Le vent d'hiver sort par ses yeux
No pb
Utile ? A qui ? A quoi ? Oui, le peu de fois où les gens me regardaient, c’était essentiellement par utilité, pour en tirer bénéfice… Voilà pourquoi j’aimais par dessus tout ces heures passées avec les enfants nécessiteux de Glasgow parce que là, au moins, je me sentais utile. Et encore, je n’en avais pas pris la pleine mesure en ce mois de Novembre qui s’annonçait maussade. La conversation, étirée sur le long temps de mon service, me pesait et désormais, je pensais surtout à un moyen de me débarrasser d’une personne dont je ne savais au final pas quoi penser. Et l’entregent d’une petite étudiante ne dépassant pas les bancs de l’ISDM, qui aurais-je pu conseiller à cette cliente ?
- Oh, vous savez, je ne connais pas grand monde et qui me connaît à part vous ?
… et les pourceaux dont le but est de me tripoter aussi souvent que possible… En cette fin de soirée, j’étais lasse, un peu épuisée et surtout en baisse d’énergie.
Le temps venait où le pub allait se vider progressivement. La cloche de la dernière heure avait sonné depuis longtemps. Et déjà certaines tables étaient vides. Occupée à ranger les verres, après y avoir apporté un soin tout particulier quant à l’essuyage, je n’attendais plus qu’une chose, revoir mon lit. En espérant avoir assez d’élan pour me lancer dès le dimanche matin dans la rédaction d’un devoir de la plus haute importance, comme toujours. Qui pouvait me comprendre réellement ? Obstinée, acharnée du travail, désireuse de tout savoir et de tout faire au mieux pour qu’enfin un jour je puisse goûter à la liberté de vivre selon mes rêves ? Contrainte de ne pas contacter ma sœur toujours en vadrouille quelque part en Russie mais je ne savais pas où, forcée au silence par ma tante, je vivais désespérément seule aussi le félin qui me tenait compagnie était-il mon unique raison de vivre au quotidien. Rentrer. Rentrer pour le nourrir enfin. Certains soirs, le coeur pèse si lourd qu’il ne vaut mieux pas le laisser parler.
Tout bien réfléchi, elle était venue dans le seul but de me recruter. Le genre de manœuvre dont je détestais être victime. Mais un client doit être respecté, jusqu’au déraisonnable disait souvent Boss. Alors je me tus et rangeai méticuleusement la zone dont j’étais responsable.
- Cette fois, je crois qu’on va fermer.
Ces mots sonnaient comme une prémonition, j’étais éreintée. Sans doute était-il salutaire d’avoir croisé pour la première fois de ma vie ce genre situation, inattendue, qui avait montré une forme de naïveté, d’impréparation dont je ne pouvais être entièrement responsable. Avant de savoir, on ne sait pas. Et toutes les analyses élaborées dans des amphithéâtres a priori ne vaudront jamais le terrain. C’est lui qui révèle les êtres, dans leur fragilité comme dans leur force. Les actes priment sur les paroles, toujours et ce soir-là, j'avais été secouée d’être en partie démasquée. Et pas seulement au travers de mon statut de sorcière. Non, j'avais montré que j'étais encore une jeune femme. Et que mes talents ne n’exerçaient pleinement, en l’état, que dans le contexte des études. Étonnamment, le révélateur avait été sorcier. Et non moldu. Ou peut-être bien que la situation mêlant les deux expliquait tout. Qui aurait pu le dire ?
Une voix. Une voix bienveillante. De celles qui accompagnent, conseillent et soutiennent. Voilà ce qui me manquait. Et cela portait un nom. L’autre, l’être cher, l’aimé. Celui qui écoute et protège. Qui ouvre les yeux et le coeur. La solitude forcée, vécue depuis trop longtemps, me poussait à foncer sans réfléchir ni vraiment écouter autrui. Je ne faisais pas confiance aux êtres, mon seul refuge, le savoir, qui à mes yeux ne mentait jamais, ne me serait d’aucune aide en cette affaire. Une seule chose était claire, en aucun cas je ne tiendrais une échoppe, et quel qu’en soit le cadre ; la servilité forcée n’était pas ma nature. J'étais devenue une sauvageonne.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Utile ? A qui ? A quoi ? Oui, le peu de fois où les gens me regardaient, c’était essentiellement par utilité, pour en tirer bénéfice… Voilà pourquoi j’aimais par dessus tout ces heures passées avec les enfants nécessiteux de Glasgow parce que là, au moins, je me sentais utile. Et encore, je n’en avais pas pris la pleine mesure en ce mois de Novembre qui s’annonçait maussade. La conversation, étirée sur le long temps de mon service, me pesait et désormais, je pensais surtout à un moyen de me débarrasser d’une personne dont je ne savais au final pas quoi penser. Et l’entregent d’une petite étudiante ne dépassant pas les bancs de l’ISDM, qui aurais-je pu conseiller à cette cliente ?
