L'Ombre du Brouillard
"Et j'suis partie d' partout
J'me suis perdue tout le temps
Arrivée j'sais pas où
J'sais pas pourquoi ni comment
Pourquoi ? Comment ?"
______________________________
ღ
J'me suis perdue tout le temps
Arrivée j'sais pas où
J'sais pas pourquoi ni comment
Pourquoi ? Comment ?"
______________________________
ღ
Finalement, elle n'avait plus peur.
La Peur n'avait pas sa place en cette matinée embrumée, où les particules vaporeuses s'enroulaient autour des branches pas encore trop dégarnies. Non, la Peur n'avait pas raison d'Être.
Elle n'était pas de ces gamins terrifiés par l'ombre d'un rayon de soleil derrière les nuages. Elle aimait cette lourdeur cotonneuse qui pesait un peu sur sa poitrine, l'eau qui s'infiltrait en elle comme un parfum étrange et familier à la fois, le contact humide et râpeux du tronc contre ses paumes, le vent parfois invisible qui déplaçait les millions de gouttelettes flottant dans l'atmosphère.
Elle aimait cette utilisation douce de la magie, apaisante et discrète comme un murmure, semblant si Juste dans ce cadre de fumée. Elle aimait discuter avec cette Ombre, cette fille, cette fraction de brouillard.
Et dire que cette rencontre est dépendante de ce mystère, de cette aura nébuleuse qui les enveloppe. Elle, et la Fille du Brouillard, l'Ombre. Mais cette Ombre est si lumineuse qu'elle ne peut pas garder ce seul surnom. Ombre, c'était joli, comme prénom. Mais ce ne serait pas vrai, et en cette matinée où tout semble se colorier comme si l'on regardait dans un kaléidoscope, elle cherchait à toucher la vérité.
Toucher était peut-être un peu prétentieux. *Effleurer, alors.*
C'était cela. Elle cherchait uniquement à effleurer la vérité.
Et alors, elle devait se dire qu'Ombre était foutrement lumineuse.
L'oiseau met un peu plus de temps à revenir.
Pourtant, elle le Sait, elle se persuade qu'il va revenir, que le brouillard jamais ne se lèvera, que leur ellipse dans ce monde sera éternelle, que le soleil restera caché derrière les Cotonneux pour ne plus jamais se relever. Laisser le monde tourner sur lui-même, lentement, faire le tour du soleil et de l'univers. La laisser, elle, perchée en haut de son arbre, la tête vers le Ciel, à attendre un oiseau couleur papier s'envoler et revenir.
Sentir le vent porter l'air de la mer, entendre les grattements d'une Plume sur un parchemin, toucher du bout du doigt les étoiles, voir le ciel tourner au fur et à mesure qu'on vogue à son tour sur la grande mer de l'Univers.
Et puis, soudain, il est là.
Elle regarde sa petite tête se pencher, se liquéfier entre les bulles de vapeur, redevenir une feuille abîmée. Il y avait un tel contraste entre son calme merveilleux et cette feuille qui avait Vécu.
Ses yeux parcoururent les deux lignes. Les deux petites et infimes lignes qui lui plaisent.
Et puis, lentement, elle sourit, avant de reprendre son crayon.
Elle aimait échanger avec cette Ombre de Soleil, lui confronter (non, uniquement lui décliner) ses mots. Et attendre pour toujours la réponse.
Le papier était humide. Bientôt, certainement, il se fendrait. Et alors, ce serait la fin de cet échange.
*Bientôt n'est pas maintenant.*
Alors elle se recale sur sa branche, tête perdue dans les feuilles.
Perhaps. But the game is to pretend we're not.
Navrée du délai, Plume. Le temps file.
Mais j'ai été heureuse de retrouver l'atmosphère de cette Danse.
