Un chagrin partagé est un demi-chagrin

La Grande à mes côtés semblait vraiment écouter tout ce que je lui racontais. Lorsque je plonge mon regard dans le sien, je sens... je sens qu'elle m'écoute avec toute son âme. Et à ma question, lorsqu'elle ferme les yeux, mes doigts se crispent. Elle sait. Elle sait ce que ça fait. Alors comment fait-elle ? Comment fait-elle pour ne pas craquer ? Se briser en petits morceaux ? Parce que le faire pendant des mois, ça je l'ai fait, faire comme si de rien n'était, en tout cas, donner le change, mais à la longue... ce masque semblait ne plus être fait sur mesure à mon visage. Et les vacances de Noël étaient enfin arrivées, attendue avec un certain soulagement bien que j'avais peur de leur réaction.

Savoir que celle qui m'écoute, sait ce que je ressens me met mal à l'aise, alors je remet mon visage dans son axe et mes yeux retombent sur mes mains crispées. Et ma bouche continue son flots de mots.

Les siens m'empoignent alors. Sa voix n'est plus comme avant. Elle n'est plus la fille sûre d'elle, patiente, qui s'est assise à côté de moi un instant plus tôt alors que j'avais l'impression d'être au fond du trou.
Je sens une fêlure dans sa voix. A moins que j'imagine tout, que tout est dans ma tête et que je transpose mes émotions aux autres ? Ca s'trouve, elle cherche juste ses mots parce que mon récit est trop triste, trop pitoyable ?

Mais mon esprit et ses conjectures s'arrêtent net, ces-dernières balayées d'un revers de main. Franche, voilà ce qu'est sa réponse. « Je comprends... vraiment. »

Je renifle et m'éponge de la manche une énième fois mes yeux humides comme si cette même manche pouvait effacer ma peine. Sauf, bien entendu, qu'elle ne le peut pas.
Alors, comme ça, elle me comprends ? Elle aussi, elle a mentit à une personne très proche d'elle ? Elle aussi a mentit et ce mensonge a creuser un sillon dans sa poitrine, jusqu'à son coeur puis ses , entrailles ? Elle aussi, elle s'est déjà sentie comme cassée ? Comme ayant mal agit ? Elle aussi, cette personne à qui elle a mentit, elle aussi cette personne a découvert la vérité et n'a pas très bien réagit ? Lui a fermé la porte ?

Un soupir à mes côtés me fait prendre conscience de la toute petite respiration de surface que mes poumons entretiennent depuis quelques secondes. En miroir, je soupire moi aussi, laissant l'air carboné s'échapper de mes lèvres. Un air carboné triste. Sa question flotte entre nous et finalement je hoche misérablement la tête. Elle a deviné.

- Oui.
Je déglutis une nouvelle fois et sens mes yeux étrangement secs. Un calme étrange m'empoigne. Et il se passe quelques secondes avant que je n'ose fournir davantage d'explications.
- Il pleuvait ce jour-là. Dans sa cuisine, on s'est assis. On parlait d'eux, de leur vie au collège, j'esquivais leurs questions. Pis finalement, j'ai tout lâché. Ils m'ont pas cru au début, chuchotais-je avant d'expirer et dire un petit peu plus fort : mais je leur ai expliqué. Je leur ai juré que c'est vrai. Mais faut les comprendre, c'était tellement gros. Leur meilleure amie qu'ils connaissaient depuis toujours, leur meilleure amie, une sorcière ? Comme dans les films ou dans les bouquins ? Bien trop irréel ! Et puis, on s'est quittés. Après qu'ils m'aient promis de garder ça pour eux. Et...

Je ramène mes genoux contre mon visage et d'une petite voix, décide de conter la fin de l'histoire. Vider le bocal.
- Et... j'ai pas eu de leurs nouvelles pendant un petit moment. Quelques jours horribles. Et... Michael est venu me voir. A la maison. On a parlé et il m'a confié qu'il voulait me croire, que tout ça, c'était bien trop gros pour que je ne l'invente. Il me crois, tu comprends. Il me pardonne d'avoir mis tout ce temps pour... pour...

J'expire, les mots se mélangent dans ma tête, les images de mon esprit se succèdent, se télescopent.
- Mais Johann, elle, elle n'est pas venue me voir. Pas de message ou de coups de téléphone. Enfin si, avant de revenir ici, elle m'a juste envoyer un message froid. "Je vais bien, bon retour". C'est tout. C'était sur le téléphone de mon père. Vu que j'ai pas mon propre téléphone vu qu'ici, on a... on en a pas besoin. Mes parents, ils sont pas du tout au courant que j'ai révélé mon secret à Michael et Johann. Que j'ai brisé le secret magique. Michael, lui, il dit qu'il faut que je lui laisse du temps pour digérer. Mais ça fait deux semaines. Deux semaines que je n'ai aucune nouvelles d'elle. Et si elle me pardonnait pas ? Et si tout ça c'était trop gros pour elle ? Je crois pas, je... (inspiration) je sais qu'elle ne répétera pas ce secret. A personne. Mais... me pardonnera-t-elle ? Comme Michael ? Et mes parents ? Combien de temps avant qu'ils ne l'apprennent ? Et le... Ministère ? J'ai brisé le Secret Magique. L'une des lois sorcières les plus importantes. Et pourtant, je... je regrette pas de leur avoir dit. Parce que j'ai dit la vérité. A eux. Je la leur devais, tu comprends ? Mais en même temps, si ce secret me prive de son amitié, de notre lien si fort, je... je ne me le pardonnerais jamais.

@Renn Saeunn :ninja:

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire:

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Renn se sentait ridicule, pitoyable à côté de la petite Poufsouffle. Elle au moins, elle avait le courage que Renn n'avait pas de tout révéler aux personnes qu'elle aimait. Elle au moins, elle assumait de ne plus vouloir le leur cacher. Elle au moins, elle n'évitait pas éternellement le sujet. Elle franchissait le cap, elle en parlait. C'était Renn qui était censée être la plus courageuse des deux, elle n'était pas à Gryffondor pour rien ; pourtant là, elle avait l'impression que tout s'était envolé, et que du peu qui lui restait, la fille en avait bien plus. Mais elle au moins, elle n'était pas lâche.

Silencieuse, l'adolescente écoutait les paroles de la Poufsouffle plus qu'elle n'avait jamais écouté personne. Elle exprimait tous ses doutes, toutes ses peurs, et sûrement celles de son père. Le fait d'être ignorée pour la simple raison qu'elle était différente, alors qu'avant tout allait bien. Quand il lui répétait que c'était "trop dangereux" d'en parler, il faisait allusion à tout ça, n'est-ce pas ? Bizarrement, elle avait du mal à y croire. Pour des amis, peut-être, elle voulait bien le concevoir. Mais pour sa mère ? Elle n'était pas comme ça, Detlan, elle n'allait pas rejeter sa propre fille parce qu'elle n'était pas comme elle. Si ?

Renn renifla. Elle ne pleurait même pas, mais c'était comme un automatisme. L'ami de la fille, lui, avait compris. Si lui arrivait à passer outre, pourquoi sa mère ne le pourrait pas ? Mais cet espoir se brisa lorsque la petite parla de Johann. « Elle, elle n'est pas venue me voir. » Elle, elle lui en voulait, l'ignorait, la rejetait peut-être, même. Si elle pouvait le faire alors qu'elles étaient comme deux sœurs, sa mère... *N'y pense pas, ça n'arrivera pas puisque t'en parleras pas*.

Le Ministère, le secret magique... Renn n'y avait jamais pensé. On avait dû lui dire, un jour, mais elle ne s'en souvenait plus. Ne pas en parler était juste devenu une règle entre son père et elle, mais il avait finalement une toute autre ampleur. Ampleur qu'elle était loin d'imaginer. Mais le secret magique, il pouvait être brisé, parfois, ça, elle le savait. Sinon, comment faisait les parents des nés-moldus, des sang-mêlés ? Mais elle, elle était sang-mêlé. Pourquoi sa mère ne le savait donc pas ? « Je sais pas... » Ces trois mots faisaient écho à ses propres pensées ou au flot de questions de la petite ? Peut-être un peu des deux, elle-même ne savait pas vraiment.

