Comètes Imparfaites
Après ce moment, je suis redescendue avec la majorité de mes affaires dans ma valise. Papa et Maman parlaient toujours à Grand-Mère. Maman m'a prise sur ses genoux et j'ai pu m'allonger contre elle, tout près de son cœur, là où je me suis toujours sentie à ma place. Cela m'a fait du bien, je me suis sentie de nouveau comme avant, avant que ma vie ne soit bouleversée par leur départ, avant que la colère ne vienne habiter mon cœur, avant que tout ne devienne si complexe. J'ai repris mon souffle, fermé les yeux, profité du simple fait d'être avec ma famille et de ne pas me poser trop de questions. Je suis heureuse avec eux, tout près, quand ils m'entourent. Je suis en sécurité, apaisée, calme, sereine. Je suis bien.
J'ai pu entendre une partie de l'histoire racontée par mes parents, une partie de leur voyage. Je ne m'en souviens pas vraiment, il faut dire que j'étais plus concentrée sur la main de ma mère avec laquelle je jouais plutôt que sur ce qu'elle racontait. Mais ce n'était pas si grave à mes yeux, j'avais surtout envie de leur raconter ce que moi j'avais vécu, pas de les écouter parler du voyage qu'ils avaient fait sans moi et loin de moi. Quand on est jeune, on est assez égoïste. Le monde tourne autour de nous, toutes les expériences que nous vivons semblent avoir le mérite d'être plus grandioses, originales et fantastiques que celles des autres. On se croit unique, incroyable ; mais le monde ne tourne pas autour de nous, même si nous avons du mal à le comprendre. Il me faudra davantage de temps pour écouter bien plus que je ne parle. Pour le moment, j'avais surtout envie de m'exprimer, de raconter, d'intéresser mon entourage. Je ne suis parvenue à rien. Je n'ai par exemple jamais pu leur faire visiter la serre. Nous sommes partis avant que je n'en ai l'occasion et la vie a repris son cours, comme avant, comme si rien ne s'était passé, comme si, moi, je n'avais pas changé. Néanmoins, j'avais l'impression d'étouffer, comme si ce que j'avais vécu était devenu rêve, comme si j'étais désormais enfermée dans mes anciennes habitudes, sans pouvoir m'en échapper, sans pouvoir retrouver ma grand-mère pour m'occuper de la serre avec elle. Je me sentais emprisonnée loin de mes rêves, et bien plus seule qu'avant. J'étais un oiseau qui avait goûté à la liberté avant de retourner au fond de sa cage. Je rêvais de changements, de nature, d'apprentissages intéressants. Je me nourrissais d'espoir parce que le reste n'avait plus de sens.
Peu de choses ont changé après ce retour à la normale. Maman et Papa ont continué à travailler jusque très tard le soir, à passer quelques moments avec moi, à jouer avec moi, à parler des étoiles, à m'acheter des livres d'astronomie, à étudier le ciel étoilé et à me parler de leurs passions. Ils n'ont pas remarqué mes nouvelles idées, mes nouvelles pensées, ma nouvelle colère.Quand on est adulte, on peut aussi être égocentrique. Ou juste aveugle aux autres. Maman a toujours été très aveugle aux autres, je le sais, même si ce fut difficile de m'en rendre compte. De mon côté, j'ai pu leur raconter une partie de ce qui m'était arrivé, de ce que j'avais vécu en leur absence. Oh, je n'ai pas tout dit, certains détails étaient mieux dans l'ombre de mon crâne ; on ne m'a pas non plus laissé la possibilité de m'exprimer davantage. D'autres conversations gagnaient face à mes récits. Mes parents n'ont pas dit grand-chose, je n'ai jamais su si cela ne les avait pas intéressés ou s'ils n'avaient tout simplement rien à me dire. Papa m'a juste posé quelques questions pour apprendre des détails sans importance, mais cela m'a fait plaisir qu'il se penche sur ce que j'avais vécu.
