Gay panic ou panique pour rien ?

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Ce RP se situe normalement juste après La Maladie d'Amour, avec Sulien Willows
Ne sachant pas si notre Chris' a survécu à son Aventure en Roumanie ou si il a encore tout ses membres, nous avons décidé de ne pas encore le dater.


_____

J'ai encore l'impression de sentir la chaleur de la main de Sulien dans la mienne. C'est pourtant pas le cas. Il est plus là. Il m'a lâché la main depuis longtemps, hein.
Pourquoi il me tenait la main.
Ok. Je lui ai laissé, et j'ai adoré ça.
Mais pourquoi j'ai adoré ça ?
Je comprends pas. Il y a un truc que je comprends pas. C'est pas normal, tout ça. Déjà, c'est Sulien Willows, d'accord ? Sulien Willows qui m'a fait vivre un enfer à Poudlard. Ma main, elle aurait pas dû être dans la sienne mais dans sa tête.
Mais j'ai pas envie. J'en ai pas eu envie. Pourquoi j'en ai pas eu envie ?
Il a été gentil avec moi. C'est ça, hein ? Avec moi. Sulien a été gentil avec moi. Au début, je lui ai fait pitié. Et après, je sais pas... il s'est passé un truc. On s'est dit pardon. Il a pris mes mains pour lire mon avenir, et en fait, ben il a pas lu mon avenir : il a lu ce que j'étais. Et il avait tout juste. Le pire ? Il a pas fuit. Alors que même moi je me supporte pas. Même pour moi, je suis de trop.
Mais pas pour lui. Pas pour Sulien. Et j'ai aimé ça. J'ai aimé qu'il pose sa main sur mon coeur, j'ai aimé... tout. On a pleuré, il a caressé ma joue, j'ai caressé sa mâchoire... et j'avais pas mal. J'étais... bien.
Ok il y a vraiment un truc qui cloche.

C'est pour ça que je suis en train de courir à vive allure dans les rues de Londres pour rejoindre le Pitiponk. Pas un footing, non, non, j'ai pas le temps pour les petites foulées. Je fonce. Je bouscule les gens qui vont pas assez vite. J'avale les rues. J'agrippe les poteaux pour tourner aux croisements. Je courre comme si j'avais la Mort aux fesses.
Je dois rejoindre Lil'.
Je dois lui parler de tout ça.

Hors d'haleine, j'arrive enfin dans la ruelle qui abrite le bar étudiant. Je fais à peine une pause pour calmer mon rythme cardiaque, les mains sur les cuisses. Wow. Ça tourne.
La pause dure une poignée de seconde. Même si mes jambes me hurlent de m'asseoir, j'ai pas le temps, je toque vite à la porte, je tape le rythme de Like a Hippogriff des Bizarr’s Sisters. Dés que le bar s'ouvre enfin à moi, j'y pénètre.

« Chris... Chris... Chriiiiiiiiiiis... » j'appelle d'une voix rauque, à bout de souffle.

Je regarde partout, le cœur battant à tout rompre. Wow, je sue comme un gnou. Je m'essuie vite dans mon t-shirt que je tire sur mon visage. Oh bordel, j'ai trop couru. Je vois des étoiles. Allez, mon pote. Steuplait, dis moi que t'es là et pas je sais pas où.
Faut que je te parle de ce qui s'est passé. Je peux en parler à personne d'autre. Si, à Jude. Mais... c'est pas Chris. C'est pas mon gay de référence.

551 mots

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Gay panic ou panique pour rien ?
Le Pitiponk à cette heure-là le samedi, c'est une fête. C'est une vraie fête. Les gens qui viennent sont ceux qui en ont marre de flâner sur le Chemin de Traverse et de faire la queue aux caisses. Ce sont ceux qui en ont assez de passer la journée enfermé et qui viennent se changer les idées devant un verre. Ce sont ceux qui ont envie que la soirée commencent plus vite, ceux qui ont besoin de musique, de rire, de s'amuser, de partager du bon temps avec ceux qu'ils aiment. Christopher adore le samedi au Pitiponk. Tout est plus léger, c'est le week-end qui commence, les clients sont plus en forme que le vendredi soir, ils sont plus excités, plus amusants.

Comme souvent à cette heure, Chris se trouve au beau milieu d'un groupe de clients. Il rit fort à une blague de ce bon vieux Latif. Y'a pas à dire, Latif est un peu lourd sur les bords, mais c'est le plus drôle de ses clients. Et ce soir, il a ramené tous ses potes. Christopher discute avec eux depuis une bonne demi-heure, il les encourage à boire subtilement : d'ailleurs, une tournée de verres vient de partir en cuisine et ils reviendront délestés de leur argent et remplis de boissons fraîches.

Tout se passe bien. Et d'ailleurs, voilà que les portes d'entrée s'ouvrent, sans doute pour déverser de nouveaux clients. C'est l'heure où ça va commencer à enchainer sévère : il y aura de plus en plus de monde jusqu'à la fermeture. Christopher se retourne sans cesser de parler à ce gars qui fait bien trente centimètres de plus que lui et qui n'a commandé qu'un vulgaire soda de branchiflore. Mais il se tait subitement quand il reconnait l'homme qui débarque et surtout quand celui se met à brailler son prénom dans la salle.

Lloyd, parce que c'est bien lui, semble avoir couru dans tout Londres avant d'arriver jusqu'ici. Christopher se redresse en frappant du plat de la main sur la table de ses clients.

« Je crois qu'on a besoin de moi, lance-t-il avec un sourire commercial. Latif, pas de bêtise ! Et toi, Cory, n'oublie pas de goûter à la Cuvée de Bandimon, tu m'en diras des nouvelles ! »

Sur ses mots, Christopher quitte la table, les yeux braqués sur Lloyd. Ce n'est pas rare qu'il débarque sans prévenir sur son lieu de travail mais habituellement il s'infiltre dans la cuisine, se fait engueuler par Sacha ou vient l'attraper par la nuque en le noyant dans un long et ennuyant discours. Là, il a l'air paniqué. Très paniqué, en fait.

« Eh mec, ricane Chris en arrivant près de lui, je suis là, tu peux arrêter de brailler comme un... Je sais même pas ce qui peut brailler comme toi, tiens. »

Amusé, il lui donne une claque dans le dos et commence à glisser son bras autour de lui avant de s'en éloigner avec un cri dégoûté. Il regarde son bras avec grimace.

« Aaah, t'es tout humide ! »

Il le regarde de la tête au pied. Il n'est pas seulement humide. Il est plein de sueur.

« Tu t'es tapé un sprint depuis l'appart ou quoi ? Faut se mettre en fringues de sport pour courir ou faut prévenir les gens, j'en sais rien moi... »

Christopher continue de marmonner dans sa barbe tout en s'essuyant la main sur le revers de son pantalon noir. Ses yeux, eux, ne cessent de scruter Lloyd. Une part de lui, au-delà des rires moqueurs et des bêtises, est inquiète : Chris est toujours inquiet quand Lloyd fait quelque chose qui détonne de ses habitudes.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Gay panic ou panique pour rien ?
Je comprends pas. Je comprends pas. Ça tourne dans ma tête. Ça s’arrête pas. J’ai les yeux grands ouverts qui fouillent autour de moi mais ne regarde pas vraiment. C’est pas normal ce qui s’est passé ? Oh la vache, j’ai la poitrine qui me fait mal. Ça me faisait pas mal quand mon coeur battait à cent à l’heure avec Sulien. C’était bien, j’aimais ça.
Là ? J’aime pas. En plus, je sens que je pue. J’ai pas envie de puer. J’ai pas envie de perdre l’odeur de Sulien qui s’est accroché à moi. J’ai —
Nan mais, tu t’entends penser ? Oh bordel, il se passe quoi, là ?

Chris me trouve enfin. Mes épaules retombent. Oh, Chris. Tu vas m’expliquer toi, hein ? Tu vas me rassurer. Tu vas me dire que tout va bien, que je suis débile, que je suis qu’un gros naze, que c’est rien, qu’on va boire un soda — ouais parce que je bois plus d’alcool, Jude m’a dit de me reprendre en main.

Chris arrive. Chris approche. Il a l’air d’aller bien. Il passe pas par des moments simples, lui aussi. Mais il va mieux, ça se voit. Moi ? J’ai l’air d’aller bien ? Si je gueule, Chris, ça veut dire que je vais bien ? Hein ? Tout va bien ? Rien n’a changé ?
Il me donne une accolade. Il va remplacer l’odeur de Sulien. J’ai pas envie, j’ai pas envie. Je peux pas le repousser…
… vu qu’il le fait tout seul.
Je grimace en réponse à la sienne.

« J’suis… désolé… » j’ahane en me courbant. Je désigne vaguement la porte dans mon dos. « J’ai… couru… depuis… je sais plus où… j’ai… fouuuu… »

Je m’écarte de lui pour aller me trouver un mange-debout mais… la vache, il y a du monde. Je râle, la tête qui part en arrière. « J’sens plus mes pattes… »
Alors je m’éloigne encore pour aller me foutre contre un mur contre lequel je me laisse dégouliner. Mes jambes me font mal. Tu connais pas ça, hein, Chris ? Tu cours pas, tu sais pas ce que c’est, toi, les jambes en coton.
J’étends mes grandes pattes devant moi, cherchant encore ma respiration, la bouche ouverte, les yeux mi-clos. Ma main vient se poser sur ma poitrine.
Là où se trouvait la main de Sulien.
Je serre.
J’essaye de calmer mon cœur… autant que je cherche à retrouver la sensation de ses doigts.

414 mots

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Gay panic ou panique pour rien ?
C'est à peine s'il arrive à articuler sa phrase. Christopher le regarde d'un air circonspect, la main encore levée devant lui. Vraiment, Lloyd se courbe en deux, il dégouline et il ahane, à croire qu'il a vraiment fait un sprint jusqu'ici. Et il ne sait plus d'où il a commencé à courir ? Jusqu'ici, Christopher était plutôt amusé par la situation. Il s'imaginait que Lloyd avait fait un truc idiot et qu'il voulait lui en parler, c'est tout. Ou alors qu'il avait bloqué sur quelque chose qu'il devait vraiment lui dire comme ça lui arrive parfois et que c'était pour ça qu'il avait couru jusqu'ici. Mais en le voyant tanguer au milieu de la salle sans même se foutre de lui parce qu'il fait son "précieux", ça inquiète Christopher qui le suit à la trace, les sourcils froncés.

La salle commence à bien se remplir, les clients remarquent le jeu de Lloyd et lui lancent des regards étranges. Christopher leur grimace des sourires rassurants, fait des clin d’œil, les rassure rapidement, « je gère ! », mais surtout il arrondit les yeux quand il voit que Lloyd se laisse tomber par terre, son dos tout humide, tout plein de sueur appuyé contre le mur de son pub. De son pub à lui. S'il n'avait pas été si inquiet, Chris l'aurait dégagé à coups de pied. Mais voilà, planté à côté de son pote qui souffle comme un bœuf à ses pieds, une crainte subite monte en lui, née des nombreuses semaines précédentes passées à s'en faire pour Lloyd et pour sa potentielle rechute aux enfers.

« Et, vieux..., » murmure-t-il faiblement en le regardant.

Tout à coup, Christopher n'a plus du tout envie de rire. C'est tout serré, dans son bide. Lloyd est cardiaque. Il a un truc au cœur, même s'il ne sait plus trop quoi. Mais c'est pas quelque chose de drôle. Il est en train de faire une attaque ? Oh par Morgane, est-ce qu'il est venu jusqu'à son pub pour faire une attaque ? D'habitude pourtant, quand Lloyd a le cœur qui valdingue, il le dit tout haut, il en fait tout une scène, comme quoi il va crever à cause de sa tachycardie et toutes ces conneries. Mais là... Là... Et s'il avait revu Miya et qu'il en subissait le choc ? Ça ne va pas, hein ? Ça ne va vraiment pas, il n'est pas normal, là. Lloyd ne va pas bien du tout.

Chris s'accroupit près de Lloyd. Il pose sa main sur sa cuisse, se penche en avant pour capter son regard.

« Eh, Lloyd ! fait-il d'une voix forte. Mon vieux, ça va ? Ça va pas ? Tu fais une crise cardiaque ? Je sais pas gérer ça, moi, tu sais. Attends, Sasha elle sait, elle ! Elle sait ! Je vais la chercher ? Si tu me fais une blague, je te dévisse la tête et j'en fais une boule à facettes, t'as compris ? »

Il lâche cette phrase dans un rire, mais il est prêt à foncer trouver Sasha, foncer trouver n'importe qui, à aller foutre le feu au Sisyphe s'il faut, à porter Lloyd sur son dos jusqu'à la Nouvelle Sainte Mangouste, n'importe quoi en fait. N'importe quoi.

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Gay panic ou panique pour rien ?
Je retrouve pas la sensation de ses doigts. Je sais même pas pourquoi je cherche, mais le fait est que je cherche, et je comprends pas. Il se passe un truc chelou. J’arrive pas à réfléchir. Quand je ferme les yeux, je revois le sourire de Sulien. Je comprends pas. Il m’a jamais fait de sourire sinon pour se payer ma tête. Là, il avait sa main sur mon cœur, et il m’a dit… il m’a dit des trucs qui m’ont retourné. Trop de choses. Il s’est passé trop de chose. Et j’ai adoré. Chacune de ces choses. Pourquoi j’ai adoré ça ? Pourquoi ? Ça n’a pas de sens. C’est pas moi, ça. C’est pas nous. C’est pas notre relation, bordel !

La main de Chris se pose sur ma cuisse et j’attrape ses yeux noirs. Ce ne sont pas les yeux trop clairs de Sulien. Ceux de Lil’ sont si noirs qu’on dirait deux puits sans fond, et j’ai pas envie de me jeter dans les siens. Ceux de Sulien ? J’ai toujours rêvé de me jeter dans des eaux cristalline.
Je baisse les yeux sur cette main. La peau n’est pas pâle comme le lait. Ses doigts ne sont pas fins et osseux. C’est la main de Chris’. Est-ce que je suis censé aimer ce contact, maintenant…?

« Lil’… ça va… » je souffle. Je prend sa main et la dégage. « Me tripote pas… Oh, mec… mec… mec mec mec… »

Je lève enfin les yeux vers lui. J’aurai aimé que ce soit la main de Sulien ? C’est ça, ce qui se passe ?
Je grimace.

« J’ai… il… il s’est passé un… truc.. Et… je… c’est… tu… c’est chelou et je… ben j’ai couru jusqu’ici… mec… j’ai… c’est Su — »

J’avale ma salive et recrache un souffle rauque. J’ai la gorge en feu, et les poumons je te dis pas. Je regrette de fumer, là.

323 mots

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Gay panic ou panique pour rien ?
Son cœur s'emballe comme un fou. Il frappe fort contre sa poitrine, il lui remonte dans la gorge. Ses entrailles se tordent dans tous les sens. Ses pensées s'emballent. Est-ce que Lloyd a fait son Lloyd ? Ça pourrait être possible, non ? C'est sûr, oui, c'est sûr : il a revu Miya, il a pété un câble, il a fait son Lloyd, il a abusé et maintenant il est ici à ne plus pouvoir respirer sur le sol du Pitiponk, en train de clamser sur le sol du Pitiponk, il peut pas clamser, pas ici, jamais, jamais de la vie ! Le visage de Chris se tord d'angoisse, ses yeux font la navette entre le visage tendu de Lloyd et le couloir menant à la cuisine caché par une foule de clients qui sont à des miles de se soucier de ce qui se passe à côté d'eux.

Lloyd dit la seule chose qu'il avait besoin d'entendre. Ça va. Chris se dégonfle comme un ballon, soufflant exagérément. Il dit que ça va. Il le dit. Christopher a un rire nerveux. Il secoue la tête, laisse Lloyd dégager sa main comme s'il s'agissait d'un mouchoir sale. Ça plus que le reste contribue à le rassurer : s'il flippe comme un hétéro basique parce qu'il le touche, c'est bien son Lloyd et il va bien. Chris n'a même pas le cœur de se moquer de lui en jouant avec ses limites comme d'habitude. Il se contente juste de reculer un peu. Lloyd n'est peut-être pas en train de crever mais il est quand même super bizarre, il s'est passé un truc.

Leurs regards se rencontrent. Les billes noisettes de LLoyd sont écarquillés. Il confirme : il s'est passé un truc. Mais quoi ? Il ahane tellement qu'il est incapable de faire une phrase complète. Il s'arrête subitement de parler. C'est su... Su... Su... Sûr ! Il allait dire : c'est sûr !

« C'est sûr de quoi, mec ? le presse Christopher en affichant une mine déconcertée. Eh, prends le temps de respirer, s'te plait, tu me tends, là. »

Chris redresse le buste et se passe les deux mains dans les cheveux pour les lisser vers l'arrière, les yeux baissés sur Lloyd. Il n'est pas entièrement rassuré. Et Lloyd qui est incapable d'aligner deux mots, c'est insupportablement frustrant. Il ne se rend pas compte que c'est flippant de voir l'un de ses meilleurs potes débarquer comme ça, en train de cracher ses poumons, comme s'il s'était passé une catastrophe ? Bon, d'accord, Christopher panique facilement, ces derniers temps. C'est plus fort que lui, il panique pour un rien. Mais quand même ! C'est bizarre, là, ce qui se passe !

« J'ai trop flippé que tu fasses une crise et en fait c'est juste que tu es essoufflé, reprend-t-il, la voix comme un reproche. Respire avant de parler. Il s'est passé quoi ? »

Christopher gigote sur ses genoux pour apaiser la douleur de la position. Il ne va pas pouvoir tenir longtemps comme ça et hors de question qu'il mette les genoux par terre : le sol commence déjà à péguer à cause des idiots qui ne savent pas boire sans en mettre partout.

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Gay panic ou panique pour rien ?
Allez, Lloyd, quoi ! On reprend sa respiration. T’as envie de parler, ok, mais pense à pas t’étouffer dans ta salive. Pétard, j’ai soif en plus. J’ai pas bu depuis que j’ai quitté Rahima et ça remonte à … longtemps.
Je regarde Chris en ahanant. Mec… tu veux pas être Legilimens ? Ça m’aiderait. Je sais même pas comment lui dire. Je sais pas. Comment je peux expliquer un truc que j’arrive même pas à comprendre ?
Et puis l’autre là qui n’est pas foutu de me laisser respirer et parler ! Je fronce les sourcils, la bouche grande ouverte. Tu sais vraiment pas ce que c’est de courir, hein ? Le sport ? La respiration hachée autrement qu’après un de tes rendez-vous, tu connais ?
Je grogne en basculant ma tête en arrière. On dirait un buffle. Je souffle, je respire, je serre mon t-shirt. J’inspire. J’ai plus son odeur. Je sens que celle du Pitiponk. Je la connais et je l’aime, cette odeur. Mais… je crois que je préférais…

Ok. On inspire longuement. On expire longuement. Respire le Pitiponk, Lloyd. Respire le Pitiponk. Concentre toi sur Lil’ qui n’est pas loin de toi.
J’aurai préféré …
Nan. Nan. Nan. Tes crises obsessionnelles, là ? Tu te les fiches où je pense parce que, franchement ? Hein ? Bon.

« J’ai… »

Je souffle. Je souffle fort. Je sais même pas comment expliquer. Je sais même plus si je sais respirer normalement. Il est parti, et avant, ça me paraissait pas compliqué de respirer. J’avais son odeur, j’avais son rire, j’avais…

Le crâne contre le mur, je baisse les yeux sur Chris et ses genoux cagneux.

« Il s’est passé un truc… avec Sulien Willows… »

Et je sens encore sa main sur ma poitrine. La chaleur de sa paume magique contre mon cœur.

305 mots

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Gay panic ou panique pour rien ?
Non mais regardez-le qui souffle comme s'il allait cracher ses poumons. Ça aurait pu être drôle, hein. Ça l'aurait été, si Christopher n'était pas aussi pressé de comprendre. Ce n'est pas de l'impatience, ce n'est pas de la bêtise : il a seulement besoin d'être rassuré, de savoir que Lloyd n'a pas revu Miya, qu'il n'a pas fait de bêtises. Il veut simplement savoir ça, alors par pitié, Lloyd, respire deux secondes et réponds-moi normalement ! Et il le fait, il respire entre deux regards noirs lancés dans sa direction. Mec, t'arrives même pas à respirer, essaie pas de t'énerver, en fait !

J'ai... Tu aaaas... ? semble vouloir dire le regard de Christopher. Tu as fait une connerie, c'est ça ? Christopher blinde son cœur. Ok. Ok, tout va bien. Il peut encaisser. Il a connu bien pire, hein qu'il a connu bien pire ? Une histoire de tunnel et de... Non, on y pense pas. Il se concentre sur Lloyd. Il peut tout entendre, c'est bon. Ça ne veut pas dire qu'il n'engueulera pas Lloyd si ce dernier a fait une bêtise, mais il peut l'entendre sans souffrir. Il est prêt. Allez, Lloyd.

Ce dernier laisse retomber sa tête contre le mur. Son regard fuit celui de Chris mais ce dernier ne s'en soucie pas. Il attend. Il attend. Il... Quoi ? Sulien a quoi ? La vérité tombe subitement, si loin de ce que Christopher attendait que pendant un instant il est persuadé d'avoir mal entendu et il ne réagit pas, la bouche ouverte et l'air idiot. Mais très vite, son cerveau s'occupe de remettre les mots à leur place. Sulien. Willows. Pas de Miya. Pas de connerie. Seulement Sulien Willows.

« Quoi ?! » s'écrit subitement Christopher en se redressant.

Il manque de perdre l'équilibre. Il bat des bras jusqu'à réussir à attraper le mur, juste à côté de la tête de Lloyd. Il le regarde comme s'il avait un œil au beurre noir, comme s'il avait été passé à tabac. Oh, par Morgane. Alors c'est arrivé ? C'est arrivé, hein ? Quand ils étaient enfants, ils se battaient comme des idiots mais maintenant qu'ils sont tous les deux des hommes, ça peut faire beaucoup plus mal, surtout avec ce qu'il s'est passé lors de la soirée des fiertés.

« Il t'a fait mal ? Vous vous êtes battus ? Il t'a... Tu l'as démonté, c'est ça ? »

Christopher ne sait plus de quoi s'horrifier : qu'on ait pu se battre contre Lloyd qui peut pourtant très bien se débrouiller tout seul (mais l'inquiétude n'a pas de limite, on touche pas aux copains, c'est tout) ou que Lloyd ait pu se défouler sur Sulien et l'abandonner au fin fond d'un caniveau, à moitié mort ? Et connaissant Lloyd, c'est plus ce deuxième scénario qui est probable. Ce n'est pas du tout ce que craignait Christopher et pourtant, il est malgré tout horrifié.

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Gay panic ou panique pour rien ?
Je l’ai dit. J’ai trouvé les mots.
Il s’est passé un truc avec Sullien Willows.
Un truc que j’explique pas. Voilà pourquoi je suis ici. Voilà pourquoi j’ai couru comme un dératé vers la seule personne qui, peut-être, m’aidera à comprendre pourquoi… pourquoi tout ça.

Je regarde Chris, les lèvres encore entrouvertes. J’attends sa réaction. Pendant que je courrais, j’ai pas eu le temps de réfléchir à ce qu’elle pourrait être. Maintenant que je suis face à cette tête de crétin des prés, je redoute.
Est-ce qu’il va se payer ma tête ? Est-ce qu’il va m’éclater de rire au pif ? Il va me cogner, pour toutes les fois où je lui ai dit que ça m’amusait pas ses petits jeux de séduction à la mord-moi-le-nœud ? Est-ce qu’il va me dire que je suis un gros débile, un traître d’avoir enterré la hache de guerre avec Sulien ? Je sais pas. Je m’attends à tout, je m’attends à rien.

Il réagit, enfin. Je serre les dents devant le cri qu’il pousse. Il manque de se casser la tronche, et j’ai à peine un geste pour le retenir — un temps de retard, en fait. Mais déjà, sa main heurte le mur à côté de moi, à côté de ma tête. Je coule un regard vers cette main. Je déglutis. Ça aurait pu être celle de Sulien. Il aurait pu m’encadrer contre le mur. Et…

Je m’étrangle en me redressant.

« Mais non ! Pas… pas du… »

Je m’arrête. Je mord l’intérieur de ma joue en détournant le regard, saoulé qu’il pense que je l’ai cogné. Que je l’ai démonté.
Nan, Chris. C’est lui qui m’a démonté, gentiment, avec tendresse. Il m’a remonté pièce par pièce, mais d’une manière que je comprends pas. J’ai l’impression d’avoir la tronche en vrac, et pas de la façon que je connais.
Je déglutis. Je me redresse sur une main sur le sol. Je me penche vers Chris, mes yeux dans les siens. Je suis tenté de venir attraper sa nuque pour murmurer tout près de lui comme j’ai pu le faire des milliers de fois. Mais, alors que ma main se lève vers lui, elle s’arrête.
Nan.
Nan.
Nan nan nan. Llooooyd, nan. Si ? Nan.
Ma main se serre et retombe.

« On… c’est un pote à Rahima », je dis, aussi calmement que mon coeur me le permet. « On s’est croisé à l’hôpital. T’sais, je vais la voir… tout les jours depuis qu’elle y est… et… Sulien, je l’avais jamais croisé. Mais… bordel… attends… »

Je me soulève un peu pour atteindre ma baguette planquée dans mon futal. Je la sors en me tortillant et l’amène direct à ma bouche

« Aguamenti », je lance en agitant ma baguette.

Un jet d’eau sort de ma baguette et je le dirige aussitôt vers ma bouche assoiffée. Je ferme les yeux en buvant à grosse goulée, même si je m’en fous partout, rien à fiche. Bouche ouverte, j’avale gorgée après gorgée.

502 mots

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Gay panic ou panique pour rien ?
Lloyd se redresse si subitement que Christopher manque d'être de nouveau déséquilibré. Il s'accroche au mur, les sourcils froncés. Comment ça « non » ? Il n'y comprend rien. Alors ils ne se sont pas battus comme deux abrutis ? Mais alors quoi ? Quoi, par Merlin ? Lloyd s'arrête comme s'il s'empêchait de dire une bêtise, il le voit bien, Chris : il se mord la joue.

Un petit soupir aux lèvres, Christopher le laisse retrouver le fil de ses pensées, mais ne s'attendait pas à ce que Lloyd s'approche si près. Il se fige, les yeux plongés dans les siens, et il attend la vérité finale qui va arriver, elle va arriver, hein ? La main de Lloyd se lève. Chris s'avance un peu, sachant d'avance que cette main, elle finira dans sa nuque. Il est habitué. Mais cette main, elle hésite avant de redescendre. Christopher lance à Lloyd un regard circonspect.

L'explication arrive et elle n'est pas ce qu'il attendait. Rahima, l'hôpital, bien sûr qu'il est au courant, il le prend pour qui en fait ? Et ils se sont croisés là-bas avec Sulien ? Pire endroit du monde pour se croiser, non ? Mais évidemment, évidemment, Lloyd n'arrive jamais à la fin de son explication. Il se met à laper l'eau qui sort de sa baguette comme un chien s'abreuverait à une chute d'eau.

« Putain, mec ! s'écrit Christopher en poussant brusquement LLoyd à l'épaule — ce qui est une mauvaise idée quand on voit qu'il n'arrive déjà pas à viser sa propre bouche. Demande un foutu verre si tu veux boire, t'es en train d'en foutre partout ! »

En parlant, Christopher s'est relevé et il regarde les dégâts d'un air dépité. Lloyd fait vraiment peine à voir avec toute cette eau autour de lui. En plus, il ne lui a toujours pas dit le problème avec Sulien et c'est en train de le rendre dingue. Et les clients se sont encore tournés vers eux. Chris s'en fout des regards qu'on peut poser sur lui, mais là il est dans son pub. Et peut-être que le bruit dérange Lloyd. Il le connait : autant il bloque sur la musique et n'arrive pas à parler.

« Allez, viens, dit-il alors en tirant sur son bras pour le forcer à se lever. Bouge tes fesses. »

D'un coup de baguette, fait disparaître l'eau qui a coulé autour de Lloyd.

« Je vais te faire transplaner, prévient-il en serrant ses doigts autour de son biceps. Alors gaffe à ton estomac, me vomis pas dessus, je vais câbler. »

Il tourne et... La magie les rejette un étage au-dessus, dans la salle de pause du personnel. La musique est bien moins forte ici. Christopher pousse un long soupir de soulagement. Sa main ne quitte pas le bras de Lloyd. Il la remonte le long de son muscle, la glisse dans sa nuque et le force à baisser la tête vers lui.

« Mec, sois clair, supplie Christopher. Je comprends rien à ce que tu dis. Tu as croisé Sulien en allant voir Rahima à l'hôpital. Il a été méchant avec toi ? Il a du venin dans les paroles, celui-là, parfois, tu sais que je le sais. Allez, dis-moi ce qu'il t'a dit. »

Il essaie d'être doux, d'être patient, de parler sans laisser voir son agacement mais eh, ce n'est pas facile.

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