Le palais des courants d'air PV

Au goût d'Arseni, il régnait une cacophonie bien trop désagréable dans son bureau. La faute aux deux petits elfes de maison qui lui faisaient face, l'un et l'autre dressé sur la pointe des pieds pour savoir qui était le plus grand ( ce qui ne changeait absolument rien au fait qu'ils étaient petits, ) et qui ne cessaient de se chamailler au sujet du dîner du nouvel an. Arseni n'était clairement pas du matin. Ce n'était pas tant qu'il n'aimait pas recevoir le matin que le fait qu'il avait rarement le goût de discuter le matin. Las, il s'affala contre le dossier de son siège, croisa ses jambes, et tourna son regard - ainsi qu'une bonne partie de son attention - vers les larges fenêtres qui offraient, à cette heure, une vue imprenable sur le soleil levant lové entre les collines. Il se prit à rêver d'être n'importe où sauf ici et instantanément les voix des deux elfes de maisons se rangèrent à l'arrière-plan de sa conscience. Pas tout à fait oubliées mais pas assez nettes non plus pour s'y intéresser. Quelle heure était-il exactement ? Il ne le savait même pas. Sept heure peut-être bien ou un peu plus. Les enfants restés au château pendant les vacances devaient très probablement rêvés à tout un tas de choses en tout cas. La plupart consacrait leur matinée à récupérer le sommeil perdu pendant la première partie de l'année scolaire. Il y en avait bien quelques uns pour se lever un peu plus tôt que les autres et prendre la direction du stade de Quidditch pour y voler en toute liberté, aller au parc et organiser des batailles de boules de neige, ou se faufiler dans la bibliothèque pour y dénicher de nouveaux sortilèges à apprendre ( particulièrement les Serpentard qui s'apprêtaient bientôt à se disputer le titre de champion de la ligue de leur maison, ) mais ceux-là restaient tout de même assez rares.

Après la foire de Noël organisé par le professeur Keating, même un petit nombre de professeurs en avaient profité pour s'offrir quelques vacances de courtes durée à l'étranger ou auprès de leurs familles. Arseni, lui, n'avait pas jugé bon de quitter l'école même si une partie de lui aurait aimé passer les fêtes de fin d'année avec ce qui lui restait de famille. Il était le directeur de l'une des écoles de sorcellerie les plus réputée du vieux continent. A l'instar de ses prédécesseurs, il n'avait pas réellement le luxe de pouvoir s'offrir des vacances quand bien même il les aurait souhaitées de tout son coeur. Gérer une école de cette envergure était un travail de tous les instants. Un travail qui s'était un peu plus épaissis encore avec les suspicions soulevées par son estimé prédécesseur, le professeur Faust, au sujet du contingent d'aurors envoyé par le ministère et la nécessité de garder une vigilance permanente sur ces derniers comme sur l'ensemble du domaine afin d'assurer la protection optimale des enfants dont il avait la responsabilité. Et dire que certains parents d'élève trouvaient encore le moyen de lui faire parvenir des lettres enflammées quant à son supposé immobilisme. Arseni prit une profonde inspiration et expira doucement pour évacuer toute cette pression qui essayait de l'envelopper, sans grand succès jusqu'à maintenant.


« Monsieur le directeur ? Monsieur le directeur ? Monsieur ... vous nous entendez ? »

Piqué à vif par les doigts qui tiraient sur sa chemise, Arseni détourna son regard des fenêtres pour se rendre compte que ses deux invités se tenaient à côté de son accoudoir, les doigts aggripés à son bras gauche. Depuis combien de temps ne les écoutait-il plus ? Il eut beau y songer, un autre détail détourna encore une fois son attention. Un bruit. Le bruit d'une pierre extrêmement lourde qu'on essayerait de faire rouler sur le sol. La gargouille ! songea aussitôt Arseni. Quelle heure était-il ? Ses yeux roulèrent vers le cadran de la montre à gousset qu'il dégagea de sa poche de pantalon : 7h30.

« Disparraissez, nous rreparrlerrons de tout ça plus tarrd. »

Les elfes échangèrent un regard triste mais ne pipèrent mot avant de disparaître d'un petit "POP" sonore.

Une poignée de secondes plus tard, quelqu'un toquait à la porte et Arseni l'invitait à entrer. Ou plutôt, LES invitaient à entrer.
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Amber était partagée entre la fatigue, l'excitation et l'angoisse. La fatigue parce qu'elle avait horreur de se lever tôt, et que ce coup-ci elle ne pouvait pas déroger à la ponctualité de rigueur, ce qui impliquait qu'elle avait dû se sortir du lit à une heure indécente un jour de vacance. L'excitation, parce la journée qui s'annonçait promettait un grand nombre de surprises et de révélations, elle allait bousculer son quotidien de façon radicale, bien qu'elle ne connaisse pas encore la nature de ce bouleversement. L'angoisse, parce qu'elle allait de nouveau entrer dans le bureau du Directeur. Autant le dire franchement, elle avait peu d'affection pour ce lieu, dans lequel elle s'était faite passer un savon mémorable il y a deux ans. Bon, c'est vrai qu'elle l'avait bien cherché en s'en prenant à ses professeurs, ce n'était que justice, mais le ressenti qu'elle en tirait, l'impression d'étouffer entre ces quatre murs chargés d'autorité lui avait laissé un souvenir aussi indélébile que négatif.

Le soir de la Foire de Noël, elle s'était précipitée dans la Salle Commune des Serpentard pour attendre Belaap, sa chouette et le courrier supposé venir avec. Attendre cette récompense avait été une véritable torture. Durant les heures qui avaient suivies la cérémonie, elle n'avait cessé de s'interroger sur la nature de son présent, qu'est-ce que cela pouvait bien être, ce fameux avantage pour les duels ? Une arme, une baguette plus puissante, un gadget capable de l'aider à handicaper son adversaire ? La jeune fille n'en avait pas la moindre idée, mais comptait bien le découvrir, parce que le hiboux qu'elle avait reçu la veille la laissait carrément sur sa faim. Elle l'avait parcourut avec une sorte de fébrilité avide, et l'avait reposé dans une frustration sourde. La missive, signée Arseni Stoyanov, lui donnait simplement rendez-vous dans son bureau à 7h30 tapantes dans son bureau, avec sur le dos le manteau le plus chaud de sa garde-robe, ainsi que le mot de passe nécessaire pour déployer l'accès au bureau.

