Dans l'ombre du crépuscule PV L. Romanoff

La fillette ne semble pas vouloir s’ouvrir à moi, ou plutôt plus. Elle s’est refermée aussi vite qu’elle s’était ouverte. Ai-je été maladroite, ou n’a-t-elle simplement pas envie de parler de cela avec une inconnue ? Quoi qu’il en soit, je culpabilise. Je ne la connais pas, tout comme elle ne me connait pas. Et pourtant, il me semble qu’elle a entrepris de se confier, de me parler. Je ne sais plus si je dois la pousser un peu, ou si je ne dois pas l’embêter davantage avec mes questions. Je lance dans sa direction un regard qui se veut chaleureux, amical, et tente de la rassurer.

- J’suis pas d’accord. C’est pas des bêtises, si c’est important pour toi… Si j’ai fait preuve de maladresse, j’en suis désolée. Si t’as envie de vider ton sac, je t’écoute, même si je ne suis pas sûre d’être de très bon conseil. Et si tu ne veux plus en parler, je comprendrai, et je n’insisterai pas davantage.

La Serdaigle accompagne son regard aussi mystérieux et impénétrable que muet d’un compliment sur mes oiseaux. Compliment qui, soit dit en passant, semble forcé au possible. C’est un échec, je ne suis pas parvenue à lui changer les idées. Je me sens de plus en plus inutile, et, assise dans le noir à ses côtés, je me contente de hausser les épaules. Elle l’apprendra plus tard, ce sort. Et elle aussi saura faire apparaître de jolis oiseaux. Mais je n’ai plus envie de lui dire, cela ne l’intéresse pas. Elle n’a pas envie d’entendre de choses de ce genre, elle veut simplement que les ombres la laissent tranquille, enfin je crois.

Ses mots me surprennent, et ses excuses me font un choc. Quoi, mais de quoi parle-t-elle ? De quoi s’excuse-t-elle ? Mon rire l’a-t-il déstabilisé ? Je rougis, ce qui, heureusement, ne se voit pas dans le noir et baisse les yeux vers mes genoux, honteuse. Elle a cru que je me moquais d’elle, encore une fois. J’ai peur d’ouvrir la bouche et que mes mots ne fassent qu’empirer la situation. Je ne sais pas ce qu’elle a envie d’entendre. Et bien que je n’ai pas l’intention de lui dire ce qu’elle a envie d’entendre, parce que ce n’est pas mon genre de caresser les gens dans le sens du poil, je ne veux pas la blesser davantage encore.


- Oh non non, tu n’as rien fait du tout ! J’ai ri parce que je pensais à mon chat, Zien, et les oiseaux ont disparu pile à ce moment-là. Me tournant un peu plus dans sa direction et revêtant ma voix la plus douce possible, je poursuivis. Et de quoi est-ce que tu t’excuses… ? J’comprends pas trop… J’sais pas ce que tu te reproches, mais t’y es pour rien.

5ème année RP | Code couleur : #408080
En pause. Désolée.