- Oh, vous savez, je ne connais pas grand monde et qui me connaît à part vous ?
… et les pourceaux dont le but est de me tripoter aussi souvent que possible… En cette fin de soirée, j’étais lasse, un peu épuisée et surtout en baisse d’énergie.
Le temps venait où le pub allait se vider progressivement. La cloche de la dernière heure avait sonné depuis longtemps. Et déjà certaines tables étaient vides. Occupée à ranger les verres, après y avoir apporté un soin tout particulier quant à l’essuyage, je n’attendais plus qu’une chose, revoir mon lit. En espérant avoir assez d’élan pour me lancer dès le dimanche matin dans la rédaction d’un devoir de la plus haute importance, comme toujours. Qui pouvait me comprendre réellement ? Obstinée, acharnée du travail, désireuse de tout savoir et de tout faire au mieux pour qu’enfin un jour je puisse goûter à la liberté de vivre selon mes rêves ? Contrainte de ne pas contacter ma sœur toujours en vadrouille quelque part en Russie mais je ne savais pas où, forcée au silence par ma tante, je vivais désespérément seule aussi le félin qui me tenait compagnie était-il mon unique raison de vivre au quotidien. Rentrer. Rentrer pour le nourrir enfin. Certains soirs, le coeur pèse si lourd qu’il ne vaut mieux pas le laisser parler.
Tout bien réfléchi, elle était venue dans le seul but de me recruter. Le genre de manœuvre dont je détestais être victime. Mais un client doit être respecté, jusqu’au déraisonnable disait souvent Boss. Alors je me tus et rangeai méticuleusement la zone dont j’étais responsable.
- Cette fois, je crois qu’on va fermer.
Ces mots sonnaient comme une prémonition, j’étais éreintée. Sans doute était-il salutaire d’avoir croisé pour la première fois de ma vie ce genre situation, inattendue, qui avait montré une forme de naïveté, d’impréparation dont je ne pouvais être entièrement responsable. Avant de savoir, on ne sait pas. Et toutes les analyses élaborées dans des amphithéâtres a priori ne vaudront jamais le terrain. C’est lui qui révèle les êtres, dans leur fragilité comme dans leur force. Les actes priment sur les paroles, toujours et ce soir-là, j'avais été secouée d’être en partie démasquée. Et pas seulement au travers de mon statut de sorcière. Non, j'avais montré que j'étais encore une jeune femme. Et que mes talents ne n’exerçaient pleinement, en l’état, que dans le contexte des études. Étonnamment, le révélateur avait été sorcier. Et non moldu. Ou peut-être bien que la situation mêlant les deux expliquait tout. Qui aurait pu le dire ?
Une voix. Une voix bienveillante. De celles qui accompagnent, conseillent et soutiennent. Voilà ce qui me manquait. Et cela portait un nom. L’autre, l’être cher, l’aimé. Celui qui écoute et protège. Qui ouvre les yeux et le coeur. La solitude forcée, vécue depuis trop longtemps, me poussait à foncer sans réfléchir ni vraiment écouter autrui. Je ne faisais pas confiance aux êtres, mon seul refuge, le savoir, qui à mes yeux ne mentait jamais, ne me serait d’aucune aide en cette affaire. Une seule chose était claire, en aucun cas je ne tiendrais une échoppe, et quel qu’en soit le cadre ; la servilité forcée n’était pas ma nature. J'étais devenue une sauvageonne.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Le vent d'hiver sort par ses yeux
La jeune femme semblait désormais perdue et peu encline à poursuivre la conversation. Sa réponse restait vague, et ne manqua pas de surprendre la blonde. Elle ne connaissait pas grand monde, disait-elle. Pourtant, elle avait probablement de nombreux camarades de promotion qui cherchaient des stages, ou des professeurs tout à fait compétants dans leur domaine d’expertise qu’elle aurait pu me recommander. Elle s’interrogeait également sur qui pouvait bien la connaître à part Maxine. Pourtant, elle n’avait pas l’impression de la connaître. La réalité était même à l’opposé. Cette jeune serveuse, tantôt avenante, tantôt à la limite de la froideur, parfois apeurée, parfois téméraire était un véritable mystère pour la jeune femme. Elle se rendit compte qu’elle ne connaissait même pas son nom, elle n’avait pas pensé à lui demander. En même temps, qui demandait son nom à une serveuse, si ce ne sont les gros lourds tentants des approches. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, personne ne lui avait jamais demandé son nom lorsqu’elle se trouvait de l’autre côté du comptoir.
