5 août 2019, 20:55
Dans le noir  Privé 
« Hey Ashley ! Alors ! Tu pleures ? T’es faible ? Tu veux maman ? Pauvre fille stupide ! Tu seras jamais comme Nous. Tu seras toujours un peu trop ou un peu moins. Tu seras toujours de ceux qui supplieront. Et bien ? Arrêtes de pleurer ! Fais ce que je te dit et tout ira bien. Mon père il va venir te frapper ! Pourquoi tu es si moche ? Tu ne seras jamais aimé ! Oui je te pousse, mais t’as qu’à pas être sur mon chemin ! Ton père c’est un sale alcoolique ! T’as combien sur toi ? Passe-moi ton argents et tout ira bien. Aaah ! Mais c’est quoi ça ? C’est toi qui l’a fait ? Mais c’est super moche ! Comme toi... Eh ! Ashley la Moche elle pleure ! Ahaha ! Ashley le Bébé ! J’aurais aimé que tu ne sois jamais né, juste pour ne pas avoir à supporter ta tête ! Tu devrais te suicider, c’est ce qu’il reste de mieux à faire pour toi. Tu réussira jamais ! Espèce de débile mentale ! Alors, on s’est évanouis ? On est fragile ? Ferme là et écoute-moi !

Tu seras jamais comme Nous. »





Les phrases te reviennent, les mots te transpercent. Tu te souviens des regards, des coups de pieds, des messes-basses et des rires des enfants. Tu te souviens de tes hurlements de douleur atténués par ton oreiller. Tu te souviens de ses moments où tu croyais qu’il n’y avait pas Pire. Tu te souviens de ses pensées sombres qui te traversaient et l’appel du Vide auquel tu avais faillis répondre plus d’une fois.

Mais tout ça, tu ne l’avais pas dit. Tu l’avais enfouis en toi, sûre que personne ne pouvaient t’aider.




Ils n’aimaient personne.
Ils le traitaient de Gros, de Vache et de Boule. Ils lui riaient au nez et le frappaient fort. Et quand il aimait, et si par mégarde il osait, Ils le raillaient et le moquaient, profitant de sa faiblesse.
Ils la traitaient de Tâche et de Carotte, parce qu’elle avait eu l’horreur de naître avec des cheveux flammes. Ils lui tiraient les couettes et montraient du doigt ses tâches de rousseur.
Ils les détestaient tous, parce qu’Ils se détestaient eux-mêmes.





Et te voilà à dire à l’Enfant qu’il ne faut pas pleurer, qu’il ne faut pas avoir peur, alors que Toi, tu n’avais pas su t’en protéger.

Tu n’as pas su arrêter de pleurer.





Ashley ? Il est temps. Il est temps de relever la tête. Il est temps d’ouvrir les yeux sur les Bons et les fermer sur les Mauvais. Il est temps de te regarder dans le miroir. Oui. Je sais. Ça fais peur. Apprends à t’apprécier. Apprends à te connaître.
Même si tu te trouve trop maigre ou trop grosse. Même si tu es trop bête ou trop moche. Même si tu aimerais être cette fille parfaite ou ce garçon musclé.

Dit-toi qu’il n’y a pas de Plus ou de Moins. Il n’y a que Toi. La vraie, la seule.

Tout ira bien, maintenant.

Et un jour...

- Un jour quelqu’un à dit : « Déploie ton jeune courage, enfant ; c’est ainsi qu’on s’élève jusqu’aux astres ».

...Tu ne pleureras plus.

Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
19 août 2019, 11:32
Dans le noir  Privé 
Elle fixa la petite fille d'un regard où perçait l'admiration. L'admiration, mais une pointe de tristesse, aussi. Pourquoi ? Elle n'en savait rien. N'en avait rien à faire. Cette fillette, qui devait avoir le même âge qu'elle, qui avait une vie qui ne devait pas être toujours des plus merveilleuses, avec ses hauts et ses bas, l'avait soutenue. Non. L'avait aidée. L'avait rassurée, consolée.
Elle ne savait pas quoi dire. Pas quoi faire. Une part d'elle aurait voulu partir. S'en aller, loin. Fuir. L'autre, la plus puissante, la moins lâche, la cloua au sol. Elle ne ferait pas ça. Elle ne briserait pas le lien qui venait de se tisser entre elle et cette petite fille. Elle qui était si sombre, si nébuleuse, et pourtant si lumineuse, comme si une flamme brillait en elle. Haute et brillante. Une flamme aux couleurs d'espoir. Elle ne partirait pas.
Elle voulait l'aider. Elle voulait lui rendre la pareille, parce qu'elle sentait qu'elle avait une dette envers elle. Mais d'abord, elle voulait savoir quelque chose.

Pourquoi ?

Pourquoi. Un simple mot, pourtant si complexe. Elle voulait savoir. Qu'est-ce qui l'avait poussée à faire ça ? Pourquoi lui avait-elle offert ses Mots ? Pourquoi l'avait-elle écoutée, comprise ? Pourquoi ? Peut-être par pure bonté d'âme. Peut-être parce qu'elle attendait quelque chose en retour.
Elle ne comprenait décidément pas. Les deux petites filles semblaient diamétralement différentes, et pourtant quelque chose d'infime, ou d'énorme, les rapprochait. Les liait. Kyana ne savait toujours pas quoi, mais n'avait de cesse de le découvrir. Elle plongea son regard de glace dans celui de sa voisine, en quête d'informations.
Elle ne savait pas si elle devait parler. Se livrer, expliquer à cet enfant les raisons de sa tristesse. De cette tristesse infinie, qu'elle souhaitait par-dessus tout anéantir. Si ça lui permettrait de la comprendre. Elle ne savait pas si c'était une bonne idée que de lui donner son prénom. Elle ne savait pas, ou plutôt ne savait plus. Ses certitudes avaient été réduites à néant.
Si sa bouche ne s'ouvrit pas, ses yeux, eux, parlèrent. Ils contèrent la joie. Ils contèrent la surprise, mais aussi la détresse et l'étonnement. Ils se passèrent de mots. Ils n'en avaient pas besoin. Ils parlèrent de l'excitation qu'elle avait ressentie en recevant sa lettre. Elle qui s'était convaincue qu'elle était différente, voyait enfin ses voeux se réaliser. Ils parlèrent du désespoir qu'elle avait ressenti en réalisant que sa soeur n'avait pas de pouvoirs.                                                                                                                                        Ils parlèrent de la détresse qu'elle avait eue en perdant sa mère, de la haine qui l'avait étreinte lorsque son père était tombé, dans les mois qui avaient suivi l'annonce de la mort d'Aliya, dans cette étrange torpeur. Remontèrent à sa mémoire mille souvenirs, certains joyeux, d'autres tristes à pleurer. Beaucoup concernaient Maë, et la plupart d'entre eux étaient teintés d'une pointe de mélancolie.

• ‘til it seemed
that Sense was breaking through — •

ent‘r‘êvée
26 août 2019, 18:25
Dans le noir  Privé 
Ô question ! Ô Interrogation. Ô Pourquoi du comment. Comment ceci et cela. Cela et pourquoi. Pourquoi. Toujours. Et point d’interrogation. Oui. Toujours savoir. Toujours vouloir savoir. Et quand il sait, toujours nouveau pourquoi. Jamais apaisé.
Et Pensée. Ô pensées absurdes. Pensée à tout, à rien. Pensées lourdes ou fortes. Et jamais rassasié. Toujours pensée, et Pensée engendre Question. Et Question dit Pourquoi. Où. Comment. Quand. Qu’est-ce.
Pourquoi a besoin de Parce que. Et Parce que apaise Pourquoi. Mais hélas juste pour un temps. Car après le parce que, il y a encore le pourquoi du parce que.
Infini sans fin de Question qui torturent l’esprit. Et les Parce que qui apaisent et qui réconfortent.



Il y a tellement de question. Et si peu de réponse.
Mais même quand on croit qu’on sait, on ne sait pas.
Alors tu croyais savoir. Tu croyais que tu parlais pour Elle. Que tu parlais contre Ses Larmes. Contre Ses Démons.
Mais tu n’en es plus tout à fait sûr, maintenant. A ce moment. Dans le couloir. Cette nuit. Assise par terre. Serrant ton ours blanc contre ton petit corps.
Et Elle qui te fixe. Qui te dévisage. Comme une bête. Et ça t’énerve. Tu as envie de griffer ce visage. Ce visage qui est tient. Tu as envie de le déchirer, l’arracher, le détruire, l’exterminer. Pour que plus personne ne le regarde, ce visage dégueulasse, horrible, immonde. Que plus personne ne lui parle, ne le dévore, ne l’embrasse. Qu’il ne reste que la chaire à vif. Que le sang qui coule. Que la souffrance et la brûlure.

- Parce que...

Qu’est-ce que tu vas sortir ? Qu’est-ce que tu vas encore raconter ? Vas-tu mentir ? Mentir pour rassurer ? Mentir en disant que tu as parlé pour Elle, pour qu’Elle aille mieux ? Ou vas-tu la dire, cette putain de vérité, celle qui te dit *Parles sale môme ! Parles pour t’enlever ce poids. Tu le sens ? Il t’écrase la poitrine, t’empêche de respirer. Il t’écrabouille, jusqu’à ce que ton estomac explose, que tes yeux t’en sorte de la tête, que tu pisse le sang de partout. Et que tu ne puisses plus retenir la pluie. La pluie qui coule sur tes joues. La pluie qui devient rouge.*

Et bordel, tu n’as pas envie de la faire souffrir, Elle. Elle n’a rien fait. Elle est juste là, avec ses Cauchemars.

Ça y est. Tu les sens. Les Cauchemars qui l’entourent. Les Cauchemars qui murmurent et griffe le cœur. Les Ombres. Et une qui se rapproche. Et une qui t’appelle. Elle se penche à toi en ricanant. *Ashley ?* Et tu colles ta tête contre le mur. Et tu resserres tes petites mains sur Ours. Et ton cœur qui bat avec force. *Ashleeeey !* Et t’ouvres ta bouche pour qu’il parte. Pour qu’il retourne avec Elle.

- Pour que t’aille mieux ! Faut pas pleurer...

Et puis l’Ombre qui repart. L’Ombre qui te murmure un *Je reviendrais sale gosse !* en claquant la langue et en te narguant.

Et puis... Pourquoi pourquoi ? Tu n’avais presque rien dit. Tu n’avais murmuré que pour toi-même, au final. Alors pourquoi avait-elle l’air de te remercier ? Te remercier pour trois mots. Trois mots...

*Faut.*

*Pas.*

*Pleurer.*



Tu veux pas de ses Démons, de ses Cauchemars et de ses Ombres. Tu veux pas qu’Elle l’ouvre.

- Chut ! Dis rien ! J’pars. J’veux plus parler ! Et j’veux plus t’entendre ! J’veux plus des Ombres.

Tu sens son envie. Elle est prête à surgir. Cette envie d’ouvrir sa bouche et de parler. Parler des Démons. Qu’Elle te les donne, ses lourds Démons. Qu’ils te griffent et t’arrachent les yeux.


Alors tu fuis.


Dans la nuit. Tu fuis. Dans le couloir, contre les angoisses. Tu fuis. Tenant Ours dans tes bras, le serrant comme si c’était la dernière fois. Tu fuis.
Loin d’Elle. Tu fuis.
Loin des Histoires. Tu fuis.
Loins des larmes et des chagrins. Tu fuis.


Et Elle ne pourra rien contre ta course dans les couloirs, alors que tu rentres.


Penses plus à Elle. Fuis ! Oui, fuis.



Dans le Noir.



Fin du Rpg ^^ . J’ai été heureuse de le faire avec toi ! :)

Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.