Virevoltantes
Accroupie sur mes deux jambes, mes genoux se fatiguent et me soufflent de me redresser. Je leur réponds avec un regard noir et sans flancher, je conserve ma position. Mes pieds se fondent dans la neige alors qu'elle recouvre bientôt mes chaussures jusqu'aux chevilles. Il en va de même pour les pieds du chaton qui, si leur couleur s'approche du blanc de la neige, s'enfoncent jusqu'à ne plus voir que les bandes un peu plus caramel qui ornent ses pattes. Le froid me prend le visage et si ce n'était déjà pas le cas, fait rougir et couler mon nez que je tente tant bien que mal de cacher dans mes vêtements. Enfouir mon visage dans mon col pour protéger mon nez fait disparaître ma bouche et le sourire qui y flottait - mais on peut le lire dans les rides rieuses de mes yeux. Mes yeux d'ailleurs fixés sur les mains caressantes de la Rouge et Or, évitant soigneusement le visage de Ruby pour que mes joues et mes oreilles ne rougissent pas trop fort.
J'écoute sa première réponse avec attention alors que mon sourire redouble d'intensité. Alors, comme ça, elle se pose ce genre de questions ? C'est difficilement concevable pour moi de se poser ce genre de questions à soi-même ; ce n'est pas le genre de chose à laquelle je pense. Tout ce que je me demande à un rapport avec la magie. Et c'est sûrement un morceau de réponse à la question "parle-moi de toi". Peut-être même que c'est la réponse. Mais je préfère croire que j'ai toute la vie pour y répondre et qu'un beau jour la réponse me tombera sur la tête. Le fait de l'entendre me dire tout ça m'insuffle une sensation de confort, tellement que mes genoux eux-mêmes cessent de crier et se détendent. Mes fesses descendent plus bas encore, touchent presque la neige, pour soulager mes jambes.
Finalement, la question suivante me fait lever les yeux sur le visage de Ruby. Je me demande bien quel genre de réponse elle attend, je me demande aussi si cette question est plus que ce qu'elle est, je me demande de quel feu est-ce qu'elle parle (celui dehors, celui dedans ?).
La précision qu'elle apporte me donne toutes les réponses. Flambios. Je n'écoute même pas ce qu'elle ajoute ensuite et je pense : bingo, elle parle de magie. C'est exactement ce qu'il me fallait pour briller. Moi qui ne sais que réfléchir, questionner, discuter et vivre magie, voilà l'occasion parfaite pour lui montrer qui je suis sans avoir à lui parler directement de moi.
« Flambios. »
Lancé-je alors, seulement quelques secondes me suffisent pour me concentrer, visualiser les marques de feu prendre place entre Ruby, Lune et moi et imaginer le mot que je veux les voir former.
Devant le visage de Ruby, à équidistance du mien, se dessinent des petites lettres de feu vouées à s'évaporer. M A G I E est le mot qu'elles forment, le seul mot qui vaille la peine d'exister, le seul mot qui soit vraiment utile pour me décrire à cet instant précis. Je ne suis pas le feu, je ne suis pas l'air, je ne suis pas l'eau, je ne suis pas la terre : je suis la magie.
La neige s'est arrêté de tomber rapidement après ça, laissant un manteau de neige recouvrir le château sous son passage. Les flocons blancs n'ont pas recouvert seulement l'étendue autrefois verte du parc, les toits des tours pointues et les cours du château, ils sont aussi tombés sur les têtes blondes qui se promènent dans le parc. Plus particulièrement sur les têtes blondes et brunes des deux Gryffones assises au pied de l'arbre-géant. Ce sont les cheveux foncés de la plus grande qui sont parsemés de tâches blanches, là où les flocons se fondent dans le blond de la plus petite. Et sur la tête du petit chat s'amasse la neige comme un petit chapeau au sommet de sa tête, le même se forme sur son museau.
Après que les lettres de feux aient disparu, la lanceuse du sortilège - Adaline - commence à parler magie. Elle discute du sortilège Flambios d'abord, de sa durée, de son utilité, de son utilisation, de sa visualisation, des émotions qui sont associées. Les yeux de son interlocutrice - Ruby - s'ouvrent grands de voir la brune débiter tous ses mots sans s'arrêter, mais c'est d'abord un air déçu qui passe sur son visage parce qu'elle avait espéré pouvoir lui apprendre ce sortilège avant que son regard ne s'adoucisse de l'entendre débiter toutes ses paroles. Adaline dévoile là une partie de son intimité, elle en oublie le froid et espère le faire oublier à la blonde.
En changeant de sujet, Adaline attrape le chaton pour l'enrouler dans sa cape, en soufflant sur et sa tête et son museau pour dégager la neige qui s'est accumulée. Le sujet suivant est encore la magie, c'est le sortilège Incendio. Et encore une fois, elle discute de tout ce qui tourne autour du sortilège : le feu c'est fascinant, dit-elle. Si elle parle de ce sortilège, c'est à la fois parce qu'il est du niveau de son interlocutrice (qui ne fait qu'écouter pour le moment) et parce que le feu a l'air de lui plaire.
Les deux filles discutent encore, pendant une grosse poignée de minutes. Minutes blanches, minutes soleil, minutes froid. Et bientôt, les doigts d'Adaline sont frigorifiés, et Lune se met à miauler.
« On devrait remonter... J'ai froid. »
Dit la brune, sous le regard bientôt inquiet de Ruby. Si Adaline était l'air, Ruby serait probablement le feu. Si Adaline était la Lune, Ruby serait probablement le Soleil.
Les deux filles se lèvent, saluent l'arbre-géant, et se mettent à marcher en direction du château. Adaline serre le chaton dans ses bras, alors que Ruby jette des regards toujours plus inquiets au visage frigorifié d'Adaline, ses lèvres rougies, son nez congelé, et ses cheveux entoilés de flocons blancs qui commencent tout juste à fondre. La discussion sur le sortilège de feu, Incendio, se poursuit sous l'initiative de Ruby qui, intriguée par sa camarade plus âgée, veut l'entendre parler encore plus longtemps. Et Adaline, sans pour autant déceler ses intentions, se remet à discuter entre deux claquements de dents.
Les voilà qui atteignent le grand hall.
« Tu veux qu'on étudie ensemble ? En salle commune ? »
Finalement, Adaline réussit à traîner Ruby jusqu'à la salle commune des Rouge et Or (qui est si apaisante pour la brune). Et alors qu'elle tente de sortir ses bouquins, et commencer à plancher sur ses devoirs, Ruby se met à parler : elle commence à raconter ce qu'elle connaît du sortilège Diffindo sous le regard fort intéressé d'Adaline qui ne tardera pas à lui demander pourquoi est-ce qu'elle aime ce sortilège. C'est une des rares fois où Adaline a refermé un bouquin pour écouter quelqu'un.
J'écoute sa première réponse avec attention alors que mon sourire redouble d'intensité. Alors, comme ça, elle se pose ce genre de questions ? C'est difficilement concevable pour moi de se poser ce genre de questions à soi-même ; ce n'est pas le genre de chose à laquelle je pense. Tout ce que je me demande à un rapport avec la magie. Et c'est sûrement un morceau de réponse à la question "parle-moi de toi". Peut-être même que c'est la réponse. Mais je préfère croire que j'ai toute la vie pour y répondre et qu'un beau jour la réponse me tombera sur la tête. Le fait de l'entendre me dire tout ça m'insuffle une sensation de confort, tellement que mes genoux eux-mêmes cessent de crier et se détendent. Mes fesses descendent plus bas encore, touchent presque la neige, pour soulager mes jambes.
Finalement, la question suivante me fait lever les yeux sur le visage de Ruby. Je me demande bien quel genre de réponse elle attend, je me demande aussi si cette question est plus que ce qu'elle est, je me demande de quel feu est-ce qu'elle parle (celui dehors, celui dedans ?).
La précision qu'elle apporte me donne toutes les réponses. Flambios. Je n'écoute même pas ce qu'elle ajoute ensuite et je pense : bingo, elle parle de magie. C'est exactement ce qu'il me fallait pour briller. Moi qui ne sais que réfléchir, questionner, discuter et vivre magie, voilà l'occasion parfaite pour lui montrer qui je suis sans avoir à lui parler directement de moi.
« Flambios. »
Lancé-je alors, seulement quelques secondes me suffisent pour me concentrer, visualiser les marques de feu prendre place entre Ruby, Lune et moi et imaginer le mot que je veux les voir former.
Devant le visage de Ruby, à équidistance du mien, se dessinent des petites lettres de feu vouées à s'évaporer. M A G I E est le mot qu'elles forment, le seul mot qui vaille la peine d'exister, le seul mot qui soit vraiment utile pour me décrire à cet instant précis. Je ne suis pas le feu, je ne suis pas l'air, je ne suis pas l'eau, je ne suis pas la terre : je suis la magie.
***
La neige s'est arrêté de tomber rapidement après ça, laissant un manteau de neige recouvrir le château sous son passage. Les flocons blancs n'ont pas recouvert seulement l'étendue autrefois verte du parc, les toits des tours pointues et les cours du château, ils sont aussi tombés sur les têtes blondes qui se promènent dans le parc. Plus particulièrement sur les têtes blondes et brunes des deux Gryffones assises au pied de l'arbre-géant. Ce sont les cheveux foncés de la plus grande qui sont parsemés de tâches blanches, là où les flocons se fondent dans le blond de la plus petite. Et sur la tête du petit chat s'amasse la neige comme un petit chapeau au sommet de sa tête, le même se forme sur son museau.
Après que les lettres de feux aient disparu, la lanceuse du sortilège - Adaline - commence à parler magie. Elle discute du sortilège Flambios d'abord, de sa durée, de son utilité, de son utilisation, de sa visualisation, des émotions qui sont associées. Les yeux de son interlocutrice - Ruby - s'ouvrent grands de voir la brune débiter tous ses mots sans s'arrêter, mais c'est d'abord un air déçu qui passe sur son visage parce qu'elle avait espéré pouvoir lui apprendre ce sortilège avant que son regard ne s'adoucisse de l'entendre débiter toutes ses paroles. Adaline dévoile là une partie de son intimité, elle en oublie le froid et espère le faire oublier à la blonde.
En changeant de sujet, Adaline attrape le chaton pour l'enrouler dans sa cape, en soufflant sur et sa tête et son museau pour dégager la neige qui s'est accumulée. Le sujet suivant est encore la magie, c'est le sortilège Incendio. Et encore une fois, elle discute de tout ce qui tourne autour du sortilège : le feu c'est fascinant, dit-elle. Si elle parle de ce sortilège, c'est à la fois parce qu'il est du niveau de son interlocutrice (qui ne fait qu'écouter pour le moment) et parce que le feu a l'air de lui plaire.
Les deux filles discutent encore, pendant une grosse poignée de minutes. Minutes blanches, minutes soleil, minutes froid. Et bientôt, les doigts d'Adaline sont frigorifiés, et Lune se met à miauler.
« On devrait remonter... J'ai froid. »
Dit la brune, sous le regard bientôt inquiet de Ruby. Si Adaline était l'air, Ruby serait probablement le feu. Si Adaline était la Lune, Ruby serait probablement le Soleil.
Les deux filles se lèvent, saluent l'arbre-géant, et se mettent à marcher en direction du château. Adaline serre le chaton dans ses bras, alors que Ruby jette des regards toujours plus inquiets au visage frigorifié d'Adaline, ses lèvres rougies, son nez congelé, et ses cheveux entoilés de flocons blancs qui commencent tout juste à fondre. La discussion sur le sortilège de feu, Incendio, se poursuit sous l'initiative de Ruby qui, intriguée par sa camarade plus âgée, veut l'entendre parler encore plus longtemps. Et Adaline, sans pour autant déceler ses intentions, se remet à discuter entre deux claquements de dents.
Les voilà qui atteignent le grand hall.
« Tu veux qu'on étudie ensemble ? En salle commune ? »
Finalement, Adaline réussit à traîner Ruby jusqu'à la salle commune des Rouge et Or (qui est si apaisante pour la brune). Et alors qu'elle tente de sortir ses bouquins, et commencer à plancher sur ses devoirs, Ruby se met à parler : elle commence à raconter ce qu'elle connaît du sortilège Diffindo sous le regard fort intéressé d'Adaline qui ne tardera pas à lui demander pourquoi est-ce qu'elle aime ce sortilège. C'est une des rares fois où Adaline a refermé un bouquin pour écouter quelqu'un.
À suivre...
Animagus renard polaire
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