Elle termina son verre, avant d’en commander un autre, puis resta encore, à observer la clientèle. Elle n’avait que peu d’occasions de mettre les pieds dans le monde moldu, mais à chaque fois, elle savourait cette expérience. Leurs comportements étranges l’amusaient, tout comme elle était impressionnée de voir à chaque fois les inventions qu’ils avaient pu développer pour pallier leur manque de magie. Pourtant ce qui l’intriguait le plus ici, c’était de voir à quel point les comportements des sorciers et des personnes dépossédés de pouvoirs pouvaient être similaires quand ils avaient une bière à la main. Ils étaient pourtant si différents, mais elle trouvait de nombreux points communs dans l’ambiance qui régnait ici et dans son propre établissement. Elle fut coupée dans sa réflexion par la jeune étudiante qui lui annonça qu’il était l’heure de fermer. Elle détourna son regard vers elle, et sans un mot, elle vida son verre d’une gorgée avant de le reposer sur le comptoir. Puis toujours en fixant la serveuse, elle fouilla dans ses poches pour en sortir des pièces, qui s’avérait être de l’argent sorcier. Elle le déposa pourtant sur le comptoir.
« Je n’ai que ça, j’espère que ça suffira, annonça-t-elle sans pour autant s’excuser. Tu peux garder la monnaie »
C’était la moindre des choses après tout. Non seulement, elle avait accaparé la jeune femme pendant une bonne partie de son service, lui posant des questions parfois personnelles, risquant sa couverture, mais en plus, elle n’avait de quoi payer en monnaie moldu. Elle se leva ensuite et sans attendre de réponse se dirigea vers la porte. Légèrement échaudée par l’alcool, elle profita de l’air frais, avant de prendre sa route vers une ruelle tranquille qui lui permettrait de transplanner vers Londres en toute sécurité.
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Elle termina son verre, avant d’en commander un autre, puis resta encore, à observer la clientèle. Elle n’avait que peu d’occasions de mettre les pieds dans le monde moldu, mais à chaque fois, elle savourait cette expérience. Leurs comportements étranges l’amusaient, tout comme elle était impressionnée de voir à chaque fois les inventions qu’ils avaient pu développer pour pallier leur manque de magie. Pourtant ce qui l’intriguait le plus ici, c’était de voir à quel point les comportements des sorciers et des personnes dépossédés de pouvoirs pouvaient être similaires quand ils avaient une bière à la main. Ils étaient pourtant si différents, mais elle trouvait de nombreux points communs dans l’ambiance qui régnait ici et dans son propre établissement. Elle fut coupée dans sa réflexion par la jeune étudiante qui lui annonça qu’il était l’heure de fermer. Elle détourna son regard vers elle, et sans un mot, elle vida son verre d’une gorgée avant de le reposer sur le comptoir. Puis toujours en fixant la serveuse, elle fouilla dans ses poches pour en sortir des pièces, qui s’avérait être de l’argent sorcier. Elle le déposa pourtant sur le comptoir.
« Je n’ai que ça, j’espère que ça suffira, annonça-t-elle sans pour autant s’excuser. Tu peux garder la monnaie »
C’était la moindre des choses après tout. Non seulement, elle avait accaparé la jeune femme pendant une bonne partie de son service, lui posant des questions parfois personnelles, risquant sa couverture, mais en plus, elle n’avait de quoi payer en monnaie moldu. Elle se leva ensuite et sans attendre de réponse se dirigea vers la porte. Légèrement échaudée par l’alcool, elle profita de l’air frais, avant de prendre sa route vers une ruelle tranquille qui lui permettrait de transplanner vers Londres en toute sécurité.
Fin du RP !
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