22 avr. 2020, 18:31
Promenons-nous, dans les bois...
La quitter ? Jamais. La protéger ? Toujours. C’est sous cet angle, et cet angle uniquement, qu’Aude avait toujours considéré sa relation avec Kristen. Depuis que l’anglaise était entrée dans sa vie par la grande porte, celle qui donne directement sur son coeur, Aude voyait leur couple comme une seule entité. Elles n’étaient pas Aude et Kristen, chacune avec son caractère, ses particularités. Non, elles étaient Aude et Kristen, un tout inébranlable.
La fatigue avait beau l’écraser de tout son poids au point de lui faire miroiter des draps frais et un bon lit douillet, Aude puisa dans ses ressources pour serrer Kristen contre sa poitrine. Mais toute sa force se dissipa comme par magie lorsque Kristen lui récita ces sept mots : tu-veux-toujours-te-marier-avec-moi. L’étonnement fit glisser ses mains le long de son dos. Aude se redressa assez pour affronter le regard limpide, déterminé, de sa moitié.
Pendant quelques secondes, les deux femmes se regardèrent sans rien dire. Aude savait que ce n’était pas des paroles en l’air et que Kristen n’était pas portée sur la plaisanterie. Si seulement quelqu’un, quelque part, lui avait expliqué que ça se passerait comme ça, là maintenant, elle aurait sans doute eu l’air moins idiote. Mais l’instant était si beau, si surprenant, qu’Aude s’arma finalement de son plus beau sourire en remettant son dos aussi droit que possible — il n’était pas question qu’elle réponde en étant tout avachie ! Non elle voulait se montrer fière !
« Oui, toujours. Et toi ? »
Tranquillement, Aude ramena ses doigts sur les mains de Kristen pour les garder sur ses genoux.
« Je veux bien t’épouser, t’aimer et te chérir pour le reste de ma vie, dit-elle, son sourire plus grand qu’il ne l’avait jamais été. Ça ne me semble pas si mal comme destin pour une petite française si mal embarquée dans la vie. »
Elle porta sa main sur le visage de Kristen, le caressa avec tendresse.
« Je connais quelqu’un au bout de ce chemin qui serait ravie de célébrer cette cérémonie. »
Aude leva la tête pour observer les arbres, l’herbe, les plantes sauvages, toute cette verdure rafraichissante qu’elle aimait tant. Oui, c’était un bel endroit pour se marier.
La fatigue avait beau l’écraser de tout son poids au point de lui faire miroiter des draps frais et un bon lit douillet, Aude puisa dans ses ressources pour serrer Kristen contre sa poitrine. Mais toute sa force se dissipa comme par magie lorsque Kristen lui récita ces sept mots : tu-veux-toujours-te-marier-avec-moi. L’étonnement fit glisser ses mains le long de son dos. Aude se redressa assez pour affronter le regard limpide, déterminé, de sa moitié.
Pendant quelques secondes, les deux femmes se regardèrent sans rien dire. Aude savait que ce n’était pas des paroles en l’air et que Kristen n’était pas portée sur la plaisanterie. Si seulement quelqu’un, quelque part, lui avait expliqué que ça se passerait comme ça, là maintenant, elle aurait sans doute eu l’air moins idiote. Mais l’instant était si beau, si surprenant, qu’Aude s’arma finalement de son plus beau sourire en remettant son dos aussi droit que possible — il n’était pas question qu’elle réponde en étant tout avachie ! Non elle voulait se montrer fière !
« Oui, toujours. Et toi ? »
Tranquillement, Aude ramena ses doigts sur les mains de Kristen pour les garder sur ses genoux.
« Je veux bien t’épouser, t’aimer et te chérir pour le reste de ma vie, dit-elle, son sourire plus grand qu’il ne l’avait jamais été. Ça ne me semble pas si mal comme destin pour une petite française si mal embarquée dans la vie. »
Elle porta sa main sur le visage de Kristen, le caressa avec tendresse.
« Je connais quelqu’un au bout de ce chemin qui serait ravie de célébrer cette cérémonie. »
Aude leva la tête pour observer les arbres, l’herbe, les plantes sauvages, toute cette verdure rafraichissante qu’elle aimait tant. Oui, c’était un bel endroit pour se marier.
