Spirale
Henry était perplexe. Perplexe par rapport à la situation qui se déroulait sous ses yeux, plus il l’observait, moins il semblait comprendre. Plus il observait plus il avait envie de comprendre. Elle l’intriguait, c’était le moins qu’on puisse dire, la Poufsouffle l’intriguait. Elle semblait en proie à un conflit intérieur, mais semblait s’être construit une carapace de diamant pour se protéger du monde extérieur. Il ne comprenait pas, il ne comprenait plus, son regard était celui d’une personne ne comprenant pas tout. Lui celui de quelqu’un d’incompris. Il avait hésité. L’envie de partir, de fuir et de la laisser là, se noyer intérieurement était tentante. Après tout, il avait agi sur un coup de tête, il voulait l’aider à aller mieux. Il n’était pas forcément le plus doué pour cela, mais il voulait l’aider. Il devait reconnaître qu’il avait prononcé sa phrase sur un sacré coup de tête. En réalité, il était bien plus proche de partir que de rester, il avait surtout dit ça pour se donner le courage de rester. Il la regarde longuement, cherchant un éclat, quelque chose dans son regard. Mais rien, rien, le noir. Juste le noir. Elle ne semblait plus pleurer, c’était au moins cela après tout. Mais elle pouvait passer tout à fait des pleurs à la colère. Il était expert dans ce domaine depuis tout petit, un moyen d’obtenir un cadeau. Comme la fois où son oncle avait rapporté un pangolin d’un voyage en Chine, Henry avait fait des pieds et des mains jusqu’à ce que son père céda et l’emmena chez son oncle. C’était des drôles de bestioles, les pangolins. Il l’avait mordu, il se souvient, ça faisait très mal. Vraiment très mal. Les dents de la bestiole étaient coupantes, il saignait un peu, mais la situation avait empiré, Henry avait une peur phobique du sang depuis ses 6 ans. Une mauvaise rencontre. Quand il avait commencé à voir son sang, si petit, l’écoulement est-il, il était devenu blanc et ses cris avaient redoublé. Sa crise de panique est passée aussi vite qu’elle est venue et une fois calmée, son oncle a pu correctement le soigner.
Quand il a fait glisser le paquet de pages, elle semblait se décrisper, comme ôtée d’un poids. Elle paraissait presque soulagée. Ce livre, revêtait-il une importance particulière pour elle ? Sûrement, elle devait se rendre compte avec le recul de l’acte qu’elle avait commis. Elle ouvre son sac, et semble vouloir ranger au plus vite les restes sanguinolents de son meurtre. Son empressement l’étonne, visiblement, elle ne devait pas apprécier sa compagnie. Quand Henry s’approcha, il remarqua du coin de l’œil qu’elle s’était figée dans son mouvement. Définitivement, elle n’aimait pas qu’il la regarde, qu’il soit proche. Après avoir arraché la page du livre, Henry la déposa sur le tas. Oups, mauvaise idée, elle ne semblait pas comprendre l’espace d’un instant. Puis finalement, ses traits devinrent colère, rage. Mince, ce n’était pas l’idée du siècle apparemment. Le seul point positif à tout cela, c’est que même si elle était énervée, ce n’est plus contre elle-même, mais contre lui. Un moindre mal. C’était toujours ce qu’il fallait chercher, le moindre mal. Elle récupéra ses tas de pages, celles qu’elle a arrachées. Ça n’avait pas marché, c’était un fiasco, un véritable fiasco. Elle semblait plus brutale, remplie d’une rage nouvelle. C’était au moins ça de gagner. Il hésita un instant avant de lui dire qu’il ne compte pas partir.
Il observait la réaction de la jeune Poufsouffle à ses paroles, et le moins qu’on puisse dire, c’est que cela produit tout l’inverse de l’effet escompté. Un raté, un fiasco. Le regard qu’elle lui adressa était plein de reproches. Pour qui ? Elle ? Ou lui ? Il n’arrivait pas à savoir, mais il penchait néanmoins pour la première hypothèse. Il lui semblait percevoir une lueur de rejet. Voulait-elle le rejeter ? Elle pouvait, ce n’étaient pas ses oignons après tout ? C’était peut-être elle qui rejetait ce qu’elle était. Peu probable, sa colère semble à la fois dirigée contre quelqu’un, en l’occurrence Henry, mais également contre elle-même. Enfin, c’est ce qu’en pensait Henry.
Elle semblait agitée, allait-elle rester. Peut-être. Va-t-elle partir furieuse ? Sans doute. Les paroles d’Henry semblent avoir jeté de l’huile bouillante sur un incendie. Elle récupère un dernier tas de quelques pages sur lequel figurent les deux pages qu’il a arrachées et déposées dans son tas. Elle ne semblait pas avoir compris l’intention derrière. Dommage, un sacrifice inutile. Il en fallait toujours des sacrifices inutiles, pour que les vrais sacrifices gardent de leur valeur. Elle dépose brutalement les deux pages dans ses mains tout en bégayant, elle semblait se forcer à parler, butant sur les mots :
« P-p-pas à m-moi, »
Elle semblait avoir une réelle difficulté à parler. Un traumatisme, comme lui avec le sang ? C’était peut-être ça après tout. Elle semblait buter sur les mots, comme s’il s’agissait de haies à franchir, d’obstacles à surmonter. Une vie était parsemée de haies qu’il fallait sauter pour ne pas se rétamer. Et visiblement, la jeune Poufsouffle s’était bien rétamée. Elle rangeait ses affaires brutalement, elle ne voulait pas qu’il parle et encore moins qu’elle parle. Elle s’était complètement refermée, Henry s’y était mal pris. Quel idiot il était parfois ! Il ne put retenir un soupire intérieur. Elle rassemble, regroupe, réunie, les quelques pages sanglantes encore éparses. Henry venait d’échouer, elle n’allait pas mieux, et sa présence était indésirable. Tant pis, il avait mieux à faire après tout. Il partirait juste après elle. Qu’elle parte après tout, elle avait refusé son aide en bloc. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Le petit Henry ne pouvait pas non plus la forcer à quoi que ce soit, au risque de passer avec une assez grande certitude par la fenêtre.
Elle allait pour se lever, mais une silhouette chancelante, chaloupe dans l’obscurité, approchait. Elle semblait perdue, il essayait de reconnaître son visage, c’était une Serdaigle vu l’aigle bleue qui trônait sur sa robe. Il l’avait déjà vue dans la salle commune sans être capable de la nommer, elle était plus âgée que lui, c’était tout ce qu’il savait. C’est-à-dire assez peu. Son regard semblait perdu, fuyant. Quelque chose attira son attention, quelque chose de pas net sur son visage. Il plissa les yeux pour essayer d’y voir mieux. Elle semblait errer, sans but, âme solitaire. Elle avait le teint d’un fantôme et cette tâche au-dessus de l’œil. Elle intriguait le jeune blondinet. Qu’est-ce que c’était ? Il ne savait pas. Et il voulait savoir, sa curiosité naturelle ayant repris le dessus. Elle continuait d’approcher dans leur direction en les dévisageant. Henry n’avait pas bougé, son livre ouvert dans la main, assis dos contre le mur de pierre froide, il observait sa camarade de maison approchée. Son uniforme était couvert de quelque chose, qu’il n’identifiait pas de loin. Elle se rapprochait, inexorablement. Cette tâche sur l’arcade, cette foutue tache l’intriguait. Tache de naissance ? D’encre ? De jus de Snarglouf ? Il ne savait pas et il n’aimait pas ne pas savoir.
Ce n’est que lorsqu’elle s’approcha suffisamment près qu’il comprit. Elle saignait de l’arcade. Elle saignait. Du sang. Le liquide s’écoulait de son arcade meurtrie. Il pouvait deviner chaque gouttelette dégouliné. Son teint devint livide, il blanchit à vue d’œil, des images horribles lui revenaient en tête, et le goût métallique, ce goût de son propre sang lui emplissait la bouche. Cette sensation lui fit froid dans le dos, son corps semblait déconnecté, son esprit ayant fait pause sur le sang et s’amusait à le passer en replay. Il n’aimait pas le sang, il en avait une peur phobique, il se retint de pleurer comme il le faisait avant. Le livre qu’il tenait en main tomba dans un grand bruit, il l’avait lâché, il s’en fichait de comment irait-il après. Il devait s’ôter cette vision du sang de quelqu’un d’autre, au plus vite. Il ne supporterait pas ça longtemps avant de faire une crise de panique. Et personne ne saura là pour l’aider. Il fut pris de tremblement, il était blanc, comme les cadavres. Le cadavre de lui-même. Il replia ses jambes contre son torse, ferma les yeux et enfoui sa tête pour cacher à ses yeux cette insoutenable vision. Il en avait oublié qu’il voulait partir, il en avait oublié Aelle et les pages déchirés. Pour l’instant, seul comptait ce que ses yeux constataient. Quelqu’un saignait !
Les mots soulignés désigne les mots à utilisé pour un défi des Serdaigle
2e année RP/ Code coleur : #3d85c6
Quand il a fait glisser le paquet de pages, elle semblait se décrisper, comme ôtée d’un poids. Elle paraissait presque soulagée. Ce livre, revêtait-il une importance particulière pour elle ? Sûrement, elle devait se rendre compte avec le recul de l’acte qu’elle avait commis. Elle ouvre son sac, et semble vouloir ranger au plus vite les restes sanguinolents de son meurtre. Son empressement l’étonne, visiblement, elle ne devait pas apprécier sa compagnie. Quand Henry s’approcha, il remarqua du coin de l’œil qu’elle s’était figée dans son mouvement. Définitivement, elle n’aimait pas qu’il la regarde, qu’il soit proche. Après avoir arraché la page du livre, Henry la déposa sur le tas. Oups, mauvaise idée, elle ne semblait pas comprendre l’espace d’un instant. Puis finalement, ses traits devinrent colère, rage. Mince, ce n’était pas l’idée du siècle apparemment. Le seul point positif à tout cela, c’est que même si elle était énervée, ce n’est plus contre elle-même, mais contre lui. Un moindre mal. C’était toujours ce qu’il fallait chercher, le moindre mal. Elle récupéra ses tas de pages, celles qu’elle a arrachées. Ça n’avait pas marché, c’était un fiasco, un véritable fiasco. Elle semblait plus brutale, remplie d’une rage nouvelle. C’était au moins ça de gagner. Il hésita un instant avant de lui dire qu’il ne compte pas partir.
Il observait la réaction de la jeune Poufsouffle à ses paroles, et le moins qu’on puisse dire, c’est que cela produit tout l’inverse de l’effet escompté. Un raté, un fiasco. Le regard qu’elle lui adressa était plein de reproches. Pour qui ? Elle ? Ou lui ? Il n’arrivait pas à savoir, mais il penchait néanmoins pour la première hypothèse. Il lui semblait percevoir une lueur de rejet. Voulait-elle le rejeter ? Elle pouvait, ce n’étaient pas ses oignons après tout ? C’était peut-être elle qui rejetait ce qu’elle était. Peu probable, sa colère semble à la fois dirigée contre quelqu’un, en l’occurrence Henry, mais également contre elle-même. Enfin, c’est ce qu’en pensait Henry.
Elle semblait agitée, allait-elle rester. Peut-être. Va-t-elle partir furieuse ? Sans doute. Les paroles d’Henry semblent avoir jeté de l’huile bouillante sur un incendie. Elle récupère un dernier tas de quelques pages sur lequel figurent les deux pages qu’il a arrachées et déposées dans son tas. Elle ne semblait pas avoir compris l’intention derrière. Dommage, un sacrifice inutile. Il en fallait toujours des sacrifices inutiles, pour que les vrais sacrifices gardent de leur valeur. Elle dépose brutalement les deux pages dans ses mains tout en bégayant, elle semblait se forcer à parler, butant sur les mots :
« P-p-pas à m-moi, »
Elle semblait avoir une réelle difficulté à parler. Un traumatisme, comme lui avec le sang ? C’était peut-être ça après tout. Elle semblait buter sur les mots, comme s’il s’agissait de haies à franchir, d’obstacles à surmonter. Une vie était parsemée de haies qu’il fallait sauter pour ne pas se rétamer. Et visiblement, la jeune Poufsouffle s’était bien rétamée. Elle rangeait ses affaires brutalement, elle ne voulait pas qu’il parle et encore moins qu’elle parle. Elle s’était complètement refermée, Henry s’y était mal pris. Quel idiot il était parfois ! Il ne put retenir un soupire intérieur. Elle rassemble, regroupe, réunie, les quelques pages sanglantes encore éparses. Henry venait d’échouer, elle n’allait pas mieux, et sa présence était indésirable. Tant pis, il avait mieux à faire après tout. Il partirait juste après elle. Qu’elle parte après tout, elle avait refusé son aide en bloc. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Le petit Henry ne pouvait pas non plus la forcer à quoi que ce soit, au risque de passer avec une assez grande certitude par la fenêtre.
Elle allait pour se lever, mais une silhouette chancelante, chaloupe dans l’obscurité, approchait. Elle semblait perdue, il essayait de reconnaître son visage, c’était une Serdaigle vu l’aigle bleue qui trônait sur sa robe. Il l’avait déjà vue dans la salle commune sans être capable de la nommer, elle était plus âgée que lui, c’était tout ce qu’il savait. C’est-à-dire assez peu. Son regard semblait perdu, fuyant. Quelque chose attira son attention, quelque chose de pas net sur son visage. Il plissa les yeux pour essayer d’y voir mieux. Elle semblait errer, sans but, âme solitaire. Elle avait le teint d’un fantôme et cette tâche au-dessus de l’œil. Elle intriguait le jeune blondinet. Qu’est-ce que c’était ? Il ne savait pas. Et il voulait savoir, sa curiosité naturelle ayant repris le dessus. Elle continuait d’approcher dans leur direction en les dévisageant. Henry n’avait pas bougé, son livre ouvert dans la main, assis dos contre le mur de pierre froide, il observait sa camarade de maison approchée. Son uniforme était couvert de quelque chose, qu’il n’identifiait pas de loin. Elle se rapprochait, inexorablement. Cette tâche sur l’arcade, cette foutue tache l’intriguait. Tache de naissance ? D’encre ? De jus de Snarglouf ? Il ne savait pas et il n’aimait pas ne pas savoir.
Ce n’est que lorsqu’elle s’approcha suffisamment près qu’il comprit. Elle saignait de l’arcade. Elle saignait. Du sang. Le liquide s’écoulait de son arcade meurtrie. Il pouvait deviner chaque gouttelette dégouliné. Son teint devint livide, il blanchit à vue d’œil, des images horribles lui revenaient en tête, et le goût métallique, ce goût de son propre sang lui emplissait la bouche. Cette sensation lui fit froid dans le dos, son corps semblait déconnecté, son esprit ayant fait pause sur le sang et s’amusait à le passer en replay. Il n’aimait pas le sang, il en avait une peur phobique, il se retint de pleurer comme il le faisait avant. Le livre qu’il tenait en main tomba dans un grand bruit, il l’avait lâché, il s’en fichait de comment irait-il après. Il devait s’ôter cette vision du sang de quelqu’un d’autre, au plus vite. Il ne supporterait pas ça longtemps avant de faire une crise de panique. Et personne ne saura là pour l’aider. Il fut pris de tremblement, il était blanc, comme les cadavres. Le cadavre de lui-même. Il replia ses jambes contre son torse, ferma les yeux et enfoui sa tête pour cacher à ses yeux cette insoutenable vision. Il en avait oublié qu’il voulait partir, il en avait oublié Aelle et les pages déchirés. Pour l’instant, seul comptait ce que ses yeux constataient. Quelqu’un saignait !
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Dernière modification par Henry Shoftshire le 22 avr. 2020, 06:05, modifié 2 fois.
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Spirale
Ce n’est pas une fille, pourrait-on croire, mais une ombre. Une ombre qui se déplace lentement, qui se traîne. Une ombre qui frôle les murs, qui se cache, mais qui se rapproche inexorablement. Mon regard ne se détourne pas, il se fronce, même. J’avais l’espoir que la fille passe, qu’elle continue son chemin et qu’elle disparaisse à l’autre bout du couloir, mais non. Elle reste là, immobile. Je ne vois pas ses yeux, mais je l’imagine sans mal me regarder. Évidemment qu’elle me regarde, comme tous les Autres. Depuis des mois, c’est moi que l’on regarde. Certes, c’est moins flagrant ces derniers temps, mais depuis le bal, j’ai l’impression que ça recommence plus fort encore. Les gens me regardent et me jugent, ils me voient alors que j’essaie de me cacher. Je déteste sentir les Autres me regarder, cela me rend toute tremblante, j’ai l’impression de perdre pied, de quitter mon corps, de voler au-dessus.
Le murmure me vient de loin, mais je l’entends tout de même. Une voix qui chuchote, une voix qui énonce. « Aelle..., » dit-elle. Je me fige, mon coeur en chute libre. Elle me connaît, j’en étais certaine, elle me connaît. Mes doigts se crispent sur les pages du livre et je prends une profonde inspiration par le nez pour ne pas hurler de frustration. Il y a cet abruti blond qui squatte près de moi et qui m’agace, et cette fille désormais qui se permet de m’appeler par mon prénom, mon prénom ! C’est d’un tel irrespect. Ça me met hors de moi, ce genre de chose.
Sourcils froncés, j’ouvre la bouche pour lui balancer des paroles, à cette Autre qui se croit tout permis. Eh, pour’quoi tu m’appelles par mon prénom ? On a pas élevé les veaud’lunes ensemble ! Je n’ai pas le temps de songer que je n’arriverais jamais à dire une phrase aussi longue, chose que je n’ai pas faite depuis la soirée du bal, que mes yeux tombent sur la tâche que la fille porte sur le visage. Ce n’est pas une tâche comme celle de Lisbeth, ce n’est pas même un jeu d’ombre. Non, ça ne correspond pas. *Sang*. Je frissonne, l’idée s’imposant dans mon esprit : c’est du sang, du sang qui coule de son arcade. Voilà pourquoi cette fille se traînait comme une malheureuse, aussi lente et tangible qu’une goule. Elle est blessée. Un profond soupir s’échappe de mes lèvres ; c’est bien ma veine de me taper une victime qui est incapable de se rendre à l’infirmerie.
Je fourre les dernières pages déchirées dans mon sac et me lève souplement lorsqu’un bruit me force à me retourner. *Le blond*. Son visage se dérobe à moi, il le cache entre ses genoux remontés. Il tangue d’avant en arrière, d’avant en arrière, comme un enfant ; ou un débile. Perplexe, je le regarde sans savoir que faire. Qu’a-t-il à agir de la sorte ? Peut-être n’a-t-il pas aimé mon comportement ? Cela arrive de temps en temps, et si c’est cela je n’en ai que peu faire, qu’il aille chialait ailleurs. Je me contorsionne pour regarder la fille qui n’a pas bougée, ombre fantasmagorique dans mon dos, effrayante cachée dans l’ombre, avec sa tâche *sang* sur le front. Un grognement s’échappe de mes lèvres. Tout cela me donne mal à la tête, celle-ci est lourde, j’ai l’impression qu’une poutre me traverse le cerveau de part en part.
Il tremble, le blond.
Il a peur, dirait-on.
Peut-être du sang ? *Idiot*.
La lassitude est un monstre et il referme ses mâchoires sur moi. Un nouveau soupir me traverse. Moi qui voulais partir, je ne le peux désormais plus. Je n’ai pas été élevée par une mère médicomage pour laisser deux abrutis qui semblent perdre pied seuls dans un couloir, secondaire, en plus ; avec un peu de malchance, personne ne passera jamais ici et je me retrouverais avec deux cadavres sur les bras.
Abandonnant le blond et sa folie derrière moi, je m’approche de la fille. Mon hypothèse se confirme ; du sang. Elle est blanche comme la neige. Elle a une sale tronche. Il me faudrait l’accompagner à l’infirmerie — *Non !*, non, non, je me suis promis de ne jamais remettre les pieds là-bas. Mon coeur se serre brutalement. Un frisson d’angoisse me secoue lorsque je me revois, allongée dans ce lit, incapable d’émettre un son. *Hors d’question, jamais*. Sur mon visage s’installe un masque déterminé.
« T-tu saignes, » indiqué-je à la fille sans frémir.
La vue du sang ne m’a jamais dérangé. Un moment de doute, cependant me fait hésiter : *j’suis débile, j’vais jamais y’arriver*. Une seconde passe. Puis, je me secoue et fais taire la voix dans ma tête. D'un geste en direction du sol, j'ordonne à l'autre de s’asseoir. Je me contorsionne pour enlever ma cape, la coince entre mes jambes, et enlève le pull de mon uniforme. Je fourre ce dernier dans les mains de l’enfant et enfile ma cape. Du bout du doigt, je montre à la fille mon visage pour qu'elle comprenne qu'elle doit appuyer sur la blessure. Me tordant la nuque, je jette un regard sur le garçon, l’observant silencieusement. Peut-être que si je le laisse dans son coin, il arrêtera de flipper comme un gamin ?
Le murmure me vient de loin, mais je l’entends tout de même. Une voix qui chuchote, une voix qui énonce. « Aelle..., » dit-elle. Je me fige, mon coeur en chute libre. Elle me connaît, j’en étais certaine, elle me connaît. Mes doigts se crispent sur les pages du livre et je prends une profonde inspiration par le nez pour ne pas hurler de frustration. Il y a cet abruti blond qui squatte près de moi et qui m’agace, et cette fille désormais qui se permet de m’appeler par mon prénom, mon prénom ! C’est d’un tel irrespect. Ça me met hors de moi, ce genre de chose.
Sourcils froncés, j’ouvre la bouche pour lui balancer des paroles, à cette Autre qui se croit tout permis. Eh, pour’quoi tu m’appelles par mon prénom ? On a pas élevé les veaud’lunes ensemble ! Je n’ai pas le temps de songer que je n’arriverais jamais à dire une phrase aussi longue, chose que je n’ai pas faite depuis la soirée du bal, que mes yeux tombent sur la tâche que la fille porte sur le visage. Ce n’est pas une tâche comme celle de Lisbeth, ce n’est pas même un jeu d’ombre. Non, ça ne correspond pas. *Sang*. Je frissonne, l’idée s’imposant dans mon esprit : c’est du sang, du sang qui coule de son arcade. Voilà pourquoi cette fille se traînait comme une malheureuse, aussi lente et tangible qu’une goule. Elle est blessée. Un profond soupir s’échappe de mes lèvres ; c’est bien ma veine de me taper une victime qui est incapable de se rendre à l’infirmerie.
Je fourre les dernières pages déchirées dans mon sac et me lève souplement lorsqu’un bruit me force à me retourner. *Le blond*. Son visage se dérobe à moi, il le cache entre ses genoux remontés. Il tangue d’avant en arrière, d’avant en arrière, comme un enfant ; ou un débile. Perplexe, je le regarde sans savoir que faire. Qu’a-t-il à agir de la sorte ? Peut-être n’a-t-il pas aimé mon comportement ? Cela arrive de temps en temps, et si c’est cela je n’en ai que peu faire, qu’il aille chialait ailleurs. Je me contorsionne pour regarder la fille qui n’a pas bougée, ombre fantasmagorique dans mon dos, effrayante cachée dans l’ombre, avec sa tâche *sang* sur le front. Un grognement s’échappe de mes lèvres. Tout cela me donne mal à la tête, celle-ci est lourde, j’ai l’impression qu’une poutre me traverse le cerveau de part en part.
Il tremble, le blond.
Il a peur, dirait-on.
Peut-être du sang ? *Idiot*.
La lassitude est un monstre et il referme ses mâchoires sur moi. Un nouveau soupir me traverse. Moi qui voulais partir, je ne le peux désormais plus. Je n’ai pas été élevée par une mère médicomage pour laisser deux abrutis qui semblent perdre pied seuls dans un couloir, secondaire, en plus ; avec un peu de malchance, personne ne passera jamais ici et je me retrouverais avec deux cadavres sur les bras.
Abandonnant le blond et sa folie derrière moi, je m’approche de la fille. Mon hypothèse se confirme ; du sang. Elle est blanche comme la neige. Elle a une sale tronche. Il me faudrait l’accompagner à l’infirmerie — *Non !*, non, non, je me suis promis de ne jamais remettre les pieds là-bas. Mon coeur se serre brutalement. Un frisson d’angoisse me secoue lorsque je me revois, allongée dans ce lit, incapable d’émettre un son. *Hors d’question, jamais*. Sur mon visage s’installe un masque déterminé.
« T-tu saignes, » indiqué-je à la fille sans frémir.
La vue du sang ne m’a jamais dérangé. Un moment de doute, cependant me fait hésiter : *j’suis débile, j’vais jamais y’arriver*. Une seconde passe. Puis, je me secoue et fais taire la voix dans ma tête. D'un geste en direction du sol, j'ordonne à l'autre de s’asseoir. Je me contorsionne pour enlever ma cape, la coince entre mes jambes, et enlève le pull de mon uniforme. Je fourre ce dernier dans les mains de l’enfant et enfile ma cape. Du bout du doigt, je montre à la fille mon visage pour qu'elle comprenne qu'elle doit appuyer sur la blessure. Me tordant la nuque, je jette un regard sur le garçon, l’observant silencieusement. Peut-être que si je le laisse dans son coin, il arrêtera de flipper comme un gamin ?
Spirale
Elle s'approche de toi. Que va-t-elle faire? Tu ne le sais pas encore. Tu tremblote. Ta position t'arrangeais plutôt bien, tu pouvais disparaître rejoindre la Solitude bienfaitrice du couloir, un endroit aussi sombre que tes pensées. Tu n'as pas besoin de contact. Tu sais qu'Aelle n'est pas probablement dans une forme extraordinaire, tu perçois même de l'agacement dans son regard. Tu l'as encore plus énervée, visiblement.
J'ai du mal avec la plupart des Hommes...
C'est ton problème, clairement. Tu es d'une maladresse inimaginable dans tes relations humaines, que tu abîmes une à une sans le vouloir, mais sans y faire particulièrement attention. Tu es trop concentrée sur tes foutues questions. Tu n'es jamais agressive juste absente... Et faible.
Faible. Absente.
Absente. Faible.
Les mots s'entrechoquent comme des perles sur un collier, ça ne t'arranges pas. Tu es déjà assez faible. Tu vois Henry seul au fond de ce tableau simplement pathétique. Tu te demandes ce qu'il fait là. Ce que tu fais là. Tu as envie de partir, mais ta prison n'a pas de fenêtre et tu ne peux pas échapper à Aelle qui vient vers toi. Tu es toujours plongée dans le doute, tu cherches à savoir ce qu'il va se passer.
Mais voilà qu'elle te surprend. Elle te fait signe de t'assoir. Tu hésites. Le sol t'as enlevé du sang, plus qu'il ne le mérite, gros dur qu'il est. Tu ne veux plus être en contact avec lui. Mais tu obéis, malgré toi. Et tu as, une nouvelle fois, l'impression que ce n'est pas véritablement Hannah qui a agit, mais plutôt son inconscient. Maudite bête, elle s'empare peu à peu de ton cerveau, elle est un ver de terre maintenant, jusqu'à avoir percé toutes les neurones de ce dernier, avant de devenir sa dirigeante, sa dictatrice, sa martyr, véritablement, et pour l'éternité sans aucun doute, car la Résistance n'existe pas dans un cerveau, pas de Jean Moulin, non, les neurones obéissent à la lettre une fois qu'on les a formaté, ce qui est bien triste d'ailleurs, mais hélas, comble du malheur, nous n'y pouvons rien, nous, humains torturés.
Elle enlève son pull. Non... Elle te le tend. Non... Elle te laisse comprendre que tu dois appuyer ta tête dessus. Non... Tu ne pourras pas. Tu n'en es pas capable. Tu ne laissera pas peser sur ta conscience le poids du sang verser sur le pull d'une Quatrième année. C'est de ta faute, tu lui fais perdre son temps, tu l'exaspères, c'est certain. Tu ne peux pas supporter de faire souffrir les autres. Surtout lorsqu'ils ne t'ont rien fait. C'est toi qui t'es laissée aller, tombant violemment par terre, inconsciemment certes, mais c'est toi et toi seule qu a laissé cet inconscient grandir, s'épanouir et agresser ton corps encore trop frêle pour affronter les réalités. Les Mots te pèsent trop pour le moment, tu ne pourras pas les laisser encore te détruire. Plus ce moment durera, et plus il sera vénéneux lorsqu'il deviendra souvenir. Tu n'en veux pas. Alors tu lui rend son beau pull, immaculé.
-Non.. Non... Je ne peux pas..., murmures-tu faiblement. C'est de ma faute... Je dois l'assumer.
Quelques secondes t'on paru une éternité. Le simple fait d'ouvrir ta mâchoire, chose inhabituelle lorsque tu es dans une sombre période, t'a été tout à fait insupportable. C'est comme si, tout à coup, la machine enraillée, de nuit, se remettait en route, sans prévenir personne, et provoquant l'affolement de tous. Toi tu es l'amante de la Nuit, mais dans vôtre propre jeu vous vous êtes trompées mutuellement, persuadées l'une et l'autre que ce n'est pas grave, que l' autre ne saura pas, et, dans cette relation de plus en plus ternie, pour ne pas dire assombrie, c'est dans une valse Endiablée que la Nuit et ses chiennes que sont les Ombre qui t'entrainent au fond, dans les recoins de la salle, pour mieux pouvoir te surprendre. La Nuit est une vicieuse. Elle est consciente de sa beauté étoilée, mais elle en veut encore plus, avide de crimes, de sang. Aujourd'hui elle t'a enveloppé dans son manteau Noirâtre, t'a soulevée avec force pour laisser ton corps chuter, avec une satisfaction assez inquiétante et malicieuse. Maligne, traîtresse! Beauté abstraite qu'est cette Peste noire, Invisible à nos yeux...
Elle est bien là; pourtant, se délectant des humains après avoir laissé leurs petites têtes s'attendrir.
J'ai du mal avec la plupart des Hommes...
C'est ton problème, clairement. Tu es d'une maladresse inimaginable dans tes relations humaines, que tu abîmes une à une sans le vouloir, mais sans y faire particulièrement attention. Tu es trop concentrée sur tes foutues questions. Tu n'es jamais agressive juste absente... Et faible.
Faible. Absente.
Absente. Faible.
Les mots s'entrechoquent comme des perles sur un collier, ça ne t'arranges pas. Tu es déjà assez faible. Tu vois Henry seul au fond de ce tableau simplement pathétique. Tu te demandes ce qu'il fait là. Ce que tu fais là. Tu as envie de partir, mais ta prison n'a pas de fenêtre et tu ne peux pas échapper à Aelle qui vient vers toi. Tu es toujours plongée dans le doute, tu cherches à savoir ce qu'il va se passer.
Mais voilà qu'elle te surprend. Elle te fait signe de t'assoir. Tu hésites. Le sol t'as enlevé du sang, plus qu'il ne le mérite, gros dur qu'il est. Tu ne veux plus être en contact avec lui. Mais tu obéis, malgré toi. Et tu as, une nouvelle fois, l'impression que ce n'est pas véritablement Hannah qui a agit, mais plutôt son inconscient. Maudite bête, elle s'empare peu à peu de ton cerveau, elle est un ver de terre maintenant, jusqu'à avoir percé toutes les neurones de ce dernier, avant de devenir sa dirigeante, sa dictatrice, sa martyr, véritablement, et pour l'éternité sans aucun doute, car la Résistance n'existe pas dans un cerveau, pas de Jean Moulin, non, les neurones obéissent à la lettre une fois qu'on les a formaté, ce qui est bien triste d'ailleurs, mais hélas, comble du malheur, nous n'y pouvons rien, nous, humains torturés.
Elle enlève son pull. Non... Elle te le tend. Non... Elle te laisse comprendre que tu dois appuyer ta tête dessus. Non... Tu ne pourras pas. Tu n'en es pas capable. Tu ne laissera pas peser sur ta conscience le poids du sang verser sur le pull d'une Quatrième année. C'est de ta faute, tu lui fais perdre son temps, tu l'exaspères, c'est certain. Tu ne peux pas supporter de faire souffrir les autres. Surtout lorsqu'ils ne t'ont rien fait. C'est toi qui t'es laissée aller, tombant violemment par terre, inconsciemment certes, mais c'est toi et toi seule qu a laissé cet inconscient grandir, s'épanouir et agresser ton corps encore trop frêle pour affronter les réalités. Les Mots te pèsent trop pour le moment, tu ne pourras pas les laisser encore te détruire. Plus ce moment durera, et plus il sera vénéneux lorsqu'il deviendra souvenir. Tu n'en veux pas. Alors tu lui rend son beau pull, immaculé.
-Non.. Non... Je ne peux pas..., murmures-tu faiblement. C'est de ma faute... Je dois l'assumer.
Quelques secondes t'on paru une éternité. Le simple fait d'ouvrir ta mâchoire, chose inhabituelle lorsque tu es dans une sombre période, t'a été tout à fait insupportable. C'est comme si, tout à coup, la machine enraillée, de nuit, se remettait en route, sans prévenir personne, et provoquant l'affolement de tous. Toi tu es l'amante de la Nuit, mais dans vôtre propre jeu vous vous êtes trompées mutuellement, persuadées l'une et l'autre que ce n'est pas grave, que l' autre ne saura pas, et, dans cette relation de plus en plus ternie, pour ne pas dire assombrie, c'est dans une valse Endiablée que la Nuit et ses chiennes que sont les Ombre qui t'entrainent au fond, dans les recoins de la salle, pour mieux pouvoir te surprendre. La Nuit est une vicieuse. Elle est consciente de sa beauté étoilée, mais elle en veut encore plus, avide de crimes, de sang. Aujourd'hui elle t'a enveloppé dans son manteau Noirâtre, t'a soulevée avec force pour laisser ton corps chuter, avec une satisfaction assez inquiétante et malicieuse. Maligne, traîtresse! Beauté abstraite qu'est cette Peste noire, Invisible à nos yeux...
Elle est bien là; pourtant, se délectant des humains après avoir laissé leurs petites têtes s'attendrir.
Résurgence
Spirale
Elle me rend mon pull. Automatiquement, je le récupère, mais la surprise s’installe sur mon visage. Refuse-t-elle que je la soigne ? C’est après tout une chose que je comprendrais. Accepter, non ; comprendre, oui. La voir assise est déjà une victoire en soi, elle m’a obéit sans frémir, sans résister, mais mon espoir que tout continue à se passer aussi simplement se brise lorsqu’elle ouvre la bouche.
Quand les Autres ouvrent leur gueule, tout s'effondre.
Aujourd’hui n’est pas différent d’hier. Elle parle et à peine la phrase énoncée qu’un voile de désespoir se dépose sur mon esprit : je vais devoir parler, c’est évident. Elle refuse mes soins, elle dit que c’est de sa faute, elle se plaint. Elle était silencieuse, jusque là, pas de plainte donc. Mais ce n’était apparemment pas censé durer.
Je m’accroupis lourdement devant elle, plissant les yeux pour tenter d’atténuer la douleur qui fait pulser ma tête. Je me plonge dans ses billes marron, y observe les reflets de la lumière ; une autre personne y aurait certainement vu d’autres choses. Pas moi. Ce ne sont que des yeux, des yeux qui m’agacent par leur seule existence. Je pousse un léger soupire et dépose mon pull dans les mains de la fille ; je l’impose.
« M’en fous de la faute à q-qui c’est, soufflé-je, le coeur effrayé par les mots. Laisse-toi faire. »
Finalement, devinant sans lui laisser le temps de répondre qu’elle n’agira pas, je reprends mon pull et m’approche doucement de sa plaie. Elle n’est pas belle à voir. Le côté droit du visage de la fille est recouvert de sang frais. L’odeur me frappe et je fronce le nez, dégoûtée ; pas assez pour m’éloigner, mais assez pour me faire frissonner. Je ne bouge cependant pas. Actuellement, que ce soit à cause de mon incapacité à parler ou mon niveau magique, je ne peux pas faire grand chose pour l’aider. Je connais le sortilège adéquat, je pourrais essayer de le lancer, mais je sais déjà que je ne pourrais pas y arriver — mon coeur bat trop fort, mes mains tremblent. C’est la présence des Autres qui me met dans cet état, mes pleurs de tout à l’heure, ma colère, ma peine. Je serais incapable de réussir ; je n’ai de toute manière jamais essayé en étant en pleine possession de mes moyens, il faudrait être conne pour croire que je pourrais y arriver dans cet état.
Je suis incapable, mais pas totalement débile.
Je dépose doucement mon vêtement contre la plaie et essuie le sang du bout de la manche. Je contourne l’ouverture pour ne pas faire mal à la fille, j’essuie son oeil, sa tempe, imbibe le sang. Je ne suis pas inquiète ; je sais que l’arcade saigne toujours beaucoup, mais que ce n’est pas forcément grave. Les sourcils froncés, je retiens ma respiration. Penchée au-dessus de la fille, j’essaie de réfléchir en même temps que je soigne. Je ne veux pas aller à l’infirmerie, alors comment faire ? *Le blond*. Je me tourne vers lui ; tête coincée dans les genoux, il est toujours là, il n’a pas bougé.
« Tiens, » ordonné-je à la fille.
Et, sans préambule, j’attrape son bras et le lève pour qu’elle tienne le pull de sa main. Je lui lance un regard d’avertissement, comme pour dire : t’as pas intérêt à le lâcher. Et elle n’a pas intérêt, non. Je n’ai pas que cela à faire, jouer à la médicomage dans un couloir. Thalia m’attend, l’heure file inexorablement. D’un coup d’épaule, j’enlève pour la seconde fois ma cape et la dépose sur les jambes de la fille. Toujours s’assurer que les blessées n’ont pas froid, m’a un jour dit Maman. Une image, un souvenir me secoue : une autre fille, un autre couloir, une autre cape. *Dégage*. Je repousse le souvenir avec aisance.
Je me lève souplement et m’approche du garçon. Je le regarde quelques instants sans bouger, en proie à l’hésitation. Roulé en boule, tremblant. *Merlin, s’il fait une crise d’angoisse…*. Je crois que j’en hurlerais de frustration. Pourquoi donc ai-je choisis ce couloir ? Si j’avais été dans celui juste à côté, si j’avais attendu devant la salle d’Étude des Moldus, tout cela ne serait jamais arrivé.
*Fais chier*.
« Eh ? appelé-je. F-faut que tu ailles à la… La… » Allez, respire et réfléchis. Tu l’as dans la tête ce mot, tu sais à quoi il ressemble, de quelles lettres il est composé, alors sors ce foutu mot ! « ... Cuisine. »
Quand les Autres ouvrent leur gueule, tout s'effondre.
Aujourd’hui n’est pas différent d’hier. Elle parle et à peine la phrase énoncée qu’un voile de désespoir se dépose sur mon esprit : je vais devoir parler, c’est évident. Elle refuse mes soins, elle dit que c’est de sa faute, elle se plaint. Elle était silencieuse, jusque là, pas de plainte donc. Mais ce n’était apparemment pas censé durer.
Je m’accroupis lourdement devant elle, plissant les yeux pour tenter d’atténuer la douleur qui fait pulser ma tête. Je me plonge dans ses billes marron, y observe les reflets de la lumière ; une autre personne y aurait certainement vu d’autres choses. Pas moi. Ce ne sont que des yeux, des yeux qui m’agacent par leur seule existence. Je pousse un léger soupire et dépose mon pull dans les mains de la fille ; je l’impose.
« M’en fous de la faute à q-qui c’est, soufflé-je, le coeur effrayé par les mots. Laisse-toi faire. »
Finalement, devinant sans lui laisser le temps de répondre qu’elle n’agira pas, je reprends mon pull et m’approche doucement de sa plaie. Elle n’est pas belle à voir. Le côté droit du visage de la fille est recouvert de sang frais. L’odeur me frappe et je fronce le nez, dégoûtée ; pas assez pour m’éloigner, mais assez pour me faire frissonner. Je ne bouge cependant pas. Actuellement, que ce soit à cause de mon incapacité à parler ou mon niveau magique, je ne peux pas faire grand chose pour l’aider. Je connais le sortilège adéquat, je pourrais essayer de le lancer, mais je sais déjà que je ne pourrais pas y arriver — mon coeur bat trop fort, mes mains tremblent. C’est la présence des Autres qui me met dans cet état, mes pleurs de tout à l’heure, ma colère, ma peine. Je serais incapable de réussir ; je n’ai de toute manière jamais essayé en étant en pleine possession de mes moyens, il faudrait être conne pour croire que je pourrais y arriver dans cet état.
Je suis incapable, mais pas totalement débile.
Je dépose doucement mon vêtement contre la plaie et essuie le sang du bout de la manche. Je contourne l’ouverture pour ne pas faire mal à la fille, j’essuie son oeil, sa tempe, imbibe le sang. Je ne suis pas inquiète ; je sais que l’arcade saigne toujours beaucoup, mais que ce n’est pas forcément grave. Les sourcils froncés, je retiens ma respiration. Penchée au-dessus de la fille, j’essaie de réfléchir en même temps que je soigne. Je ne veux pas aller à l’infirmerie, alors comment faire ? *Le blond*. Je me tourne vers lui ; tête coincée dans les genoux, il est toujours là, il n’a pas bougé.
« Tiens, » ordonné-je à la fille.
Et, sans préambule, j’attrape son bras et le lève pour qu’elle tienne le pull de sa main. Je lui lance un regard d’avertissement, comme pour dire : t’as pas intérêt à le lâcher. Et elle n’a pas intérêt, non. Je n’ai pas que cela à faire, jouer à la médicomage dans un couloir. Thalia m’attend, l’heure file inexorablement. D’un coup d’épaule, j’enlève pour la seconde fois ma cape et la dépose sur les jambes de la fille. Toujours s’assurer que les blessées n’ont pas froid, m’a un jour dit Maman. Une image, un souvenir me secoue : une autre fille, un autre couloir, une autre cape. *Dégage*. Je repousse le souvenir avec aisance.
Je me lève souplement et m’approche du garçon. Je le regarde quelques instants sans bouger, en proie à l’hésitation. Roulé en boule, tremblant. *Merlin, s’il fait une crise d’angoisse…*. Je crois que j’en hurlerais de frustration. Pourquoi donc ai-je choisis ce couloir ? Si j’avais été dans celui juste à côté, si j’avais attendu devant la salle d’Étude des Moldus, tout cela ne serait jamais arrivé.
*Fais chier*.
« Eh ? appelé-je. F-faut que tu ailles à la… La… » Allez, respire et réfléchis. Tu l’as dans la tête ce mot, tu sais à quoi il ressemble, de quelles lettres il est composé, alors sors ce foutu mot ! « ... Cuisine. »
Spirale
Du sang, du sang… C’était du sang qui coulait de son arcade… Il n’avait pas rêvé. Il ne supportait pas ça, il en avait une peur bleue. Il essayait de détruire les images qu’il avait aperçues auparavant, ça n’avait jamais existé… Il avait juste fait un rêve. Oui, c’est cela, ce n’était qu’un rêve, un rêve, il allait rouvrir les yeux et tout ça disparaitrait… Oui, tout disparaitrait et il se retrouverait dans ce couloir avec la jeune Poufsouffle qui continuait de déchirer son livre. De l’assassiner. Oui, c’était ce qui allait se passer. Et si ce n’était pas un rêve. Tout semblait si réel, si vrai que cela l’était sûrement. Cette fille avec l’arcade qui saigne était forcément réelle.
Sa respiration s’emballait, il sentait son cœur pulser dans la moindre partie de son être, de la sueur froide coulait sur son visage. Il était terrorisé, il ne supportait pas cette vision. Il ne devait pas regarder, cela risquerait de faire céder les barrières qu’ils avaient érigées. Et tout redeviendrait comme avant. Et cela n’était pas possible. Impensable, irréaliste. Il ne pouvait supporter cela. Il devait faire abstraction du sang. Luttez contre sa peur… Mais il n’était pas un Gryffondor, dans le fond il préférait cacher ses démons, les enfermer, plutôt que les affronter. Il tentait de calmer sa respiration qui s’emballait, elle était légèrement rauque, comme s’il cherchait de l’air. Il avait besoin d’air. Besoin d’oxygène, il se sentait étouffer, intérieurement et extérieurement. Comme si une main fantomatique lui enserrait la gorge jusqu’à l’étouffer. Il cherchait de l’air, il en avait besoin, sa gorge devenait douloureuse. Il cherchait de l’air, il en avait besoin. Inspirer… Expirer… Inspirer… Expirer…
Il entendait du mouvement et des paroles autour de lui, surement la jeune fille, qui s’appelait Aelle visiblement, qui aidait l’autre fille. Lui était bien incapable de faire quoi que ce soit, il l’aurait aidée, volontiers, mais il était incapable de l’aider… Il était là assis, la tête dans les genoux comme une gamine ayant peur du noir. Inutile, voilà ce qu’il était… Il n’aimait pas cette sensation, il n’avait pas le droit. Pas le droit de la ressentir. Une loque, un faible, un poids surement… Non, non, il n’avait pas le droit de penser cela. Il devait garder enfermer, il le devait. Il n’y avait jamais eu de sang, ce n’était qu’une hallucination. Henry hésita et releva un peu le regard vers les deux jeunes filles. L’autre était une Serdaigle, son visage lui disait quelque chose, il en était certain. Aelle semblait lui tendre son pull pour quelle éponge, pull qu’elle lâcha quelques instants après. Ses yeux se brouillent, les deux élèves ne deviennent plus que des formes et il replonge la tête entre tes jambes.
Calme, il faut rester calme… Inspire, expire, il essayait de chasser les images de son esprit… Il visualisait la jeune fille, grossièrement, il remarquait la tache de sang sur son arcade. Il dut se faire violence pour se concentrer dessus… IL n’y arrivait pas, dès qu’il se concentra dessus, son esprit tambourinait, comme si quelque chose voulait sortir. Henry inspira profondément, un peu bruyamment, comme s’il cherchait à aspirer le plus d’air possible… Il devait calmer son esprit, à tout prix… Sa respiration se fit plus lente, plus mesurée… Voilà, il se calmait un peu. Son front était trempé, mais c’était clairement le cadet de ses soucis, son visage était toujours livide, blanc comme un linge. Ses yeux grands ouverts fixaient le sol. Il en détaillait la moindre fissure, le moindre détail, la moindre craquelure. Il devait détourner son esprit, oublié la présence de la Serdaigle. Il le devait.
Il inspirait calmement, expirait… Il ne reprenait pas de couleurs, mais son calme, ses tremblements incontrôlés diminuaient peu à peu… C’était déjà un bon point… Il se risqua à relever le regard de nouveau. Sa vision était plus claire, il voyait Aelle accroupi devant la Serdaigle installée par terr. Elle était entrain de lui éponger le front, avec son pull, chose plutôt insolite, mais Henry n’avait pas l’envie, ni la force de faire de commentaire. Elle manipule sa camarade comme une poupée, lui faisant lever le bras pour qu’elle le dépose et tienne le plus. Puis elle tourne son regard vers lui, assez inexpressif. Henry ne saisit pas bien ce qu’elle va lui dire. Elle se lève et s’approche, un pas après l’autre elle s’approche. Va-t’en ! Va-t’en, ne cessait-il de se répéter mentalement. Elle allait surement le traiter de faible, de pleurnichard. En même temps qui hormis Henry faisait une crise d’angoisse à la simple vue d’un peu trop de sang ? Personne. Il était le seul, il était faible… Elle continue de s’approcher… Va-t’en ! Elle se plante devant lui, il la fixe dans les yeux, sa peau est toujours blanche, ses mains tremblent encore un peu, ses yeux sont grands ouverts, on aurait dit un fou… Voilà ce qu’il était, ce qu’on avait fait de lui… Un fou… Elle était plantée devant lui, elle semblait cherchez des mots, surement blessant, les plus incisifs possible, il l’avait dérangé, il l’avait énervé et voilà qu’elle devait se trimbaler une loque comme Henry. Elle finit par articuler difficilement quelques mots…
La cuisine, la cuisine, mais pourquoi faire ? Pourquoi devrait-il aller à la cuisine. Quelque chose lui échappait, la jeune fille l’empêchait de voir l’autre qui était surement au même endroit. Tant mieux cela permit à Henry de ne pas paniquer davantage, et de formuler des pensées cohérentes. Elle voulait surement qu’il aille manger quelque chose à la cuisine, pour récupérer des forces. Il n’aurait pas la force de marcher là-bas. Il essayait de se souvenir s’il n’y avait pas un autre endroit avec de la nourriture. Il n’aurait quand même pas fallu déranger un professeur pour cela. Son sac ! Son sac ! Il devait lui rester une pomme qu’il n’avait pas fini de manger ce matin, souhaitant la manger plus tard. Il leva alors le bras en direction de son sac à sa droite et désigna d’un doigt légèrement tremblant une des poches de son sac. Il avait de grandes peines à articuler, à assembler les mots, les lettres :
2e année RP/ Code coleur : #3d85c6
Sa respiration s’emballait, il sentait son cœur pulser dans la moindre partie de son être, de la sueur froide coulait sur son visage. Il était terrorisé, il ne supportait pas cette vision. Il ne devait pas regarder, cela risquerait de faire céder les barrières qu’ils avaient érigées. Et tout redeviendrait comme avant. Et cela n’était pas possible. Impensable, irréaliste. Il ne pouvait supporter cela. Il devait faire abstraction du sang. Luttez contre sa peur… Mais il n’était pas un Gryffondor, dans le fond il préférait cacher ses démons, les enfermer, plutôt que les affronter. Il tentait de calmer sa respiration qui s’emballait, elle était légèrement rauque, comme s’il cherchait de l’air. Il avait besoin d’air. Besoin d’oxygène, il se sentait étouffer, intérieurement et extérieurement. Comme si une main fantomatique lui enserrait la gorge jusqu’à l’étouffer. Il cherchait de l’air, il en avait besoin, sa gorge devenait douloureuse. Il cherchait de l’air, il en avait besoin. Inspirer… Expirer… Inspirer… Expirer…
Il entendait du mouvement et des paroles autour de lui, surement la jeune fille, qui s’appelait Aelle visiblement, qui aidait l’autre fille. Lui était bien incapable de faire quoi que ce soit, il l’aurait aidée, volontiers, mais il était incapable de l’aider… Il était là assis, la tête dans les genoux comme une gamine ayant peur du noir. Inutile, voilà ce qu’il était… Il n’aimait pas cette sensation, il n’avait pas le droit. Pas le droit de la ressentir. Une loque, un faible, un poids surement… Non, non, il n’avait pas le droit de penser cela. Il devait garder enfermer, il le devait. Il n’y avait jamais eu de sang, ce n’était qu’une hallucination. Henry hésita et releva un peu le regard vers les deux jeunes filles. L’autre était une Serdaigle, son visage lui disait quelque chose, il en était certain. Aelle semblait lui tendre son pull pour quelle éponge, pull qu’elle lâcha quelques instants après. Ses yeux se brouillent, les deux élèves ne deviennent plus que des formes et il replonge la tête entre tes jambes.
Calme, il faut rester calme… Inspire, expire, il essayait de chasser les images de son esprit… Il visualisait la jeune fille, grossièrement, il remarquait la tache de sang sur son arcade. Il dut se faire violence pour se concentrer dessus… IL n’y arrivait pas, dès qu’il se concentra dessus, son esprit tambourinait, comme si quelque chose voulait sortir. Henry inspira profondément, un peu bruyamment, comme s’il cherchait à aspirer le plus d’air possible… Il devait calmer son esprit, à tout prix… Sa respiration se fit plus lente, plus mesurée… Voilà, il se calmait un peu. Son front était trempé, mais c’était clairement le cadet de ses soucis, son visage était toujours livide, blanc comme un linge. Ses yeux grands ouverts fixaient le sol. Il en détaillait la moindre fissure, le moindre détail, la moindre craquelure. Il devait détourner son esprit, oublié la présence de la Serdaigle. Il le devait.
Il inspirait calmement, expirait… Il ne reprenait pas de couleurs, mais son calme, ses tremblements incontrôlés diminuaient peu à peu… C’était déjà un bon point… Il se risqua à relever le regard de nouveau. Sa vision était plus claire, il voyait Aelle accroupi devant la Serdaigle installée par terr. Elle était entrain de lui éponger le front, avec son pull, chose plutôt insolite, mais Henry n’avait pas l’envie, ni la force de faire de commentaire. Elle manipule sa camarade comme une poupée, lui faisant lever le bras pour qu’elle le dépose et tienne le plus. Puis elle tourne son regard vers lui, assez inexpressif. Henry ne saisit pas bien ce qu’elle va lui dire. Elle se lève et s’approche, un pas après l’autre elle s’approche. Va-t’en ! Va-t’en, ne cessait-il de se répéter mentalement. Elle allait surement le traiter de faible, de pleurnichard. En même temps qui hormis Henry faisait une crise d’angoisse à la simple vue d’un peu trop de sang ? Personne. Il était le seul, il était faible… Elle continue de s’approcher… Va-t’en ! Elle se plante devant lui, il la fixe dans les yeux, sa peau est toujours blanche, ses mains tremblent encore un peu, ses yeux sont grands ouverts, on aurait dit un fou… Voilà ce qu’il était, ce qu’on avait fait de lui… Un fou… Elle était plantée devant lui, elle semblait cherchez des mots, surement blessant, les plus incisifs possible, il l’avait dérangé, il l’avait énervé et voilà qu’elle devait se trimbaler une loque comme Henry. Elle finit par articuler difficilement quelques mots…
- Eh ? F-faut que tu ailles à la… La… Cuisine.
La cuisine, la cuisine, mais pourquoi faire ? Pourquoi devrait-il aller à la cuisine. Quelque chose lui échappait, la jeune fille l’empêchait de voir l’autre qui était surement au même endroit. Tant mieux cela permit à Henry de ne pas paniquer davantage, et de formuler des pensées cohérentes. Elle voulait surement qu’il aille manger quelque chose à la cuisine, pour récupérer des forces. Il n’aurait pas la force de marcher là-bas. Il essayait de se souvenir s’il n’y avait pas un autre endroit avec de la nourriture. Il n’aurait quand même pas fallu déranger un professeur pour cela. Son sac ! Son sac ! Il devait lui rester une pomme qu’il n’avait pas fini de manger ce matin, souhaitant la manger plus tard. Il leva alors le bras en direction de son sac à sa droite et désigna d’un doigt légèrement tremblant une des poches de son sac. Il avait de grandes peines à articuler, à assembler les mots, les lettres :
- Là de… dedans… Un..Une..po…
- Elle..saigne..t-tou..-toujours ? Le s.. s.. Sang… ?
2e année RP/ Code coleur : #3d85c6
Spirale
Tu pensais que la Solitude était la pire chose qui puisse t'accompagner.
Tu pensais être tranquille.
Tu pensais beaucoup.
Tu pensais vite.
Tu pensais trop.
Ne pense pas, agis, bordel!
Alors tu as agit.
Tu es tombée.
Ou plutôt, tu t'es laissée tomber.
Sur le sol. Froid. Sec.
Mais quand tu as penser ne plus jamais revoir tes maux, après avoir dompté les Mots et évité l'horreur de ce monde, peureuse que tu es, tu n'as pas eu de chance. Il y avait deux personnes. Trop de monde déjà. Une foule presque, quand tu es dans un des pires moments de ta vie de princesse, te vie d'Autre. Oui, d'Autre. Car si tu pensais que tu étais une Autre, tu faisais fausse route et tu as bien fini par remarquer, après maintes et maintes expériences dans ta vie tranquille, que tu n'étais pas différente, c'est juste que tu étais trop commune parmi les Autres. Les Autres ont tous un don, tu n'en a pas. Les Autres, à l’approche de l'été, aiment draguer dans des soirées, toi tu n'aimes pas ça. Tu es la plus banale, la plus sotte des Autres, tu entends, Hannah? C'est ça, cache toi dans ton propre corps; mais toi qui cite Lao~Tseu tu devrais savoir que "connaître les Autres est une sagesse, se connaître soi-même est une sagesse supérieure", non? Cela ne te dit donc rien? Tu es encore plus idiote que tu ne le pense, pauvre fille, je préfère ne pas pouvoir observer ton avenir, ou bien je risquerais de faire un infarctus.
Putain. Je crée le mal. Le vide. Je suis plus vide que n'importe quel humain. Les grands physiciens disent que nous sommes fait de vide, mais je crois que moi encore plus, cerveau passé au mixer. Il reste cette bouillie immonde qui ruisselle dans mon corps. Mais je ne m'inquiète pas. Tout ça va se finir. La Faucheuse est un Détraqueur, j'en ai plus peur, je suis comme une boisson que sirote cette dernière, un petit plaisir qu'elle s'offre, comme les Moldus quand ils prennent un cocktail au bord de mer. Caresse douloureuse, aimable tyrannie... Vous avez fait de moi un monstre.
JE VOUS HAIS PUTAIN!
Calme toi. Tu es dans un lieu sûr. Tout es normal.
Je me mens
Je suis même plus capable de m'assumer comme je suis. Voilà qu'Elle m'appuie sur ma plaie son beau pull. Un beau pull, mais qui est sali désormais. Quel horreur! Il sera maculé de mon sang désormais, il est comme une partie de mon âme, presque un Horcruxe... Putain faut que j'arrête de réfléchir. Quand tu le pourras... Je suis perdu dans les abysses de mes songes, je pose des réponses, je trouve des questions. Je m'auto-insupporte. Elle essaie de m'aider. Et moi je refuse. Conne, après une mûre réflexion qui a dû mettre 11 ans pour remonter à la surface, c'est ce que, probablement jusqu'à ma mort, ce que je serai. Ce que je suis. Ce que j'étais. Ce salaud de passé. Il m'a emprisonné. La nostalgie, arrivée en retard s'est rajoutée au tableau du chaos, un tableau qui m'appartient, qui me ressemble étrangement, dans sa noirceur rassurante dans mes nuits blanches. Elle continue d'appuyer sur ma plaie. Aïe. Après avoir été soumise par mes démons, voilà que ce sont mes Semblables qui m'empoisonnent. Mais laissez-moi, putain! J'ai envie de partir, m'éloigner d'Elle, partir très loin, trop loin peut-être, là où nos deux âmes seront tranquillement séparée. J'ai envie qu'elle m'oublie. Qu'ils m'oublient plutôt. J'avais négligé le retour de tête de blé, du blé pâle je dirais. J'espère de toute mes forces qu'Elle va me lâcher, que je vais être enfin un peu tranquille, j'ai besoin de ça là. Ils m'énervent, à me regarder, à regarder ma plaie. C'est pas grave, merde! C'est pas de leur faute si je me suis jetée par terre! Je n'en peux plus, quand je crois me détacher de cette planète je n'en suis que plus prisonnière, je tire comme un fardeau mes précédentes erreurs. C'est comme si le disque était rayé, et les scènes se répètent indéfiniment.
Elle demande à Henry d'aller en cuisine. Elle perd la tête, Elle aussi. A force de s'occuper des Autres on s'oublie soi-même, on ne sais plus qui on est, on est en marche vers le futur alors que ce qui compte c'est le présent. J'ai l'impression de me répéter par cœur des formules apprises à l'école. Bon au moins, ça me fera une personne en moins. Bon débarras. Mais c'est sans compter sur le fait qu'il se met à poser une, deux questions même. Les Questions sont nos ennemies, car rien n'est tout blanc, et rien est noir, les Réponses n'existent pas. Je ne me fais plus d'illusions là-dessus depuis longtemps. J'aimerais tant partir, enfin! J'ai autre chose à faire que d'être soignée par une Pouffy de Qutrième année. Elle me touche. Horreur. Elle m'attrape. Nooon. Je ne suis qu'une marionnette en fait, juste un objet que l'on utilise. Et comme mes Semblables aiment le changement, il mettent des dates de consommation. Je crois que la date limite arrivera plus tôt que prévu.
Tu pensais être tranquille.
Tu pensais beaucoup.
Tu pensais vite.
Tu pensais trop.
Ne pense pas, agis, bordel!
Alors tu as agit.
Tu es tombée.
Ou plutôt, tu t'es laissée tomber.
Sur le sol. Froid. Sec.
Mais quand tu as penser ne plus jamais revoir tes maux, après avoir dompté les Mots et évité l'horreur de ce monde, peureuse que tu es, tu n'as pas eu de chance. Il y avait deux personnes. Trop de monde déjà. Une foule presque, quand tu es dans un des pires moments de ta vie de princesse, te vie d'Autre. Oui, d'Autre. Car si tu pensais que tu étais une Autre, tu faisais fausse route et tu as bien fini par remarquer, après maintes et maintes expériences dans ta vie tranquille, que tu n'étais pas différente, c'est juste que tu étais trop commune parmi les Autres. Les Autres ont tous un don, tu n'en a pas. Les Autres, à l’approche de l'été, aiment draguer dans des soirées, toi tu n'aimes pas ça. Tu es la plus banale, la plus sotte des Autres, tu entends, Hannah? C'est ça, cache toi dans ton propre corps; mais toi qui cite Lao~Tseu tu devrais savoir que "connaître les Autres est une sagesse, se connaître soi-même est une sagesse supérieure", non? Cela ne te dit donc rien? Tu es encore plus idiote que tu ne le pense, pauvre fille, je préfère ne pas pouvoir observer ton avenir, ou bien je risquerais de faire un infarctus.
"Mais j'craquerai pas, j'craquerai pas j'craquerai pas"
დ
Putain. Je crée le mal. Le vide. Je suis plus vide que n'importe quel humain. Les grands physiciens disent que nous sommes fait de vide, mais je crois que moi encore plus, cerveau passé au mixer. Il reste cette bouillie immonde qui ruisselle dans mon corps. Mais je ne m'inquiète pas. Tout ça va se finir. La Faucheuse est un Détraqueur, j'en ai plus peur, je suis comme une boisson que sirote cette dernière, un petit plaisir qu'elle s'offre, comme les Moldus quand ils prennent un cocktail au bord de mer. Caresse douloureuse, aimable tyrannie... Vous avez fait de moi un monstre.
JE VOUS HAIS PUTAIN!
Calme toi. Tu es dans un lieu sûr. Tout es normal.
Je me mens
Je suis même plus capable de m'assumer comme je suis. Voilà qu'Elle m'appuie sur ma plaie son beau pull. Un beau pull, mais qui est sali désormais. Quel horreur! Il sera maculé de mon sang désormais, il est comme une partie de mon âme, presque un Horcruxe... Putain faut que j'arrête de réfléchir. Quand tu le pourras... Je suis perdu dans les abysses de mes songes, je pose des réponses, je trouve des questions. Je m'auto-insupporte. Elle essaie de m'aider. Et moi je refuse. Conne, après une mûre réflexion qui a dû mettre 11 ans pour remonter à la surface, c'est ce que, probablement jusqu'à ma mort, ce que je serai. Ce que je suis. Ce que j'étais. Ce salaud de passé. Il m'a emprisonné. La nostalgie, arrivée en retard s'est rajoutée au tableau du chaos, un tableau qui m'appartient, qui me ressemble étrangement, dans sa noirceur rassurante dans mes nuits blanches. Elle continue d'appuyer sur ma plaie. Aïe. Après avoir été soumise par mes démons, voilà que ce sont mes Semblables qui m'empoisonnent. Mais laissez-moi, putain! J'ai envie de partir, m'éloigner d'Elle, partir très loin, trop loin peut-être, là où nos deux âmes seront tranquillement séparée. J'ai envie qu'elle m'oublie. Qu'ils m'oublient plutôt. J'avais négligé le retour de tête de blé, du blé pâle je dirais. J'espère de toute mes forces qu'Elle va me lâcher, que je vais être enfin un peu tranquille, j'ai besoin de ça là. Ils m'énervent, à me regarder, à regarder ma plaie. C'est pas grave, merde! C'est pas de leur faute si je me suis jetée par terre! Je n'en peux plus, quand je crois me détacher de cette planète je n'en suis que plus prisonnière, je tire comme un fardeau mes précédentes erreurs. C'est comme si le disque était rayé, et les scènes se répètent indéfiniment.
Elle demande à Henry d'aller en cuisine. Elle perd la tête, Elle aussi. A force de s'occuper des Autres on s'oublie soi-même, on ne sais plus qui on est, on est en marche vers le futur alors que ce qui compte c'est le présent. J'ai l'impression de me répéter par cœur des formules apprises à l'école. Bon au moins, ça me fera une personne en moins. Bon débarras. Mais c'est sans compter sur le fait qu'il se met à poser une, deux questions même. Les Questions sont nos ennemies, car rien n'est tout blanc, et rien est noir, les Réponses n'existent pas. Je ne me fais plus d'illusions là-dessus depuis longtemps. J'aimerais tant partir, enfin! J'ai autre chose à faire que d'être soignée par une Pouffy de Qutrième année. Elle me touche. Horreur. Elle m'attrape. Nooon. Je ne suis qu'une marionnette en fait, juste un objet que l'on utilise. Et comme mes Semblables aiment le changement, il mettent des dates de consommation. Je crois que la date limite arrivera plus tôt que prévu.
[font=Lucida Calligraphy]H&H
Résurgence
Spirale
Ce gosse a vraiment une sale tête. Peut-être pire que celle de l’autre fille, là-bas, le sang en moins. Et lorsqu’il lève les yeux sur moi, que j’aperçois le rythme fou de sa respiration qui transperce ses lèvres, ses tremblements, sa pâleur, ses yeux écarquillés qui ne me regardent pas vraiment, je comprends ce qui lui arrive. *Crise d’angoisse*. Mon coeur se serre. J’en ai assez fait ces dernières semaines pour savoir en reconnaître une. Lui aussi a-t-il l’impression que le monde rétrécit autour de lui, que le monde l’étouffe, qu’il ne contrôle plus rien, qu’il est en train de tomber, tomber à l’infini sans ne jamais s’éclater sur le sol ? C’est terrible de ressentir tout cela, et je crains qu’une nouvelle crise ne me fasse flancher, mais je crois que c’est toujours moins horrible que de le voir sur une autre personne. Figée, je me dis que je dois lui ressembler. Quand Thalia vient me trouver dans les couloirs parfois et que je fais une crise, je dois lui ressembler. Une pauvre loque pitoyable, voilà ce que je suis ; voilà ce qu’il est. On ressemble donc à ça lorsque le Monstre d’angoisse s’en prend à nous ? Je n'aime pas le voir.
Mes épaules s’affaissent, ma détermination flanche. J’écoute ce que le blond a à me dire. Encore une fois, je vois en lui mon reflet : il bégaie et c’est moche à voir. Je n’aime pas ce gosse, il me fait trop songer à moi, je déteste l’idée de lui ressembler quand je parle, de lui ressembler quand j’ai pe *tais-toi, concentre-toi !*. Je ne comprends pas ce que me dit le gamin, pourtant je m’agenouille près du sac qu’il désigne et l’entrouvre pour essaie de trouver ce qu’il cherche. Peut-être a-t-il une potion. J’en serais tellement rassurée ! Mais à l’intérieur de son sac, des affaires, des livres de cours, mais pas de potion ; une pomme, cependant, et je fais rapidement le rapport entre « po… » et ce fruit. Voilà ce qu’il voulait que je prenne. Une vulgaire pomme. Un soupir au bord des lèvres, lasse, je laisse retomber le sac non sans avoir récupéré la pomme.
Je lance un regard accablé au garçon, un peu comme pour dire : t'as rien compris. Il ne compte pas aller à l'infirmerie, n'est-ce pas ? Il préfère rester ici à bavasser dans sa peur, incapable de retrouver le contrôle. Il balbutie, toujours plus blanc et à ses mots je comprends enfin le coeur du problème. *L’a peur du sang*. Et au regard qu’il me lance, ce regard d’azur écarquillé comme jamais, je comprends qu’il n’est pas prêt d’aller à l’infirmerie pour moi. Je cache habillement mon agacement en me redressant. Sans chercher à demander son avis au garçon, je crochète sa cape au niveau des épaules et le redresse difficilement. Je le maintiens contre le mur et plonge mon regard dans le sien, l’empêchant ainsi de tourner la tête en direction de la fille, bien déterminée à faire avancer les choses.
« Y’a plus de sang, soufflé-je, en le secouant. Tu s’ras mieux ailleurs qu’ici. Va à l’infirmerie, ramène q-quelqu’un. »
Quand je suis dans le même état que lui, il n’y a que deux choses qui puissent m’en sortir : Thalia ou un cri. Thalia me prend dans ses bras *j’ai honte* et m’apaise. Les cris, eux, me font sortir de mon état de béatitude et j’arrive à me redresser, à éloigner l’angoisse. Zikomo, parfois, doit me tirer l’oreille et me gueuler dessus pour me faire revenir à moi, quand la nuit je m’épanche en pleurs et en peurs ; il arrive toujours à me faire sortir, à me faire revenir dans le monde. Alors si je brutalise un peu ce garçon, si je l’éloigne de l’objet de sa peur, il devrait se remettre et faire ce que je lui demande. Mes doigts s’enfonce dans ses épaules, mais je ne le lâche pas ; si je m’éloigne de lui comme je le désire *j’suis trop proche*, je sais qu’il retombera au sol. Il doit se reprendre, retrouver son souffle et enfin je pourrais éloigner mon corps du sien.
Mes épaules s’affaissent, ma détermination flanche. J’écoute ce que le blond a à me dire. Encore une fois, je vois en lui mon reflet : il bégaie et c’est moche à voir. Je n’aime pas ce gosse, il me fait trop songer à moi, je déteste l’idée de lui ressembler quand je parle, de lui ressembler quand j’ai pe *tais-toi, concentre-toi !*. Je ne comprends pas ce que me dit le gamin, pourtant je m’agenouille près du sac qu’il désigne et l’entrouvre pour essaie de trouver ce qu’il cherche. Peut-être a-t-il une potion. J’en serais tellement rassurée ! Mais à l’intérieur de son sac, des affaires, des livres de cours, mais pas de potion ; une pomme, cependant, et je fais rapidement le rapport entre « po… » et ce fruit. Voilà ce qu’il voulait que je prenne. Une vulgaire pomme. Un soupir au bord des lèvres, lasse, je laisse retomber le sac non sans avoir récupéré la pomme.
Je lance un regard accablé au garçon, un peu comme pour dire : t'as rien compris. Il ne compte pas aller à l'infirmerie, n'est-ce pas ? Il préfère rester ici à bavasser dans sa peur, incapable de retrouver le contrôle. Il balbutie, toujours plus blanc et à ses mots je comprends enfin le coeur du problème. *L’a peur du sang*. Et au regard qu’il me lance, ce regard d’azur écarquillé comme jamais, je comprends qu’il n’est pas prêt d’aller à l’infirmerie pour moi. Je cache habillement mon agacement en me redressant. Sans chercher à demander son avis au garçon, je crochète sa cape au niveau des épaules et le redresse difficilement. Je le maintiens contre le mur et plonge mon regard dans le sien, l’empêchant ainsi de tourner la tête en direction de la fille, bien déterminée à faire avancer les choses.
« Y’a plus de sang, soufflé-je, en le secouant. Tu s’ras mieux ailleurs qu’ici. Va à l’infirmerie, ramène q-quelqu’un. »
Quand je suis dans le même état que lui, il n’y a que deux choses qui puissent m’en sortir : Thalia ou un cri. Thalia me prend dans ses bras *j’ai honte* et m’apaise. Les cris, eux, me font sortir de mon état de béatitude et j’arrive à me redresser, à éloigner l’angoisse. Zikomo, parfois, doit me tirer l’oreille et me gueuler dessus pour me faire revenir à moi, quand la nuit je m’épanche en pleurs et en peurs ; il arrive toujours à me faire sortir, à me faire revenir dans le monde. Alors si je brutalise un peu ce garçon, si je l’éloigne de l’objet de sa peur, il devrait se remettre et faire ce que je lui demande. Mes doigts s’enfonce dans ses épaules, mais je ne le lâche pas ; si je m’éloigne de lui comme je le désire *j’suis trop proche*, je sais qu’il retombera au sol. Il doit se reprendre, retrouver son souffle et enfin je pourrais éloigner mon corps du sien.
Spirale
Voilà que le Blond se sent mal.
Très mal.
Ton sang l’écœure.
Tu espères secrètement qu'Elle va s'en occuper, te laisser libre, pour que tu puisses t'en aller, sortir de ce gouffre.
Tu es entrainée vers le fond, et à chaque fois que tu penses en avoir fini, c'est pour mieux replonger au plus profond des ténèbres, là où les Âmes brisées se rejoignent avant la Mort. Le feu qui brûle en toi n'est pas un feu sacré, ce sont les Flammes des Enfers, elle te brûlent la gorge, tu es condamnée à vivre des scènes plus absurdes les unes que les autres. Tu es une Autre. Ce mot résonne longuement dans ta cage.
Tu remarques aussi que tu n'es même pas capable de soutenir le regard d'Aelle. Tu es écrasée par un respect incompréhensible. Respect. Cela ne te plaît pas. Respect est comme Règlement, c'est l'ensemble des menottes qui te retiennent dans ce foutu château. Alors tu plonges tes yeux en amandes droits dans ceux d'Aelle. Ton regard est bien plus Noir et ténébreux que tu ne le penses, il est agressif presque. *Ne force pas Hannah, tu es faible. Faible. Faible...* Tu sens que tu vas faire quelque chose de trop. L'Inconscience, après une courte trêve, est revenue, revigorée, sûrement grâce à l'âme volée d'une autre personne. Elle pose ses mains vicieuses sur on visage déchiré et t'incite, encore et encore, à lâcher des mots. Ton cerveau n'arrive plus à suivre, ton cœur s'accélère et tu craques. Merde...
- Mais qu'est-ce que vous avez tous, putain! Laissez-moi, merde! J'veux être seule. Mes blessures ne sont rien. Mais lâchez-moi. Je suis juste un Reflet. Un simple reflet.
Le flot de paroles a débouché bien trop vite une fois ta bouche entrouverte. Tu le savais. Tu retires brusquement ton bras des chaînes d'Aelle, qui t'ont brisé plus encore que la Solitude. Tu fais deux pas en arrière. Ton âme est un océan où les tempêtes sont rares, mais quand elles ont le malheur d'arriver, elle sont de véritables monstre des Mers assoiffés par la seule envie de se défouler sur de petits navires paisibles. *Serais-tu juste jalouse, Hardhoke?* C'est une chose qui ne t'avait jamais traversé l'esprit. Et pourtant tu y réfléchis maintenant, tu repasses en mode accéléré un film sans fin, un film lyrique, tragique même. Calme, puis tumultueux. Bienveillant, puis diabolique. Sage, puis révolté. Certaines scènes se bloquent et restent dans ta mémoire très longtemps, trop longtemps peut-être.
Tu recules à nouveau de quelques pas, détournant enfin ce regard, qui avait subitement perdu toute son intensité une fois que les Mots s'étaient évadés d'une prison buccale, s'ouvrant aussi rarement qu'Azkaban. Mais là, elle a hélas ouvert ses portes d'une manière bien inattendue, et les criminels sont sortis dans un vacarme tout à fait assourdissant, et déjà le mal est fait. Ils ont agressé, ils ont sauté au cou d'Elle. Elle qui t'avait protégé, du moins qui avait tenté. Elle qui avait clairement autre chose à foutre que d'essuyer ton sang sur son pull. Elle sur qui tu viens de hurler telle une furie. Mots, je vous hais. Je vous ai lu par trilliards, sous toutes les formes, en prose, en vers. Je vous ai bu avec confiance mais je vous vomis désormais, vomi qui se répand sur Elle. Tu n'ose pas l'enlever, il es invisible.
Tu cherches la sortie de cette situation malsaine. Vite, il faut que tu partes. Ta matière grise n'existe plus, ce n'est désormais plus qu'une forme étrange et inactive, qui dort jour et nui, à ton grand désespoir, car c'est le décès celle-ci, tu en est certaine, qui a causé tout ce Mal en toi, mal que tu répands sur ceux qui t'entourent. Tu jettes un dernier regard à Elle, avant de t'élancer le plus vite que tu peux dans le couloir. Tu espères de toutes tes forces que personne ne se lancera dans une course poursuite. Tu ne le veux pas. Tu fuis. Comme toujours. Pour toujours.
Peut-être était-ce mon dernier pas, chancelant, dans cette Danse. Je l'ai vécue avec beaucoup d'émotions, merci à vous, c'était formidable. C'était beau. Je ne trouve même plus les Mots pour décrire ce que j'ai pu ressentir, peut-être suis je en train de m'égarer. Peut-être que je me remettrai à Danser, cela dépend de la réaction de vos Protégés.
Très mal.
Ton sang l’écœure.
Tu espères secrètement qu'Elle va s'en occuper, te laisser libre, pour que tu puisses t'en aller, sortir de ce gouffre.
Tu es entrainée vers le fond, et à chaque fois que tu penses en avoir fini, c'est pour mieux replonger au plus profond des ténèbres, là où les Âmes brisées se rejoignent avant la Mort. Le feu qui brûle en toi n'est pas un feu sacré, ce sont les Flammes des Enfers, elle te brûlent la gorge, tu es condamnée à vivre des scènes plus absurdes les unes que les autres. Tu es une Autre. Ce mot résonne longuement dans ta cage.
"Pourquoi je serais différente des Autres, mon seul don c'est vouloir être différente des Autres"
Tu remarques aussi que tu n'es même pas capable de soutenir le regard d'Aelle. Tu es écrasée par un respect incompréhensible. Respect. Cela ne te plaît pas. Respect est comme Règlement, c'est l'ensemble des menottes qui te retiennent dans ce foutu château. Alors tu plonges tes yeux en amandes droits dans ceux d'Aelle. Ton regard est bien plus Noir et ténébreux que tu ne le penses, il est agressif presque. *Ne force pas Hannah, tu es faible. Faible. Faible...* Tu sens que tu vas faire quelque chose de trop. L'Inconscience, après une courte trêve, est revenue, revigorée, sûrement grâce à l'âme volée d'une autre personne. Elle pose ses mains vicieuses sur on visage déchiré et t'incite, encore et encore, à lâcher des mots. Ton cerveau n'arrive plus à suivre, ton cœur s'accélère et tu craques. Merde...
- Mais qu'est-ce que vous avez tous, putain! Laissez-moi, merde! J'veux être seule. Mes blessures ne sont rien. Mais lâchez-moi. Je suis juste un Reflet. Un simple reflet.
Le flot de paroles a débouché bien trop vite une fois ta bouche entrouverte. Tu le savais. Tu retires brusquement ton bras des chaînes d'Aelle, qui t'ont brisé plus encore que la Solitude. Tu fais deux pas en arrière. Ton âme est un océan où les tempêtes sont rares, mais quand elles ont le malheur d'arriver, elle sont de véritables monstre des Mers assoiffés par la seule envie de se défouler sur de petits navires paisibles. *Serais-tu juste jalouse, Hardhoke?* C'est une chose qui ne t'avait jamais traversé l'esprit. Et pourtant tu y réfléchis maintenant, tu repasses en mode accéléré un film sans fin, un film lyrique, tragique même. Calme, puis tumultueux. Bienveillant, puis diabolique. Sage, puis révolté. Certaines scènes se bloquent et restent dans ta mémoire très longtemps, trop longtemps peut-être.
Tu recules à nouveau de quelques pas, détournant enfin ce regard, qui avait subitement perdu toute son intensité une fois que les Mots s'étaient évadés d'une prison buccale, s'ouvrant aussi rarement qu'Azkaban. Mais là, elle a hélas ouvert ses portes d'une manière bien inattendue, et les criminels sont sortis dans un vacarme tout à fait assourdissant, et déjà le mal est fait. Ils ont agressé, ils ont sauté au cou d'Elle. Elle qui t'avait protégé, du moins qui avait tenté. Elle qui avait clairement autre chose à foutre que d'essuyer ton sang sur son pull. Elle sur qui tu viens de hurler telle une furie. Mots, je vous hais. Je vous ai lu par trilliards, sous toutes les formes, en prose, en vers. Je vous ai bu avec confiance mais je vous vomis désormais, vomi qui se répand sur Elle. Tu n'ose pas l'enlever, il es invisible.
Tu cherches la sortie de cette situation malsaine. Vite, il faut que tu partes. Ta matière grise n'existe plus, ce n'est désormais plus qu'une forme étrange et inactive, qui dort jour et nui, à ton grand désespoir, car c'est le décès celle-ci, tu en est certaine, qui a causé tout ce Mal en toi, mal que tu répands sur ceux qui t'entourent. Tu jettes un dernier regard à Elle, avant de t'élancer le plus vite que tu peux dans le couloir. Tu espères de toutes tes forces que personne ne se lancera dans une course poursuite. Tu ne le veux pas. Tu fuis. Comme toujours. Pour toujours.
Peut-être était-ce mon dernier pas, chancelant, dans cette Danse. Je l'ai vécue avec beaucoup d'émotions, merci à vous, c'était formidable. C'était beau. Je ne trouve même plus les Mots pour décrire ce que j'ai pu ressentir, peut-être suis je en train de m'égarer. Peut-être que je me remettrai à Danser, cela dépend de la réaction de vos Protégés.
Résurgence
Spirale
Blanc comme la douce neige d’hiver qui se dépose lentement sur le sol. Voilà ce qui pourrait décrire la couleur actuelle du visage d’Henry. Il était livide, blanc comme un linge, sa main était prise de tremblement incontrôlé, il avait eu grande peine à désigné son sac du bout des doigts. Il avait l’impression que le monde se rétrécissait à chaque battement de cœur. Les murs se rapprochent, et semblent danser devant ses yeux, sa vision est floue. Il lutte intérieurement pour effacer les images. Non, elle n’a pas de sang, ce n’est qu’une illusion de son esprit. Il essaye à grande bête de se contrôler, après avoir demandé à la Poufsouffle de lui prendre la pomme dans son sac, il se met à regarder le plafond.
Il l’observe, la moindre fissure, si infime soit-elle, la moindre aspérité, il focalise son esprit là-dessus. Il a besoin d’envoyer son esprit ailleurs, de déconnecter son regard, de penser à autre chose, de remplacer les souvenirs. Oui, il en a besoin, sans quoi il ne sait pas ce qui se produira. Et en toute franchise, il n’avait aucune envie de le savoir. Parce que le savoir dans le cas présent était l’Ennemi, le serpent qui se faufile dans votre cou et vous mord l’échine. L’ignorance est la meilleure des défenses dans ce genre de situation, alors il allait fixer le plafond. Au moins le temps d’être suffisamment calme pour se rendre à l’infirmerie. Il fallait respirer calmement… Inspirer… Expirer… Il essayait d’oublier la jeune fille, tant mieux elle ne parlait pas, c’était plutôt pratique. Il fallait oublier cette tache de sang. Sans quoi ses tremblements qu’il sentait à peine s’apaiser reprendraient de plus belle, et pas sûre qu’il parvienne à décrocher le regard et qu’il ne fasse pas un malaise. Sa respiration était toujours difficile, il devait prendre de grande bouffé d’air, il ferma les yeux quelques instants pour calmer son esprit qui s’agitait.
Ses yeux sont cependant attirés vers le bas par un mouvement, Aelle semble chercher quelque chose dans son sac, normalement il devrait y avoir une pomme, il avait besoin de manger quelque chose pour reprendre des couleurs. Les pommes étaient son fruit préféré. Il espérait qu’en mangeant cela calmerait d’une part sa faim, il n’avait pas avaler grande chose depuis hier et sa crise d’angoisse. C’était la première qu’il faisait, les sensations étaient étranges. Il ne voulait plus jamais en faire tant la sensation d’étouffement, de strangulation est forte. Mais il savait que dès qu’il verrait à nouveau du sang, il serait pris d’une crise d’angoisse, peut être encore plus fort. Plus violente que celle qui l’assaillait actuellement. Son regard fixait la jeune fille qui continuait de chercher, parmi les livres, les affaires diverses, le pot d’encre soigneusement fermé. Elle finit par en extirper la pomme, Henry regardait ce fruit avec avidité, attendant qu’elle le lui tende afin de soulager sa crise d’angoisse. Mais elle ne semble pas décider à lui laisser, elle est stupide, ce n’est pas possible autrement… Pourquoi l’à t-elle garder… Henry ne comprend pas, il est hagard, il pensait que cela allait le soulager, alors il se jette sur sa main, et la récupère… Il a besoin de croquer dans quelque chose.
Il la prend dans ses mains, l’observe quelques instants et finit par croquer dedans, avec avidité. Elle est particulièrement mure, le bout de pomme fond dans sa bouche. Un léger gout acide réveille petit à petit ses sens, il ne fait plus attention aux deux autres concentrés sur son maigre repas, il est toujours blanc, mais la sensation d’étouffement s’estompe au fil des bouchées. Il sent un peu de jus couler au coin des lèvres et l’essuie d’un revers de manche. Il n’y a pas à dire, selon Henry les pommes sont l’une des meilleures inventions présentes sur terre, avec le rugby et le Quidditch. Aelle semble perdue, surement dans ses pensées. Surement ignorait-elle comment faire dans ce genre de situation ?
Finalement, elle finit par se reprendre, et sans qu’il puisse rien dire elle attache la cape du jeune blond sur ses épaules. Elle ne semble pas vouloir discuter, ses gestes sont fermes et assurés. Mais Henry n’a pas besoin qu’on le couve, il sait ce qu’il a à faire. Son visage reprend quelques timides, et tandis qu’il termine sa pomme ses tremblements se sont apaisés. Il se sent comme soulagé, de plus Aelle a fait en sorte de se placer de telle façon qu’il ne peut pas voir la Serdaigle qui continue de saigner. Il l’en remercie intérieurement.
Elle l’aide à se relever, il est légèrement surpris, elle a suffisamment de force dans les bras pour lever Henry. Il ne s’en plaint aucunement, il n’aurait sans doute pas eu assez de force pour le faire lui-même. Elle s’aide du mur sur lequel il est adossé, cela doit expliquer la relative aisance qu’elle a e eu. Ses jambes tremblent un peu, sans pour autant le déséquilibrer, juste indisposé.
« Y’a plus de sang. Tu s’ras mieux ailleurs qu’ici. Va à l’infirmerie, ramène q-quelqu’un. »
Elle le secoua assez fortement, suffisamment pour qu’il reprît conscience de son environnement, et de l’image qu’il donnait. Une loque qui tenait difficilement sur les jambes… Ça fait mal de le dire, mais aucun autre mot ne lui vint à l’esprit. Il faisait pitié, maintenant qu’il avait suffisamment de force pour tenir debout et même s’il devait rampé, il devait absolument s’éloigner. Mais ce serait mal de ne pas remercier la jeune fille qui l’avait aidée cela semblait vaguement être à contrecœur, mais elle l’avait tout de même aidée. Et elle lui avait demandé de ramener quelqu’un, surement pour la jeune fille, il devait retenir le chemin d’ici à l’infirmerie, sans quoi il serait bien incapable de les aider. Il avait de la peine pour la jeune fille, saigner de l’arcade devait être extrêmement douloureux. En parlant d’elle, elle semblait parlée fort et finit par s’enfuir. Henry aurait bien eu envie de la rattraper pour l’aidé, son empathie naturelle prenant le dessus, mais il n’avait pas les forces de courir, seulement celle pour marcher. Il hésita quelques instants et pour ne pas gâcher son énergie se contenta en regardant Aelle d’un simple :
— Merci beaucoup… A… Aelle
Il tenta cependant de faire passer le reste de la gratitude qu’il éprouvait pour elle à travers son regard, parait-il qu’il en disait toujours beaucoup. Il se dégagea lentement attrapa son sac qu’il tenait d’une main, l’autre s’agrippait au mur. Son visage et son corps avait reprit un peu de vigueur, il demeurait cependant très affaibli. Son visage avait reprit quelques couleurs de façon éparse, et ses jambes tremblaient encore par moment. Lentement, il s’éloigna en direction de ce qu’il pensait être les escaliers. Il chancelait parfois se rattrapant sur le mur, il avait dans un sursaut de conscience à destination de sa camarade, laissez le livre là, les deux pages déchirées bien visible. Il se dirigeait de façon plutôt sure vers l'infirmerie pour se remettre de cette éprouvante rencontre et d'avertir l'infirmier au sujet de Miss-Arcade-en-Sang.
Et c'est une Fin de RP pour moi, à moins que vos protégés n'en décide autrement, que dire sur ce RP hormis l'intensité de celui-ci et l'immense plaisir que j'ai pris à écrire à vos côtés. Chose que je serais ravis de refaire. Un rp mémorable pour moi en tout point de vue. Au plaisir d'entrelacer nos trois plumes dans un futur plus ou moins proche. Henry
2e année RP/ Code coleur : #3d85c6
Il l’observe, la moindre fissure, si infime soit-elle, la moindre aspérité, il focalise son esprit là-dessus. Il a besoin d’envoyer son esprit ailleurs, de déconnecter son regard, de penser à autre chose, de remplacer les souvenirs. Oui, il en a besoin, sans quoi il ne sait pas ce qui se produira. Et en toute franchise, il n’avait aucune envie de le savoir. Parce que le savoir dans le cas présent était l’Ennemi, le serpent qui se faufile dans votre cou et vous mord l’échine. L’ignorance est la meilleure des défenses dans ce genre de situation, alors il allait fixer le plafond. Au moins le temps d’être suffisamment calme pour se rendre à l’infirmerie. Il fallait respirer calmement… Inspirer… Expirer… Il essayait d’oublier la jeune fille, tant mieux elle ne parlait pas, c’était plutôt pratique. Il fallait oublier cette tache de sang. Sans quoi ses tremblements qu’il sentait à peine s’apaiser reprendraient de plus belle, et pas sûre qu’il parvienne à décrocher le regard et qu’il ne fasse pas un malaise. Sa respiration était toujours difficile, il devait prendre de grande bouffé d’air, il ferma les yeux quelques instants pour calmer son esprit qui s’agitait.
Ses yeux sont cependant attirés vers le bas par un mouvement, Aelle semble chercher quelque chose dans son sac, normalement il devrait y avoir une pomme, il avait besoin de manger quelque chose pour reprendre des couleurs. Les pommes étaient son fruit préféré. Il espérait qu’en mangeant cela calmerait d’une part sa faim, il n’avait pas avaler grande chose depuis hier et sa crise d’angoisse. C’était la première qu’il faisait, les sensations étaient étranges. Il ne voulait plus jamais en faire tant la sensation d’étouffement, de strangulation est forte. Mais il savait que dès qu’il verrait à nouveau du sang, il serait pris d’une crise d’angoisse, peut être encore plus fort. Plus violente que celle qui l’assaillait actuellement. Son regard fixait la jeune fille qui continuait de chercher, parmi les livres, les affaires diverses, le pot d’encre soigneusement fermé. Elle finit par en extirper la pomme, Henry regardait ce fruit avec avidité, attendant qu’elle le lui tende afin de soulager sa crise d’angoisse. Mais elle ne semble pas décider à lui laisser, elle est stupide, ce n’est pas possible autrement… Pourquoi l’à t-elle garder… Henry ne comprend pas, il est hagard, il pensait que cela allait le soulager, alors il se jette sur sa main, et la récupère… Il a besoin de croquer dans quelque chose.
Il la prend dans ses mains, l’observe quelques instants et finit par croquer dedans, avec avidité. Elle est particulièrement mure, le bout de pomme fond dans sa bouche. Un léger gout acide réveille petit à petit ses sens, il ne fait plus attention aux deux autres concentrés sur son maigre repas, il est toujours blanc, mais la sensation d’étouffement s’estompe au fil des bouchées. Il sent un peu de jus couler au coin des lèvres et l’essuie d’un revers de manche. Il n’y a pas à dire, selon Henry les pommes sont l’une des meilleures inventions présentes sur terre, avec le rugby et le Quidditch. Aelle semble perdue, surement dans ses pensées. Surement ignorait-elle comment faire dans ce genre de situation ?
Finalement, elle finit par se reprendre, et sans qu’il puisse rien dire elle attache la cape du jeune blond sur ses épaules. Elle ne semble pas vouloir discuter, ses gestes sont fermes et assurés. Mais Henry n’a pas besoin qu’on le couve, il sait ce qu’il a à faire. Son visage reprend quelques timides, et tandis qu’il termine sa pomme ses tremblements se sont apaisés. Il se sent comme soulagé, de plus Aelle a fait en sorte de se placer de telle façon qu’il ne peut pas voir la Serdaigle qui continue de saigner. Il l’en remercie intérieurement.
Elle l’aide à se relever, il est légèrement surpris, elle a suffisamment de force dans les bras pour lever Henry. Il ne s’en plaint aucunement, il n’aurait sans doute pas eu assez de force pour le faire lui-même. Elle s’aide du mur sur lequel il est adossé, cela doit expliquer la relative aisance qu’elle a e eu. Ses jambes tremblent un peu, sans pour autant le déséquilibrer, juste indisposé.
« Y’a plus de sang. Tu s’ras mieux ailleurs qu’ici. Va à l’infirmerie, ramène q-quelqu’un. »
Elle le secoua assez fortement, suffisamment pour qu’il reprît conscience de son environnement, et de l’image qu’il donnait. Une loque qui tenait difficilement sur les jambes… Ça fait mal de le dire, mais aucun autre mot ne lui vint à l’esprit. Il faisait pitié, maintenant qu’il avait suffisamment de force pour tenir debout et même s’il devait rampé, il devait absolument s’éloigner. Mais ce serait mal de ne pas remercier la jeune fille qui l’avait aidée cela semblait vaguement être à contrecœur, mais elle l’avait tout de même aidée. Et elle lui avait demandé de ramener quelqu’un, surement pour la jeune fille, il devait retenir le chemin d’ici à l’infirmerie, sans quoi il serait bien incapable de les aider. Il avait de la peine pour la jeune fille, saigner de l’arcade devait être extrêmement douloureux. En parlant d’elle, elle semblait parlée fort et finit par s’enfuir. Henry aurait bien eu envie de la rattraper pour l’aidé, son empathie naturelle prenant le dessus, mais il n’avait pas les forces de courir, seulement celle pour marcher. Il hésita quelques instants et pour ne pas gâcher son énergie se contenta en regardant Aelle d’un simple :
— Merci beaucoup… A… Aelle
Il tenta cependant de faire passer le reste de la gratitude qu’il éprouvait pour elle à travers son regard, parait-il qu’il en disait toujours beaucoup. Il se dégagea lentement attrapa son sac qu’il tenait d’une main, l’autre s’agrippait au mur. Son visage et son corps avait reprit un peu de vigueur, il demeurait cependant très affaibli. Son visage avait reprit quelques couleurs de façon éparse, et ses jambes tremblaient encore par moment. Lentement, il s’éloigna en direction de ce qu’il pensait être les escaliers. Il chancelait parfois se rattrapant sur le mur, il avait dans un sursaut de conscience à destination de sa camarade, laissez le livre là, les deux pages déchirées bien visible. Il se dirigeait de façon plutôt sure vers l'infirmerie pour se remettre de cette éprouvante rencontre et d'avertir l'infirmier au sujet de Miss-Arcade-en-Sang.
Et c'est une Fin de RP pour moi, à moins que vos protégés n'en décide autrement, que dire sur ce RP hormis l'intensité de celui-ci et l'immense plaisir que j'ai pris à écrire à vos côtés. Chose que je serais ravis de refaire. Un rp mémorable pour moi en tout point de vue. Au plaisir d'entrelacer nos trois plumes dans un futur plus ou moins proche. Henry
2e année RP/ Code coleur : #3d85c6
Spirale
« Mais qu'est-ce que vous avez tous, putain ! » Le cri me surprend. Sans pour autant lâcher le blond, je me contorsionne pour regarder l’Autre, là-bas. La blessée s’agite, la blessée s’énerve. *J’ai fait quoi ?* me demandé-je vaguement. Qu’ai-je fait pour qu’elle envoie ces mots dans le monde ? « Laissez-moi, merde ! J'veux être seule. » *Oh*. « Mes blessures ne sont rien. Mais lâchez-moi. Je suis juste un Reflet. Un simple reflet. »
Mon emprise sur le garçon se fait moins forte. Mes pensées s’affolent. Elle se redresse, éloigne mon pull plein de sang et ma cape, laisse tomber le tout sur le sol. Mais je n’en ai rien à faire de mes affaires. Mon regard est attiré par cette fille qui, malgré toute sa faiblesse, malgré le sang qui s’écoule sur son visage, se redresse pour s’en aller. *J’comprends*. Ouais, putain. Je comprends qu’elle n’ait pas envie que je l’aide, je comprends qu’elle préfère se débrouiller toute seule. Et tout à coup, tout à coup je me sens bête. Complètement conne d’avoir essayer de… De l’aider *j’étais obligée* alors qu’elle n’en avait pas besoin. C’est comme si j’étais une Autre. Quand les Autres veulent m’aider, je les repousse toujours. Comme ce foutu blond qui est toujours contre moi. Je les repousse parce que je ne veux pas d’eux, je n’ai pas besoin d’eux, bordel.
Et pour la première fois, la toute première fois, je me retrouve à leur place.
Moi à vouloir aider, moi que l’on repousse.
Et je me sens minable.
Est-ce ce que ressentent les Autres lorsque je refuse leur aide ? Se sentent-ils minables, eux aussi ? *Non*, me rassuré-je. Non, ils ne sont pas minables, seulement en colère, blessés dans leur foutue fierté. Il n’y a que moi pour ressentir tout cela. Je n’aurais pas dû l’aider, cette abrutie de Serdaigle. J’aurais dû m’abstenir. Je la regarde disparaître à l’angle du couloir, le coeur étrangement blessé, la gorge nouée.
Un soupir aux lèvres, j’en reviens au blond. Je rencontre son regard bleu. Il me regarde simplement. Je crois qu’il va mieux, désormais. Il est toujours aussi pâle, mais je le sens plus ferme sur ses jambes. Et quelque chose dans ce foutu regard qu’il pose sur moi me dit qu’il a récupéré de sa verve. Il est temps de m’éloigner et me barrer avant qu’il ne se décide à me prendre la tête avec le meurtre de mon livre ; je n’ai pas oublié sa détermination à rester près de moi de tout à l’heure. C’est lui qui l’a dit : « Je n'ai pas l’intention de partir pour le moment. ». Putain de gamin. Qu’il aille paniquer ailleurs — s’il va mieux, je n’ai aucune intention de rester près de lui plus longtemps.
Sa voix me surprend avant que je ne puisse m’éloigner. Il me remercie. Il ose utiliser mon prénom et me remercier. Comme si j’avais… Comme si je voulais… Je n’ai pas choisi de l’aider, merde. C’était une obligation ! Qu’il me remercie, c’est comme si j’avais choisi de le faire, mais ce n’est pas cela du tout. Il se dégage de mon emprise et je m’éloigne de quelques pas.
« J’ai r-r-rien fait, » marmonné-je malgré moi. De dire ces mots me rassure. Tout à coup, je me sens mieux.
Il s’enfuit comme la Serdaigle. Sans un regard, sans fioriture. Il se barre et moi, je reste là. Les bras ballants, l’esprit vide. Qu’est-ce que je fous là, putain ? Je me passe une main sur le visage et regarde autour de moi. L’on pourrait croire que rien ne s’est passé. S’il n’y avait pas ma cape et mon pull, abandonnés sur le sol. Et ce livre… *Quoi ?*. Je me penche pour le ramasser. Un livre auquel il manque deux pages. Un coup d’oeil en direction du titre me fait grimacer : c’est bien ce que je pensais, cet idiot blond a oublié de récupérer sa merde. Désormais agacée, je ramasse mon sac, y fourre le livre et me dirige vers mes vêtements abandonnés au sol. J’enfile ma cape et regarde le pull, misérable. Il est foutu. Ou peut-être pas ; de toute façon, je m’en fous.
*Thalia* appelle soudainement mon esprit. Mon coeur sursaute.
Thalia qui est dans le couloir d’à côté. Thalia que je vais bientôt pouvoir retrouver. Un autre souvenir, fugace, me fait grimacer : Thalia qui n’aime pas le sang, Thalia qui vrillera si elle voit mon pull. *Et mes doigts…*. J’observe mes mains : dans ma paume et sur l’index, quelques traces rouges pâles. Je ne les avais pas remarqué avant.
« Chi-chier… » bafouillé-je, le coeur serré.
Je ferme les yeux pour empêcher les larmes de couler. Foutues larmes ! Toujours là quand on ne les attend pas. Et elles forcent sur mes yeux, et elles appuient sur mon crâne. *Ç’fait mal, ‘tain…*. Et je ne peux même pas aller retrouver Thalia, pas avec les mains barbouillées de sang. Je renifle en me redressant. Putain d’Autres. Je les ai toujours haïs, mais aujourd’hui… Aujourd’hui rien du tout. Je me sens vide, je me sens dépassée. Dans mon coeur règne bien trop d’émotions. J’en ai marre, je suis lasse, je suis fatiguée, je suis percluse de douleurs. J’ai envie de m’enfoncer sous ma couverture et de ne plus jamais en ressortir. Alors, lentement, serrant mon pull entre mes doigts, je prends la direction de la Salle Commune, essayant de toutes mes forces de retenir mes larmes qui ne demandent qu’à couler.
Et toujours cette impression. Cette impression persistante.
Celle qui me susurre inlassablement : *j’suis trop bête*, *inutile*, *débile*.
Merci, jolies Plumes. C'était un plaisir de pouvoir Danser avec vous. Peut-être nos Protégés se retrouveront-ils ? Je l'espère.
A bientôt.
Mon emprise sur le garçon se fait moins forte. Mes pensées s’affolent. Elle se redresse, éloigne mon pull plein de sang et ma cape, laisse tomber le tout sur le sol. Mais je n’en ai rien à faire de mes affaires. Mon regard est attiré par cette fille qui, malgré toute sa faiblesse, malgré le sang qui s’écoule sur son visage, se redresse pour s’en aller. *J’comprends*. Ouais, putain. Je comprends qu’elle n’ait pas envie que je l’aide, je comprends qu’elle préfère se débrouiller toute seule. Et tout à coup, tout à coup je me sens bête. Complètement conne d’avoir essayer de… De l’aider *j’étais obligée* alors qu’elle n’en avait pas besoin. C’est comme si j’étais une Autre. Quand les Autres veulent m’aider, je les repousse toujours. Comme ce foutu blond qui est toujours contre moi. Je les repousse parce que je ne veux pas d’eux, je n’ai pas besoin d’eux, bordel.
Et pour la première fois, la toute première fois, je me retrouve à leur place.
Moi à vouloir aider, moi que l’on repousse.
Et je me sens minable.
Est-ce ce que ressentent les Autres lorsque je refuse leur aide ? Se sentent-ils minables, eux aussi ? *Non*, me rassuré-je. Non, ils ne sont pas minables, seulement en colère, blessés dans leur foutue fierté. Il n’y a que moi pour ressentir tout cela. Je n’aurais pas dû l’aider, cette abrutie de Serdaigle. J’aurais dû m’abstenir. Je la regarde disparaître à l’angle du couloir, le coeur étrangement blessé, la gorge nouée.
Un soupir aux lèvres, j’en reviens au blond. Je rencontre son regard bleu. Il me regarde simplement. Je crois qu’il va mieux, désormais. Il est toujours aussi pâle, mais je le sens plus ferme sur ses jambes. Et quelque chose dans ce foutu regard qu’il pose sur moi me dit qu’il a récupéré de sa verve. Il est temps de m’éloigner et me barrer avant qu’il ne se décide à me prendre la tête avec le meurtre de mon livre ; je n’ai pas oublié sa détermination à rester près de moi de tout à l’heure. C’est lui qui l’a dit : « Je n'ai pas l’intention de partir pour le moment. ». Putain de gamin. Qu’il aille paniquer ailleurs — s’il va mieux, je n’ai aucune intention de rester près de lui plus longtemps.
Sa voix me surprend avant que je ne puisse m’éloigner. Il me remercie. Il ose utiliser mon prénom et me remercier. Comme si j’avais… Comme si je voulais… Je n’ai pas choisi de l’aider, merde. C’était une obligation ! Qu’il me remercie, c’est comme si j’avais choisi de le faire, mais ce n’est pas cela du tout. Il se dégage de mon emprise et je m’éloigne de quelques pas.
« J’ai r-r-rien fait, » marmonné-je malgré moi. De dire ces mots me rassure. Tout à coup, je me sens mieux.
Il s’enfuit comme la Serdaigle. Sans un regard, sans fioriture. Il se barre et moi, je reste là. Les bras ballants, l’esprit vide. Qu’est-ce que je fous là, putain ? Je me passe une main sur le visage et regarde autour de moi. L’on pourrait croire que rien ne s’est passé. S’il n’y avait pas ma cape et mon pull, abandonnés sur le sol. Et ce livre… *Quoi ?*. Je me penche pour le ramasser. Un livre auquel il manque deux pages. Un coup d’oeil en direction du titre me fait grimacer : c’est bien ce que je pensais, cet idiot blond a oublié de récupérer sa merde. Désormais agacée, je ramasse mon sac, y fourre le livre et me dirige vers mes vêtements abandonnés au sol. J’enfile ma cape et regarde le pull, misérable. Il est foutu. Ou peut-être pas ; de toute façon, je m’en fous.
*Thalia* appelle soudainement mon esprit. Mon coeur sursaute.
Thalia qui est dans le couloir d’à côté. Thalia que je vais bientôt pouvoir retrouver. Un autre souvenir, fugace, me fait grimacer : Thalia qui n’aime pas le sang, Thalia qui vrillera si elle voit mon pull. *Et mes doigts…*. J’observe mes mains : dans ma paume et sur l’index, quelques traces rouges pâles. Je ne les avais pas remarqué avant.
« Chi-chier… » bafouillé-je, le coeur serré.
Je ferme les yeux pour empêcher les larmes de couler. Foutues larmes ! Toujours là quand on ne les attend pas. Et elles forcent sur mes yeux, et elles appuient sur mon crâne. *Ç’fait mal, ‘tain…*. Et je ne peux même pas aller retrouver Thalia, pas avec les mains barbouillées de sang. Je renifle en me redressant. Putain d’Autres. Je les ai toujours haïs, mais aujourd’hui… Aujourd’hui rien du tout. Je me sens vide, je me sens dépassée. Dans mon coeur règne bien trop d’émotions. J’en ai marre, je suis lasse, je suis fatiguée, je suis percluse de douleurs. J’ai envie de m’enfoncer sous ma couverture et de ne plus jamais en ressortir. Alors, lentement, serrant mon pull entre mes doigts, je prends la direction de la Salle Commune, essayant de toutes mes forces de retenir mes larmes qui ne demandent qu’à couler.
Et toujours cette impression. Cette impression persistante.
Celle qui me susurre inlassablement : *j’suis trop bête*, *inutile*, *débile*.
- Fin -
Merci, jolies Plumes. C'était un plaisir de pouvoir Danser avec vous. Peut-être nos Protégés se retrouveront-ils ? Je l'espère.
A bientôt.