Grand Saut
De sa voix que je semble connaître depuis des lustres, sa voix que j'ai cherché dans les eaux sombres, celle qui m'a réchauffé et celle qui m'a sauvé, elle me lance un brin d'humour. Comme on ferait virevolter un brin d’herbe dans l'air qui se s'échauffe au fur et à mesure que la journée s'éveille. Bientôt, le monde ne nous appartiendra plus, à nous. Bientôt, le Temps va nous reprendre et nous replonger dans nos quotidiens. Mais ceux-ci seront comme neufs, obnubilés par la pensée de se revoir Nos yeux se chercheront au détour d'un couloir, dans la foule des Autres. Comme ils ont vogué sur les flots noirs quand l'inquiétude me tordait le ventre. Je me laisse sourire, tristement sans doute, à ses mots humoristiques.
« Comment l'oublier ? » *Jamais*
Elle amorce un geste. Sa main s'approche, dangereusement si ce n'avait pas était elle, de mon visage. Elle saisit une des nombreuses mèches de mes cheveux mouillés et emmêlés et la replace derrière mon oreille. Tout dans son geste est le reflet de sa personne : délicat. Délicate âme. Délicats gestes. Paroles délicates. Même si c'est elle, je ne peux retenir un léger mouvement de recul. Je ne sais pourquoi, parce que tout m'inspire la confiance en elle. Sans doute parce que ce geste ne peut que me rappeler Mima. Et ces soirs au coin du feu. Et ces soirs allongés dans l'herbe. Et ces soirs à regarder les étoiles jusqu'à plus soif, jusqu'à ce que les yeux piquent et n'évaluent plus la distance entre les astres et nous correctement.
*Oui, on s'reverra* Je ne fais qu’acquiescer. Je ne veux pas l'interrompre et perdre un instant de sa voix. *Restons, si tu veux, j'aime les défis de beauté* Mais je sais, et elle aussi, que nous ne pourrions pas. Rien que pour préserver la beauté de cet instant. Et de notre rencontre. La beauté de ce ciel matinal de mars, que nul autre ne pourra égaler.
Comme un ressort, elle se dresse d'un coup sur ses pieds tandis que les miens effleurent encore la surface de l'eau. Je lève la tête, inquisitrice. Le soleil tente de rayonner à côté d'elle mais il est trop faible à ce jeu-là. Elle occupe la scène et rien ne peut l'obscurcir. Ses mots. Elle. Je saisis sa main, encore, du bout des doigts, sans émettre la moindre pression, pour garde cette légèreté. Je me dresse à ses côtés. Faire front, à deux, une dernière fois ce matin, à cette mer des montagnes, à ce tableau unique et réconfortant, à cet astre et aux Grandes Dames, même si on ne les voit plus. Je cligne des yeux silencieusement pour adresser une prière à je-ne-sais-qui de m'avoir permis de vivre ce moment et de m'avoir mis ce petit bout de personne sur ma route.
« Allons-y ! » sort en un murmure de ma bouche, vibrant de joie.
Et ainsi de nouveau liées, nous remontons la pente du château comme on remonterait la pente de la vie, après être sorties de ces eaux troubles. Mon corps avance à ses côtés. Mon esprit est resté sur le ponton. Il grave en lui cette œuvre, ce spectacle auquel il assiste pour la dernière fois. Ces deux silhouettes trempées de bonheur qui finissent par disparaître, englouties par les murs de pierres de l'édifice. Ces deux silhouettes qui ne faisait qu'une, ne se lâchant point (final).
« Comment l'oublier ? » *Jamais*
Elle amorce un geste. Sa main s'approche, dangereusement si ce n'avait pas était elle, de mon visage. Elle saisit une des nombreuses mèches de mes cheveux mouillés et emmêlés et la replace derrière mon oreille. Tout dans son geste est le reflet de sa personne : délicat. Délicate âme. Délicats gestes. Paroles délicates. Même si c'est elle, je ne peux retenir un léger mouvement de recul. Je ne sais pourquoi, parce que tout m'inspire la confiance en elle. Sans doute parce que ce geste ne peut que me rappeler Mima. Et ces soirs au coin du feu. Et ces soirs allongés dans l'herbe. Et ces soirs à regarder les étoiles jusqu'à plus soif, jusqu'à ce que les yeux piquent et n'évaluent plus la distance entre les astres et nous correctement.
*Oui, on s'reverra* Je ne fais qu’acquiescer. Je ne veux pas l'interrompre et perdre un instant de sa voix. *Restons, si tu veux, j'aime les défis de beauté* Mais je sais, et elle aussi, que nous ne pourrions pas. Rien que pour préserver la beauté de cet instant. Et de notre rencontre. La beauté de ce ciel matinal de mars, que nul autre ne pourra égaler.
Comme un ressort, elle se dresse d'un coup sur ses pieds tandis que les miens effleurent encore la surface de l'eau. Je lève la tête, inquisitrice. Le soleil tente de rayonner à côté d'elle mais il est trop faible à ce jeu-là. Elle occupe la scène et rien ne peut l'obscurcir. Ses mots. Elle. Je saisis sa main, encore, du bout des doigts, sans émettre la moindre pression, pour garde cette légèreté. Je me dresse à ses côtés. Faire front, à deux, une dernière fois ce matin, à cette mer des montagnes, à ce tableau unique et réconfortant, à cet astre et aux Grandes Dames, même si on ne les voit plus. Je cligne des yeux silencieusement pour adresser une prière à je-ne-sais-qui de m'avoir permis de vivre ce moment et de m'avoir mis ce petit bout de personne sur ma route.
« Allons-y ! » sort en un murmure de ma bouche, vibrant de joie.
Et ainsi de nouveau liées, nous remontons la pente du château comme on remonterait la pente de la vie, après être sorties de ces eaux troubles. Mon corps avance à ses côtés. Mon esprit est resté sur le ponton. Il grave en lui cette œuvre, ce spectacle auquel il assiste pour la dernière fois. Ces deux silhouettes trempées de bonheur qui finissent par disparaître, englouties par les murs de pierres de l'édifice. Ces deux silhouettes qui ne faisait qu'une, ne se lâchant point (final).
Très dur pour moi aussi de terminer cette Danse. Je ne le voulais pas, les Mots ne voulaient pas. Merci de m'avoir fait confiance. Vraiment. Merci de tes Mots incroyables, de ta Protégée fabuleuse. Merci de ces instants hors du temps.
Je ne sais pas comment arrêter ceci, alors, juste merci.
Je crois que je deviens un oiseau-de-la-nuit pour ne plus te faire attendre. Pas le plus long, sans doute pas le plus beau, mais celui qui devait être : j'espère que c'est le final que tu attendais.
Merci Plume d'@Ruby Everheart
Je ne sais pas comment arrêter ceci, alors, juste merci.
Je crois que je deviens un oiseau-de-la-nuit pour ne plus te faire attendre. Pas le plus long, sans doute pas le plus beau, mais celui qui devait être : j'espère que c'est le final que tu attendais.
Merci Plume d'@Ruby Everheart
Pourquoi passes-tu autant de temps dans ma tête ? Parce qu'il y fait toujours beau.