Regarder vers l'avenir
Aussi vite qu’il était apparu, le sourire de la directrice de Poudlard s’était évaporé. C’était un juste retour des choses. Le propos de Kristen Loewy n’étaient pas faux, bien entendu. Mais il y avait dans l’esprit de Joanne une petite voix qui disait que la sorcière n’appréciait pas forcément qu’Ursula Parkinson soit bien informée à son sujet. Mais qu’importe, ce n’était pas là le plus important au sens de Joanne. Il y avait une place à Poudlard à la clé alors elle était prête à subir le courroux de la directrice si cela signifiait sa liberté au bout. Joanne ne prit d’ailleurs pas la peine de répondre à Kristen sur sa première question : elle n’avait aucune réponse à y apporter, les réponses se trouvant déjà dans sa question.
Elle hocha la tête sur la suite du discours de la directrice de Poudlard, sans doute était-ce un moyen de mieux connaître la femme qu’elle était : à dire vrai, Joanne ne s’était pas posée la question. Elle avait accepté oui, parce que cela était à son sens plus logique qu’elle vienne enseigner sa passion plutôt qu’elle passe son temps à se réapproprier l’histoire. Posant ses mains sur ses hanches, la sorcière laissa ses yeux voyageaient quelque instants, Joanne elle, ne la quittait pas des yeux, attendant avec quelques appréhensions la suite de leur entretien pas franchement commun.
« Pour qui voulez-vous faire vos preuves, aujourd’hui ? ». Joanne ne s’était pas attendu à ce genre de question mais elle laisse tout de même un sourire fleurir ses lèvres. Elle ne bouge plus désormais, totalement figée, comme si elle était une sculpture de marbre, le regard toujours vissé dans celui de Kristen. « Vous n’avez jamais eu l’impression d’être un oiseau en cage Miss Loewy ? Et qu’aussi dorée soit la cage, vous n’y êtes jamais bien ? Jamais en sécurité ? Jamais réellement vous-même ? ». La jeune femme se dévoilait un peu plus, sa voix ne contenant aucune émotion particulière. Seule une étincelle singulière luisait dans ses yeux.
« Il ne s’agit pas de faire mes preuves, mais plutôt de me libérer des contraintes qui sont miennes depuis désormais trop de temps ». Oui, au fond, il s’agissait bien de cela. L’opportunité offerte par Ursula Parkinson était beaucoup trop belle pour ne pas être saisie. « Alors oui, je ne vais pas vous mentir. Je me suis engagée à la Citadelle en espérant gagner le respect de mes aînés. Cette opportunité qui m’est proposée de venir travailler ici, je ne l’aurai manqué pour rien au monde ». Elle jouait carte sur table. Il était inutile de tergiverser en mensonge inutile. Elle ajouta avec douceur « Même s’il faut pour cela faire le facteur entre vous et Miss Parkinson ».
Elle hocha la tête sur la suite du discours de la directrice de Poudlard, sans doute était-ce un moyen de mieux connaître la femme qu’elle était : à dire vrai, Joanne ne s’était pas posée la question. Elle avait accepté oui, parce que cela était à son sens plus logique qu’elle vienne enseigner sa passion plutôt qu’elle passe son temps à se réapproprier l’histoire. Posant ses mains sur ses hanches, la sorcière laissa ses yeux voyageaient quelque instants, Joanne elle, ne la quittait pas des yeux, attendant avec quelques appréhensions la suite de leur entretien pas franchement commun.
« Pour qui voulez-vous faire vos preuves, aujourd’hui ? ». Joanne ne s’était pas attendu à ce genre de question mais elle laisse tout de même un sourire fleurir ses lèvres. Elle ne bouge plus désormais, totalement figée, comme si elle était une sculpture de marbre, le regard toujours vissé dans celui de Kristen. « Vous n’avez jamais eu l’impression d’être un oiseau en cage Miss Loewy ? Et qu’aussi dorée soit la cage, vous n’y êtes jamais bien ? Jamais en sécurité ? Jamais réellement vous-même ? ». La jeune femme se dévoilait un peu plus, sa voix ne contenant aucune émotion particulière. Seule une étincelle singulière luisait dans ses yeux.
« Il ne s’agit pas de faire mes preuves, mais plutôt de me libérer des contraintes qui sont miennes depuis désormais trop de temps ». Oui, au fond, il s’agissait bien de cela. L’opportunité offerte par Ursula Parkinson était beaucoup trop belle pour ne pas être saisie. « Alors oui, je ne vais pas vous mentir. Je me suis engagée à la Citadelle en espérant gagner le respect de mes aînés. Cette opportunité qui m’est proposée de venir travailler ici, je ne l’aurai manqué pour rien au monde ». Elle jouait carte sur table. Il était inutile de tergiverser en mensonge inutile. Elle ajouta avec douceur « Même s’il faut pour cela faire le facteur entre vous et Miss Parkinson ».
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Un oiseau en cage. C'était précisément l'impression que Kristen avait eue, de son enfance jusqu'à aujourd'hui. Le problème étant que les cages se succédaient sans cesse : l'une était ouverte, une autre suivait, toujours, et l'oiseau pouvait continuer à ouvrir des cages jusqu'au jour où, épuisé, il rendait l'âme. L'idée que la vie était une succession de cages étant trop inacceptable, il arrivait que l'on trouve des stratégies pour se reposer. Accepter de ne plus voir la cage, cesser de vouloir l'ouvrir, notamment. Enfant, Kristen était la gamine choyée, sans doute un peu pourrie-gâtée, et sa première cage était apparue : la famille, oppressant comme une chape de plomb son goût de l'indépendance. Elle avait ouvert la cage en se détachant progressivement de ses parents - en particulier de sa mère - et avait développé une indifférence, sans doute feinte, sans doute relative, à l'égard de ses parents. Sa deuxième cage ? Poudlard. La bienséance et les règles de morale absurdes que l'on y délivrait sur le Bien et le Mal, la magie blanche contre la magie noire, et tout ce qui suivait. Pour l'ouvrir, elle avait d'abord fait un saut dans la réserve de la bibliothèque afin d'y consulter un ouvrage moins politiquement correct, et avait fini par un saut dans la magie noire. Troisième cage ? Nathan. Solution ? Baldur. Et ainsi de suite. Bal avait été la clé de plusieurs cages. Toutes les cages de ce temps-là, en fait. C'était un lâcher-prise total, la liberté absolue. Kristen n'avait jamais ressenti cela ailleurs qu'avec lui. Sa relation avec Baldur Feuerbach avait été véritablement intense. L'une des meilleures sensations de sa vie qui l'avait menée à sa chute.
Aujourd'hui, elle avait conscience d'un certain nombre de cages : la perte d'une partie de ses pouvoirs, ses inquiétudes vis-à-vis d'Owen, de son père malade, d'Aude, de l'organisation de la résistance, de Poudlard, des sept lignées du Nord, et j'en passe, le serment qui la liait à Stanislav Stoyanov, l'impossibilité de faire le deuil complet d'Arseni... Et l'amour. Oui, Kristen était un oiseau en cage. Sa mère l'avait compris longtemps avant cela, sans doute la première, et c'était probablement pour cette raison que Cordelia était si dure avec elle. Pour la retenir.
Kristen soupira en levant la tête vers le ciel.
« C'est un temps idéal pour s'envoler, Madame Taylor. »
Elle expira un léger rire nerveux en rabaissant la tête.
« Vous êtes la seule à pouvoir vous rendre des comptes. Et la seule personne pour qui vous devez faire vos preuves. »
L'une de ses respirations se fit plus forte. Cette discussion ressemblait assez peu à ses entretiens habituels. Elle haussa les sourcils une demi-seconde et reprit le fil initial de la conversation :
« Bien, reprenons l'entretien... Il est possible que le gouvernement utilise votre venue à Poudlard comme signe que l'école ne voit pas d'un si mauvais œil le Conseil des Sorciers et pourrait accepter sa légitimité. Or, ce serait altérer la vérité. En ce sens, que vous ayez été recommandée par Ursula Parkinson n'est peut-être pas une si bonne nouvelle pour vous. Qu'en pensez-vous ? »
Aujourd'hui, elle avait conscience d'un certain nombre de cages : la perte d'une partie de ses pouvoirs, ses inquiétudes vis-à-vis d'Owen, de son père malade, d'Aude, de l'organisation de la résistance, de Poudlard, des sept lignées du Nord, et j'en passe, le serment qui la liait à Stanislav Stoyanov, l'impossibilité de faire le deuil complet d'Arseni... Et l'amour. Oui, Kristen était un oiseau en cage. Sa mère l'avait compris longtemps avant cela, sans doute la première, et c'était probablement pour cette raison que Cordelia était si dure avec elle. Pour la retenir.
Kristen soupira en levant la tête vers le ciel.
« C'est un temps idéal pour s'envoler, Madame Taylor. »
Elle expira un léger rire nerveux en rabaissant la tête.
« Vous êtes la seule à pouvoir vous rendre des comptes. Et la seule personne pour qui vous devez faire vos preuves. »
L'une de ses respirations se fit plus forte. Cette discussion ressemblait assez peu à ses entretiens habituels. Elle haussa les sourcils une demi-seconde et reprit le fil initial de la conversation :
« Bien, reprenons l'entretien... Il est possible que le gouvernement utilise votre venue à Poudlard comme signe que l'école ne voit pas d'un si mauvais œil le Conseil des Sorciers et pourrait accepter sa légitimité. Or, ce serait altérer la vérité. En ce sens, que vous ayez été recommandée par Ursula Parkinson n'est peut-être pas une si bonne nouvelle pour vous. Qu'en pensez-vous ? »
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Les révélations de la jeune femme avaient laissé la directrice quelque peu … rêveuse ? Son regard se perdait dans l’immensité bleue au-dessus de leur tête. Un ciel presque sans nuage, c’était aussi beau qu’inquiétant au fond. Ce qu’on ne voit pas paralyse toujours … Intrigue aussi. Puis une phrase parvint aux oreilles de Joanne. Un temps idéal pour s’envoler. La jeune femme hocha la tête doucement, sans doute oui. Si on voulait bien lui faire confiance. Ce qui n’était sans doute pas gagné. Le rire nerveux qui s’ensuivit n’échappa pas à la passionnée des runes, mais elle ne fit aucun commentaire d’aucune sorte : qui était-elle pour juger ? Personne. Après tout, c’était elle qui passait un entretien, non l’inverse.
La directrice se laissa ensuite aller à un conseil de vie, que la jeune femme accepta sans broncher. Bien sûr, il n’y avait qu’à elle qu’elle devait faire ses preuves. C’était évident mais, pour l’instant, Joanne n’était pas prête pour cela. Comme si voler de ses propres ailes étaient significatif d’échecs, de meurtrissures, de blessures difficiles à cicatriser. Si elle était d’accord avec les propos de la sorcière qui lui faisait face, aucun mot ne s’extirpa de ses lèvres. Comme si elles avaient été soudainement scellées.
La suite de l’entretien s’avérait toutefois moins réjouissante. Kristen Loewy lui indiquait en effet que son potentiel recrutement au sein de Poudlard pouvait être synonyme de l’accord de l’école à la politique du Conseil des Sorciers. La jeune femme arqua ses sourcils, créant immédiatement des plis sur son front : elle n’était pas vraiment certaine de savoir où Kristen voulait en venir. La recommandation d’Ursula Parkinson, pas une bonne nouvelle pour elle ? C’était une manière de voir les choses oui. Même si Joanne ne le voyait pas vraiment ainsi. Ce qu’elle ne tarda pas à faire savoir à la Directrice.
« Je ne suis pas sûre que Miss Parkinson souhaite m’utiliser ainsi ». Une pause. Elle n’était qu’un pion sur un échiquier géant. Un pantin que l’on bouge, que l’on manipule, et dont on coupe les fils lorsque l’on en a plus besoin. L’avantage, c’est qu’elle en avait conscience. Il fallait bien trouver des points positifs aux situations exceptionnelles de ce type. « Je ne suis pas dans ses petits papiers, mais je n’ai pas franchement l’impression qu’elle souhaite faire un coup de communication avec une archiviste recrutée à Poudlard. Au contraire même, cela ressemblerait plutôt à une fuite, non ? ». La question reste ouverte, l’interrogation en suspens.
Puis la jeune femme continua. « Je vous l’ai dit, je n’étais pas à la Citadelle par conviction », était-ce assez clair aux oreilles de la directrice de Poudlard ? Les mots d’Ursula résonnaient encore, son regard ambre poursuivant la jeune femme. « Miss Parkinson m’a évoqué le poste vacant dans l’enceinte du château car elle a besoin de quelqu’un pour vous transmettre … des lettres ? ». Oui, c’est vrai, elle ignorait totalement ce que comptait bien lui transmettre la Cheffe du Conseil des Sorciers. « Vous savez Miss Loewy, je ne suis qu’un pantin, un vulgaire pion qu’on déplace au besoin ». Nouvelle pause, avant d’ajouter « L’une et l’autre, vous pouvez m’utiliser à votre gré, un simple hibou en quelque sorte ». Dénuée de pensées et de libre-arbitre ? Certainement pas.
La jeune femme s’éloigna de quelque pas, portant son regard sur les plus hautes tours du château qui semblaient vouloir s’amuser avec le soleil. Après un long soupir, elle ajouta. « Il ne s’agit pas d’une recommandation, mais plutôt d’un tremplin à la candidature. Puisque nous sommes franches toutes les deux Miss Loewy, dites-moi, auriez-vous continué cet entretien si je n’avais pas prononcé le nom de Parkinson ? ». Cela ne faisait aucun doute pour la jeune femme, mais elle avait besoin de le dire, de l’entendre dire aussi. Comme si cela rendait les choses plus réelles. « Alors oui, j’ai sauté sur l’occasion de faire l’intermédiaire entre vous deux. Simplement parce qu’enseigner à Poudlard me correspond plus que la réappropriation de l’histoire à la Citadelle. Simplement. C’est humain, et quelque peu égoïste. Mais chacun se bat avec ses moyens pour parvenir à ses fins, n’est-ce pas ? ».
La directrice se laissa ensuite aller à un conseil de vie, que la jeune femme accepta sans broncher. Bien sûr, il n’y avait qu’à elle qu’elle devait faire ses preuves. C’était évident mais, pour l’instant, Joanne n’était pas prête pour cela. Comme si voler de ses propres ailes étaient significatif d’échecs, de meurtrissures, de blessures difficiles à cicatriser. Si elle était d’accord avec les propos de la sorcière qui lui faisait face, aucun mot ne s’extirpa de ses lèvres. Comme si elles avaient été soudainement scellées.
La suite de l’entretien s’avérait toutefois moins réjouissante. Kristen Loewy lui indiquait en effet que son potentiel recrutement au sein de Poudlard pouvait être synonyme de l’accord de l’école à la politique du Conseil des Sorciers. La jeune femme arqua ses sourcils, créant immédiatement des plis sur son front : elle n’était pas vraiment certaine de savoir où Kristen voulait en venir. La recommandation d’Ursula Parkinson, pas une bonne nouvelle pour elle ? C’était une manière de voir les choses oui. Même si Joanne ne le voyait pas vraiment ainsi. Ce qu’elle ne tarda pas à faire savoir à la Directrice.
« Je ne suis pas sûre que Miss Parkinson souhaite m’utiliser ainsi ». Une pause. Elle n’était qu’un pion sur un échiquier géant. Un pantin que l’on bouge, que l’on manipule, et dont on coupe les fils lorsque l’on en a plus besoin. L’avantage, c’est qu’elle en avait conscience. Il fallait bien trouver des points positifs aux situations exceptionnelles de ce type. « Je ne suis pas dans ses petits papiers, mais je n’ai pas franchement l’impression qu’elle souhaite faire un coup de communication avec une archiviste recrutée à Poudlard. Au contraire même, cela ressemblerait plutôt à une fuite, non ? ». La question reste ouverte, l’interrogation en suspens.
Puis la jeune femme continua. « Je vous l’ai dit, je n’étais pas à la Citadelle par conviction », était-ce assez clair aux oreilles de la directrice de Poudlard ? Les mots d’Ursula résonnaient encore, son regard ambre poursuivant la jeune femme. « Miss Parkinson m’a évoqué le poste vacant dans l’enceinte du château car elle a besoin de quelqu’un pour vous transmettre … des lettres ? ». Oui, c’est vrai, elle ignorait totalement ce que comptait bien lui transmettre la Cheffe du Conseil des Sorciers. « Vous savez Miss Loewy, je ne suis qu’un pantin, un vulgaire pion qu’on déplace au besoin ». Nouvelle pause, avant d’ajouter « L’une et l’autre, vous pouvez m’utiliser à votre gré, un simple hibou en quelque sorte ». Dénuée de pensées et de libre-arbitre ? Certainement pas.
La jeune femme s’éloigna de quelque pas, portant son regard sur les plus hautes tours du château qui semblaient vouloir s’amuser avec le soleil. Après un long soupir, elle ajouta. « Il ne s’agit pas d’une recommandation, mais plutôt d’un tremplin à la candidature. Puisque nous sommes franches toutes les deux Miss Loewy, dites-moi, auriez-vous continué cet entretien si je n’avais pas prononcé le nom de Parkinson ? ». Cela ne faisait aucun doute pour la jeune femme, mais elle avait besoin de le dire, de l’entendre dire aussi. Comme si cela rendait les choses plus réelles. « Alors oui, j’ai sauté sur l’occasion de faire l’intermédiaire entre vous deux. Simplement parce qu’enseigner à Poudlard me correspond plus que la réappropriation de l’histoire à la Citadelle. Simplement. C’est humain, et quelque peu égoïste. Mais chacun se bat avec ses moyens pour parvenir à ses fins, n’est-ce pas ? ».
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Désormais plus éloignées l'une de l'autre, Kristen pouvait observer l'ensemble de la silhouette de son interlocutrice. C'était une femme qui avait des ressources propres, mais qui, apparemment, avait du mal à en avoir conscience. On ne devait pas lui faire beaucoup de compliments, ou l'apprécier pour ce qu'elle était.
« Vous travaillez à la réappropriation de l'Histoire, et vous pensez que le Conseil se contentera de faits et qu'il tiendra compte de vos convictions ? Dans la Gazette du Sorcier, vous pourrez devenir n'importe qui. Une proche d'Ursula Parkinson qui entre à Poudlard pour sceller un accord entre les deux institutions, par exemple. J'ignore si c'est ce qui arrivera, mais c'est une possibilité qu'il me faut envisager. »
D'autant plus maintenant qu'elle avait une résistance à tenir. Que penseraient ses alliés s'ils s'imaginaient qu'il existait un accord, ou une tolérance de Poudlard envers le Conseil des Sorciers ? Malheureusement, cette décision n'était pas seulement la sienne. Plus maintenant. Elle devait agir comme responsable d'un groupe, l'éternelle histoire du loup solitaire touchait à sa fin.
« Je ne m'attendais certes pas à recevoir quelqu'un qui pourrait me parler d'Ursula Parkinson, mais j'avais besoin d'un professeur d'étude des runes dans tous les cas. Ne faites pas comme si tout reposait sur votre piston. Je vous l'ai dit : j'apprécie les personnes qui se battent pour obtenir ce qu'elles veulent, avec ou sans Parkinson pour avantage. »
C'était à la fois vrai, et logique. Si une candidate envoyée par la cheffe du conseil des sorciers n'était pas venue se présenter, elle aurait malgré tout choisi un nouveau professeur d'étude des runes, qu'elle aurait accepté pour ses qualifications et son caractère.
« Regardez autour de vous. Regardez ce qu'il se passe dans notre pays, et à Poudlard. Pensez-vous que j'ai besoin d'un pantin pour discuter avec le Conseil ? Certes, c'est terriblement tentant. Mais j'ai surtout besoin d'une équipe forte, prête à repousser les dangers qui assaillent régulièrement mon école. Et cela, je ne l'ai pas vu quand vous avez mentionné Parkinson, mais quand vous avez osé abattre vos cartes, quand vous avez montré votre détermination pour que j'accepte de vous confier ce poste. »
« Vous travaillez à la réappropriation de l'Histoire, et vous pensez que le Conseil se contentera de faits et qu'il tiendra compte de vos convictions ? Dans la Gazette du Sorcier, vous pourrez devenir n'importe qui. Une proche d'Ursula Parkinson qui entre à Poudlard pour sceller un accord entre les deux institutions, par exemple. J'ignore si c'est ce qui arrivera, mais c'est une possibilité qu'il me faut envisager. »
D'autant plus maintenant qu'elle avait une résistance à tenir. Que penseraient ses alliés s'ils s'imaginaient qu'il existait un accord, ou une tolérance de Poudlard envers le Conseil des Sorciers ? Malheureusement, cette décision n'était pas seulement la sienne. Plus maintenant. Elle devait agir comme responsable d'un groupe, l'éternelle histoire du loup solitaire touchait à sa fin.
« Je ne m'attendais certes pas à recevoir quelqu'un qui pourrait me parler d'Ursula Parkinson, mais j'avais besoin d'un professeur d'étude des runes dans tous les cas. Ne faites pas comme si tout reposait sur votre piston. Je vous l'ai dit : j'apprécie les personnes qui se battent pour obtenir ce qu'elles veulent, avec ou sans Parkinson pour avantage. »
C'était à la fois vrai, et logique. Si une candidate envoyée par la cheffe du conseil des sorciers n'était pas venue se présenter, elle aurait malgré tout choisi un nouveau professeur d'étude des runes, qu'elle aurait accepté pour ses qualifications et son caractère.
« Regardez autour de vous. Regardez ce qu'il se passe dans notre pays, et à Poudlard. Pensez-vous que j'ai besoin d'un pantin pour discuter avec le Conseil ? Certes, c'est terriblement tentant. Mais j'ai surtout besoin d'une équipe forte, prête à repousser les dangers qui assaillent régulièrement mon école. Et cela, je ne l'ai pas vu quand vous avez mentionné Parkinson, mais quand vous avez osé abattre vos cartes, quand vous avez montré votre détermination pour que j'accepte de vous confier ce poste. »
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Les premières paroles de la Directrice de Poudlard tirèrent quelques ricanements à la sorcière : non, elle ne pensait pas que le Conseil des Sorciers s’arrêtait aux simples faits énoncés. Elle avait travaillé dans l’unité sans se poser de question, mais quand sa conscience l’avait rattrapé bien sûr qu’elle s’était interrogée. Mais elle avait toujours en ligne de mire cet écrasant besoin de redorer son prénom dans la bouche de ses parents. Elle aurait aimé avoir la répartie suffisante pour répondre à la directrice mais elle devait admettre que celle-ci avait raison : comme depuis le début de la conversation. C’était légèrement rageant pour la trentenaire.
La suite de la conversation fait grincer des dents la jeune femme. Elle ne se reposait pas sur le piston, juste que … les yeux volettent entre la directrice, le paysage, et le ciel. Comme incapable de se figer. Et si Miss Loewy avait raison ? Toutefois, elle ne dit toujours rien, se contente de rester silencieuse face aux paroles de la directrice. La suite du discours se veut plus … fédérateur ? Plus valeureux pour la jeune femme aussi. Elle sourit doucement en entendant les propos de la directrice. « Vous savez Miss Loewy, il y a plusieurs moyens pour obtenir ce que l’on veut ». Elle énonçait simplement une vérité. « J’ai pour ma part cru que cet espèce d’appui d’Ursula Parkinson serait un point fort. Il semble que je me sois trompée ». Elle dévisage à présent la directrice de Poudlard. « Tout comme je me suis trompée sur le fait que vous ayez besoin d’un pantin pour converser avec Ursula Parkinson. Toutefois Miss Loewy, cela n’abîme en rien mon envie d’intégrer les rangs de Poudlard en tant qu’enseignante. Ce qui explique sans doute les erreurs de parcours pour venir jusqu’à vous ». Sa voix est posée, calme. Elle ne tergiverse pas dans des émotions qui seraient nuisibles pour la poursuite de l’entretien.
Son regard, qui était jusque-là figé sur le visage de Kristen, se trouve à regarder une nouvelle fois le paysage. Quelques instants de réflexion, quelques secondes, pas plus. Et l’ancienne Gryffondor se déleste d’un nouvel aveu « Quand on a pris l’habitude d’être une intruse, d’être une bâtarde au sein même de sa propre famille, on devient ce que les autres ont envie de nous voir devenir. On recherche un peu d’intérêt, un peu d’affection par tous les moyens. Ne croyez pas que je sois une fervente supportrice d’Ursula Parkinson, jusqu’à il y a très peu j’ignorais même ce qu’elle faisait ». Une pause, elle montrait clairement son ignorance sur les choses. Elle ajouta « C’est le problème des prisons dorées. On devient non pas un être humain, mais plus une ombre de soi-même. Je vous mentirais si je vous disais que je ne vois pas Poudlard comme une libération personnelle ».
Quitte à être honnête, elle enfonce le clou, la ferveur teinte ses mots. « Au-delà de mon envie d’enseignement pour les jeunes générations, je pense pouvoir être ici celle que j’ai envie d’être. Sans prison, sans carcan. Vous voyez ce que je veux dire ? Alors oui, en tant qu’enseignante, je n’hésiterai pas à défendre ce château, cette liberté qu’il représente. Cet endroit où j’ai pu, une fois dans ma vie, être réellement celle que je voulais être ». Un silence passe et rapidement, la jeune femme reprend la parole « Et ainsi permettre à d’autres étudiants de vivre ce que j’ai pu vivre ici. Avec toute la sécurité possible pour leur permettre d’étudier en de meilleurs conditions ».
La suite de la conversation fait grincer des dents la jeune femme. Elle ne se reposait pas sur le piston, juste que … les yeux volettent entre la directrice, le paysage, et le ciel. Comme incapable de se figer. Et si Miss Loewy avait raison ? Toutefois, elle ne dit toujours rien, se contente de rester silencieuse face aux paroles de la directrice. La suite du discours se veut plus … fédérateur ? Plus valeureux pour la jeune femme aussi. Elle sourit doucement en entendant les propos de la directrice. « Vous savez Miss Loewy, il y a plusieurs moyens pour obtenir ce que l’on veut ». Elle énonçait simplement une vérité. « J’ai pour ma part cru que cet espèce d’appui d’Ursula Parkinson serait un point fort. Il semble que je me sois trompée ». Elle dévisage à présent la directrice de Poudlard. « Tout comme je me suis trompée sur le fait que vous ayez besoin d’un pantin pour converser avec Ursula Parkinson. Toutefois Miss Loewy, cela n’abîme en rien mon envie d’intégrer les rangs de Poudlard en tant qu’enseignante. Ce qui explique sans doute les erreurs de parcours pour venir jusqu’à vous ». Sa voix est posée, calme. Elle ne tergiverse pas dans des émotions qui seraient nuisibles pour la poursuite de l’entretien.
Son regard, qui était jusque-là figé sur le visage de Kristen, se trouve à regarder une nouvelle fois le paysage. Quelques instants de réflexion, quelques secondes, pas plus. Et l’ancienne Gryffondor se déleste d’un nouvel aveu « Quand on a pris l’habitude d’être une intruse, d’être une bâtarde au sein même de sa propre famille, on devient ce que les autres ont envie de nous voir devenir. On recherche un peu d’intérêt, un peu d’affection par tous les moyens. Ne croyez pas que je sois une fervente supportrice d’Ursula Parkinson, jusqu’à il y a très peu j’ignorais même ce qu’elle faisait ». Une pause, elle montrait clairement son ignorance sur les choses. Elle ajouta « C’est le problème des prisons dorées. On devient non pas un être humain, mais plus une ombre de soi-même. Je vous mentirais si je vous disais que je ne vois pas Poudlard comme une libération personnelle ».
Quitte à être honnête, elle enfonce le clou, la ferveur teinte ses mots. « Au-delà de mon envie d’enseignement pour les jeunes générations, je pense pouvoir être ici celle que j’ai envie d’être. Sans prison, sans carcan. Vous voyez ce que je veux dire ? Alors oui, en tant qu’enseignante, je n’hésiterai pas à défendre ce château, cette liberté qu’il représente. Cet endroit où j’ai pu, une fois dans ma vie, être réellement celle que je voulais être ». Un silence passe et rapidement, la jeune femme reprend la parole « Et ainsi permettre à d’autres étudiants de vivre ce que j’ai pu vivre ici. Avec toute la sécurité possible pour leur permettre d’étudier en de meilleurs conditions ».
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Joanne hésitait entre regarder Poudlard ou Kristen : ses yeux passaient de l'un à l'autre sans cesse, tandis qu'elle faisait part de ses derniers arguments. La directrice de Poudlard en fut assez touchée. Une bâtarde au sein de sa propre famille : c'était ce que Kristen avait longtemps été aux yeux de sa mère. Une honte. Un danger. Aujourd'hui, les choses s'étaient améliorées. C'est une histoire qui sera racontée une prochaine fois : revenons-en à l'entretien atypique de Joanne Taylor pour devenir professeur d'étude des runes.
Face à la tirade de la sorcière, la réponse de Kristen serait courte : elle avait entendu tout ce qu'elle voulait entendre. Elle laissa simplement planer un silence assez long en fixant la candidate droit dans les yeux, au plus profond de ses iris.
« Vous ne serez pas une bâtarde à Poudlard. Si vous nous rejoignez. »
La directrice de Poudlard fit un demi-tour : il était temps de raccompagner Joanne vers les barques pour le voyage du retour. Elle reviendrait quelques jours avant la rentrée de septembre ; ou pas. Pour une fois, Kristen penserait à consulter autrui pour prendre sa décision quant à l'entrée de Joanne Taylor à Poudlard. Sa décision personnelle était quasiment fixée, même si elle devrait encore y réfléchir un peu : si Parkinson utilisait la présence d'une ex du Conseil comme coup de communication, le RRSL n'aurait qu'à contrer cette fausse information. Si Parkinson l'utilisait pour nuire à Poudlard de l'intérieur, ou débusquer des informations, Kristen pourrait aussi se charger du problème. Enfin, bien entendu, il ne s'agissait que d'hypothèses : peut-être que tout se passerait bien.
« Bien. Je vous recontacterai rapidement pour vous informer de ma décision. »
Continuant de marcher vers les barques, Kristen conclut :
« Dans tous les cas, j'espère que vous vous souviendrez de cette conversation. »
Face à la tirade de la sorcière, la réponse de Kristen serait courte : elle avait entendu tout ce qu'elle voulait entendre. Elle laissa simplement planer un silence assez long en fixant la candidate droit dans les yeux, au plus profond de ses iris.
« Vous ne serez pas une bâtarde à Poudlard. Si vous nous rejoignez. »
La directrice de Poudlard fit un demi-tour : il était temps de raccompagner Joanne vers les barques pour le voyage du retour. Elle reviendrait quelques jours avant la rentrée de septembre ; ou pas. Pour une fois, Kristen penserait à consulter autrui pour prendre sa décision quant à l'entrée de Joanne Taylor à Poudlard. Sa décision personnelle était quasiment fixée, même si elle devrait encore y réfléchir un peu : si Parkinson utilisait la présence d'une ex du Conseil comme coup de communication, le RRSL n'aurait qu'à contrer cette fausse information. Si Parkinson l'utilisait pour nuire à Poudlard de l'intérieur, ou débusquer des informations, Kristen pourrait aussi se charger du problème. Enfin, bien entendu, il ne s'agissait que d'hypothèses : peut-être que tout se passerait bien.
« Bien. Je vous recontacterai rapidement pour vous informer de ma décision. »
Continuant de marcher vers les barques, Kristen conclut :
« Dans tous les cas, j'espère que vous vous souviendrez de cette conversation. »
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Combien de temps dura la fixation de Loewy sur ses prunelles bleues ? Joanne n’aurait su le dire, mais pas une seule fois elle n’essaya de se soustraire à ce regard inquisiteur. C’est presque que la directrice aurait pu puiser dans son âme à l’interroger du regard comme cela. Mais Joanne ne tremble pas, ne bouge pas. Elle reste là, stoïque. Avant que la langue de Kristen Loewy se délie et laisse un songeur « Vous ne serez pas une bâtarde à Poudlard ». Suivi d’un « Si vous nous rejoignez » qui ramène les pieds de Joanne sur terre. Rien n’était gagné encore.
Et sans aucun propos supplémentaire, la Directeur avait fait demi-tour, suivi par Joanne, qui subissait un léger vague à l’âme de tourner le dos ainsi à Poudlard. Mais c’était ainsi. Si elle n’avait pas su convaincre Kristen Loewy, elle aurait au moins une certitude : elle aurait tenté tout ce qu’elle pouvait. L’oiseau retournait dans sa cage doré après avoir eu rapidement le gout de la liberté sur les lèvres. Après avoir osé, il était difficile de s’en retourner ainsi et de faire comme si la conversation n’avait pas existé. Un long soupir s’extirpa des lèvres de la jeune femme lorsque la directrice lui indiqua son souhait de la recontacter. Pour l’informer de sa décision. Dans l’esprit de Joanne, cela sonnait étrangement comme un refus dissimulé. Quoiqu’il en soit elle n’avait guère le choix de se laisser diriger vers les barques, que la jeune femme regardait avec un air pensif tandis que Kristen lui faisait part de ses espérances pour le souvenir de la conversation.
Reportant son regard vers la directrice, elle lui tendit une nouvelle fois sa main, compléta la conversation d’un « Vous pouvez en être certaine » pour lui affirmer que la conversation qu’elles venaient d’avoir était gravée en elle. Difficile de dire le contraire tant les propos échangés avaient été forts. La jeune femme fit quelques pas vers les barques et avant de monter sur l’une d’entre elle, se retourna une dernière fois vers Kristen Loewy et lui dit, simplement « Merci d’avoir pris le temps de me recevoir et j’espère avoir très vite de vos nouvelles ». Pour réaffirmer sa volonté de venir enseigner dans l’Académie.
Sans plus de cérémonie, la jeune femme embarqua sur le lac transformé en douves géantes et elle observa l’école de laquelle elle s’éloignait, la tête emplie de question. Tout était confus, comme si un épais nuage opaque s’était figé sur les neurones de la jeune femme et l’empêchait de réfléchir de manière raisonnée. Désormais, de toute façon, tout était entre les mains de Kristen Loewy, elle ne pouvait rien faire de plus.
Fin du RP
Et sans aucun propos supplémentaire, la Directeur avait fait demi-tour, suivi par Joanne, qui subissait un léger vague à l’âme de tourner le dos ainsi à Poudlard. Mais c’était ainsi. Si elle n’avait pas su convaincre Kristen Loewy, elle aurait au moins une certitude : elle aurait tenté tout ce qu’elle pouvait. L’oiseau retournait dans sa cage doré après avoir eu rapidement le gout de la liberté sur les lèvres. Après avoir osé, il était difficile de s’en retourner ainsi et de faire comme si la conversation n’avait pas existé. Un long soupir s’extirpa des lèvres de la jeune femme lorsque la directrice lui indiqua son souhait de la recontacter. Pour l’informer de sa décision. Dans l’esprit de Joanne, cela sonnait étrangement comme un refus dissimulé. Quoiqu’il en soit elle n’avait guère le choix de se laisser diriger vers les barques, que la jeune femme regardait avec un air pensif tandis que Kristen lui faisait part de ses espérances pour le souvenir de la conversation.
Reportant son regard vers la directrice, elle lui tendit une nouvelle fois sa main, compléta la conversation d’un « Vous pouvez en être certaine » pour lui affirmer que la conversation qu’elles venaient d’avoir était gravée en elle. Difficile de dire le contraire tant les propos échangés avaient été forts. La jeune femme fit quelques pas vers les barques et avant de monter sur l’une d’entre elle, se retourna une dernière fois vers Kristen Loewy et lui dit, simplement « Merci d’avoir pris le temps de me recevoir et j’espère avoir très vite de vos nouvelles ». Pour réaffirmer sa volonté de venir enseigner dans l’Académie.
Sans plus de cérémonie, la jeune femme embarqua sur le lac transformé en douves géantes et elle observa l’école de laquelle elle s’éloignait, la tête emplie de question. Tout était confus, comme si un épais nuage opaque s’était figé sur les neurones de la jeune femme et l’empêchait de réfléchir de manière raisonnée. Désormais, de toute façon, tout était entre les mains de Kristen Loewy, elle ne pouvait rien faire de plus.
Fin du RP