16 sept. 2019, 00:07
Amères retrouvailles  feat Edward Penwyn 
Il fallait croire que les mots qu’elle avait distillés à l’oreille de Penwyn faisaient leurs chemins. Les traces de colère sur son visage disparurent. Pire, il semblait même que le sorcier qui lui faisait face de toute sa hauteur quelques instants plutôt, se soit quelque peu tassé sur lui-même. Le regard moins noir. Dans ses pensées, la trentenaire pensa que les orages n’étaient pas parti loin. Qu’il suffirait d’une phrase dite ou comprise de travers pour que cela reparte dans un tourbillon de colère et de hargne qu’elle n’était pas prête à supporter. C’était peut-être le bon moment pour partir ? Oui, elle aurait dû partir. Mais le regard que Penwyn lui lança, tellement rempli de compassion, de pitié ? La laissa sans voix, empêchant même ses jambes d’effectuer le moindre mouvement lui permettant de se soustraire de cette conversation désagréable.

Il évoqua l’idée – qui lui avait maintes fois traversées la tête – de s’enfuir loin de chez eux, de chez elle. Mais pour aller où ? Pour faire quoi ? Elle était prisonnière de ces barreaux dorés. De ce masque qu’elle devait prendre sans arrêt, de ce nom qui la rattachait à cette famille. Tout, absolument tout l’empêchait de partir, de les quitter. Alors qu’elle écoutait toujours les paroles d’Edward, la jeune femme se laissa choir sur une chaise à proximité. La colère la rendait faible, elle ne supportait pas ça. Elle n’aimait pas ce sentiment qui gouvernait son cœur, qui empêchait son esprit de réfléchir de manière posée. « Tu peux très bien vivre sans eux ». Elle releva la tête vers lui, ricana un instant. Non, il ne savait pas, il ne savait rien. L’ignorance transparaissait dans toutes les paroles réconfortantes qu’il essayait de lui dire. Une Taylor ne renonce pas à son nom si facilement. Jamais, à dire vrai, dans l’histoire de la famille, une Taylor n’avait pu se soustraire à l’autorité familiale.

Sa grand mère paternelle, Cecil, avait essayé. Depuis Joanne ne l’avait jamais revu. Pourtant, elle la savait en vie, bien entendu. Mais retenue de force, contre son gré. Quelque part où son grand-père Wilhem devait exercer son « pouvoir » sur elle. L’archiviste ne put retenir un frisson de dégoût. Long frisson qui longea son échine pour terminer à la naissance de sa nuque. Les yeux hagards, elle ne fixait plus rien. La voix de Penwyn résonnait au loin. Il lui contait les mérites d’amis qu’elle n’avait pas, de famille qu’elle pouvait choisir. Et c’est presque d’une voix blanche, éteinte, dénuée de toute colère ou de quelconque sentiment, qu’elle s’exprima « Des amis ? ». Hochant la tête de droite à gauche avec un sourire un peu … abîmé ? Elle réfuta l’hypothèse d’un simple « Je n’ai personne », sans aucun détour, sans aucune fioriture. Juste sa vérité, simple et nue. Aussi blessante soit-elle.

Quelques secondes passèrent ainsi, où la jeune femme resta hagard, à fixer parfois le vide, parfois un point sur l’horizon, avant qu’elle ne se relève. Prenant subitement conscience de l’état de faiblesse dans lequel elle se trouvait. « C’était une erreur, je n’aurais pas dû venir, je suis désolée ». Le regard habituellement tempétueux de Joanne était à présent éteint. Seul l’éclat de sa couleur pouvait encore supposer l’existence d’une âme au travers.

28 sept. 2019, 21:43
Amères retrouvailles  feat Edward Penwyn 
Les maigres mots que Joanne lui adressa coulèrent le long de son dos comme une douche froide. Il n'y avait plus la moindre étincelle, la moindre trace de vie dans les yeux de la femme. On aurait dit qu'un pantin animé se dressait devant lui et tentait d'imiter du mieux qu'il pouvait un semblant d'humanité. Personne. Elle disait n'avoir personne pour lui venir en aide. Était-ce la vérité ? Comment se pouvait-il qu'elle soit à ce point isolée du reste du monde pour ne pas pouvoir s'enfuir de sa prison familiale ? Impossible, il y avait forcément des personnes pour lui venir en aide, elle se voilait juste la face.

