Le fond des poches
✎ ─── NOTES ÉCRITES DANS LA MARGE ───
« Je sais pas pourquoi les adultes veulent toujours tout jeter. On peut encore faire plein de choses avec un bout de ficelle. »
Avant Poudlard · Londres
Souvenirs d'enfance · carnet de Matthew Stevens
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DES BOUTS DE FICELLE, DES CAILLOUX
ET QUELQUES HISTOIRES
Le fond des poches
D E M A T T H E W S T E V E N S
Avant les escaliers de Poudlard.
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DES BOUTS DE FICELLE, DES CAILLOUX
ET QUELQUES HISTOIRES
Le fond des poches
D E M A T T H E W S T E V E N S
Avant les escaliers de Poudlard.
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CE QU’ON A RETROUVÉ
01. Un caillou qui ressemble à un dragon. Si on penche la tête.
02. Une ficelle beaucoup trop courte pour servir à quelque chose.
03. Un bouton dont personne ne connaît le propriétaire.
04. Plusieurs promesses de ne plus recommencer.
05. Des histoires. Beaucoup d’histoires.
Le reste est probablement passé à la machine à laver.
✦
Matthew n’a jamais vraiment compris pourquoi il fallait jeter les choses sous prétexte qu’elles ne servaient à rien.
Un caillou pouvait devenir un trésor. Un bout de bois, une épée. Et une journée parfaitement ordinaire, une aventure dont il parlerait pendant des semaines.
Alors il gardait tout.
Enfin, presque tout. Certaines choses étaient trop grandes pour entrer dans ses poches.
C’est de celles-là qu’il est question ici.
Un caillou pouvait devenir un trésor. Un bout de bois, une épée. Et une journée parfaitement ordinaire, une aventure dont il parlerait pendant des semaines.
Alors il gardait tout.
Enfin, presque tout. Certaines choses étaient trop grandes pour entrer dans ses poches.
C’est de celles-là qu’il est question ici.
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Les mots à retrouver
31 MOTS, ET AUTANT D’HISTOIRES POSSIBLES
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01. Pomme
02. Relique
03. Miniature
04. Cactus
05. Claque
06. Ogre ✦
07. Panique
08. Puant
09. Bélier
10. Mystique
11. Sauvetage
12. Jeter
13. Fragile
14. Dame
15. Hourra
16. Filiforme
17. Gadget
18. Oiseau coureur
19. Confus
20. Salon
21. Héros
22. Phare
23. Élégant
24. Cuire
25. Fracture
26. Zip
27. Bête
28. Trophée
29. Défense d’éléphant
30. Cookie
31. Frimer
· · ·
Certaines histoires sont encore cachées quelque part.━━━━━━━━━━ ✦ ━━━━━━━━━━
« Mais non, c’est pas des déchets. Je les garde, c’est tout ! »[/center]
Dernière modification par Matthew Stevens le 12 oct. 2026, 03:40, modifié 1 fois.
Deuxième Année RP
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Le fond des poches
✎ ─── NOTES ÉCRITES DANS LA MARGE ───
« Je comprends pas pourquoi il faut arrêter de parler juste parce qu'on a éteint la lumière. »
Août 2047 · Soir · Chez ses grands-parents maternels, en France
Avant Poudlard · Huit ans · Souvenir de famille avec son cousin et sa mamie
L'ogre sous le lit
✦ MOT 06 · OGRE ✦
✦ MOT 06 · OGRE ✦
Matthew n'était pas fatigué. Il avait pourtant bâillé deux fois pendant que sa grand-mère débarrassait la table, mais ça ne voulait rien dire. On pouvait très bien bâiller sans avoir sommeil. Son cousin était d'accord avec lui. Du moins, il l'avait été jusqu'à ce qu'on leur demande de monter se coucher.
Dans la chambre, on avait tiré un deuxième lit de dessous le premier. Matthew avait récupéré celui du haut parce qu'il était arrivé le premier pour poser son pyjama dessus. Ethan, son cousin, avait dit que ce n'était pas une vraie règle. Matthew avait répondu que maintenant, si.
Quand la porte se referma, ils attendirent un moment. On entendait encore les adultes parler au rez-de-chaussée et quelqu'un ranger des assiettes.
— T'as vraiment mangé trois parts de tarte, tout à l'heure ? chuchota Matthew en se penchant au bord du matelas.
— Deux.
— Trois. J'ai compté.
— La dernière, c'était la moitié.
— Ça fait quand même deux et demie. Mamie a dit que t'étais un ogre.
Ethan fit un drôle de bruit de gorge, une sorte de grognement très bas. Matthew éclata de rire, puis plaqua aussitôt la main sur sa bouche. Ils avaient promis de se taire. Enfin, c'était surtout leur grand-mère qui le leur avait demandé.
— Fais-le encore.
— Grrr.
— Non, moins fort ! Tu vas la faire revenir !
Le lit du dessous grinça et quelque chose effleura le pied de Matthew, qui le retira d'un coup sous la couverture.
— Hé ! Arrête !
— Je mange les pieds, maintenant.
— Les ogres mangent pas les pieds. Enfin, peut-être, mais pas avec les chaussettes.
Ils rirent de nouveau, moins fort cette fois. Matthew resta un moment à regarder la bande de lumière sous la porte. Il avait chaud sous sa couverture et un peu froid au bout du nez. En bas, les voix avaient fini par se taire.
— Tu dors ? demanda-t-il.
— Non. J'ai perdu mon oreiller.
Matthew se redressa. Il entendit son cousin tâtonner, puis cogner quelque chose contre le mur.
— Comment tu peux perdre un oreiller ? C'est gros, un oreiller.
— Bein cherche, toi, si t'es si malin.
Matthew descendit de son lit. Sans la lampe, il distinguait juste les coins des meubles. Il se mit à quatre pattes et passa un bras derrière le lit du dessous. Sa main trouva d'abord une chaussette, qui n'était à personne d'après son cousin, puis un coin de tissu.
— Je l'ai ! Attends… tire pas !
Ils tirèrent quand même tous les deux. L'oreiller leur échappa et atterrit dans un bruit mou au milieu de la chambre. Ils étaient encore en train de rire quand la poignée tourna.
Leur grand-mère passa la tête par l'entrebâillement.
— Vous n'êtes toujours pas couchés ?
Matthew tenait l'oreiller contre lui. Son cousin était à moitié sorti de son lit.
— Si, répondit Matthew. On avait juste perdu un truc.
Sa grand-mère regarda l'oreiller, puis les deux garçons. Elle le leur reprit pour le poser sur le petit lit et attendit qu'ils se recouchent. Cette fois, elle resta à la porte jusqu'à ce que les deux couvertures ne bougent plus.
Quelques minutes plus tard, la chambre était presque silencieuse.
— Mattie ?
— Quoi ?
— Tu crois qu'il en reste, de la tarte ?
Matthew sourit dans son oreiller. Il avait justement voulu poser la même question.
✎ ── 592 mots
Dernière modification par Matthew Stevens le 14 oct. 2026, 01:50, modifié 1 fois.
Deuxième Année RP
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Le fond des poches
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« Je sais très bien où sont mes affaires. Enfin, presque toutes. »
Mai 2045 · Fin de matinée · Maison des Stevens, Londres
Avant Poudlard · Six ans · Souvenir de famille
La pile du milieu
✦ MOT 12 · JETER ✦
✦ MOT 12 · JETER ✦
Daniel avait dit qu’il voulait passer l’aspirateur sous le lit. C’était tout. Matthew ne voyait pas pourquoi ça nécessitait de sortir presque toute sa chambre sur le tapis.
— Parce qu’il faut pouvoir atteindre le sol, avait expliqué son père.
Matthew s’était accroupi pour regarder. Il voyait très bien le sol, lui. Entre une chaussette roulée en boule et un vieux cahier, on apercevait même une assez grande partie du parquet.
— On peut passer autour, déclara le petit Matthew avec les yeux grands ouverts.
— Avec un aspirateur ?
— Si on le penche un peu…
Daniel avait déjà tiré une boîte à chaussures de dessous le lit. Matthew l’avait récupérée aussitôt. Celle-là, il ne fallait surtout pas la renverser. À l’intérieur se trouvaient une bille verte, deux plumes, un ticket de bus plié en quatre, quelques cailloux et un bout de ficelle bleue. Il y avait aussi un bouton rouge, mais Matthew ne se rappelait plus du tout l’avoir mis là.
Son père disposa trois piles sur le tapis : les choses à garder, celles à jeter et celles dont il fallait encore décider du sort. Matthew trouva l’idée excellente, jusqu’au moment où Daniel plaça une enveloppe vide dans la deuxième pile.
— Hé ! Je la garde !
— Elle est vide.
— Je sais.
— Et tu en as besoin pour quoi ?
— Pas maintenant.
Il reprit l’enveloppe et la posa dans la troisième pile. Daniel ne discuta pas. Il ramassa simplement une feuille séchée qui s’effrita entre ses doigts. Matthew fit une grimace.
— Celle-là, tu peux la jeter.
Son père le regarda avec un petit sourire. Matthew préféra fouiller dans sa boîte. Il retrouva le bouton rouge et le leva près de la fenêtre pour mieux le voir. Il était un peu rayé, avec quatre trous au milieu.
— Papa, il est à qui, ce bouton ?
— Bonne question. Tu l’as trouvé où ?
— Ben… ici.
— Ça, j’avais compris.
Matthew examina son pull. Les boutons n’étaient pas rouges. Ceux de son manteau non plus. Peut-être qu’il venait d’un vêtement qu’il avait porté quand il était petit. Mais il avait été petit longtemps, quand même. C’était difficile de se souvenir de tous ses habits.
— Je vais le garder jusqu’à ce qu’on sache, décida-t-il.
— D’accord. Mais tu vas devoir choisir ce qui rentre dans la boîte. On ne peut pas garder tout ce qui traîne sous ton lit.
Matthew se mit au travail avec un sérieux tout neuf. Il plia le ticket, empila les cailloux, glissa la ficelle au fond et essaya de coincer les plumes sur le côté. Il lui fallut trois tentatives pour fermer le couvercle. À la troisième, une plume dépassait encore. Il la repoussa avec le doigt.