Mais j'ai été heureuse de retrouver l'atmosphère de cette Danse.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
L'Ombre du Brouillard
Tout est passé trop vite. Dès l'instant où l'oiseau s'est envolé, il n'y avait plus l'atmosphère. Dans mes yeux, le soleil s'est éclairci. Autour de moi, j'ai cru voir la brume s'évanouir. Et les oiseaux ont commencé à chanter. Et je ne savais plus où était celui de la Fille. L'herbe est devenu plus verte. J'ai presque eu chaud.
J'ai compris que l'aube était terminée. J'ai cru comprendre que sans elle, il n'y avait plus cette atmosphère. Et sans l'atmosphère, ce qui se passait grâce à elle n'avait plus de sens. Pourquoi écrire à une inconnue dans la brume alors que je dois faire ce qu'on me dit, et ne pas sortir de mes habitudes. Ce serait sans sens et surtout inutile. Ce serait comme porter un pull pendant la canicule ou réparer un objet que personne n'utiliserait plus jamais. On nous dira que ça n'en vaut pas la peine et que c'est idiot.
Même si ça me fais plaisir. Mais après l'aube, rien ne doit me faire plaisir. Après l'aube, l'atmosphère est morte.
Peut-être que la Fille vit continuellement dans l'aube. L'atmosphère est peut-être son mode de vie. Mais pas moi. Je dois partir. Et j'attendrai qu'une nouvelle atmosphère me gagne un jour.
Je me lève, m'efforce de ne pas regarder la matinée chasser l'aube. Mais je ne peux m'en empêcher.
Et dans la brume morte, je revois l'oiseau. Il vient mourir juste dans ma main. Ma baguette est toujours dans l'autre. Je ne veux pas abandonner la fille qui vit peut-être tout le temps dans la brume.
Alors je lis.
The game.
C'est ça, c'est exactement ça. Je dois retourner dans le jeu, faire semblant de ne pas être la même, tout en l'étant parce que j'ai besoin de le faire, comme les autres. Dans la brume, je n'étais pas comme les autres, parce que je n'avais pas besoin de l'être. Parce que je ne jouais pas à l'être.
J'espère qu'elle l'est. J'espère vraiment qu'elle vit toujours dans la brume. Et j'espère pouvoir y vivre, aussi.
Mais je continuerais. Me fondre dans la foule tout en essayant d'être différente des autres. Et le rester. Éternellement.
J'ai tellement de choses à dire, et je ne les dirait pas. Parce que je dois rester comme les autres et différente à la fois. Je voudrais remercier cette Fille et cette atmosphère de m'avoir permis d'être différente, un peu. Peut-être pas des autres mais de moi-même.
L'oiseau commence à s'effriter. Une dernière fois, je le fait revivre. Je ne sais pas si la Fille continuera à écrire. Et où iront ces mots. Peut-être qu'elle aussi a sentit que l'aube s'en va. Qu'on ne peut pas inventer une atmosphère.
Que l'aube était le début et la fin, et qu'on doit l'accepter.
Merci beaucoup pour ce RP, j'ai beaucoup aimé écrire avec toi. J'espère que ce dernier pas t'as plut, n'hésite pas si quelque chose ne te convient pas !
J'ai compris que l'aube était terminée. J'ai cru comprendre que sans elle, il n'y avait plus cette atmosphère. Et sans l'atmosphère, ce qui se passait grâce à elle n'avait plus de sens. Pourquoi écrire à une inconnue dans la brume alors que je dois faire ce qu'on me dit, et ne pas sortir de mes habitudes. Ce serait sans sens et surtout inutile. Ce serait comme porter un pull pendant la canicule ou réparer un objet que personne n'utiliserait plus jamais. On nous dira que ça n'en vaut pas la peine et que c'est idiot.
Même si ça me fais plaisir. Mais après l'aube, rien ne doit me faire plaisir. Après l'aube, l'atmosphère est morte.
Peut-être que la Fille vit continuellement dans l'aube. L'atmosphère est peut-être son mode de vie. Mais pas moi. Je dois partir. Et j'attendrai qu'une nouvelle atmosphère me gagne un jour.
Je me lève, m'efforce de ne pas regarder la matinée chasser l'aube. Mais je ne peux m'en empêcher.
Et dans la brume morte, je revois l'oiseau. Il vient mourir juste dans ma main. Ma baguette est toujours dans l'autre. Je ne veux pas abandonner la fille qui vit peut-être tout le temps dans la brume.
Alors je lis.
The game.
C'est ça, c'est exactement ça. Je dois retourner dans le jeu, faire semblant de ne pas être la même, tout en l'étant parce que j'ai besoin de le faire, comme les autres. Dans la brume, je n'étais pas comme les autres, parce que je n'avais pas besoin de l'être. Parce que je ne jouais pas à l'être.
J'espère qu'elle l'est. J'espère vraiment qu'elle vit toujours dans la brume. Et j'espère pouvoir y vivre, aussi.
Why ?
I don't want live like that anymore.
I don't want play anymore.
I don't want live like that anymore.
I don't want play anymore.
Mais je continuerais. Me fondre dans la foule tout en essayant d'être différente des autres. Et le rester. Éternellement.
J'ai tellement de choses à dire, et je ne les dirait pas. Parce que je dois rester comme les autres et différente à la fois. Je voudrais remercier cette Fille et cette atmosphère de m'avoir permis d'être différente, un peu. Peut-être pas des autres mais de moi-même.
L'oiseau commence à s'effriter. Une dernière fois, je le fait revivre. Je ne sais pas si la Fille continuera à écrire. Et où iront ces mots. Peut-être qu'elle aussi a sentit que l'aube s'en va. Qu'on ne peut pas inventer une atmosphère.
Que l'aube était le début et la fin, et qu'on doit l'accepter.
Merci beaucoup pour ce RP, j'ai beaucoup aimé écrire avec toi. J'espère que ce dernier pas t'as plut, n'hésite pas si quelque chose ne te convient pas !
Troisième année RP.
happy to be a l i v e
L'Ombre du Brouillard
Évanescence des sens
______________________________
ღ
______________________________
ღ
Le grand voile s'est levé.
Tous, ils sont partis, ces beaux nuages, ils se sont enfuis, et ils étaient trop loin pour être rattrapés.
Elle les regarda frémir, puis s'évaporer, se retirer comme la longue traîne d'une dame qui s'éloigne dans la foule.
Le froufroutement du vent, un rayon blanc tombant du ciel, puis plus rien.
Plus rien de cette chape de brume, de cet air qu'elle avait tant aimé. *Et si ça n'avait été qu'un rêve ?*
Elle cligna des yeux plusieurs fois, pour tenter de s'accoutumer à la luminosité soudaine.
Pourquoi le monde l'avait-il de nouveau arrachée à ce qu'elle aimait le plus au monde ?
Et l'oiseau ?
L'oiseau aussi, s'était enfui avec le brouillard ?
Et est-ce que Ombre prendrait un visage ? Est-ce qu'elle saurait enfin qui elle était, cette fille tapie sur l'herbe ?
*Je ne veux pas.*
Cette vérité s'imposa à elle avec une force qui la fit se ratatiner contre les branches.
Et elle non plus, elle ne voulait pas devenir une personne tangible. Juste pour une journée, pour un matin, pour quelques bribes d'Aurore, elle voulait rester un non-être, ce spectre du brouillard, cette créature perdue dans la fumée d'eau, cette magie enfouie au cœur des branches.
Elle aurait voulu partir avec le brouillard, se fondre en lui, ne faire qu'un, qu'il l'emporte loin du château, loin de Poufsouffle, qu'il emmène Ombre avec lui, qu'Elles puissent continuer à correspondre.
Jamais ne se voir, jamais ne dire mot.
Jamais ne se connaître, mais toujours échanger.
C'était une sorte de pacte, de pacte tacite, de ceux qu'on ne brise jamais.
Puis, ce fut un battement d'aile, furtif. Un tout petit bruit, un craquement qui n'était plus assourdi par les nuages descendus sur terre. *Moi aussi, j'aurais voulu monter au ciel.*
Et l'oiseau-feuille se posa sur la branche, ses deux yeux brouillés la fixant intensément, semblant vouloir dire quelque chose.
Probablement "Adieu", probablement "à bientôt", probablement "moi aussi, je veux retourner dans la brume, emmène-moi avec toi, je veux continuer, tout ne peut pas s'arrêter là."
Puis l'animal se retransforma en feuille, toute pliée, toute noircie d'encre. Était-ce donc là le lot du matin ? De chasser les rêves de la nuit ?
Rapidement, ses doigts agrippèrent la feuille, avides de sentir à nouveau. Mais c'était trop tard.
Il semblait que tout était à nouveau de trop : le bruit, la lumière, les battements de son cœur, les mots. Toute la magie contenue dans une goutte de brouillard s'était évaporée avec l'arrivée du soleil.
Pourquoi la nuit ne pouvait-elle pas être éternelle ? Pourquoi la brume s'était-elle arrachée au moment ? Pourquoi est-ce que rien ne pouvait durer, pourquoi tout devait disparaître ? Pourquoi ne pouvait-on pas inlassablement vivre dans sa tête, ou s'envoyer des mots-oiseaux à travers les rideaux de nuages ?
Why ?
I don't want live like that anymore.
I don't want play anymore.
Alors, c'était cela ? C'était ainsi que tout devait se clore ?
On ne jouait plus à chevaucher la brume, à être les cavalières de l'Aube ? On redevenait des sorcières, on retournait dans nos manuels et nos potions ? On ne cherchait plus les étincelles de la seule vraie magie que tout le monde pouvait avoir : celle du départ de la Nuit ?
Il fallait retourner dans le vrai monde, c'était cela ? Ne plus se souvenir de tout ce qui venait de se produire, et qui avait été plus intense, bien que plus effacé que tout ce que cette journée allait offrir ? Et après, on leur apprenait que le monde était juste, et qu'il était normal que le Jour cède à la Nuit, puis la Nuit au Jour ?
Lentement, elle plia la feuille de papier.
Elle ne voulait pas qu'Ombre se sente capable de franchir la distance qui les séparait.
Elle ne voulait pas parler. Elle ne voulait pas briser les restes éphémères de ce Partage. Elle ne voulait pas être déçue, parce que la réalité est souvent bien moins douce que celle qu'on nous offre cachée derrière un écran de fumée.
Elle remit la feuille dans sa sacoche, descendit de l'arbre, se retourna une dernière fois vers Ombre.
Un regard, pas pour tenter de percer l'essence de celle qui lui faisait face.
Le coup d’œil de l'animal se sentant traqué, et qui a compris que sa cachette venait de disparaître.
Elle se détourna brusquement, laissant ses pieds marteler le sol au fur et à mesure qu'elle bondissait et courait vers le Lac, loin, loin du château, loin de l'Ombre, vers le lac.
Peut-être bien à la recherche d'un Souvenir encore tangible.
Peut-être bien à la recherche du Brouillard.
Fin
Belle Plume,
Ce retard est une honte.
Je suis tiraillée entre la tristesse de mettre un point final à cette danse, et une sorte de douceur un peu mélancolique en la relisant. Tout est plus beau enveloppé de brume, comme dirait Alison. Je crois bien que moi aussi, j'aimerais vivre éternellement dans le brouillard.
Merci à toi d'avoir partagé ces quelques instants avec moi, et au plaisir !
Ce retard est une honte.
Je suis tiraillée entre la tristesse de mettre un point final à cette danse, et une sorte de douceur un peu mélancolique en la relisant. Tout est plus beau enveloppé de brume, comme dirait Alison. Je crois bien que moi aussi, j'aimerais vivre éternellement dans le brouillard.
Merci à toi d'avoir partagé ces quelques instants avec moi, et au plaisir !
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.