Des rives chatoyantes

Zikomo
Compagnon d’Aelle
Qu'est-ce qu'Aelle ? L'humaine bute.
Qu'est cette enfant pour lui, Zikomo ? Il s'est longuement posé la question lorsque le Grand Maître est arrivé au château en mai dernier. Il a vu là une occasion incroyable : Zikomo a remis ses ambitions en question. Que voulait-il ? Que souhaitait-il ? Et il s’est demandé ce que pourrait être sa vie s’il arrêtait d’être Messager des rêves pour simplement devenir le compagnon de cette jeune humaine ; pour la première fois, il partagerait la vie d'une européenne, d'une totale étrangère qui, en quelques mois, s'est imposé dans son coeur. Il s'est imaginé partir avec le Grand Maître, reprendre sa vie, ses habitudes, ses devoirs. Mais comment aurait-il pu ? Il aime Aelle. D'une affection qui n'a pas de nom. Les yeux du Mngwi se plissent. Si l'enfant face à lui le connaissait suffisamment peut-être aurait-elle pris ce geste pour un sourire.
Zikomo se dresse lorsque l'humaine fait mine de partir. Il s'approche d'elle, se désolant intérieurement de la tendance qu'a Aelle de faire fuir tout ceux qu'elle pourrait apprécier.
« Ne pars pas, demande-t-il en levant le museau vers elle. Ne t'occupe pas d'Aelle. Elle est seulement en colère, ça lui passera. »
Il regarde sa jeune amie qui boude dans son coin avant de reporter son attention sur l'enfant qui lui fait face.
« Tu t'appelles Aliénor, c'est ça ? Aelle m'a parlé de toi. Excuse-la, je t'en prie. »
S'il peut arranger les choses, il le fera. Il a rapidement compris qu'Aelle repousse systématiquement tous ceux qui l’approche ; seuls les plus patients ont la chance de dépasser cette barrière pour connaître le coeur véritable de cette gamine.
« Quant à moi, je ne suis qu'un Mngwi. Un renard d'encre. Je viens d'Afrique et je doute que tu puisses rencontrer mes semblables ici, en Écosse. »
Son regard est insondable. Il laisse quelques secondes s'écouler avant de se tourner vers Aelle, ses petites oreilles s'agitant sur sa tête.
« Elle est…, hésite-t-il, mon amie. Mon alliée, mon âme-sœur… Je te laisse l'appeler comme tu le désires. » D'une voix joueuse, il ajoute : « Si tant que ce soit positif. Et que ça sous-entende que je l'aime. »
Aelle deviendrait rouge si elle l'entendait. Elle crierait quelque chose qui pourrait ressembler à : « Dis pas n'importe quoi, Mngwi ! » et lui lancerait un regard noir. Mais Zikomo saurait, pour l'avoir déjà entendu dire, qu’elle pense tout comme lui.
Aelle
Ils parlent. Du coin de l’oeil, je les vois. Je ne peux les entendre et cela me donne envie de crier. Mon coeur bat à tout rompre dans ma poitrine. Je me demande si Delphillia l’insulte encore. Je me demande si Zikomo lui avoue mes secrets. Surtout, je m’empêche de bouger. Aucun des deux n’a mérité ma présence. Puisque Zikomo avait l’air si impatient de me voir partir, il n’a qu’à se débrouiller tout seul !
Mais je ne veux pas rester là. Par Merlin, je souffre de mon immobilité. Ma jambe tressaute, mon coeur fait des bonds, mes dents mordillent ma lèvre. Je déteste, nom de Merlin, lorsque Zik parle à des Autres ! Qu’est-ce qu’il peut bien lui trouver, à cette gamine insupportable qui ne sait que crier, qui ne sait que frapper ? Hein ? Elle n’a rien du tout d’intéressant.
Il me faut toute ma volonté pour détacher mon regard de l’étrange duo et le poser devant moi. Et une volonté plus grande encore pour diminuer la boule douloureuse dans ma gorge et les larmes qui me viennent aux yeux.
Je n’ai aucune raison de pleurer.
J’ai raison et ils ont tort.
J’enfonce mes doigts dans mon bras, hors de moi.
Je compte trois battements de coeur jusqu’à n’en plus pouvoir de regarder devant moi. Alors je me tourne et jette mon regard avide sur Zikomo.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 20 oct. 2019, 12:17, modifié 1 fois.
Des rives chatoyantes
Le renard retint Aliénor qui hésitait déjà à partir. Colère ? Comme elle finalement. La petite Delphillia savait ce que c’était de perdre le contrôle, elle qui n’avait aucune gestion de sa colère en ce moment. Elle soupira en faisant glisser son regard vers la principale concernée qui avait les yeux rivés sur le lac. Mais même si Aliénor se reconnaissait en la colère d’Aelle, elle ne la comprenait toujours pas. Indéchiffrable, elles n’étaient peut-être juste pas faites pour se comprendre.
Aliénor acquiesça d’un mouvement de tête quand Zikomo lui avoua qu’Aelle lui avait parlé d’elle. Elle fronça un peu les sourcils alors que son regard revenait vers le renard avec une lenteur lui permettant de réfléchir un peu. Aliénor avait juste ignoré Aelle après cette entrevue dans le couloir, elle l’avait rayé de sa vie et elle pensait que l’autre avait fait de même. Mais chacun réagit à sa façon.
Son regard s’encra définitivement au Mngwi quand il lui apprit sa véritable nature. Aliénor ouvrit de grands yeux, il était sûr qu’elle n’en avait jamais rencontré et qu’elle n’en rencontrera pas d’autre. Si elle a l’occasion de dire ça à son père il ferait certainement une syncope. Lui le passionné de créatures qui en a fait son métier et dont le seul désir est d’en apprendre un maximum sur toutes les créatures qui permettent à la nature de maintenir son équilibre. Mais il est loin et Aliénor n’aura peut-être pas l’occasion de lui dire… Tant pis.
-C’est sur que c’est loin d’être le même climat qu’en Afrique…
Ça ne doit pas être facile de quitter tout ce que l’on connait de se retrouver dans un environnement qui n’est pas le nôtre, entouré d’élèves curieux et pas vraiment discrets.
Puis il parla d’Aelle. Aliénor resta suspendue à ses paroles, elle n’avait jamais entendu quelqu’un parler comme ça d’une autre personne. Elle resta un moment sans rien dire son regard passant de Zikomo à Aelle. C’était ça alors l’amour ? Du moins l’expression de l’amour ? Tout quitter pour quelqu’un et tout faire pour lui, pour son bien. C’était bien la première fois qu’Aliénor entendait parler d’amour et que cela ne la dégoutait pas ou ne l’indifférait pas. C’était différent de ce qu’elle avait pu constater chez les élèves de Poudlard. C’était plus pur, plus vrai, plus concret et juste simple. Quelque chose qu’elle pouvait comprendre. Enfin, elle n’était certainement pas prête à avoir ce genre de sentiment quoi que… Aliénor songea à ses parents. Elle serait prête à tout quitter pour les rejoindre en Espagne ? Elle n’y avait jamais réfléchit. Elle aime ses parents plus que tout. Mais non, ce n’était pas comparable.