28 avr. 2020, 20:39
Promenons-nous, dans les bois...
Je ne m'étais pas vue en arriver là. Si on m'avait dit, quelques années en arrière, qu'un jour je me marierai, je n'y aurais pas cru. Encore moins si on m'avait dit que ce serait moi qui le proposerai : j'aimais trop mon indépendance pour seulement l'envisager. Mais voilà, Aude Luneau m'a changée. Elle n'a pas fait de moi quelqu'un que je ne suis pas : elle m'a changée en m'acceptant, en m'aimant, tout simplement. Il y avait quelques temps, déjà, que je lui avais offert cette bague, lui demandant un peu gauchement si elle ne voulait pas la porter à l'annulaire gauche, par le plus grand des hasards. Mais nous n'en avions pas vraiment reparlé, nous n'étions pas tout à fait fixées. Je ne sais pas pourquoi maintenant, ici, comme ça, juste après notre première dispute. Peut-être ai-je réalisé la chance que j'avais en me préparant à la perdre. Car oui, je m'y étais préparée.
Ou peut-être était-ce la peur de mourir avant d'avoir dit : jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Je savourai le contact de ses mains toutes blanches sur les miennes, puis sur mon visage. J'en eus des frissons, ça chatouillait un peu. J'allais me marier avec Aude Luneau. Elle et moi, moi et elle : nous. Et une certaine Constance, une reine d'un autre temps, allait peut-être célébrer notre union. Cette femme qui aurait pu, sous un autre visage, être l'ennemie, et qui finalement avait rendu possible notre histoire.
Je voulais que ce mariage soit le plus magique qui puisse être. Tout à fait baigner dans la magie du moment, littéralement : me marier comme une sorcière, avec une sorcière.
« Allons-y, dis-je, parce que je n'avais pas assez de mots pour dire autre chose. »
Je me relevai, époussetai mon vêtement, me fis très présentable. J'avais confiance en Constance, bien sûr, mais je me présentai comme Kristen Loewy, celle qu'on voit de loin sans vraiment la connaître, celle qu'on imagine. J'avais ma fierté, et en épousant Aude Luneau face à celle qui avait été sa sœur, je ne pouvais pas me présenter autrement. Je suis forte, je prendrai soin d'elle.
Ou peut-être était-ce la peur de mourir avant d'avoir dit : jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Je savourai le contact de ses mains toutes blanches sur les miennes, puis sur mon visage. J'en eus des frissons, ça chatouillait un peu. J'allais me marier avec Aude Luneau. Elle et moi, moi et elle : nous. Et une certaine Constance, une reine d'un autre temps, allait peut-être célébrer notre union. Cette femme qui aurait pu, sous un autre visage, être l'ennemie, et qui finalement avait rendu possible notre histoire.
Je voulais que ce mariage soit le plus magique qui puisse être. Tout à fait baigner dans la magie du moment, littéralement : me marier comme une sorcière, avec une sorcière.
« Allons-y, dis-je, parce que je n'avais pas assez de mots pour dire autre chose. »
Je me relevai, époussetai mon vêtement, me fis très présentable. J'avais confiance en Constance, bien sûr, mais je me présentai comme Kristen Loewy, celle qu'on voit de loin sans vraiment la connaître, celle qu'on imagine. J'avais ma fierté, et en épousant Aude Luneau face à celle qui avait été sa sœur, je ne pouvais pas me présenter autrement. Je suis forte, je prendrai soin d'elle.
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Mère du dragon - Justice funèbre - Grande Prêtresse Noire - DJ Kraken | ▶
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1 mai 2020, 17:47
Promenons-nous, dans les bois...
Nous étions à présent debout, côte à côte, nos regards noyés l’un dans l’autre. Je ne pus retenir un sourire et encore moins un baiser sur sa joue légèrement froide alors que nous nous tenions à quelques centimètres de l’entrée de la chaumière à l’intérieur de laquelle nous attendait mon amie. Kristen était resplendissante, à sa façon — ce qui chez elle se manifestait en premier lieu par une assurance particulièrement envoûtante. J’avais, pour ma part, profité du chemin pour débarrasser ma robe de toutes les saletés d’un coup de baguette magique mais je gardai mon meilleur tour pour la fin.
Je portai mon poing contre la porte mais celle-ci m’esquiva en s’ouvrant de l’intérieur. Constance était d’une vivacité à toute épreuve. Je sentis une puissante émotion s’emparer de moi lorsque mes yeux se posèrent sur la petite femme courbée qui nous ouvrit. Elle me parut plus vieille encore que ce jour où elle et ses soeurs consentirent à me redonner la vie, plus pliée sur sa canne mais paradoxalement plus en chair, aussi. Constance nous observa de sa petite taille et ses yeux pleuraient déjà de grosses larmes de joie. Ses mains tremblaient sur le pommeau de sa canne, tout comme ses fines lèvres ridées. Mes larmes ne tardèrent à se mêler aux siennes tandis que je me glissai contre elle, un genou à terre, pour la serrer très fort contre moi. La vieille femme (bien plus vieille que ne le laissait d’ailleurs pensé son état physique) étouffa plusieurs sanglots contre mon épaule, tandis que je la sentis dégager un bras pour attraper Kristen et l’amener contre nous. Je souris en levant mon visage vers celle qui avait enlevé mon coeur à tout jamais. Kristen n’était pas coutumière des grandes accolades mais il y avait dans son sourire ému et cette main dont elle tapotait le dos de Constance, beaucoup plus qu’il n’y paressait au prime abord.
« Je crois que ça suffit maintenant, pesta Constance en se dégageant avec une vigueur qui me laissait amusée. »
Elle essuya ses yeux d’un revers de manche puis se tourna pour saisir des lunettes cerclées au bord d’une petite commode. Lorsqu’elle se retourna vers nous, ses grands yeux bleus étincelaient de malice derrière les verres fins. Nous l’entendîmes ronchonner lorsqu’elle posa ses yeux sur la mèche blanche de Kristen, puis elle nous gratifia d’un sourire chaleureux, comme l’était l’intérieur de sa chaumière.
Tout y était parfaitement rangé, douillet, et confortable. Des fauteuils moelleux à souhait autour d’une table basse recouverte de grimoires, un feu magique irisé dans une cheminée en demi-cercle, des tapis épais en si grand nombre qu’il était impossible de distinguer où que ce soit le moindre centimètre de plancher, un lit avec d’épaisses couvertures dans un coin et une petite cuisine enfoncée dans un creux de la chaumière où fumait une théière en ce moment même. Le tout dans des tons chauds : rouge orangé.
« On ne vous nourrit pas à Poudlard ? nous demanda-t-elle à l’une comme à l’autre avant de saisir mon bras. Regardez-moi ça on pourrait presque voir à travers ! »
Je tournai un regard amusé vers Kristen.
J’ai-toujours-rêvé-d’avoir-une grand-mère-gâteuse, articulai-je en silence, lentement, pour qu’elle seule puisse lire sur mes lèvres.
« Et tu n’es pas dans un meilleur état, ajouta Constance à l’attention de Kristen. Gare à toi si tu fais défaut à ma petite ! Je n’ai peut-être plus ma force d’antan mais je connais encore deux ou trois moyens de te ruiner l’existence. »
S’en était trop, j’éclatai de rire.
Je portai mon poing contre la porte mais celle-ci m’esquiva en s’ouvrant de l’intérieur. Constance était d’une vivacité à toute épreuve. Je sentis une puissante émotion s’emparer de moi lorsque mes yeux se posèrent sur la petite femme courbée qui nous ouvrit. Elle me parut plus vieille encore que ce jour où elle et ses soeurs consentirent à me redonner la vie, plus pliée sur sa canne mais paradoxalement plus en chair, aussi. Constance nous observa de sa petite taille et ses yeux pleuraient déjà de grosses larmes de joie. Ses mains tremblaient sur le pommeau de sa canne, tout comme ses fines lèvres ridées. Mes larmes ne tardèrent à se mêler aux siennes tandis que je me glissai contre elle, un genou à terre, pour la serrer très fort contre moi. La vieille femme (bien plus vieille que ne le laissait d’ailleurs pensé son état physique) étouffa plusieurs sanglots contre mon épaule, tandis que je la sentis dégager un bras pour attraper Kristen et l’amener contre nous. Je souris en levant mon visage vers celle qui avait enlevé mon coeur à tout jamais. Kristen n’était pas coutumière des grandes accolades mais il y avait dans son sourire ému et cette main dont elle tapotait le dos de Constance, beaucoup plus qu’il n’y paressait au prime abord.
