Tu t'souviens d'nos jeunes années ? PV

En arrivant sur le Chemin de Traverse, Zakary était inquiet ; l’ambiance de la rue, ces derniers temps, n’est pas au beau fixe et cela fait un moment que sortir se balader n'est plus une chose que l'on fait naturellement — il y a toujours une sorte d'angoisse qui prend aux tripes dès que l'on est dehors. Pourtant, discuter avec Mini-Nash et écouter la rumeur lointaine des activités qui animent la rue lui donne l’impression fugace que tout est comme avant, que tout va bien, que le monde n’est pas en train de se casser la gueule. L’impression disparaît aussi vite qu’elle est arrivée au moment où passe dans son champ de vision un Manteau Noir — Zakary le suit du regard avant d’en revenir à Maddison.

« Ne te moque pas de mes potions, dit-il avec le sourire, au moins elles étaient originales. » Il n’y avait pas de quoi être fier, malheureusement. « J’ai fait mes études à la Magifac Créa’, tu sais, au Pays de Galles, pour apprendre la fabrication des baguettes. C’est un sujet absolument fascinant, je pourrais en parler durant des heures ! Je bosse chez un petit fabriquant de baguettes sans prétention. Un vieux con, si tu veux mon avis. Mais j’adore mon boulot. »

Bloqué au beau milieu d’un croisement, il fallait bien que leur duo finisse par déranger quelques passants affairés ; en voyant arriver dans le dos de Maddison une femme à la mine fatiguée et au regard sombre, Zakary ne réfléchit pas longtemps : il pose sa main sur l’épaule de la blonde et la décale légèrement sur le côté pour que la femme puisse passer à son aise — nul doute qu’elle aurait percuté la potionniste vu la vitesse à laquelle elle passe près d’eux. Zakary grimace et coule un regard en direction de sa camarade :

« Je hais les gens pressés, souffle-t-il, ils ne savent pas vivre. »

Sa mère, par exemple, ne sait pas vivre et c’est certainement le défaut, parmi tous les autres, que son fils aime le moins. Elle n’est jamais à la maison, a toujours quelque chose à faire, quelque chose à dire, quelque chose à chercher. Elle ne se pose jamais. Zak s’est toujours demandé comment son père, si calme et bon vivant, faisait pour la supporter.

« Si tu veux parler potions, je suis absolument certain que Natanaël sera ravi d’alimenter la conversation ! Pour ma mère, je préfère ne pas me positionner. C’est une femme assez particulière, une femme pressée, se moque Zakary en offrant un sourire complice à la blonde. Et moi, même si l’idée de parler potions ne me fait pas très plaisir, je ne dirais pas non pour te revoir. »

Contrairement aux gens pressés, Zakary peut être fier de savoir vivre, lui. Il ne passe jamais plus de quelques jours sans sortir, boire, s’amuser, que ce soit avec Lounis ou d’autres amis. Il aime le monde de la nuit et de la fête, la foule, la vie, l’amusement et les gens. Oh oui, il les aime. Ainsi, dire non à une sortie est impensable — d’autant plus quand celle qui lui propose est Maddison Nash.

« Aelle, ma soeur, est encore à Poudlard, en quatrième année. Et c’est Aodren qui est avec elle, pas Natanaël. Il est en cinquième, à Serpentard. »

Puisqu’il parle de son frère et de sa sœur, un sourire lui étire les lèvres. Un sourire heureux et un sourire fier également. De quoi exactement ? Bah ! pas besoin d’avoir de raisons. Il a des frères et une sœur, ce seul fait suffit à le rendre fier.

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Originales, c'était le mot qui résumait à la perfection les souvenirs de Maddison à cet instant précis. Elle n'ajoute rien de plus et laisse Zakary poursuivre, elle n'était pas là pour enfoncer son interlocuteur et trouverait, en plus de cela, complètement inutile de le faire : chacun ses domaines de prédilection, c'était aussi simple que ça. Elle l'écoute donc attentivement, bien contente d'en savoir à son tour un peu plus sur l'ex Serdaigle. Le domaine dont il parle est quasiment inconnu pour Maddison mais elle peut tout de même comprendre que, tout comme elle, il a trouvé sa voie, ça se sent en l'entendant parler. Rien que pour cette raison, le sourire de l'Ecossaise s'accentue un peu plus.

- Oh, c'est génial ça ! Bon, je vais pas te mentir, j'y connais pas grand-chose mais je serai ravie de que tu m'en dises un peu plus une fois. Si tu aimes ce que tu fais, c'est ce qui compte.

