureusement, je suis venu seul. Pour un tête à tête en beauté. Ainsi, c'est plus facile de trouver une place. Même si le pire n'est pas arrivé. J'ai peut-être été un peu trop clément en décidant de venir un jeudi soir, après réflexion. J'aurais bien voulu voir une réaction dans un cas de rush et de panique pure et dure. En plein jour de pointe, en pleine heure de pointe. Ca aurait été quelque chose d'encore plus corsé, plus agréable à vivre.
Toujours à supposer qu'il se souvienne de moi. Le fait que mon verre prenne du temps à arriver me rassure déjà un petit peu : ma commande n'a pas été passée en mode automatique, noyée parmi toutes les autres commandes. Donc soit ils n'ont plus de vin, soit Chris a tiqué. Parce qu'avec la politesse dont j'ai enrobée mes paroles, il n'y a normalement aucune chance que je ne sois pas servi. Ou a minima que je reçoive une note stipulant clairement "désolés, il n'y a plus de vin rouge, vous pouvez refaire une comm-"...
J'ai un léger sursaut lorsque mon verre - ou plutôt mon fond de verre - est posé brutalement devant moi par une main au lieu de se poser tout seul. Une main que je reconnais bien. Et une poigne que je reconnais également bien, qui agrippe mon épaule gauche.
Il faut croire que j'étais trop absorbé par la contemplation des verres qui rentraient et quittaient la cuisine pour me rendre compte que le responsable du bar en personne avait quitté cette dernière. Quel honneur ! Je suis servi par Chris en personne, et à l'ancienne !
Je ne me laisse pas déconcerter par cette proximité soudaine. Bien au contraire. C'était en fait un peu ce que j'attendais. Même si je sens, encore une fois, qu'il pourrait me broyer l'os rien qu'en serrant un peu trop fort. Mais tout le jeu est de simplement lui faire comprendre son erreur. Et je ne compte pas lâcher l'affaire. Ca non.
C'est pourquoi je m'accoude à mon tour sur la table de mon coude gauche, avec toute la mobilité que me permet sa main menaçante sur mon épaule, en posant ma tête sur mon poing. De manière à ce que je sois bien en face de lui, un large sourire aux lèvres. Le tête à tête parfait.
Thomas serait probablement jaloux s'il nous voyait à ce moment-là.
— C'est précisément ça.
Osant quitter son regard pour poser mes yeux sur mon fond de coupe, je me saisis de cette dernière, la fait tournoyer et... Quelqu'un a bu dedans ? Il a bu dedans ? Le verre est beaucoup trop opaque pour que personne n'y ait mis son nez. Je pensais qu'il ne m'avait servi qu'un fond mais non. C'est pire.
Boarf. Cela ne m'étonne finalement que peu, venant de lui.
Je me contente de faire tournoyer le liquide sans le porter à mes lèvres en replongeant mes iris dans les siens.
— La GEAD organise des échanges avec d'autres écoles tout au long de l'année. Tu ne savais pas ? J'ai dû m'absenter pour partir au Canada durant quelques semaines. C'est là-bas que j'ai fêté Halloween, d'ailleurs. Donc oui, le voyage c'est super bien passé, merci !
Je sais qu'il sait que je mens. Et je sais qu'il sait que je sais qu'il sait que je mens. Mais là n'est pas la question.
— Et oui, c'est pour ça que j'ai fait le mort : il n'y avait personne pour répondre aux hiboux chez moi. Pourquoi ? Ca a un rapport avec le fait que j'aie l'honneur d'être servi par le grand Christopher en main propre ?
Vas-y. Dis-le, que tu as fait des chiffres horriblement bas par rapport à la soirée d'intégration.
Heureusement, je suis venu seul. Pour un tête à tête en beauté. Ainsi, c'est plus facile de trouver une place. Même si le pire n'est pas arrivé. J'ai peut-être été un peu trop clément en décidant de venir un jeudi soir, après réflexion. J'aurais bien voulu voir une réaction dans un cas de rush et de panique pure et dure. En plein jour de pointe, en pleine heure de pointe. Ca aurait été quelque chose d'encore plus corsé, plus agréable à vivre.
Toujours à supposer qu'il se souvienne de moi. Le fait que mon verre prenne du temps à arriver me rassure déjà un petit peu : ma commande n'a pas été passée en mode automatique, noyée parmi toutes les autres commandes. Donc soit ils n'ont plus de vin, soit Chris a tiqué. Parce qu'avec la politesse dont j'ai enrobée mes paroles, il n'y a normalement aucune chance que je ne sois pas servi. Ou a minima que je reçoive une note stipulant clairement "désolés, il n'y a plus de vin rouge, vous pouvez refaire une comm-"...
J'ai un léger sursaut lorsque mon verre - ou plutôt mon fond de verre - est posé brutalement devant moi par une main au lieu de se poser tout seul. Une main que je reconnais bien. Et une poigne que je reconnais également bien, qui agrippe mon épaule gauche.
Il faut croire que j'étais trop absorbé par la contemplation des verres qui rentraient et quittaient la cuisine pour me rendre compte que le responsable du bar en personne avait quitté cette dernière. Quel honneur ! Je suis servi par Chris en personne, et à l'ancienne !
Je ne me laisse pas déconcerter par cette proximité soudaine. Bien au contraire. C'était en fait un peu ce que j'attendais. Même si je sens, encore une fois, qu'il pourrait me broyer l'os rien qu'en serrant un peu trop fort. Mais tout le jeu est de simplement lui faire comprendre son erreur. Et je ne compte pas lâcher l'affaire. Ca non.
C'est pourquoi je m'accoude à mon tour sur la table de mon coude gauche, avec toute la mobilité que me permet sa main menaçante sur mon épaule, en posant ma tête sur mon poing. De manière à ce que je sois bien en face de lui, un large sourire aux lèvres. Le tête à tête parfait.
Thomas serait probablement jaloux s'il nous voyait à ce moment-là.
— C'est précisément ça.
Osant quitter son regard pour poser mes yeux sur mon fond de coupe, je me saisis de cette dernière, la fait tournoyer et... Quelqu'un a bu dedans ? Il a bu dedans ? Le verre est beaucoup trop opaque pour que personne n'y ait mis son nez. Je pensais qu'il ne m'avait servi qu'un fond mais non. C'est pire.
Boarf. Cela ne m'étonne finalement que peu, venant de lui.
Je me contente de faire tournoyer le liquide sans le porter à mes lèvres en replongeant mes iris dans les siens.
— La GEAD organise des échanges avec d'autres écoles tout au long de l'année. Tu ne savais pas ? J'ai dû m'absenter pour partir au Canada durant quelques semaines. C'est là-bas que j'ai fêté Halloween, d'ailleurs. Donc oui, le voyage c'est super bien passé, merci !
Je sais qu'il sait que je mens. Et je sais qu'il sait que je sais qu'il sait que je mens. Mais là n'est pas la question.
— Et oui, c'est pour ça que j'ai fait le mort : il n'y avait personne pour répondre aux hiboux chez moi. Pourquoi ? Ca a un rapport avec le fait que j'aie l'honneur d'être servi par le grand Christopher en main propre ?
Vas-y. Dis-le, que tu as fait des chiffres horriblement bas par rapport à la soirée d'intégration.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Visite diplomatique
Il n'enlève pas sa main même quand le jeune homme se tourne pour lui faire face. Christopher reste bien en place et il observe le poing d'Edmund écraser sa joue quand il s'y appuie dessus. Son petit duvet ridicule est toujours présent autour de sa bouche. Christopher aussi a eu une période moustache, dans sa lointaine jeunesse. Il se regardait tous les matins dans le miroir dans l'espoir que sa barbe pousse, que sa moustache se fournisse. Cela a duré quelques mois. Et un jour, il s'est vu dans la glace, il a vu cette ombre sur sa lèvre et il s'est rendu compte que c'était la chose la plus horrible de l'univers. Et il a accepté que la barbe, ce n'était pas pour lui : son corps est incapable de faire pousser de manière homogène les poils sur son visage et alors ? Il n'a pas besoin de ça ! Dale ? Dale a l'air d'un minet ridicule. Mais c'est peut-être parce que sa tronche agace Christopher qu'il pense ça. Son regard, sa façon de le regarder et dès qu'il ouvre la bouche, il devine que tout ce qui sortira de ce gouffre ne fera que l'agacer davantage.