La différence avec notre routine d'avant se situait dans mes visites beaucoup plus récurrentes chez ma grand-mère russe. Désormais, je pouvais aller la voir toutes les semaines, et je ne manquais pas de le faire. Chez elle, je reprenais mes habitudes d'avant, je me levais tôt, j'enlevais les mauvaises herbes, je remplissais les arrosoirs, je mettais de l'eau aux plantes. Je prenais soin, je revivais, je faisais ce qui me plaisait, j'étais heureuse. Je reprenais mon souffle.
Maman allait mieux. Elle avait de nouveaux projets, de nouvelles envies. Elle invitait de nouveau des personnes à la maison. Parfois, elle partait pour raconter ce qu'elle avait appris à l'étranger. Elle s'épanouissait, était heureuse, vivait avec un plus grand sourire. Je ne sais pas si cela me faisait plaisir. Oui, bien sûr. J'étais très fière d'elle, de l'avoir pour mère, de préciser que c'était son sang qui coulait dans mes veines. Mais... J'avais l'impression de voir les étoiles partout autour de son quotidien et de sa vie. J'avais la sensation qu'après m'avoir quitté, elles revenaient, me poursuivaient pour me faire mal, s'insinuaient dans ma vie, continuaient à me prendre mes parents, à les séduire, à voler leur cœur, à les éloigner de moi. J'en faisais des cauchemars terribles le soir, quand elles étaient les seules à m'accompagner dans les ténèbres de la nuit. Alors ma colère persistait, encore et encore, flamme que rien ne pouvait éteindre, née pour brûler éternellement. Elle éclairait les ombres qui s'étalaient sur mes réflexions, faisait fuir mes pensées terrifiées. Elle me rendait forte.
J'ai eu du mal à m'endormir les premières nuits. Quelques années plus tôt, Maman avait peint un ciel étoilé au-dessus de mon lit, sur le plafond de ma chambre. Désormais, le soir, quand je me couchais et que mon regard percutait cette peinture, j'avais la sensation que les étoiles me narguaient, se riaient de moi, lisaient mes pensées et pénétraient dans mes rêves ; elles s'étaient introduites dans ma chambre, sous mes yeux, et je ne pouvais même pas les faire partir. Je me sentais un peu prise au piège, comme observée de partout et incapable de m'enfuir.
Parfois, quand je le cherche, mon regard retombe sur le livre d'astronomie dont j'avais arraché les pages. Il est resté chez Grand-Mère après mon départ si brusque et étonnamment douloureux. Il est resté dans son coin sombre, entouré de ténèbres, à l'abri des regards. Il y a toujours autant sa place à mes yeux, alors je le laisse là. Je ne sais pas si Grand-Mère l'a déjà aperçu un jour ; je crois que cela m'importe maintenant peu. Je pense que jamais je ne prendrai ce livre pour le brûler ou le mettre ailleurs, alors Grand-Mère risque bien de le découvrir un de ces jours, si ce n'est déjà fait. Là où il se trouve, il me rappelle ce que j'ai vécu, le gouffre qui noyait mon cœur, la colère qui me brûle de l'intérieur, l'absence qui me broyait les côtes, la douleur qui me piquait le cœur. Il est ce souvenir qui ne disparaîtra jamais, le représentatif de toutes ces émotions qui m'ont fait mal, pleurer, crier, changer. Il me rappelle ma colère quand mon cœur commence à se laisser attendrir par les étoiles et leur douceur. Il me rappelle à quel point je les déteste, à quel point elles m'ont fait mal, à quel point elles m'ont tout pris. Il ravive la flamme qui brûle à l'intérieur de moi quand celle-ci se fait moins forte. Ce livre, c'est celui de mon histoire, celui de ces huit mois douloureux, celui de ces souvenirs qui ne disparaîtront jamais. Je crois qu'il restera là, sous ce lit, dans le noir, aussi longtemps que cette maison sera debout. Il y est à sa place. J'ai ma colère, il a mon passé.
