1 avr. 2021, 21:31
 Galway  Gigue Pendulaire {Uchronie}
Les Puissances primordiales ne se vainquent pas. Si d’ère en ère le mythe de succession semble exiger quelque forme d’anéantissement du père ; elles représentent en somme une partie constitutive si essentielle du Monde que même sous une forme dormante et jugulée elles persistent à diffuser leur pouvoir. Déchiqueté par la faucille de son fils, Ouranos a perdu toute corporalité ; mais en a-t-il réellement besoin de sa hauteur, pour toujours se faire l’hôte des Astres et des Héros ; des nuages redessinant des fragments de ce qu’ils couvrent ? Nul ne nie la présence du Ciel et sa force. Composante organique et indestructible du Monde. Tout comme le Temps, son fils Chronos qui à son tour subit le renversement de la main de ses enfants. Pour autant, les Olympiens seraient-ils parvenus à nous libérer de son joug ? Même diminuées, même mises en pièces ; les Puissances primordiales sont inextinguibles.

Chronos, je suis l’Aède, et je sais quel pouvoir tu as sur mes chants. Car l’Aède n’hésite pas à définir les Forces divines qui lui apparaissent. Mythologiques, telles que les hommes définissent les courants dont ils perçoivent le souffle. Je contemple tes bribes, celles que tu avais prétendu leur accorder. Je sais à présent qu’ils en sont dépossédés, tu ne les leur rendras que plus tard. Soit. Je m’incline sans défier. Les quelques vers de ce chant à peine entamé déjà doivent se suspendre, sans cadence. Sur une portée prochaine se dessinera une nouvelle Gigue, toujours son ton égide, mais je saurai esquiver ton inconstance.

L’Aède de Hjúki


Fin de la version uchronique de la Gigue Pendulaire