A peine avait-elle fini sa phrase que la jeune femme sent la main de Zakary sur son épaule. Elle ne peut s'empêcher de lui lancer un regard interrogateur mais elle comprend assez vite lorsqu'elle sent une présence s'approcher d'eux

- Merci, dit-elle simplement.

Maddison comprenait bien le point de vue de Zakary. C'est vrai, elle aime faire les choses vite et bien mais elle aime aussi prendre le temps de profiter pleinement. Cela peut sembler contradictoire mais la potionniste savait très bien allier ces deux principes, notamment avec sa famille et ses proches : si elle peut passer du temps avec eux, elle fera tout pour que ce soit un temps de qualité et non pas en faire une formalité pour dire qu'ils ont passé du temps ensemble. En somme, Maddison avait appris de ses parents et avait trouvé un juste milieu. C'est sûrement un des seuls avantages d'avoir des parents qui ont été peu présents dans sa vie.

- Si je peux en parler plus amplement avec vous deux, ça me convient déjà très bien. J'essaierai de ne pas trop te perdre !

En prononçant sa dernière phrase, la blonde imagine déjà la prochaine fois qu'elle pourrait voir Zakary. C'est à ce moment-là qu'elle se rend compte que, quelques heures plus tôt, elle n'aurait jamais cru prévoir une telle chose. Comme quoi, la vie est pleine de surprises.

- Oh, excuse-moi ! Il faut croire que mes souvenirs sur ta famille ne sont plus très clairs, dit-elle en passant une main dans ses cheveux, embarrassée. Ça fait une belle fratrie, tout ce monde ! Ta soeur ne se sent pas trop seule ?

Maddison s'est toujours demandé si Owen s'est senti seul un jour mais n'a jamais vraiment osé le lui demander de peur de déjà connaitre la réponse. Après tout, la famille Nash n'a jamais vraiment eu de figure paternelle, seule Anna a su faire son travail à merveille. Néanmoins, Owen ne s'en est jamais plaint donc la jeune femme ose espérer, qu'avec Alicia, elles ont pu faire en sorte que leur petit frère passe outre ce manque.

34 ans Fiche PNJ #743403
Poufsouffle 2028 - 2035 IMSM 2035 - 2038

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Je suis désolée pour ce retard !

« Ne t’excuse pas ! s’exclame Zakary, je suis déjà ravi que tu te souviennes de moi, je ne vais pas te demander de te rappeler de chaque membre de ma famille. »

Et il faut dire que l’homme apprécie chaque occasion qu’il a de pouvoir parler des siens ; c’est un sujet à propos duquel il pourrait converser des heures durant. Lounis l’écoute toujours parler avec intérêt et une mine intéressée des déboires amoureux de Narym, de la vie universitaire de Natanaël, des petites aventures Poudlariennes d’Aodren, des sujets d’étude d’Aelle ou encore de la vie de ses parents. Il ne lui demande jamais de se taire ou de changer de sujet, il ne dit jamais que le sujet ne l’intéresse pas — c’est certainement pour cela que Zakary est tant attaché à Lounis.

La seule erreur commise par Maddison, mais la pauvre ne pouvait pas savoir qu’elle s’avançait sur une pente dangereuse, est de vouloir en savoir davantage sur la seule personne de la famille qui déteste que l’on parle d’elle. Mais heureusement pour Maddison, Zakary adore parler de sa sœur.

« Aelle, se sentir seule ? Si tu veux mon avis, elle est ravie par la situation. Elle a toujours profité qu’on soit suffisamment proches avec mes frères pour rester dans son coin et affirmer, quand nos parents lui demandaient de nous rejoindre, qu’à nous quatre nous nous amusions assez pour qu’elle n’ait pas besoin de se joindre à nous. »

Zakary secoue la tête, amusé malgré tout par le comportement de sa sœur qui, il en a conscience, trois auparavant l’aurait plongé dans une sombre colère.

« Aelle se fiche d’être la seule fille de la fratrie. D’ailleurs… Je ne suis même pas certain qu’elle y ait déjà réfléchi. Tu sais, c’est un peu le genre de gamine qui plane à dix milles lieux de ces questions-là, » avoue l’homme en haussant les épaules.

Si Zakary a toujours eu une accointance très marquée pour le savoir, après tout il n’était pas à Serdaigle pour rien, il n’a jamais été à l’aise avec ces personnes pour qui la connaissance est tout, ces gens qui transforment la moindre chose en occasion d’apprendre, d’approfondir, d’analyser, d’observer. Pour ces personnes, le repos semble impensable. Ils étudient, ils décryptent, ils cherchent à comprendre ; toujours, sans fin, c’est épuisant ! Ils ont toujours l’air ailleurs, comme si leur regard était plus éclairé que celui des autres, comme si en souhaitant tout savoir ils étaient plus importants. C’est souvent la sensation qu’a Zakary lorsqu’il côtoie sa mère et de plus en plus lorsqu’il est avec Aelle, même si cette dernière est dotée d’une sensibilité dont semble dépourvue la plus âgée. Il arrive à l’homme de se sentir profondément mal à l’aise près d’elles, tout simplement parce qu’il se sait très différent. Cela ne l’empêche pas de les aimer très sincèrement.

Zakary accorde un regard gêné à la blonde ; il n’a aucune envie qu’elle pense qu’il porte un jugement sur les membres de sa famille. Sans doute est-ce pour cela qu’il ajoute, soucieux :

« Aelle est une enfant particulière mais je l’aime de tout mon cœur. Je me suis beaucoup rapproché d’elle ces dernières années. »

Zakary gratifie Mini-Nash d’un sourire en coin, apaisé de l’avoir rassuré quant à son amour. Bien cachés au fond de ses poches, ses doigts s’agitent comme pour l’aider à se départir de la gêne qui l’a habité. Ce faisant, il frôle le papier soigneusement plié qui l’a mené à se rendre sur le Chemin de Traverse aujourd’hui. Avec une grimace de dépit, il se souvient qu’il est censé travailler et que son envie de rester ici à discuter avec une vieille camarade est loin du comportement professionnel qu’il est censé adopter sur son temps de travail.

« Mon patron va finir par comprendre que je profite de mes courses pour traîner si je tarde trop, dit-il du bout des lèvres sans cacher son mécontentement. Si tu veux tout savoir, j’aurais amplement préféré rester discuter avec toi mais... Revoyons-nous ! » Et tant pis si son engouement effraie la jeune femme — elle sait de toute façon qu’il n’est pas du genre à refréner ses désirs. « Tu me parleras potions et je te parlerai baguettes. Ce sera l’occasion de discuter du bon vieux temps, j’aimerais beaucoup savoir ce que devient Alicia également. Et ce sera bien plus agréable de discuter de tout cela derrière une bonne boisson plutôt que dans le froid, n’est-ce pas ? »

Zakary étant un homme de goût, il a toujours apprécié accompagner ses conversations d’un bon verre de Whisky-pur-feu. L’idée d’en partager un avec Mini-Nash, chose qu’ils n’ont jamais pu faire lors de leur scolarité à Poudlard évidemment, a quelque chose de très grisant. Comme un goût de nouveauté, de découverte, de changement — tout ce dont Zakary a besoin pour apprécier son quotidien parfois un peu morne.

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Maddison sourit en coin en entendant Zakary s'exclamer. Après tout, comment pouvait-elle l'oublier ? Ils ont tout de même passé plusieurs années de leur vie ensemble, et, même s'ils n'étaient pas toujours ensemble pendant ces années, c'était bien suffisant pour que l'homme marque l'esprit de la jeune femme, sans compter qu'ils étaient une belle petite bande, avec Narym et Alicia.

La potionniste écoute l'homme en face d'elle lui parler un peu plus amplement de sa soeur, sans l'interrompre une seule fois. Si elle n'a pas vraiment réfléchi à cette sensation ou que cela ne la dérange pas le moins du monde, c'est l'important. Maddison ne peut pas vraiment se sentir soulagée pour elle ni même rassurée puisqu'elle ne la connait pas mais elle est contente de voir que sa curiosité n'a pas soulevé un problème au sein de la famille, ce qui l'aide aussi à se dire que son frère est peut-être comme elle, bien que ce ne soit pas pour les mêmes raisons : Owen est un fonceur, il fait avec ce qu'il a et il apprécie passer du temps avec ses soeurs. S'il cherche de la compagnie masculine, il trouvera sans doute des amis avec qui trainer un peu.

Lorsque l'ex Serdaigle précise son affection pour sa soeur, l'Ecossaise hoche lentement la tête, consciente que ce qu'il a pu dire précédemment ne voulait pas dire qu'il ne l'appréciait pas. Maddison ne l'avoue pas forcément, mais ce n'est pas parce que ses parents n'étaient pas suffisamment présents lorsqu'elle était plus jeune qu'elle ne les aime pas pour autant, elle a simplement eu des déceptions à cause d'eux et en attend moins de leur part depuis qu'elle est adulte. La comparaison n'est pas tout à fait exacte mais cela permet à la jeune femme de bien comprendre cette précision faite par Zakary.


- Je vois, oui. C'est bien si tu as pu te rapprocher d'elle, je suis contente pour toi, surtout qu'elle a l'air d'être une personne solitaire, de ce que tu me dis, ça ne devait pas être facile. C'est important, surtout avec la famille.

Maddison savait de quoi elle parlait mais n'a malheureusement pas eu la chance de réussir à se rapprocher de ses parents, ce qui lui a valu de faire le dur, mais en même temps soulageant, choix de quitter la maison dans laquelle elle a grandi dès qu'elle en a eu l'occasion.

La jeune femme se sent un peu fautive d'avoir retardé l'homme et de ne pas avoir pensé à faire attention à l'heure mais elle doit également avouer qu'elle est contente d'être tombée sur lui aujourd'hui. C'était une belle surprise et parler un peu ne leur a pas fait de mal. Amusée par la réaction de Zakary, Maddison lui sourit légèrement et l'écoute avec intérêt.


- Mince, je n'ai même pas fait attention à l'heure.. Oui, avec plaisir, ce sera parfait avec quelque chose à boire. On se prévoira ça quand on pourra ! La jeune femme marque une pause. A bientôt, Zak ! ajoute-t-elle en hochant brièvement la tête et en se remettant lentement en marche pour rejoindre Gringotts.

La potionniste avait plus ou moins en tête le cours de sa journée en partant ce matin et elle ne s'attendait pas à voir un ancien camarade de classe et la surprise était partagée. Grâce à cela, elle sait qu'elle pourra attendre patiemment dans la salle d'attente de Gringotts tout en se remémorant de divers moments qu'elle a passé à Poudlard qui lui reviennent peu à peu.


Fin du RP pour moi, merci à vous ! :)

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Un grand sourire étire les lèvres de Zakary tandis qu’il observe Maddison s’éloigner de lui. Certains sourires ne sont pas conscients. Ils s’imposent sur nos lèvres et transcendent notre coeur. Le coeur de l’homme en cet instant est gonflé d’une joie toute simple sur laquelle il ne cherche pas à mettre de mots, son sourire n’est que le reflet de ce bonheur qui le parcourt. Nul besoin d’immenses discours ou d’événements exceptionnels pour rendre un moment marquant. Parfois, il suffit seulement d’un regard, d’une rencontre, d’un mot pour que s’inscrive dans notre mémoire un instant banal. Cette rencontre que vient de faire Zakary n’est pas la plus exceptionnelle qu’il ait faite — ses voyages lui ont après tout donné l’occasion de voir tant de choses ! — pourtant, il se sent aussi riche qu’après avoir discuté des heures durant avec cet étrange sorcier à Tallinn ; une rencontre comme on en fait qu’une seule fois dans sa vie et que Zakary n’a jamais oublié. Maddison, en plus d'avoir été une camarade qu'il a apprécié durant sa scolarité, représente sa jeunesse qu'il a l'impression d'oublier au fur et à mesure que passent les années. En renouant avec cette vieille amie, il lui semble retrouver celui qu'il a été — le jeune Zakary lui manque.

Satisfait, l’homme reprend son chemin après que Maddison ait quitté son champs de vision. À quelques ruelles de lui se trouve le Dôme Libre, la librairie de son père. Puisqu’il a traîné en charmante compagnie, Zakary ne pourra que passer en un coup de vent mais cela lui suffit. Seulement pour s’assurer que son père se porte bien, pour glaner quelques nouvelles à propos de sa mère et de ses frères, puis il transplanera à Llansannan retrouver Brievcok et Lounis. Surtout Lounis, à vrai dire, à qui il meurt d’envie de raconter ce qui lui est arrivé aujourd’hui. Il lui décrira avec moults détails qui est Maddison Nash et lui contera les nombreux souvenirs qui lui reviennent en tête. Cela sera l’occasion de partager quelques anecdotes de sa vie scolaire à Lounis — il sait combien l’homme raffole de ce genre d’histoires.

Le talon de ses bottes claquant sur les pavés mouillés du Chemin de Traverse, Zakary se laisse à rêver à sa prochaine rencontre avec la femme. La vie peut-elle faire meilleur cadeau que l'amitié ?

- Fin -


Merci beaucoup pour ce moment ; c'était chouette !