J'ai pu entendre une partie de l'histoire racontée par mes parents, une partie de leur voyage. Je ne m'en souviens pas vraiment, il faut dire que j'étais plus concentrée sur la main de ma mère avec laquelle je jouais plutôt que sur ce qu'elle racontait. Mais ce n'était pas si grave à mes yeux, j'avais surtout envie de leur raconter ce que moi j'avais vécu, pas de les écouter parler du voyage qu'ils avaient fait sans moi et loin de moi. Quand on est jeune, on est assez égoïste. Le monde tourne autour de nous, toutes les expériences que nous vivons semblent avoir le mérite d'être plus grandioses, originales et fantastiques que celles des autres. On se croit unique, incroyable ; mais le monde ne tourne pas autour de nous, même si nous avons du mal à le comprendre. Il me faudra davantage de temps pour écouter bien plus que je ne parle. Pour le moment, j'avais surtout envie de m'exprimer, de raconter, d'intéresser mon entourage. Je ne suis parvenue à rien. Je n'ai par exemple jamais pu leur faire visiter la serre. Nous sommes partis avant que je n'en ai l'occasion et la vie a repris son cours, comme avant, comme si rien ne s'était passé, comme si, moi, je n'avais pas changé. Néanmoins, j'avais l'impression d'étouffer, comme si ce que j'avais vécu était devenu rêve, comme si j'étais désormais enfermée dans mes anciennes habitudes, sans pouvoir m'en échapper, sans pouvoir retrouver ma grand-mère pour m'occuper de la serre avec elle. Je me sentais emprisonnée loin de mes rêves, et bien plus seule qu'avant. J'étais un oiseau qui avait goûté à la liberté avant de retourner au fond de sa cage. Je rêvais de changements, de nature, d'apprentissages intéressants. Je me nourrissais d'espoir parce que le reste n'avait plus de sens.
Peu de choses ont changé après ce retour à la normale. Maman et Papa ont continué à travailler jusque très tard le soir, à passer quelques moments avec moi, à jouer avec moi, à parler des étoiles, à m'acheter des livres d'astronomie, à étudier le ciel étoilé et à me parler de leurs passions. Ils n'ont pas remarqué mes nouvelles idées, mes nouvelles pensées, ma nouvelle colère.Quand on est adulte, on peut aussi être égocentrique. Ou juste aveugle aux autres. Maman a toujours été très aveugle aux autres, je le sais, même si ce fut difficile de m'en rendre compte. De mon côté, j'ai pu leur raconter une partie de ce qui m'était arrivé, de ce que j'avais vécu en leur absence. Oh, je n'ai pas tout dit, certains détails étaient mieux dans l'ombre de mon crâne ; on ne m'a pas non plus laissé la possibilité de m'exprimer davantage. D'autres conversations gagnaient face à mes récits. Mes parents n'ont pas dit grand-chose, je n'ai jamais su si cela ne les avait pas intéressés ou s'ils n'avaient tout simplement rien à me dire. Papa m'a juste posé quelques questions pour apprendre des détails sans importance, mais cela m'a fait plaisir qu'il se penche sur ce que j'avais vécu.
La différence avec notre routine d'avant se situait dans mes visites beaucoup plus récurrentes chez ma grand-mère russe. Désormais, je pouvais aller la voir toutes les semaines, et je ne manquais pas de le faire. Chez elle, je reprenais mes habitudes d'avant, je me levais tôt, j'enlevais les mauvaises herbes, je remplissais les arrosoirs, je mettais de l'eau aux plantes. Je prenais soin, je revivais, je faisais ce qui me plaisait, j'étais heureuse. Je reprenais mon souffle.
Maman allait mieux. Elle avait de nouveaux projets, de nouvelles envies. Elle invitait de nouveau des personnes à la maison. Parfois, elle partait pour raconter ce qu'elle avait appris à l'étranger. Elle s'épanouissait, était heureuse, vivait avec un plus grand sourire. Je ne sais pas si cela me faisait plaisir. Oui, bien sûr. J'étais très fière d'elle, de l'avoir pour mère, de préciser que c'était son sang qui coulait dans mes veines. Mais... J'avais l'impression de voir les étoiles partout autour de son quotidien et de sa vie. J'avais la sensation qu'après m'avoir quitté, elles revenaient, me poursuivaient pour me faire mal, s'insinuaient dans ma vie, continuaient à me prendre mes parents, à les séduire, à voler leur cœur, à les éloigner de moi. J'en faisais des cauchemars terribles le soir, quand elles étaient les seules à m'accompagner dans les ténèbres de la nuit. Alors ma colère persistait, encore et encore, flamme que rien ne pouvait éteindre, née pour brûler éternellement. Elle éclairait les ombres qui s'étalaient sur mes réflexions, faisait fuir mes pensées terrifiées. Elle me rendait forte.
J'ai eu du mal à m'endormir les premières nuits. Quelques années plus tôt, Maman avait peint un ciel étoilé au-dessus de mon lit, sur le plafond de ma chambre. Désormais, le soir, quand je me couchais et que mon regard percutait cette peinture, j'avais la sensation que les étoiles me narguaient, se riaient de moi, lisaient mes pensées et pénétraient dans mes rêves ; elles s'étaient introduites dans ma chambre, sous mes yeux, et je ne pouvais même pas les faire partir. Je me sentais un peu prise au piège, comme observée de partout et incapable de m'enfuir.
Parfois, quand je le cherche, mon regard retombe sur le livre d'astronomie dont j'avais arraché les pages. Il est resté chez Grand-Mère après mon départ si brusque et étonnamment douloureux. Il est resté dans son coin sombre, entouré de ténèbres, à l'abri des regards. Il y a toujours autant sa place à mes yeux, alors je le laisse là. Je ne sais pas si Grand-Mère l'a déjà aperçu un jour ; je crois que cela m'importe maintenant peu. Je pense que jamais je ne prendrai ce livre pour le brûler ou le mettre ailleurs, alors Grand-Mère risque bien de le découvrir un de ces jours, si ce n'est déjà fait. Là où il se trouve, il me rappelle ce que j'ai vécu, le gouffre qui noyait mon cœur, la colère qui me brûle de l'intérieur, l'absence qui me broyait les côtes, la douleur qui me piquait le cœur. Il est ce souvenir qui ne disparaîtra jamais, le représentatif de toutes ces émotions qui m'ont fait mal, pleurer, crier, changer. Il me rappelle ma colère quand mon cœur commence à se laisser attendrir par les étoiles et leur douceur. Il me rappelle à quel point je les déteste, à quel point elles m'ont fait mal, à quel point elles m'ont tout pris. Il ravive la flamme qui brûle à l'intérieur de moi quand celle-ci se fait moins forte. Ce livre, c'est celui de mon histoire, celui de ces huit mois douloureux, celui de ces souvenirs qui ne disparaîtront jamais. Je crois qu'il restera là, sous ce lit, dans le noir, aussi longtemps que cette maison sera debout. Il y est à sa place. J'ai ma colère, il a mon passé.
Dernière modification par Alyona Farrow le 11 sept. 2022, 13:55, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Comètes Imparfaites
ATEMPOREL,
Notre Histoire nous façonne.
Nous sommes ces côtes balayées par le vent que la mer dévore. Les vagues nous font à leur image. Elles nous construisent, comme notre histoire. Notre histoire est un vent indomptable, tramontane, bise, mistral ou zéphyr, elle nous fouette le corps, marque notre vie comme nos joues qui deviendront rouges, nous renverse pour que nous tombions, face contre le sol, nous soulève pour nous élever plus haut que nos douleurs, nous pousse à avancer pour ne jamais abandonner, ou à reculer quand elle doit nous rappeler ce qui fait de nous ce que nous sommes. Notre histoire nous façonne comme une tempête façonne la côte. Nos émotions et ressentis nous creusent comme les vagues dévorent la roche. Nous ne savons jamais si elles vont nous remplir ou nous détruire, mais elles frappent nos côtes sans pitié, insensibles, inépuisables, douloureuses. Nous sommes sans cesse attaqués par la vie elle-même. Nous sommes sans cesse en train de nous construire. « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort », non ?