-Aelle a de la chance de t’avoir.
Le regard de la fillette était perdu dans le vide. Elle était immobile, comme plongée dans un autre monde.
-Ton âme-sœur…
Sa voix se perdait dans son souffle et était presque immobile. Mais comme tous les animaux Zikomo devait avoir une ouïe bien plus développée que nous pauvres humains.
-J’en veux pas à Aelle, je pense qu’on n’arrive juste pas à se comprendre. Vous êtes âmes-sœurs et nous, nous sommes esprits contraires.
Aliénor revint dans le monde en posant ses yeux sur le Mngwi. C’était assez compliqué à prononcer, même dans son esprit, mais peu importe, il était bien plus sympathique qu’Aelle, du moins aux yeux de la fillette.
-Je suis désolée si je t’ai offensé tout à l’heure… T’es pas une « bestiole normale », mais quand je me sens mal à l’aise, j’essaye de me persuader que tout va bien, je voulais juste en finir au plus vite.
Aliénor haussa des épaules avant de lancer un petit sourire gêné à Zikomo. Elle prit une grande inspiration, il avait réussi à l’apaiser ce qui n’était pas des plus aisés. Bon après elle n’était pas autant énervée qu’à leur première rencontre. Mais il avait empêché que les filles commettent quelque chose qu’elles n’avaient pas à faire.
-Tu devrais peut-être la rejoindre non ?
Aliénor indiqua Aelle du menton. Elles ne seraient probablement jamais amies, Aliénor l’ignorera probablement comme elle le faisait auparavant, mais Aliénor n’est pas encore complète. En ce moment elle laisse bien plus s’exprimer son côté sombre que son côté enfantin qui la guidait avant. Zikomo l’avait fait ressortir. Mais elle n’arrivait pas encore à les faire fonctionner ensemble, elle doit apprendre Et c’est à ça que sert l’adolescence non ?
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Aliénor acquiesça d’un mouvement de tête quand Zikomo lui avoua qu’Aelle lui avait parlé d’elle. Elle fronça un peu les sourcils alors que son regard revenait vers le renard avec une lenteur lui permettant de réfléchir un peu. Aliénor avait juste ignoré Aelle après cette entrevue dans le couloir, elle l’avait rayé de sa vie et elle pensait que l’autre avait fait de même. Mais chacun réagit à sa façon.
Son regard s’encra définitivement au Mngwi quand il lui apprit sa véritable nature. Aliénor ouvrit de grands yeux, il était sûr qu’elle n’en avait jamais rencontré et qu’elle n’en rencontrera pas d’autre. Si elle a l’occasion de dire ça à son père il ferait certainement une syncope. Lui le passionné de créatures qui en a fait son métier et dont le seul désir est d’en apprendre un maximum sur toutes les créatures qui permettent à la nature de maintenir son équilibre. Mais il est loin et Aliénor n’aura peut-être pas l’occasion de lui dire… Tant pis.
-C’est sur que c’est loin d’être le même climat qu’en Afrique…
Ça ne doit pas être facile de quitter tout ce que l’on connait de se retrouver dans un environnement qui n’est pas le nôtre, entouré d’élèves curieux et pas vraiment discrets.
Puis il parla d’Aelle. Aliénor resta suspendue à ses paroles, elle n’avait jamais entendu quelqu’un parler comme ça d’une autre personne. Elle resta un moment sans rien dire son regard passant de Zikomo à Aelle. C’était ça alors l’amour ? Du moins l’expression de l’amour ? Tout quitter pour quelqu’un et tout faire pour lui, pour son bien. C’était bien la première fois qu’Aliénor entendait parler d’amour et que cela ne la dégoutait pas ou ne l’indifférait pas. C’était différent de ce qu’elle avait pu constater chez les élèves de Poudlard. C’était plus pur, plus vrai, plus concret et juste simple. Quelque chose qu’elle pouvait comprendre. Enfin, elle n’était certainement pas prête à avoir ce genre de sentiment quoi que… Aliénor songea à ses parents. Elle serait prête à tout quitter pour les rejoindre en Espagne ? Elle n’y avait jamais réfléchit. Elle aime ses parents plus que tout. Mais non, ce n’était pas comparable.
-Aelle a de la chance de t’avoir.
Le regard de la fillette était perdu dans le vide. Elle était immobile, comme plongée dans un autre monde.
-Ton âme-sœur…
Sa voix se perdait dans son souffle et était presque immobile. Mais comme tous les animaux Zikomo devait avoir une ouïe bien plus développée que nous pauvres humains.
-J’en veux pas à Aelle, je pense qu’on n’arrive juste pas à se comprendre. Vous êtes âmes-sœurs et nous, nous sommes esprits contraires.
Aliénor revint dans le monde en posant ses yeux sur le Mngwi. C’était assez compliqué à prononcer, même dans son esprit, mais peu importe, il était bien plus sympathique qu’Aelle, du moins aux yeux de la fillette.
-Je suis désolée si je t’ai offensé tout à l’heure… T’es pas une « bestiole normale », mais quand je me sens mal à l’aise, j’essaye de me persuader que tout va bien, je voulais juste en finir au plus vite.
Aliénor haussa des épaules avant de lancer un petit sourire gêné à Zikomo. Elle prit une grande inspiration, il avait réussi à l’apaiser ce qui n’était pas des plus aisés. Bon après elle n’était pas autant énervée qu’à leur première rencontre. Mais il avait empêché que les filles commettent quelque chose qu’elles n’avaient pas à faire.
-Tu devrais peut-être la rejoindre non ?
Aliénor indiqua Aelle du menton. Elles ne seraient probablement jamais amies, Aliénor l’ignorera probablement comme elle le faisait auparavant, mais Aliénor n’est pas encore complète. En ce moment elle laisse bien plus s’exprimer son côté sombre que son côté enfantin qui la guidait avant. Zikomo l’avait fait ressortir. Mais elle n’arrivait pas encore à les faire fonctionner ensemble, elle doit apprendre Et c’est à ça que sert l’adolescence non ?
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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Des rives chatoyantes

Zikomo
Compagnon d’Aelle
Paisible, Zikomo toise Aliénor. Il l’écoute avec le plus grand sérieux, intégrant ses paroles comme Aelle intègre le savoir. Il l’aime bien, cette petite Aliénor. Même si elle a tort sur beaucoup de point. Quand elle parle d’Aelle, le Mngwi se tourne vers l’enfant qui boude au bord de l’eau. Elle les regarde et quand elle remarque Zikomo, elle tourne précipitamment la tête.
« Non, je vais rester ici, souffle doucement l’être bleu en observant Aelle. J’irais la retrouver quand il sera temps pour moi de le faire. »
Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il sait très bien qu’elle le repoussera avec des mots méchants s’il va la voir. Et Zikomo préfère amplement éviter cela, que ce soit pour lui ou pour Aelle. Il rend son regard curieux à l’enfant qui a décidé de rester. Il en est heureux. Quand il est avec Aelle, il n’a guère l’occasion d’échanger avec les élèves de Poudlard. Sa jeune compagne a un don certain pour éloigner les gens.
« Je ne suis pas offensé, dit-il enfin. Je suis une bestiole, c’est vrai. Mais tu en es une également et Aelle aussi. Il ne faut seulement pas oublier qu’il y a un coeur dans chaque être qui vit. Mais je ne pense pas que tu l’oublies. » Il secoue la queue, amusé. « Ni même que toi et Aelle soyez des esprits contraires, mais c’est un autre sujet. Je suis heureux que tu ne lui en veuilles pas. »
Intérieurement, il songe qu’un temps infini passera avant d’entendre les mêmes mots dans la bouche d’Aelle. Même si elle cesse d’être en colère contre cette jeune fille un jour, elle ne l’avouera jamais.
Comme attiré, Zikomo regarde encore vers Aelle. Il espère que le silence de cette dernière ne durera pas trop. C’est qu’elle peut être tenace, quand elle le souhaite. Mais Zikomo est vieux et il a encore plus de patience qu’elle.
Aelle
J’ai croisé son regard. Zikomo. Mon coeur bat à tout rompre quand je me détourne précipitamment. Merlin, je n’aurais pas dû regarder. Maintenant, il va croire que je veux revenir. Mais c’est hors de question que je fasse ça, je préfère mourir que retourner là-bas tant que Delphillia y sera. Cette fille me donne envie de vomir, je me demande bien pourquoi j’ai voulu qu’elle me comprenne. Et comment ai-je bien pu vouloir lui apprendre Frewd ? Elle ne sera de toute façon jamais capable de le comprendre ! Elle se contentera de faire comme ces centaines de lecteurs qui lisent béatement un livre sans en tirer quoi que ce soit. Puis après, elle dira j’aime ou j’aime pas, mais finalement elle n’aura rien retenu et surtout elle n’aura rien compris. Peut-être que je devrais me réjouir qu’elle soit ce qu’elle soit : si elle avait été autre, j’aurais été tenté de lui apprendre Frewd et finalement, des mois plus tard, lorsque je me serais rendu compte qu’elle n’est pas capable de le comprendre, je m’en serais voulu d’avoir donné à cet écrivain encore une lectrice incapable de le comprendre.
Je maugrée dans mon coin, mais je veux bien l’avouer : je me fous de Frewd à cet instant précis. Je me fous même de tous ces lecteurs qui ne pigent rien. Je me fous de tout. La seule chose que je veux, c’est retourner près de Zikomo pour entendre leur conversation. Comment pourrais-je faire ? Je réfléchis en mordillant ma lèvre, luttant contre l’attraction qui cherche à me faire regarder vers eux. Je pourrais venir chercher quelque chose dans mon sac ? Après tout, ce n’est pas parce que je ne veux pas de leur présence que je dois m’empêcher d’étudier, n’est-ce pas ? Mon idée est lumineuse ! Mon coeur en rate un battement : je vais y retourner, maintenant.
Il me faut quelques secondes pour remarquer que je ne bouge toujours pas. Et quelques secondes encore pour comprendre que des frissons grimpent le long de mon dos. *Allez, mais flippe pas ! Vas-y !*. Je ne risque rien. J’ai ma baguette dans la poche. Si Delphillia dit un mot de trop, je l’éjecte d’un coup d’expulso. Et si Zikomo me dit qu’il ne veut pas que je revienne ? Je l’expulse, lui aussi ? *Non !*. L’idée me fait frémir. Jamais je ne ferais de mal à Zik, jamais ! Je dois vraiment être dérangée pour penser à cela.
Je suis assez effrayée par mes pensées pour m’arracher à mon immobilité. Le coeur au bord des lèvres, je fronce les sourcils et reviens à grands pas vers l’endroit que j’ai quitté tantôt ; mon souffle se coupe quand je remarque que les deux sont en pleine discussion. Mais je braque mon regard sur mon sac et ne les regarde pas.
« ...heureux que tu ne lui en veuilles pas, » dit Zikomo lorsque j’arrive près d’eux.
Foutaises. Conneries. Ça parle pour ne rien dire. Je ne peux pas m’en empêcher : je lui jette un regard noir en m’agenouillant près de mes affaires.
« Continuez, j’fais que passer, » leur craché-je en démolissant la pile bien rangée de mes livres.
Puis je les soulève un à un et fais semblant de lire la quatrième de couverture. Mes oreilles sont grandes ouvertes. Et mes joues sont rouges de sentir le regard de Zikomo qui ne me lâche pas. A-t-il compris mon intention ?
Des rives chatoyantes
Comment pouvait-il y avoir tant de sagesse et de gentillesse dans un seul être ? Et comment Aliénor s’était retrouvée à parler avec un renard d’encre ? Pourquoi diable ses rencontres avec Aelle étaient toujours étranges et tintés de surprises bonnes ou mauvaises ?
Aliénor sourit à Zikomo, que pouvait-elle faire d’autre ? Elle n’allait pas lui gratouiller la tête en lui disant que c’était un bon renard… Non. Alors qu’elle écoutait le Mngwi, son regard fut porté vers du mouvement non lion d’elle. Aelle s’était rapprochée. Aliénor fronça durant une demie seconde les sourcils avant de reprendre un air neutre. La présence de sa camarade n’allait rien changer, elle était passée dans l’art d’ignorer les gens autour d’elle. Capacité qu’elle avait déjà auparavant sans vraiment s’en rendre compte. Elle reporta son regard vers Zikomo qui paraissait imperturbable. Il avait une certaine prestance, quelque chose qu’il dégageait avec cette sagesse et se don de relativiser. Une question fusa alors dans l’esprit de la fillette. Une question indiscrète qui n’avait peut-être même pas de réponse, mais qui titillait avec habilité l’esprit de la petite Delphillia.
-Mais en fait, t’as quel âge ? Enfin je veux dire, je ne sais rien sur les Mngwi et du coup je me demandais… Je ne veux pas être intrusive hein, ne te sens pas obligé de me réponde…
*arrête de parler non ?* Aliénor ferma la bouche en fixant la créature en face d’elle. Après quelques secondes à retenir son souffle, elle émit un petit rire ce qui décontracta ses épaules. L’art de se tendre pour rien, c’était si peu et pourtant elle avait un peu peur de la réaction de Zikomo, à moins que ce soit celle d’Aelle juste à côté qui pourrait lui sauter à la gorge pour parler avec son ami. Ça devait certainement jouer un rôle. Pourtant la fillette avait l’habitude d’aller de groupe en groupe d’amis et de discuter avec des inconnus. Mais visiblement Aelle avait une aura qui perturbait Aliénor. Mais il avait dit non Zikomo, que leurs esprits n’étaient pas contraires. Pourtant il est évident qu’elles ne sont pas faites pour s’entendre. En deux rencontres frontales, elle s’étaient presque étripés, alors elle n’osait pas en imaginer une autre.
Elle pencha la tête sur le côté essayant d’analyser la réaction du Mngwi. Mais il lui semblait bien complexe de lui quelque émotions sur un visage animal. Cette créature était vraiment très surprenante.
Quelque peu déstabilisée, le regard d’Aliénor ne tient pas longtemps avant de dévier vers Aelle. Elle lisait ? C’était évident, elle lui avait parlé de Frewd à leur dernière rencontre. C’était une fille qui devait lire beaucoup, encore un point contraire avec la petite Delphillia qui n’avait pas vraiment pour passion la lecture. Mais on n’allait pas compter tout ce qui différenciait les deux filles, on en aurait pour des mois, voire des années. Alors autant laisser ça comme cela, incompréhention.
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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Aliénor sourit à Zikomo, que pouvait-elle faire d’autre ? Elle n’allait pas lui gratouiller la tête en lui disant que c’était un bon renard… Non. Alors qu’elle écoutait le Mngwi, son regard fut porté vers du mouvement non lion d’elle. Aelle s’était rapprochée. Aliénor fronça durant une demie seconde les sourcils avant de reprendre un air neutre. La présence de sa camarade n’allait rien changer, elle était passée dans l’art d’ignorer les gens autour d’elle. Capacité qu’elle avait déjà auparavant sans vraiment s’en rendre compte. Elle reporta son regard vers Zikomo qui paraissait imperturbable. Il avait une certaine prestance, quelque chose qu’il dégageait avec cette sagesse et se don de relativiser. Une question fusa alors dans l’esprit de la fillette. Une question indiscrète qui n’avait peut-être même pas de réponse, mais qui titillait avec habilité l’esprit de la petite Delphillia.
-Mais en fait, t’as quel âge ? Enfin je veux dire, je ne sais rien sur les Mngwi et du coup je me demandais… Je ne veux pas être intrusive hein, ne te sens pas obligé de me réponde…
*arrête de parler non ?* Aliénor ferma la bouche en fixant la créature en face d’elle. Après quelques secondes à retenir son souffle, elle émit un petit rire ce qui décontracta ses épaules. L’art de se tendre pour rien, c’était si peu et pourtant elle avait un peu peur de la réaction de Zikomo, à moins que ce soit celle d’Aelle juste à côté qui pourrait lui sauter à la gorge pour parler avec son ami. Ça devait certainement jouer un rôle. Pourtant la fillette avait l’habitude d’aller de groupe en groupe d’amis et de discuter avec des inconnus. Mais visiblement Aelle avait une aura qui perturbait Aliénor. Mais il avait dit non Zikomo, que leurs esprits n’étaient pas contraires. Pourtant il est évident qu’elles ne sont pas faites pour s’entendre. En deux rencontres frontales, elle s’étaient presque étripés, alors elle n’osait pas en imaginer une autre.
Elle pencha la tête sur le côté essayant d’analyser la réaction du Mngwi. Mais il lui semblait bien complexe de lui quelque émotions sur un visage animal. Cette créature était vraiment très surprenante.
Quelque peu déstabilisée, le regard d’Aliénor ne tient pas longtemps avant de dévier vers Aelle. Elle lisait ? C’était évident, elle lui avait parlé de Frewd à leur dernière rencontre. C’était une fille qui devait lire beaucoup, encore un point contraire avec la petite Delphillia qui n’avait pas vraiment pour passion la lecture. Mais on n’allait pas compter tout ce qui différenciait les deux filles, on en aurait pour des mois, voire des années. Alors autant laisser ça comme cela, incompréhention.
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Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Des rives chatoyantes
Mon coeur rate un battement lorsque l’autre fille ouvre la bouche. Entendre sa voix me donne envie de crier ; mes doigts se crispent autour d’un livre. Mon coeur se serre davantage encore lorsque du coin de l’oeil j’aperçois Zikomo qui se détourne de moi pour poser son regard sur Delphillia. *Regarde-moi !*, aimerais-je lui dire. Ne la regarde plus jamais, ne lui parle plus jamais. Reste avec moi, moi je peux te parler, te raconter des choses, te comprendre. Mais elle, elle ne comprend personne. Alors pourquoi Zikomo lui parle-t-il ? Pourquoi la regarde-t-il ? Pourquoi se détourne-t-il de moi pour la regarder elle ? Ce n’est pas normal, ça. Pas normal du tout. Zikomo, il est à moi. Il restera toute sa vie avec moi ; c’est Sidiki qui l’a dit. Alors pourquoi veut-il me faire croire qu’il est mieux avec elle qu’avec moi ? Mes yeux me piquent. Mais pas assez pour cacher le grondement de mon coeur : ma tristesse n’est rien face à ma colère, celle-ci grogne avec force et me fait serrer les poings. Je regarde férocement Delphillia. De quel droit lui demande-t-elle son âge ? De quel droit Zikomo lui a-t-il livré ses secrets ? Elle n’a rien à faire avec nous ! Le petit rire du Mngwi me fige sur place. A contre coeur, je me tourne vers lui. Ma gorge se noue quand j’avise l’air qui s’inscrit sur son visage poilu ; le même qu’il porte à chaque fois qu’il est amusé. D’habitude, c’est face à mes avalanches de questions qu’il le porte. Je baisse la tête sur mon livre.
« Et si je te disais que ton école est à peine plus vieille que moi ? » demande Zikomo à l’Indiscrète qui lui fait face.
Je lève les yeux au ciel. Il s’est senti obligé de répondre, bien entendu. Et bien sûr, la fille s’extasiera de la vieillesse de la créature et posera tout un tas de questions inutiles qui amènera des réponses tout aussi inutiles. Comme si Delphillia méritait de savoir quoi que ce soit de l’histoire de Zikomo. Comme si elle s’intéressait réellement à lui. Je suis certaine que derrière sa foutue curiosité se cache la perfidie de ses réelles intentions. Songe-t-elle à la manière de blesser Zik pour m’atteindre moi ? Ou essaie-t-elle de s’attirer son amour pour l’éloigner de moi ? Cette pensée me soulève le coeur. Je braque mon regard sur la fille, essayant en vain d’apaiser les battements effrayés de mon coeur. Comment ferais-je si Zik la préfère à moi ? *Ô Merlin, et s’il la préfère à moi ?*.
« Tu veux lui raconter mon histoire, Aelle ? »
La voix m’arrache à mon observation soutenue de Delphillia. Je tourne difficilement les yeux pour regarder Zikomo qui s’est tourné vers moi. Croiser son regard fait sursauter mon coeur. Il me regarde comme s’il m’aimait. Il a le même regard que lorsque nous discutons tous les deux dans le secret de mon lit ; le même regard que lorsqu’il m’a confié être plus heureux que jamais avec moi. Le plus que jamais, c’est moi qui l’ai rajouté car ce n’est définitivement pas possible qu’il ait été plus heureux avec un autre.
*Reprends-toi !*.
Je me secoue pour arracher mon regard béat de la créature et je fronce les sourcils pour qu’il comprenne bien combien je lui en veux. Je pince les lèvres et baisse la tête sur mon livre, ignorant le cognement sourd de mon coeur qui me rappelle combien j’aime lorsque Zik me regarde avec ces yeux-là.
« Apparemment, tu prendras plus d’plaisir qu’moi à le faire, » dis-je froidement en ouvrant un livre au hasard.
Et elle ne mérite pas que je gaspille ma salive pour elle. Voilà ce que j’aurais aimé rajouter, mais j’en suis incapable. Je ne suis bonne qu’à rester silencieuse et immobile en observant cette fille me voler mon seul ami. Je tourne quelques pages du livre avec violence avant d’en choisir une au hasard et de vriller mon regard dessus. Mes mains tremblent. Je devrais partir. Mais ça aussi, je suis incable de le faire. Si je pars, je ne reverrais peut-être jamais Zikomo. C’est ce que me chuchote mon esprit. Il partira avec Delphillia, peut-être dormira-t-il avec elle désormais et il finira par m’oublier.
« Et si je te disais que ton école est à peine plus vieille que moi ? » demande Zikomo à l’Indiscrète qui lui fait face.
Je lève les yeux au ciel. Il s’est senti obligé de répondre, bien entendu. Et bien sûr, la fille s’extasiera de la vieillesse de la créature et posera tout un tas de questions inutiles qui amènera des réponses tout aussi inutiles. Comme si Delphillia méritait de savoir quoi que ce soit de l’histoire de Zikomo. Comme si elle s’intéressait réellement à lui. Je suis certaine que derrière sa foutue curiosité se cache la perfidie de ses réelles intentions. Songe-t-elle à la manière de blesser Zik pour m’atteindre moi ? Ou essaie-t-elle de s’attirer son amour pour l’éloigner de moi ? Cette pensée me soulève le coeur. Je braque mon regard sur la fille, essayant en vain d’apaiser les battements effrayés de mon coeur. Comment ferais-je si Zik la préfère à moi ? *Ô Merlin, et s’il la préfère à moi ?*.
« Tu veux lui raconter mon histoire, Aelle ? »
La voix m’arrache à mon observation soutenue de Delphillia. Je tourne difficilement les yeux pour regarder Zikomo qui s’est tourné vers moi. Croiser son regard fait sursauter mon coeur. Il me regarde comme s’il m’aimait. Il a le même regard que lorsque nous discutons tous les deux dans le secret de mon lit ; le même regard que lorsqu’il m’a confié être plus heureux que jamais avec moi. Le plus que jamais, c’est moi qui l’ai rajouté car ce n’est définitivement pas possible qu’il ait été plus heureux avec un autre.
*Reprends-toi !*.
Je me secoue pour arracher mon regard béat de la créature et je fronce les sourcils pour qu’il comprenne bien combien je lui en veux. Je pince les lèvres et baisse la tête sur mon livre, ignorant le cognement sourd de mon coeur qui me rappelle combien j’aime lorsque Zik me regarde avec ces yeux-là.
« Apparemment, tu prendras plus d’plaisir qu’moi à le faire, » dis-je froidement en ouvrant un livre au hasard.
Et elle ne mérite pas que je gaspille ma salive pour elle. Voilà ce que j’aurais aimé rajouter, mais j’en suis incapable. Je ne suis bonne qu’à rester silencieuse et immobile en observant cette fille me voler mon seul ami. Je tourne quelques pages du livre avec violence avant d’en choisir une au hasard et de vriller mon regard dessus. Mes mains tremblent. Je devrais partir. Mais ça aussi, je suis incable de le faire. Si je pars, je ne reverrais peut-être jamais Zikomo. C’est ce que me chuchote mon esprit. Il partira avec Delphillia, peut-être dormira-t-il avec elle désormais et il finira par m’oublier.
Des rives chatoyantes
L’école ? Mais Aliénor ne connaissait même pas l’âge de l’école. Cette bestiole était vraiment surprenante… Elle avait eu peur d’être indiscrète et que Zikomo se braque sans vouloir lui répondre, ce qui serait compréhensible au vu de son âge. Mais il émit ce qui lui semblait être un rire ce qui accentua la surprise de la fillette qui ouvrit de grands yeux stupéfaits et sa bouche s’arrondit sans qu’un son ne n’en sorte. Décidément Aelle avait de la chance d’être liée à un être d’exception comme ce renard d’encre.
Aliénor sentait bien la brulure du regard d’Aelle sur elle, mais elle ne voulait pas s’en préoccuper plus que ça. Elle n’avait pas l’envie de se lancer dans une nouvelle guerre. Visiblement leur relation était vouée à l’échec alors pourquoi forcer ? Mais Zikomo reposa son regard sur elle et Aliénor l’observa quelques instant. Ce regard était si doux, si protecteur. Aelle ne pourrait pas lui en vouloir longtemps. Aliénor suivit la trajectoire du regard de Zikomo et posa à son tour ses yeux sur l’autre fille. Pourquoi fallait-il qu’elles s’éloignent comme deux aimants inversés. Peut-être un jour cela changera, mais là, rien que de la voir, Aliénor serra les poings. Elle n’aimait pas être en sa présence, peut-être son aura ou elle ne savait quoi, mais quelque chose c’était brisé depuis leur première rencontre et il faudra du temps avant qu’Aliénor la voit autrement qu’un mur de fumée et une miss je sais tout.
Quand Zikomo lui proposa de raconter son histoire Aliénor se tendit comme un arc. Le dialogue n’était peut-être pas prêt à être rouvert entre les deux filles. Et la réaction d’Aelle confirma la pensée de la fillette. Aliénor soupira avant de ramasser son sac. Elle fit un tour d’horizon afin de vérifier qu’elle n’abandonnait rien ici.
-Je vais devoir vous abandonner.
Elle se retint d’ajouter qu’elle avait déjà assez eu d’interaction avec Aelle pour l’année, ce ne serait certainement pas passé. Elle se mordit la langue avant de s’adresser au Mngwi.
-Je serais ravie d’entendre ton histoire une prochaine fois. Ce fut un plaisir de te rencontrer.
Elle tourna les talons, mais après un seul pas, sans même tourner la tête vers Aelle elle envoya :
-J’espère que tu te rends compte de ta chance Aelle…
Chance d’avoir Zikomo. Pour l’avoir empêcher d’engager un combat avec Aliénor, pour l’amour qu’il lui porte et pour la sérénité qu’il a donné à Aliénor. Oui elle avait de la chance, alors qu’elle en profite.
Aliénor continua alors sans un regard vers Aelle. Elle en avait eu assez, elle ne voulait pas d’un énième conflit, elle ne voulait pas la voir non plus à vrai dire. Aliénor n’aimait pas vraiment avoir une ennemie dans sa propre maison, mais la vie fait les choses comme elles sont.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Aliénor sentait bien la brulure du regard d’Aelle sur elle, mais elle ne voulait pas s’en préoccuper plus que ça. Elle n’avait pas l’envie de se lancer dans une nouvelle guerre. Visiblement leur relation était vouée à l’échec alors pourquoi forcer ? Mais Zikomo reposa son regard sur elle et Aliénor l’observa quelques instant. Ce regard était si doux, si protecteur. Aelle ne pourrait pas lui en vouloir longtemps. Aliénor suivit la trajectoire du regard de Zikomo et posa à son tour ses yeux sur l’autre fille. Pourquoi fallait-il qu’elles s’éloignent comme deux aimants inversés. Peut-être un jour cela changera, mais là, rien que de la voir, Aliénor serra les poings. Elle n’aimait pas être en sa présence, peut-être son aura ou elle ne savait quoi, mais quelque chose c’était brisé depuis leur première rencontre et il faudra du temps avant qu’Aliénor la voit autrement qu’un mur de fumée et une miss je sais tout.
Quand Zikomo lui proposa de raconter son histoire Aliénor se tendit comme un arc. Le dialogue n’était peut-être pas prêt à être rouvert entre les deux filles. Et la réaction d’Aelle confirma la pensée de la fillette. Aliénor soupira avant de ramasser son sac. Elle fit un tour d’horizon afin de vérifier qu’elle n’abandonnait rien ici.
-Je vais devoir vous abandonner.
Elle se retint d’ajouter qu’elle avait déjà assez eu d’interaction avec Aelle pour l’année, ce ne serait certainement pas passé. Elle se mordit la langue avant de s’adresser au Mngwi.
-Je serais ravie d’entendre ton histoire une prochaine fois. Ce fut un plaisir de te rencontrer.
Elle tourna les talons, mais après un seul pas, sans même tourner la tête vers Aelle elle envoya :
-J’espère que tu te rends compte de ta chance Aelle…
Chance d’avoir Zikomo. Pour l’avoir empêcher d’engager un combat avec Aliénor, pour l’amour qu’il lui porte et pour la sérénité qu’il a donné à Aliénor. Oui elle avait de la chance, alors qu’elle en profite.
Aliénor continua alors sans un regard vers Aelle. Elle en avait eu assez, elle ne voulait pas d’un énième conflit, elle ne voulait pas la voir non plus à vrai dire. Aliénor n’aimait pas vraiment avoir une ennemie dans sa propre maison, mais la vie fait les choses comme elles sont.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Des rives chatoyantes
Je suis en plein conflit ; il y a mon coeur qui souhaite des choses et mon esprit qui en pense d’autres. Mon corps, au milieu, n’est qu’un réceptacle incapable de s’exprimer. Le monde avance sans moi.
Delphillia m’arrache à la contemplation béate de mon livre. Je suis le mouvement que fait son corps en se baissant, je regarde ses yeux qu’elle balaye autour d’elle. *Elle va partir !*. La pensée est suffisamment puissante pour anéantir le combat qui se joue à l’intérieur de moi. Ne reste plus, après son passage, que la piqûre de l’espoir qui se distille dans mon sang. Elle va partir. Elle nous laissera en paix, Zikomo et moi. Et plus jamais, plus jamais nous nous reparlerons. N’est-ce pas ? Je ne l’aime pas. Elle ne m’a jamais aimé. Pourquoi insister ? Pourquoi vouloir autre chose ? Le temps où j’espérais la voir revenir vers moi pour me présenter ses excuses est révolu. Le temps où j'espérais avoir la force d’aller vers elle *pour t’excuser ?* pour lui donner une nouvelle chance de me connaître n'est plus. Désormais, ne reste plus que ce présent qui nous rend incompatibles, elle et moi. C’est bien mieux ainsi.
Zikomo aussi la regarde récupérer ses affaires. Il lève le museau et alors j’ai la certitude qu’il aurait préféré la voir rester. Mais pourquoi ? Cela, je suis incapable de le comprendre. Mais je ne dis rien, car savoir que nous nous retrouverons bientôt tous les deux suffit pour apaiser la colère qui continue à souffler dans mon coeur. Je n’ai qu’une envie ; qu’elle disparaisse. Maintenant. Et que cette journée continue sur sa lancée minable. De toute façon, cet été ne sera qu’une avalanche de jours plus lourds les uns que les autres. Finirais-je ensevelie par le temps qui passe ?
« J’espère que tu te rends compte de ta chance Aelle… »
*Qu’est-ce que…*
Elle est toujours là. Elle m’offre son dos ; elle a raison de le faire, ses yeux me font frissonner. Mon visage s’habille d’une grimace de dégoût. Qui croit-elle bluffer avec son ton condescendant ? Mes sourcils se froncent nerveusement et je ne résiste pas à l’envie de lui adresser une dernière pique. Comment résister ? Il serait si simple de lui faire comprendre une dernière fois qu’elle a tout perdu le jour où elle a refusé de me comprendre. J’ouvre la bouche ; au même moment, Zikomo s’avance. Je capte l’urgence de son regard et je comprends qu’il l’ouvre seulement pour me faire taire.
« Je viendrais te trouver pour te raconter mon histoire, Aliénor. Si tu désires ma compagnie, bien sûr. »
Mais il ne le fait peut-être pas seulement pour que je me la ferme, n’est-ce pas ? Une petite voix dans mon coeur me dit qu’il le fait pour elle, pour être en sa compagnie, pour répondre à ses questions. C’est impossible. Non, pas impossible ; c’est insupportable. Encore une fois, la fille part sans que je ne puisse dire quoi que ce soit ; encore une fois, Zikomo s’est interposé et je reste l'idiote, bonne qu'à subir. Quand mes yeux tombent sur lui, ils flamboient de colère. Mais il ne me regarde même pas, tourné comme il l’est vers l’autre abrutie. Je lache mon livre et me redresse sur mes genoux, les poings serrés le long de mon corps.
« T’en as pas marre d’me couper dès que j’veux l’ouvrir ? » grogné-je, les mâchoires serrées.
C’est tout juste s’il me regarde. Il trottine pour retourner sur le livre qu’il occupait avant l’arrivée de l’Indésirable et se roule en boule sur la couverture. Sa queue fouette l’air avant de s’enrouler autour de son petit corps.
« Eh ! balancé-je en haussant la voix. J’te cause ! Delphillia, c’est pas notre amie, ok ? »
Il lève la tête pour me regarder. Mon coeur frémit lorsque mes yeux rencontrent les siens. Il me toise en silence, d’un regard insondable, avant de prendre la parole lentement. Ses mots me mettent hors de moi.
« Tu n’as aucune raison d’être jalouse, Aelle. »
*Jalouse ?*. Moi ? L’idée est absolument hilarante. Jalouse de Delphillia ? Improbable. Zikomo a beau être une vieille créature, il a beau avoir côtoyé de nombreux êtres humains — dont certains d’une très grande renommée —, ça ne change pas qu’il ne comprend absolument rien à l’âme humaine. Absolument rien du tout à mon âme à moi. Pourtant, ses mots me mettent en rage. Ils font exploser ma colère. Je ne comprends même pas pourquoi puisqu’il a tort ! Mais mes membres réagissent sans mon avis. Mes mains attrapent un livre devant moi et mon bras le balance vers le trône de Monseigneur le Mngwi.
Le livre vole dans les airs.
A peine a-t-il pris son envol que mes yeux s’agrandissent d’effroi ; *oh non !*. Je vois déjà le lourd bouquin atterrir sur la créature, écraser son petit corps. Une pensée passe en un éclair dans mon esprit : *’c’que l’infirmière sait guérir les Mngwi ?!*.
Le livre entame sa descente. J’ouvre la bouche — pour crier ou respirer ? — quand d’un geste souple le Mngwi se redresse et saute sur le côté. Il atterrit maladroitement sur ses pattes. Une demi-seconde plus tard, mon livre frappe celui sur lequel était installé la créature et termine sa chute en s’ouvrant sur le ciel.
La bouche ouverte, j’observe ce que je viens de créer. Mon coeur tambourine dans ma poitrine. Je n’arrive pas à penser. Une vague monte du plus profond de mon corps et elle a un goût qui ne me plait guère. Elle gagne en intensité quand je rencontre le regard de mon ami et que j’y vois de la lassitude. *Merde* ; voici la seule pensée qui parvient à se frayer un chemin dans le champ de ruine qu’est ma tête ; *merde*. Il me faut quelques secondes pour comprendre que j’ai fait une erreur. Et encore quelques secondes pour me rendre compte que j’aurais pu blesser Zikomo. Et quelques secondes encore pour comprendre, à ma gorge nouée, que je suis incapable de m’excuser. Parce que les mots restent coincés, dans ma tête ou dans mon corps. Je ferme la bouche et me laisse tomber en arrière ; je finis par baisser les yeux parce que le regard insondable du Mngwi est absolument insupportable.
*Il l’a mérité*, parviens-je à chuchoter à ma conscience quand je retrouve la faculté de penser. Il dit n’importe quoi, il a mérité que je m’énerve, il aurait mérité d’avoir mal. La pensée fait sursauter mon coeur, mais je ne veux pas savoir pourquoi. J’essaie juste de persuader mon idiot de coeur que je ne suis pas en tort, j’essaie seulement de repousser la vague de ma culpabilité. *C’est d’sa faute*. Et je suis prête à réussir. J’entoure mes jambes de mes bras. Je tremble. Je ne l’avais pas remarqué avant ; pourquoi est-ce que je tremble ?
Je regarde Zikomo timidement.
Il n’a pas bougé. Il me regarde toujours. Je me détourne, le coeur battant.
« Ça va mieux ? » Sa petite voix fait manquer un battement à mon coeur et mon soulagement est si fort que je dois fermer les yeux pour ne pas les laisser se faire envahir par les larmes. Il ne m’en veut pas. Il ne m’en veut pas. Mon coeur me fait si mal que ma respiration s’étiole. « Mh, » fis-je néanmoins en haussant les épaules, alors qu’intérieurement les mots que Delphillia m’a lancé avant de se barrer me hantent : « J’espère que tu te rends compte de ta chance Aelle…. ». Et je n’arrive pas à m’en débarrasser. Ils tournent dans ma tête, ils envahissent mon coeur. De ta chance. Ils attisent la vague de ma culpabilité. De ta chance. J’emprisonne ma lèvre entre mes dents et tourne mon regard torturé vers les eaux de l’ancien lac. Il vaut mieux oublier tout cela. Oui, oublier est définitivement la meilleure chose à faire.
Dans les jours qui suivent cet évènement, Zikomo viendra trouver Aliénor pour lui raconter son histoire.
Delphillia m’arrache à la contemplation béate de mon livre. Je suis le mouvement que fait son corps en se baissant, je regarde ses yeux qu’elle balaye autour d’elle. *Elle va partir !*. La pensée est suffisamment puissante pour anéantir le combat qui se joue à l’intérieur de moi. Ne reste plus, après son passage, que la piqûre de l’espoir qui se distille dans mon sang. Elle va partir. Elle nous laissera en paix, Zikomo et moi. Et plus jamais, plus jamais nous nous reparlerons. N’est-ce pas ? Je ne l’aime pas. Elle ne m’a jamais aimé. Pourquoi insister ? Pourquoi vouloir autre chose ? Le temps où j’espérais la voir revenir vers moi pour me présenter ses excuses est révolu. Le temps où j'espérais avoir la force d’aller vers elle *pour t’excuser ?* pour lui donner une nouvelle chance de me connaître n'est plus. Désormais, ne reste plus que ce présent qui nous rend incompatibles, elle et moi. C’est bien mieux ainsi.
Zikomo aussi la regarde récupérer ses affaires. Il lève le museau et alors j’ai la certitude qu’il aurait préféré la voir rester. Mais pourquoi ? Cela, je suis incapable de le comprendre. Mais je ne dis rien, car savoir que nous nous retrouverons bientôt tous les deux suffit pour apaiser la colère qui continue à souffler dans mon coeur. Je n’ai qu’une envie ; qu’elle disparaisse. Maintenant. Et que cette journée continue sur sa lancée minable. De toute façon, cet été ne sera qu’une avalanche de jours plus lourds les uns que les autres. Finirais-je ensevelie par le temps qui passe ?
« J’espère que tu te rends compte de ta chance Aelle… »
*Qu’est-ce que…*
Elle est toujours là. Elle m’offre son dos ; elle a raison de le faire, ses yeux me font frissonner. Mon visage s’habille d’une grimace de dégoût. Qui croit-elle bluffer avec son ton condescendant ? Mes sourcils se froncent nerveusement et je ne résiste pas à l’envie de lui adresser une dernière pique. Comment résister ? Il serait si simple de lui faire comprendre une dernière fois qu’elle a tout perdu le jour où elle a refusé de me comprendre. J’ouvre la bouche ; au même moment, Zikomo s’avance. Je capte l’urgence de son regard et je comprends qu’il l’ouvre seulement pour me faire taire.
« Je viendrais te trouver pour te raconter mon histoire, Aliénor. Si tu désires ma compagnie, bien sûr. »
Mais il ne le fait peut-être pas seulement pour que je me la ferme, n’est-ce pas ? Une petite voix dans mon coeur me dit qu’il le fait pour elle, pour être en sa compagnie, pour répondre à ses questions. C’est impossible. Non, pas impossible ; c’est insupportable. Encore une fois, la fille part sans que je ne puisse dire quoi que ce soit ; encore une fois, Zikomo s’est interposé et je reste l'idiote, bonne qu'à subir. Quand mes yeux tombent sur lui, ils flamboient de colère. Mais il ne me regarde même pas, tourné comme il l’est vers l’autre abrutie. Je lache mon livre et me redresse sur mes genoux, les poings serrés le long de mon corps.
« T’en as pas marre d’me couper dès que j’veux l’ouvrir ? » grogné-je, les mâchoires serrées.
C’est tout juste s’il me regarde. Il trottine pour retourner sur le livre qu’il occupait avant l’arrivée de l’Indésirable et se roule en boule sur la couverture. Sa queue fouette l’air avant de s’enrouler autour de son petit corps.
« Eh ! balancé-je en haussant la voix. J’te cause ! Delphillia, c’est pas notre amie, ok ? »
Il lève la tête pour me regarder. Mon coeur frémit lorsque mes yeux rencontrent les siens. Il me toise en silence, d’un regard insondable, avant de prendre la parole lentement. Ses mots me mettent hors de moi.
« Tu n’as aucune raison d’être jalouse, Aelle. »
*Jalouse ?*. Moi ? L’idée est absolument hilarante. Jalouse de Delphillia ? Improbable. Zikomo a beau être une vieille créature, il a beau avoir côtoyé de nombreux êtres humains — dont certains d’une très grande renommée —, ça ne change pas qu’il ne comprend absolument rien à l’âme humaine. Absolument rien du tout à mon âme à moi. Pourtant, ses mots me mettent en rage. Ils font exploser ma colère. Je ne comprends même pas pourquoi puisqu’il a tort ! Mais mes membres réagissent sans mon avis. Mes mains attrapent un livre devant moi et mon bras le balance vers le trône de Monseigneur le Mngwi.
Le livre vole dans les airs.
A peine a-t-il pris son envol que mes yeux s’agrandissent d’effroi ; *oh non !*. Je vois déjà le lourd bouquin atterrir sur la créature, écraser son petit corps. Une pensée passe en un éclair dans mon esprit : *’c’que l’infirmière sait guérir les Mngwi ?!*.
Le livre entame sa descente. J’ouvre la bouche — pour crier ou respirer ? — quand d’un geste souple le Mngwi se redresse et saute sur le côté. Il atterrit maladroitement sur ses pattes. Une demi-seconde plus tard, mon livre frappe celui sur lequel était installé la créature et termine sa chute en s’ouvrant sur le ciel.
La bouche ouverte, j’observe ce que je viens de créer. Mon coeur tambourine dans ma poitrine. Je n’arrive pas à penser. Une vague monte du plus profond de mon corps et elle a un goût qui ne me plait guère. Elle gagne en intensité quand je rencontre le regard de mon ami et que j’y vois de la lassitude. *Merde* ; voici la seule pensée qui parvient à se frayer un chemin dans le champ de ruine qu’est ma tête ; *merde*. Il me faut quelques secondes pour comprendre que j’ai fait une erreur. Et encore quelques secondes pour me rendre compte que j’aurais pu blesser Zikomo. Et quelques secondes encore pour comprendre, à ma gorge nouée, que je suis incapable de m’excuser. Parce que les mots restent coincés, dans ma tête ou dans mon corps. Je ferme la bouche et me laisse tomber en arrière ; je finis par baisser les yeux parce que le regard insondable du Mngwi est absolument insupportable.
*Il l’a mérité*, parviens-je à chuchoter à ma conscience quand je retrouve la faculté de penser. Il dit n’importe quoi, il a mérité que je m’énerve, il aurait mérité d’avoir mal. La pensée fait sursauter mon coeur, mais je ne veux pas savoir pourquoi. J’essaie juste de persuader mon idiot de coeur que je ne suis pas en tort, j’essaie seulement de repousser la vague de ma culpabilité. *C’est d’sa faute*. Et je suis prête à réussir. J’entoure mes jambes de mes bras. Je tremble. Je ne l’avais pas remarqué avant ; pourquoi est-ce que je tremble ?
Je regarde Zikomo timidement.
Il n’a pas bougé. Il me regarde toujours. Je me détourne, le coeur battant.
« Ça va mieux ? » Sa petite voix fait manquer un battement à mon coeur et mon soulagement est si fort que je dois fermer les yeux pour ne pas les laisser se faire envahir par les larmes. Il ne m’en veut pas. Il ne m’en veut pas. Mon coeur me fait si mal que ma respiration s’étiole. « Mh, » fis-je néanmoins en haussant les épaules, alors qu’intérieurement les mots que Delphillia m’a lancé avant de se barrer me hantent : « J’espère que tu te rends compte de ta chance Aelle…. ». Et je n’arrive pas à m’en débarrasser. Ils tournent dans ma tête, ils envahissent mon coeur. De ta chance. Ils attisent la vague de ma culpabilité. De ta chance. J’emprisonne ma lèvre entre mes dents et tourne mon regard torturé vers les eaux de l’ancien lac. Il vaut mieux oublier tout cela. Oui, oublier est définitivement la meilleure chose à faire.
- Fin -
Dans les jours qui suivent cet évènement, Zikomo viendra trouver Aliénor pour lui raconter son histoire.