« Je pense qu'ils te pardonneront, si c'était important pour toi. Tes parents je veux dire » *J'espère.* Si seulement James pouvait se mettre à la place de sa fille deux secondes et se le dire aussi. Mais son père était comme il était, Renn n'oserait jamais le confronter sur ce sujet, elle était sûre qu'il n'accepterait jamais. « Et Jo... ton amie, avec le temps ça devrait aller aussi » Renn ne savait pas si elle donnait de faux espoirs ou pas à la petite. Après tout, elle n'avait jamais rien vécu de tel, comme personne n'était au courant, chez elle, et ses amis de primaire encore moins. Elle n'osait rien rajouter d'autre, et surtout pas sur le Ministère. Parce qu'elle ne savait pas, et elle ne voulait pas savoir. *De toutes façons, je le dirai jamais.*

@Constance Nelson :eyes:

रेन #241431 — 7ème année, 18 ans
« elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil »

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Alors que je vide mon bocal d'émotions avec cette sensation de trop-plein, ces trois premiers mots tombent mais mes lèvres continuent, continuent. Comme si elles ne pouvaient pas s'arrêter. Toutes ces interrogations, ces peurs, il faut que ça sorte et maintenant que la porte a été entrouverte, il m'est impossible de les réfréner. Alors, je dégobille ces questions, les unes après les autres. Et lorsque j'ai fini, je me sens vidée bien que la mer dans mon coeur ne s'est pas totalement apaisée. Un peu comme le calme avant la tempête.
Je fourre mon visage dans mes genoux, attendant ma sentence. Va-t-elle confirmer mes craintes ? Vais-je au-devant de gros gros gros ennuis ? Vais-je être exclue de l'école ? Partir dans une prison pour enfants sorciers ? Mes amis vont ils être inquiétés ? Et Johann, va-t-elle me détester ? Ne plus jamais vouloir me parler ?? Et Papa, Maman, vont-ils apprendre tout cela ? Vont-ils m'en vouloir affreusement d'avoir désobéit alors que je suis censée obéir aux règles ? Etre sage et polie, ne pas sortir du cadre posé par les adultes.
Et Johann ? C'est elle qui est au coeur de mes inquiétudes. Je revois encore son visage alors qu'elle referme la porte d'entrée de chez elle. S'est-elle sentie trahie ? A-t-elle peur de ce que je suis devenue ?
Je suis pourtant la même. La même Constance.


La voix de ma voisine me sort douloureusement de mes pensées anxieuses. Je relève mon front, l'écoutant attentivement lorsque la fin de sa phrase tombe entre nous. Mes parents ?! Oui, c'est vrai qu'ils font partie de l'équation et j'ai peur de leur réaction mais ce qui m'inquiète le plus, c'est celle de Johann et de l'avenir de notre amitié.
« Et Jo... ton amie, avec le temps ça devrait aller aussi »
Lentement, mon regard tourne vers le sien et s'y ancre, tel un naufragé se rabattant avec force à un radeau dans une mer agitée.
Vraiment ? Pense-t-elle vraiment ce qu'elle vient de dire ? Ou dit-elle cela pour me faire plaisir ?
Une part de moi a tellement envie de la croire.
Mais l'idée qu'elle ne croit pas ce qu'elle dit m'attriste d'un coup et je rebaisse mes yeux vers mes genoux, reposant mon menton dessus, le regard dans le vide.
- Tu le crois vraiment ? soufflais-je. J'ai tellement besoin d'elle. Je l'aime trop, elle est comme un pilier, comme Michael. Comme Granny, comme Maman et Papa. Qu'est ce que je dois faire ? conclus-je dans un chuchotement.

S'il y a quelque chose que je peux faire pour... pour qu'elle me pardonne, alors je serais prête à tout.

@Renn Saeunn, désolée pour l'attitude si tristoune et démoralisante de Constance :sad: elle a besoin de cette étincelle d'espoir

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire:

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
Ses bras se resserrèrent autours de ses genoux. La petite lui mettait une trop grand responsabilité dans les bras, avec son regard vide, attendant une once d'espoir que Renn n'était pas capable de lui donner. Parce qu'elle-même était perdue. Comment pouvait-elle rassurer une fille alors qu'elle n'arrivait pas à se rassurer toute seule ? C'était impossible ! Et toutes les questions de la Poufsouffle, elle n'en avait plus les réponses. Les avait-elle déjà eues... ? Si seulement il n'y en avait pas autant. Non, Renn ne savait pas ce qu'elle devait faire, elle ne savait pas quoi faire avec elle-même, comment pourrait-elle le savoir pour les autres ?