Chaque expérience que nous vivons vient poursuivre notre histoire. Chaque expérience que nous vivons nous change, parfois pour toujours. Je suis une flaque d'eau qui se remplit petit à petit de centaines de gouttes d'eau, de centaines de moments différents. Mon reflet, mon visage, mon corps, changent peu. Mais chaque goutte d'eau vient me compléter, faire de moi ce que je suis, remplir la cuve dans laquelle je suis, s'accumuler avec les autres gouttes d'eau étant arrivées avec elle. Je suis un tout, un ensemble, je me construis avec le temps, je change avec le temps, je me découvre avec le temps. Notre histoire s'amoncelle mais, contrairement à l'eau, jamais elle ne s'évapore, jamais une partie ne disparaît ; soit c'est un tout, soit ce n'est rien. Je suis un tout.
Mon corps change au fur et à mesure de ma progression dans le monde. Mon corps, mais aussi mes pensées, mes croyances, mes espérances, mes désirs, mes dégoûts, ma vie entière. Je suis ce que je deviens, car je ne fais que devenir. Je vis au présent et pense au passé ou à l'avenir. Le présent n'est rien d'autre qu'une course constante. Le passé et le futur sont la vie. Ce sont eux qui me construisent. Je suis hier et aspire à être demain. Mon histoire s'enroule autour de mon être, me serre, me fait comme elle m'imagine, me construit. Je suis mon histoire ; je dois la connaître pour me connaître, je dois la respecter et l'accepter pour ne pas me mentir. Mon histoire, c'est moi.
On raconte souvent que le monde est dur, cruel, terrible, injuste, ou que sais-je encore. On ne se rend pas toujours compte que le monde est ainsi pour nous permettre de grandir, d'apprendre, d'espérer, d'être heureux. Comment pourrions-nous être heureux si nous n'en avions pas envie ? Comment pourrions-nous être heureux si le bonheur était si habituel pour nous que le ressentir en devenait ennuyeux ? Il faut un peu de mal pour que le bien existe. Il faut que la vie nous façonne sans se soucier que cela puisse être un peu dur pour que le bonheur nous soit plus doux.
Néanmoins, au milieu de tout cela, on ne peut pas contrôler notre passé. Ce qui est fait est fait. On ne peut pas contrôler notre futur. On ne peut pas se façonner soi-même. Je suis qui on m'a poussé à être, même si je peux choisir les chemins que je prends. Je ne peux pas choisir ma vie, mais je peux choisir ma manière d'agir dans chaque situation qu'elle m'impose. Je peux choisir d'être qui je suis. Je peux choisir d'exister, plutôt que de laisser ma vie entre les mains des autres.
Et j'ai choisi d'être un rêve.
Mon histoire, ce sont mes racines. Comme un arbre, je ne peux être considérée entièrement sans la prendre en compte. Elle est ma base solide ou incertaine, l'élément dans lequel je puise de la force, ce qu'on ne voit pas en m'observant mais qui me tient debout et fait de moi qui je suis. Mon histoire me façonne, je ne suis rien sans elle, je suis elle, et mon histoire, mes racines, mon passé, c'est Moi.
Chaque histoire est différente. La mienne a ses secrets, ses douleurs, ses peines, ses deuils, ses petits bonheurs, ses moments d'extase, de retrouvailles, d'amour, de peur, de colère, de découvertes... Et bien d'autres encore. Je ne me souviens pas de toute mon histoire, j'oublie, j'efface. Néanmoins, certains souvenirs me reviennent régulièrement — le vent dans mes cheveux, l'herbe qui me fouette les jambes, le regard brûlant du soleil, la peur qui me paralyse, la colère qui m'écrase, l'amour qui se glisse près de mon cœur, mes pas sur le sol de pierre —, ils sont accrochés plus proches de mon âme. Ces huit mois en font partie. Ils sont moi. Ils m'ont façonné, construit, changé. Je suis eux. Mes souvenirs, mes expériences, mon passé, mes moments me définissent. Cette histoire, c'est la mienne. Cette histoire, c'est moi.
[...]
f i n
f i n
Je ne sais pas si j'aime cet Écrit ou si je le déteste.
Le temps m'apprendra.
(Mais ce fut si doux à écrire ! si réconfortant !)
Le temps m'apprendra.
(Mais ce fut si doux à écrire ! si réconfortant !)
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht