Prendre le Temps
Tout semblait différent. Le Temps avait changé depuis qu'il avait parlé d'Elle.
- J'vois pas en quoi c'est cool. J'ai abandonné cette personne et j'suis incapable de m'avouer à moi-même c'que je ressens pour elle. Tout ça parce que j'détruit toutes les personnes dont je me rapproche.
La réponse de la fille ne fit que confirmer ses suppositions : il n'aurait pas dû aborder ce sujet. Cela ne semblait agréable ni pour elle ni pour lui. Et cela menaçait de briser l'"Instant".
À la différence près qu'il n'étaient pas dans la même situation. Il avait cru savoir pour elle, ce qu'elle disait à l'instant venait de lui prouver l'exact contraire.
Confus, les tentatives qu'il mena pour tenter de garder une contenance se révélèrent vaines.
Il détourna le regard, balbutiant de façon incompréhensible des morceaux de phrases inutiles vers le sol :
- Oh... Je...
Il eut toutes les peines du monde à se reprendre.
Lorsqu'il y parvint, quelques maigres secondes plus tard, il se retourna enfin vers son interlocutrice, le regard toujours dirigé vers les pavés de la cour :
- Toutes mes excuses. J'aurai pas du aborder le sujet.
C'était trop tard. Il avait brisé l'Instant. Il le savait. Il le sentait.
La bulle qui les enfermait avait éclaté. Par sa faute.
Il avait appuyé l'aiguille sur celle-ci, inconscient qu'il était.
Il ne parvenait jamais à conserver le contrôle des éléments.
La situation lui échappait continuellement.
Chaque jour il se perdait. Bêtement.
Il n'était qu'une chose absurde et déboussolée.
Une Chose...
Son regard s'assombrit.
Était-ce donc ça qu'il était ?
Était-il seulement quelque chose ?
Était-il vraiment présent, là, en cet instant, à côté de cette fille ?
Il n'en avait pas la moindre impression.
Depuis qu'il avait parlé, c'était comme s'il lui semblait que son corps se dissipait peu à peu, perdant à chaque seconde en consistance et en couleur.
Comme si, lorsque la carapace s'évaporait, il redevenait ce qu'il avait toujours été, fade et vide.
Car au fond, voilà ce qu'il était. Il était vide.
Il se leva, sans même s'en rendre compte.
Ce n'était plus lui qui parlait lorsqu'il s'adressa pour la dernière fois à elle.
C'était un autre qui parlait à sa place. Devenu étranger à lui-même. Pour de bon.
Pourtant, une conviction certaine s'était emparée de lui.
Ce furent ces mots qu'il lui confia :
- Je pars. Je n'ai plus ma place ici.
Une pause, quelques instants. Pour enfin dire ce qui importait véritablement.
La première fois qu'il dirait quelque chose de censé dans sa vie.
Peut-être la seule :
- Mais je sais... Qu'un jour nos chemins se recroiseront. Ici-même, ailleurs, dans une autre vie peut-être, mais j'en ai l'intime conviction.
Ce fut un réel plaisir.
À bientôt, chère âme, puisque je ne connais ton nom.
Alors il disparu, conscient de la confusion qu'il mettait dans la scène, tellement renfermé sur lui-même qu'il ne vit pas le petit papier chiffonné qui s'échappait de sa poche, fragment d'âme oublié qui se déposait lentement sur les pavés.
À sa surface, quelques lignes étaient inscrites : "Je ne suis qu'un imbécile ignorant qui croit comprendre tout le monde. Qui-suis-je ? Mattew Thomas, le garçon ridicule de banalité."
Le bas de page semblait être un ancien croquis, recouvert par un épais gribouillis qui avait vraisemblablement entaillé la fine feuille de part et d'autres.
Déjà il s'était éloigné, comme si cet instant n'avait été qu'une vaste illusion.
Loin d'ici, de cette cour. Bien plus loin au fond. Il était temps pour lui de quitter ces lieux.
Il la recroiserait. La conviction était devenue certitude absolue.
Il marchait. Vers la suite. Vers sa vie.
- J'vois pas en quoi c'est cool. J'ai abandonné cette personne et j'suis incapable de m'avouer à moi-même c'que je ressens pour elle. Tout ça parce que j'détruit toutes les personnes dont je me rapproche.
La réponse de la fille ne fit que confirmer ses suppositions : il n'aurait pas dû aborder ce sujet. Cela ne semblait agréable ni pour elle ni pour lui. Et cela menaçait de briser l'"Instant".
À la différence près qu'il n'étaient pas dans la même situation. Il avait cru savoir pour elle, ce qu'elle disait à l'instant venait de lui prouver l'exact contraire.
Confus, les tentatives qu'il mena pour tenter de garder une contenance se révélèrent vaines.
Il détourna le regard, balbutiant de façon incompréhensible des morceaux de phrases inutiles vers le sol :
- Oh... Je...
Il eut toutes les peines du monde à se reprendre.
Lorsqu'il y parvint, quelques maigres secondes plus tard, il se retourna enfin vers son interlocutrice, le regard toujours dirigé vers les pavés de la cour :
- Toutes mes excuses. J'aurai pas du aborder le sujet.
C'était trop tard. Il avait brisé l'Instant. Il le savait. Il le sentait.
La bulle qui les enfermait avait éclaté. Par sa faute.
Il avait appuyé l'aiguille sur celle-ci, inconscient qu'il était.
Il ne parvenait jamais à conserver le contrôle des éléments.
La situation lui échappait continuellement.
Chaque jour il se perdait. Bêtement.
Il n'était qu'une chose absurde et déboussolée.
Une Chose...
Son regard s'assombrit.
Était-ce donc ça qu'il était ?
Était-il seulement quelque chose ?
Était-il vraiment présent, là, en cet instant, à côté de cette fille ?
Il n'en avait pas la moindre impression.
Depuis qu'il avait parlé, c'était comme s'il lui semblait que son corps se dissipait peu à peu, perdant à chaque seconde en consistance et en couleur.
Comme si, lorsque la carapace s'évaporait, il redevenait ce qu'il avait toujours été, fade et vide.
Car au fond, voilà ce qu'il était. Il était vide.
Il se leva, sans même s'en rendre compte.
Ce n'était plus lui qui parlait lorsqu'il s'adressa pour la dernière fois à elle.
C'était un autre qui parlait à sa place. Devenu étranger à lui-même. Pour de bon.
Pourtant, une conviction certaine s'était emparée de lui.
Ce furent ces mots qu'il lui confia :
- Je pars. Je n'ai plus ma place ici.
Une pause, quelques instants. Pour enfin dire ce qui importait véritablement.
La première fois qu'il dirait quelque chose de censé dans sa vie.
Peut-être la seule :
- Mais je sais... Qu'un jour nos chemins se recroiseront. Ici-même, ailleurs, dans une autre vie peut-être, mais j'en ai l'intime conviction.
Ce fut un réel plaisir.
À bientôt, chère âme, puisque je ne connais ton nom.
Alors il disparu, conscient de la confusion qu'il mettait dans la scène, tellement renfermé sur lui-même qu'il ne vit pas le petit papier chiffonné qui s'échappait de sa poche, fragment d'âme oublié qui se déposait lentement sur les pavés.
À sa surface, quelques lignes étaient inscrites : "Je ne suis qu'un imbécile ignorant qui croit comprendre tout le monde. Qui-suis-je ? Mattew Thomas, le garçon ridicule de banalité."
Le bas de page semblait être un ancien croquis, recouvert par un épais gribouillis qui avait vraisemblablement entaillé la fine feuille de part et d'autres.
Déjà il s'était éloigné, comme si cet instant n'avait été qu'une vaste illusion.
Loin d'ici, de cette cour. Bien plus loin au fond. Il était temps pour lui de quitter ces lieux.
Il la recroiserait. La conviction était devenue certitude absolue.
Il marchait. Vers la suite. Vers sa vie.
@Erza McGowan,
un retard d'une monstruosité aberrante,
mais enfin ces quelques mots qu'il me tardait d'écrire
un retard d'une monstruosité aberrante,
mais enfin ces quelques mots qu'il me tardait d'écrire
Je cherche les Couleurs.
Prendre le Temps
Un changement s'opéra chez mon camarade, après que je me fut exprimée. L'atmosphère agréable qui s'était créée s'était soudainement brisée. Je n'aurais pas du parler de cette façon, tout était, encore une fois de ma faute. Ma brutalité l'avait froissé, et tout était gâché. Il tenta de s'exprimer, mais comme toujours, à cause de moi c'était trop tard. Cet instant hors du temps était brisé pour toujours, et rien ne pourrait rattraper quoi que ce soit. Il avait essayé de construire quelque chose de bien avec moi, et j'y avais cru. Il m'avait fait me sentir bien, il m'avait fait parler de tant de choses, et voilà que tout était terminé. Pendant quelques secondes, quelques minutes, j'étais devenue quelqu'un d'autre, j'avais échappé à la réalité, quelque chose en moi avait changé. Comme si j'avais eu un aperçu de que c'était d'être normal. Sans problème. Sans passé noirci par trop d'horreur. Je tentais de rattraper quelque chose de déjà parti.
— Euh non mais c'est pas grave.
Mes Mots avaient changé eux aussi. Ils étaient redevenus maladroits. Comme s'ils ne savaient pas comment s'ordonner. C'est normal puisque je suis faite ainsi. Je ne rentre dans aucune case, je suis incapable d'être correcte, ne serais-ce qu'un unique instant. *Je pars*. La rupture est plus brutale que je ne le pensais. Ses mots me font mal. C'est à moi de dire ça. C'est moi qui devrais me sentir mal. Je l'ai fait fuir, comme tant d'autres avant lui. Si vite, il se hâte de partir. Il me fuit vraiment. Pourtant, il insiste sur le fait que c'était plaisant. *Avant que tu gâches tout*. Je reste muette, je ne parviens pas à faire quoi que ce soit pour qu'il reste. Il ne connait pas mon nom. Vite, il faut que je fasse quelque chose.
— Erza murmurais-je finalement
M'a-t-il entendue ? Je ne sais pas, et je ne le saurais sans doute jamais, du moins avant que l'on ne se recroise. Il a paru si sur de lui, en disant que l'on se reverrait un jour. Je ne comprends pas comment il peut en être sur. Plus exactement, je ne comprends pas comment les gens peuvent être sur d'eux. Je doute constamment, pour tout. Evidemment, je ne le montre pas, et fait comme si tout allait bien alors que je me meurs intérieurement. J'avance d'un pas sur, dans les couloirs de Poudlard alors que chaque seconde est une découverte. Que va-t-il m'arriver, c'est ce que je me demande tout le temps. Certains semblent adorer l'imprévisibilité de la vie, mais je déteste ne pas avoir le contrôle sur moi. Cela me donne l'impression de m'enfoncer toujours plus profondément, et avec la certitude de plus en plus sur de ne pas pouvoir m'en sortir. Comme si chaque fois que la Vie décidait entièrement de ce qui allait m'arriver, sans que j'agisse d'aucune façon, je reculais dans ma quête de rédemption. *Quête de rédemption* Comme si changer était possible. Je n'ose pas me retourner vers l'intérieur de la fontaine, parce que ça impliquerait de regarder mon reflet, cet horrible visage qui est mien. Alors que je reprends conscience de la réalité, je distingue un papier, sur le sol, qui s'est échappé de la poche de l'Inconnu. Je me jette presque dessus, pourtant effrayée à l'idée de l'ouvrir. Peut-être qu'il n'y a rien dessus. Simplement le vide qu'a laissé la rencontre. *Mattew Thomas*. Je vais le retrouver. Je sais comment le retrouver. Mais voudra-t-il me parler à nouveau ?
— Euh non mais c'est pas grave.
Mes Mots avaient changé eux aussi. Ils étaient redevenus maladroits. Comme s'ils ne savaient pas comment s'ordonner. C'est normal puisque je suis faite ainsi. Je ne rentre dans aucune case, je suis incapable d'être correcte, ne serais-ce qu'un unique instant. *Je pars*. La rupture est plus brutale que je ne le pensais. Ses mots me font mal. C'est à moi de dire ça. C'est moi qui devrais me sentir mal. Je l'ai fait fuir, comme tant d'autres avant lui. Si vite, il se hâte de partir. Il me fuit vraiment. Pourtant, il insiste sur le fait que c'était plaisant. *Avant que tu gâches tout*. Je reste muette, je ne parviens pas à faire quoi que ce soit pour qu'il reste. Il ne connait pas mon nom. Vite, il faut que je fasse quelque chose.
— Erza murmurais-je finalement
M'a-t-il entendue ? Je ne sais pas, et je ne le saurais sans doute jamais, du moins avant que l'on ne se recroise. Il a paru si sur de lui, en disant que l'on se reverrait un jour. Je ne comprends pas comment il peut en être sur. Plus exactement, je ne comprends pas comment les gens peuvent être sur d'eux. Je doute constamment, pour tout. Evidemment, je ne le montre pas, et fait comme si tout allait bien alors que je me meurs intérieurement. J'avance d'un pas sur, dans les couloirs de Poudlard alors que chaque seconde est une découverte. Que va-t-il m'arriver, c'est ce que je me demande tout le temps. Certains semblent adorer l'imprévisibilité de la vie, mais je déteste ne pas avoir le contrôle sur moi. Cela me donne l'impression de m'enfoncer toujours plus profondément, et avec la certitude de plus en plus sur de ne pas pouvoir m'en sortir. Comme si chaque fois que la Vie décidait entièrement de ce qui allait m'arriver, sans que j'agisse d'aucune façon, je reculais dans ma quête de rédemption. *Quête de rédemption* Comme si changer était possible. Je n'ose pas me retourner vers l'intérieur de la fontaine, parce que ça impliquerait de regarder mon reflet, cet horrible visage qui est mien. Alors que je reprends conscience de la réalité, je distingue un papier, sur le sol, qui s'est échappé de la poche de l'Inconnu. Je me jette presque dessus, pourtant effrayée à l'idée de l'ouvrir. Peut-être qu'il n'y a rien dessus. Simplement le vide qu'a laissé la rencontre. *Mattew Thomas*. Je vais le retrouver. Je sais comment le retrouver. Mais voudra-t-il me parler à nouveau ?
Désolé pour ce retard atroce, et mille merci pour ce RP. J'ai hâte que nos personnages se recroisent au détour d'un couloir...
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Patriote 2021 et 2022 • je déteste j'aime Mélo • Préfète inRP pendant toute l'année 2048-2049 • Avatar par Brillantes Écailles