« Je crois que ça suffit maintenant, pesta Constance en se dégageant avec une vigueur qui me laissait amusée. »
Elle essuya ses yeux d’un revers de manche puis se tourna pour saisir des lunettes cerclées au bord d’une petite commode. Lorsqu’elle se retourna vers nous, ses grands yeux bleus étincelaient de malice derrière les verres fins. Nous l’entendîmes ronchonner lorsqu’elle posa ses yeux sur la mèche blanche de Kristen, puis elle nous gratifia d’un sourire chaleureux, comme l’était l’intérieur de sa chaumière.
Tout y était parfaitement rangé, douillet, et confortable. Des fauteuils moelleux à souhait autour d’une table basse recouverte de grimoires, un feu magique irisé dans une cheminée en demi-cercle, des tapis épais en si grand nombre qu’il était impossible de distinguer où que ce soit le moindre centimètre de plancher, un lit avec d’épaisses couvertures dans un coin et une petite cuisine enfoncée dans un creux de la chaumière où fumait une théière en ce moment même. Le tout dans des tons chauds : rouge orangé.
« On ne vous nourrit pas à Poudlard ? nous demanda-t-elle à l’une comme à l’autre avant de saisir mon bras. Regardez-moi ça on pourrait presque voir à travers ! »
Je tournai un regard amusé vers Kristen.
J’ai-toujours-rêvé-d’avoir-une grand-mère-gâteuse, articulai-je en silence, lentement, pour qu’elle seule puisse lire sur mes lèvres.
« Et tu n’es pas dans un meilleur état, ajouta Constance à l’attention de Kristen. Gare à toi si tu fais défaut à ma petite ! Je n’ai peut-être plus ma force d’antan mais je connais encore deux ou trois moyens de te ruiner l’existence. »
S’en était trop, j’éclatai de rire.
23 mai 2020, 04:39
Promenons-nous, dans les bois...
Je ne serai jamais vieille, fut la première pensée de Kristen quand elle vit Constance, je ne peux pas devenir vieille. Où était passée la sorcière du Dominion, et qui l'avait remplacée par une grand-mère avachie ? Jamais vieille, je me le jure. Bien sûr, Kristen avait déjà vu Constance dans cet état, lorsqu'elle avait donné ses forces pour guérir Aude, mais, le temps passant et déformant les souvenirs, Kristen avait tout simplement oublié à quel point la sorcière avait vieilli. Elle n'en éprouvait pas de dégoût, car elle avait du respect et de la reconnaissance pour la sorcière, mais ne pouvait tout simplement pas affronter cette preuve vivante d'une vérité inacceptable : le temps passe, et nous pourrissons, nous mourons à petit feu.
Kristen fut toutefois rassurée par la vigueur qui habitait toujours les gestes de la Reine, même si ceux-ci étaient destinés à la coincer dans une accolade dans laquelle elle se sentait peu à l'aise. Il lui fallut quelques secondes pour s'y adonner, se rappelant que ces démonstrations de sympathie étaient tout à fait acceptables. Il fallait aussi admettre qu'elle était assez émue de revoir la sauveuse de son Aude, loin des tracas de sa vie passée. Paisible, et c'était tout : certaines personnes aiment cela. Kristen tapota le dos de Constance, un peu maladroitement, car il lui semblait que c'était ce qu'il convenait de faire dans ce genre de situations. Sa propre gaucherie, dont elle avait pris conscience grâce à Aude, l'amusait presque. Quand l'accolade fut enfin terminée, Kristen remercia Constance d'un regard et sourit de ses mots, qui traduisaient à peu près ce qu'elle ressentait : oui bon hein, ça suffit.
L'habitation était typique et correspondait parfaitement à sa propriétaire, mais pas au souvenir que Kristen en gardait. Elle échangea un regard avec Aude et lut grand-mère-gâteuse sur ses lèvres. Elle se força à s'en amuser, tentant d'esquisser un sourire, mais à vrai dire, cela l'effrayait un peu. Elle fit non de la tête, comme pour dire : ne me laisse jamais devenir une grand-mère gâteuse, je t'en supplie... Constance ne démontrait pas de faiblesse, mais voilà, elle était une vieille femme qui assumait son âge, et cette idée était inconcevable. Il faut lutter !
La directrice de Poudlard jeta un bref regard à son propre corps : elle n'avait jamais été bien dodue, au contraire. Elle sautait souvent des repas, trop occupée à d'autres choses, et son corps était trop maigre. Heureusement, elle faisait suffisamment d'exercice pour ne pas avoir simplement l'air d'une grande tige.
« Je ne lui ferai pas défaut. À vrai dire... »
Elle hésita. Elle sentait, soudainement, que c'était privé. Kristen n'était pas du genre à s'étaler sur sa vie privée, même lorsque la discussion était prévue. Il lui fallut encore regarder Aude, savourer son sourire et s'inspirer de son bonheur pour trouver le courage d'annoncer à demi-mots :
« Nous nous le sommes promis, pour toujours... »
Kristen fut toutefois rassurée par la vigueur qui habitait toujours les gestes de la Reine, même si ceux-ci étaient destinés à la coincer dans une accolade dans laquelle elle se sentait peu à l'aise. Il lui fallut quelques secondes pour s'y adonner, se rappelant que ces démonstrations de sympathie étaient tout à fait acceptables. Il fallait aussi admettre qu'elle était assez émue de revoir la sauveuse de son Aude, loin des tracas de sa vie passée. Paisible, et c'était tout : certaines personnes aiment cela. Kristen tapota le dos de Constance, un peu maladroitement, car il lui semblait que c'était ce qu'il convenait de faire dans ce genre de situations. Sa propre gaucherie, dont elle avait pris conscience grâce à Aude, l'amusait presque. Quand l'accolade fut enfin terminée, Kristen remercia Constance d'un regard et sourit de ses mots, qui traduisaient à peu près ce qu'elle ressentait : oui bon hein, ça suffit.
L'habitation était typique et correspondait parfaitement à sa propriétaire, mais pas au souvenir que Kristen en gardait. Elle échangea un regard avec Aude et lut grand-mère-gâteuse sur ses lèvres. Elle se força à s'en amuser, tentant d'esquisser un sourire, mais à vrai dire, cela l'effrayait un peu. Elle fit non de la tête, comme pour dire : ne me laisse jamais devenir une grand-mère gâteuse, je t'en supplie... Constance ne démontrait pas de faiblesse, mais voilà, elle était une vieille femme qui assumait son âge, et cette idée était inconcevable. Il faut lutter !
La directrice de Poudlard jeta un bref regard à son propre corps : elle n'avait jamais été bien dodue, au contraire. Elle sautait souvent des repas, trop occupée à d'autres choses, et son corps était trop maigre. Heureusement, elle faisait suffisamment d'exercice pour ne pas avoir simplement l'air d'une grande tige.
« Je ne lui ferai pas défaut. À vrai dire... »
Elle hésita. Elle sentait, soudainement, que c'était privé. Kristen n'était pas du genre à s'étaler sur sa vie privée, même lorsque la discussion était prévue. Il lui fallut encore regarder Aude, savourer son sourire et s'inspirer de son bonheur pour trouver le courage d'annoncer à demi-mots :
« Nous nous le sommes promis, pour toujours... »
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6 juin 2020, 10:30
Promenons-nous, dans les bois...
Constance demeura un long moment la bouche ouverte, ses yeux écarquillés tournés vers Kristen. Je m’amusai de la voir à ce point déstabilisée par ce qu’elle venait d’entendre. Les rouages de sa vieille cervelle étaient parfaitement intactes, je n’avais aucun doute à ce sujet, mais Constance me laissait l’impression de comprendre sans toutefois vraiment y parvenir. Doutait-elle que Kristen puisse réellement consentir à passer le reste de sa vie avec moi ? Je décidai de m’en assurer.
« Nous allons nous marier, dis-je en posant ma main sous son menton, l’obligeant à renouer un contact visuel avec moi. Et nous voudrions que ce soit toi qui célèbre la cérémonie. »
Le visage de Constance se ratatina en un large sourire béat. Elle battit des cils, une fois, deux fois, trois fois, décocha un regard plissé vers Kristen avant de pointer son doigt vers moi.
« Donne-moi une bonne raison de te faire cette honneur jeune fille, me dit-elle, joueuse. »
J’échangeai un regard complice avec Kristen.
« Parce qu’elle doit avoir lieu aujourd’hui, ici-même, maintenant, répondis-je en me retenant de rire. »
Le bonheur me transperçait de ses milles et unes lances et n’eut été notre présence ici, ou encore celle de Constance, j’aurais bondit sur Kristen pour ne l’avoir rien que pour moi. Voir Constance à ce point interloquée m’amusait au plus haut point quand on connaissait un tant soit peu son tempérament volcanique. Elle se pinça les lèvres, les yeux luisants. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais elle se ravisa au dernier moment, secoua la tête et rit.
« Je savais que vous étiez irrécupérables toutes les deux, dit-elle en s’affaissant dans un fauteuil qui conservait l’empreinte de son corps. Mais je crois que vous ferez une belle paire… oui une très jolie paire. »
Elle sembla s’enfoncer dans une rêverie dont elle seule avait le secret. Nous restâmes de longues secondes à l’observer. Soudain, elle fit tonner sa canne contre le sol.
« Bien ! Puisque vous voulez que je vous marie, laissez-moi le faire selon les anciens rituels magiques. Celui que les Sorcières Primordiales utilisaient pour bénir l’union de deux familles sorcières. »
La tradition des Sorcières Primordiales ne faisait pas partie du folklore de Poudlard, mais à Beauxbâtons leur nom et le récit de leurs prouesses était soigneusement conservé dans un grimoire placé sous la protection du directeur ou de la directrice de l’académie en exercice et illustré sur de somptueux tableaux de grands-maîtres exposés dans la Grande Gallerie. Je tournai ma tête vers Kristen et lui adressai un hochement de tête.
« On dit que c’est de la très belle magie. Peut-être la plus belle qui soit. »
« Nous allons nous marier, dis-je en posant ma main sous son menton, l’obligeant à renouer un contact visuel avec moi. Et nous voudrions que ce soit toi qui célèbre la cérémonie. »
Le visage de Constance se ratatina en un large sourire béat. Elle battit des cils, une fois, deux fois, trois fois, décocha un regard plissé vers Kristen avant de pointer son doigt vers moi.
« Donne-moi une bonne raison de te faire cette honneur jeune fille, me dit-elle, joueuse. »
J’échangeai un regard complice avec Kristen.
« Parce qu’elle doit avoir lieu aujourd’hui, ici-même, maintenant, répondis-je en me retenant de rire. »
Le bonheur me transperçait de ses milles et unes lances et n’eut été notre présence ici, ou encore celle de Constance, j’aurais bondit sur Kristen pour ne l’avoir rien que pour moi. Voir Constance à ce point interloquée m’amusait au plus haut point quand on connaissait un tant soit peu son tempérament volcanique. Elle se pinça les lèvres, les yeux luisants. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais elle se ravisa au dernier moment, secoua la tête et rit.
« Je savais que vous étiez irrécupérables toutes les deux, dit-elle en s’affaissant dans un fauteuil qui conservait l’empreinte de son corps. Mais je crois que vous ferez une belle paire… oui une très jolie paire. »
Elle sembla s’enfoncer dans une rêverie dont elle seule avait le secret. Nous restâmes de longues secondes à l’observer. Soudain, elle fit tonner sa canne contre le sol.
« Bien ! Puisque vous voulez que je vous marie, laissez-moi le faire selon les anciens rituels magiques. Celui que les Sorcières Primordiales utilisaient pour bénir l’union de deux familles sorcières. »
La tradition des Sorcières Primordiales ne faisait pas partie du folklore de Poudlard, mais à Beauxbâtons leur nom et le récit de leurs prouesses était soigneusement conservé dans un grimoire placé sous la protection du directeur ou de la directrice de l’académie en exercice et illustré sur de somptueux tableaux de grands-maîtres exposés dans la Grande Gallerie. Je tournai ma tête vers Kristen et lui adressai un hochement de tête.
« On dit que c’est de la très belle magie. Peut-être la plus belle qui soit. »
30 juil. 2020, 20:00
Promenons-nous, dans les bois...
Si j'ai trouvé que c'était de la belle magie ? Oui, probablement, mais pour moi, la Magie est belle en soi. Elle peut être terrible, elle peut être grandiose, elle peut être modeste, mais elle est toujours belle d'une certaine façon. Je n'ai donc pas été surprise. On m'avait parlé de la Magie de l'amour, et malgré ce que je ressentais depuis des années pour Aude, je n'en avais pas saisi la toute-puissance jusqu'à cet instant précis.
Car ce n'est pas la magie de Constance qui m'a révolutionné le cœur, c'est l'amour, c'est l'acceptation et la reconnaissance d'une femme telle qu'Aude Luneau - qu'elle me reconnaisse en tant que moi, et que malgré moi, elle veuille bien m'aimer et promettre de le faire pour toujours. Malgré mon impulsivité, tous mes défauts, la noirceur qui surgit de moi et détruit tout sur son passage, tout ce qui fait que n'importe qui de sensé aurait voulu devenir quelqu'un d'autre, s'il avait été moi.
Je pourrais vous raconter ce qu'il s'est passé, en quoi consiste cette cérémonie, mais je ne l'ai pas totalement vécue. Et ce n'est pas ce qui est important, au fond. D'accord : j'ai senti nos mains se serrer - la gauche pour Aude, la droite pour moi. Nous avons prononcé nos serments, et je la dévorai des yeux pendant chaque seconde qui s'écoulait. Il n'y avait qu'elle. Plus de magie, plus personne autour : elle, seulement elle, et toute la lumière qui émanait d'elle.
« Je jure de t'aimer... Je jure d'être ton pilier... Je jure d'être ta lumière dans les ténèbres... Je jure... »
J'ai juré beaucoup de choses, des choses que l'on jure habituellement lors d'une cérémonie de mariage. J'ai pensé chacun de ces mots. Mais voilà ce que mes yeux disaient, ce que je n'ai pas eu le temps de dire :
Mes yeux ne voient que toi, mon cœur ne bat que pour toi, mes poumons ne se gonflent que pour toi, mon esprit est plein de toi. Je ne vis que pour toi, et même si je voulais qu'il en soit autrement, tout me ramènerait à toi, pour toujours. Tu m'as sauvée, et quand tout le monde ne voyait en moi qu'une coquille vide, qu'une ombre qui passe, tu as vu mon cœur, tu m'as tendu la main, envers et contre tout. Contre les jugements, contre ce qu'il convient, contre la logique, même, parfois. Je ne pourrai jamais l'oublier, même si j'y mettais toute mon énergie. Je ferai n'importe quoi pour toi : je me jetterais au milieu d'une guerre, je tuerais pour toi, je m'abandonnerais pour toi, et je te laisserais partir, si c'était ce que tu voulais. Je renoncerais à ma fierté, à mon amour, à mon bonheur, si tu me le demandais. Je t'aiderais à me détruire, si tu me le demandais. Je te pardonnerais tout, et même le pire. Quand je ne me comprends pas, tu me comprends et me rassures. Quand je ne m'aime pas, tu m'aimes et me pardonnes. Tu me tiens et je suis à toi, pour l'éternité.
Je n'ai pas pu le dire, et je ne crois pas que Constance, ou n'importe qui d'extérieur s'il avait été là, aurait pu tout à fait comprendre ce que mes yeux hurlaient. C'était entre Aude et moi. Il y a toujours eu cette connexion entre nous, quelque chose de secret, que personne n'aurait pu atteindre, même en y mettant les efforts de toute une vie. Il ne s'agit pas simplement de finir les phrases de l'autre, de penser pareil. Qui peut lire le cœur à travers un simple regard ? C'est ça, l'amour, et ça m'a frappée.
Quand je regarde l'anneau à ma main droite, je n'ai pas une seule pensée pour cette cérémonie, aussi incroyable ait-elle pu être. Je ne pense qu'à Aude, son sourire, son regard, sa peau, et à tout ce qu'elle m'a offert. Elle est mon cadeau, et je la chérirai pour toujours.
Car ce n'est pas la magie de Constance qui m'a révolutionné le cœur, c'est l'amour, c'est l'acceptation et la reconnaissance d'une femme telle qu'Aude Luneau - qu'elle me reconnaisse en tant que moi, et que malgré moi, elle veuille bien m'aimer et promettre de le faire pour toujours. Malgré mon impulsivité, tous mes défauts, la noirceur qui surgit de moi et détruit tout sur son passage, tout ce qui fait que n'importe qui de sensé aurait voulu devenir quelqu'un d'autre, s'il avait été moi.
Je pourrais vous raconter ce qu'il s'est passé, en quoi consiste cette cérémonie, mais je ne l'ai pas totalement vécue. Et ce n'est pas ce qui est important, au fond. D'accord : j'ai senti nos mains se serrer - la gauche pour Aude, la droite pour moi. Nous avons prononcé nos serments, et je la dévorai des yeux pendant chaque seconde qui s'écoulait. Il n'y avait qu'elle. Plus de magie, plus personne autour : elle, seulement elle, et toute la lumière qui émanait d'elle.
« Je jure de t'aimer... Je jure d'être ton pilier... Je jure d'être ta lumière dans les ténèbres... Je jure... »
J'ai juré beaucoup de choses, des choses que l'on jure habituellement lors d'une cérémonie de mariage. J'ai pensé chacun de ces mots. Mais voilà ce que mes yeux disaient, ce que je n'ai pas eu le temps de dire :
Mes yeux ne voient que toi, mon cœur ne bat que pour toi, mes poumons ne se gonflent que pour toi, mon esprit est plein de toi. Je ne vis que pour toi, et même si je voulais qu'il en soit autrement, tout me ramènerait à toi, pour toujours. Tu m'as sauvée, et quand tout le monde ne voyait en moi qu'une coquille vide, qu'une ombre qui passe, tu as vu mon cœur, tu m'as tendu la main, envers et contre tout. Contre les jugements, contre ce qu'il convient, contre la logique, même, parfois. Je ne pourrai jamais l'oublier, même si j'y mettais toute mon énergie. Je ferai n'importe quoi pour toi : je me jetterais au milieu d'une guerre, je tuerais pour toi, je m'abandonnerais pour toi, et je te laisserais partir, si c'était ce que tu voulais. Je renoncerais à ma fierté, à mon amour, à mon bonheur, si tu me le demandais. Je t'aiderais à me détruire, si tu me le demandais. Je te pardonnerais tout, et même le pire. Quand je ne me comprends pas, tu me comprends et me rassures. Quand je ne m'aime pas, tu m'aimes et me pardonnes. Tu me tiens et je suis à toi, pour l'éternité.
Je n'ai pas pu le dire, et je ne crois pas que Constance, ou n'importe qui d'extérieur s'il avait été là, aurait pu tout à fait comprendre ce que mes yeux hurlaient. C'était entre Aude et moi. Il y a toujours eu cette connexion entre nous, quelque chose de secret, que personne n'aurait pu atteindre, même en y mettant les efforts de toute une vie. Il ne s'agit pas simplement de finir les phrases de l'autre, de penser pareil. Qui peut lire le cœur à travers un simple regard ? C'est ça, l'amour, et ça m'a frappée.
Quand je regarde l'anneau à ma main droite, je n'ai pas une seule pensée pour cette cérémonie, aussi incroyable ait-elle pu être. Je ne pense qu'à Aude, son sourire, son regard, sa peau, et à tout ce qu'elle m'a offert. Elle est mon cadeau, et je la chérirai pour toujours.
- Fin -
Équipe Modératus
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