Son instant de déception passé, elle s'était évertuée à lire entre les lignes de la lettre en quête d'un indice pour satisfaire sa curiosité débordante. Mais force était de constater qu'après plus d'un quart d'heure de recherche elle n'avait plus rien d'autre à en tirer, et devrait s'armer de patience si elle voulait avoir le fin mot de l'histoire. Toute la soirée, ses amies l'avaient tanné pour découvrir son prix, et ne la crûrent pas un instant quand elle leur répondit qu'elle n'en avait pas la moindre idée, et que même si elle le savait elle n'en piperait pas un mot. La nuit avait commencé par un concert de protestations, et elle s'était achevée dans la solitude de l'élève solitaire et matinale, qui doit en plus prendre garde à ne pas réveiller ses camarades au risque de re-lever les protestations en même temps. Bref, un climat d'irritabilité régnait en maître sur le domaine des Serpys, et elle ne se sentait pas de taille à donner un coup de pied dans la fourmilière.

Malgré son malaise et son appréhension, elle était tout de même rassurée d'y être conviée en même temps que son amie Victoria. Comme ça, si le Directeur décidait de leur jouer un mauvais tour en les enterrant sous la neige, elle pourrait faire usage de son expérience de Septième année pour sauver sa petite personne. Effectivement, cette pensée était quelque peu tirée par les cheveux, mais qu'est-ce qu'ils allaient bien pouvoir faire qui nécessite de se couvrir autant ? Il ne pouvait pas tout simplement leur remettre leurs présents tranquillement assis sur une chaise, le popotin au chaud ? Nooon, il fallait qu'il les traîne dehors par une température déplorable se geler les miches. Au moins, on ne pouvait pas dire que Poudlard dérogeait à son charme.

En chemin vers le Bureau qu'elle connaissait un peu trop bien à son goût, elle tenta de réfréner ses pensées acides. Elle avait quand même une sacrée chance de vivre l'aventure qu'on s'apprêtait à lui offrir, c'était assez ingrat de sa part de faire la tête et de ruminer à tout va alors qu'on lui accordait un énorme privilège. Certes, elle préférait toujours la solution de facilité, mais peut-être ce changement radical allait lui être bénéfique à terme. Qu'elle le veuille ou non, il allait bien falloir un jour où l'autre qu'elle se débarrasse de sa mentalité de gamine pourrie gâtée. A treize ans, elle réfléchissait toujours comme si elle en avait cinq, multipliant les colères et les crises au fil de ses contrariétés, se braquant pour un rien quand elle n'obtenait pas l'objet de ses désirs dans la minutes. Grandir, un mot lourd, chargé d'épreuves qu'elle ne se sentait pas prête à relever.

Trop vite à son goût, elle termina sa marche dans le château désert devant le passage qui menait à la pièce tant redoutée. Elle s'approcha du mur finement sculpté, et ressortit sa lettre, bien sûr, elle n'avait pas été fichue de se rappeler du mot de passe par ses propres moyens, encore quelque chose à corriger chez elle, sa mémoire de poisson rouge. Dans un soupir agacé, elle chuchota, de peur qu'on ne l'entende, ce qui était totalement ridicule:


« Souffle-dragon »

Dans un bruit de crissement rocailleux, la paroi se résorba, dévoilant un escalier dans une corole de marbre précieux. La demoiselle, un peu effrayée par tout ce vacarme, préféra attendre Victoria, elle n'avait aucune, mais alors aucune envie de gravir ces marches toute seule. Quelques minutes plus tard, son aînée arrivait pour lui emboiter le pas. Avant de s'engouffrer dans la cage, elle prit une grande inspiration pour évacuer son stress et se décida enfin à monter. D'un geste mal assuré, elle frappa à la lourde porte, attendant qu'on l'invite à entrer. Une poignée de secondes plus tard, une fois que la voix de Mr. Stoyanov lui fut parvenue, elle l'ouvrit et s'approcha de quelques pas, ne pouvant s'empêcher de détailler ce lieu dont elle avait déjà enregistré une grande partie des détails lors de sa précédente entrevue.

« Bonjour », dit-elle simplement, impatiente d'assister à la suite.

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
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Le Quidditch. Victoria volait sur son balai, elle avait reçu en cadeau le meilleur balai de l'année. Elisabeth faisait son rôle de capitaine parfaitement bien et les crochets d'argents gagnait la saison 3 de Quidditch. La septième année jouait au poste de batteuse, celui qu'elle a presque toujours eut. Elle aimait ça. Elle cognait tous ses adversaires avec plaisir, oui c'est cruelle mais c'est la dur réalité du Quidditch. Dans son sommeil, Victoria souriait, elle voyait la coupe de Quidditch, n'ayant pas changé depuis la première saison être remis aux mains d'Elisabeth...

Mais tous ceci n'est qu'un rêve, elle se réveilla brusquement en pensant au directeur. Elle était attendue à 7h30 dans son bureau. En effet, la veille l'adolescente avait reçue un hibou du directeur de Poudlard lui demandant de se rendre dans son bureau. Elle se leva et s'habilla en faisant le moins de bruit possible.
* Qu'est-ce que le directeur peut bien me vouloir ? Ou plutôt nous vouloir à Amber et moi-même* se demanda-t-elle en enfilant sa robe de sorcier. Elle sortit le hibou qu'elle avait rangé le soir dans sa table de nuit et le relut: il lui fallait un manteau bien chaud. La septième année ne savait pas où il était, elle retourna son armoire et sa valise, et dans le silence le plus complet c'était pas gagné. Elle le trouva au fond de sa valise. Maintenant qu'elle avait toutes ses affaires, il lui fallait sortir du dortoir sans réveiller personne. Et ça, c'est une autre histoire. Elle marcha sur la pointe des pieds et arriva très vite à la porte. * Ouf, je n'ai réveillé personne* pensa-t-elle en refermant la porte derrière elle. Enfin, elle descendit les marches en se retrouvant dans la salle commune de Serpentard. Sombre et vide à cette heure, bien sûr.

La septième année ne voulut pas allumer les lumières, de peur qu'une porte des dortoirs (que ce soit garçons ou filles) ne soient restés ouverte. Elle se cogna plusieurs fois dans les meubles de la salle commune et sortit dans les couloirs assez vite. Elle traversa les sous-sols et les couloirs, monta les escaliers qu'il fallait assez rapidement. Victoria se souvenait très bien de l'emplacement du bureau du directeur de Poudlard. Et pour cause, la dernière fois mais aussi la première, elle s'était fait sévèrement réprimandé pour son comportement. Elle n'oublierait jamais se moment. D'ailleurs pour tous avouer, elle a un peu peur de ce qu'il l'attendait. Et même de revoir ces lieux.

Elle arriva au cinquième étage en ayant croisé personne. Elle vit quelque chose de blanc, flotter aux loin et prit peur.
* Ce n'est qu'un fantôme!* se ressaisit-elle. L'adolescente tourna au coin du couloir dans un autre avant de se retrouver face à la gargouille. Avant quand elle passait devant, elle croyait que celle-ci était là juste pour décorer le couloir. Maintenant elle sait ce qu'elle cache. Le bureau du directeur de l'école. Amber se tenait là et semblait l'attendre.

« Bonjour Préfète! J'espère qu'on est pas en retard, j'ai pas envie de revivre la scène d'y a deux ans. »

Les deux filles montèrent les escaliers en colimaçon et frappèrent à la porte d'entrée. Puis quand la permission leur a été donné, entrèrent. Victoria fut un peu tendue mais parfaitement réveillé. Elle entendit le timide bonjour d'Amber et fit donc de même, en détaillant pour ne pas avoir l'air timide:

« Bonjour Professeur. Vous avez bien dormit ? Moi j'ai eue un peu froid cette nuit, mais j'imagine que ce sera rien contre ce qui nous attends maintenant. En quoi notre manteau nous sera utile ? »

La dernière question était une pensée faite à voix haute. Mais même l'ensemble de ses questions, elle regretta les avoir posé. Est-ce vraiment une façon de parler au directeur ? Victoria doute. De toute façon c'est trop tard pour retirer ce qu'elle a dit alors autant sourire pour faire bonne figure et attendre la suite. C'est ce qu'elle fit.
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Reducio
J'ai suggéré le fait que vous agissiez pour pouvoir avancer dans le déroulement de ce sujet. J'espère que cela ne vous gênera pas trop.


Les coudes appuyés sur le rebord de son bureau, les mains croisées sous son menton, Arseni observa ses deux invités s'avancer sans la moindre hâte. Toutes les deux étaient, comme convenu, vêtues d'un lourd manteau hivernal. Arseni sourit pour lui-même. Au moins avaient-elles retenues la leçon qu'il s'était efforcé de leur apprendre la première fois qu'elles étaient entrées dans ce bureau. A savoir qu'il valait mieux s'imprégner de ses conseils plutôt que de les renier ou pire, les contester.

« Bonjour »

« Bonjour Professeur. Vous avez bien dormi ? Moi j'ai eu un peu froid cette nuit, mais j'imagine que ce sera rien contre ce qui nous attend maintenant. En quoi notre manteau nous sera utile ? »

Il opina légèrement de la tête puis décroisa ses mains.

« Bonjourr mesdemoiselles. Ma nuit a été courrte, mais rrien qui ne diffèrre des autrres nuits finalement mademoiselle Pidloux. En rrevanche, je doute que vous viviez toutes les deux une matinée comme celle que vous allez vivrre maintenant. »

Il marqua une pause durant laquelle il en profita pour se lever et enfiler la lourde cape en fourrure accrochée à son siège.

« L'endrroit où je vais vous emmener maintenant est unique en son genrre. Trrès peu de perrsonnes en ce monde le connaissent. Et autant vous le dirre, absolument perrsonne en Grrande-Brretagne si ce n'est moi. Vous comprrendrrez donc qu'il serra inutile de tenter de vous localiser une fois surr place. Contentez-vous de me suivrre. Ce serra un bon début. »

Sa cape claquant sur les talons de ses chaussures impeccablement cirées, Arseni contourna son bureau, descendit l'unique marche qui servait de piédestal à son bureau, et se planta devant les deux Serpentard. Le sourire toujours aux lèvres, il leur présenta sa main droite aux doigts de laquelle plusieurs bagues et chevalières se trouvaient cramponnées. Un tel geste de sa part – Arseni en était parfaitement conscient – devait leur paraître pour le moins surprenant au vu de ce qu'elles avaient toutes les deux vécues précédemment à ses côtés. A cela pouvait-on ajouter que de mémoire commune, personne au coeur de ce château n'avait jamais eu l'occasion de le toucher, même si cette idée reçue ne reposait que sur des rumeurs – des rumeurs qui comme à leur habitude étaient fausses. Aussi, porté par un soudain élan de bonne humeur à l'idée de retrouver un endroit cher à son enfance, se permit-il de détendre l'atmosphère.

« Vous avez rremporrté la foirre de Noël. Une telle victoirre mérrite rrécompense. N'ayez aucune crrainte, je ne compte tuer aucune arraignée aujourrd'hui. Posez simplement votrre main surr la mienne. Pendant un courrt instant, je vais vous fairre prrofiter d'un pouvoirr que je suis seul à posséder dans ce château : celui de trransplaner. Ça vous dit quelque chose ? »

Bien sûr qu'elles savaient ce que cela voulait dire. Elles n'étaient plus des premières années complètement crédules à qui on pouvait faire croire tout et son contraire. Elles savaient donc qu'au moment où leur main se poserait sur la sienne, le décor disparaîtrait instantanément. Elles se sentiraient irrésistiblement happées vers un autre lieu, un tout autre endroit, à une vitesse si ahurissante que l'atterrissage se conclurait probablement par un grand besoin d'air frais pour chasser la nausée et les puissants hauts-le-coeur qui combinés se proposeraient de les faire vomir. Et de fait, en ce qui concerne le début de cette description au moins, tout ce produisit comme prévu quand elles le touchèrent. Le bureau du directeur et son atmosphère chaleureuse disparurent dans un tourbillon de fumée noire et d'étincelles argentées. La seconde d'après, un froid mordant les accueillit. Quand leurs yeux se furent habitués à la lumière éblouissante des lieux, les deux Serpentard se découvrirent au pied d'une imposante falaise avec pour décor une interminable steppe glacée parcourue par de puissants vents froids.
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« Bonjour Professeur. Vous avez bien dormi ? Moi j'ai eue un peu froid cette nuit, mais j'imagine que ce ne sera rien contre ce qui nous attends maintenant. En quoi notre manteau nous sera utile ? », lança Victoria avec un naturel apparent.

Amber jeta un coup d’œil curieux à son amie, comment pouvait-elle se montrer si flegmatique dans cet endroit, celui qu'elles avaient tant détesté à cause du savon mémorable qu'elles y avaient subi ? Non, elle devait faire semblant, ce n'était pas possible de se montrer si droite, si fière, alors que ce lieu était clairement associé au sympathique cocktail peur/honte/remontrance qui les avaient perturbé pendant des semaines. En même temps, elle s'en voulait un peu de se montrer si timide en présence de deux autres personnes, qui appartiendraient donc au groupe très réduit des gens à connaître la faiblesse de la jeune fille. Elle avait pris l'habitude de parler fort, de se déplacer avec bruit, de soigner ses entrées, bref, elle jouait un jeu, le jeu d'une pièce qu'elle ne parvenait pas toujours à maîtriser. Ce bureau était justement le symbole de ce que pouvaient lui coûter ces moments où elle sortait brutalement de son rôle, où elle se libérait du contrôle draconien qu'elle exerçait sur sa petite personne. La menace qu'elle faisait planer sur sa propre vie, par sa propre bêtise.

Prudente, sachant pertinemment qu'elle n'avait pas le droit à la moindre gaffe, elle écouta le Mr. Stoyanov répondre après avoir opiné légèrement de la tête:


« Bonjourr mesdemoiselles. Ma nuit a été courrte, mais rrien qui ne diffèrre des autrres nuits finalement mademoiselle Pidloux. En rrevanche, je doute que vous viviez toutes les deux une matinée comme celle que vous allez vivrre maintenant »

Cette voix. La demoiselle ne l'avait pas entendue ces deux dernières années à l'occasion de ce genre d'entrevue, pourtant elle en avait mémorisé toutes ses inflexions, chacune de ses notes, mais surtout la façon dont il articulait ses "r". Un frisson remonta le long de son échine, elle n'avait pas la moindre idée d'où il comptait les emmener, et se demandait si elle n'aurait pas mieux fait de rester au chaud sous sa couette en prétendant que son hiboux était mort suite à une terrible collision avec une porte vitrée. *Mouais non, pas top comme excuse*, débattit-elle avec elle-même. *Oh et puis de toute façon je suis coincée là maintenant, donc la question ne se pose plus*

« L'endrroit où je vais vous emmener maintenant est unique en son genrre. Trrès peu de perrsonnes en ce monde le connaissent. Et autant vous le dirre, absolument perrsonne en Grrande-Brretagne si ce n'est moi. Vous comprrendrrez donc qu'il serra inutile de tenter de vous localiser une fois surr place. Contentez-vous de me suivrre. Ce serra un bon début »

Plus le temps passait, plus l'impression de la verte se confirmait, le maître du château allait les expédier dans un endroit pas très agréable pour leur administrer une punition exemplaire. Oui, quelqu'un devait avoir balancé pour toutes leurs bêtises respectives, avait-il découvert qu'elle avait récemment martyrisé un pauvre première année dans une crise de paranoïa aiguë ? Ou alors peut-être une vieille histoire de bombes à eau qui serait remontée à la surface ? Non, tout cela ne rimait à rien, elle était venue recevoir une récompense à la base, pas se faire sermonnée pour ses méfaits. Il n'empêche, le fait qu'il les incite à ne même pas chercher à savoir où elles se trouveraient avait quelque chose de légèrement inquiétant sur les bords.

Au comble du doute, elle observa chacun des faits et gestes de Mr. Stoyanov, hésitant entre attendre qu'il leur montre ce pourquoi elles étaient là et s'enfuir en courant dès qu'il aurait le dos tourné. Ha non, trop tard, il avait finit de se déplacer et leur tendait à présent la main, plus aucune possibilité de se faire la malle discrètement en laissant Victoria aller chercher leur cadeau commun toute seule.


« Vous avez rremporrté la foirre de Noël. Une telle victoirre mérrite rrécompense. N'ayez aucune crrainte, je ne compte tuer aucune arraignée aujourrd'hui. Posez simplement votrre main surr la mienne. Pendant un courrt instant, je vais vous fairre prrofiter d'un pouvoirr que je suis seul à posséder dans ce château : celui de trransplaner. Ça vous dit quelque chose ? »

C'était comme s'il lisait dans ses pensées en les rassurant sur le fait qu'il n'allait assassiner aucun arachnide pour la journée. Bien, c'était déjà ça de gagner. La troisième année regarda, stupéfaite, la main du représentant number one de Poudlard, recouverte de lourdes bagues reluisantes. Bien entendu elle savait en quoi consistait le transplanage mais n'avait jamais eut l'occasion d'en faire les frais. Elle savait aussi que personne, même le grand Harry Potter, n'était sortit de cette opération tout à fait indemne la première fois, plutôt avec une terrible sensation de nausée. Et puis encore, ça ce n'était rien ... il y avait aussi les sorciers qui se désartibulaient carrément. Amber décida de prendre les devants, sachant que si elle attendait trop elle risquait de paniquer encore plus. Vivement, elle posa sa main sur celle du Directeur, ou plutôt, s'agrippa farouchement à celle-ci par peur de se retrouver avec un membre en moins. La seule pensée qui lui traversa l'esprit pendant le tourbillon fut à propos de la douceur de sa main, qu'elle imaginait au contraire plutôt rugueuse. La préfète hésitait à lui demander quelle crème il utilisait pour avoir ce toucher aussi satiné, mais se ravisa, trouvant cela quelque peu déplacé.

Les paupières closes, elle tomba au sol, une main en travers de son ventre. Sa tête lui tournait comme jamais, elle était prise d'une nausée puissante. La vitesse qu'elle venait d'expérimenter lui coupait le souffle, il fallait qu'elle respire, maintenant, tout de suite. Torturée, elle leva son visage pas très frais vers le ciel, ouvrant grand la bouche pour aspirer goulument autant d'air que possible. Une ou deux minutes plus tard, quand elle eut retrouvé un semblant de contenance, elle se releva difficilement, se félicitant d'avoir sauté le petit-déjeuner. Lorsqu'elle ouvrit enfin les yeux, des petits points colorés dansaient dans son champ de vision sur un fond de lumière vive, carrément éblouissante même. Déstabilisée, il lui fallut encore un peu de temps pour s'accoutumer à l'exposition et détailler le paysage qui l'entourait, à savoir une steppe glacée où, au centre, était plantée une gigantesque falaise. Au fur et à mesure qu'elle admirait l'étendue gelée, de violentes bourrasques insinuaient un froid difficilement soutenable sous ses habits.


« Euh monsieur ... puis-je vous demander ce que nous faisons ici ? », interrogea t-elle, claquant des dents.

Parce que finalement, elle commençait à revenir à son idée de départ. Elle et Vicky, à savoir les deux bêtises-woman de Poudlard, étaient devenues trop encombrantes et allaient finir enterrées sous la neige ou bouffées par un ours polaire, au choix. Et l’appât du gain était cette fameuse récompense qu'elles ne verraient jamais.

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La septième année avait un peu peur du pourquoi elle était venue. Le faite de se retrouver encore une fois dans le bureau du directeur la mettait mal à l'aise. Pourtant, elle essayait de paraître naturel et joyeuse même si elle était tendue et inquiète. Victoria écouta silencieusement le directeur:

« Bonjourr mesdemoiselles. Ma nuit a été courrte, mais rrien qui ne diffèrre des autrres nuits finalement mademoiselle Pidloux. En rrevanche, je doute que vous viviez toutes les deux une matinée comme celle que vous allez vivrre maintenant. »

La voix du Bulgare résonna dans la tête de Victoria. Elle avait oubliés à quel point elle est si... imprévisible. Pendant un moment, elle cru qu'elle était retourné deux ans en arrière. Elle croisa le regard d'Amber qui avait grandit elle-aussi depuis ce jour, et se rassura. Dans les paroles du directeur, quelque chose l'interpella: Rien ne diffère des autres nuits ? C'est vrai qu'avec tous ce qui se passe en ce moment à Poudlard, le directeur doit surveiller tous ce qui bouge. Victoria n'aimerait pas être sa place en cette période de l'année. Elle le vit se lever et enfiler une cape en fourrure qui doit être la sienne. Les choses sérieuses allaient commencer.

« L'endrroit où je vais vous emmener maintenant est unique en son genrre. Trrès peu de perrsonnes en ce monde le connaissent. Et autant vous le dirre, absolument perrsonne en Grrande-Brretagne si ce n'est moi. Vous comprrendrrez donc qu'il serra inutile de tenter de vous localiser une fois surr place. Contentez-vous de me suivrre. Ce serra un bon début. »

Victoria n'était pas sur d'avoir compris. Le directeur allait les emmener dans un endroit connue de personnes. Un endroit, si on peut dire, qui restera secret entre Monsieur Stoyanov, Amber et Victoria. L'adolescente avait envie de partir tous de suite dans ce lieu, le découvrir et surtout ramener un souvenir, si elle le pouvait. Heureusement qu'Amber était là, elle aurait prit peur sinon.

Le directeur, le sourire au lèvres, tendit sa main droite. Victoria ne comprenait pas ce que cela voulait dire. Enfin si elle avait un doute. Mais c'était impossible. Elle jeta un œil à sa camarade qui semblait inquiète. A quoi pouvait-elle bien penser ? Victoria n'en savait rien mais écouta la suite des instructions du directeur.


« Vous avez rremporrté la foirre de Noël. Une telle victoirre mérrite rrécompense. N'ayez aucune crrainte, je ne compte tuer aucune arraignée aujourrd'hui. Posez simplement votrre main surr la mienne. Pendant un courrt instant, je vais vous fairre prrofiter d'un pouvoirr que je suis seul à posséder dans ce château : celui de trransplaner. Ça vous dit quelque chose ? »

Ah c'était donc pour ça qu'Amber et elle était convoqué ? Il y a de quoi être rassuré, ce n'était pas pour nous réprimander mais pour nous féliciter. Victoria sentit la pression redescendre en entendant les derniers mots du directeur. Mais alors, les féliciter en les emmenant quelque part où il faisait froid, c'était où ? Victoria aura donc la surprise. Le groupe allaient transplaner. Bien sûr que cela disait quelque chose à Victoria. Elle avait toujours voulut essayer de le faire bien que cela provoque des sensations pas très agréables. La peur l'envahissait un peu mais elle se ressaisit rapidement en se disant qu'elle avait l'âge pour apprendre et donc que rien de mal ne pouvait lui arriver. Elle vit Amber s'agripper fortement à la main du directeur, il ne manquait plus que la sienne pour partir.

Une seconde après avoir donné sa main, elle eut juste le temps de fermer les yeux avant de quitter le bureau du directeur vers l'aventure. Victoria sentit le vent souffler dans ses oreilles et siffler. Cela donnait une sensation étrange. Elle se sentit prit par la nausée et la tête tournait. Finalement le transplanage rendait bien malade. Malade des transports magiques. Heureusement, cela ne dura qu'une seconde.

Victoria ouvrit les yeux, elle tomba à genou et regarda la sol. Elle avait mal partout. Elle se releva, néanmoins tous de suite. Amber avait un peu plus de mal, surement du à son âge. La septième année regarda autour d'elle et vit qu'elle était au pied d'une falaise. Il faisait très froid et cette falaise était glacée. Mais tous ceci n'était rien s'ils y avait pas de vents puissants qui glaçait le sang. Victoria supporta agréablement bien son manteau d'hiver.


« Euh monsieur ... puis-je vous demander ce que nous faisons ici ? »

Bonne question. La septième année n'en savait rien du tous, et elle attendait avec impatience la réponse du directeur. Mais finalement, elle posa elle aussi une question avant que l'adulte ait eut le temps de répondre:

« Et où sommes-nous exactement, professeur ? »

Jamais avant aujourd'hui, elle avait eut aussi froid que maintenant.
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La blancheur des lieux avait beau accrocher le regard, celui d'Arseni était attiré par un tout autre détail. Un détail qu'il était seul à pouvoir observer.

Face à la falaise, perdue au coeur de la steppe enneigée, se dressait une silhouette colossale et immobile. A pareille distance, il était impossible d'en distinguer les détails, seulement les contours nettes, presque pointues, de ses murs. Durmstrang. L'institut magique du grand nord européen. Celui-là même où Arseni avait écoulé les plus belles années de sa vie.


« Euh monsieur ... puis-je vous demander ce que nous faisons ici ? l'interpella Amber June Hoover. »

Arseni abaissa son regard sur la préfète de Serpentard et lui sourit. Il en avait presque oublié que les deux jeunes filles n'étaient pas gardienne du Secret et ne pouvaient donc pas apercevoir l'obscure silhouette de Durmstrang pointée à l'horizon. Un jour futur, peut-être bien... si, d'ici là, les pourparlers autour de la tenue du Tournoi des Trois Sorciers à Durmstrang aboutissaient sur autres choses que des grandes engueulades entre les ministères concernés.

« Et où sommes-nous exactement, professeur ? surrenchérit Victoria Pidloux. »

Arseni secoua sa tête sans se défaire de son léger sourire. Il ne cesserait donc jamais d'être surpris par les capacités mémorielles de certaines personnes ?

« Je suis rravi de constater que vous m'avez parrfaitement écouté quand nous étions encorre dans mon burreau mademoiselle Pidloux, répondit-il avec une pointe d'ironie avant de pivoter sur lui-même de manière à faire face à la falaise. Peu imporrte où nous sommes. Ces terrres sont celles d'un rroyaume disparru depuis des siècles. Et ce que vous voyez là ( il désigna la falaise ) est l'entrrée secrrète de ses derrniers vestiges. Quant à savoirr pourrquoi vous êtes ici, et bien disons que la rreine qui vivait ici autrrefois pourrait bien avoirr laissé un sorrtilège pourr chacune d'entrre vous. Le genre de sorrtilège que vous ne trrouverrez dans aucun livrre existant. »

Sur un simple mouvement de baguette magique, Arseni engendra l'effondrement d'une partie de la paroi glacée. Cette action révéla une gigantesque porte en pierre incrustée de joyaux aussi étincelants que des diamants. Un motif en ivoire occupait largement les deux battants : un dragon couvert de pointes crachant un torrent de flammes sur une armée de soldats sculptée grossièrement dans un tronçon de bois.

« Venez. »

Une fois parvenu devant la porte, Arseni fit fondre les morceaux de glace qu'il avait précédemment détachés de la falaise en utilisant un puissant feu magique. Quand tous les morceaux eurent fondu, les deux battants de la porte s'ouvrirent tous seuls en poussant un grondement presque terrifiant, semblable au rugissement d'un dragon.

Derrière, un hall interminable se dessina. Il était entièrement constitué de glace. Une glace qui scintillait dès lors qu'elle se trouvait exposée à la lumière.


« Bienvenu dans le palais des courrants d'airr mesdemoiselles ! »
Le palais des courants d'air PV
Le septième année était en train de vivre, en compagnie de sa préfète et du directeur de Poudlard une expérience unique. Ça elle en avait conscience et c'est pourquoi elle regarda tous les détails de l'endroit dans laquelle elle se trouvait. L'adolescente en était sure, une fois partie elle n'aurait plus la chance d'y remettre les pieds une seconde fois. Toujours devant cette falaise, Victoria venait de poser une question au directeur, elle regarda les environs en écoutant la réponse:

« Je suis rravi de constater que vous m'avez parrfaitement écouté quand nous étions encorre dans mon burreau mademoiselle Pidloux, Le directeur pivota face à la falaise avant de continuer: Peu imporrte où nous sommes. Ces terrres sont celles d'un rroyaume disparru depuis des siècles. Et ce que vous voyez là est l'entrrée secrrète de ses derrniers vestiges. Quant à savoirr pourrquoi vous êtes ici, et bien disons que la rreine qui vivait ici autrrefois pourrait bien avoirr laissé un sorrtilège pourr chacune d'entrre vous. Le genre de sorrtilège que vous ne trrouverrez dans aucun livrre existant. »

Dès la première phrase, Victoria se sentit légèrement rougir. C'est vrai que Mr. Stoyanov avait expliquer dans son bureau que le lieu était impossible à localiser, et donc qu'il était inutile de poser la question qu'elle avait posée. Mais elle est vraiment curieuse et sa question restera dans sa tête tant qu'elle aurait pas la solution, peut-être pour toujours.

L'adulte fit un mouvement de baguette magique, et Victoria vit une partie de la paroi glacée s'effondrer devant ses yeux. Elle ouvrit la bouche mais aucun sons n'en sortit, elle était à présent devant une porte en pierre incrustée de joyaux. Que c'était beau! La fille de dix-sept ans se rendit compte la chance qu'elle avait.


« Venez. »

Elle fut comme paralysé, incapable de bouger. Elle secoua sa tête rapidement pour reprendre ses esprits. Après avoir jeter un regard à Amber, elle suivit le directeur. Ce dernier fit ensuite fondre les morceaux de glace avec un feu magique. Victoria doute que ce soit le simple Incendio. Elle regarda les gestes du directeur très attentivement, tous moment est bon pour apprendre un nouveau sort. Malheureusement pour elle, il l'avait lancé en sortilège informulés, elle ne connaissait donc pas la formule. Un petit tour à la bibliothèque de Poudlard, ou auprès du professeur de Sortilèges et elle aura sa réponse. A moins qu'elle est assez de cran pour poser la question au directeur ? Non, elle n'en a pas, elle préfère attendre tranquillement.

Une fois que tous les morceaux eurent fondu, Victoria entendit un bruit provenant des portes. Celles-ci étaient en effet entrain de s'ouvrir. Le groupe entra sous les paroles de l'adulte:


« Bienvenue dans le palais des courrants d'airr mesdemoiselles ! »

La septième année passa la porte du palais et vit un immense hall. Tous était composé de glace. Les murs, le sol, les quelques meubles, tous. * Je comprends l'utilité du manteau* pensa-t-elle en souriant. Elle s'imagina très vite vivre ici, entourés de glace, pouvant se contempler des heures en marchant le long des murs. Le palais des courants d'air, il porte bien son nom celui-là. Un nom qui fait froid dans le dos, c'est le cas de le dire. Vicky inspira, expira et dit:

« C'est très jolie ici, n'est-ce pas Amber ? Je me demande comment vous avez trouvé cet endroit professeur. Comment font-ils l'été par les fortes chaleurs pour garder un palais aussi jolie ? Il doit pleuvoir non ? »

Elle sait que la magie est très puissante. Mais est-ce possible d'aller contre la météorologie, elle ne le sait pas. Peut-être qu'il y a une lois dessus comme en métamorphose avec celle de Gamp ? Autant demander et nous instruire maintenant qu'on est là.
Le palais des courants d'air PV
Ce qui choquait sans doute le plus Amber, c'était le petit air indolent qu'affichait le Directeur comme s'il aimait à se rendre dans des steppes enneigés tous les quatre matins, après son petit-déjeuner. Plus le temps passait, plus elle se demandait ce qu'elle fichait là. Si elle ne croyait pas sérieusement en l'hypothèse du kidnapping, elle n'avait pas non plus la moindre idée de ce qui l'attendait, et cela l'agaçait de surcroît. L'homme avait le regard rivé sur la falaise qui les surplombait. Instinctivement, la jeune fille en fit de même, relevant le menton avant de réajuster son écharpe sur sa gorge. Elle plissa les yeux, les ouvrit grand, sonda le panorama autant qu'elle le put sans distinguer quoique ce soit de très intéressant à part un gros morceau de glace obèse.

Alors qu'elle et Victoria l'avaient arraché à son observation par leurs questions incisives, il leur répondit d'un sourire énigmatique. Il secoua même la tête, un geste tout nouveau que la demoiselle pourrait ajouter dans son futur livre à succès, « Typologie du grand patron tome 2, ou l'escapade au pays des pingouins ». Tandis qu'elle s'était déjà préparée mentalement à recevoir un vent mémorable, aux micro-expressions un brin sarcastiques succéda une réponse en bonne et due forme.


« Je suis rravi de constater que vous m'avez parrfaitement écouté quand nous étions encorre dans mon burreau mademoiselle Pidloux. Peu imporrte où nous sommes. Ces terrres sont celles d'un rroyaume disparru depuis des siècles. Et ce que vous voyez là est l'entrrée secrrète de ses derrniers vestiges. Quant à savoirr pourrquoi vous êtes ici, et bien disons que la rreine qui vivait ici autrrefois pourrait bien avoirr laissé un sorrtilège pourr chacune d'entrre vous. Le genre de sorrtilège que vous ne trrouverrez dans aucun livrre existant »

La Troisième année mit un certains temps à décortiquer le sens des paroles de Mr. Stoyanov, non pas qu'elle se soit découverte un petit problème de compréhension auditive, mais ce qu'elle entendait dépassait de loin ce qu'elle était capable d'imaginer. Déjà que la perspective d'une bataille de boule de neige endiabléeé avec le chef de Poudlard lui faisait froid dans le dos, aller visiter gentiment un débris de royaume ressuscité sous la forme de glaçon géant pour aller chiper l'héritage d'une souveraine morte depuis des lustres lui donnait carrément envie de tourner de l’œil.

« Ok, pigé », couina t-elle en commençant à gigoter comme un vers de terre anxieux.

D'un simple mouvement de baguette, le Directeur fit dégringoler une partie conséquente du gigantesque bloc. Instinctivement, elle se recula de quelques pas, se croyant dans un mauvais remake de Titanic et s'apprêtant à piquer un sprint vers, euh ... elle ne savait pas trop où, mais elle trouverait. Elle n'eut pas le temps de prendre ses jambes à son cou qu'une porte richement ornée avait été révélée par l'éboulement. Estomaquée, elle détailla minutieusement chaque pierre précieuse en se demandant si elle pourrait en décrocher une sans que cela ne se remarque.

« Venez », les invita t-il après avoir fait fondre la neige qui bloquait l'accès.

Immédiatement les deux battants s'écartèrent, ménageant un passage pour le petit groupe. En bonne dernière, la jeune préfète entra et détailla les lieux, s'accrochant à chaque détail. Elle se trouvait dans un hall immense, mais pas n'importe quel hall, tout, absolument tout ce qui le composait était constitué de glace.

« Bienvenue dans le palais des courrants d'airr mesdemoiselles ! »

*Le nom est bien choisi*, songea t-elle en frissonnant

« C'est très joli ici, n'est-ce pas Amber ? Je me demande comment vous avez trouvé cet endroit professeur. Comment font-ils l'été par les fortes chaleurs pour garder un palais aussi joli ? Il doit pleuvoir non ? », questionna son aînée.

« Moui, c'est très sympas. Enfin, c'est assez cool mais les gens qui vivent ici ne doivent pas connaître le chauffage. Mais sinon point de vue architecture, chapeau. » rétorqua Amber, les mains sur les hanches, de plus en plus dubitative.

Si elle avait bien écouté, leur récompense avait quelque chose à voir avec cet endroit, et apparemment, il s'agissait d'un sortilège. Ce principe lui paraissait complétement fou, comment pouvait t-on donner un sort ? La magie appartenait à tous, à tout le monde, il n'était pas censé y avoir de passe-droit. Pas mécontente non plus de recevoir ce petit coup de pouce pour ses futurs duels, elle était prête à poursuivre son exploration du château gelé et à en apprendre le plus possible. Maintenant qu'elle était là, de toute façon, elle n'avait pas vraiment d'autres options que se plier aux directives et de prendre son mal en patience.

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
Responsable des nouveaux arrivants et journaliste au Sale Hasard.
> Serpentard du mois d'août et d'octobre & élève du mois d'octobre.
Le palais des courants d'air PV
Reducio
Toutes mes excuses pour ce retard innommable. Manquant de temps ce mois dernier, j'ai préféré me consacrer aux différents chapitres du contexte en priorité. J'espère que vous ne m'en aurez pas trop voulu pendant tout ce temps. =(


Une reine dans le palais des courants d'air... Irina aurait apprécié le luxe de ces sobriquets si elle les avait entendus. En tout cas, Arseni n'était pas peu fier de son inventivité. Hoover et Pidloux n'y avaient vu que du feu.

Ce lieu n'avait en réalité de légendaire que ce qu'il tenait jalousement éloigné des regards indiscrets : une réserve de parchemins dénichés aux quatre coins du monde par sa soeur la plus âgée. Un véritable trésor pour la duelliste en devenir qu'elle était alors. Des sortilèges oubliés, disparus, légendaires, et pour certains même interdits, Irina avait fait main basse sur une collection exotique qu'elle n'avait eu d'autre choix que de dissimuler au nez et à la barbe de ses principaux rivaux de l'époque.

Pour ce que Arseni en savait, Irina avait travaillé d'arrache-pied pendant plus d'un an à la protection et la dissimulation de cet endroit. Non sans succès, d'ailleurs, puisque à ce jour encore il était impossible à trouver par quiconque n'était pas mis durablement dans la confidence.

Arseni sourit en écoutant les remarques d'Hoover et de Pidloux. Il n'était plus à un mensonge près ; il pouvait bien se permettre de justifier tout et son contraire maintenant que le plus gros morceau était passé.


« Nous sommes dans un coin du monde où la glace ne fond jamais mademoiselle Pidloux et où il ne pleut pas davantage, rétorqua-t-il en fourrant ses mains dans les poches bien chaudes de son manteau. Je ne sais pas si les gens qui vivaient ici avaient aussi frroids que nous mais il est sûrr que les murrs de glace leurr ont surrvécu. »

Évoluant dans trente bons centimètres de neige fraîche qui formaient un tapis moelleux sous ses pieds, Arseni mena le trio au fond du hall en précisant qu'il avait déniché cet endroit au cours d'une expédition entre amis, à l'époque où il était encore élève à Durmstrang.

Parvenu au bout du hall, ils tombèrent sur un cul-de-sac, comme si le hall de glace n'était en fait que la seule et unique pièce du palais. Guettant la réaction de ses invités du coin des yeux, Arseni laissa planer un doute avant de consentir à dévoiler une entrée en tapotant la paroi glacée du bout de sa baguette magique.


« Votrre rrécompense se trrouve derrrièrre ce murr. Aprrès vous. »

La pièce dans laquelle Hoover et Pidloux entrèrent n'était pas plus grande que le bureau des professeurs qu'elles côtoyaient à Poudlard. A leur entrée, quatre braseros s'allumèrent instinctivement, un dans chaque coin de la pièce. La douce lumière qui s'en dégageait mit en évidence une immense table circulaire sur laquelle était entassée un nombre impressionnant de parchemins contenus dans des boîtes en verre. Étonnamment pour les deux Serpentard, les murs de la pièce se révélèrent de pierre. Dénués d'ornements décoratifs, ils donnaient à la pièce un caractère étouffant, comme un grand cachot prêt à se refermer sur elles pour l'éternité.

Arseni éprouva de la nostalgie en se penchant sur la table où il observa tour à tour les étiquettes qui accompagnaient chaque parchemin. Il lui semblait que c'était encore hier qu'il les étudiait en prévision du Championnat de Bulgarie de duels des sorciers.


« Locus gevro et.... Nix tempestum, voilà ! s'exclama-t-il en tendant les deux boîtes associées à ces noms barbares aux participantes victorieuses de la foire de Noël. Ces parrchemins ferraient la convoitise de n'imporrte quel sorrcier avisé, prrenez grrand soin de les mettrre en sécurrité et de les consulter dans le plus grrand secrret. C'est comprris ? »