15 mars 2021, 17:14
L’évanescence de la lune  PV 
Merci ! Pour tes mots et les émotions que tu me fais ressentir.

Il est ébranlé mais je ne sais pas pourquoi. De toute façon, ses états d’âme sont rapidement relégués au second plan.

Ses paroles me percutent de plein fouet. Mon coeur fait une envolée mais sa chute est plus douloureuse encore. Il s’écrase lamentablement quelque part dans mon corps et sans doute cela doit-il se voir dans mes yeux écarquillés par la surprise.

*Impossible*, songé-je dès que les mots atteignent ma conscience. Ce qu’il me dit est improbable, il se fiche de moi, me dis-je, Aliosus Nerrah me mène en bateau et veut me faire croire des choses fausses. Il cherche à se débarrasser de moi parce qu’il n’a aucune envie de me répondre, parce qu’il pense qu’il ne me doit pas la vérité ; parce qu’il ne peut pas savoir que moi et Sangblanc discutons, que nous avons un quelque chose, une relation, un petit truc qui nous lie — nous l’avons, ça, n’est-ce pas, je ne l’ai pas rêvé ?

Je ne veux pas y croire, pourtant je me souviens très bien de ce que m’a dit Sangblanc : « Poudlard est sur-côté » et « mon père était à Beauxbâtons ». Alors serait-ce vraiment surprenant qu’elle soit partie pour une autre école ? Mais pourquoi ? Et comment ? Et quand ? Et pourquoi, nom de Merlin ? Personne ne part dans une autre école en plein milieu de sa scolarité, aucun enfant britannique n’étudie ailleurs qu’à Poudlard, c’est comme ça depuis toujours. Sangblanc n’a aucune raison de partir. Alors c’est faux, c’est obligé. Nerrah me dit des conneries.

Mes yeux se font de braise ; ils fixent le Préfet avec force et cherchent à croiser son regard. Qu’il me regarde, par tous les mages ! que je puisse épier au creux de son âme la trace de son mensonge. Mais il ne me regarde pas et de toute manière, qu’est-ce que ça changerait ? Je ne sais pas pénétrer l’âme des gens.

J'ignore comment je me sens. La boule dans ma gorge ne veut certainement pas dire que je suis bouleversée et mes poings serrés ne signifient pas que ma colère grandit à l’intérieur de moi. Peut-être suis-je seulement vide, vide parce que je n’ai toujours pas de réponse à ma question.

« Tu mens. »

Ma voix me surprend. Ai-je réellement prononcé ces mots à voix haute ? Et ma voix était-elle réellement si tremblante, si faible, si pitoyable ?

« Pourquoi elle serait partie, hein ? »

Ma colère donne de la force à mes mots.

« Hein ? Ça rime à rien, ce que tu dis. Elle a aucune raison de partir comme ça. J’sais pas ce que tu caches, mais Sangblanc est pas partie en… En France. » Foutu Merlin, le dire à voix haute rend l’idée plus improbable encore. « Et y étudier ? Ok, son père était à Beauxbâtons mais on quitte pas Poudlard comme ça, bordel ! »

Mon bordel s’envole et prise par une soudaine bouffée de colère, je me détourne du garçon en me passant la main dans les cheveux.

Je ne sais pas pourquoi je me sens si en colère et si déçue. J’avais l’espoir, je crois, que Sangblanc revienne. Il était impensable qu’il en soit autrement, à aucun moment je ne me suis dit qu’elle pouvait disparaître. Et de toute façon, qu’est-ce que ça peut me faire ? Je me fous de cette fille. Elle n’est rien. Une connaissance de couloir. Une ombre parmi les ombres. Une Autre, si semblable aux Autres, aussi inintéressante, aussi inutile — sa disparition n’a pas à m’impacter.

Sa disparition ne m’impacte pas.

4 avr. 2021, 18:18
L’évanescence de la lune  PV 
Il en avait lourdement coûté à Aliosus d'avoir exprimé par des mots la source de sa douleur. Il avait fallu passer outre non seulement la principe de sa propre intimité, mais plus difficile encore, celui d'Alice. Qui plus est, c'était pour informer une inconnue, une grande qu'il ne connaissais que des bruits de couloirs et à qui il ne devait rien, aucun compte, aucune dette, aucun service. Devant son insistance, après qu'elle ait refusé la confrontation frontale, il avait fini par céder, lever la herse qui lui barrait la gorge et prononcer les mots qui la lui brûlait.

Et là dessus, elle le traitait de menteur.
Il prit l'accusation comme une gifle. Il savait bien, au fond, que l'exclamation n'était que l'expression de son incrédulité, mais ça n'enlevait pas la violence qu'il ressentait à cette réaction. Tu mens. Oh c'est vrai ? Tans mieux alors, je pensais l'avoir perdu pour toujours mais puisque toi, Bristyle, tu sais mieux les choses, alors je suis ravi. Ravi qu'elle ne soit pas partie. Ravi qu'elle n'ait pas disparu sous mes yeux il y a deux semaines, en pleines fêtes de fin d'année. Ravi de bientôt la retrouver puisqu'elle ne doit pas être loin, si ça se trouve elle juste cachée dans le dortoir des filles hein ?

Mais Aliosus ne goûtait pas l'ironie dans ce cas précis, il n'avait pas le courage de faire comprendre à Bristyle qu'elle était une idiote, que quand on pose une question il faut bien s'attendre à recevoir une réponse. Il avait répondu, il n'avait plus aucune raison de faire durer ce moment. Il voulait retrouver Irisia. Ou bien être seul pour s'autoriser à pleurer.

«Si ça te convient pas... demande à quelqu'un d'autre. Miss Loewy par exemple. J'suis fatigué, je dois passer en salle commune avant ma ronde.» Il murmurait littéralement, soudain écrasé de fatigue. Laisse moi tranquille.

RP garantis 0% IA et 100% humain

8 avr. 2021, 16:07
L’évanescence de la lune  PV 
Ma colère retombe comme un soufflé.
C’est quelque chose dans le regard de Nerrah, à moins que ce ne soit le ton de sa voix ; un quelque chose qui me dit que tout est bien vrai, que Sangblanc a quitté le château et qu’elle ne reviendra certainement jamais. Le garçon en face de moi n’a plus rien à voir avec le préfet que je connais. Plus aucune trace de fierté sur son visage, pas l’ombre d’une moue désagréable. Ç’en est finit de son port si droit, de la force dans son regard et de tout ce qui fait qu’il est lui, un gars pas franchement intéressant mais qui dégage quelque chose de puissant. C’est tout cela qui me convainc qu’il dit bien la vérité et tout à coup, c’est comme si mon âme pesait des tonnes.

La colère dégringole le long de mon visage. Désormais, il ne reste plus qu’une face aussi perdue que celle de Nerrah — je suis aussi pitoyable que lui, bordel. Quoi que plus que lui, même. Il était proche de Sangblanc. Elle était comme son amie, certainement ; il a de quoi être attristé par son départ. Moi, je n’étais rien pour elle et elle n’était rien pour moi. Je ne la connaissais même pas si bien que cela. Je connaissais le ton de sa voix, l’éclat dans son regard, les mimiques de son visage, ses quelques sourires, la fierté qui lui faisait dresser le menton, la blancheur incroyable de sa chevelure et le teint si clair de sa peau ; je lui connaissais quelques centres d’intérêt, quelques passions facilement discernables dans ses discours ; les ragots des couloirs m’ont appris le reste : une partie de son histoire, ses bonnes notes, son amitié avec Nerrah. Mais ce n’est rien, tout cela, ce n’est pas grand chose. Ce n’est pas important. Alors pourquoi est-ce que je me sens triste à l’idée de ne plus jamais revoir la jeune fille ?

Silencieuse, j’observe Nerrah quelques secondes avant de trouver le courage d’ouvrir la bouche. J’ai bien compris qu’il avait envie de s’en aller mais ce n’est pas encore le moment : je n’ai pas eu de réponse à toutes mes questions.

« Pourquoi elle est partie, Nerrah ? »

Et ma voix n’a plus rien à voir avec celle de tout à l’heure. Plus de cris dans ma voix, plus de colère, de hurlements contenus. Seulement de la sincérité et je n’ai même pas la force de m’en trouver honteuse. Je doute que Loewy prenne plaisir à parler du dossier de ses élèves, même avec moi — et je n’ai aucune envie de la déranger pour un sujet si peu important. Nerrah est le seul qui peut m’aider à comprendre.

21 avr. 2021, 22:51
L’évanescence de la lune  PV 
Pourquoi est ce qu'elle était en train de s'acharner sur lui ? Ça ne lui suffisait pas déjà de l'avoir poussé à bout ? Il fallait encore qu'elle en demande plus. Pourquoi elle est partie ? Il n'en était même pas bien certain. Ce soir là, ils étaient tous ensemble pour préparer ce qui devait être le meilleur réveillon de Noël de sa vie. Sa mère, Willow avait décoré la nouvelle maison de Pré au Lard de manière sublime, il y avait des bougies volantes un peu partout, du gui, de la fausse neige qui tombait du plafond comme celui de la Grande Salle. Irisia, Alice et lui se promenaient dans les ruelles du village, sa petite amie achetant des tas de friandises, sa cousine se cantonnant aux patacitrouilles. Tout aurait du être parfait.

Un soir, une femme qu'il ne connaissait pas, et pourtant qu'il avait tout de suite identifié comme faisant partie de la famille d'Alice, était venue frapper à la porte. Elle était avec un des cousins d'Aliosus, Thomas. Ils s'étaient enfermés avec Magnus pendant une longue heure au moins. Au sortir du bureau, la femme, la tante d'Alice, Elise, lui demanda de faire sa valise. Dorian Sangblanc faisait partie d'un groupe d'évadés d'Azkaban et sa fille n'était pas à l'abri de représailles. Le grand père français avait tout organisé et elle allait partir à Beauxbâtons continuer ses études. Personne n'avait son mot à dire. Certainement pas Aliosus. Moins d'une heure plus tard, tout était terminé. Le regard embué d'Alice dans le sien, totalement dépassée, totalement perdu, juste avant qu'elle ne soit transplannée Merlin sait où le hantait depuis.

Impossible de raconter ça à la grande. Impossible de dire la vérité à Bristyle. Il continuait d'abord de penser que ça ne la regardait pas, mais surtout son père risquait énormément si jamais le fait qu'il ait eu des informations sur Dorian Sangblanc devait se savoir.

«Des affaires de familles. Son grand-père voulait qu'elle revienne là-bas.»
C'était déjà en dire beaucoup.

RP garantis 0% IA et 100% humain

29 avr. 2021, 11:32
L’évanescence de la lune  PV 
Et c'est tout ? Des affaires de famille et c'est tout ? Comme si le destin avait décidé que Sangblanc devait quitter le château et donc tout le monde l'accepte sans le moindre frémissement, Sangblanc la première. Elle est partie sans se retourner, sans même chercher à se battre pour rester, j'en suis persuadée. Elle s'est laissée faire parce que les Autres sont comme ça, ils se laissent faire et ne se battent pas pour ce qui importe. Ils se contentent de suivre les ordres, d'obéir. Une petite voix dans ma tête me dit que Sangblanc est une enfant et que son avis n'a guère dû compter dans la prise de décision de son grand-père. Je la fais taire. Je n'ai pas envie de réfléchir, je n'ai pas envie d'être raisonnable ou objective. Je préfère croire que tout est de la faute de cette gamine, que son départ est dû à son manque de réaction. C'est plus facile de se dire qu'elle est en tort, bien plus facile que d'accepter que c'est comme ça et que je n'y peux rien. On ne peut rien contre le destin mais la colère est une forme de punition. Punir, c'est plus agréable que subir.

Le problème de Sangblanc, c'est qu'elle n'est pas là pour subir ma punition. Elle est à l'autre bout du monde, en France, ce pays qui ne m'a jamais intéressé mais pour lequel je me découvre une haine subite. Cependant, Nerrah est là, lui. Juste devant moi. Et avec sa tronche affaissée et le souvenir de ses paroles résignées il attise ma colère que je sais au fond de moi être déplacée. Nerrah qui accepte sans ne rien dire, Nerrah qui n'a pas dû faire le moindre geste pour retenir Sangblanc, Nerrah qui subit sans se battre. A vrai dire, je ne sais pas vraiment s'il s'est battu ou non pour la retenir mais je me fais un plaisir de le croire, c'est bien plus facile comme ça.

« Et toi t'accepte ça sans rien dire ! » rétorqué-je avec colère.

Et puis moi j'ai besoin de me décharger un peu de la frustration que je ressens à l'idée de ne plus jamais partager la moindre discussion avec Alice Sangblanc. Ça ne va pas changer quoi que ce soit, ça ne va pas la faire revenir mais ça me fait du bien. Même si c'est vain. Et un peu injuste. Je m'en rends bien compte. J'arrache mon regard colérique du vide pour le ramener brièvement sur le garçon. Je l'observe quelques secondes avant de lâcher du bout des lèvres :

« Enfin, c'était à elle de faire quelque chose. » Je soupire. Foutue Sangblanc. « C'est vraiment con, c'te fille était l'une des seules personnes du château à être vraiment intéressante. »

Non ce n'est pas con, c'est complètement et irrévocablement injuste que je sois privée d'elle. Mais déjà, je me fais à l'idée : de toute façon elle n'a jamais compté, de toute façon elle ne me manquera pas, et puis en plus je ne l'appréciais même pas tant que ça ! Tout au plus étais-je contente d'avoir quelqu'un avec qui parler, c'est tout. Je n'aurais aucun mal à la remplacer ou mieux encore : passer mon temps libre à faire quelque chose de plus intéressant que de parler avec une élève. Des dizaines et des dizaines de pensées similaires à celles-ci passent dans mon esprit pour affirmer l'idée que non, je ne suis pas malheureuse qu'Alice Sangblanc soit sortie de ma vie avant même qu'elle n'ait pu s'y faire une réelle place.

Ce serait terriblement affligeant qu'une jeune femme indépendante comme moi accepte que, comme tout un chacun, elle éprouve des émotions qui peuvent lui faire mal, n'est-ce pas ? Après tout, accepter la douleur est une preuve de faiblesse et je suis loin d'être faible, moi.

1 mai 2021, 17:08
L’évanescence de la lune  PV 
Encore une volée de reproches, sans objets, comme s'il avait eu son mot à dire, que ce soit dans la version simplifiée qu'il lui avait donné ou dans la réelle. Tout s'était passé si vite. Pendant des jours ça lui semblait si irréel et absurde qu'il se réveillait chaque matin en pensant qu'il allait pouvoir la revoir. Au matin, les mains croisées sur une tasse, dans un des fauteuils sombres de la salle à manger de Pré au Lard, le midi, à juger la cuisine de Poudlard dans la Grande Salle, le soir, à délicatement monter les escaliers de son dortoir de son pas léger et gracieux. Chaque retour à la réalité et c'était cette plaie qui s'ouvrait de nouveau.

Bristyle continuait à faire du Bristyle, en vouloir à la terre entière comme si tout se résumait à elle seule. Pas étonnant qu'elle se soit attiré des ennuis avec ce comportement. On aurait dit un Gryffondor narcissique ou bien un Serpentard bas du front. A moins que ce soit sa façade. Dans tous les cas ça ne donnait pas une bonne impression.
Une des seules personnes à être intéressantes. Et si c'était ce qu'elle avait pensé aussi ? Peut être qu'elle se sentait mieux à Beauxbâtons, après tout, elle n'avait eu de cesse de critiquer Poudlard, sa rusticité, sa vulgarité parfois. Maintenant elle était à la fois en sûreté, loin des ennemis de son père, loin de Harrison, sur la terre de ses ancêtres. Il espérait qu'elle soit heureuse, même si ça le blessait en même temps.

Qu'est ce qu'il était sensé répondre à la Poufsouffle ?
«Tu as besoin d'autres chose ?»

RP garantis 0% IA et 100% humain

2 mai 2021, 13:04
L’évanescence de la lune  PV 
Je laisse les secondes défiler et le silence s’imposer. Je me perds dans les yeux de Nerrah. J’ai conscience d'être en train de fouiller ce regard-là. J’aimerais bien être capable de deviner ce qui se cache dans sa tête, savoir ce qu’il pense réellement de toute cette affaire, être certaine que ce qu’il me dit est la vérité. J’aimerais bien aussi qu’il soit cette clé qui me permette de garder contact avec Sangblanc. Parce que c’est ce qu’il est, non ? C’est lui, la seule personne qui me rattache à cette jeune fille. Je n’ai jamais raconté à personne mes rencontres avec Sangblanc, sauf peut-être Zikomo mais lui, c’est différent. Si personne ne sait que je m’entendais bien avec elle, c’est comme si ces moments n’avaient jamais existé. Mais lui, Aliosus Nerrah, il sait désormais. S’il n’est pas trop idiot, il comprendra qu’elle me manquera aussi, parfois. Et il me comprendra.
Bordel.
Ces pensées sont complètement aberrantes.

Je fronce les sourcils pour cacher mon trouble. Non, ce garçon ne me comprendra pas, non nous ne vivons pas la même chose lui et moi. Lui sait, lui est peut-être en contact avec elle alors que moi… Moi je ne suis qu’une élève rencontrée au détour d’un couloir. S’il faut, Sangblanc ne gardera pas un seul souvenir de moi — ce qui tombe bien puisque moi non plus je n’en garderai aucun. J’essaie de m’en persuader mais c’est assez difficile. J’ai comme un poids sur le coeur. Certains pourraient appeler cela de la tristesse. C’est un sentiment que je n’accepte absolument pas.

Sans mon accord, mes lèvres s’entrouvrent et j’inspire, comme si j’allais parler. Je me retiens au dernier moment et ferme la bouche. Et puis quoi, encore ? J’aurais l’air bien idiote à demander à Nerrah : « Est-ce qu’elle me répondra si je lui écris ? » ou encore « Pourras-tu lui dire que j’ai demandé après elle ? ». Merlin mais cette Sangblanc me rend complètement idiote, ce n’est pas possible. Je n’ai pas besoin de ce garçon pour envoyer un courrier et encore moins pour indiquer à la fille que j’ai envie de lui parler. Je vais lui écrire, voilà tout, et je suis persuadée qu’elle me répondra. Et je n’aurais plus jamais besoin de passer par le préfet, ce qui m’arrange très bien parce que je ne suis pas certaine de l’apprécier. Il est un peu froid. Ce n’est pas un froid dérangeant, un froid effrayant, non. C’est un froid qui me fait me dire : ce garçon ne veut pas de toi. Et je crois que je le respecte pour cela ; une raison de plus pour ne plus jamais le côtoyer, certainement. Respecter des troisièmes années, c’est un peu étrange pour moi.

Je me redresse, prenant vaguement conscience que mon avachissement s’est aggravé en même temps que se sont emballées mes pensées. Je soupire profondément, récupère mon sac que j’ai abandonné plus tôt sur le sol et enfonce les mains dans les poches de ma cape. Puis je dresse le menton en direction de Nerrah.

« Non, rien. »

J’agrippe la lanière de mon sac et me retourne dans un bruissement de robes.

« À plus, Nerrah. »

Au bout de quelques pas, je me rends compte que j’ai oublié de lui dire merci. Pour une fois, ce mot aurait aisément pu passer la barrière de mes lèvres, en plus. Je le pense sincèrement. Merci de m’avoir répondu, merci de m’avoir dit où elle était, même si tu as brisé mes espoirs et que je repars plus triste que je ne l’étais en arrivant. Certes. Je pourrais m’arrêter maintenant, me retourner, prononcer ce simple mot et repartir. Je devrais le faire, même, parce que c’est ce qui se fait normalement. Remercier les gens et tout ça, se montrer poli, quoi. C’est ce que Papa m’a toujours dit : « Remercie les gens qui t’apportent quelque chose », mais Papa dit beaucoup de choses que je n’écoute pas, après tout. Je pourrais m’arrêter pour prononcer ce mot pour que le garçon sache que je le pense sincèrement, parce que si je ne lui dit pas il ne pourra pas le deviner. Mais… Bah, je suis persuadée qu’il ne le remarquera même pas. Ce garçon est comme tous les autres, il sera seulement rassuré de me voir m’en aller. Il pourra aller se reposer avant de repartir effectuer sa fameuse ronde de préfet. Oui, Aliosus Nerrah s’en contrefiche que je le remercie ou non ; et moi, je m’en fous également alors autant ne rien faire.

Je m’éloigne du garçon. Je me mélange aux Autres, aux élèves, à tous ces gens qui retournent dans leur Salle Commune après les cours sans se douter que ne marchera plus jamais parmi eux une fille qui aurait pu tous les éblouir.

S'il ne prend pas à Aliosus la soudaine folie de courir après Aelle pour la rattraper, je pense que ce sera mon dernier post ! Ce RP se terminera donc sur une énième impolitesse d'Aelle... Elle a fait une si faible impression à Aliosus, ça me fait rire. Elle a beau ne pas aimer attirer l'attention des gens, elle déteste encore plus fort ne pas les impressionner, je crois.
Bref, merci. D'avoir écrit avec moi et d'écrire un personnage aussi intéressant. J'ai adoré cette expérience. J'ai hâte d'être à la prochaine fois.