Renn ne savait pas quoi répondre. Elle ne voulait pas donner de faux espoirs à la petite, mais c'était presque ce qu'elle semblait attendre. « Oui je le crois vraiment » Et en vrai, elle ne pensait rien du tout. Elle ne pensait rien, ne savait rien, et voulait juste partir. « Je sais pas » Elle soupira. Qu'ajouter de plus, de toutes façons ? « Je... Désolée »

Elle se leva, avec une étrange impression de lourdeur dans son cœur qu'elle détestait. Renn ne se sentait pas de rester plus longtemps immobile, à ressassait tout ce qui se ressassait déjà dans sa tête. Il fallait qu'elle parte, vite, qu'elle rejoigne Nolan, qu'elle pense à autre chose que toutes les questions de la petite qui tournaient en boucle dans sa tête, auxquelles elle ne pourrait jamais apporter de réponse. Elle tendit sa main vers la petite. « Je vais dans la Grande Salle, tu veux venir avec moi ? » Au moins, elle ne partirait pas comme une sauvage. A moins que la Poufsouffle ne veuille pas la suivre, mais c'était à elle de décider.

@Constance Nelson Je suis vraiment, vraiment désolée pour le temps de réponse :/
Et c'est sûrement le dernier post pour moi, merci pour ce rp ! ^^

रेन #241431 — 7ème année, 18 ans
« elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil »

Un chagrin partagé est un demi-chagrin
La voix de la Grande à mes côtés parvient de nouveau à mes oreilles, comme dans un souffle. Oui, elle le croit vraiment. J'inspire profondément comme un nageur qui remonte à la surface après une longue apnée, expirant longuement par le nez, comme si je voulais expirer tout mon chagrin de ma poitrine.
Elle le croit vraiment. Johann, va me pardonner d'avoir garder ce secret. D'être une sorcière ?

Toutefois, lorsque je lui demande son avis, sur la marche à suivre, ses mots se font mélancoliques. Je sais pas.
Un soupir de sa part et je tourne mes yeux humides vers elle. Elle se lève et je suis le mouvement qu'imprime son corps vers le haut. Comment fait-elle ? Pour se lever, chasser les soucis de son esprit ?
Elle s'excuse et je sens dans son ton son malaise. Je baisse les yeux. C'est moi qui devrait m'excuser. De l'avoir impliqué. De lui avoir confier mes soucis.
Mais c'est elle qui a demandé. Et elle a promis de garder ça secret.
Hochant mentalement du chef, je me rassure comme je peux.

Je ne sais pas non plus la marche à suivre et je ne sais pas combien de temps il me faudra pour me relever et affronter la vie quotidienne à nouveau sans que cette chappe noire n'envahisse de nouveau mon esprit.
Sa voix résonne à nouveau dans le silence des toilettes et je relève mon regard pour l'aviser, debout, la main tendue. Une main tendue bienvenue.
Une main tendue qui non seulement m'appelle et me propose de l'aide mais également qui recouvre un sens plus profond : ça va aller, pas comme avec interrupteur qui chasse le noir de ton esprit, mais avec le temps, ça va aller.
Je déglutis la petite boule qui persistait dans ma gorge. Est ce que j'ai envie de rester là, toute seule dans l'obscurité des toilettes ? Avec le risque de me faire surprendre de nouveau ? Après avoir laissé mon coeur s'épancher ?
Une simple réponse affleure à la surface de mon esprit : non.
J'ai envie d'y croire. A ce qu'elle croit : que Johann va finir par me pardonner. Que toute cette histoire va finir par cicatriser.
Pour autant, la tristesse ne s'en ira pas tout de suite. C'est certain. Mais je peux déjà faire un pas en avant.
Timidement, j'accepte donc sa main et me lève péniblement. J'ai comme la sensation que mes jambes sont faibles, à l'instar de mon coeur et ma poitrine en berne. Mais je me redresse pour planter un regard incertain dans celui de mon aînée. Sans un mot nous quittons cette pièce où semblent encore résonner mes peurs, mes doutes et mes pleurs.

Quelques centaines de mètres plus loin, je prendrais congé d'elle, n'ayant pas le coeur à rejoindre la vie battant son plein au foyer. Je la remercierais pour son temps et son écoute, m'excuserais aussi.
Je préfèrerais retrouver la tiédeur du terrier. Peut être qu'Eli, Orla et Amy y sont ?

Merci merci merci @Renn Saeunn :happy:

5ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire: