Ni quoi ni qu'est-ce
Tout se déroule bien trop vite sous mes yeux ébahis. Je me tiens toujours debout, mais comment pourrais-je partir face à ce qui est en train de se passer ? Mon corps lui-même se refuse à ma volonté de bouger.
D'abord, je La vois. Une Poufsouffle, qui scie en deux la masse d'Autres la séparant d'Aelle. Sa crinière noire voltige derrière Elle, alors qu'Elle s'avance et les rejoint, l'air déterminé. L'évidence s'impose à moi.
*Elle va me crier dessus, cette Sans-Peur, parce que j'ai Osé*.
Je me prépare à encaisser, refusant de baisser les yeux. Tous sont plus grands que moi ici, mais ma propre fierté dépasse de loin leur piètre taille. Alors je lève le menton, mon rythme cardiaque s'accélérant légèrement. Je le ressens, et il n'est pas question de faillir ; l'enjeu est bien trop important.
Mais Elle ne le fait pas, non. C'est à l'Autre stupide qu'Elle s'en prend, et lui déverse la colère que je pensais recevoir. Mes épaules se relâchent finalement, dans un inaudible soupir de soulagement.
L'instant d'après, je me trouve éblouie par les deux Filles. Vêtues de jaune et de noir, telles deux Soleils, elles rayonnent, et le regard qu'elles se coulent ne laisse aucun doute sur leur amitié inébranlable. C'est si beau de voir l'amitié brute, si beau que je suis dévorée par une profonde jalousie. Défaut que je n'ai jamais su maîtriser ; mes émotions l'emportent pour cette fois. Une raison supplémentaire pour haïr ces Poufsouffle : l'une m’écœure, l'autre a depuis bien longtemps cerné son intrigante amie, là où je viens d'échouer. Et je hais tout autant l'échec.
Elle la défend, son amie Papillon, d'une telle rage que l'onde parvient jusqu'à mes terminaisons nerveuses, me parcourt toute entière et résonne sur son chemin sinueux. Mais l'Autre Garçon ne se laisse pas impressionner, et suit les traces de mes pas en prenant un air de défi, sourire narquois en coin. J'avoue préférer me ranger de son côté plutôt que d'affronter les deux Filles, qui me semblent unies comme jamais.
*Il a quelque chose à dire*.
Je frémis au contact, un frémissement de dégoût car le sentiment ne m'a pas quittée depuis que j'ai eu cette pensée envers la Jaune. Et maintenant, il s'étend sur l'Autre, qui croit sûrement se rendre intéressant. Il ne l'est pas, pas pour moi. Je n'aime pas qu'on me touche, encore moins par surprise.
*Parle !* j'ordonne, gamine.
Ma main remonte doucement vers mon épaule, avec la ferme intention de chasser le bras de l'importun, quand les Mots qu'il prononce arrêtent mon geste délicat.
*Que...*.
Je ne m'adresse ni au Garçon, ni aux Filles ou à moi-même. *À qui, alors ?*. Un instant, je ne comprends pas, puis la lumière se fait.
*Elles sont ensemble ?*.
Les histoires de cœur ne m'ont jamais passionnée ; encore moins dans des romans à l'eau de rose. Je leur préférais l'évasion par le biais des Mots, pour m'enfuir loin de mon quotidien routinier. Alors une relation entre deux filles ne me choque pas plus que cela ; si tel est leur désir, je ne leur souhaite que le meilleur, pourvu que toutes deux se tiennent loin de ma personne.
Pourtant, de la phrase que vient de prononcer l'Autre, je ne retiens que la fin. Les critiques qui concernent les Poufsouffle, je ne les comprends pas.
Pourtant, alors que je me décidais à accorder ma confiance au Garçon, le doute me prend.
*Il ment. Ces deux là sont amies*.
Que peut bien me pousser à l'affirmer ? Moi-même, je ne le sais pas vraiment. Leur manière de se tenir, peut-être, ou bien le Besoin que doit ressentir chacune envers son alter ego : vital, mais pas envahissant.
Face aux propos que tient le Poufsouffle, *la réaction des Filles est imminente*, j'estime. Quelque chose va se passer, sûrement, et je me trouverai là en simple observatrice. D'avance, je me délecte du spectacle, et me crois tirée hors d'affaire. Je devine aussi qu'Elles n'auront pas besoin de mes propres Mots pour prendre la parole : non, les deux Soleils le feront avant moi.
D'abord, je La vois. Une Poufsouffle, qui scie en deux la masse d'Autres la séparant d'Aelle. Sa crinière noire voltige derrière Elle, alors qu'Elle s'avance et les rejoint, l'air déterminé. L'évidence s'impose à moi.
*Elle va me crier dessus, cette Sans-Peur, parce que j'ai Osé*.
Je me prépare à encaisser, refusant de baisser les yeux. Tous sont plus grands que moi ici, mais ma propre fierté dépasse de loin leur piètre taille. Alors je lève le menton, mon rythme cardiaque s'accélérant légèrement. Je le ressens, et il n'est pas question de faillir ; l'enjeu est bien trop important.
Mais Elle ne le fait pas, non. C'est à l'Autre stupide qu'Elle s'en prend, et lui déverse la colère que je pensais recevoir. Mes épaules se relâchent finalement, dans un inaudible soupir de soulagement.
L'instant d'après, je me trouve éblouie par les deux Filles. Vêtues de jaune et de noir, telles deux Soleils, elles rayonnent, et le regard qu'elles se coulent ne laisse aucun doute sur leur amitié inébranlable. C'est si beau de voir l'amitié brute, si beau que je suis dévorée par une profonde jalousie. Défaut que je n'ai jamais su maîtriser ; mes émotions l'emportent pour cette fois. Une raison supplémentaire pour haïr ces Poufsouffle : l'une m’écœure, l'autre a depuis bien longtemps cerné son intrigante amie, là où je viens d'échouer. Et je hais tout autant l'échec.
Elle la défend, son amie Papillon, d'une telle rage que l'onde parvient jusqu'à mes terminaisons nerveuses, me parcourt toute entière et résonne sur son chemin sinueux. Mais l'Autre Garçon ne se laisse pas impressionner, et suit les traces de mes pas en prenant un air de défi, sourire narquois en coin. J'avoue préférer me ranger de son côté plutôt que d'affronter les deux Filles, qui me semblent unies comme jamais.
*Il a quelque chose à dire*.
Je frémis au contact, un frémissement de dégoût car le sentiment ne m'a pas quittée depuis que j'ai eu cette pensée envers la Jaune. Et maintenant, il s'étend sur l'Autre, qui croit sûrement se rendre intéressant. Il ne l'est pas, pas pour moi. Je n'aime pas qu'on me touche, encore moins par surprise.
*Parle !* j'ordonne, gamine.
Ma main remonte doucement vers mon épaule, avec la ferme intention de chasser le bras de l'importun, quand les Mots qu'il prononce arrêtent mon geste délicat.
*Que...*.
Je ne m'adresse ni au Garçon, ni aux Filles ou à moi-même. *À qui, alors ?*. Un instant, je ne comprends pas, puis la lumière se fait.
*Elles sont ensemble ?*.
Les histoires de cœur ne m'ont jamais passionnée ; encore moins dans des romans à l'eau de rose. Je leur préférais l'évasion par le biais des Mots, pour m'enfuir loin de mon quotidien routinier. Alors une relation entre deux filles ne me choque pas plus que cela ; si tel est leur désir, je ne leur souhaite que le meilleur, pourvu que toutes deux se tiennent loin de ma personne.
Pourtant, de la phrase que vient de prononcer l'Autre, je ne retiens que la fin. Les critiques qui concernent les Poufsouffle, je ne les comprends pas.
Pourtant, alors que je me décidais à accorder ma confiance au Garçon, le doute me prend.
*Il ment. Ces deux là sont amies*.
Que peut bien me pousser à l'affirmer ? Moi-même, je ne le sais pas vraiment. Leur manière de se tenir, peut-être, ou bien le Besoin que doit ressentir chacune envers son alter ego : vital, mais pas envahissant.
Face aux propos que tient le Poufsouffle, *la réaction des Filles est imminente*, j'estime. Quelque chose va se passer, sûrement, et je me trouverai là en simple observatrice. D'avance, je me délecte du spectacle, et me crois tirée hors d'affaire. Je devine aussi qu'Elles n'auront pas besoin de mes propres Mots pour prendre la parole : non, les deux Soleils le feront avant moi.
Dernière modification par Ruby Everheart le 6 juin 2020, 17:35, modifié 1 fois.
Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé
Ni quoi ni qu'est-ce
2 septembre 2044
Lucy a 13 ans
Lucy a 13 ans
*Donc, là, je commence à 10h30 avec l'étude des runes.*
Assise à sa table, Lucy avale son thé en décryptant son emploi du temps. Avec ses options et sa filière, elle est plutôt tranquille. Elle n'a pas cours le mercredi, ayant arrêté la métamorphose, qu'elle n'appréciait pas. En revanche, aujourd'hui, elle a cours jusqu'à 19h. Tranquille. C'est trois matières qu'elle découvre, et elle a peur.
Elle est occupée à se demander en quoi consisteront les premiers cours dans ces matières quand elle entend des éclats de voix. Elle lève les yeux et constate qu'il s'agit d'un garçon qu'elle ne connaît absolument pas, même si elle a dû le voir quelque part, d'une fille qu'elle ne connaîtt pas non plus et d'Aelle.
Le garçon est virulent. Il parle de la "Honte de Poufsouffle" en désignant Aelle. *C'est pas vrai.* Lucy n'a pas eu de contact avec Aelle depuis longtemps. Mais elles sont dans le même dortoir. Et elle n'oubliera jamais que c'est Aelle qui a influencé sa Magie à elle. C'est grâce à Aelle qu'elle a choisi sa filière. Parce qu'elle veut faire des étincelles, mais pas des sorts compliqués. Elle veut aller découvrir la Magie, comme celle qui est dans le Traité sur la Magie Compensatoire et L'aride histoire du Carré des Bermudes. Elle se souvient encore des titres tellement cette rencontre l'a marquée. Aelle l'a marquée, plus que les livres en eux-mêmes. Même si le Carré des Bermudes était plutôt intéressant.
Aelle n'est pas la honte de Poufsouffle. Et Lucy voudrait la défendre face à ce garçon qui l'insulte, et prouver à la blonde qui porte les couleurs de Gryffondor qu'Aelle peut apprendre tellement de choses. Mais Lucy est terrorisée par ce garçon. Et par le potentiel effet de groupe qui pourrait mener à du harcèlement. Elle est déjà assez catégorisée par son statut de Née-Moldue. Elle n'a pas tout suivi, elle n'a pas tout compris de ce qui s'est passé. Mais elle sait qu'elle n'a pas pris le Poudlard Express parce que des gens en veulent à sa famille, et à elle. Lucy a peur, comme à son habitude.
C'est là qu'elle débarque. Thalia. Thalia, elle débarque toujours quand Lucy voudrait se défendre ou défendre quelqu'un d'autre. Thalia, c'est celle avec qui elle a parlé un peu, quand elles avaient neuf ans. Thalia, elle, elle a le courage. La bravoure que Lucy n'a pas. Lucy se demande souvent pourquoi Thalia est à Poufsouffle. Elle pourrait être à Gryffondor. Lucy, elle, elle sait qu'elle ne pourrait jamais y être.
Thalia sort sa baguette. Lucy a peur, comme d'habitude. Elle se lève du banc. Elle s'approche de Thalia. La timbrée, d'après le garçon. *C'est pas vrai non plus.*
- Si t'es timbrée... mumure-t-elle à Thalia. Moi aussi, je le suis.
Et elle aimerait en être fière. Brandir ça à leur tête, et leur dire que oui, elle est timbrée, oui, elle est folle, oui, elle est débile, oui, c'est une sorcière. Mais ça lui fait remonter tellement de souvenirs. *Timbrée. Folle. Sorcière. Débile.* Et Joy. Et Joy. Et Joy…
*Timbrée. Folle. Sorcière. Débile*
Lucy fait demi-tour et se rassoit sur le banc, les larmes aux yeux.
Je m'incruste dans ce RP vu qu'il est libre et que ça m'inspirait. Si ça ne rentre pas dans votre cohérence ou que j'ai raté un truc, envoyez moi un hibou, et ne prenez pas mon post en compte
Luehssyie Woudde Pecker ~ Jerry -4e année RP~#PouffyFamily
Quasi absente jusqu'au 14 septembre
Ni quoi ni qu'est-ce
Elle sourit, un immense sourire ; et ce sourire dénoue mon cœur serré. Tout va bien. Je suis triste, un peu, parce que je n’ai pas pu rentrer au Domaine et que je n’ai pas reçu de lettre depuis quelques temps, mais ce n’est pas grave. Aelle ne m’a pas oubliée, et elle me sourit. Comme si elle avait ce pouvoir : alléger mon cœur d’un simple regard, d’un simple sourire. C’est sûrement parce qu’elle est la seule, ou presque, qui me sourit sincèrement. Je la regarde à mon tour, une esquisse de sourire sur les lèvres. À ses côtés, je me sens toute puissante. Et puis le garçon se lève, et ce n’est plus qu’une ombre de sourire mort qui flotte sur mon visage. Il aurait pu parler, ça n’aurait pas été pire. Debout devant moi, il me défie. Je fronce les sourcils, la main serrée autour de ma baguette. Les Autres ne défient pas, d’habitude. Ils préfèrent dénigrer dans le dos des gens, pas affronter en face à face. Ce n’est pas grave : près d’Aelle, je peux le défier aussi. N’est-ce pas ?
Elle me donne suffisamment de courage pour que je puisse le défier, peu importe ce qu’il veut dire. Puisqu’il a quelque chose à dire. Quoi ? Une nouvelle insulte ? Sur elle ? Sur moi ? Je ne sais pas. Il y a beaucoup, beaucoup de choses que les Autres aiment dire sur ceux qui ne leur ressemblent pas. *Et on leur ressemble pas*. Et on en est fières — j’en suis fière, maintenant. Je suis certaine qu’Aelle aussi. Je sais encaisser, les insultes, j’ai l’habitude. Ce n’est pas dur. Pas dur de faire comme si rien ne pouvait me toucher.
Mais le garçon n’agit pas comme les Autres ont l’habitude de le faire ; il est triomphant. Un bras passé autour du cou de la gamine *ah*, il s’apprête à parler. Et moi, je me prépare mentalement. Avant de se battre, il faut être stable sur ses pieds ; avant d’encaisser des mots, il faut être stable dans son esprit. *Il va dire n’importe quoi, ne l’écoute pas, défend Aelle, garde ton sang-froid*, me répète ma conscience. Prête, je suis p
« T’as tout c’qu’il faut savoir sous les yeux » *Parle trop fort*, tais toi, tais toi maintenant. « La Honte de Poufsouffle et… Sa p’tite amie, la timbrée. »
Je n’étais pas prête.
La Honte de Poufsouffle.
J’assimile tout dans l’ordre. Ces mots là, je les entends souvent depuis bientôt un an, depuis que je passe mon temps avec Aelle ; il parle d’elle. Il parle d’elle et j’ai envie de lui lancer un sort et de le regarder se tordre de douleur devant moi. La colère, glaciale et intense, grandit au creux de mon ventre.
Sa p’tite amie.
Petite amie. Amoureuse. Un autre garçon, un autre lieu, toujours ce même air triomphant comme s’il venait de réussir à me balancer par terre. Le dernier, je l’ai massacré de mes poings. *Je peux recommencer*, mais je n’ai pas dormi après. Je ne comprends pas ces mots là. C’est ceux qui prennent le plus de temps à se faire une place dans mon cerveau, car ils n’ont aucun sens. Pourtant, ils attisent la colère avec une force inouïe. Je la sens qui commence à envahir ma bouche pour réduire l’Autre à néant.
Et puis, la course de la colère se trouve stoppée soudainement. Si rapidement que je m’étouffe avec.
La timbrée.
Je reste étonnamment calme. Un calme un peu trop calme, peut-être. Le monde se noircit, ma respiration ralentit, et mes oreilles se bouchent. Le bruit de la Grande Salle disparait. À la place, des dizaines de voix. *Timbrée, tarée, sorcière, bizarre, lâche, idiote, malade, moche, salope, nulle, folle, tellement différente, rien à faire avec nous, pourquoi t’es en vie, on devrait t’assassiner, quand est-ce que tu t’en vas, tu m’écoutes, pourquoi tu réponds pas, t’es débile en plus, tu veux pas te tuer, tu*
Je cligne des yeux. N’importe quoi. Je reconnais toutes les voix, je croyais les avoir oublier. Les voix et les visages. Et les sourires. Les Autres.
Wood.
Elle surgit près de moi et me murmure quelque chose ; c’est elle, je crois, qui me ramène à la réalité. « Si t’es timbrée... Moi aussi, je le suis. » Et sa rousseur me saute aux yeux, au final elle ne m’a pas ramenée : elle m’enfonce un peu plus dans les souvenirs. Les rues de Londres, ce jour là. J’étais forte, je crois. Mais dans ses yeux à elle, je vois qu’elle pense à la même chose ; que des larmes sont au bord de ses yeux, prêtes à dégouliner sur ses joues. Je ne peux pas attendre que mes larmes montent, moi. Déjà, elles s’accumulent au fond de moi. Lucy, ou Wood, me ressemble un peu trop, et ce n’est pas le bon moment pour y penser. Elle s’en va.
Et j’assimile enfin complètement les paroles du garçon.
« On a beau s’ressembler un peu, Wood, je serai toujours plus timbrée que toi. »
Un rire monte dans mon esprit, je le réprime juste à temps. Ma main gauche s’est légèrement desserrée autour de ma Moitié. C’est vrai ; je serai toujours plus tarée que tout le monde. Dommage pour l’Autre. Je repose à nouveau mon regard sur lui, sans prudence. Il ne me fait pas vraiment peur. Il m’a insultée. Il a insulté Aelle. Il me met en colère ; en colère parce qu’on ne m’avait plus traitée de timbrée depuis plusieurs semaines et que cela ne m’avait pas manqué. Et moi, la colère me rend toujours folle, justement. J’oublie que j’étais censée garder mon sang froid et rester calme ; j’espère seulement, un instant, que les professeurs sont occupés à regarder ailleurs. La salle est suffisamment grande pour qu’on ne nous remarque pas. Je crois. Je m’en fous, en fait ; je m’en fous complètement.
Soudainement, je me rend compte que j’ai fermé mon poing droit. Un quart de seconde plus tard, je l’ai balancé dans le ventre de l’Autre, le plus fort possible. Je ne frappe pas assez fort de cette main, mais assez pour faire mal ; assez pour que je ne regrette pas, pas du tout, pas encore, et que je me remette à sourire. Je ne le connais pas, alors je ne peux pas regretter. La satisfaction m’envahit. Au final, je suis très calme : seulement timbrée, comme il dit.
Elle me donne suffisamment de courage pour que je puisse le défier, peu importe ce qu’il veut dire. Puisqu’il a quelque chose à dire. Quoi ? Une nouvelle insulte ? Sur elle ? Sur moi ? Je ne sais pas. Il y a beaucoup, beaucoup de choses que les Autres aiment dire sur ceux qui ne leur ressemblent pas. *Et on leur ressemble pas*. Et on en est fières — j’en suis fière, maintenant. Je suis certaine qu’Aelle aussi. Je sais encaisser, les insultes, j’ai l’habitude. Ce n’est pas dur. Pas dur de faire comme si rien ne pouvait me toucher.
Mais le garçon n’agit pas comme les Autres ont l’habitude de le faire ; il est triomphant. Un bras passé autour du cou de la gamine *ah*, il s’apprête à parler. Et moi, je me prépare mentalement. Avant de se battre, il faut être stable sur ses pieds ; avant d’encaisser des mots, il faut être stable dans son esprit. *Il va dire n’importe quoi, ne l’écoute pas, défend Aelle, garde ton sang-froid*, me répète ma conscience. Prête, je suis p
« T’as tout c’qu’il faut savoir sous les yeux » *Parle trop fort*, tais toi, tais toi maintenant. « La Honte de Poufsouffle et… Sa p’tite amie, la timbrée. »
Je n’étais pas prête.
La Honte de Poufsouffle.
J’assimile tout dans l’ordre. Ces mots là, je les entends souvent depuis bientôt un an, depuis que je passe mon temps avec Aelle ; il parle d’elle. Il parle d’elle et j’ai envie de lui lancer un sort et de le regarder se tordre de douleur devant moi. La colère, glaciale et intense, grandit au creux de mon ventre.
Sa p’tite amie.
Petite amie. Amoureuse. Un autre garçon, un autre lieu, toujours ce même air triomphant comme s’il venait de réussir à me balancer par terre. Le dernier, je l’ai massacré de mes poings. *Je peux recommencer*, mais je n’ai pas dormi après. Je ne comprends pas ces mots là. C’est ceux qui prennent le plus de temps à se faire une place dans mon cerveau, car ils n’ont aucun sens. Pourtant, ils attisent la colère avec une force inouïe. Je la sens qui commence à envahir ma bouche pour réduire l’Autre à néant.
Et puis, la course de la colère se trouve stoppée soudainement. Si rapidement que je m’étouffe avec.
La timbrée.
Je reste étonnamment calme. Un calme un peu trop calme, peut-être. Le monde se noircit, ma respiration ralentit, et mes oreilles se bouchent. Le bruit de la Grande Salle disparait. À la place, des dizaines de voix. *Timbrée, tarée, sorcière, bizarre, lâche, idiote, malade, moche, salope, nulle, folle, tellement différente, rien à faire avec nous, pourquoi t’es en vie, on devrait t’assassiner, quand est-ce que tu t’en vas, tu m’écoutes, pourquoi tu réponds pas, t’es débile en plus, tu veux pas te tuer, tu*
Je cligne des yeux. N’importe quoi. Je reconnais toutes les voix, je croyais les avoir oublier. Les voix et les visages. Et les sourires. Les Autres.
Wood.
Elle surgit près de moi et me murmure quelque chose ; c’est elle, je crois, qui me ramène à la réalité. « Si t’es timbrée... Moi aussi, je le suis. » Et sa rousseur me saute aux yeux, au final elle ne m’a pas ramenée : elle m’enfonce un peu plus dans les souvenirs. Les rues de Londres, ce jour là. J’étais forte, je crois. Mais dans ses yeux à elle, je vois qu’elle pense à la même chose ; que des larmes sont au bord de ses yeux, prêtes à dégouliner sur ses joues. Je ne peux pas attendre que mes larmes montent, moi. Déjà, elles s’accumulent au fond de moi. Lucy, ou Wood, me ressemble un peu trop, et ce n’est pas le bon moment pour y penser. Elle s’en va.
Et j’assimile enfin complètement les paroles du garçon.
« On a beau s’ressembler un peu, Wood, je serai toujours plus timbrée que toi. »
Un rire monte dans mon esprit, je le réprime juste à temps. Ma main gauche s’est légèrement desserrée autour de ma Moitié. C’est vrai ; je serai toujours plus tarée que tout le monde. Dommage pour l’Autre. Je repose à nouveau mon regard sur lui, sans prudence. Il ne me fait pas vraiment peur. Il m’a insultée. Il a insulté Aelle. Il me met en colère ; en colère parce qu’on ne m’avait plus traitée de timbrée depuis plusieurs semaines et que cela ne m’avait pas manqué. Et moi, la colère me rend toujours folle, justement. J’oublie que j’étais censée garder mon sang froid et rester calme ; j’espère seulement, un instant, que les professeurs sont occupés à regarder ailleurs. La salle est suffisamment grande pour qu’on ne nous remarque pas. Je crois. Je m’en fous, en fait ; je m’en fous complètement.
Soudainement, je me rend compte que j’ai fermé mon poing droit. Un quart de seconde plus tard, je l’ai balancé dans le ventre de l’Autre, le plus fort possible. Je ne frappe pas assez fort de cette main, mais assez pour faire mal ; assez pour que je ne regrette pas, pas du tout, pas encore, et que je me remette à sourire. Je ne le connais pas, alors je ne peux pas regretter. La satisfaction m’envahit. Au final, je suis très calme : seulement timbrée, comme il dit.
[Thalia existe entre les échos]
[elle persiste, bien que les Mots l’aient abandonnée]
[elle persiste, bien que les Mots l’aient abandonnée]
Ni quoi ni qu'est-ce
La Honte de Poufsouffle et sa petite-amie, la timbrée.
Qu’est-ce qui me fait le plus mal ? L’insulte qui m’est destinée ? celle qui est dédiée à Thalia ? ou le sous-entendu qui me révolte au possible ? J’ai beau y songer, je n’en ai aucune idée. Je crois que tout se mélange dans ma tête, les mots sont translucides, les paroles sont éphémères ; c’est le tout qui me fait du mal. Le mélange des mots, le regard du garçon, le jugement de la fille. Je crois que c’est un tout et que ce Tout me tord le coeur et me le déchire en deux.
Mais quand même, l’expression petite-amie me révolte — pourquoi les Autres croient toujours mieux savoir ? Et puis de toute façon, petite-amie ne veut rien dire, n’est-ce pas ? Je n’ai jamais compris pourquoi on utilisait ce mot pour parler de la personne qui partage la vie d’une autre. Un amoureux ou une amoureuse, c’est pas un ami en plus petit. Ce n’est pas une amitié diminuée. C’est… Je ne sais pas très bien ce que c’est, mais je sais que Quétrilla n’est pas la petite-amie d’Aodren ; c’est son amoureuse, c’est tout. *C’est complètement con d’penser à ça*. Putain d’Autre avec ses mots débiles qui me pourrit l’intérieur de la tête ; avec force, je repousse mes réflexions le plus loin possible de moi. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai plus jamais envie d’entendre le mot petite-amie associé à mon prénom et à celui de Thalia.
Actuellement, je ne sais pas si je suis plus perdue qu’en colère ou plus en colère que perdue. J’ai envie de disparaître, tout simplement. Abandonner cette petite rouge bizarre avec cet idiot jaune, les laisser s’entremêler de conneries et partir avec Thalia. De toute manière, rien n’est jamais à notre hauteur. Tout ce que nous côtoyons — et tout ceux que nous côtoyons — sont toujours moins que nous : moins intéressants, moins passionnants, moins intelligents ; alors c’est idiot de traîner avec eux. Et je suis bien trop perdue pour avoir l’envie de réagir aux paroles de l’autre con. Il y a trop de gens, ici. Trop de regards. Trop de présence. Je suis tentée de les abandonner avec les paroles du garçon. Les voir s’enfoncer dans leurs mensonges est tentant ; qu’ils croient donc que je suis une Honte, qu’ils croient donc que Thalia est timbrée, qu’ils croient donc qu’elle est ma pet… *Non, ça non. S’il le répète, j’l’explose*.
Un mouvement attire mon regard. Ma bouche s’ouvre de surprise lorsque je tombe sur le visage de Wood ; et mon coeur sursaute bien trop fort, le fou. Qu’est-ce qu’elle fout là ? Elle va passer et s’en aller. Je le crois jusqu’à ce qu’elle s’arrête près de Thalia et lui parle. Je n’entends pas ce qu’elle lui dit, mais c’est vraisemblablement une bravade, comme un moyen de nous aider, de nous défendre contre l’autre con ? Mais c’est con ! Non, ce qui est con c’est la pique douloureuse qui s’enfonce dans mon coeur et qui répand dans mes veines le venin de la jalousie. Depuis quand Wood connaît-elle Thalia ? Et depuis quand Thalia connaît-elle Wood ? Et elle lui répond, et elle ne me regarde plus et moi je reste là, les bras ballant, remisée comme un objet qui dérange. J’ai l’impression de ne plus exister du tout, tout à coup. J’ai toujours l’impression de ne plus exister quand Thalia parle avec d’autres gens. Je n’aime ça. Wood en perd son éclat, la jalousie *c’pas d’la jalousie* ternie l’intérêt que j’ai pour elle — que j’avais.
Je vais attraper Thalia par le bras et la tirer jusqu’à la sortie. Nous allons partir toutes les deux et abandonner tous ces Dérangements derrière nous. Je l’aurais fait. Je l’aurais fait si Thalia n’avait pas soudainement fondu sur le garçon pour lui envoyer un coup dans le ventre. Un souffle s’arrache de mes poumons ; je ne m’attendais pas à ça ! Aussitôt après, un sourire étire mes lèvres. Je suis fière de Thalia, elle sait toujours quoi faire quand… Le garçon se plie en deux, un cri au bord des lèvres.
« Mais t’es vraiment tarée ! baragouine-t-il quand Thalia s’éloigne. J’vais t’tuer ! »
Son ami se lève. Celui qui nous a regardé sans réagir, celui que j’ai qualifié d’intelligent tout à l'heure. Il porte sur le visage une grimace de colère si effrayante que j’en pâlis d’angoisse. D’un pas, je me rapproche de Thalia et pose une main sur son bras. Pour l’arrêter ? Pour lui montrer que je suis là ? Pour la protéger ? Aucune idée, la réponse n’importe que peu. Mais contrairement à ce que je pensais, l’ami ne se dresse pas contre nous pour défendre son pote. Il le redresse du bout des bras en râlant (« Tu t’mets toujours dans des situations pas possible, c’est pas vrai ! ») avant de se tourner vers Thalia :
« C’est bon, il est désolé. T’étais pas obligé d’le frapper, hein.
— S’il était moins con, elle l’aurait pas frappé. »
Les mots se sont échappés tout seuls de ma bouche. C’est souvent comme ça avec les évidences : elles ne demandent pas notre avis pour s'exprimer. L’ami, blond comme les blés, me jette un regard par dessus son épaule et n'ajoute rien. Je prends ça pour un accord. Lui aussi considère que son ami est un con. Je jette mon regard au loin vers la table des professeurs, puis vers celle des Poufsouffle pour surveiller que nos Préfets ne nous regardent pas. Je n’aimerais pas me prendre une retenue pour une chose aussi bête. Vraiment pas. Je n’ai pas le temps pour ça.
Comme attiré, mon regard retrouve celui de la Rouge qui a fait ami-ami avec le Con.
« Si c’est des gens comme ça qu’t’écoutes, t’étonnes pas de d’venir aussi conne qu’eux. »
Je l’aime pas. Je m’efforce de mémoriser ses traits. Si je la croise un autre jour, je saurais à qui j’ai affaire : à une idiote envahissante qui se permet n’importe quoi et qui écoute le moindre abruti qui sait parler. Une Autre inintéressante, donc.
Un soupir au bord des lèvres, j’affirme ma prise sur ma colonne d’affaires qui n’ont miraculeusement pas dégringolées. Toute cette histoire aura au moins eu l'utilité de m'éloigner de ma tristesse. Dans un coin de mon esprit, je remercie Merlin qu'Aodren ne soit pas présent ; il serait intervenu et ça aurait été désastreux.
Je résiste à l’envie de jeter un regard d’avertissement à Wood : *elle est à moi* et me tourne vers Thalia. De toute manière, cette pensée est vraiment bizarre.
« Viens on s’casse. Super crochet, en fait. », rajouté-je avec le sourire.
Qu’est-ce qui me fait le plus mal ? L’insulte qui m’est destinée ? celle qui est dédiée à Thalia ? ou le sous-entendu qui me révolte au possible ? J’ai beau y songer, je n’en ai aucune idée. Je crois que tout se mélange dans ma tête, les mots sont translucides, les paroles sont éphémères ; c’est le tout qui me fait du mal. Le mélange des mots, le regard du garçon, le jugement de la fille. Je crois que c’est un tout et que ce Tout me tord le coeur et me le déchire en deux.
Mais quand même, l’expression petite-amie me révolte — pourquoi les Autres croient toujours mieux savoir ? Et puis de toute façon, petite-amie ne veut rien dire, n’est-ce pas ? Je n’ai jamais compris pourquoi on utilisait ce mot pour parler de la personne qui partage la vie d’une autre. Un amoureux ou une amoureuse, c’est pas un ami en plus petit. Ce n’est pas une amitié diminuée. C’est… Je ne sais pas très bien ce que c’est, mais je sais que Quétrilla n’est pas la petite-amie d’Aodren ; c’est son amoureuse, c’est tout. *C’est complètement con d’penser à ça*. Putain d’Autre avec ses mots débiles qui me pourrit l’intérieur de la tête ; avec force, je repousse mes réflexions le plus loin possible de moi. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai plus jamais envie d’entendre le mot petite-amie associé à mon prénom et à celui de Thalia.
Actuellement, je ne sais pas si je suis plus perdue qu’en colère ou plus en colère que perdue. J’ai envie de disparaître, tout simplement. Abandonner cette petite rouge bizarre avec cet idiot jaune, les laisser s’entremêler de conneries et partir avec Thalia. De toute manière, rien n’est jamais à notre hauteur. Tout ce que nous côtoyons — et tout ceux que nous côtoyons — sont toujours moins que nous : moins intéressants, moins passionnants, moins intelligents ; alors c’est idiot de traîner avec eux. Et je suis bien trop perdue pour avoir l’envie de réagir aux paroles de l’autre con. Il y a trop de gens, ici. Trop de regards. Trop de présence. Je suis tentée de les abandonner avec les paroles du garçon. Les voir s’enfoncer dans leurs mensonges est tentant ; qu’ils croient donc que je suis une Honte, qu’ils croient donc que Thalia est timbrée, qu’ils croient donc qu’elle est ma pet… *Non, ça non. S’il le répète, j’l’explose*.
Un mouvement attire mon regard. Ma bouche s’ouvre de surprise lorsque je tombe sur le visage de Wood ; et mon coeur sursaute bien trop fort, le fou. Qu’est-ce qu’elle fout là ? Elle va passer et s’en aller. Je le crois jusqu’à ce qu’elle s’arrête près de Thalia et lui parle. Je n’entends pas ce qu’elle lui dit, mais c’est vraisemblablement une bravade, comme un moyen de nous aider, de nous défendre contre l’autre con ? Mais c’est con ! Non, ce qui est con c’est la pique douloureuse qui s’enfonce dans mon coeur et qui répand dans mes veines le venin de la jalousie. Depuis quand Wood connaît-elle Thalia ? Et depuis quand Thalia connaît-elle Wood ? Et elle lui répond, et elle ne me regarde plus et moi je reste là, les bras ballant, remisée comme un objet qui dérange. J’ai l’impression de ne plus exister du tout, tout à coup. J’ai toujours l’impression de ne plus exister quand Thalia parle avec d’autres gens. Je n’aime ça. Wood en perd son éclat, la jalousie *c’pas d’la jalousie* ternie l’intérêt que j’ai pour elle — que j’avais.
Je vais attraper Thalia par le bras et la tirer jusqu’à la sortie. Nous allons partir toutes les deux et abandonner tous ces Dérangements derrière nous. Je l’aurais fait. Je l’aurais fait si Thalia n’avait pas soudainement fondu sur le garçon pour lui envoyer un coup dans le ventre. Un souffle s’arrache de mes poumons ; je ne m’attendais pas à ça ! Aussitôt après, un sourire étire mes lèvres. Je suis fière de Thalia, elle sait toujours quoi faire quand… Le garçon se plie en deux, un cri au bord des lèvres.
« Mais t’es vraiment tarée ! baragouine-t-il quand Thalia s’éloigne. J’vais t’tuer ! »
Son ami se lève. Celui qui nous a regardé sans réagir, celui que j’ai qualifié d’intelligent tout à l'heure. Il porte sur le visage une grimace de colère si effrayante que j’en pâlis d’angoisse. D’un pas, je me rapproche de Thalia et pose une main sur son bras. Pour l’arrêter ? Pour lui montrer que je suis là ? Pour la protéger ? Aucune idée, la réponse n’importe que peu. Mais contrairement à ce que je pensais, l’ami ne se dresse pas contre nous pour défendre son pote. Il le redresse du bout des bras en râlant (« Tu t’mets toujours dans des situations pas possible, c’est pas vrai ! ») avant de se tourner vers Thalia :
« C’est bon, il est désolé. T’étais pas obligé d’le frapper, hein.
— S’il était moins con, elle l’aurait pas frappé. »
Les mots se sont échappés tout seuls de ma bouche. C’est souvent comme ça avec les évidences : elles ne demandent pas notre avis pour s'exprimer. L’ami, blond comme les blés, me jette un regard par dessus son épaule et n'ajoute rien. Je prends ça pour un accord. Lui aussi considère que son ami est un con. Je jette mon regard au loin vers la table des professeurs, puis vers celle des Poufsouffle pour surveiller que nos Préfets ne nous regardent pas. Je n’aimerais pas me prendre une retenue pour une chose aussi bête. Vraiment pas. Je n’ai pas le temps pour ça.
Comme attiré, mon regard retrouve celui de la Rouge qui a fait ami-ami avec le Con.
« Si c’est des gens comme ça qu’t’écoutes, t’étonnes pas de d’venir aussi conne qu’eux. »
Je l’aime pas. Je m’efforce de mémoriser ses traits. Si je la croise un autre jour, je saurais à qui j’ai affaire : à une idiote envahissante qui se permet n’importe quoi et qui écoute le moindre abruti qui sait parler. Une Autre inintéressante, donc.
Un soupir au bord des lèvres, j’affirme ma prise sur ma colonne d’affaires qui n’ont miraculeusement pas dégringolées. Toute cette histoire aura au moins eu l'utilité de m'éloigner de ma tristesse. Dans un coin de mon esprit, je remercie Merlin qu'Aodren ne soit pas présent ; il serait intervenu et ça aurait été désastreux.
Je résiste à l’envie de jeter un regard d’avertissement à Wood : *elle est à moi* et me tourne vers Thalia. De toute manière, cette pensée est vraiment bizarre.
« Viens on s’casse. Super crochet, en fait. », rajouté-je avec le sourire.
Ni quoi ni qu'est-ce
Les Soleils n'ont rien dit. Les Soleils se sont tus.
En fait, c'est une gamine banale, bien moins éclatante de rayons, qui brise le silence. Je ne l'ai pas vue approcher. Elle doit être de celles qui longent les murs sans bruits le jour, s'introduisant discrètement dans les salles de classe ou dans les yeux des Autres. Je ne sais pas pourquoi elle s'introduit parmi nous, maintenant. Comme si elle était étrangère à toute cette histoire ; elle détonne.
Je prends conscience que la gamine ne s'intéresse qu'à une seule présence. D'un murmure soufflé, elle parle à la Sans-Peur. Mais je n'entends rien, non, elle prend bien garde à écarter tout le petit monde qui se trouve autour d'elles-deux. Fille-aux-cheveux-noirs écoute. Ça doit lui faire un drôle d'effet, à Aelle. Observer un rapace tourner autour de son amie, *parce qu'elles s'aiment pas pareil* — pas pareil que des amoureuses. Ça doit lui serrer le ventre, à Aelle. À ce qu'on m'a raconté, les émotions tordent d'amertume les entrailles. Parce que moi, je n'y connais rien, je ne sais pas très bien définir ces sentiments ; parce que Pearl ne va pas voir ailleurs. J'ai envie de sourire, goguenarde.
*Wood*, mon esprit mémorise. Je ne sais même pas pourquoi, cette Wood est si feutrée que je n'arriverai pas à lui prêter attention encore, à la repérer dans les couloirs. Sans-Peur, *ses cheveux*, oui. Papillon, *ses yeux*, oui. Mais Wood ? Jamais.
« ... je serai toujours plus timbrée que toi. »
*C'est quoi, ce débat idiot ?* captent mes pensées. Je suis lassée par les Filles, lassée par l'idiot d'à côté aussi. J'adorerais leur dire, *tiens*, leur signifier que je ne suis pas aussi discrète que Wood, par conséquent que leurs avis m'ennuient, sur Qui s'ra la plus timbrée ?.
Mais je ne peux pas parler, elles prennent toute la place avec leurs auras écrasantes, leurs pensées robustes et leurs paroles tranchantes. Il n'y a pas de place pour mes pauvres mots.
Je n'ai pas vu le coup partir. En fait, je ne l'ai pas vu du tout. J'ai cligné des paupières et lorsqu'elles ont décidé de se rouvrir, l'Autre était recroquevillé sur sa douleur. Alors je n'ai pas bougé ; j'aurais certainement bondi sur le côté si j'avais vu s'approcher le poing de l'amie tout près de moi. *Sans-Peur*. Décidément, le noir lui va si bien. Elle sourit. Aelle aussi. Moi aussi, sans raison précise, sans destinataire certain.
Elles sont deux à se protéger, ils sont deux à s'épauler. *Le parallèle est joli* je constate, parfaitement à l'écart de leur rixe tordue. Simple spectatrice, je me souviens. En ce moment même, j'écoute les mots qu'ils se jettent.
« S’il était moins con, elle l’aurait pas frappé. »
C'est incroyable comme elle semble certaine de ses mots, des actes de son amie et de l'impact qu'ils auront sur l'Autre. Il ne bronche pas.
*J'pensais quoi, d'Aelle, déjà ?*. Elle vient de balayer l'avis que je m'étais forgée sur elle, je crois. Je ne suis pas sûre, impossible de définir mon ressenti. *Ah*, je me souviens, *elles mes cœurs* ; avant de me corriger bien vite, *elles m’écœurent*. Trop inaccessibles, et ça m'énerve. Mais si je ne peux pas les approcher, mes souvenirs le pourront.
Une vérité brûlante s'abat sur moi : je sais. Je désire tant posséder les même pensées qu'Aelle. Fluides, elles coulent toutes seules, cisaillent les esprits, marquent les regards lorsqu'elles sont prononcées. Ce ne sont plus seulement des nimbes jaunes qui enveloppent la Fille, mais un halo entier d'assurance, de persuasion. Et bien qu'Aelle m’écœure, je m'autorise à être fascinée par sa personnalité. Comme un compromis, un pacte secret créé en mon être.
*Et l'autre ! L'autre jaune !*. Merlin, ses gestes complètent parfaitement l'âme de son amie. Le cœur de l'une et les mains de l'autre.
*Aelle* ; elle me regarde, regard cuisant, regard brillant, regard perçant.
Je fronce les sourcils. « Qu'est-c'que tu racontes ? »
Une pause, et je me plonge dans son regard charbon pour m'imprégner de toute sa force. La force, la conviction que j'aimerais insuffler à mes mots ; pour qu'ils l'interpellent.
Je ne sais pas pourquoi je veux la marquer, d'ailleurs. Je n'ai pas le temps de penser à ça, elle va partir, elle s'adresse à son amie. Et moi je la retiens de ma voix qui s'élève, du moins je l'espère.
« Je l'écoute pas. Tais-toi d'ailleurs. » j'adresse sèchement à l'idiot jaune qui marmotte toujours dans sa barbe, avant de faire déguerpir mon regard vers... *Vers la Sans-Peur*. « T'es amie avec Aelle. Juste amie, hein ? » je demande à la Fille, la Fille et ses cheveux hypnotisants
Et parce que l'enivrement de leurs regards me donne assez de cran pour poursuivre, je sais que je vais ajouter quelque chose. Sans l'ombre d'un sourire ; pas comme quelqu'un qui cherche à se lier d'amitié ; pas comme ce que j'avais voulu faire quelques minutes plus tôt, je lui lâche « Super crochet, en fait » .
En fait, c'est une gamine banale, bien moins éclatante de rayons, qui brise le silence. Je ne l'ai pas vue approcher. Elle doit être de celles qui longent les murs sans bruits le jour, s'introduisant discrètement dans les salles de classe ou dans les yeux des Autres. Je ne sais pas pourquoi elle s'introduit parmi nous, maintenant. Comme si elle était étrangère à toute cette histoire ; elle détonne.
Je prends conscience que la gamine ne s'intéresse qu'à une seule présence. D'un murmure soufflé, elle parle à la Sans-Peur. Mais je n'entends rien, non, elle prend bien garde à écarter tout le petit monde qui se trouve autour d'elles-deux. Fille-aux-cheveux-noirs écoute. Ça doit lui faire un drôle d'effet, à Aelle. Observer un rapace tourner autour de son amie, *parce qu'elles s'aiment pas pareil* — pas pareil que des amoureuses. Ça doit lui serrer le ventre, à Aelle. À ce qu'on m'a raconté, les émotions tordent d'amertume les entrailles. Parce que moi, je n'y connais rien, je ne sais pas très bien définir ces sentiments ; parce que Pearl ne va pas voir ailleurs. J'ai envie de sourire, goguenarde.
*Wood*, mon esprit mémorise. Je ne sais même pas pourquoi, cette Wood est si feutrée que je n'arriverai pas à lui prêter attention encore, à la repérer dans les couloirs. Sans-Peur, *ses cheveux*, oui. Papillon, *ses yeux*, oui. Mais Wood ? Jamais.
« ... je serai toujours plus timbrée que toi. »
*C'est quoi, ce débat idiot ?* captent mes pensées. Je suis lassée par les Filles, lassée par l'idiot d'à côté aussi. J'adorerais leur dire, *tiens*, leur signifier que je ne suis pas aussi discrète que Wood, par conséquent que leurs avis m'ennuient, sur Qui s'ra la plus timbrée ?.
Mais je ne peux pas parler, elles prennent toute la place avec leurs auras écrasantes, leurs pensées robustes et leurs paroles tranchantes. Il n'y a pas de place pour mes pauvres mots.
Je n'ai pas vu le coup partir. En fait, je ne l'ai pas vu du tout. J'ai cligné des paupières et lorsqu'elles ont décidé de se rouvrir, l'Autre était recroquevillé sur sa douleur. Alors je n'ai pas bougé ; j'aurais certainement bondi sur le côté si j'avais vu s'approcher le poing de l'amie tout près de moi. *Sans-Peur*. Décidément, le noir lui va si bien. Elle sourit. Aelle aussi. Moi aussi, sans raison précise, sans destinataire certain.
Elles sont deux à se protéger, ils sont deux à s'épauler. *Le parallèle est joli* je constate, parfaitement à l'écart de leur rixe tordue. Simple spectatrice, je me souviens. En ce moment même, j'écoute les mots qu'ils se jettent.
« S’il était moins con, elle l’aurait pas frappé. »
C'est incroyable comme elle semble certaine de ses mots, des actes de son amie et de l'impact qu'ils auront sur l'Autre. Il ne bronche pas.
*J'pensais quoi, d'Aelle, déjà ?*. Elle vient de balayer l'avis que je m'étais forgée sur elle, je crois. Je ne suis pas sûre, impossible de définir mon ressenti. *Ah*, je me souviens, *elles mes cœurs* ; avant de me corriger bien vite, *elles m’écœurent*. Trop inaccessibles, et ça m'énerve. Mais si je ne peux pas les approcher, mes souvenirs le pourront.
Une vérité brûlante s'abat sur moi : je sais. Je désire tant posséder les même pensées qu'Aelle. Fluides, elles coulent toutes seules, cisaillent les esprits, marquent les regards lorsqu'elles sont prononcées. Ce ne sont plus seulement des nimbes jaunes qui enveloppent la Fille, mais un halo entier d'assurance, de persuasion. Et bien qu'Aelle m’écœure, je m'autorise à être fascinée par sa personnalité. Comme un compromis, un pacte secret créé en mon être.
*Et l'autre ! L'autre jaune !*. Merlin, ses gestes complètent parfaitement l'âme de son amie. Le cœur de l'une et les mains de l'autre.
*Aelle* ; elle me regarde, regard cuisant, regard brillant, regard perçant.
Je fronce les sourcils. « Qu'est-c'que tu racontes ? »
Une pause, et je me plonge dans son regard charbon pour m'imprégner de toute sa force. La force, la conviction que j'aimerais insuffler à mes mots ; pour qu'ils l'interpellent.
Je ne sais pas pourquoi je veux la marquer, d'ailleurs. Je n'ai pas le temps de penser à ça, elle va partir, elle s'adresse à son amie. Et moi je la retiens de ma voix qui s'élève, du moins je l'espère.
« Je l'écoute pas. Tais-toi d'ailleurs. » j'adresse sèchement à l'idiot jaune qui marmotte toujours dans sa barbe, avant de faire déguerpir mon regard vers... *Vers la Sans-Peur*. « T'es amie avec Aelle. Juste amie, hein ? » je demande à la Fille, la Fille et ses cheveux hypnotisants
Et parce que l'enivrement de leurs regards me donne assez de cran pour poursuivre, je sais que je vais ajouter quelque chose. Sans l'ombre d'un sourire ; pas comme quelqu'un qui cherche à se lier d'amitié ; pas comme ce que j'avais voulu faire quelques minutes plus tôt, je lui lâche « Super crochet, en fait » .
Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé
Ni quoi ni qu'est-ce
Les mots de Thalia sont incisifs. J'serai toujours plus timbrée que toi. Lucy se sent presqu'insultée. Comme si on lui niait le droit d'exister en temps que timbrée. Comme si Thalia niait tout ce qu'elle a vécu quand elle était petite. On l'a traitée de timbrée. Et elle l'a cru, oui, elle l'a cru. Elle est timbrée, comme Thalia, comme Aelle, comme la gamine de Gryffondor ! Et oui, Joy avait raison. C'est plus facile que de se dire qu'elle avait tort.
Et toute l'exaltation redescend quand elle se rassoit. Toute sa vie elle s'est laissée porter. Et là, elle est intervenue. Et ça ne sert à rien. Elle s'énerve. Contre Thalia, contre Aelle, contre le mec en face, que Thalia a frappé. Contre le monde entier.
Elle piétine, retenant avec peine ses hurlements. Elle plonge sa tête dans son assiette pour ne plus y penser, mais elle n'y parvient pas. Elle est en colère. Mais c'est pas la même colère qu'Elian lorsqu'il lui a volé son carnet. C'est une colère qui gronde, qui n'est pas à assouvir ; elle ne giflerait pas Aelle, ni Thalia. Non, c'est plus une colère contre elle-même. Elle est énervée de ne pas réussir à attirer l'attention d'Aelle et de Thalia. Elle le voudrait tant. Mais c'est pas possible. Elles sont trop occupées à s'attirer mutuellement.
Elle ne peut pas encore s'en aller, non. Elle attendra. Elle attendra jusqu'à ce que son tour vienne de se lever et, non pas de mourir, mais juste de monter dans son dortoir, d'aller se coucher, et de ressasser pendant des heures dans son lit.
Dernier post pour moi, merci pour cette aventure, courte, mais intense ! Et désolée pour le retard de ce post, j'espère que ça n'a pas nui au RP...
Luehssyie Woudde Pecker ~ Jerry -4e année RP~#PouffyFamily
Quasi absente jusqu'au 14 septembre
Et toute l'exaltation redescend quand elle se rassoit. Toute sa vie elle s'est laissée porter. Et là, elle est intervenue. Et ça ne sert à rien. Elle s'énerve. Contre Thalia, contre Aelle, contre le mec en face, que Thalia a frappé. Contre le monde entier.
Elle piétine, retenant avec peine ses hurlements. Elle plonge sa tête dans son assiette pour ne plus y penser, mais elle n'y parvient pas. Elle est en colère. Mais c'est pas la même colère qu'Elian lorsqu'il lui a volé son carnet. C'est une colère qui gronde, qui n'est pas à assouvir ; elle ne giflerait pas Aelle, ni Thalia. Non, c'est plus une colère contre elle-même. Elle est énervée de ne pas réussir à attirer l'attention d'Aelle et de Thalia. Elle le voudrait tant. Mais c'est pas possible. Elles sont trop occupées à s'attirer mutuellement.
Elle ne peut pas encore s'en aller, non. Elle attendra. Elle attendra jusqu'à ce que son tour vienne de se lever et, non pas de mourir, mais juste de monter dans son dortoir, d'aller se coucher, et de ressasser pendant des heures dans son lit.
Dernier post pour moi, merci pour cette aventure, courte, mais intense ! Et désolée pour le retard de ce post, j'espère que ça n'a pas nui au RP...
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Quasi absente jusqu'au 14 septembre