Christopher enfonce ses doigts dans l'épaule d'Edmund. Pas trop fort, mais suffisamment pour qu'il sache qu'il pourrait lui faire bien plus mal s'il en avait envie. Ils sont beaucoup trop proches l'un de l'autre, l'étudiant appuyé sur son coude, lui-même à quelques centimètres à peine de lui. Ils pourraient avoir l'air à deux doigts de se battre mais en fait cela n'a rien à voir. Les yeux plongés dans ceux aussi noirs que les siens que du garçon, Christopher regarde le mensonge droit dans les yeux et le mensonge soutient son regard en retour. Et Dale continue, continue, il enrobe son mensonge d'autres mensonges, et vas-y que je te baratine avec un voyage de la GEAD au Canada et puis... Oh ? Qu'est-ce donc que cela ? De l'ironie dans sa voix ? Du sarcasme ? Il n'y a que deux raisons pour lesquelles Edmund Dale pourrait lui sortir du « grand Christopher en personne » : soit parce qu'il essaie de lui lécher les bottes soit parce qu'il veut se foutre de lui. Vu le mensonge et le ton de la conversation, il n'a clairement pas envie de le brosser dans le sens du poil.
Christopher soutient le regard d'Edmund pendant quelques secondes. Lorsque le silence devient inconfortable, un petit sourire affable passe sur ses lèvres. Il retire sa main de l'épaule de l'étudiant mais seulement pour la placer sur le nuque de ce dernier.
« Tu as une tête à claques, Dale, » affirme-t-il en dévoilant ses dents.
Sa main glisse sur sa joue. Il sent à peine le duvet sous ses doigts. Est-ce qu'Edmund appelle cela "ma barbe" ? Car ce serait ridicule. Christopher lui tapote trois fois la joue avant de se détacher définitivement de lui. En son fort intérieur, il se demande ce qu'il a envie de faire : virer Edmund de ses ambassadeurs sans lui laisser le temps de s'expliquer et le dégager avec un coup de pied au cul de son bar ou lui donner une seconde chance ? Il faut dire que tout tête à claques qu'il soit, Edmund est un gosse plutôt drôle une fois passée l'envie de lui en foutre une pour qu'il se taise. En fait, parfois il lui rappelle le jeune homme qu'il a été. Christopher soupire et se passe la main sur la mâchoire en observant les clients autour d'eux avant de ramener ses yeux sur Edmund.
« Alors... T'es venu pour démissionner ou c'est moi qui te vire ? Si t'es tout déprimé parce que ta petit copine t'a quitté et que c'est pour ça que tu fais le mort, tu me le dis, tu prends au moins la peine de répondre aux hiboux. C'était notre deal, non ? »
Christopher a la voix de celui qui sait très bien que c'était le deal et qui sait aussi très bien que Edmund est au courant. Si ce dernier fait l'idiot qui découvre les termes du contrat, il n'est pas sûr de résister à l'envie de lui mettre un coup de pied au cul. Mais tout de même, ça l'embêterait : Christopher n'a aucune idée de ce qu'a Edmund. Il était pourtant ravi de faire l'ambassadeur, au début ! Il était si volontaire et motivé ! Que s'est-il passé pour qu'il joue au con comme ça ?
Christopher enfonce ses doigts dans l'épaule d'Edmund. Pas trop fort, mais suffisamment pour qu'il sache qu'il pourrait lui faire bien plus mal s'il en avait envie. Ils sont beaucoup trop proches l'un de l'autre, l'étudiant appuyé sur son coude, lui-même à quelques centimètres à peine de lui. Ils pourraient avoir l'air à deux doigts de se battre mais en fait cela n'a rien à voir. Les yeux plongés dans ceux aussi noirs que les siens que du garçon, Christopher regarde le mensonge droit dans les yeux et le mensonge soutient son regard en retour. Et Dale continue, continue, il enrobe son mensonge d'autres mensonges, et vas-y que je te baratine avec un voyage de la GEAD au Canada et puis... Oh ? Qu'est-ce donc que cela ? De l'ironie dans sa voix ? Du sarcasme ? Il n'y a que deux raisons pour lesquelles Edmund Dale pourrait lui sortir du « grand Christopher en personne » : soit parce qu'il essaie de lui lécher les bottes soit parce qu'il veut se foutre de lui. Vu le mensonge et le ton de la conversation, il n'a clairement pas envie de le brosser dans le sens du poil.
Christopher soutient le regard d'Edmund pendant quelques secondes. Lorsque le silence devient inconfortable, un petit sourire affable passe sur ses lèvres. Il retire sa main de l'épaule de l'étudiant mais seulement pour la placer sur le nuque de ce dernier.
« Tu as une tête à claques, Dale, » affirme-t-il en dévoilant ses dents.
Sa main glisse sur sa joue. Il sent à peine le duvet sous ses doigts. Est-ce qu'Edmund appelle cela "ma barbe" ? Car ce serait ridicule. Christopher lui tapote trois fois la joue avant de se détacher définitivement de lui. En son fort intérieur, il se demande ce qu'il a envie de faire : virer Edmund de ses ambassadeurs sans lui laisser le temps de s'expliquer et le dégager avec un coup de pied au cul de son bar ou lui donner une seconde chance ? Il faut dire que tout tête à claques qu'il soit, Edmund est un gosse plutôt drôle une fois passée l'envie de lui en foutre une pour qu'il se taise. En fait, parfois il lui rappelle le jeune homme qu'il a été. Christopher soupire et se passe la main sur la mâchoire en observant les clients autour d'eux avant de ramener ses yeux sur Edmund.
« Alors... T'es venu pour démissionner ou c'est moi qui te vire ? Si t'es tout déprimé parce que ta petit copine t'a quitté et que c'est pour ça que tu fais le mort, tu me le dis, tu prends au moins la peine de répondre aux hiboux. C'était notre deal, non ? »
Christopher a la voix de celui qui sait très bien que c'était le deal et qui sait aussi très bien que Edmund est au courant. Si ce dernier fait l'idiot qui découvre les termes du contrat, il n'est pas sûr de résister à l'envie de lui mettre un coup de pied au cul. Mais tout de même, ça l'embêterait : Christopher n'a aucune idée de ce qu'a Edmund. Il était pourtant ravi de faire l'ambassadeur, au début ! Il était si volontaire et motivé ! Que s'est-il passé pour qu'il joue au con comme ça ?
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Visite diplomatique
Je sens la prise du responsable de bar se resserrer sur ma malheureuse épaule.
Un avertissement pour dire qu'il est prêt à me briser l'épaule ? Parfait. Cela veut dire que je suis en bonne voie. S'il se sent obligé de faire recours à la violence, c'est que j'ai déjà à moitié gagné. Parce qu'il sait pertinemment que j'ai raison, inconsciemment. C'est juste qu'il ne l'assume pas encore.
Même si je sens que je vais définitivement y laisser mon épaule dans cette histoire, moi... Heureusement que je ne suis pas gaucher. J'aurais eu du mal à tenir le rythme de ma formation de duelliste si je ne pouvais pas soulever mon bras directeur de manière à lancer des sorts efficacement. De ce côté-là, au moins, je suis sauf.
Je garde mon sourire en coin durant les longues secondes pendant lesquelles il me regarde. Même si, sur la fin, je commence à avoir un peu peur. Non pas par le fait que je sois en tort mais par le fait que je vais définitivement y laisser mon épaule. Je pensais que ce n'était qu'un avertissement mais il est en train de méditer à s'il va réellement mettre sa menace à exécution ou n-...
Oh. Wow.
Je fronce légèrement les sourcils lorsque sa main vient percuter ma nuque avec une violence digne d'une claque. D'ailleurs, c'est probablement ce que les autres clients du bar ont dû interpréter, au vu du bruit que l'impact a produit.
J'ai perdu un peu de mon sourire sur le coup. Le coup de la surprise, simplement. Mais wow... On peut difficilement dire que je m'y attendais. Et encore moins avec le fait qu'il se permette de me tapoter la barbe derrière. Je vais poser mon verre de vin. Même s'il est quasiment vide, ce sera plus sûr pour lui. Pour tout le monde.
Non mais attendez, il n'y a rien qui va, là. Je suis posé là avec mes vêtements sobres, ma barbe et mon verre de vin rouge et c'est cet imberbe aux oreilles décollées qui ose dire que j'ai une tête à claques ? Ca se voit qu'il avait une tête à claques donc qu'il s'est mis à fumer, à faire du sport et à se faire des tatouages afin d'avoir l'air un peu plus viril et menaçant. Il était pris dans les chaînes de la préadolescence à vie avec son visage donc il n'a pas trouvé d'autre solution que de ruiner son propre corps par des addictions.
Moi, je n'ai pas une tête à claques. J'ai juste une tête de jeune, c'est tout. Désolé d'avoir déjà l'air plus mature à mon âge que toi, papy Chris. De nos deux apparences, c'est pour la tienne que j'ai le plus de...
— T'es venu pour démissionner ou c'est moi qui te vire ?
... peine.
Attends. Quoi ?
Les derniers bribes de sourire qui pouvaient apparaître sur mon visage disparaissent instantanément. D'autant plus lorsqu'il me ramène les termes du contrat sur la table.
— J- J... Oui. En effet.
Je les connais bien, merci. Je ne savais juste pas que c'était un serment inviolable et qu'il était impossible de discuter avec toi puisque tu étais un gobelin et donc qu'à la moindre faute, c'était à la porte directement sans même discuter.
Mais ce n'est pas ça, la question, pardi !
J'hallucine. C'est lui qui devrait revenir me voir en rampant et en me suppliant parce que je manque cruellement à ses effectifs, au lieu de menacer de me virer ! Non mais c'est si dur pour lui d'admettre qu'il a fait des chiffres abominables à la soirée d'Halloween ? C'est si dur d'admettre je suis le meilleur ambassadeur de la GEAD ?!
— Mais je ne suis pas sûr de comprendre...
Je fronce les sourcils en posant ma main droite - celle qui tenait le verre - à plat sur la table afin d'étayer mes interrogations :
— Pourquoi es-tu aussi en colère ? Thomas t'as lâché pour la soirée d'Halloween donc tu défoules tes nerfs sur le premier ambassadeur de la GEAD que tu croises, c'est ça ? Je pensais suffisamment avoir fait tout le boulot à la soirée d'intégration pour mériter quelques vacances et passer le relai à ton deuxième ambassadeur mais il faut croire qu'il n'est définitivement pas fiable, celui-là...
Puisqu'il faut vraisemblablement que je lui explique mot pour mot la raison qui m'a poussé à ne pas répondre à ses hiboux. Je pensais que c'était plutôt clair, pourtant...
Un avertissement pour dire qu'il est prêt à me briser l'épaule ? Parfait. Cela veut dire que je suis en bonne voie. S'il se sent obligé de faire recours à la violence, c'est que j'ai déjà à moitié gagné. Parce qu'il sait pertinemment que j'ai raison, inconsciemment. C'est juste qu'il ne l'assume pas encore.
Même si je sens que je vais définitivement y laisser mon épaule dans cette histoire, moi... Heureusement que je ne suis pas gaucher. J'aurais eu du mal à tenir le rythme de ma formation de duelliste si je ne pouvais pas soulever mon bras directeur de manière à lancer des sorts efficacement. De ce côté-là, au moins, je suis sauf.
Je garde mon sourire en coin durant les longues secondes pendant lesquelles il me regarde. Même si, sur la fin, je commence à avoir un peu peur. Non pas par le fait que je sois en tort mais par le fait que je vais définitivement y laisser mon épaule. Je pensais que ce n'était qu'un avertissement mais il est en train de méditer à s'il va réellement mettre sa menace à exécution ou n-...
Oh. Wow.
Je fronce légèrement les sourcils lorsque sa main vient percuter ma nuque avec une violence digne d'une claque. D'ailleurs, c'est probablement ce que les autres clients du bar ont dû interpréter, au vu du bruit que l'impact a produit.
J'ai perdu un peu de mon sourire sur le coup. Le coup de la surprise, simplement. Mais wow... On peut difficilement dire que je m'y attendais. Et encore moins avec le fait qu'il se permette de me tapoter la barbe derrière. Je vais poser mon verre de vin. Même s'il est quasiment vide, ce sera plus sûr pour lui. Pour tout le monde.
Non mais attendez, il n'y a rien qui va, là. Je suis posé là avec mes vêtements sobres, ma barbe et mon verre de vin rouge et c'est cet imberbe aux oreilles décollées qui ose dire que j'ai une tête à claques ? Ca se voit qu'il avait une tête à claques donc qu'il s'est mis à fumer, à faire du sport et à se faire des tatouages afin d'avoir l'air un peu plus viril et menaçant. Il était pris dans les chaînes de la préadolescence à vie avec son visage donc il n'a pas trouvé d'autre solution que de ruiner son propre corps par des addictions.
Moi, je n'ai pas une tête à claques. J'ai juste une tête de jeune, c'est tout. Désolé d'avoir déjà l'air plus mature à mon âge que toi, papy Chris. De nos deux apparences, c'est pour la tienne que j'ai le plus de...
— T'es venu pour démissionner ou c'est moi qui te vire ?
... peine.
Attends. Quoi ?
Les derniers bribes de sourire qui pouvaient apparaître sur mon visage disparaissent instantanément. D'autant plus lorsqu'il me ramène les termes du contrat sur la table.
— J- J... Oui. En effet.
Je les connais bien, merci. Je ne savais juste pas que c'était un serment inviolable et qu'il était impossible de discuter avec toi puisque tu étais un gobelin et donc qu'à la moindre faute, c'était à la porte directement sans même discuter.
Mais ce n'est pas ça, la question, pardi !
J'hallucine. C'est lui qui devrait revenir me voir en rampant et en me suppliant parce que je manque cruellement à ses effectifs, au lieu de menacer de me virer ! Non mais c'est si dur pour lui d'admettre qu'il a fait des chiffres abominables à la soirée d'Halloween ? C'est si dur d'admettre je suis le meilleur ambassadeur de la GEAD ?!
— Mais je ne suis pas sûr de comprendre...
Je fronce les sourcils en posant ma main droite - celle qui tenait le verre - à plat sur la table afin d'étayer mes interrogations :
— Pourquoi es-tu aussi en colère ? Thomas t'as lâché pour la soirée d'Halloween donc tu défoules tes nerfs sur le premier ambassadeur de la GEAD que tu croises, c'est ça ? Je pensais suffisamment avoir fait tout le boulot à la soirée d'intégration pour mériter quelques vacances et passer le relai à ton deuxième ambassadeur mais il faut croire qu'il n'est définitivement pas fiable, celui-là...
Puisqu'il faut vraisemblablement que je lui explique mot pour mot la raison qui m'a poussé à ne pas répondre à ses hiboux. Je pensais que c'était plutôt clair, pourtant...
@Suileabhan Kohler pour Les missions du concierge !
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
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Visite diplomatique
Son sourire dégringole de son petit visage avec ses trois poils dessus et c'est la plus belle chose qu'ait vu Christopher ce soir. Pourtant il ne montre pas que cela lui fait plaisir, sinon Dale pourrait croire que c'est le moment de blaguer et il devra poser de nouveau la main sur son épaule pour lui faire comprendre ce que ce n'est pas le cas. Alors il reste tout sérieux, le regard dur et les traits figés par une concentration mécontente. C'est qu'il faut leur faire comprendre, à ces gamins, leur faire comprendre que ces choses-là d'ambassade qu'ils prennent parfois à la rigolade sont sérieuses. Dale ne serait pas le premier ambassadeur à faire du zèle. Il en a rencontré des gars comme lui, des tas durant sa carrière, et il sait très bien comment les ramener sur terre.
Bien. Il se rappelle des termes du contrat. Christopher hoche la tête d'un air satisfait. Dale aurait dû s'arrêter là. Il aurait dû. Christopher aurait enchainé avec les devoirs d'un ambassadeur, il se la serait joué un peu menaçant jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'Edmund soit sérieux puis après il aurait fini sur une petite blague qui aurait détendu l'atmosphère et ils auraient pu rigoler tous les deux. Tout ce serait très bien terminé. Mais voilà, quand on a une tête à claques, on a aussi une grande gueule. Alors évidemment qu'Edmund ne se tait pas. Parce qu'apparemment, Edmund ne comprend pas quelque chose. Et Christopher sait, il le sait dès qu'il entend le ton du garçon : il ne va pas du tout aimer la suite.
La surprise fait disparaître le sérieux tout menaçant dans lequel était figé son visage. Ses sourcils se dressent sur son front, sa tête a un mouvement de recul. Ses lèvres miment : quoi ? sans faire de son. Perdu, Christopher tourne les yeux vers la main posée bien à plat sur la table avant de les ramener dans ceux de son ambassadeurs. Mais qu'est-ce qu'il est en train de lui baratiner ?
« Attends... Quoi ? »
Sa voix part dans les aigus. Il l'ignore, fronce les sourcils, penche la tête sur les côtes et attrape la table à quelques centimètres seulement de la main d'Edmund. Il n'aime pas trop entendre le prénom de son Tommy dans la bouche de ce garçon ; il se souvient très bien de leur interaction lors de la soirée d'intégration.
« C'est toi... » Christopher pointe l'étudiant du doigt. « ...qui n'es pas fiable, Dale. Ton boulot c'est de promouvoir les événements du pub. C'est pas parce que t'as bien travaillé pour la soiré d'inté' que tu peux te reposer sur tes lauriers, c'est clair ? Et qu'est-ce que tu me chantes ? Thomas ne m'a pas lâché, contrairement à toi. Il a rameuté du monde pour Halloween en faisant son travail pendant que tu étais aux abonnés absent ! Au Canada ! » s'exclame Christopher en levant les bras en l'air et en haussant la voix exagérément. Il prend les autres clients à parti en désignant Edmund des mains. « Au Canada ! » répète-t-il d'une voix forte.
Il éclate d'un rire forcé avant de secouer la tête, son sourire diminuant progressivement sur son visage. Quand il relève les yeux vers Dale, il ne rit plus du tout.
« Tu étais surtout en train de te la couler douce. Et pourquoi ? Parce que tu penses avoir tout fait pour la soirée d'inté' ? Je... »
Ébahi, Christopher en perd ses mots. Les yeux écarquillés, il cligne les paupières avant de se passer la main sur le visage. C'est parfois si difficile de comprendre ce qui se passe dans la tête des gamins. Mais c'est à lui de faire l'effort de saisir, n'est-ce pas ? C'est à lui d'essayer de sauver ce contrat. Il peut le faire, jusqu'à ce que Dale aille trop loin et qu'il le dégage sans lui laisser davantage de chance, évidemment. Alors Christopher prend une profonde inspiration et expire tout aussi longuement en regardant le garçon dans les yeux.
« Si tu veux des vacances, tu me le dis, dit-il d'une voix plus maîtrisée. Et ne crache pas sur les autres ambassadeurs de ton école, c'est pas très honorable de faire ça. Vous faites tous les deux votre part du travail... Enfin, Thomas plus que toi, ces derniers temps... »
Christopher affiche un petit sourire ironique avant de poursuivre.
« Tu ne gagneras rien à parler dans son dos. Je me fiche de vos relations tant que le boulot est fait, c'est clair ? Tu passes le relais à personne, Dale, » insiste-t-il, sa voix repartant dans ses accents offusqués. Christopher lui donne un petit coup dans l'épaule. « Tu te contentes de te distribuer ce que je te dis de distribuer, c'est tout, » martèle-t-il d'une voix mécontente.
__________
Christopher a du mal à comprendre qu'Ed est juste vexé, je crois.
Bon et ta description de Chris vu par les yeux d'Ed m'a fait éclater de rire, sache-le.
Bien. Il se rappelle des termes du contrat. Christopher hoche la tête d'un air satisfait. Dale aurait dû s'arrêter là. Il aurait dû. Christopher aurait enchainé avec les devoirs d'un ambassadeur, il se la serait joué un peu menaçant jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'Edmund soit sérieux puis après il aurait fini sur une petite blague qui aurait détendu l'atmosphère et ils auraient pu rigoler tous les deux. Tout ce serait très bien terminé. Mais voilà, quand on a une tête à claques, on a aussi une grande gueule. Alors évidemment qu'Edmund ne se tait pas. Parce qu'apparemment, Edmund ne comprend pas quelque chose. Et Christopher sait, il le sait dès qu'il entend le ton du garçon : il ne va pas du tout aimer la suite.
La surprise fait disparaître le sérieux tout menaçant dans lequel était figé son visage. Ses sourcils se dressent sur son front, sa tête a un mouvement de recul. Ses lèvres miment : quoi ? sans faire de son. Perdu, Christopher tourne les yeux vers la main posée bien à plat sur la table avant de les ramener dans ceux de son ambassadeurs. Mais qu'est-ce qu'il est en train de lui baratiner ?
« Attends... Quoi ? »
Sa voix part dans les aigus. Il l'ignore, fronce les sourcils, penche la tête sur les côtes et attrape la table à quelques centimètres seulement de la main d'Edmund. Il n'aime pas trop entendre le prénom de son Tommy dans la bouche de ce garçon ; il se souvient très bien de leur interaction lors de la soirée d'intégration.
« C'est toi... » Christopher pointe l'étudiant du doigt. « ...qui n'es pas fiable, Dale. Ton boulot c'est de promouvoir les événements du pub. C'est pas parce que t'as bien travaillé pour la soiré d'inté' que tu peux te reposer sur tes lauriers, c'est clair ? Et qu'est-ce que tu me chantes ? Thomas ne m'a pas lâché, contrairement à toi. Il a rameuté du monde pour Halloween en faisant son travail pendant que tu étais aux abonnés absent ! Au Canada ! » s'exclame Christopher en levant les bras en l'air et en haussant la voix exagérément. Il prend les autres clients à parti en désignant Edmund des mains. « Au Canada ! » répète-t-il d'une voix forte.
Il éclate d'un rire forcé avant de secouer la tête, son sourire diminuant progressivement sur son visage. Quand il relève les yeux vers Dale, il ne rit plus du tout.
« Tu étais surtout en train de te la couler douce. Et pourquoi ? Parce que tu penses avoir tout fait pour la soirée d'inté' ? Je... »
Ébahi, Christopher en perd ses mots. Les yeux écarquillés, il cligne les paupières avant de se passer la main sur le visage. C'est parfois si difficile de comprendre ce qui se passe dans la tête des gamins. Mais c'est à lui de faire l'effort de saisir, n'est-ce pas ? C'est à lui d'essayer de sauver ce contrat. Il peut le faire, jusqu'à ce que Dale aille trop loin et qu'il le dégage sans lui laisser davantage de chance, évidemment. Alors Christopher prend une profonde inspiration et expire tout aussi longuement en regardant le garçon dans les yeux.
« Si tu veux des vacances, tu me le dis, dit-il d'une voix plus maîtrisée. Et ne crache pas sur les autres ambassadeurs de ton école, c'est pas très honorable de faire ça. Vous faites tous les deux votre part du travail... Enfin, Thomas plus que toi, ces derniers temps... »
Christopher affiche un petit sourire ironique avant de poursuivre.
« Tu ne gagneras rien à parler dans son dos. Je me fiche de vos relations tant que le boulot est fait, c'est clair ? Tu passes le relais à personne, Dale, » insiste-t-il, sa voix repartant dans ses accents offusqués. Christopher lui donne un petit coup dans l'épaule. « Tu te contentes de te distribuer ce que je te dis de distribuer, c'est tout, » martèle-t-il d'une voix mécontente.
__________
Christopher a du mal à comprendre qu'Ed est juste vexé, je crois.
Bon et ta description de Chris vu par les yeux d'Ed m'a fait éclater de rire, sache-le.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
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Visite diplomatique
Je vois très bien qu'il ne rigole plus du tout. Ça tombe bien : moi aussi. Je ne compte pas me laisser faire par cet abruti de Thomas. Et je compte bien faire valoir mes droits. Peu m'importe leur relation d'antan.
J'ai cependant un peu de mal à garder contenance lorsque je vois ses sourcils s'élever et ses yeux s'écarquiller... Pardon ? En quoi est-ce choquant, ce que je suis en train de lui décrire ? Donc il ne s'était pas rendu compte de la duplicité de son "ami" à ce point-là ? Ou il a inventé un mensonge pour que ce soit moi qui n'ait absolument rien fait pour la soirée d'intégration, et donc que ce soit moi qui me prenne le double-retour de flamme ? Qu'est-ce qu'a bien encore pu faire ce maudit Thomas pour que Chris, en face de moi, joue le choqué à ce point-là ?!
— C'est toi... qui n'es pas fiable, Dale.
Thomas a menti. Je vais le... !
Je m'arrête soudainement de fulminer lorsque j'entends la suite du discours de Chris.
Oh. Il n'a pas menti.
Lentement, je sens mon cœur s'alourdir. S'appuyer. Se serrer. Lentement, je sens cette douce sensation de culpabilité s'emparer de mon corps et faire s'affaisser mes épaules. Une sensation que j'ai ressenti pour la dernière fois... Il y a très longtemps.
Je me redresse brutalement et m'efforce d'avoir l'air le plus impassible et le plus indifférent possible lorsqu'il commence son cirque en m'affichant devant l'intégralité du bar. Ce n'est pas le moment de montrer des remords. Ce n'est pas le moment de montrer que je suis en tort, non, surtout pas. Même s'il accepte finalement d'accéder à ma - ô grande - requête de rester ambassadeur et de ne pas me virer instantanément, je n'aurai plus jamais le même regard aux yeux des habitués du bar à l'heure actuelle. Puisque je serai vu comme l'ambassadeur qui a fait n'importe quoi puis qui est revenu en rampant et en suppliant Chris de le garder. Et c'est clairement hors de question.
C'est pourquoi je continue en hochant la tête, l'air blasé, lorsqu'il ose, en plus, répéter « Canada ». Encore. Juste pour bien appuyer le fait et bien m'enfoncer devant tous les clients présents, ouii, vas-y. Continue de m'enfoncer en public, Chris. Bien joué, tu sais comment y faire pour garder tes ambassadeurs, dites doonc !
Même si, intérieurement, mon cœur ne se fait que plus serré. Et j'ai envie de vomir. Tout simplement.
D'autant plus lorsqu'il cesse de s'agiter et de se donner en spectacle devant tout le monde pour se réadresser à moi sur une voix plus posée. Puisque tout. Absolument tout dans ses gestes, dans ses paroles, dans ses regards et dans ses sourires. Tout ne fait que poindre vers l'indéfectible vérité : j'ai déçu Chris.
J'inspire profondément pour essayer de retrouver un peu d'air. Ce n'est pas que mon cœur mais ma cage thoracique dans son intégralité qui est serrée et ballonnée de tous les côtés. J'ai juste besoin de prendre quelques grandes inspirations pour... Pouvoir respirer convenablement. C'est tout.
J'ai déçu Chris. J'ai juste envie de pleurer.
Je finis par expirer aussi profondément que j'avais inspiré, ne sachant définitivement plus où me mettre.
Comment j'en suis arrivé là, déjà ? Oh, oui. Thomas... Thomas qui n'a pas menti mais qui a choisi spécifiquement cette soirée pour se bouger. Il a déjà prouvé par le passé qu'il n'était absolument pas fiable mais il ne voulait absolument pas que cela se remarque, noon. C'est bien le genre du personnage frauduleux : être incompétent, mais faire juste suffisamment d'effort pour ne pas en avoir l'air.
Tout ça, c'est la faute de Thomas.
Soudainement, j'arrive de nouveau à respirer. Mon cœur n'en bat pas moins la chamade. Il n'est plus rempli de culpabilité mais plutôt de haine. De colère. Puisque c'était le coup le plus déloyal que je n'aie jamais vu. Et je suis celui qui en récolte les frais.
Je serais presque admiratif. Presque. Si je n'avais pas été la cible de cette odieuse fraude.
— Je ne suis pas un pigeon.
J'avais dit que je comptais bien faire valoir mes droits.
— Je viens juste de réaliser qu'il t'a roulé dans la farine cent fois plus efficacement que moi. C'est tout.
Et que je ne compte pas partir sans lui avoir prouvé que je suis la victime dans toute cette affaire. Et qu'il est la fraude pas fiable pour un sou.
— Je pense qu'on s'est mal compris, en fait : je ne pense pas avoir fait tout le boulot à la soirée d'inté'. J'ai fait tout le boulot à la soirée d'inté'. Tu vois, tous les flyers que tu lui as confiés ? Il me les a tous donnés. Tous. C'est moi qui les ai distribués. Et non pas lui. La seule différence entre lui à la soirée d'inté' et moi à la soirée d'Halloween, c'est que moi, au moins, j'ai eu la décence de ne pas te mentir droit dans les yeux en disant que j'avais distribués tous les flyers que tu m'avais donnés. Sinon, on a fait exactement le même boulot.
Quand est-ce que j'ai serré le poing de ma main qui était sur la table ? Je n'en sais rien. Et j'en ai fichtrement rien à foutre, pour ainsi dire.
Tout ce que je sais, c'est que je vais très vite démissionner de moi-même en tant qu'ambassadeur si ça continue comme ça.
— Je n'aime pas parler dans le dos des gens, moi non plus. Mais ce genre de personnage, je sais très bien qu'il ne sera jamais honnête et ne se dénoncera jamais de lui-même. Donc... Je prends les devants.
Je sais que ma méthode était très loin d'être parfaite pour révéler cet escroc au grand jour. La preuve : elle a échoué. J'aurais dû faire part de mon mécontentement dès que la situation est arrivée plutôt que de laisser les choses ruminer et essayer de lui prouver directement en lui montrant que Thomas était une véritable fraude qui profitait des autres pour ne rien avoir à faire dès que Chris avait le dos tourné.
Mais bon, le mal est fait. Et je ne compte clairement pas ajouter ça. Parce que je ne vais certainement pas me mettre à me justifier et supplier à genoux pour ne pas me faire "virer". Parce que, tu sais quoi, Chris ? Je m'en fiche. T'essaies de m'humilier devant tout le bar ? Et bah je m'en fiche. Tu ne sais simplement pas ce que tu perds.
J'ai cependant un peu de mal à garder contenance lorsque je vois ses sourcils s'élever et ses yeux s'écarquiller... Pardon ? En quoi est-ce choquant, ce que je suis en train de lui décrire ? Donc il ne s'était pas rendu compte de la duplicité de son "ami" à ce point-là ? Ou il a inventé un mensonge pour que ce soit moi qui n'ait absolument rien fait pour la soirée d'intégration, et donc que ce soit moi qui me prenne le double-retour de flamme ? Qu'est-ce qu'a bien encore pu faire ce maudit Thomas pour que Chris, en face de moi, joue le choqué à ce point-là ?!
— C'est toi... qui n'es pas fiable, Dale.
Thomas a menti. Je vais le... !
Je m'arrête soudainement de fulminer lorsque j'entends la suite du discours de Chris.
Oh. Il n'a pas menti.
Lentement, je sens mon cœur s'alourdir. S'appuyer. Se serrer. Lentement, je sens cette douce sensation de culpabilité s'emparer de mon corps et faire s'affaisser mes épaules. Une sensation que j'ai ressenti pour la dernière fois... Il y a très longtemps.
Je me redresse brutalement et m'efforce d'avoir l'air le plus impassible et le plus indifférent possible lorsqu'il commence son cirque en m'affichant devant l'intégralité du bar. Ce n'est pas le moment de montrer des remords. Ce n'est pas le moment de montrer que je suis en tort, non, surtout pas. Même s'il accepte finalement d'accéder à ma - ô grande - requête de rester ambassadeur et de ne pas me virer instantanément, je n'aurai plus jamais le même regard aux yeux des habitués du bar à l'heure actuelle. Puisque je serai vu comme l'ambassadeur qui a fait n'importe quoi puis qui est revenu en rampant et en suppliant Chris de le garder. Et c'est clairement hors de question.
C'est pourquoi je continue en hochant la tête, l'air blasé, lorsqu'il ose, en plus, répéter « Canada ». Encore. Juste pour bien appuyer le fait et bien m'enfoncer devant tous les clients présents, ouii, vas-y. Continue de m'enfoncer en public, Chris. Bien joué, tu sais comment y faire pour garder tes ambassadeurs, dites doonc !
Même si, intérieurement, mon cœur ne se fait que plus serré. Et j'ai envie de vomir. Tout simplement.
D'autant plus lorsqu'il cesse de s'agiter et de se donner en spectacle devant tout le monde pour se réadresser à moi sur une voix plus posée. Puisque tout. Absolument tout dans ses gestes, dans ses paroles, dans ses regards et dans ses sourires. Tout ne fait que poindre vers l'indéfectible vérité : j'ai déçu Chris.
J'inspire profondément pour essayer de retrouver un peu d'air. Ce n'est pas que mon cœur mais ma cage thoracique dans son intégralité qui est serrée et ballonnée de tous les côtés. J'ai juste besoin de prendre quelques grandes inspirations pour... Pouvoir respirer convenablement. C'est tout.
J'ai déçu Chris. J'ai juste envie de pleurer.
Je finis par expirer aussi profondément que j'avais inspiré, ne sachant définitivement plus où me mettre.
Comment j'en suis arrivé là, déjà ? Oh, oui. Thomas... Thomas qui n'a pas menti mais qui a choisi spécifiquement cette soirée pour se bouger. Il a déjà prouvé par le passé qu'il n'était absolument pas fiable mais il ne voulait absolument pas que cela se remarque, noon. C'est bien le genre du personnage frauduleux : être incompétent, mais faire juste suffisamment d'effort pour ne pas en avoir l'air.
Tout ça, c'est la faute de Thomas.
Soudainement, j'arrive de nouveau à respirer. Mon cœur n'en bat pas moins la chamade. Il n'est plus rempli de culpabilité mais plutôt de haine. De colère. Puisque c'était le coup le plus déloyal que je n'aie jamais vu. Et je suis celui qui en récolte les frais.
Je serais presque admiratif. Presque. Si je n'avais pas été la cible de cette odieuse fraude.
— Je ne suis pas un pigeon.
J'avais dit que je comptais bien faire valoir mes droits.
— Je viens juste de réaliser qu'il t'a roulé dans la farine cent fois plus efficacement que moi. C'est tout.
Et que je ne compte pas partir sans lui avoir prouvé que je suis la victime dans toute cette affaire. Et qu'il est la fraude pas fiable pour un sou.
— Je pense qu'on s'est mal compris, en fait : je ne pense pas avoir fait tout le boulot à la soirée d'inté'. J'ai fait tout le boulot à la soirée d'inté'. Tu vois, tous les flyers que tu lui as confiés ? Il me les a tous donnés. Tous. C'est moi qui les ai distribués. Et non pas lui. La seule différence entre lui à la soirée d'inté' et moi à la soirée d'Halloween, c'est que moi, au moins, j'ai eu la décence de ne pas te mentir droit dans les yeux en disant que j'avais distribués tous les flyers que tu m'avais donnés. Sinon, on a fait exactement le même boulot.
Quand est-ce que j'ai serré le poing de ma main qui était sur la table ? Je n'en sais rien. Et j'en ai fichtrement rien à foutre, pour ainsi dire.
Tout ce que je sais, c'est que je vais très vite démissionner de moi-même en tant qu'ambassadeur si ça continue comme ça.
— Je n'aime pas parler dans le dos des gens, moi non plus. Mais ce genre de personnage, je sais très bien qu'il ne sera jamais honnête et ne se dénoncera jamais de lui-même. Donc... Je prends les devants.
Je sais que ma méthode était très loin d'être parfaite pour révéler cet escroc au grand jour. La preuve : elle a échoué. J'aurais dû faire part de mon mécontentement dès que la situation est arrivée plutôt que de laisser les choses ruminer et essayer de lui prouver directement en lui montrant que Thomas était une véritable fraude qui profitait des autres pour ne rien avoir à faire dès que Chris avait le dos tourné.
Mais bon, le mal est fait. Et je ne compte clairement pas ajouter ça. Parce que je ne vais certainement pas me mettre à me justifier et supplier à genoux pour ne pas me faire "virer". Parce que, tu sais quoi, Chris ? Je m'en fiche. T'essaies de m'humilier devant tout le bar ? Et bah je m'en fiche. Tu ne sais simplement pas ce que tu perds.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
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Visite diplomatique
Il se passe beaucoup de choses sur le visage de son jeune ambassadeur et là, Christopher se dit que c'est bon, qu'il a pigé, qu'il va s'excuser, la fermer et bien faire son boulot la prochaine fois qu'il lui donnera une pile de flyers à distribuer. Il se dit que Dale avait seulement besoin qu'on lui remonte un peu les bretelles. Ça existe, les gamins comme ça. Ils font des conneries juste pour qu'on les remarque. C'est bien son genre. Mais Christopher n'accepte pas qu'on fasse des conneries quand c'est lié à son pub, il ne l'accepte pas du tout. Il lui a remonté les bretelles une fois, il ne le fera pas une seconde fois. Dale vient de cramer son joker, Christopher espère sincèrement qu'il en est conscient.
Il prépare déjà dans sa tête une ou deux phrases toute faite pour être certain qu'Edmund capte bien. « L'ego, tu le laisses à la porte du Pitiponk, c'est clair ? » ou encore « Je passe l'éponge pour cette fois-ci, mais tu vas t'améliorer, ok ? ». Mais voilà, alors qu'un instant plus tôt le visage du jeune exprimait des choses qui pouvaient éventuellement signifier qu'il allait se repentir, il suffit encore une fois qu'il ouvre la bouche pour tout foutre en l'air. Son ton n'est pas du tout celui d'un gars qui veut faire amende honorable.
Le ton a changé. Il n'est plus du tout moqueur, non. Il est colérique. Alors Christopher se redresse et il abandonne aussi l'idée de jouer au con avec Edmund. Il croise les bras sur sa poitrine pendant que le petit parle et il l'écoute. Si au départ il s’apprêtait à lui conseiller plutôt violemment de ravaler sa langue, lorsque Dale fait le jour sur toute l'affaire, les traits de Christopher se referment. C'est bien le genre de Thomas, à vrai dire, de refiler un paquet de flyers à un autre ambassadeur. Pourquoi ? Aucune idée. Parce qu'il était de mauvaise humeur, parce que Dale l'avait agacé (plutôt cohérent, celle-là), parce qu'un million de raisons. Christopher devrait sans doute être déçu ou en colère contre Thomas, mais la vérité c'est que c'est Dale qui lui tape sur le système.
Il le laisse parler. Il le laisse serrer le poing. Il le laisse dire tout ce qu'il a à dire, lui qui se prend pour le preux chevalier qui défend la vérité. Et quand il a terminé, Christopher décroise les bras et se penche sur la table. Il s'appuie sur elle. Son buste ainsi courbé le rapproche du visage d'Edmund. Il plante ses yeux dans les siens.
« Écoute-moi bien, Edmund, commence-t-il d'une voix posée mais dangereusement basse. Si je prends plusieurs ambassadeurs par université, ce n'est pas pour qu'ils se dénoncent les uns les autres. Et toi, tu as choisi d'abandonner ton poste sans prévenir plutôt que de m'expliquer calmement la situation. Ça... » Des yeux, Christopher désigne Edmund, la table, lui-même, toute cette situation. « ...ce n'est pas faire les choses calmement. »
Ses yeux noirs dansent d'une pupille à l'autre. Christopher n'hésite pas une seconde avant d'ouvrir de nouveau la bouche, le ton bien plus dur cette fois-ci.
« Ne prends plus jamais les devants pour dire quoi que ce soit de mal à propos de Thomas. »
C'est cela qu'il ne supporte pas. Entendre dire du mal sur l'une des personnes qui comptent le plus dans sa vie. Christopher ne laissera jamais personne dire du mal des gens qu'il aime. L'un de ces prochains soirs, quand il se retrouvera avec Tommy autour d'une table, il le questionnera à propos de cette affaire pour avoir son point de vue et rigolera s'il s'avère que son ambassadeur d'ami a bien effectivement refilé ses flyers à Dale, il lui dira « putain, t'abuses ! Le petit m'a fait une crise de nerf, sois sérieux ! ». Puis ils passeront à autre chose parce que c'est comme cela entre eux.
Christopher se détache de la table et se redresse. L'une de ses mains file frotter l'arrière de sa nuque. Il ramène ses yeux sur son jeune ambassadeur.
« Allez..., » finit-il par dire avant qu'Edmund ait pu l'ouvrir encore une fois.
D'un geste du menton, il lui désigne la sortie. Cela suffit pour dire : dégage-moi de là. Christopher n'est pas quelqu'un de rancunier, l'agacement que le gamin lui inspire finira par disparaître. Il n'a pas encore vraiment pris de décision sur son avenir d'ambassadeur mais une chose est certaine : il n'est pas bien sûr d'avoir envie de l'avoir dans son équipe. Il avait pourtant vraiment un bon feeling, avec ce petit gars. Il a le bagou, l'audace. Oui, il a quelque chose. Mais enfin... Ce ne serait pas le premier à le décevoir. À cet âge, ils déçoivent tout le monde. Christopher le sait. Il était pareil à vingt ans.
Il prépare déjà dans sa tête une ou deux phrases toute faite pour être certain qu'Edmund capte bien. « L'ego, tu le laisses à la porte du Pitiponk, c'est clair ? » ou encore « Je passe l'éponge pour cette fois-ci, mais tu vas t'améliorer, ok ? ». Mais voilà, alors qu'un instant plus tôt le visage du jeune exprimait des choses qui pouvaient éventuellement signifier qu'il allait se repentir, il suffit encore une fois qu'il ouvre la bouche pour tout foutre en l'air. Son ton n'est pas du tout celui d'un gars qui veut faire amende honorable.
Le ton a changé. Il n'est plus du tout moqueur, non. Il est colérique. Alors Christopher se redresse et il abandonne aussi l'idée de jouer au con avec Edmund. Il croise les bras sur sa poitrine pendant que le petit parle et il l'écoute. Si au départ il s’apprêtait à lui conseiller plutôt violemment de ravaler sa langue, lorsque Dale fait le jour sur toute l'affaire, les traits de Christopher se referment. C'est bien le genre de Thomas, à vrai dire, de refiler un paquet de flyers à un autre ambassadeur. Pourquoi ? Aucune idée. Parce qu'il était de mauvaise humeur, parce que Dale l'avait agacé (plutôt cohérent, celle-là), parce qu'un million de raisons. Christopher devrait sans doute être déçu ou en colère contre Thomas, mais la vérité c'est que c'est Dale qui lui tape sur le système.
Il le laisse parler. Il le laisse serrer le poing. Il le laisse dire tout ce qu'il a à dire, lui qui se prend pour le preux chevalier qui défend la vérité. Et quand il a terminé, Christopher décroise les bras et se penche sur la table. Il s'appuie sur elle. Son buste ainsi courbé le rapproche du visage d'Edmund. Il plante ses yeux dans les siens.
« Écoute-moi bien, Edmund, commence-t-il d'une voix posée mais dangereusement basse. Si je prends plusieurs ambassadeurs par université, ce n'est pas pour qu'ils se dénoncent les uns les autres. Et toi, tu as choisi d'abandonner ton poste sans prévenir plutôt que de m'expliquer calmement la situation. Ça... » Des yeux, Christopher désigne Edmund, la table, lui-même, toute cette situation. « ...ce n'est pas faire les choses calmement. »
Ses yeux noirs dansent d'une pupille à l'autre. Christopher n'hésite pas une seconde avant d'ouvrir de nouveau la bouche, le ton bien plus dur cette fois-ci.
« Ne prends plus jamais les devants pour dire quoi que ce soit de mal à propos de Thomas. »
C'est cela qu'il ne supporte pas. Entendre dire du mal sur l'une des personnes qui comptent le plus dans sa vie. Christopher ne laissera jamais personne dire du mal des gens qu'il aime. L'un de ces prochains soirs, quand il se retrouvera avec Tommy autour d'une table, il le questionnera à propos de cette affaire pour avoir son point de vue et rigolera s'il s'avère que son ambassadeur d'ami a bien effectivement refilé ses flyers à Dale, il lui dira « putain, t'abuses ! Le petit m'a fait une crise de nerf, sois sérieux ! ». Puis ils passeront à autre chose parce que c'est comme cela entre eux.
Christopher se détache de la table et se redresse. L'une de ses mains file frotter l'arrière de sa nuque. Il ramène ses yeux sur son jeune ambassadeur.
« Allez..., » finit-il par dire avant qu'Edmund ait pu l'ouvrir encore une fois.
D'un geste du menton, il lui désigne la sortie. Cela suffit pour dire : dégage-moi de là. Christopher n'est pas quelqu'un de rancunier, l'agacement que le gamin lui inspire finira par disparaître. Il n'a pas encore vraiment pris de décision sur son avenir d'ambassadeur mais une chose est certaine : il n'est pas bien sûr d'avoir envie de l'avoir dans son équipe. Il avait pourtant vraiment un bon feeling, avec ce petit gars. Il a le bagou, l'audace. Oui, il a quelque chose. Mais enfin... Ce ne serait pas le premier à le décevoir. À cet âge, ils déçoivent tout le monde. Christopher le sait. Il était pareil à vingt ans.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Visite diplomatique
Bien.
— Très bien.
Je vois que, Christopher, tu sembles rester absolument obstiné à vouloir défendre ton "ami" à tout prix. Au prix d'un ambassadeur de qualité que tu mets littéralement à la porte d'un simple geste de menton après l'avoir menacé s'il continuait à "dire du mal" de son précieux protégé.
Combien d'ambassadeurs as-tu éconduit ainsi ? Combien d'ambassadeurs continueras-tu d'éconduire de cette manière ? En défendant toujours le même élément perturbateur ? Nul ne le sait. Nul ne s'en doute.
Tant pis. J'assisterai à la chute du Pitiponk par la faute de ton adorable petit Thomas et je m'en délecterai.
Au bout d'un moment, si on ne prend pas mes avertissements au sérieux et qu'on me menace afin que je ne puisse plus faire de critique constructive sur une personne, je n'y peux plus rien. J'aurais fait tout ce que j'ai pu pour tenter d'ériger des défenses contre une personne toxique. J'aurais été le lanceur d'alerte parfait à ce sujet. Je n'ai rien à me reprocher. Je peux partir sans honte, la tête haute.
Et c'est d'ailleurs ce que je vais faire dès maintenant. Puisque je suis vraisemblablement, en plus de cela, invité à franchir la porte. Mais ce n'est pas une réponse à l'invitation, non. C'est bel et bien un geste de ma propre initiative bien consciente et réfléchie. Nullement par la contrainte.
Parce que je démissionne.
Voilà. J'ai dit que je le ferai si je ne suis pas pris au sérieux. La situation n'a décidément pas l'air de s'arranger. Alors ce que je fais, c'est que j'abandonne le navire pour le regarder couler de loin. Puisque ma présence pour essayer de combler les trous dans la coque n'est pas requise, selon certains éléments. J'admirerai ce naufrage de loin, sur mon île paradisiaque.
— Bonne soirée.
Abandonnant mon fond verre de vin toujours intact - aussi intact qu'il puisse être après avoir été consommé avant d'être servi -, je pose mes deux mains sur la table pour me redresser en effectuant un signe de tête bref en guise d'au revoir à mon interlocuteur. Le visage bien évidemment toujours fermé. Signe qu'on n'a finalement plus rien à se dire.
Puis, sans un mot ni un regard en arrière, je me dirige calmement vers la porte afin d'atteindre un air respirable à nouveau. Loin de cet air absolument toxique.
S'il pense que je vais revenir m'excuser en rampant trois semaines plus tard...
Planté devant la porte du Pitiponk, je déglutis.
Comme un air de déjà-vu. Un petit retour en arrière de trois semaines.
J'essaye de me répéter en boucle les paroles de June dans la tête. Pour éviter de me désister au dernier moment.
« Tu as fait de la merde ? Tu t'excuses. »
Si seulement c'était aussi simple...
Après, techniquement... Lorsque je repense à la conversation, je n'ai pas dit explicitement à Chris que je démissionnai. J'ai juste... Quitté la pièce d'un air très très froid. Mais je n'ai pas dit de dingueries ou de choses qui pourraient jouer en ma défaveur. Et, lui, ne m'a pas viré explicitement. Donc, techniquement... Je suis encore ambassadeur. J'ai encore ma place à l'intérieur. Non ?
Si je rentre en faisant comme si de rien n'était, est-ce qu'on va encore boire dans mon verre et m'humilier en public ? Est-ce qu'on me donnera juste une simple mission et on me laissera tranquille derrière ?
Raah, je sais paaas.
Mais techniquement, j'ai juste... Pas utilisé le meilleur moyen de communication pour faire passer un message. Est-ce que c'est vraiment si grave que ça ? Est-ce que ça mérite vraiment des excuses ?
Il suffit cependant que je me repasse le regard déçu de Chris pour que mon cœur se resserre.
Merlin, comment je suis censé arranger ça, moi ?! Je suis pas un générateur de miracles non plus !
Je me mords la lèvre lorsque je vois un couple passer devant moi en rigolant pour rentrer. Ça me fait me rendre compte que j'ai tout de même l'air vachement, débile. À attendre, là. Devant la porte du bar sans oser la franchir.
Bon euh, j'y vais et j'improvise. Après tout, je suis pas si mal en impro.
Simplement... Peut-être pas de la manière dont June l'aurait voulu. Ahem.
J'inspire un grand coup avant de finalement oser franchir les portes du repaire de Chris. Puis, une fois à l'intérieur, au lieu d'aller commander comme la dernière fois, je me tourne directement à droite et m'accoude au comptoir.
— Hey ! Euh... Chris est là ?
— Très bien.
Je vois que, Christopher, tu sembles rester absolument obstiné à vouloir défendre ton "ami" à tout prix. Au prix d'un ambassadeur de qualité que tu mets littéralement à la porte d'un simple geste de menton après l'avoir menacé s'il continuait à "dire du mal" de son précieux protégé.
Combien d'ambassadeurs as-tu éconduit ainsi ? Combien d'ambassadeurs continueras-tu d'éconduire de cette manière ? En défendant toujours le même élément perturbateur ? Nul ne le sait. Nul ne s'en doute.
Tant pis. J'assisterai à la chute du Pitiponk par la faute de ton adorable petit Thomas et je m'en délecterai.
Au bout d'un moment, si on ne prend pas mes avertissements au sérieux et qu'on me menace afin que je ne puisse plus faire de critique constructive sur une personne, je n'y peux plus rien. J'aurais fait tout ce que j'ai pu pour tenter d'ériger des défenses contre une personne toxique. J'aurais été le lanceur d'alerte parfait à ce sujet. Je n'ai rien à me reprocher. Je peux partir sans honte, la tête haute.
Et c'est d'ailleurs ce que je vais faire dès maintenant. Puisque je suis vraisemblablement, en plus de cela, invité à franchir la porte. Mais ce n'est pas une réponse à l'invitation, non. C'est bel et bien un geste de ma propre initiative bien consciente et réfléchie. Nullement par la contrainte.
Parce que je démissionne.
Voilà. J'ai dit que je le ferai si je ne suis pas pris au sérieux. La situation n'a décidément pas l'air de s'arranger. Alors ce que je fais, c'est que j'abandonne le navire pour le regarder couler de loin. Puisque ma présence pour essayer de combler les trous dans la coque n'est pas requise, selon certains éléments. J'admirerai ce naufrage de loin, sur mon île paradisiaque.
— Bonne soirée.
Abandonnant mon fond verre de vin toujours intact - aussi intact qu'il puisse être après avoir été consommé avant d'être servi -, je pose mes deux mains sur la table pour me redresser en effectuant un signe de tête bref en guise d'au revoir à mon interlocuteur. Le visage bien évidemment toujours fermé. Signe qu'on n'a finalement plus rien à se dire.
Puis, sans un mot ni un regard en arrière, je me dirige calmement vers la porte afin d'atteindre un air respirable à nouveau. Loin de cet air absolument toxique.
S'il pense que je vais revenir m'excuser en rampant trois semaines plus tard...
JEUDI 24 NOVEMBRE 2050
21H03
21H03
Planté devant la porte du Pitiponk, je déglutis.
Comme un air de déjà-vu. Un petit retour en arrière de trois semaines.
J'essaye de me répéter en boucle les paroles de June dans la tête. Pour éviter de me désister au dernier moment.
« Tu as fait de la merde ? Tu t'excuses. »
Si seulement c'était aussi simple...
Après, techniquement... Lorsque je repense à la conversation, je n'ai pas dit explicitement à Chris que je démissionnai. J'ai juste... Quitté la pièce d'un air très très froid. Mais je n'ai pas dit de dingueries ou de choses qui pourraient jouer en ma défaveur. Et, lui, ne m'a pas viré explicitement. Donc, techniquement... Je suis encore ambassadeur. J'ai encore ma place à l'intérieur. Non ?
Si je rentre en faisant comme si de rien n'était, est-ce qu'on va encore boire dans mon verre et m'humilier en public ? Est-ce qu'on me donnera juste une simple mission et on me laissera tranquille derrière ?
Raah, je sais paaas.
Mais techniquement, j'ai juste... Pas utilisé le meilleur moyen de communication pour faire passer un message. Est-ce que c'est vraiment si grave que ça ? Est-ce que ça mérite vraiment des excuses ?
Il suffit cependant que je me repasse le regard déçu de Chris pour que mon cœur se resserre.
Merlin, comment je suis censé arranger ça, moi ?! Je suis pas un générateur de miracles non plus !
Je me mords la lèvre lorsque je vois un couple passer devant moi en rigolant pour rentrer. Ça me fait me rendre compte que j'ai tout de même l'air vachement, débile. À attendre, là. Devant la porte du bar sans oser la franchir.
Bon euh, j'y vais et j'improvise. Après tout, je suis pas si mal en impro.
Simplement... Peut-être pas de la manière dont June l'aurait voulu. Ahem.
J'inspire un grand coup avant de finalement oser franchir les portes du repaire de Chris. Puis, une fois à l'intérieur, au lieu d'aller commander comme la dernière fois, je me tourne directement à droite et m'accoude au comptoir.
— Hey ! Euh... Chris est là ?
Shame on me pour ce retard, je me suis vraiment absenté au pire moment du RP en plus but I'm back !
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Jeudi 24 novembre 2050
AU PITIPONK
AU PITIPONK
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Au début, lorsqu'ils ont repris la gérance du Pitiponk à la place de leur mère, les jumeaux passaient tout leur temps au Pitiponk. Ils géraient le pub et participaient aux différentes taches. Puis au fur et à mesure des années, ils sont venus de moins en moins souvent. Parce que leur présence n'était pas nécessaire et qu'ils avaient mieux à faire ailleurs, comme gérer leur restaurant ou partir en voyage ou bosser de la maison. Maintenant, ils aident quand c'est nécessaire ou lorsqu'ils en ont envie. Ce soir, Peyton avait envie. Elle a laissé Pi à la P'tite Torche et s'est rendue au Pitiponk. Elle s'est mise sur le planning du Pleuroir qui est la meilleure idée qu'elle ait eu concernant le Pitiponk, elle a choisit un créneau sur lequel elle savait qu'il y aurait du passage, après s'être assurée que personne n'avait besoin de son aide en cuisine ou en salle.
Confortablement installée sur le fauteuil rembourré qu'elle a magiquement fait apparaître, soucieuse de son confort, Peyton accueille chaque nouveau client avec un large sourire, les yeux brillants et des petits commentaires distillés selon son bon vouloir : « cette veste est magnifique, monsieur, très bon choix ! », « ce sont vos cheveux naturels ? Je suis jalouse, je ne sais pas quoi faire de la masse que j'ai sur la tête ! », « vous partez déjà ? Quel dommage, j'adorais le son de votre rire ». Elle adore le Pleuroir. Qui porte très mal son surnom, d'ailleurs, car selon elle personne ne vient se plaindre. Elle est ravie de répondre aux différentes demandes, et s'il s'avère qu'un client vient faire des reproches, elle réagit avec sa verbe habituelle sans laisser la mauvaise humeur des gens l'atteindre.
Peyton est en train de déballer soigneusement un gâteau en provenance directe de son restaurant lorsqu'un jeune homme arrive devant le Comptoir. Elle abandonne aussitôt son cheese cake pour lever les yeux vers lui avec un sourire aimable. Encore un petit jeunot qui lui demande si Christopher est présent. C'est amusant, ce n'est pas le premier de la soirée à être venu pour ça. C'est un détail que Peyton adore chez Christopher. Il attire les gens. Il ne peut pas faire autrement, c'est naturel chez lui, et même s'il ne cherchait pas à les attirer, il réussirait quand même à le faire sans le vouloir. Il a quelque chose de lumineux en lui qui a tout de suite plu à Peyton quand elle a fait sa connaissance, lorsqu'il n'était encore qu'un gamin sorti de Poudlard. La tendresse qu'elle éprouve à son égard attendrit le sourire déjà bien aimable qui lui étirait les lèvres et elle se penche pour répondre au petit jeune, déjà déçue de devoir casser ses espoirs.
« Oh non, mon cher, je suis désolée mais Christopher n'est pas là, ce soir, annonce-t-elle en prenant un air affecté, les coudes posés sur le bureau devant son cheese cake. C'est son jour de repos. Déjà qu'il n'en prend pas toutes les semaines, il faut qu'on le force parfois, tu sais ? »
Il a l'air tout timide, le garçon.
« C'était pressé ? Je peux t'aider, peut-être ? »
Elle est prête à prendre des notes s'il veut lui laisser un mot. Elle ne fait pas confiance en sa mémoire pour tout retenir. Mais c'est quand même amusant que Chris ait de si bons rapports avec des gens aussi jeunes. Le Pitiponk est certes un pub étudiant avant tout, ce qui force la chose, mais d'autres avant lui n'éprouvaient aucun intérêt à lier des amitiés avec des clients aussi jeunes, ce qui nuisait clairement à leur réputation en tant qu'employé ; c'était le cas, notamment, de ce bon vieux Gary qui était peut-être un bon responsable de bar mais qui avait une capacité d'amusement et de créativité très réduite — il était chiant, voilà tout, mais Peyton ne l'affirme que devant son jumeau. Contrairement à Gary et depuis son arrivée au Pitiponk, Christopher fait preuve d'une sociabilité à toute épreuve qui est, chez lui, non pas une qualité relationnelle ou professionnelle, mais bien un réel besoin. Ça fait longtemps que Peyton a compris que son petit Chris avait besoin des gens.
Peyton en revient au petit jeunot devant elle et allonge son sourire pour le rassurer ou le consoler, au besoin.
« ...jour où elle m'a surpris à bâiller aux cornouailles... C'comme ça qu'on dit ? C'est ça l'expression, là ? 'Fin bref... Ça c'est une expression de Judy, j'parle pas des Cornouailles, hein, mais du "bref". 'Fin bref, là, c'te vieille peau, 'fin ma mère quoi, elle m'a surprise à rien foutre... Pardon, rien faire durant un... Un... »
Christopher agite la main devant lui en essayant de se concentrer sur ses pensées. C'est dur, parce qu'elles lui échappent. Comme si elles coulaient hors de sa tête. Mais il sait que s'il tarde trop, la petite vipère devant lui va râler, alors il fait un effort pour se souvenir.
« C'tait un cours d'j'sais pas quoi, parce que j'avais un précepteur, t'vois ? Enfin, vous. Il m'avait laissé avec une leçon à apprendre. Teeeeellement ennuyant... Donc là, j'ai fait un petit somme, normal. Et... Et Mère... Enfin, ma mère, elle est arrivée comme une dingue et m'a surpris la tête sur la table. J'vous raconte pas la misère qu'elle m'a mis. Elle m'a chopé par le col et pas envoyé valdinguer contre le coin. Elle voulait qu'j'réfléchisse, 'voyez ? J'sais pas pourquoi les vieux pensent qu'on réfléchit mieux la gueule contre un mur... Tout ça pour vous dire qu'elle m'a forcé à rester deux heures à genoux d'vant l'mur avec ma leçon qui lévitait d'vant moi. Une vraie harpie. »
Un rire secoue les épaules de l'homme qui se redresse juste assez pour croiser le regard gris qui lui fait face de l'autre côté de la table. La lumière tamisée donne à ses cheveux blancs une teinte étrange. Il a remarqué ça chez Tommy aussi, quand la lumière n'est pas très forte ou un peu jaunâtre comme ici.
« Harpie..., répète-t-il avec un rire idiot. Ça lui va bien, bien trouvé. Allez, à vous maintenant... À vous d'raconter une horreur sur votre chère maman. »
Il est loin de se douter qu'à quelques rues d'ici, dans son pub, un jeune homme vient d'entrer pour venir s'excuser, chose que Christopher n'aurait jamais cru qu'il soit capable de faire.
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@Alice Sangblanc, pour la mention, chère fiancée.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
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