— Voilà.
— Et la chaussette ?
— Je la garde aussi.
— Dans le tiroir, peut-être ?
Matthew lança la chaussette sur son lit. Elle rebondit contre l’oreiller et tomba de l’autre côté. Daniel leva les yeux au plafond. Ça fit rire Matthew, qui alla la récupérer avant qu’on lui demande.
Quand son père alluma enfin l’aspirateur, Matthew emporta la boîte sur son bureau pour éviter qu’elle prenne la poussière. Il la posa entre ses livres, puis glissa le bouton rouge dans sa poche. Il pouvait toujours tomber de la boîte, après tout.
Quelques minutes plus tard, Daniel repassa la tête par la porte.
— C’est bon, tu as tout rangé ?
— Oui !
Matthew regarda le cahier encore ouvert par terre, le pull sur sa chaise et la chaussette qu’il avait finalement laissée sur son lit.
— Enfin, presque.
✎ ── 624 mots
Dernière modification par Matthew Stevens le 14 oct. 2026, 01:42, modifié 1 fois.
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« Je crois que les tours sont plus faciles quand personne regarde. »
Juin 2047 · Récréation · École primaire moldue, Londres
Avant Poudlard · Huit ans · Souvenir d'école
C'est pas de la triche !
✦ MOT 31 · FRIMER ✦
✦ MOT 31 · FRIMER ✦
Matthew avait répété son tour au moins quinze fois devant le miroir de la salle de bains. Seize, peut-être, mais la dernière ne comptait pas car la pièce était tombée dans le lavabo. À la maison, ça marchait plutôt bien. À l’école, en revanche, il n’avait encore rien essayé.
— Tu voulais nous montrer un truc, non ?
Ben s’était arrêté près du banc de la cour, son goûter à la main. Matthew sortit aussitôt sa pièce de dix pence. C’était la même depuis le début. Il en avait une autre dans son cartable, mais elle était moins brillante et, pour un tour, c’était quand même mieux d’avoir quelque chose qui se voyait.
— Regarde bien. Je vais la faire disparaître.
— Avec de la magie ?
— Non, justement ! C’est un tour. Tu peux le faire sans baguette.
Il se mordit la lèvre. Peut-être qu’il n’aurait pas dû parler de baguette. Mais Ben connaissait les baguettes des magiciens de spectacle, celles qui étaient noires avec des bouts blancs. Il ne releva même pas.
Matthew montra la pièce sur sa paume, referma les doigts et fit le geste qu’il avait appris. Normalement, il fallait que Ben regarde la main droite pendant que la pièce restait dans la gauche. Seulement, Matthew était droitier. Et il avait passé tout le matin à se rappeler quelle main devait faire quoi.
— Attention… trois, deux, un !
Il ouvrit la main droite. Elle était vide. Jusque-là, parfait.
— Elle est dans l’autre.
— Non ! Enfin, tu dois pas regarder l’autre tout de suite.
— Bein, pourquoi ?
— Parce que sinon c’est trop facile.
Ben fit un pas de côté pour essayer de voir. Matthew ramena sa main gauche derrière son dos, ce qui ne fit que rendre la chose plus suspecte.
— Je la vois, là !
— Attends, j’ai pas fini !
Matthew recommença. Cette fois, il décida de faire le geste plus vite. Tellement vite que la pièce lui échappa des doigts, rebondit sur le banc et roula sous les pieds d’une fille qui passait. Elle la ramassa et la lui rendit sans même demander pourquoi ils la regardaient tous les deux.
Matthew sentit ses oreilles chauffer. Le tour de son père avait l’air beaucoup plus simple quand c’était son père qui le faisait. Il frotta la pièce contre son pull, juste pour avoir quelque chose à faire.
— Tu t’es entraîné longtemps ?
— Oui.
— Moi, je sais faire un truc avec mes doigts.
Ben coinça son pouce entre deux doigts et le fit dépasser comme s’il l’avait détaché de sa main. Matthew connaissait déjà ce tour. Enfin, il l’avait vu une fois, mais ce n’était pas pareil que savoir le faire. Il se pencha pour regarder de plus près.
— Fais voir. Non, attends. Tu plies lequel, là ?
— Celui-là. Mais cache l’autre.
Matthew essaya. Son pouce n’avait pas du tout l’air coupé. Ben lui montra encore, puis lui prit la main pour replacer ses doigts. Au bout de quelques essais, Matthew réussit quelque chose qui ressemblait vaguement au résultat attendu.
— Ah ! Regarde !
— Là, oui. Enfin, on voit un peu ton pouce.
La cloche sonna avant qu’il puisse s’améliorer. Ils partirent rejoindre leur classe, Ben en continuant de faire apparaître et disparaître le bout de son pouce. Matthew voulut tenter le coup lui aussi, mais il fallait marcher et surveiller ses doigts en même temps. Il faillit rentrer dans la porte.
— Tu me montreras encore la pièce demain ?
— Oui. Mais cette fois, faut pas regarder ma main gauche.
Ben hocha la tête très sérieusement. Matthew attendit qu’il entre dans la classe pour vérifier que sa pièce était toujours dans sa poche. Il aurait été bête de la perdre pour de vrai.
✎ ── 683 mots
Deuxième Année RP
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Le fond des poches
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« J'avais pas prévu qu'une rue pouvait prendre autant de place. »
Février 2046 · Samedi après-midi · Maison des Stevens, Londres
Avant Poudlard · Sept ans · Souvenir de famille
La rue dans une boîte
✦ MOT 03 · MINIATURE ✦
✦ MOT 03 · MINIATURE ✦
Sur la table de la cuisine, Matthew avait étalé du carton, une règle, des crayons, deux bouchons et presque tout le rouleau de ruban adhésif. Il lui restait encore à trouver des ciseaux. Il les avait posés quelque part, mais il ne savait plus très bien où.
Pour lundi, la maîtresse avait demandé une maquette d'un endroit qu'on connaissait bien. Elle avait montré celle d'un jardin, avec des arbres faits en papier. Matthew avait choisi le chemin entre sa maison et son école. Au début, ça lui avait paru facile. Maintenant, il trouvait surtout que les boîtes à chaussures n'étaient pas assez grandes.
— Maman, tu sais où sont les ciseaux ?
Élise leva les yeux de son livre et désigna la table. Les ciseaux étaient juste à côté de son coude.
— Ah. Merci.
Il découpa un rectangle pour faire l'arrêt de bus, puis le posa au milieu de sa rue. Le trottoir était un morceau de carton gris. Il avait dessiné la route en noir, sauf à l'endroit où son feutre avait commencé à ne plus marcher. Pour ce bout-là, il avait utilisé un crayon, mais ça se voyait un peu.
Élise s'approcha avec sa tasse.
— C'est l'école, ce bâtiment ?
— Non, ça, c'est le pressing.
— Ah. Et l'école ?
— Je l'ai pas encore faite. Elle va là.
Matthew désigna le bout de la boîte à chaussures où il ne restait presque plus de place.
— Tu vas réussir à la faire entrer ?
— Oui. Si je pousse le pressing.
Il poussa le pressing et l'arrêt de bus bascula, entraînant le lampadaire fabriqué avec une paille. Matthew le rattrapa juste avant qu'il tombe sur le sol.
— C'est pas grave. La colle est pas encore sèche.
Il avait pourtant soufflé dessus pendant au moins une minute.
Élise lui apporta un petit morceau de papier pour renforcer le pied du lampadaire. Matthew le tourna entre ses doigts.
— Tu pourrais pas le réparer avec ta baguette ?
— Tu pourrais aussi le coller de l'autre côté.
— Oui, mais ça va prendre longtemps.
— Alors commence maintenant.
Matthew fit une grimace, puis appliqua la colle. Il resta penché dessus quelques secondes, la langue coincée entre ses dents. Quand il lâcha le lampadaire, celui-ci tint debout. Un peu de travers, mais c'était justement comme celui de la rue.
Il voulut ensuite ajouter les passages piétons. Pour les bandes blanches, il découpa de petits bouts de papier. Le premier était trop large. Le deuxième trop court. Au cinquième, il se rendit compte qu'il avait commencé du mauvais côté de la route.
— Attends, maman. Quand on va à l'école, on traverse avant ou après l'arrêt ?
— Avant, je crois.
— Non, après ! Sinon on arriverait devant la pharmacie.
— Alors tu connais la réponse.
Matthew tira sa boîte vers lui et décolla délicatement les bandes. L'une se déchira. Il décida de la laisser là : les vrais passages piétons avaient aussi des morceaux abîmés.
Un peu plus tard, Élise revint regarder son travail. Le pressing avait un toit bleu, l'école n'avait que trois fenêtres et un gros arbre occupait tout un coin. Matthew était plutôt content. Il avait aussi ajouté une poubelle verte, parce qu'il y en avait une près de l'arrêt et qu'il la voyait tous les matins.
— Il manque quelque chose ? demanda-t-il.
— Je ne sais pas. Toi, qu'est-ce que tu en penses ?
Matthew observa la rue en plissant les yeux.
— Les gens.
Il prit un bout de papier et dessina un petit bonhomme avec un sac beaucoup trop grand. Puis il le découpa et le planta près du passage piéton, en pliant les pieds pour le faire tenir.
— C'est toi ?
— Oui. Mais normalement, j'ai pas cette tête-là.
Élise eut un petit rire. Matthew ajouta deux cheveux au personnage, réfléchit, puis en dessina trois de plus.
— Là, c'est mieux.
Quand sa mère lui annonça qu'il fallait débarrasser la table pour préparer le dîner, Matthew protesta qu'il n'avait pas fini.
— Il manque encore les pigeons.
— Les pigeons ?
— Ben oui. Il y en a toujours devant le pressing.
Matthew fabriqua deux pigeons avec les chutes de carton, parce qu'un seul aurait eu l'air perdu. Il les posa devant le pressing, puis recula pour regarder sa rue.
— Au fait, notre maison, elle est où ? demanda Élise.
— Là.
Il désigna un endroit sur la table, juste à côté de la boîte.
— Elle rentrait pas.
Élise sourit et lui demanda de ranger les ciseaux. Matthew les chercha pendant quelques secondes avant de se rappeler qu'il les tenait encore dans sa main.
✎ ── 794 mots
Dernière modification par Matthew Stevens le 14 oct. 2026, 01:40, modifié 1 fois.
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Le fond des poches
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« J'avais déjà essayé, pourtant. »
Avril 2049 · Après-midi · Parc, près de chez ses grands-parents maternels, en France
Avant Poudlard · Dix ans · Souvenir entre cousins
Le coin jaune
✦ MOT 13 · FRAGILE ✦
✦ MOT 13 · FRAGILE ✦
Matthew avait voulu tenir la ficelle dès qu'il avait vu le cerf-volant. Il était rouge, avec deux coins jaunes et une queue faite de petits rubans blancs. Sa cousine l'avait reçu la veille et elle avait passé tout le déjeuner à demander quand ils pourraient enfin l'essayer.
Maintenant qu'ils étaient dans le petit parc près de chez leurs grands-parents, elle ne voulait plus lui donner la bobine.
— C'est le mien, avait-elle rappelé.
— Je sais ! Je veux juste te montrer comment il faut faire.
— Tu sais vraiment ?
— Oui. Enfin, j'en ai déjà fait voler un.
C'était vrai. Une fois, avec son père, sur une plage où il y avait tellement de vent qu'ils avaient eu du sable jusque dans les chaussures. Matthew se souvenait surtout d'avoir couru très vite. Il était donc à peu près sûr de pouvoir recommencer.
Sa cousine posa le cerf-volant par terre et dénoua les rubans qui s'étaient emmêlés. Matthew lui montra l'herbe qui bougeait dans le vent.
— Faut courir par là.
— Pourquoi ?
— Parce que le vent vient de l'autre côté.
— T'es sûr ?
— Mais oui, regarde mes cheveux !
Il secoua la tête pour lui montrer. Elle éclata de rire, puis accepta de lui confier la bobine, à condition qu'elle puisse lancer le cerf-volant elle-même.
Matthew se plaça quelques pas plus loin. Il attendit qu'elle lève les bras, puis recula en tirant doucement sur la ficelle. Le cerf-volant resta d'abord couché de travers. Sa cousine le ramassa, le tint au-dessus de sa tête et le lâcha au moment où une bourrasque leur souffla au visage.
Cette fois, il monta.
— Ça marche ! cria Matthew.
Il recula encore, les yeux levés. La queue blanche battait dans tous les sens. Le cerf-volant montait de plus en plus haut, si haut qu'il avait l'air tout petit. Matthew tourna la tête vers sa cousine pour vérifier qu'elle voyait bien.
— T'as vu ? T'as vu comme il—
La ficelle se tendit d'un coup. Matthew serra la bobine et tira, persuadé qu'il fallait la retenir. Le cerf-volant piqua sur le côté. Il passa juste au-dessus d'un buisson et s'y accrocha avec un bruit sec.
Ils s'arrêtèrent tous les deux.
— Tu l'as cassé, dit sa cousine.
Matthew s'approcha du buisson. Un coin du papier s'était déchiré sur une brindille. Ce n'était pas un énorme trou, mais on voyait la petite baguette de bois dessous.
— C'est pas tout cassé.
— Il est déchiré.
— Oui, mais ça se répare, ça.
Il voulut dégager le cerf-volant, mais sa cousine lui attrapa aussitôt la manche.
— Attends ! Tu vas encore tirer dessus !
Elle avait raison, ce qui était plutôt énervant. Matthew retira sa main. Ils attendirent que leur grand-mère les rejoigne depuis le banc où elle lisait. Elle écarta les branches doucement et leur rendit le cerf-volant.
Sur le chemin du retour, sa cousine le porta contre elle, la partie abîmée tournée vers le haut. Matthew marchait à côté, avec la bobine qu'elle lui avait laissée. Il avait essayé deux fois de lui parler du ruban adhésif qu'ils pourraient utiliser. Elle lui avait répondu qu'elle savait.
À la maison, ils étalèrent le cerf-volant sur la table. Leur grand-mère apporta du ruban transparent, des ciseaux et un verre d'eau, parce qu'ils avaient couru tout l'après-midi. Matthew voulut lui montrer où mettre le premier morceau, puis changea d'avis.
— Tu veux que je tienne le papier ?
— Oui. Là. Mais sans tirer.
Il posa ses doigts aux deux extrémités de la déchirure. Sa cousine appliqua le ruban avec beaucoup de soin, en fronçant le nez. Il resta un petit pli au milieu. Matthew fit semblant de ne pas le remarquer.
— Pardon. J'ai tiré trop fort.
— En plus, tu m'avais promis que je pourrais essayer.
— Je sais.
Elle examina son travail, puis fit tourner le cerf-volant pour voir si l'autre côté tenait aussi.
— Demain, c'est moi qui prends la bobine.
— D'accord. Mais je peux le lancer ?
Sa cousine réfléchit.
— Si tu l'abîmes pas, mais je pense pas.
Matthew bouda de toute l'après-midi. Il avait déjà une idée pour le lancer sans avoir besoin de courir du tout. Cette fois, il attendrait demain avant de l'expliquer.
✎ ── 722 mots
Deuxième Année RP
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« Pourquoi il faut sourire pile quand quelqu'un nous le demande ? »
Octobre 2046 · Matin · École primaire moldue, Londres
Avant Poudlard · Sept ans · Souvenir d'école
C'est ma tête normale !
✦ MOT 23 · ÉLÉGANT ✦
✦ MOT 23 · ÉLÉGANT ✦
Matthew avait réussi à garder sa chemise propre jusqu'à dix heures moins le quart. Ce n'était pas très difficile, puisque sa mère lui avait interdit de manger quoi que ce soit qui pouvait tacher avant la photo. Mais il trouvait quand même que ça méritait d'être signalé.
D'habitude, il mettait son polo pour aller en classe. Aujourd'hui, il portait une chemise blanche, bien repassée, qui faisait un drôle de pli dès qu'il levait les bras. Élise avait aussi essayé d'aplatir ses cheveux le matin même. Ils étaient restés sages jusqu'à l'arrêt de bus. Après, Matthew n'avait plus fait attention.
Dans le couloir, Ben l'attendait près de la porte de leur classe.
— T'as mis une chemise ?
— Oui. C'est pour la photo.
— Je sais que c'est pour la photo.
Ben tira sur le col de son propre polo, puis regarda celui de Matthew.
— T'as chaud, non ?
— Un peu. Mais maman veut que je la garde pour la photo.
— Tu peux relever les manches.
— Après, elles seront toutes froissées.
Ils entrèrent dans la salle. Ben trouvait que Matthew s’inquiétait beaucoup pour une chemise. La maîtresse, Mme Parker, leur rappela qu'ils passaient après l'autre classe et qu'il ne fallait surtout pas se salir pendant la récréation. Matthew regarda aussitôt ses manches. Il y avait un trait gris près du poignet gauche. Il essaya de le frotter avec son pouce, mais ça l'étala un peu. Il rabattit discrètement sa manche.
Quand ce fut leur tour, toute la classe descendit dans la salle où le photographe avait installé ses lumières. Il y avait deux rangées de chaises devant un grand fond bleu. Matthew voulut aller se placer avec Ben derrière les chaises, mais Mme Parker l'appela.
— Matthew, toi, devant. Entre Clara et Sam.
— Mais je suis avec Ben, normalement.
— Pour la photo, on vous place par taille. Tu le retrouveras après.
Matthew regarda Ben, qui avait déjà trouvé une place au fond. Il était même sur la petite marche en bois. C'était un peu injuste. Sur la pointe des pieds, Matthew n'était pas si loin de la taille de Sam. Enfin, il lui manquait quelques centimètres, mais personne n'était obligé de mesurer.
Il s'assit. La chaise grinça. Clara lui demanda de pousser son coude et il obéit, puis il posa ses mains sur ses genoux comme on le leur avait montré. Ses doigts dépassaient de ses genoux. Il les replia dessous, puis les ressortit. Il ne savait pas comment on était censé poser ses mains pour avoir l’air normal.
— On regarde l'objectif, tout le monde ! annonça le photographe.
Matthew leva le menton. Derrière lui, quelqu'un remuait. Il entendit un petit bruit qui ressemblait à un éternuement retenu, puis Ben souffla son prénom. Matthew tourna les yeux sans bouger la tête.
— T'as un cheveu qui dépasse, murmura Ben.
— Où ?
— Là. Tout en haut.
Matthew essaya de lisser ses cheveux avec sa main. Le photographe lui demanda de la reposer. Il le fit si vite qu'il se cogna le genou contre le bord de la chaise.
— Et maintenant, un beau sourire !
Matthew sourit en montrant toutes ses dents, puis se demanda s'il en montrait trop. Il referma un peu la bouche. Ça lui donnait l'impression de serrer les lèvres. Alors il recommença. Clara le regardait du coin de l'œil.
— Matthew, ne fais pas de grimace.
— Mais j'en fais pas !
Quelques enfants rirent. Mme Parker leva la main pour obtenir le silence et le photographe annonça qu'on allait recommencer une dernière fois. Matthew inspira profondément. Il fixa le rond noir de l'appareil, essaya de penser à quelque chose de drôle, puis abandonna. Son visage faisait ce qu'il voulait, de toute façon.
Cette fois, le déclic arriva presque aussitôt.
En sortant, Ben le rattrapa dans le couloir.
— Pourquoi t'avais l'air fâché ?
— J'étais pas fâché ! J'essayais de sourire normalement.
— Ah.
Ben réfléchit une seconde, puis lui montra ses deux dents de devant dans un sourire énorme. Matthew lui donna un petit coup d'épaule et se mit à rire pour de vrai.
— C'est maintenant qu'il fallait prendre la photo !
Il regarda sa manche. Le trait gris était toujours là. Heureusement, il était presque sûr qu'on ne voyait pas les manches sur la photo. Enfin, pas beaucoup.
✎ ── 731 mots
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« Je voulais juste regarder de plus près. »
Mai 2049 · Fin de matinée · Ferme pédagogique, Londres
Avant Poudlard · Dix ans · Sortie scolaire
On le sent avant de le voir
✦ MOT 08 · PUANT ✦
✦ MOT 08 · PUANT ✦
Matthew avait trouvé la ferme plutôt chouette pendant les dix premières minutes. Il y avait des poules qui se promenaient derrière un grillage, un âne au fond d’un pré et des panneaux avec les noms des animaux. Il avait même vu un cochon dormir avec le groin posé dans la paille. Il avait voulu s’arrêter pour le regarder, mais Mme Parker leur avait demandé de suivre le groupe.
La partie moins chouette commença près des chèvres.
— Pouah, ça sent ! dit un garçon devant lui en remontant son col sur son nez.
Matthew inspira pour vérifier. C’était une mauvaise idée. L’odeur ressemblait un peu à celle d’une vieille botte mouillée qu’on aurait oubliée dans un placard. Sauf qu’ici, le placard était immense.
— Ah oui. Quand même.
Le monsieur qui leur faisait visiter la ferme s’appelait M. Collins. Il expliqua que les boucs avaient souvent une odeur plus forte que les chèvres. Celui-ci s’appelait Hector. Il était beige, avec une barbe foncée, et mâchait tranquillement quelque chose pendant que toute la classe parlait de son odeur.
— Ça le dérange pas, lui ? demanda Matthew.
— Qu’on parle de lui ?
— Non, de sentir comme ça.
M. Collins sourit. Il expliqua qu’Hector sentait les choses autrement qu’eux et qu’il n’avait certainement pas les mêmes goûts en matière de parfum. Matthew réfléchit à cette réponse. Il avait déjà entendu dire que certains animaux reconnaissaient les gens à leur odeur. Peut-être que les autres chèvres trouvaient qu’Hector sentait très bien.
Sur leur feuille de visite, il fallait choisir un animal et noter trois choses qu’on avait remarquées. Matthew écrivit d’abord : « Il a une barbe. » Puis : « Il mange pendant qu’on lui parle. » Pour la troisième, il ne savait pas encore. Il se pencha près de la barrière. Les yeux d’Hector avaient une drôle de forme. La pupille n’était pas ronde comme celle d’un chat ou d’un humain : c’était un trait horizontal.
— Monsieur, pourquoi il a les yeux comme ça ?
M. Collins vint regarder ce que Matthew montrait. Il expliqua que cela aidait les chèvres à voir largement autour d’elles. Matthew tourna la tête à droite, puis à gauche, en essayant de regarder des deux côtés à la fois. Ça ne marcha pas du tout.
— Tu fais quoi ? demanda le garçon à côté de lui.
— J’essaie de voir comme lui.
— Avec tes yeux ?
— Ben oui, j’en ai pas d’autres.
Il essaya encore une fois, juste pour être sûr. Puis il dessina les deux yeux d’Hector sur sa feuille. Le premier ressemblait à une olive. Le second était un peu mieux.
Quand le groupe se dirigea vers les lapins, Matthew resta une seconde derrière pour regarder le bouc. Hector avait arrêté de mâcher. Il s’approcha du grillage et baissa le museau vers les chaussures de Matthew. Celui-ci recula d’un pas, puis revint, curieux.
— Tu veux quoi ? murmura-t-il.
Hector souffla bruyamment par les naseaux. Matthew éclata de rire, nota rapidement « Il souffle fort du nez » sur sa feuille et rejoignit les autres avant que Mme Parker ait besoin de le rappeler une seconde fois.
À midi, ils se lavèrent soigneusement les mains avant de sortir leurs pique-niques. Matthew se frotta les doigts avec du savon jusqu’à ce qu’ils deviennent tout glissants. Pourtant, quand il porta son sandwich à sa bouche, il eut l’impression de sentir encore les chèvres.
— Madame, c’est possible que l’odeur reste dans le nez ?
— Tu vas surtout essayer de manger ton déjeuner, Matthew.
Il mordit dans son sandwich. Ça allait mieux après deux bouchées.
Dans le car du retour, Mme Parker ramassa les feuilles. Matthew avait rempli les trois lignes demandées, puis ajouté tout en bas, là où il restait de la place : « Les yeux sont comme des traits. » Il avait aussi dessiné une quatrième chèvre à côté des trois petites chèvres imprimées en haut de la page. Celle-là avait une barbe beaucoup trop longue.
Le garçon assis près de lui regarda le dessin.
— T’as vraiment choisi le bouc ? C’était le pire !
— Non. C’était le plus intéressant.
Matthew hésita, puis ajouta :
— Mais j’aimerais bien savoir pourquoi il sent aussi fort.
Son voisin leva les yeux au ciel. Matthew, lui, regarda par la fenêtre. Il avait oublié de demander si les chèvres voyaient les couleurs comme eux. Il faudrait qu’il pense à poser la question la prochaine fois.
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Deuxième Année RP
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Le fond des poches
✎ ─── NOTES ÉCRITES DANS LA MARGE ───
« J'avais pas pensé que ça serait aussi lourd. »
Juillet 2049 · Après-midi · Jardin des grands-parents maternels, France
Avant Poudlard · Dix ans · Souvenir de famille
Le prochain compte
✦ THÈME À LA FOLIE · LANCER ✦
✦ THÈME À LA FOLIE · LANCER ✦
Matthew avait décidé que la pétanque était un jeu assez simple. Il fallait lancer une boule près d'une autre boule, plus petite. Son oncle avait expliqué les règles deux fois, mais Matthew n'avait retenu qu'une chose : celle qui arrivait le plus près gagnait. Il avait donc demandé à jouer.
Sous le platane, les adultes avaient tracé un cercle dans la poussière. Son grand-père lui tendit une boule un peu plus légère que les autres. Matthew la soupesa dans sa main. Elle était froide, et beaucoup plus lourde qu'elle n'en avait l'air.
— Tu gardes les deux pieds dans le cercle, lui rappela son oncle.
— Même quand je lance ?
— Surtout quand tu lances.
Matthew écarta un peu les jambes pour être sûr de ne pas bouger. Il visa le petit cochonnet jaune, balança son bras comme il avait vu faire les adultes et lâcha la boule. Elle tomba beaucoup trop tôt, roula sur quelques centimètres et s'arrêta loin de toutes les autres.
— C'était un essai, annonça-t-il.
— Bien sûr, répondit son grand-père. Et le prochain ?
— Le prochain compte.
Son oncle rit et s'accroupit pour lui montrer comment accompagner le mouvement du bras. Matthew essaya sans boule, puis recommença. Cette fois, la sienne roula jusqu'au milieu du terrain et cogna celle de son oncle. Le petit cochonnet bougea légèrement.
— Oh ! Je l'ai touchée !
— Tu as touché ma boule, oui.
— Ça compte quand même pour quelque chose ?
— Ça compte pour m'embêter.
Matthew trouva que c'était déjà pas mal. Il voulut aller vérifier laquelle était la plus proche, mais son grand-père le retint par l'épaule : son oncle n'avait pas terminé son tour. Matthew recula jusqu'au banc et attendit en grattant la poussière avec le bout de sa chaussure.
Quand la partie fut finie, il demanda à rejouer. Son oncle lui répondit qu'ils allaient d'abord boire quelque chose. Matthew suivit tout le monde vers la maison, en continuant de faire le geste du lancer avec sa main vide. Il était presque sûr d'avoir compris, maintenant.
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Dernière modification par Matthew Stevens le 14 oct. 2026, 01:54, modifié 1 fois.
Deuxième Année RP
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Le fond des poches
✎ ─── NOTES ÉCRITES DANS LA MARGE ───
« Je l'ai vu trois fois. Peut-être quatre. »
Août 2043 · Soir · Chambre de vacances, côte anglaise
Avant Poudlard · Quatre ans · Souvenir de famille
La tour qui clignote
✦ MOT 22 · PHARE ✦
✦ MOT 22 · PHARE ✦
Matthew avait encore du sable entre les orteils. Pourtant, il avait retiré ses chaussures avant de rentrer dans la chambre. Ça grattait quand il frottait ses pieds contre le drap.
Daniel avait dit qu'il fallait dormir. Matthew était d'accord, mais il voulait d'abord retrouver son petit camion rouge. Il l'avait posé sur la table de nuit. Ou sur la chaise. Finalement, il était sous son oreiller.
Il roulait le camion sur la couverture quand une lumière passa sur le mur.
— Papa ! Regarde !
Daniel releva la tête de sa valise. La lumière avait déjà disparu.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Là. Ça s'est allumé.
Ils attendirent. La lumière revint, puis s'en alla encore. Matthew descendit du lit pour courir à la fenêtre. Au loin, derrière les maisons, il aperçut une grande tour.
— C'est elle qui fait ça ?
— Oui. C'est un phare.
— Il a oublié d'éteindre ?
— Non, c'est exprès. Ça aide les bateaux à se trouver la nuit.
Matthew chercha les bateaux. Il n'en voyait aucun. Juste un bout de mer noire et des petits points de lumière.
— Même ceux qui sont très loin ?
— Même ceux-là.
Élise entra avec son haut de pyjama plié sur le bras. Matthew lui montra aussitôt la tour, mais la lumière ne revint pas tout de suite.
— Attends, maman. Attends encore.
Lorsqu'elle clignota, il poussa un petit cri de victoire. Élise sourit et lui demanda de revenir enfiler son haut de pyjama. Matthew tendit les bras sans quitter la fenêtre des yeux. Sa tête resta coincée une seconde dans le col.
Une fois couché, il regarda le mur. La lumière y passait encore, mais il lui arrivait de la manquer lorsqu'il clignait des yeux.
— Papa ?
— Oui ?
— Si je dors, il va continuer ?
— Oui.
— Même si je regarde pas ?
Daniel lui remonta la couverture.
— Même si tu ne regardes pas.
Matthew réfléchit. Puis il posa son camion près de l'oreiller, tourné vers la fenêtre.
— Lui, il va regarder.
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Deuxième Année RP
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