L'attitude de la femme laissait Edward bouche-bée. Il ne savait plus du tout où se placer ou quoi lui répondre. Assistant impuissant à la scène, il la regardait dans les yeux en silence en tirant la moue, ses bras dépliés le long de son torse. Aucun mot ne voulait sortir de sa bouche car le peu qu'il avait dit précédemment n'avait pas eu l'impact désiré. Il avait peur qu'une autre de ses phrases mènent à un autre moment de gêne, alors il se taisait. Jamais une personne ne l'avait autant déstabilisé, alors au lieu de parler, il préféra mettre affectueusement sa main sur son épaule droite pour la réconforter.

Une fois le contact physique rompu, le sorcier vint s'asseoir sur un tabouret à côté de son ancienne camarade de classe. Il aurait bien besoin d'un verre de whisky pur-feu supplémentaire, mais il avait peur que la femme ne prenne ses jambes à son cou si il lui tournait le dos quelques instants. 

- Arrête, dis pas que tu as pas d'amis. Il y a forcément des gens qui voudront t'aider à te casser de chez toi... dit l'homme avant de se racler la gorge. Je peux t'aider moi.

Edward proposait son aide à une personne travaillant pour Ursula Parkinson. De nombreuses personnes dans son organisation deviendraient rouges si ils apprenaient ça, mais il s'en fichait. Il s'était engagé dans cette rébellion pour faire ce qui était juste, et laisser une personne en détresse à son triste sort ne l'était pas. En plus, l'homme était presque sûr que, libérée de l'emprise familiale, Joanne serait capable de prendre les bonnes décisions et de ne plus travailler pour le Conseil des Sorciers. Pour détendre l'atmosphère, il se mit à rire et dit :

- Il y a à peine quelques minutes, je m'énervais contre toi et voilà maintenant que je veux t'aider. Le rire s'accentue jusqu'à devenir incontrôlable. Je sais vraiment pas ce qui va pas chez moi.

Des larmes de rire apparaissaient sur le contour de ses yeux tandis qu'Edward était incapable de s'arrêter de rire. Le trop plein d'émotions qu'il avait accumulé depuis le début de la conversation avec Joanne ressortait et il ne contrôlait plus rien.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily

14 oct. 2019, 13:51
Amères retrouvailles  feat Edward Penwyn 
Elle s’était préparée à tout en venant à cette réunion. Mais force est de constater qu’elle n’avait pas pensé au pire. A ce craquage-là. Ses yeux ressemblaient à un barrage d’eau, presque trop pleins, trop débordants. L’azur s’en retrouvait presque noyé alors qu’elle refusait de laisser couler sur ses joues blanches le trop plein d’amertume et de douleur. Elle était perdue à la contemplation de sa vie, à toutes ces années qu’elle avait perdu à obéir aux moindres désirs de ses parents. Elle ne supportait plus cette vie-là, elle n’en pouvait plus. Et pourtant, elle restait là, inerte. Incapable du moindre mouvement. Du moindre départ. Une éternelle prisonnière de ses propres toiles. De ses propres démons.

C’est le geste de Penwyn qui la ramène à la réalité. Cette main chaleureuse posée sur son épaule. Alors que, quelques secondes plutôt, il l’avait sermonné comme l’on pouvait sermonner un enfant. Désormais, le voilà qui s’asseyait près d’elle, qui tenait même de la rassurer. Les quelques mots qu’il lui laissa tirèrent une grimace de dégout à la jeune femme. Il ne semblait pas prendre conscience qu’elle n’avait personne. Pire encore, l’homme qui venait de l’incendier se proposait désormais à l’accueillir chez lui. Cette fois-ci, elle le regarda interloquée, en profitant au passage pour essuyer ses yeux d’un geste rageur de la main.

Et il fallait croire que sa propre proposition prêtait à el faire sourire – voire rire – car l’homme était parti dans un espèce de fou-rire qu’il avait toutes les peines du monde à contrôler. « Je sais vraiment pas ce qui va pas chez moi ». Rien. Il était juste doué d’empathie, et c’était la première fois que Joanne en bénéficiait de la part de quelqu’un. Pas de manière intéressée, non. Juste pour l’aider. Elle, de son côté, lui adressa un sourire un peu bête. Elle ne savait pas trop comment faire pour l’aider lui, à calmer ce rire incontrôlable qui semblait s’être épris de lui.

« Je devrais y aller ». Oui, c’était la seule solution. Elle se lève d’un mouvement brusque mais ses jambes ne la portent plus. Elle titube comme si elle avait bu plus que de raison alors qu’il n’en est rien. Elle voit la porte de l’établissement comme une sortie de secours, comme quelque chose à atteindre à tout prix. Pourtant, elle n’y va pas. S’arrête même. Pourquoi devait-elle sans arrêt fuir ? Elle l’ignorait, mais une fois encore, c’est le choix qu’elle fit, s’extirpant de l’établissement, de cette réunion à laquelle elle n’aurait pas dû se rendre.

Arrivée à l’extérieur, elle s’adossa sur le mur et pris sa tête entre ses mains, s’autorisant à déverser le trop plein qui refusait de sortir quelques instants plutôt. Ses yeux débordaient de tous les sentiments qu’elle gardait en elle, qu’elle conservait et portait comme un fardeau. Son corps était parcouru de sanglots incontrôlables. Il ne fallait pas qu’elle soit vue ainsi. Jamais.

21 oct. 2019, 00:06
Amères retrouvailles  feat Edward Penwyn 
L'homme eut à peine le temps d'essuyer les larmes de rire qui perlaient au coin de ses yeux que Joanne en profita pour disparaître ; son ancienne camarade de Poudlard se dirigeait dès à présent vers la sortie après lui avoir dit qu'elle devait partir, et il ne pouvait rien faire pour l'en empêcher. Edward assistait au départ de la femme sans rien pouvoir faire - il n'allait quand même pas lui courir après. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir de l'avoir mis dans cet état-là. Il l'avait poussé dans ses derniers retranchements et l'avait piqué là où ça faisait mal sans connaître son histoire et son passé, s'arrêtant à une première impression qui ne la définissait pas.

Edward ne prenait plus de plaisir à la soirée. Elle était définitivement bien plus embarrassante qu'il ne l'avait imaginé entre les piques lancés par ses anciens camarades et sa discussion avec cette femme ; il décida de suivre l'exemple de Joanne après avoir fini le fond de son verre de whisky pur-feu et sortit par la porte principale sans dire au revoir à qui que ce soit.

Respirant tout juste l'air frais de l'extérieur, le sorcier remarqua une silhouette adossée contre un mur, la tête entre les mains. Il ne lui fallut guère longtemps pour reconnaître la femme qui venait de sortir à pas précipité de la soirée. La voir dans cette position, seule, le fit se sentir encore plus mal après les propos qu'il lui avait tenu. Impossible pour lui de la laisser dans cet état-là, alors il s'avança rapidement vers elle, et sans rien dire, s'adossa à son tour contre le mur. Avant de dire quoi que ce soit, l'homme sortit une cigarette de sa poche et la porta à sa bouche pour l'allumer.

- Tu en veux une ? lui demanda Edward en levant le paquet vers elle.

Il la regarda quelques instants dans les yeux, profitant de ce répit pour déterminer ce qu'il allait lui dire. Les paroles réconfortantes qu'il avait tenté de lui dire à l'intérieur n'avaient pas fait mouche, le rendant complètement désemparé sur l'attitude à aborder.

- Concrètement, il faudrait quoi pour que tu te sortes de cette situation ? Et ne dis pas que c'est impossible. Ce sera difficile, mais tu ne peux pas rester avec ces chaînes toute ta vie.

Edward posa sa main libre sur son genou, plaqua sa tête contre le mur de briques et en profita pour regarder le ciel étoilé. Seules quelques étoiles étaient visibles dans le ciel londonien, la pollution lumineuse ne permettant pas d'en voir plus.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily

22 oct. 2019, 14:26
Amères retrouvailles  feat Edward Penwyn 
Dehors, elle se sent mieux. Les larmes affluent sans qu’elle ne se pose la moindre question. Ses mains recouvrent ses yeux bouffis, rougis par ce trop-plein qui s’écoule. Elle soupire, longuement. Elle aimerait disparaitre, s’enfermer sous terre, sans avoir le moindre espace pour toutes les pensées qui l’assaillent. Pourtant elle le sait, elle ne peut pas s’y soustraire. Elle ne peut pas échapper à ce poids qui recouvre ses épaules, elle ne peut pas échapper à cette douleur qui serre son cœur. Elle est au plus profond de ses pensées quand un bruit la ramène à la réalité, juste à côté d’elle.

Elle n’ose pas enlever ses mains de ses yeux, elle veut cacher la douleur qui l’assaille, pour ne jamais s’afficher ainsi. Mais c’était mal connaître l’individu qui était à présent rendu à côté d’elle. Penwyn. Encore. N’était-il pas possible qu’il lui fiche la paix ? N’avait-il pas fait assez quelques instants plutôt ? Elle soupire mais pourtant, extirpe une cigarette du paquet tendu. Elle n’avait jamais fumé. Absolument jamais. Durant ce cours laps de temps où les doigts tremblants de la sorcière se saisissent de la cigarette, son regard croise celui de son ancien camarade.

La pitié qu’elle perçoit dans ses yeux lui ferait presque tirer un haut-le-cœur. Était-elle condamnée à n’être qu’une chose fragile ? Pourtant, la question qui fait suite à ce regard lui laisse apercevoir un infime espoir. Quelque chose qu’elle n’avait pas perçu jusqu’alors. Comme si, au bout du tunnel qu’elle traversait, il y avait une lumière. Quelque chose à laquelle elle pouvait se raccrocher. Véritablement. Comme une simple bouée en pleine mer.

Alors que l’homme regardait les étoiles, la sorcière murmura un simple « Qu’ils meurent tous les deux oui ». Et là, elle serait débarrassée, même vengée de cette insupportable vie qu’ils lui avaient offerte. Quels étaient les parents qui aimaient faire souffrir ainsi leur enfant ? Ils n’avaient de parents que le nom, rien de plus. Elle portait d’ailleurs l’héritage de la famille sur ses épaules alors qu’elle le savait : elle en était indigne. Elle se redressa, comme soudainement illuminée par cette idée. Il y avait de la fatalité dans les propos énoncés, mais surtout une grande part de vérité. « Je pense que s’ils disparaissaient, je n’aurais plus ce genre de problème ». Des problèmes pires encore, peut-être ?

Elle tenait toujours la cigarette dans sa main, la faisait tournoyer entre ses doigts. Incapable de se décider à la porter à sa bouche. C’était devenu son anti-stress. Comme une aide pour permettre à ses pensées de se diriger vers le but final que la sorcière venait de se fixer. Elle venait seulement d’en prendre conscience : elle ne pourrait vivre que lorsque ses parents n’existeraient plus. C’était aussi simple que cela.

27 oct. 2019, 00:05
Amères retrouvailles  feat Edward Penwyn 
On pouvait s'attendre à ce qu'il fasse froid dans les rues de Londres à cette heure-là de la soirée, mais Edward, vêtu d'un t-shirt noir classique, était loin d'avoir froid. Adossé contre le mur, ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit en grand lorsque Joanne répondit à sa question. Avait-il vraiment entendu ce qu'il pensait ? La sorcière venait-elle d'expliquer qu'il fallait que ses deux parents meurent pour qu'enfin elle soit libérée de leur joug ? Après la stupéfaction liée à sa réponse, les sourcils de l'homme se froncent ; il ne sait pas quoi lui répondre sans la vexer. Il lui avait demandé ce qu'il fallait faire pour qu'elle s'en sorte, et elle lui avait répondu en toute honnêteté. 

Faisant glisser sa cigarette entre ses doigts, Edward regardait son interlocutrice avec un air grave sur le visage. Il était bien entendu hors de question qu'il l'aide en quoi que ce soit pour faire disparaître ses parents - pour qui le prenait-elle en lui parlant de ça ? - mais son côté altruiste ne pouvait s'empêcher de vouloir lui venir en aide.

- Tu sais très bien que ce n'est pas la bonne solution. Si ils disparaissaient demain, tu serais sans doute soulagée les premiers jours, mais la réalité te rattrapera bien assez vite. Il faut que tu règles ce problème différemment, proprement. 

Il détourna son regard de la sorcière pour regarder de nouveau le ciel étoilé. Tuer n'était pas une solution envisageable. Il y avait des châtiments bien pire que la mort, et c'est ce que sans doute les parents de Joanne méritaient pour contrôler ainsi leur fille. Sans la regarder, il rajouta :

- Tu ne dois pas te perdre en chemin. À quoi bon gagner ta liberté si tu n'es plus que l'ombre de toi-même ?

Seulement, ce qu'il lui disait ne l'aidait pas à avancer. Il s'était contenté de refuser la solution qu'elle proposait. Depuis leur début de la discussion, Edward lui avait dit qu'il était possible de se débarrasser de l'influence de ses parents et pourtant, il n'arrivait pas à trouver une solution viable. Ironique, non ?

- Tu peux les faire sortir de ta vie. T'entourer de suffisamment de personnes pour que tu n'aies plus à craindre de représailles venant d'eux. Ça peut-être des collègues de travail, des amis, que sais-je. Mais il ne faut pas être seul dans cette situation.

Le sorcier plongea son regard dans celui de la femme. Il ne pouvait s'empêcher de se demander si elle allait vraiment l'écouter ou si elle allait chercher par tous les moyens possibles à ce que ses parents disparaissent, avec ou sans son aide.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily

12 nov. 2019, 12:09
Amères retrouvailles  feat Edward Penwyn 
Était-ce l’alcool qui avait atteint son esprit, qui avait altéré son discernement ? Peut-être oui. Peut-être que ce besoin de vengeance qu’elle ressentait actuellement n’était rien face à la honte qu’elle pourrait ressentir demain matin, à froid, quand l’enivrement serait retombé. Elle regardait son ancien camarade avec un air ahuri sur le visage : il ne pouvait pas comprendre, il ne le pourrait jamais. Quel dommage. Disait-il vrai en pensant que la réalité la rattraperait ? C’était amusant pour Joanne, elle avait d’un côté l’impression qu’il lui disait que c’était impossible et que de l’autre cela devait être fait proprement : pour ne pas qu’on remonte à elle peut-être ?

« À quoi bon gagner ta liberté si tu n'es plus que l'ombre de toi-même ? » mais qui était-elle exactement ? Elle n’avait toujours été que le pantin de ses parents, servant la famille Taylor dans la plus stricte intimité. Apprenant les us et coutumes d’un monde aristocratique dans lequel elle ne se reconnaissait pas mais dans lequel elle excellait. Comment savoir qui elle était réellement ? Qui pouvait se targuer de la connaître par ailleurs ? Elle, et vraiment elle. Pas l’ombre qu’elle était, perdue dans la silhouette de ses deux parents.

Elle avait suivi son regard vers les étoiles, se perdait à la contemplation de celles-ci. Cherchant, aux tréfonds d’elle-même, qui elle pouvait bien être en vérité. Elle aurait aimé savoir, tout de suite, ce qui se cachait sous les traits de la bâtarde qu’elle était. Savoir ce qu’elle aimait, ce qu’elle voulait. Sans l’influence de quiconque. Douloureux réveil alors que les mots réconfortants d’Edward perfore son esprit, doucement. Pouvait-elle trouvé des âmes sur qui s’appuyer ? Sur qui elle pourrait se reposer sans craindre la remontrance ou les représailles ? Elle n’en savait rien.

Au fond d’elle, et alors que le regard du sorcier se reportait sur elle, sa conscience s’éveillait. Elle serait tranquille si elle abattait une pièce principale dans le jeu d’échec qu’était sa famille. Une seule pièce et elle serait tranquille, personne n’oserait alors lui chercher le moindre souci. Elle pourrait être celle qu’elle voulait être, quand bien même elle n’en avait encore aucune idée. « Tu as sans doute raison … ». Un murmure doux, un peu voilé, comme s’il était recouvert des mille mensonges qu’elle avait du affronter. De cette vérité qui se refusait à elle, encore. Un jour, elle saurait, elle comprendrait qui elle était et ce jour-là n’en serait que plus beau de par les épreuves qu’elle avait traversé. « Il va falloir que j’apprenne à m’entourer » et cela s’avérer compliqué, tant la jeune femme n’était pas du genre à sympathiser avec celles et ceux qui l’entouraient.

26 nov. 2019, 23:20
Amères retrouvailles  feat Edward Penwyn 
Lorsque Joanne finit par revenir à la raison et arrêta de se plaindre de chacune des propositions qu'il lui faisait, un sourire apparut sur le visage de l'homme gallois. Faisant tourner sa cigarette entre ses doigts,  il regardait le ciel pour que le silence s'installe et dure entre eux deux. Son ancienne camarade de classe avait besoin de méditer sur ce qu'elle venait de dire. Effectivement, comme il lui l'avait dit et comme elle l'avait répété, elle avait besoin de s'entourer de personnes de confiance pour s'éloigner de sa famille tyrannique qui ne savait pas l'apprécier à sa juste valeur. Seulement, il ne s'agissait pas de rentrer dans le premier groupe de sorciers qui se présentait à elle, mais d'être sélective afin que des esprits malveillants ne profitent pas de sa peine et de sa douleur pour la manipuler.

- Attention par contre. Je ne veux pas que tu cherches à tout prix des personnes pour ne plus être seule. C'est vraiment la dernière des choses à faire. Il faut que tu sois sélective et que tu réfléchisses bien avant, car dans des situations comme ça, il est très facile de se faire embarquer dans un nouveau groupe qui sera pire encore.

La fraîcheur de la soirée commençait à faire frisonner Edward qui resserra son manteau autour de lui pour tenter de s'abriter du mieux qu'il pouvait. En faisant ça, la montre qui dépassait à son poignet sortit de sa manche et l'adulte remarqua que la soirée était déjà bien avancée. Il était tard, il allait devoir rentrer dans ses appartements avant que sa compagne ne s'inquiète de son absence. Écrasant sa cigarette contre le mur derrière lui, il se releva doucement pour ne pas brusquer son corps, puis regarda la femme.

- Il se fait tard, je vais devoir y aller, désolé.

Il réajusta son manteau qui s'était mis de travers pendant qu'il était assis avant de reprendre :

- N'oublies pas ce que je t'ai dis, d'accord ? Et si tu as besoin d'aide, écris-moi, ton hibou saura trouver mon adresse. Bonne soirée Joanne. Enfin, bonne, c'est beaucoup dire.

L'homme engouffra ses deux grandes mains dans les poches de sa veste avant de tourner le dos à Joanne. Il n'avait pas autant profité de la soirée qu'il avait prévu, n'avait pas obtenu suffisamment d'informations intéressantes auprès de ses anciens collègues, mais au moins, la soirée n'avait pas été aussi barbante que ce qu'il avait imaginé en acceptant l'invitation.

Fin du RP pour moi ! Merci pour ce RP Jojo, et à bientôt à Poudlard !  :grin:

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily