Le prince des voleurs PV Edward Penwyn

Petit à petit, tes larmes se tarissent. D'autant plus que l'homme t'assure qu'il ne va rien t'arriver de méchant. Ce n'est pas comme si tu avais fait exprès de laisser tes larmes s'échapper, à choisir, tu aurais amplement préféré qu'elles restent tranquilles plutôt que d'exposer ainsi aux yeux d'un inconnu la faiblesse dont tu peux faire preuve. Tu t'en veux un peu, d'avoir laissé la peur prendre le dessus aussi facilement. Toi qui te targues d'être un dur, c'est la deuxième fois cette année que tu te retrouves à pleurer devant quelqu'un. La première, c'était avec Panthéa, devant cet affreux Epouvantard. Il faut croire que tu es vraiment incapable de gérer tes émotions lorsque la peur s'en mêle. Tu te mordilles légèrement les lèvres, fixant toujours le sol avec obstination, comme si le fait de lever les yeux risquerait de te faire pleurer à nouveau.

Pourtant, maintenant que t'es sûr de ne pas aller en prison ni en centre de redressement, l'homme ne te paraît plus si impressionnant que cela. Tu estimes simplement qu'après t'être montré ainsi, tu n'aurais vraiment aucune crédibilité à essayer de reprendre ton habituel masque de fierté et d'arrogance. Alors pour une fois, tu t'autorises simplement à être le petit garçon que tu es. Ce n'est pas comme si tu allais le revoir de toute façon, alors ce n'est pas grave. Surtout qu'il a même l'air gentil. Il rigole en se moquant un peu, comme quoi tu n'aurais jamais pu acheter un balai, même avec son porte-feuille. C'est le moment que tu choisis pour te décider à enfin le regarder. Malheureusement pour toi, il se remet presque aussitôt à te poser des questions.

Tes mâchoires se crispent légèrement. Tu ne le connais pas, t'as pas envie de lui expliquer que tu veux partir très très loin pour ne plus jamais voir tes parents, ni même personne de ta famille - à part ton oncle Dagon - parce que t'es incapable de répondre correctement à leurs attentes. Et aussi parce que, quand tu es parti aujourd'hui, tes parents criaient un peu trop fort à ton goût. Les cris, ça t'angoisse aussi. Pas autant que la prison, mais quand même. T'aimes pas quand ça résonne dans ta tête, parce que ça finit toujours par tourner en boucle, encore et encore, les hurlements, les paroles, l'angoisse, la déception, la solitude et le tout toujours plus fort, sans pouvoir l'arrêter. T'aimes pas non plus avoir cette désagréable sensation que ton existence gêne les autres. Ils seraient mieux sans toi, tous. Tu l'as bien compris.

Mais tout ça, ce n'est pas vraiment un problème, pas vrai ? Du moins pas pour les adultes. Sinon ils ne réagiraient pas comme ça avec toi. Sinon ils te comprendraient mieux. Au moins un petit peu, comme Oncle Dagon. Tu n'as pas de problème. Personne ne te frappe, tu vis dans un domaine que beaucoup t'envierait, tes parents t'achètent tout ce dont tu as besoin. Le seul problème, c'est toi. C'est forcé, sinon les choses se seraient mal passées pour Stolas aussi. Non, ça vient de toi. T'es pas adapté. Ou pas adaptable. Malgré tous tes efforts, ça finit toujours pareil. Tu secoues légèrement la tête de gauche à droite.

- Non Monsieur, j'ai pas de problème. C'est juste mieux si je pars loin.

C'est la seule solution. Un animal non adapté à son milieu finit par le fuir, sinon il meurt. Et ton instinct le plus primaire te hurle que la fuite est la seule option. Nouvel essuyage de visage du bout de la manche. Cette fois-ci, il devrait rester sec pour de bon.

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
Les sourcils d'Edward se froncent en attendant la réponse de l'enfant. Décidément, il ne semble pas prêt à parler à cœur ouvert et se retient de dire ce qui le tracasse vraiment. Au lieu de saisir la chance que l'adulte lui tendait, Azaël se contenta de hocher la tête et de dire qu'il n'avait pas le moindre problème dans sa vie. Etrange. Pourquoi un enfant qui n'avait aucun soucis à se faire irait-il voler sur le Chemin de Traverse ? Il souhaitait certes s'acheter un objet plutôt cher, mais ses parents auraient pu être suffisamment pédagogue pour lui expliquer pourquoi il ne pouvait pas l'avoir.

Non, ce gamin cachait bien quelque chose, et même si il ne voulait pas l'avouer directement à Edward, il finirait pas avoir le fin mot de l'histoire. Il était inconcevable pour le Gallois qu'un enfant puisse se comporter ainsi gratuitement, sans qu'il y ait une explication logique derrière. La deuxième partie de la réponse d'Azaël attira son attention en particulier. C'était mieux si il partait loin. Peu à peu, et sûrement sans le vouloir, l'enfant se livrait à lui et semait des petites graines pour que l'homme puisse découvrir le tableau d'ensemble. S'éclaircissant la gorge, il lui répond :

- Allez, à d'autres. Tu aurais pas envie de partir loin de chez toi si il n'y avait pas de problèmes. Ça se passe bien à la maison avec tes parents ou tes frères et sœurs ? Ils ne te font rien de mal ?

L'homme pose sa main sur l'épaule du garçon pour le rassurer et le mettre en confiance. Il n'était après tout qu'un inconnu - ce n'était pas son propre fils -, mais il ressentait le besoin de lui venir en aide lorsqu'il voyait la détresse au travers de ses yeux.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
L'homme ne te croit pas. C'est pourtant la vérité, tu n'as aucun problème tel qu'on pourrait l'entendre. Mais il insiste, il semble vouloir réellement comprendre pourquoi tu veux partir. Tu te pinces légèrement les lèvres, sans savoir si tu peux lui dire la vérité ou si tu dois simplement garder le silence. Il pose des questions plus précises, et sa main vient sur ton épaule, comme pour t'encourager à te confier. Tu aimerais bien en parler, au fond. Parce que tu sais que tout ça te rend malheureux, et tu ne sais pas comment faire pour sortir de là. Mais tu as bien trop peur de t'ouvrir aux autres. Parce que tu ne l'as jamais fait, et que tu ne connais pas cet homme. Même si il a l'air gentil, tu lui as volé son porte-feuille, alors il essaie peut-être juste d'en apprendre plus sur toi pour pouvoir mieux se venger ensuite.

Tes mains se tordent un peu plus, tu tortilles tes doigts, sans savoir comment faire pour te sortir de cette situation. Ton coeur hurle que tu as envie de parler, tu te repasses tous les mots que tu pourrais poser sur ce qui ne va pas dans ta tête, chez toi, avec tes parents, ton frère, ta famille, et les gens en général. Mais t'es incapable d'ouvrir la bouche pour expliquer les choses, il y a comme un blocage, les mots restent dans ta tête sans vouloir passer par tes lèvres. Et ta gorge se serre de nouveau, parce que tu penses à tout ce qui te rend triste et en colère, et ça te bloque encore plus. Tu te mords violemment la lèvre inférieure, comme pour te forcer à dire quelque chose malgré tout. Parce que tu as peur que l'homme perde patience si tu gardes le silence.

- Ils me font pas de mal.

Une nouvelle fois, tu t'es contenté de secouer négativement la tête en répondant. Tu as esquivé sa première question volontairement. Parce que tu ne peux pas dire que ça se passe bien avec eux, au contraire. Soit tu réponds aux attentes et tu es invisibles, soit tu échoues et tu deviens une source de déception. A choisir, tu préfères encore exister, même si c'est de la mauvaise façon. Tu te doutes cependant que l'homme ne va pas se contenter de cette simple phrase et te laisser tranquille. Baissant à nouveau les yeux, quelques mots passent tes lèvres, plus murmurés que parlés.

- C'est moi qui fait tout mal...

Une nouvelle fois, ta voix se brise d'elle-même. Tu n'avais pas vraiment l'intention de dire ça. Parce que c'est déjà s'ouvrir un peu trop à tes yeux, surtout à un inconnu, aussi gentil paraisse-t-il. T'as beau chercher l'attention de tes parents, t'as bien compris que quand tu l'avais tu préférais disparaître parce que tu ne vois que dégoût, mépris et déception dans leurs yeux lorsqu'ils les posent sur toi. Mais c'est plus fort que toi. T'as besoin de savoir que tu existes bel et bien de temps en temps. De te le rappeler. Mais cette semaine, c'est déjà fait. Alors il est hors de question d'ajouter un vol de porte-feuille à tout ce qu'ils ont à te reprocher.

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
De ce qu'il pouvait en déduire, ce gamin semblait vraiment perturbé. Là où d'autres enfants auraient pu profiter de cette tribune libre pour exprimer ce qu'ils avaient au fond du cœur, Azaël en disait le moins possible, comme si chaque mot qu'il prononçait lui brûlait la langue. Il était clair que ce n'était pas de la timidité, alors qu'est-ce qui l'empêchait de parler ? Un moment, Edward s'imagina même que l'enfant était soumis à un puissant sortilège qui barrait l'accès de la vérité à ses lèvres. Impossible, qui pourrait bien faire ça à un enfant ? Il délirait.

Azaël semblait dire qu'il faisait tout mal. Les pièces du puzzle commençaient à arriver, ce qui donnait l'occasion à l'adulte de tisser la toile de son histoire. L'enfant avait un problème avéré avec ses parents, qui devaient sans doute lui dire que quoi qu'il fasse, c'était mal. Une attitude loin d'être pédagogique de ce qu'en pensait Edward, mais il n'avait aucun droit sur ce mineur. Ce n'était pas une simple discussion contre le mur de la boutique de farces et attrapes qui allait changer quelque chose, alors le Gallois relâcha l'épaule d'Azaël et s'assit dos contre le mur, les jambes en bonne partie pliées.

- Assis-toi bonhomme. On va discuter un peu si tu veux bien. Après ça, je te laisserais repartir comme si rien ne s'était passé dans ce magasin.

Il tapota l'emplacement à côté de lui pour signifier à l'enfant de s'asseoir. Le marché qu'il lui proposait était réglo, et vu comme Azaël avait été peu enthousiaste à ce qu'il le ramène auprès de ses parents, il accepterait sans sourciller.

- Allez dis-moi, tu te plais à Poudlard ? Tu as de bonnes notes ? le questionna-t-il avant de poser la question qui l'intéressait vraiment : Tes parents sont content de tes résultats ?

Edward se gratta la barbe en espérant que cette fois-ci, l'enfant serait beaucoup plus bavard.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
L'homme finit par relâcher ton épaule. Tu ne sais pas trop si ça te rassure ou pas. T'aimes pas trop qu'on te touche, surtout venant d'inconnu, mais bizarrement, son geste avait quelque chose de réconfortant, d'apaisant. Tu le regardes s'asseoir contre le mur sans trop comprendre. Il est bizarre. T'as jamais vu un adulte faire ça dans la rue. Enfin, un adulte qui n'est pas un clochard, évidemment. Et même s'il a une barbe qu'il n'arrête pas de gratter et qui a sûrement des poux, il a pas l'air d'un clochard. Et c'est de la part de celui qui a essayé de voler son porte-feuille. Et lorsqu'il tapote le sol à côté de lui en te disant de t'asseoir également pour discuter, tu hésites un instant.T'as pas envie de lui parler. Tu ne sais pas comment on fait, et quand tu ne sais pas faire, tu ne fais pas. C'est pour éviter les erreurs.

Mais puisque si tu le fais il te laisse tranquille sans parler de ta tentative de vol à personne, tu te rends vite compte que tu n'as pas trop le choix. Alors tu obéis, t'asseyant non loin de lui, mais laissant quand même une certaine distance entre vous. Quelqu'un d'autre pourrait facilement s'y asseoir, mais c'est plus fort que toi, il faut que tu te sentes libre, et une présence trop rapprochée t'oppresse. Tu ramènes tes genoux contre ton corps, les entourant de tes bras et posant ton menton dessus. Tu prends le moins de place possible contre ce mur, et tu profites de la chaleur dégagée par ton corps. Comme ça, t'angoisses un peu moins, tu peux rester davantage en contrôle. C'est rassurant.

Et voilà, les questions pleuvent. Tu commences déjà à trop réfléchir pour y répondre, comme cherchant le moyen d'en dire le moins possible tout en ne mentant pas. C'est pas évident. Surtout que t'as toujours cet étrange besoin d'en parler, bien enfoui au fond de toi. Il ne se rend pas compte d'à quel point il te stresse avec ses questions ? T'as bien envie de l'envoyer se faire voir. Après tout, il ne te connaît pas, tu ne comprends même pas pourquoi il s'intéresse à toi de la sorte. Mais tu ne peux pas. Si tu veux qu'il te laisse partir ensuite, tu n'as pas le choix. Alors tu finis par répondre, d'un ton que tu veux sans émotion.

- Non, j'aime pas là-bas. Il y a trop de bruit, et trop de gens. Mais j'ai que des Optimals !

Un sourire emprunt de fierté passe rapidement sur tes lèvres. Tu annonces tes résultats en regardant l'homme droit dans les yeux, vraiment content qu'il ait posé la question. Pour une fois que tu peux être fier de quelque chose. Mais tu finis par reprendre ton air un peu renfrogné. Et tu hausses les épaules.

- Mais ils disent rien. Si j'avais un E, je suis sûr qu'ils crieraient. Et quand Stolas avait des O, lui, et bah ils le disaient à tout le monde. Mais il a toujours des O. Et en plus tout le monde l'aime, il a plein d'amis. Moi, je suis bon qu'à taper les autres, et ça, ils aiment pas du tout. Mais c'est pas de ma faute si ça finit toujours en bagarre, je fais pas exprès !

Bizarrement, tu te sens obligé de te justifier face à l'adulte. Même si tu ne le connais pas. T'as pas envie qu'il pense que t'es qu'un méchant, comme tout le monde. T'aimerais bien que ça se passe mieux avec les autres, que ce soient tes parents ou tes camarades. Mais on a oublié de te donner le mode d'emploi.

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
Adossé contre le mur en briques de la boutique, Edward observait en silence l'enfant s'asseoir à côté de lui. Il ne put s'empêcher de lui adresser un sourire rayonnant : Azaël aurait très bien pu prendre ses jambes à son coup, à ses risques et périls, plutôt que d'accéder à sa requête. Ses paroles avaient su porter leurs fruits et il acceptait de discuter avec lui. La posture dans laquelle se plaça l'enfant interrogea toutefois l'homme. Son voleur semblait bien plus timide qu'il en avait l'air, il avait rapproché ses genoux le long de sa poitrine dans une attitude qui paraissait étrangement protectrice.

Même si il ne semblait pas vraiment aimer Poudlard - le nombre important d'élèves qui s'y trouvaient le dérangeaient - Azaël était plutôt fier des notes qu'il avait. Que des Optimals. Il s'agissait d'une très belle réussite, une telle constance étant difficilement atteignable. À son époque, même si Edward était un excellent élève, il lui était arrivé de recevoir de mauvaises notes pour ne pas avoir réviser de leçons ou pour quelques étourderies. Le sourire qu'avait l'enfant en cet instant montrait que malgré ce qu'il disait, Poudlard n'était pas si mal que ça.

- Tu es un bon élève, tes professeurs doivent être contents de tes résultats !

Comment un si bon élève de Poudlard pouvait se réduire à voler sur le Chemin de Traverse ? Ces deux comportements semblaient être aux antipodes pour le Gallois, mais il préféra ne pas poser pour l'instant de questions dessus. Au lieu de ça, il se contenta d'écouter le gamin se plaindre que ses notes ne suffisaient pas pour ses parents, car même si il ne l'avait pas dit explicitement, Edward avait compris de qui il parlait. S'éclaircissant la gorge, il lui dit d'une voix calme :

- Tes parents sont vraiment bêtes si ils sont pas capable de voir à quel point tu travailles bien à Poudlard. Tu es vraiment un bon élève, ne te fais pas de soucis là-dessus.

Un sourire bienveillant s'afficha sur le sourire d'Edward tandis qu'il posa sa main sur l'épaule de l'enfant à côté de lui. Il était évident qu'Azaël n'aimait pas les contacts physiques, mais il savait que ce geste était le meilleur à faire pour faire passer le message qu'il voulait. Le garçon semblait manquer cruellement de confiance en lui et ne savait pas comment réagir avec les autres. Réfléchissait-il beaucoup plus qu'il ne devrait ou bien avait-il un problème particulier ? C'était la question qu'il voulait désormais mettre au clair.

 - Il ne faut pas que tu travailles pour les autres, fais-le pour toi. Parce que ça te plaît, parce que tu as envie d'avoir des bonnes notes. Je sais que c'est difficile de se défaire de l'approbation des autres quand on a ton âge, mais ça t'épargnera bien des soucis, crois-moi.

Il enleva sa main de l'épaule de l'enfant et en profita pour lui frotter les cheveux avec, rigolant au passage pour détendre l'atmosphère après son discours bien trop sérieux.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
Le Monsieur te sourit beaucoup, comme pour te prouver qu'il n'est pas ton ennemi. Tu ne sais pas encore trop quoi en penser. Il faut dire que tu te méfies des gens, surtout des adultes. Il assure que tu es un bon élève, et que tes professeurs doivent être fiers de tes résultats. Tu hausses légèrement les épaules sans savoir trop quoi répondre. Tu ne sais pas ce qu'en pensent réellement tes professeurs. Tout ce que tu sais, c'est que la dernière fois que tu as été convoqué par Miss Holloway, ce n'était vraiment pas pour parler de tes bons résultats, mais bien de ton comportement inacceptable. Une fois de plus. T'as pas beaucoup aimé les mots qu'elle a dit, et t'as encore moins aimé la façon qu'elle avait de penser qu'elle avait raison sur tout sans même essayer de t'écouter. Sans Blaze, tu te serais sûrement retrouvé puni jusqu'à la fin de l'année, tu y as échappé belle.

Les autres professeurs sont sans doute un peu plus gentils avec toi. Il faut dire que tu fais en sorte de bien te comporter durant les cours, pour qu'ils n'aient rien à y redire. Mais c'est difficile pour toi de rester cet enfant sage en dehors, puisque t'as l'impression que chaque personne qui t'adresse la parole t'agresse. Heureusement qu'il y a Panthéa. Elle, au moins, elle est gentille. Et comme ça t'es pas toujours tout seul. T'aimes bien avoir une amie. Il ajoute alors que tes parents sont bêtes de ne pas se rendre compte des efforts que tu fournis. Tu ne réponds rien, mais tu n'en penses pas moins. Tes parents ne sont pas bêtes, au contraire. S'ils ne te félicitent pas, c'est que le problème vient de toi. T'es juste incapable de comprendre comment faire les choses autrement pour que tout se passe bien.

T'es quand même content qu'il admette que tu es un bon élève, et qu'il le répète de la sorte. Tu préférerais que les compliments ne viennent pas d'un parfait inconnu, mais c'est mieux que rien. Lorsque sa main se pose de nouveau sur ton épaule, tu te raidis légèrement, resserrant un peu plus tes bras autour de tes genoux. Tu sais qu'il essaie d'être gentil, n'empêche que tu ne te sens pas très à l'aise. Et ses derniers mots ne t'aident pas à y voir plus clair. Tu as déjà des bonnes notes pour toi. T'as bien compris que tes parents s'en fichaient, ils passent déjà leur temps à te gronder, alors que ce soit pour des mauvaises notes ou pour ton comportement, peu importe au final. Tu te détends légèrement lorsque sa main quitte ton épaule, mais pas pour bien longtemps. Lorsqu'il t'ébouriffe les cheveux, tu le repousses.

- Hééééééé !

Tu essaies tant bien que mal te les remettre en place en les aplatissant comme tu peux, même si tu sais que c'est peine perdu. Malgré ton air faussement indigné, un petit sourire vient quand même prendre place sur tes lèvres. C'est décidé, tu l'aimes bien ce Monsieur. Même si tu ne le connais pas. Alors tu décides de lui en dire un peu plus.

- Je le fais déjà pour moi, vu qu'ils s'en fichent que j'ai que des bonnes notes. Mais j'ai pas le choix, je dois avoir que des Optimals, comme ça, je pourrai devenir le plus grand sorcier de tous les temps. Et même que mes parents seront obligés de voir que je suis meilleur que Stolas !

Tu es sûr que c'est le seul moyen de leur prouver ce que tu vaux réellement. A eux, et à tous les autres. Ceux avec qui tu te bats parce qu'ils ne sont pas fichus de voir que t'es meilleur qu'eux. Ou parce qu'ils te parlent alors que toi, t'as pas envie de leur parler parce qu'ils sont trop bêtes. Personne ne comprend que t'y peux rien si t'es au-dessus. Même toi, des fois, tu voudrais être comme les autres pour avoir moins de problèmes. Mais t'arrives pas à faire semblant. Tu lèves les yeux vers l'homme, essayant de comprendre une chose.

- Pourquoi vous êtes gentil avec moi alors que j'ai volé votre porte-feuille ?

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
Un petit rire moqueur s'échappe des lèvres d'Edward lorsque l'enfant tente de repousser son bras pour l'empêcher de lui frotter les cheveux. Ce ne fut pas difficile de voir le léger sourire que l'enfant arbora ensuite. L'homme le sait, il vient d'enlever une autre couche que l'enfant dresse autour de lui pour se protéger des autres, pour paraître ce qu'il n'est pas. Bientôt sans doute, et si la discussion ne s'écourtait pas avant, il pourrait en connaître davantage sur ce bon élève de Poudlard réduit à subtiliser des portefeuilles sur le Chemin de Traverse.

Azaël disait rassembler autant d'Optimal dans ses études pour devenir le plus grand sorcier de tous les temps. Une belle ambition pour son âge, un rêve que de nombreux enfants devaient avoir en rentrant au collège de magie, mais que très peu d'entre eux atteindraient. Après tout, seule une personne pouvait réussir cet objectif, et il y avait tellement de prétendants au titre.

- C'est bien de vouloir le plus grand sorciers de tous les temps ! Il faut beaucoup de travail... et de sérieux pour y arriver ! Tu es à Serpentard, c'est ça ?

L'ambition que nourrissait l'enfant lui faisait penser à la qualité première de la maison de Salazar Serpentard. Edward avait posé la question de manière toute innocente à l'enfant pour continuer de parler avec lui et s'en fichait de s'être trompé sur sa maison. Il espérait juste que le cas échéant, son voleur ne se vexe pas. Ce garçon lui demanda pourquoi il avait été aussi gentil avec lui, question tout à fait légitime, car de nombreux adultes n'auraient pas réagi de la même manière que lui.

- Ça arrive à tout le monde de faire des erreurs, moi aussi j'en fais. Tu n'as pas l'air d'être un mauvais bougre, la preuve, tu as accepté qu'on discute tous les deux. Ça sert à rien que je m'énerve contre toi, tu te braquerais et tu n'apprendrais rien.

Edward avait terriblement envie de sortir son paquet de cigarettes de son sac et d'en allumer une, mais la présence de l'enfant à côté de lui le ramena à la raison. Il pourrait très bien attendre une dizaine de minutes de plus, attendre d'avoir fini de parler avec cet enfant.

- Il faut que tu aies confiance en toi et en tes capacités, et rien ne te sera impossible, dit l'homme en regardant Azaël droit dans les yeux. En revanche, je ne veux plus que tu t'abaisses à voler les portefeuilles - ou quoi que ce soit d'autres d'ailleurs -, tu vaux beaucoup mieux que ça.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
Tu hoches légèrement la tête de haut en bas avec un sourire timide lorsqu'il te dit que ton rêve de devenir le plus grand sorcier de tous les temps est bien. Evidemment, qu'il est bien. Même que tu l'atteindras très rapidement. T'apprendras plein de choses sur la magie, et pas que dans tes cours. T'as déjà commencé un peu, à fouiner à la bibliothèque de Poudlard, pour trouver différentes sortes de magie. Avec tous les ressortissants étrangers qui sont venus au château, t'as bien compris que la magie apprise à Poudlard n'était pas la seule qui existait. Tu n'y a pas compris grand chose pour l'instant, mais t'es persuadé que ça viendra. Après tout, tu n'as pas le choix, pour devenir le plus grand sorcier de tous les temps, tu ne peux pas te cantonner à un seul et unique type de magie, tu dois tous les maîtriser à la perfection.

Il te demande alors si tu es chez Serpentard. Une nouvelle fois, comme lors de ta répartition, tu ne peux t'empêcher de penser que tu aurais tout à fait pu répondre aux critères de cette maison. Mais il était hors de question que tu y mettes un orteil. T'avais pas envie de te coltiner Stolas jusque dans ta salle commune ou dans tes dortoirs. T'as déjà du mal à supporter tes camarades, si tu devais côtoyer ton frère chaque jour au château en plus des vacances scolaires chez vous, t'aurais vite pété les plombs. Encore plus que ce que tu fais déjà quoi.

- Non, je suis chez Serdaigle. Mon frère est à Serpentard, alors je voulais pas y aller. Je veux pas être comme lui, il m'énerve.

Non, tu ne veux pas être comme lui, tu veux être mieux. Meilleur dans tous les domaines, même si ça relève de l'impossible. T'en as marre de vivre continuellement dans son ombre, t'en as marre des comparaisons incessantes qui sont toujours en sa faveur. Il t'explique alors pourquoi il est gentil avec toi, mais tu secoues légèrement la tête de gauche à droite. Il n'a pas compris ta question. Peut-être qu'il croit réellement aux secondes chances, mais tu ne comprends pas pourquoi il n'y aurait que ça. T'as accepté de discuter avec lui uniquement pour qu'il ne parle pas à tes parents de ce qu'il s'est passé. Tu ne fais ça que pour t'éviter davantage d'ennui auprès d'eux, pas parce que tu es quelqu'un de bien. Mais il a raison sur un point : dès lors qu'on s'énerve contre toi, tu as tendance à te braquer, et il n'y a alors plus rien à tirer de toi. Cependant, t'es bien décidé à avoir une vraie réponse.

- Oui mais... Pourquoi vous êtes gentil avec moi ? Qu'est-ce que ça vous apporte à vous ?

C'est ça qui te perturbe. Tu sais que les gens ne font jamais les choses sans raison. Il faut toujours qu'ils aient quelque chose à gagner. La bonté gratuite, ça n'existe pas dans ce monde, tu l'as bien remarqué. Ce type ne te connaît pas, il ne te reverra sûrement jamais, et pourtant, il est sympa avec toi sans raison apparente. T'as besoin de savoir ce qui le pousse à faire ça. Il te dit alors que tu dois avoir confiance en toi et en tes capacités pour réussir. T'as confiance en ce que tu es capable de faire. En toi, beaucoup moins, mais tu t'efforces d'avoir toujours l'air confiant. C'est la seule attitude qui vale pour être un gagnant. Tu rougis légèrement lorsqu'il te dit qu tu ne dois plus voler parce que tu vaux mieux que ça. Tu lui adresses un petit sourire gêné, quoi que sincère.

- Oui Monsieur. Pardon d'avoir essayé de vous voler.

T'as un don pour balancer tes excuses trois plombes après tes méfaits. Faut croire que tu attends de voir si tes victimes les méritent réellement avant de les donner.

Le prince des voleurs PV Edward Penwyn
Il ne put retenir un rire amusé lorsqu'Azaël lui demanda une seconde fois pourquoi il était aussi gentil avec lui et si ça lui apportait quelque chose. La remarque amusait l'adulte car il comprenait que pour l'enfant, rien n'était gratuit et que l’altruisme sincère n'existait pas. Drôle de vision du monde pour un enfant aussi jeune, qui à son âge devrait voir le monde au travers d'yeux innocents. À l'inverse, Edward s'imaginait qu'un peu de bonté dans ce monde ne faisait pas de mal et qu'il était tout à fait possible de faire une bonne action sans rien attendre en retour. Ce n'était pas pour rien qu'il avait été envoyé à Poufsouffle pour faire ses études à Poufsouffle après tout.

- Ça ne m'apporte rien à moi en particulier. Mais je me dis que si je suis capable d'être sympa avec toi sans rien attendre en retour, tu pourras à ton tour être gentil avec d'autres et ainsi de suite. Vouloir que le monde devienne un meilleur endroit est tout ce que j'espère.

C'était sans doute un peu trop idéaliste, mais c'est ce qu'il pensait. Une bonne action en menait à une autre. Même si il ne récoltait pas de résultats immédiatement pour son geste, il était sûr que ça arriverait plus tard. Sans pour autant être superstitieux, Edward pensait qu'il existait un karma. Toujours aussi souriant, l'homme avait apprécié que l'enfant finisse par s'excuser d'avoir voulu volé son portefeuille. Après tout, il n'avait pas été contraint à le faire, ce qui était appréciable.

- Ce n'est pas grave, il ne faut juste pas que ça recommence, promis ? Tu mérites bien mieux que faire le voleur sur le Chemin de Traverse.

L'heure tournait et la journée arrivait bientôt à son terme. Edward avait passé bien trop de temps que prévu sur le Chemin de Traverse entre la discussion avec les Sangblanc et cette incongrue rencontre avec Azaël. Il n'allait pas tarder à être en retard à son rendez-vous avec son amie, alors, il devait mettre un terme à ce rendez-vous. Se relevant en appuyant ses deux mains contre le mur de la boutique, le sorcier se tourna vers l'enfant et lui dit :

- Bon. J'espère que notre discussion a porté ses fruits et que ça n'a pas été dans le vent ! Il faut que j'y aille. Peut-être aurons-nous la chance de nous croiser, qui sait de quoi sera fait l'avenir ? Au revoir Azaël.

Sur ses mots, Edward fit volte-face, laissant l'enfant derrière lui. Il ne savait pas ce qu'il adviendrait d'Azaël, il espérait juste ne pas le retrouver de nouveau dans une situation similaire. À l'avenir, il serait sans doute beaucoup moins clément qu'aujourd'hui.

Merci pour ce RP ! :) Fin pour moi !

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily