En l'espace d'un battement de cœur

- Je ne crois pas, ou sinon je ne m'en souviens pas.


Le silence les enveloppa. Mais quelque chose avait changé dedans.
Il était devenu léger, chaud, réconfortant. Alison ne relança pas la conversation. Elle se sentait presque bien contre ces tuyaux, à discuter avec cette gryffondor.
Elle ferma les yeux, pas totalement, mais presque pour observer le monde à travers ses sourcils noirs qui le déformait.

Les toilettes abandonnées, hein. Elle n'était pas abandonnée elle.
Si ?
Ses parents ne l'abandonnaient pas.
Mais et sa grand-mère?
Non.
Elle ne l'avait pas abandonnée.
Elle sortirait sur ses deux jambes solides, et elles iraient cueillir des lavandes en été et se tresser des couronnes de fleurs.

Vraiment, Alison? Vraiment, elle ne t'a pas abandonnée? Pourtant, elle n'est pas là. Tu es seule Alison.

C'est faux, chuis pas seule!!! Avait-elle envie de crier au Silence.
Il était revenu ce silence menaçant, profond, horrible, noir comme un oiseau de mauvaise augure.
Elle voulait plus de ce silence.
Il la rendait malade.
Sa langue voulut parler mais elle se heurta à son palais avec un bruit sec, et retomba, inerte, dans sa bouche.

Elle voulait plus rester là.
Les lavabos encrassés, les miroirs noircis lui renvoyant son reflet.
Elle voulait plus rester là.

- Alison... Ça te dirait de changer d'endroit ? Je suis sûre qu'on peut trouver une place dans le château que tu aimes bien et qui pourra te changer les idées. Je pense que ce serait mieux pour toi, pour ton moral, de sortir de ces toilettes qui empestent la solitude et qui n'aident à rien d'autre que broyer du noir.

Oui. Elle voulait changer. Tout de suite.
Elle avait besoin d'air.
Elle avait besoin de Vie.

"D'accord".

Sa réponse était timide. Mais tout en elle voulait hurler jusqu'à briser ces toilettes affreuses et sortir dehors au grand air.

Elle se redressa en s'appuyant sur la cuvette et étira ses membres engourdis. Elle était prête. Prête à recommencer les chutes.
Prête à tourbillonner dans le vent et les lavandes.
Elle était tellement reconnaissante envers la gryffondor. Elle aurait voulu danser, chanter avec elle, tout lui raconter.

Mais elle pouvait pas. C'était comme ça.

Alors elle redressa la tête et pris les mains de la gryffondor entre les siennes.
Elles étaient chaudes. Vivantes.

"Merci, Anna."


Elle plongea son regard vert dans les yeux de son interlocutrice. Il y avait des mots qu'on ne pouvait dire qu'avec le cœur.
Et en ce moment, dans le sien...
Tout se disait...
En l'espace d'un battement de cœur.

Merci Anna pour ce rp!!!
Je pense l'arrêter ici.
Ce fut un plaisir d'écrire avec toi et peut-être à bientôt pour un nouveau!
Alison ;)

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.