Les Ombres de la Lune privé

Musique de l'Infini.
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L'Ange de la Nuit avait commencé une amorce de réponse, qui s'était évanouie dans l'air léger de cette nuit.
La froideur piquante des étoiles emplissait ses poumons, tandis qu'elle gardait ses yeux accrochés aux étoiles.
En fermant les yeux (ou en les gardant grands ouverts, si ouverts qu'elle n'y verrait plus) elle pourrait presque se croire en Irlande.
La grande ourse, immense, tendait sa patte lactée vers sa tête, Cassiopée languissait sur son trône.
Elle aimait bien les regarder ainsi, lointaine mais plus proches d'elles que n'importe qui.

Elle tourna la tête pour fixer à nouveau l'Ange, pendant une fraction de seconde, avant de se retourner vers les Lumineuses.
La Lune se cachait à nouveau, mais les nuages éphémères couleur anthracite filaient à présent, portés par la brise nocturne.
Elle laissa le vent s'enrouler dans ses cheveux, sans essayer de les recoiffer derrière ses oreilles.

Hein, les étoiles, qu'est-ce que vous en avez à faire qu'une gamine soit mal ou bien peignée?
Vous, ce qui vous importe, c'est de pouvoir Contempler de là où vous êtes, non?
De bien vous imprégner du triste spectacle des Hommes qui tentent de vous rendre esclaves de leurs calculs. Est-ce que vous en avez marre que votre période de révolution soit toujours la même? D'être aussi prévisible pour les Sans-Âmes? Tous ces microscopiques humains qui se plaisent à vous conquérir, à vous enfermer dans des livres, à vous caractériser par des tonnes de chiffres qui vous alourdissent?
Vous étiez inatteignable, et cela a frustré les hommes.
*Ainsi Sois Je, Ainsi Soit Il.*
Elle était une Gamine passionnée par vous, essayant de vous rendre une parcelle de liberté avec toutes ses questions muettes. Cela ne servait pas à grand-chose, hein?
Mais, peut-être qu'avec beaucoup de pas grand-chose, on pourrait tout de même faire changer une nuit?

"Les étoiles mortes brillent plus fort" lâcha l'Ange dans un souffle.

Un sourire fleurit sur ses lèvres, sans qu'elle put l'arrêter.
Pour une fois, sous ce ciel, avec l'Ange, elle n'aurait pas voulu qu'il s'arrête.
Les étoiles mortes brillent plus fort.
Une certitude, une belle vérité.
Elle aurait voulu que le silence se souvienne à jamais de ces derniers mots, que pas un souffle ne se rajoute sur ces mots puissants.
Mais l'Ange n'avait pas fini de Raconter.

"Les étoiles sont fortes. Il me semble qu'elles transforment leur douleur en carburant. Elles en brillent de plus en plus avant de succomber à l'explosion et de redevenir poussières qui à leur tour seront étoiles. Par ailleurs, je ne suis pas vraiment d'accord avec toi.. je.. les adultes grandissent pas. Ils deviennent juste sourds. Sourds aux Ciel et au monde. Grandir c'est poursuivre sa quête et trouver la constellation à laquelle on appartient. Et les étoiles, quand elles grandissent, elles ont une famille t'sais. Elles veillent chacune sur leur propre système stellaire."

Elle se redressa légèrement, penchant la tête en faisant la moue.
Les adultes, devenir Sourds? Peut-être bien.
Mais pour elle, plus on avait la tête proche du ciel, plus on était susceptible de devenir crétin.
Ou alors, c'est parce qu'on entendait tellement de bruits plus importants qu'on en oubliait les premiers?

Pivotant doucement la tête, elle allait reprendre lorsqu'elle remarqua l'Ange recroquevillé sur elle-même, et les mots tracés dans la terre.

T U
E S
L'I N F I N I

Le souffle lui manqua pendant un instant, et elle se sentit ridiculement petite.
Elle avait gagné le surnom d'Infini, mais l'Infini qu'elle ressentait au fond de son cœur était d'un vide sidérant, qui l'engloutissait toute entière. *Trou Noir.*

"J'préfère les étoiles Solitaires" murmura-t-elle du bout des lèvres, trop soucieuse de ne pas tout ruiner.

Puis, prenant subitement conscience qu'il ne devait pas y avoir beaucoup d'étoiles solitaires ou rattachées à une Constellation *autre moyen pour les hommes de les assujettir... Merlin, qu'est-ce qu'on est cons.*, elle reprit :

"Ou les étoiles filantes. Celles qui se détachent des calculs des Hommes et qui leur montrent qu'elles ont aussi une part d'Imprévisible. Peut-être que les adultes deviennent Sourds, j'préfère dire qu'ils Grandissent. Mais ils deviennent si vulnérables en grandissant, qu'ils en oublient le plus important..."

Un léger souffle s'échappa de ses lèvres entrouvertes.

"Toutes les étoiles sont au fond des grandes solitaires qu'ils ont entourées de liens pour faire des dessins dans les airs."

Un long frémissement remonta le long de son dos, faisant s'entrechoquer brièvement ses lèvres.

"Tu...Dis, l'Ange, tu penses qu'elles sont captives de notre Rationalité?"

Fait qu'elle se refusait à énoncer à voix haute depuis bien longtemps. Cela n'avait été qu'un chuchotement parmi tous les autres, mais elle se refusait bien de le prononcer plus fort.
Imitant l'Ange, elle traça à son tour des courbes humides dans la terre.

TU
ES
L'INFINI
MAIS, CAPTIF
ÇA NE SERT À
RIEN.


Puis ses yeux pivotèrent à nouveau vers le Ciel, Grandiose, simplement.

Belle Plume, mes mots sont pour toi ce matin.
J'espère qu'ils te plairont. J'aime cette discussion douce sous les étoiles.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

Les Ombres de la Lune privé
With shortness of breath, you explained the infinite


Le visage toujours enfouit dans ses bras, l'enfant pressait l'une contre l'autre ses paupières d'une fermeté telle que des taches blanches vinrent consteller sa vision. Les formes se mouvaient lentement, suivant chacune une trajectoire distincte. D'abord jalouse de ne pas avoir été informée des règles de ce bal et d'en être maintenue exclue, elle se trouva rapidement ridicule.
*elles sont pas là les étoiles, elles sont là-haut*
Joignant le geste à la pensée, elle décrispa ses membres avec douceur, détendit ses doigts, passa une main dans ses cheveux pour coincer derrière son oreille une mèche flamboyante et tourna la tête en direction de l'Autre. La Gamine prit le temps de laisser courir son regard le long du profil de sa partenaire. L'idée qu'elle n'était pas réelle, mais juste une illusion amenée sur Terre par les Lumineuses lui traversa l'esprit. A mesure qu'elle y réfléchissait, l'hypothèse se consolidait de manière que la rousse dut lancer une œillade discrète à travers le brouillard épais du néant, comme pour s'assurer que personne ne l'avait entendue s'il s'avérait que c'était seule qu'elle conversait depuis le départ. Il faut dire que les circonstances abondaient dans son sens. L'Enfant-Infini créait la lumière, parlait aux étoiles et semblait saisir la profondeur de l'univers. Si ce dernier pouvait s'enrouler sur lui-même pour venir se réfugier dans la poche d'un être, ce serait sans aucun doute la sienne. Quelle taille mesurerait réellement le vertigineux dôme du monde si les secrets de chacune de ses étoiles étaient cousus si proches que les nuages eux-mêmes ne parviendraient à étendre leurs arabesques cotonneuses de l'autre côté de leur frontière ? Il serait sûrement capable d'adopter la silhouette d'une paume. La brune pourrait alors du bout de ses doigts l'effleurer entre les plis du tissu, prêter une oreille neutre de jugements à ses tragédies millénaires et déposer sur la surface de ses iris toute l'euphorie et toute la tristesse.

Le silence s'étirait au même rythme que les secondes. Il bourdonnait si fort, si consistant, que la Gamine s'en vint à douter d'avoir parlé quelques minutes plus tôt. Elle ne se rappelait déjà plus du ton de sa voix, ni de l'entièreté de son discours, seuls persistaient comme indices la moue discrète de sa voisine et la lueur pensive dans son regard. Signes qu'elles ne s'entendaient pas parfaitement sur ce qui venait d'être dit. Une poignée de secondes s'ajouta au sablier du silence. L'Enfant-Infini avoua enfin préférer les étoiles solitaires. Cette idée parut étrange à la Serdaigle.
*ça existe les étoiles solitaires ? j'en ai jamais rencontré*
Intéressée par ce qu'avait à en dire sa partenaire, l'Ange tendit une oreille attentive à ses mots. Merlin, il était vrai que les étoiles filantes étaient belles ! Elle n'avait pas tort après tout, peut-être bien que la seule raison pour laquelle ces êtres fascinaient tant les Hommes venait de leur nature imprévisible, hors calculs et statistiques.

La brune posa une question à la Gamine. Captives de notre Rationalité ? Les étoiles ? L'idée ne semblait pas entièrement absurde, après tout, le concept de constellation comme celui de système sortait tout droit du cerveau d'un homme mal à l'aise avec le fait de ne pas réfléchir logiquement chaque aspect de la vie. Peut-être bien que l'on appliquait notre propre mode de vie aux autres, sans chercher à accepter l'inconfort de l'inconnu. Cela n'aurait pas été la première fois. Une profonde tristesse drapa alors de son voile glacé le cœur de la rousse, une tristesse qui semblait venue du premier homme lui-même et qui se serait transmise de génération en génération pour parvenir jusqu'à elle ce soir. Ironie du hasard ? La rousse n'osa pas lever ses yeux vers le ciel, mais préféra fixer la boue à ses pieds où sa voisine plongea son doigt jusqu'à la première phalange pour ajouter des mots à son message.

TU
ES
L'INFINI
MAIS, CAPTIF
ÇA NE SERT À
RIEN.

*elle a raison* Soupir.
Pour la première fois de cette soirée, elle n'avait rien à ajouter. Ce n'était pas son rôle de démêler les fils de cette énigme, pas encore. Demain, peut-être, elle se pencherait sur la question. Elle se repasserait en boucle cette conversation. Elle songerait aux étoiles et essaierait de mieux les comprendre. D'être une meilleure personne. Mais pour l'instant, l'aube était encore loin et le silence avait des histoires à conter. Alors la rousse posa prudemment sa main sur celle de sa partenaire, frissonna à son contact, comme surprise de sa réalité.
*on les libérera, c'est un serment*

Je clos enfin ce RP, après de longues années à sillonner les rives du grand lac. Puisse ce Pas te parvenir un jour Plume. Merci pour tes mots <3

Ne pas mentionner d’année Rp.
Edmund n'est pas un elfe libre